Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Mon massage !

Sur le flan de la colline que je descends pour aller faire mes courses, nous avons repéré le premier jour, un espace clôturé – Yves pensait que c’était pour les enfants et moi pour une raison horticole quelconque. Eh bien non, il s’agit d’un « dog run » ; c’est bien vu car les chiens sont interdits presque partout et en tout cas jamais sans laisse. Si on m’avait demandé où as-tu vu des chiens à Singapour, j’aurais répondu à Robertson Quay, le long de la river, un quartier où résident beaucoup d’expatriés. En nous y promenant d’ailleurs ce week-end, la rive nous a semblé bien vide; par contre, au plus grand des hasards, nous avons rencontré une connaissance de l’an dernier – lors d’un repas organisé par une collègue. Une seule soirée et nous nous sommes reconnus, sans avoir maintenu le contact. Il est possible que l’on se recroise cet été à Montréal, nous dit-il.

Le métro de Singapour est très bien organisé, fréquent et dessert très bien la ville. Il y fait calme, sans bousculades; les gens font docilement la file pour emprunter les escaltors et pour pénétrer dans la rame, en attendant que les sorties soient ok. De plus, les corridors sont vraiment larges et d’une propreté saisissante quand on pense aux milliers d’usagers par jour (posséder une voiture coûte vraiment cher). Le respect des autres, du travail des gens et des choses mises à disposition du public est exemplaire – même si on sait qu’il est en partie dû à la répression sévère en cas contraire. Des panneaux attirent souvent l’attention sur les missions des uns et des autres, sur les bonnes conduites, les bons réflexes à avoir en public. Cela donne en tout cas un environnement, un cadre de vie paisible, sécurisant et très agréable.

Nous habitons près de la côte au sud-ouest de l’île et rejoindre une adresse dans le centre est nettement plus rapide en voiture, en dehors des heures matinales et de sortie des bureaux. Uber est très confortable dans son utilisation et il existait déjà ici GrabCar, un système semblable mais local. Il ne semble pas y avoir de protestations des taxis singapouriens , sans doute à cause du nombre; Uber compte huit cents voitures face aux quarante mille taxis officiels. Nous empruntons les uns et les autres selon et dans les deux cas, je suis touchée par le fait que très souvent, les chauffeurs nous disent travailler des heures incroyables (jusqu’à 12h/jour et 7 jours/7) pour … payer les études de leurs enfants ! Tout le monde prend le taxi – pour se rendre au travail, pour aller au sport, pour faire ses courses et même les enfants à la sortie des écoles hèlent un taxi dans la rue pour rentrer chez eux.

Aujourd’hui c’est à Little India que je sors du métro, comme si j’avais changé de pays. L’ordre, la netteté, l’air aseptisé n’existent pas ici, c’est plus authentique – et chose étrange, chaque fois que je m’y promène c’est le jour du ramassage des cartons (ou alors est-ce une collecte quotidienne). Les étals de colliers de fleurs sont multicolores et parfumés – tout comme les nombreux restaurants ouverts sur les trottoirs qui laissent s’échapper des parfums d’épices. Les boutiques vendant/achetant de l’or, les saris en soie sont éclatants et plus visibles que les nombreux bureaux de trading dont on ne voit que l’enseigne au dessus de portes fermées. Je me sens tranquille, même s’il y a moins de feux pour traverser les rues, si le comportement des autos/vélos/camionnettes est plus chaotique et si à Little India, on ne croise quasi que les hommes (les femmes travaillent!). La sécurité pour moi qui aime me balader un peu partout seule, est vraiment appréciable – jamais je ne doute, ni je n’ai peur et ce même la nuit tombée (sans que je sois vraiment un oiseau de nuit !).

De l’autre côté du canal Rochor, je reconnais ce bâtiment à la forme originale (The Concourse building), la mosquée bleue puis celle du grand sultan; le quartier arabe est plus soigné, il y a plus de recherche dans la rénovation des boutiques et des façades des anciennes shophouses. Ce sont des bars à chichas, des restaurants turcs, libanais et je me fais plus interpeler par ici – ils cherchent le client. L’état a voulu limiter les permis de travail pour étrangers; par contre dans la restauration, nombreux étaient les serveurs malais, indiens, chinois, philippins qui se contentaient de plus petits salaires que les locaux – plusieurs établissements ont dû fermer pour cette raison.

Dans mon souvenir, il se trouvait dans Little India mais voici que je le retrouve par hasard au croisement de North Bridge et Aliwal street … mon salon de massage réflexologie ! Il y en a pourtant des quantités invraisemblables d’enseignes du genre mais c’est le Tang Dynasty qui m’avait séduit en 2012. La joie de le revoir doit se lire sur mon visage – juste une petite attente de 10 minutes et c’est parti pour une heure de bien-être.

Toute légère et heureuse, je continue vers le Malay Heritage Center, cette fois persuadée de pouvoir y acheter ma boisson bien-aimée au ginger. La dame me propose d’en déguster un sur place, ils n’en vendent plus – à mon air tellement déçu et voyant que je n’étais pas pressée de repartir, elle cédera et ira m’en chercher une boîte en cuisine. J’ai un peu insisté mais à en avoir goûté différents, le leur est sans aucun doute mon préféré !

Yves rencontrait lui une dizaine d’anciens HEC Lausanne dans un wine bar choisi par Laura et tenu par un belge, dans le même quartier. Il fait déjà nuit noire quand nous nous retrouvons pour un dernier verre au Parkview Square – c’est notre jour de chance, la serveuse au costume ailé se hisse encordée dans les hauteurs pour aller dénicher notre bouteille … un spectacle que nous croyions seulement exister dans l’imagination de ceux qui nous en avaient parlé … eh non, c’est bien vrai et unique !


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Magie des Gardens by the Bay

Le soleil et le vent sont au rendez-vous pour ma balade au parc derrière Marina Bay. Nous gardons toujours en tête que tout est grand à Singapour mais à chaque visite, on se dit : je ne me souvenais pas que c’était aussi grand (les hôtels, les avenues, les centres commerciaux, les arbres, les métros)! C’est géant ! Je me sens si petite devant l’hôtel et depuis la passerelle qui mène au jardin, j’admire l’étendue de toute cette verdure qui fut plantée sur des terres reprises à la mer. Chaque année il y a de nouvelles zones aménagées et les travaux me font penser que cela s’étendra jusqu’au barrage.

L’ombrage des arbres, des palmiers est apprécié; il n’y a pas trop de visiteurs – je sillonne et découvre de-ci de-là des spots pour de jolies photos alliant les couleurs des fleurs, la diversité des tons de vert de cette végétation dense et le bleu du ciel de cette superbe journée.

La « Cloud Forest » reste une réalisation incroyable; cette bulle en verre, à l’intérieur de laquelle on vit dans l’atmosphère humide des plantes tropicales et aujourd’hui les laveurs de vitres nous font des signes depuis l’extérieur où ils font de la varape sur les courbes du dôme.

Le « Flower Dome » s’est lui décoré au thème japonais du Cherry Blossom – ce sont des prunus aux couleurs variées de rose et aux niveaux de floraison plus ou moins avancés. Mon amie à Tokyo me rassure : j’arriverai à temps pour vivre en « vrai » Hanami.

J’irai prendre mon pic-nic à deux stations de métro, à South Pier, d’où partent certains bateaux de croisière. Ici c’est plus sauvage – mais pour combien de temps encore ? les grues se rapprochent – je m’assieds sur la digue, près des pêcheurs à la ligne et devant moi, ce sont les petites embarcations de pêche qui vont et viennent. D’ici, les ouvriers doivent aussi pouvoir arriver de Malaise car il y a un bureau d’immigration – ce sont un peu les frontaliers de chez nous. Quelques échoppes pour les besoins de première nécessité … comme une salopette juste présentée à côté d’une tunique de plage !

Un passage s’impose enfin dans le centre commercial de Marina Bay, toujours aussi clinquant et aux boutiques peu abordables – tellement de contrastes entre le Singapour de Marina Bay et les ruelles de Chinatown hier.


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Week-end chez Philippe Starck

Un rêve qui devient réalité : nous avons décidé de nous installer le week-end chez « Philippe Starck » au South Beach, histoire de faire découvrir à Yves ce tout nouvel hôtel original et impressionnant. Nous y apprécierons tout particulièrement la qualité du service et de l’accueil, le calme serin de la chambre (chose assez rare à Singapour, entre les ventilations et la circulation) et surtout le 18ième étage avec sa piscine incroyable, ses espaces de repos – ou de travail, son bar, sa vue vers tous les angles de la ville  le Raffles, la bibliothèque nationale, le nouveau stade, le Marina Bay Sands, les Durians de l’Esplanade, le quartier financier).

Nous sommes au centre-ville, bien localisés pour une croisière sur la rivière, depuis Clarke qui semble vidé de son monde; en effet c’est un coin privilégié des expats et en cette période de vacances, ils doivent être aux quatre coins de la planète. Le gars du bateau est tout content de prendre des photos de ses passagers aux endroits propices pour les photos souvenirs et nous nous laissons faire (enfin, surtout moi …).

Sur recommandation d’une amie, j’ai réservé un repas du soir au restaurant Me@Oue et c’est fabuleux. La cuisine est de très haute qualité et finesse (ainsi que les prix), pour une carte qui propose des mets français, chinois et japonais. Notre serveur est philippin et prend plaisir à nous parler de lui – sa femme et ses enfants sont restés au pays et il les voit pendant les vacances (c’est le cas inverse de ceux plus nombreux, je pense, qui élèvent seuls leurs enfants aux Philippines alors que l’épouse, seule ici, est maid dans une famille de chinois, d’indiens ou d’expats. Lui aussi se propose de nous prendre en photo sur la terrasse – une vue superbe sur Marina Bay.

Le soir tombe très vite, nous sommes proches de l’équateur et j’entraîne Yves pour une marche nocturne autour du bassin pour qu’il profite également des expositions du iLight Festival. Cet hôtel en forme de bateau haut perché et au pied, ce musée comme une énorme fleur de lotus sont devenus l’image emblématique de Singapour et cela ne cesse de nous éblouir. Le son et lumière sur les pétales, quelle magie !

Un autre point de vue que je voulais faire découvrir est celui du Skybridge au 50ième étage de Pinnacle@Duxton. La journée est chaude et le vent qui nous balaye là-haut est parfait. Nous promenant sur toute la longueur, on peut vraiment admirer l’île sur 360 degrés. Redescendus sur terre, les ruelles de shophouses, colorées et souvent restaurées par des designers sont paisibles et nous y avons beaucoup de souvenirs.

Déjà nous commençons à décompter les jours à Singapour, je ne ferai sans doute pas tout ce que je m’étais imaginé mais j’ai fait des rencontres et des balades que je ne m’étais pas imaginées. Les contacts se précisent pour le Japon – mon guide à Kyoto, une visite du Japon rural avec mon amie Sheena …


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Botanic Gardens

J’avais oublié qu’un jour férié, les gens en profitent pour sortir de chez eux – les attractions et la plupart des magasins sont ouverts. Le multiculturalisme fait qu’il y a beaucoup de jours de congé pour les fêtes religieuses mais chaque commerçant, chaque société décide ou non de les appliquer, selon sa confession.

En ce jour de vendredi saint, je pensais prendre tranquillement le bus pour aller flâner au jardin botanique; le bus est très rempli et je n’ai jamais vu les Botanic Gardens avec autant de monde. Cela n’enlève rien au charme du parc, que j’aime toujours beaucoup. C’est un peu le chauffeur Uber d’hier qui m’a incitée à y venir – il me disait que le National Orchid Garden vient d’être ré-aménagé et regarni à profusion.

La végétation m’impressionne encore, les fleurs exotiques me paraissent sophistiquées et délicates … et ce doit être la période proche de la reproduction des « monitor lizards » (que j’appelais dinosaures à mon premier séjour à Singapour) car on voit beaucoup de petits, à la langue de serpent, au bord des chemins. Je me demande si ma petite Lucie fait toujours le sifflement du serpent entres ses petites dents.

En soirée, un concert captivant au Centre Culturel de l’Université, à cinq minutes de chez nous à pied (encore plus proche que BeauSobre). C’est une jolie découverte musicale que cet orchestre d’une cinquantaine de guitaristes, une idée créée il y a 35 ans. Ce soir, Robert Casteels, le chef de file nous concocté le programme appelé « Reverie » avec un air de Polka, un morceau de Carmen, un air latino, un concerto dédié au Tsunami, du Vivaldi, les Rêves du Matin de Paul de Senneville, un mix de musique chinoise et malaise et un final envoûtant, plus contemporain, de Taro Hakase tout en force et en rythme. Magnifique soirée !


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Chinatown

Cette année, nous entendons parler du « haze » pour la première fois et pourtant en faisant des recherches sur Internet, je vois que les articles les plus anciens qui en parlent, datent de 40 ans. Ce haze est un brouillard de pollution amené par les vents depuis l’Indonésie lorsque brûlent les palmeraies dont les palmiers ne portent plus de fruits. Cette habitude indonésienne a pour but de fertiliser le sol et permettre de nouvelles plantations sur les mêmes terres mais la fumée qui s’en dégage peut être encore très dense jusque Singapour et donc nocive. Le gouvernement singapourien informe la population avec un indice journalier, heure par heure et mes amies possèdent cette application sur leur téléphone. En automne le taux est monté à des valeurs telles que l’on ne se voyait plus et que les écoles, les clubs sportifs ont été fermés – un peu comme en Suisse quand les températures dépassent les 32 degrés ou à Atlanta quand il gèle !

Hier il n’a pas gelé et je voyais encore le bout de mes pieds mais alors que j’étais à la piscine, le vent s’est levé (chouette, ça fait du bien) et le ciel a grondé, grondé si fort que l’orage menaçant a poussé le surveillant à nous inciter à rentrer chez nous. J’ouvre alors toutes les fenêtres, c’est la seule occasion où cela amène un peu d’air frais naturel et à peine une heure plus tard, je reprenais ma place au soleil dans une atmosphère agréable.

Pour le souper prévu avec un collègue chinois, je portais un t-shirt noir … grand bien m’en fasse car le menu se mange plus facilement avec les doigts (même lui a fait de même) et ça déborde de partout sur la table. La tradition chez les japonais est d’utiliser la lingette humide en début de repas par souci de propreté au contact de la nourriture mais ici j’aurais mieux fait d’attendre la fin pour m’en servir – mes doigts ont saisi du canard avec les morceaux d’os, des algues, ont décortiqué des crevettes à « pêcher » dans un bain de flocons de céréales – un vrai régal … comme les enfants qui ont du chocolat tout autour de la bouche … alors zut pour la propreté; les aubergines croustillantes panées dans de la soie de porc (traduction littérale 😉 sont aussi à recommander dans ce restaurant Putien à Vivocity. Notre hôte poursuivait la soirée avec un autre ami tandis que nous nous offrions une Ben&Jerry au caramel salé … après un nettoyage savonné des mains.

Jeudi midi je commence ma balade dans le quartier de Tiong Bahru avec une amie; on y trouve de très très hautes tours de logements qui ombragent les ruelles typiques de constructions plus basses des années 50. L’état tente de préserver un certain nombre de ces îlots où l’on ressent une ambiance de quartier sympathique. Mon passage au fameux Wet Food Market est tardif pour les étals de poisson ou viande. Les fleurs sont magnifiques de couleurs, on trouve des marchands de bazars de toutes sortes et aussi des objets en carton tellement drôles, pour le culte des anciens. Les chinois ont pour tradition de donner en offrande à leurs ancêtres, des objets qui pourraient leur servir, leur permettre une vie meilleure dans l’au-delà telle qu’ils se l’imaginent. C’est bien évidemment des billets de banque, mais aussi des bières, des voitures/vélos, des rice-cookers/casseroles, des gadgets d’électronique (iphone, etc.), des ventilateurs et j’en oublie un tas. Ces offrandes en carton se brûlent dans les chaudrons que l’on voit devant les temples et aux coins des rues.

C’est ma première montée au-dessus des immeubles Pinnacle@Duxton; la machine automatique pour y accéder avec ma carte de métro est en panne et c’est un concierge qui me laisse passer mais au cinquantième étage, c’est un tourniquet très sécurisé qui se met en route quand j’arrive (il me suit sur sa caméra de surveillance). J’ai un petit doute de pouvoir un jour ressortir d’ici car je ne repère pas de caméra près des portes de sortie … et je suis seule là-haut. Je parcours ce skybridge qui relie les sept immeubles (construction impressionnante !) – vue exceptionnelle sur toute la ville ou même l’île, les toits orangés du quartier chinois, la forêt de buildings de la finance, le port et son immense chantier naval, les parcs et les bois, … Et ce brouillard que j’aperçois dans la direction du nord, serait-ce le haze ?

Tout le monde peut être rassuré, je suis parvenue à quitter ce pré-paradis pour sillonner de près Chinatown, le Red Dot Museum, la fabuleuse maquette de île, le Buddha Tooth Relic Temple, les shophouses … et je me perds dans les souks chinois très colorés. Singapour se développe toujours, reprend des zones vertes pour de nouveaux buildings ou alors remet au niveau du sol ce qui est trop endommagé pour élever du neuf – sur les parois qui délimitent les chantiers, les ouvriers nous laissent un message d’excuse pour les inconvénients que cela procure …

Arrivée à Central, je décide que j’ai assez marché pour aujourd’hui; je ne le ressens plus par les pieds depuis que Thomas m’a choisi les baskets parfaites pour le climat de Singapour … le seul inconvénient est que je ne ressens donc plus non plus le besoin d’un massage réflexologie ! Il faudra quand même que je m’en offre un avant de partir …

C’est au Swiss Club (club très sélect où nous montrons patte blanche en franchissant le portail) qu’un repas entre francophones (deux belgo tout bientôt suisses, un italien, un français, une roumaine, un grec, une chinoise … vive la multi-culturalité!) termine notre journée, veille du God Friday férié ici à Singapour.


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Copines, Art, Lumières …

J’alterne un jour de travail administratif et ménager à l’appartement avec une balade rencontre et/ou découverte. La lessive est facile – moi, j’ai un séchoir et je ne dois pas pendre mon linge sur les barres en extérieur – et pour la vaisselle, manuelle, je ne m’embête par à essuyer – ils ont prévu une armoire spéciale pour tout laisser égoutter et ça sèche vite et bien! Le travail administratif me plait, entre les tâches d’assistanat pour Yves et celles d’organisatrice de nos loisirs/déplacements mais aussi de conseillère de voyages pour des amis en Suisse.

Une bien triste journée ce mardi toutefois avec cette horreur à Bruxelles; les écrans en ville défilaient l’événement en boucle. La soirée se passe à m’inquiéter auprès d’amis et familles en Belgique (le réponses sont toutes ok). Je suis également priée de contacter Zurich car un petit marrant a tenté de se payer une voiture à Miami avec ma carte de crédit. Entre les derniers achats en Suisse, ceux de Singapour et les JapanRailPass, un achat aux US a semé la confusion – bien vu, vite réagi.

Une copine à midi et une autre le soir me racontent leur vie en Asie, les nouvelles et leurs projets. Singapour est souvent pour les expatriés une étape de carrière, qui s’étale sur quelques années – plusieurs amies avec lesquelles j’ai sympathisé en 2012 ont quitté déjà. Aujourd’hui encore, j’apprends que Agata et son mari envisagent un départ pour Dubai.

Je profite de me trouver dans le quartier de Tanglin Mall pour visiter en face, le MAD – c’est le nom qui a attiré mon attention sur le plan mais ici il s’agit du Museum of Art and Design. Le MAD est plutôt une galerie qu’un musée; la plupart des oeuvres exposées sont à vendre. Je m’y prélasse un certain temps, captivée par certains tableaux ou objets, exposés dans un décor dépouillé très relaxant.

Entre CityHall et Bugis, je sillonne les rues et les centres commerciaux pour me rafraîchir et pour chiner (un joli sac Kipling me fait de l’oeil). Je repasse au National Design Center, pour une exposition sur les 50 ans de Singapour, célébrés l’été dernier. On y ressent la fierté pour toutes les découvertes nées ici, les nouveautés en matière d’architecture, de technologie, de design – je reconnais l’imprimante 3D, les hôtels Majestic, Park Royal, Marina Bay Sands, etc. Dans une autre salle, une animation pour des enfants me parle : les guides leur donnent des objets comme un gobelet, une paille, des papiers colorés, de la ficelle … et ils doivent produire un prototype innovant. L’objectif général à Singapour de développer la fibre entrepreneuriale est mise en oeuvre visiblement dès le plus jeune âge.

Pour ne pas quitter le monde du design, je pars à l’exploration du tout nouveau complexe de South Beach, partiellement terminé seulement. Il se situe entre le traditionnel Raffles et le centre SunTec. C’est magnifique, avec un toit en forme de vague et j’apprécie particulièrement la musique classique qui donne un certain caractère à l’endroit. Ma hardiesse liée à ma curiosité (plus le fait que Yves ne m’accompagne pas;-) me font pousser la porte de l’hôtel abrité dans l’une des deux tours; et quand un réceptionniste me demande « how can I help you, mum ? », je sors le fait que je sais que l’ensemble a été désigné par le célèbre Philippe Starck, que je connais certaines de ces oeuvres et que je suis tentée d’admirer cette création récente et sublime. Ma franchise me vaut alors une visite de l’hôtel, son lobby tout en longueur, aux sept petits bureaux de réception, ses bars, sa salle de restaurant, et même deux types de chambres (il y a un étage uniquement réservé aux femmes) et surtout la piscine à débordement au 18ème étage – ça valait vraiment le coup d’oeil ! Et mieux encore, une petite nuit ici ne serait pas pour me déplaire …

Après mon repas avec Agata, je marche autour du bassin de Marina Bay – que c’est beau avec les éclairages, la température est devenue agréable et je découvre un son&lumière interactif projeté sur les « feuilles » du ArtScience Museum. Tout au long de ma balade, entre les palmiers du quai, je peux admirer les réalisations et les activités (il y en aurait 24) montées ce mois pour le Light Art Festival (i Light Marina Bay 2016) … magique comme ambiance … il me reste 45 minutes de métro et bus pour rentrer chez moi … j’y emmènerai Yves un autre soir !


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Sentosa, of course …

Notre premier week-end arrive et après les vols et le logement à Kent Vale, c’est sans doute la réservation qui a de suite suivi : une nuitée à Sentosa, au Rasa Shangi-la – c’est presque devenu une tradition. L’endroit est paradisiaque à nos yeux, nous nous y sentons merveilleusement bien.

Le passage par le centre commercial VivoCity s’impose, difficile de faire autrement et de là, nous rejoignons l’île à pied par une voie ombragée et un tapis roulant. Envie de tester si les wantons du Din Tai Fung (restaurant entièrement rénové) sont toujours aussi succulents … eh bien oui, et j’en fais baver Jan, qui nous les fait découvrir lors de notre premier séjour. La folie du kitsch, l’imposant Merlion, la promenade de Gaudi et la plage bordée de paillotes … avant d’atteindre notre but.

L’ancien directeur de l’hôtel, maintenant promu responsable de toute la région basé au siège en ville, nous a recommandés à Jennifer et nous voici donc accueillis aux petits soins : chambre surclassée panoramique  au onzième étage, corbeille de fruits frais alléchants, bouteille pour l’apéro en chambre, petit mot manuscrit de bienvenue. Alors que nous sirotons notre verre de blanc sur le balcon, Yves lance tout à coup le repli rapide à l’intérieur – un singe à l’approche, sautant de balcon en balcon, à la recherche d’une porte-fenêtre ouverte pour se servir !

Les années ont passé depuis notre première visite ici, je me souviens encore que c’est sur cette terrasse que j’ai lancé le premier post de mon blog Asie ! Nous étions le 29 juillet 2012. Toujours le même décor superbe, les ventilateurs au plafond, que nous demandons d’enclencher pour pouvoir rester dehors à lire/écrire/travailler … mais notre ami Mansour a quitté cet établissement pour rejoindre un autre Shangri-la à Dubaï – snif, nous n’aurons plus droit à l’assiette de fromages français … mais le couscous royal figure toujours à la carte.

Singapour est resté un endroit où l’on voit vraiment beaucoup les enfants à l’extérieur; ce sont les maids et les parents qui s’en occupent mais aussi très souvent les grands-parents … et cela me touche cette année – pourquoi donc ? Ici aussi à l’hôtel, les familles sont nombreuses; elles viennent fêter des événements, des anniversaires – ce sont les ballons, les musiques, les gâteaux colorés.

De plus ce week-end, on célébrait sur Sentosa le Holi Festival, festival hindou des couleurs et c’était donc cela l’explication de tous ces gens bariolés, comme s’ils sortaient d’un paint ball géant,  que nous avons croisés en arrivant. Cette fête hindouiste a lieu vers l’équinoxe de printemps, un jour de pleine lune. Les gens portent des habits blancs et se jettent dans l’euphorie, des pigments de couleurs, chacune d’elle avec sa signification (rouge pour amour et joie, vert pour harmonie, bleu pour vitalité, …). Ce serait un moment où toutes les castes se mêlent …

Un week-end très reposant pour moi; je me prélasse au bord de la piscine ou encore mieux, sur la plage de sable fin, sous les palmiers et sous une brise légère, en écoutant Pavan Guru de Benjahmin … du pur bonheur ! L’enchantement de ce week-end se prolonge à la marina de Keppel Bay sur le chemin du retour.