Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine

Asian Civilisations Museum

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Le musée des civilisations asiatiques présente plusieurs milliers d’années d’histoire, de traditions, de cultures, de religions allant du Moyen-Orient à l’Asie du sud-est et formant l’héritage de Singapour, les origines des groupes ethniques actuels de la ville. Le bâtiment qui surplombe l’embouchure de la rivière, fut érigé dans les années 1860 par des prisonniers condamnés aux travaux forcés ; agrandi à plusieurs reprises, il a hébergé longtemps des bureaux gouvernementaux, du temps de la colonisation et après l’indépendance également. Ce n’est qu’en 2003, qu’il devient ce prestigieux musée comportant, sur trois étages, huit galeries d’expositions de qualité et incluant des technologies interactives, donnant vraiment l’impression de communiquer avec des locaux. Le bâtiment s’appelle aussi « Empress Place Building » en l’honneur de la reine Victoria. Sur la rive opposée, the boat quay, s’étend le quartier chinois depuis leur établissement à Singapour. Les anciennes shophouses sont aujourd’hui transformées en bars et restaurants d’où la vue sur la ville historique est idéale ; j’y prendrai un délicieux canard laqué après mon « cours d’histoire ».
  
Je commence ma visite par une exposition temporaire sur les tableaux de peinture et calligraphie chinoises d’un ancien moine, Abbot Song Nian, qui a apporté son soutien à des œuvres caritatives locales en vendant ses toiles; on commémore le dixième anniversaire de son décès.

La rivière tient une place importante dans l’histoire de la vie économique et sociale ; sa large embouchure, ses eaux profondes ont permis le développement du commerce maritime dès le 14ème siècle. Sur ses rives, des fortunes se sont créées, d’autres ont coulé comme le va-et-vient de la marée de la rivière, dit-on. Avant les européens, ont été attirés des indiens, des malais et des indonésiens, nomades vivant sur des bateaux, les Orang Laut, ou des maisons sur pilotis. Les chinois sont arrivés avec leurs jonques et Sir Raffles leur ayant attribué la zone sud de la rivière, ils ont construit leurs premières shophouses tout en bois. Par la suite, un règlement les obligera à construire le rez en pierre avec un large couloir auvent, afin de se protéger des intempéries, des vermines et des incendies. La vie était loin d’être rose pour ces coolies, travailleurs agricoles asiatiques, ces castes indiennes, les chettiars ; leurs habitations et leurs vêtements étaient rudimentaires et les gangs ainsi que l’addiction à l’opium s’ajoutaient à des conditions de travail exténuantes.

De nos jours la rivière compte une douzaine de ponts, chacun avec son histoire. Et récemment une nouvelle vie est donnée à la rivière par la construction du barrage Marina, créant ainsi le quinzième réservoir d’eau de la ville. Il pourvoit à une dixième de ses besoins, avec une capacité journalière de 1’500 millions de litres d’eau.

Les galeries sur le sud-est asiatique présentent des collections d’objets d’art reflétant la culture des pays allant du nord e la Thaïlande au sud de l’Indonésie, région toujours innovante pour ses idées et ses croyances. A l’entrée est exposé un énorme et somptueux tambour datant de l’âge du bronze ; de nombreuses statues de Bouddha et des objets de rituel illustrent l’expansion des religions hindouistes et bouddhistes, venant d’Inde à l’époque où on parle de la route de la soie. C’est au 16ème siècle que le royaume de Java passe à l’islamisme, refoulant les hindou-bouddhistes sur Bali. Ce sont les moussons, générant la fertilité, qui rythment la vie agricole et économique de ces régions, notamment la culture du riz qui devient la nourriture principale ; la mousson étant un vent qui amène de fortes pluies et on estime à trois mètres, la quantité d’eau qui peut tomber sur une année.
  
Des vitrines montrent des bijoux en or, des objets en métaux, des textiles, des tissages et tapisseries d’une finesse remarquable, avec une riche variété de formes et de motifs. Certaines tribus, de Bornéo par exemple, isolées des axes de commerce ont conservé des cultures plus ancestrales, sans influences et aujourd’hui encore se battent pour préserver leur identité et leur culture.
 
La musique est au rendez-vous, avec une magnifique exposition d’un orchestre javanais de gamelan, des instruments à percussions divers ; un petit film nous en fait la démonstration plus vivante au cours de cérémonies religieuses avec des danses masquées.
  

Les salles abordant la partie ouest de l’Asie, de la Turquie à l’Iran, d’où sont originaires les trois religions que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam, se focalisent sur cette dernière. Nous y découvrons des calligraphies magnifiques du Coran, des objets ou meubles en bois sculpté, des porcelaines chinoises, des soies brodées d’or et des représentations d’architecture de pierres tombales et de mosquées.
       
Dans Singapour, cinq mosquées sont classées monument national. Durant trois mois, le musée présente également les trésors de l’Aga Khan Museum, ce qui complète magnifiquement l’exposition permanente en élargissant les origines des objets à admirer, alliant la beauté de la géométrie, la courbure des arabesques au design décoratif et coloré. Un musée Aga Khan ouvrira ses portes à Toronto en 2014.
   
On ne peut par aborder les ethnies de Singapour sans parler de la civilisation chinoise, en particulier de la Chine impériale, l’importance du respect des ancêtres, le rôle primordial de l’empereur, le « fils du ciel », revêtant une robe à l’effigie d’un dragon, symbole central de la culture chinoise. Basé sur le confucianisme, le système est patriarcal ; le père est le chef de la famille tout comme l’empereur est  la tête de l’état. L’avancement social dans la hiérarchie est lié au pouvoir du savoir, de la connaissance ; le succès n’est assuré qu’à force de persévérance et de rigueur. L’exportation de céramiques a toujours été un commerce important et les artisans chinois adaptaient leur production aux différents besoins des marchées internationaux. Le musée possède aussi une jolie collection de porcelaine « blanc de chine » de la période des Mings et des Quings.
    
La civilisation sud-asiatique est ainsi reconnue comme l’une des plus anciennes au monde avec ses 5’000 ans d’histoire. Sur cette longue période, les évolutions ont amené une large diversité de croyances, de pratiques, de coutumes mais aussi d’inventions et innovations dans les domaines de l’astronomie, des sciences, de la médecine, dont certaines sont toujours d’actualité aujourd’hui dans le monde et à Singapour. C’est l’arrivée des européens, à la recherche d’épices, qui façonna le développement moderne de cette partie du monde, en particulier les anglais ici même.

       

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