Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


Poster un commentaire

Longue balade dans les îles

Toronto compte plusieurs îles, un oasis de verdure et de tranquillité proche de la ville. Je m’embarque à bord d’une navette lacustre pour touristes qui traverse en dix minutes le petit port intérieur, m’éloignant ainsi de la vie trépidante pour rejoindre le calme. Je commence par la pointe Est, Ward’s Island, du croissant que forme ce chapelet d’îles; je croiserai très peu de monde au cours de ces heures de balade tranquille.

IMG_0028 IMG_0032 IMG_0042

Certains propriétaires chanceux ont ici leur cottage, coquet, pittoresque, avec un jardinet fleuri méticuleusement soigné et la vue sur le lac Ontario tel une mer: 250 familles habiteraient ce coin de paradis. Ainsi je verrai une école et quelques véhicules de services mais surtout de nombreux petits ports avec quantité de bateaux de plaisance. Certains espaces sont eux tout à fait sauvages, parfois ressemblant à nos dunes du nord tandis que des parcs sont super bien entretenus, principalement sur l’île centrale qui est la plus fréquentée avec ses nombreuses attractions pour les familles. Ce serait un peu le Sentosa de Toronto et c’est ma chance de ne pas m’y trouver un jour d’affluence – ce doit être nettement moins paisible les week-ends ensoleillés.

IMG_0047 IMG_0049 IMG_0050 IMG_0067 IMG_0066 IMG_0058 IMG_0061

Il y a quelques plages, désertes ce jour et une longue promenade aménagée sur un chemin de bois en bordure du lac; les mouettes me tournent autour, les oiseaux chantent, j’observe le vol en ligne des canards et cela me fait presque penser à mes balades délicieuses à Préverenges avec Cristina ou Régula au bord du Léman.

IMG_0059 IMG_0052 IMG_0069 IMG_0071 IMG_0073 IMG_0072

Soudain apparaît un ancien phare, presque caché au milieu des arbres; ce serait le plus ancien phare encore sur pied, des Grands Lacs, datant du début du dix-neuvième siècle pour guider les bateaux vers le port de York. Alors qu’à l’époque la plupart des constructions étaient en bois, ce phare fut monté en pierres provenant de la région de Niagara pour résister aux violentes tempêtes du lac. Le site est magnifique, inspire les artistes peintres certainement et ainsi un Lodge est ici pour les accueillir avec des espaces de travail, pour des stages ou des moments d’isolement.

IMG_0098  IMG_0089  IMG_0094

J’ai marché cinq kilomètres pour atteindre Halan’s point, l’autre extrémité du croissant et juste derrière la clôture, le petit aéroport urbain Porter. Les oies se dandinent en bandes sur les pelouses – vive la semelle de mes chaussures ce soir – et traversent les rues sans se soucier des véhicules; elles s’octroient la priorité! Un monument célèbre un rameur d’aviron installé ici au bout de l’île qui prit son nom; Ned Hanlan remporta de nombreuses compétitions de par le monde. Je me retrouve ainsi proche à vol d’oiseau de la CN Tower et du Centre Rogers, tels qu’ils apparaissent sur les photos typiques de Toronto. Le vent a balayé les nuages, il fait tellement beau quand je décide de retraverser le bras d’eau, cette fois à bord d’un bac, en compagnie d’ouvriers qui rentrent chez eux après leur journée de travail.

IMG_0107 IMG_0113 IMG_0114 IMG_0119 IMG_0125 IMG_0126 IMG_0127
Ma dernière visite mais pas la moindre, loin de là, sera la Art Gallery of Ontario, un musée extraordinaire qui a été rajeuni il y a cinq ans par une nouvelle façade de verre et de bois, fantastique, conçue par le célèbre architecte Frank Gehry, originaire de Toronto. Par cette structure transparente, il a voulu créer une relation entre les activités du musée et celles de la rue; c’est magique de se promener dans cette galerie au niveau deux qui surplombe le trottoir.

IMG_9790 IMG_9794 IMG_9797 IMG_9787 IMG_9789 IMG_0154

A l’arrière du bâtiment un escalier monumental en colimaçon, tout de bois, tel un serpent qui s’entortille, incrusté dans l’ancienne façade avant de sortir en extérieur. Woah, la vue vers la ville, surplombant Grange Park, vers le cube sur pilotis de OCAD est superbe; je suis fascinée par cette architecture mais aussi par les collections que je prends le temps de parcourir.

IMG_0129 IMG_0132 IMG_0133 IMG_0136 IMG_0143

Mes deux premiers étages exposent des œuvres contemporaines; au niveau supérieur, des œuvres des cinquante dernières années où les artistes chacun à leur manière, explorent la notion d’espace, soit un lieu physique, soit un sondage de notre pensée comme une émotion, un souvenir ou un rêve. C’est grand, on se laisse emporter.

Ensuite je vais découvrir une forme d’art dont j’étais ignorante; ce sont différents box où au moyen d’installations média, le visiteur ressent des émotions, se laisse transporter dans des mondes tels que un opéra, un orage, un grenier flippant, un voyage en mer, une machine ancêtre de la chaise électrique … Ce sont Janet Cardiff et Georges Bures Miller, les pionniers de cette approche artistique particulière, qui au départ surprend – moi en tout cas – mais finalement me prend au cœur. Ce sera également Janet Cardiff qui met en espace une quarantaine de hauts-parleurs crachant les mélodies de huits chœurs à cinq voix chantant Spem in Alium, d’un compositeur de la Renaissance … je resterais scotchée là à écouter, tout en admirant autour de cette corole de voix, les sculptures de Henry Moore, artiste britannique, amoureux de Toronto qui légua une grande partie de ses œuvres au musée.

IMG_0162

Le Groupe des Sept est pour moi aussi une découverte : des artistes qui en 1920, après avoir peint ensemble de nombreuses années, décident de former ce groupe, persuadés que le Canada devait définir sa voix artistique pour devenir une nation reconnue. Ils furent exposés de génération en génération dans ce Musée des beaux-arts de l’Ontario.

Sorel Etrog est lui un sculpteur très présent dans la ville; originaire d’une famille juive de Roumanie, il installe son atelier dans une ancienne fabrique d’habits à Toronto en 1963 et une dizaine de ses œuvres garnissent les espaces publics. J’aurais aimé avoir plus de temps pour m’intéresser à d’autres salles mais l’heure me pousse à renoncer. Je termine toutefois par la Grange, là où tout a commencé pour l’AGO; la maison familiale d’un ancien maire et membre du Parlement où artistes et intellectuels se sont réunis durant de nombreuses années. Sa veuve a légué la maison au début des années 1900 à ce qui est devenu la Art Gallery of Ontario; c’est la plus ancienne maison de briques de la ville. Depuis le parc Grange, cette demeure semble entourée d’un ciel bleu géant, la façade du Musée moderne.

IMG_0150 IMG_0167
Yves a lui passé une bonne journée de travail, son séminaire du soir a eu beaucoup de succès à la ISchool. Nous nous retrouvons à l’hôtel pour partir ensemble chercher l’avion qui nous ramène à Montréal. Alors là, c’est un record de rapidité et d’efficacité. Le taxi nous emmène au hall du Porter AirPort, là un bac nous fait traverser le petit canal et au guichet d’enregistrement de Air Canada Express, l’employé nous propose une place dans le vol une heure plus tôt que prévu, soit dans dix minutes. Un contrôle de sécurité rapide, pas de longs corridors, nous montons à bord d’un avion Bombardier à hélices, qui va décoller trente minutes après notre départ de l’hôtel. Peu de passagers, un snack et une boisson, presque comme un jet privé et nous nous envolons par-dessus les îles où je laisse mes doux souvenirs de Toronto.

IMG_0171 IMG_0175 IMG_0179 IMG_0183 IMG_0187 IMG_0191


Poster un commentaire

De Queen’s Park à Yorkville

En quittant l’hôtel ce matin, je m’attarde devant le Roy Thomson Hall, une construction originale toute en rondeur avec une couronne de verre réfléchissant; nous n’aurons pas l’occasion d’apprécier l’acoustique exceptionnelle de cette salle de concert où se produit l’orchestre symphonique de Toronto. Non seulement pour épargner mes jambes mais aussi pour tester le métro de la ville et surtout explorer la vie souterraine – Toronto compte plus de vint-cinq kilomètres de corridors sous terre, juste un rien moins qu’à Montréal – je m’enfonce dans ce labyrinthe où il est plus difficile de se repérer qu’au niveau des rues. Le métro est lui assez restreint, les stations sont ici plus lumineuses et les rames, signées Bombardier, plus récentes que d’où nous venons, avec de jolis sièges en velours rouge! La ligne jaune m’amène à Queen’s Park, point de départ de ma randonnée d’exploration.

IMG_9895 IMG_0025
À l’entrée de ce grand parc, trône majestueusement le bâtiment de la Législature d’Ontario, construit à la fin du dix-neuvième siècle par un architecte de Buffalo à qui l’on doit également un bâtiment de l’Université McGill de Montréal. Des jardins, des parterres fleuris, des statues entourent cet édifice de briques foncées, aux façades richement sculptées; la reine Victoria inspire le respect des visiteurs.

IMG_9902 IMG_9903

L’Université de Toronto s’étend sur un carré immense de verdure, comptant une quarantaine de bâtiments; certains sont historiques de style oxfordien tandis qu’ils jouxtent des constructions ultra-modernes. L’ancien et le moderne se côtoient dans cette ville un peu partout. L’University College est le plus ancien du campus avec un magnifique portail de l’horloge et des sculptures de pierre remarquables. Je ne peux m’empêcher un petit crochet à la librairie universitaire, riche de nombreux objets à son enseigne et dont la salle qui renferme un grand nombre d’ouvrages de tous domaines a conservé le cachet des anciennes salles de lecture. Bien qu’il soit beaucoup moins pittoresque que celui de Kyoto, le chemin du philosophe est une promenade relaxante au sein du campus; les grands chênes, les marronniers en fleurs, les gazons impeccables, les écureuils noirs à la queue rousse accompagnent les étudiants, les professeurs, les visiteurs au son de la musique du conservatoire camouflant le bruit des rues trépidantes.

IMG_9906 IMG_9991  IMG_9910 IMG_9913  IMG_9986 IMG_9915 IMG_9916 IMG_9949 IMG_9948
Yves a deux rendez-vous ce jour à la faculté Rotman de gestion alors que demain il fera sa conférence à la I School ( Faculty of Information ); nous nous retrouvons pour une petite pause de midi au ROM, le Royal Ontario Museum. Celui-ci est le plus grand musée au Canada, un musée d’histoire naturelle renfermant des millions de trésors artistiques et archéologiques; nous déambulons dans les galeries présentant Rome, l’Egypte, la Grèce ou encore la Chine et la Corée. Des classes bien sages d’enfants écoutent attentivement leur maîtresse racontant l’histoire des civilisations, observant dans les vitrines ces merveilleuses pièces antiques.

En 2008, le bâtiment ancien s’est vu agrandi par ce qu’on appelle le Crystal, une énorme structure de verre et d’aluminium qui surplombe le trottoir de la rue Bloor; les adeptes et les réfractaires sont toujours prêts, semble-t-il, à discuter de cette architecture mixte assez extravagante.

L’architecte est Daniel Libeskind, notamment connu pour avoir fait le Musée Juif de Berlin; il aurait également gagné le concours pour refaire les World Trade Towers, mais aurait été écarté par la suite. En assistant à un mariage près du ROM, il avait dessiné un genre de diamant sur une serviette en papier, ne pensant pas spécialement répondre au concours mais quelqu’un l’a vu, a aimé et il a été rappelé pour répondre au concours et faire la rénovation!

IMG_9919 IMG_9923 IMG_9937 IMG_9943
Seule ensuite je vagabonde dans les rues de magasinage de Toronto; sur Bloor Street se succèdent les grandes signatures comme Chanel, Vuitton, Prada, Cartier avant de retrouver les façades de Hudson’s Bay ou Holt Renfrew, les magasins dits à rayons, purement canadiens. Mais je préfère de loin, les plus petites rues parallèles que sont Yorkville, Cumberland ou Hazelton; elles offrent un joli rassemblement de boutiques design, de galeries, de cafés où les gens en terrasse créent l’animation. Des maisons colorées, variées qui font assez penser à certains quartiers de Montréal; même les boîtes de relais électriques sont peintes dans le décor, les devantures valent le détour, une autre facette de cette grande métropole.

IMG_9977 IMG_9966 IMG_9965 IMG_9964 IMG_9963 IMG_9961 IMG_9955

Sur Yorkville, un célèbre parc urbain a été créé au-dessus d’une station de métro – le bruit m’a d’ailleurs surprise – un arrangement harmonieux de pierres et de verdure où l’été il doit être agréable d’y rechercher la fraîcheur de l’ombre.
Tim Hortons, comme Starbuck ou Second Cup sont l’endroit idéal pour une pause – aujourd’hui ce sera Tim Hortons pour la première fois; une chaîne créée en Ontario par une homme d’affaires et un joueur de hockey. Un doux café glacé et un délicieux cookie moelleux me redonnent de l’énergie …
Ce soir nous sommes invités à manger chez nos amis Trish et Alan, les designers des livres Business Model; ils habitent Dalhousie Street, facile à mémoriser puisque notre appartement à Vancouver se trouvait sur une rue de même nom. Pour nous rendre chez eux, le métro nous mène à Dundas, une large place qui à la tombée du jour ne peut que faire penser à Piccadilly ou Times Square. C’est presque dommage que nous ne soyons pas montés ici avec un peu de marge; un cracheur de feu, un lanceur de couteaux, un groupe rock, etc.

IMG_0011  IMG_0016

Leur logement est situé dans un très très gros bâtiment, en bordure de l’Université Ryerson, anciennement une fabrique qui a été récemment reconvertie en petits appartements. Leur loft est très design, original, sobre et chaque objet semble avoir été choisi avec goût et attention – c’est bien ainsi que je pouvais m’imaginer leur intérieur. Les pièces sont hautes, le plafond est resté en béton, certaines tuyauteries encore apparentes, des placards et portes aux parois coulissantes, tout espace est judicieusement utilisé. Ils sont mieux lotis ici qu’à Montreal en hiver, nettement moins perturbés par la neige. Les deux nous disent avoir étudié à York University, une des plus grande, qui compte quelques cinquante mille étudiants. Je déguste avec Alan, une jolie sélection de bières locales dans une pinte originale, le repas est joyeux, nous avons beaucoup à nous raconter … Trish est d’origine grecque et me propose un café grec après le repas, miam c’est la même saveur que le café turc que j’aime particulièrement et ils ont également de délicieux chocolats à Toronto!

IMG_0017


Poster un commentaire

Toronto à pied !

Ce lundi est férié au Canada, non pour la Pentecôte mais pour célébrer la reine Victoria. Sous un beau ciel bleu et soleil, nous partons bien décidés à la découverte de Toronto et ses divers quartiers nommés districts; ni bus, ni tramway, ni métro nous n’emprunterons, seules nos jambes nous transporteront. Les rues, les avenues alignées au cordeau facilitent le parcours que nous débutons par West Queen West, le quartier surnommé Art & Design District. Les bars, boutiques, restaurants, galeries de cette rue mythique recèlent beaucoup d’originalité; on y ressent un air appelé ‘bohème-branché‘ par les torontois eux-mêmes. Le nombre de façades joliment colorées de tags figuratifs me plaisent beaucoup et c’est une chance que ce jour férié voit les portes closes pour une majorité des commerces. Dans le parc Trinity-Bellwoods, les lilas sentent merveilleusement bon et les citadins s’allongent sur les gazons pour profiter des heures de repos.

IMG_9756 IMG_9757 IMG_9759 IMG_9761 IMG_9760 IMG_9767 IMG_9770 IMG_9773
Même si ce n’était pas initialement dans nos plans, le crochet par Kensington Market apporte une autre vision plus vivante d’un quartier populaire, avant de nous retrouver dans le district chinois. Les couleurs vives, les enseignes aux caractères kanji, les étalages de canards laqués et d’épices ou de champignons, les grandes tables rondes des restaurants, les pharmacies de plantes médicinales … on s’y reconnaît, c’est bien la vitrine d’un Chinatown. L’immigration remonte au milieu du dix-neuvième siècle, avec des commerces de blanchisseries – avant l’invention de la machine-à-laver – et de restauration et aujourd’hui on compte un-demi million de chinois à Toronto.

IMG_9776 IMG_9779 IMG_9780 IMG_9994
Le fameux musée d’art est fermé le lundi et nous dénichons en face un petit restaurant/galerie qui expose les toiles de Lim Khim Katy, née à Ho Chi Minh City; ses maisons de campagne, ses paysages lumineux, ses personnages expressifs … j’aime. Sur la rue McCaul, c’est la découverte du bâtiment le plus original que nous ayons jamais vu, le Sharp Centre for Design qui fait partie de OCAD, le Ontario College of Art and Design où Yves a un rendez-vous mercredi. Incroyable, cet énorme cube rectangulaire aux façades de cases noires sur fond blanc, perché sur douze immenses pilotis colorés, chapeautant un ancien bâtiment! De près, de plus loin, la vue reste accrochée à cet édifice audacieux, inoubliable.

IMG_9793 IMG_9801 IMG_9802 IMG_9805 IMG_9806
L’objectif suivant est l’ancien Hôtel de Ville de style victorien devant lequel fut érigé le New City Hall, avec deux tours courbées telles deux mains ouvertes qui protègent la soucoupe où siège le conseil de la ville. Des passerelles d’accès surélevées offrent une splendide vue sur cet espace public devant l’hôtel de ville, le Nathan Phillips Square. Des enfants courent se mouiller, se rafraîchir sur les jets d’eau, les gens ont emporté leur siège pliant pour se détendre en observant l’animation de la place et nous écoutons les airs entraînants d’un orchestre, sous la baguette de la talentueuse Resa Kochberg, dans le cadre du programme de la semaine de musique juive.
IMG_9818 IMG_9819 IMG_9826

Je parviens à entraîner Yves dans le Centre Commercial Eaton, de cinq étages infinis, coiffé d’une immense arcade au toit de verre et avec en suspension un magnifique vol de bernaches en fibre de verre. Un écart qui valait le coup d’œil.
Et nous parvenons à Yonge Street que nous descendons vers le sud jusqu’à l’Esplanade. Yonge street est une des plus longues rues au monde, portant le même nom sur 1’896 km, depuis le lac Ontario jusqu’à la ville de Rainy River. Elle suivrait le tracé utilisé par les Hurons et ensuite par un explorateur français. Sa construction a débuté dans les années 1790, pour faciliter les communications entre la nouvelle York, appelée Toronto, et la baie Géorgienne en cas de conflit avec les américains. Elle est aujourd’hui une rue commerçante super animée, avec également des musées et des théâtres.
De Yonge à Bay street, s’étend Brookfield Place, un autre symbole architectural de Toronto. Entre deux tours jumelles, une galerie de verre de cinq étages, supportée par une structure métallique blanche; nous y trouvons un ‘Marché‘, boutique et restaurant à l’enseigne suisse – comme celui de Singapour – et le Spirit of Hockey bien sûr.

IMG_9832 IMG_9838 IMG_9581 IMG_9584 IMG_9586 IMG_9591 IMG_9589
Pour atteindre le Distillery District, recommandé par Anaelle, nous traversons le quartier de la vieille ville de Toronto, là où le commandant Simcoe de l’armée britannique a fondé la ville de York en 1793. Ce sera longtemps le centre économique de la métropole avant qu’il ne se déplace plus récemment vers la forêt de gratte-ciel que constitue le quartier des affaires. Au passage nous admirons la façade du Gooderham building, un trompe l’œil qui représente le bâtiment qui lui fait face de l’autre côté de Front Street. Le secteur est de nos jours à la mode pour y élire domicile plus au calme.

IMG_9846 IMG_9843
The Gooderham and Worts Distillery est fondée en 1832 et devient rapidement la plus grande au monde, produisant jusqu’à huit millions de litres d’alcool par an. Les restrictions et interdictions de la première guerre mondiale vont aboutir en une reconversion en production d’acétone et ensuite chuter. C’est dans les années 1990 cependant un lieu reconverti une fois de plus, en studios de films. Nous entrons dans ce quartier entièrement piéton, un Hub de culture, de loisirs et d’art; lieu de la mode, du design, d’artisans, de galeries, de cafés et restaurants branchés mais aussi un paradis pour les résidences. Nous avons la chance qu’il s’y passe ce week-end un rassemblement d’artisans à l’ouvrage et vendant leurs œuvres; une animation qui fait fête, sous un beau soleil qui réjouit les cœurs.

En 2003 un petit groupe d’entrepreneurs visionnaires fait le rêve de transformer les quarante-sept bâtiments de pure style industriel victorien de l’ancienne distillerie en un espace où les passions et la créativité pourraient s’exprimer, se développer, se partager avec d’autres. Pour terminer la rénovation des rues, ils auraient acquis six cent mille pavés de brique rouge de Cleveland. Ils sont parvenus à créer un ensemble où l’ancien et le moderne se fondent; une destination idéale pour rêver, se sentir hors du temps, chiner parmi les quantités de boutiques d’objets insolites – comme chez Bergo Designs, par exemple – ou se laisser captiver par un magicien de rue, savourer un délicieux chocolat aux pépites de caramel, une bière rousse de Mill St. Brewery. Un vrai moment de bonheur pour lequel nous remercions vivement Annaelle du conseil! C’est d’ailleurs à sa santé que nous prenons nos consommations sur un banc face au soleil …

IMG_9859 IMG_9860 IMG_9862 IMG_9864 IMG_9867 IMG_9873
Le retour se fait le long de Queens Quay, East puis West dès que l’on passe outre cette Yonge street et l’on revient vers la ville qui donne le vertige. Le nombre de travaux, de grues fait dire aux locaux qu’il y a deux saisons à Toronto : l’hiver et … la saison des constructions!

IMG_9877 IMG_9881 IMG_9884 IMG_9888


Poster un commentaire

Niagara Falls

Une excursion organisée par Gray Line, va nous permettre d’apprendre et de visiter plusieurs sites de la région de Niagara en une seule journée. Notre chauffeur Jim est très gentil et attentionné; notre guide, Edward, officiellement à la retraite, est drôle et intéressant – il faut cependant bien tendre l’oreille pour décortiquer ses phrases mâchées. Jim s’amuse à quitter l’autoroute quand la circulation devient dense et ainsi nous progressons à bon rythme. Nous passons à proximité de Burlington, une région recherchée en bordure du lac, avec des golfs et des plages de rêve pour ses riches résidents. Hamilton est elle moins réjouissante car très polluée à cause de ses chantiers de constructions navales et ses hauts-fourneaux en quantité concentrée.

La zone qui s’ensuit est très fertile, recouverte de terres d’alluvions suite à la fonte des glaces et des neiges des Montagnes Erié … elles nous font bien rire leurs ‘montagnes’, pas très hautes. Par contre les étendues de vergers, cerisiers, pommiers, etc. sont de taille américaine – nous circulons sur FruitLand Road – et aux alentours de Ste Catharines, nous approchons des vignobles, des alignées immenses de ceps et des caves, dont certaines n’ont rien à envier à nos châteaux. Par contre Edward a pris rendez-vous pour nous dans la petite cave ‘Caroline‘. C’est l’heure de l’apéro et cette dégustation de Riesling, Cabernet Sauvignon et IceWine tombe bien à point. Le show est très américain, même que je ne sois pas experte dans le domaine, c’est amusant.

IMG_9749 photo IMG_9630 IMG_9629

Reprenant notre route, nous enjambons le canal Welland, un canal de quarante-deux kilomètres avec huit écluses, assurant le passage du lac Ontario au lac Erié en évitant les chutes du Niagara. Ce canal est emprunté par la navigation de plaisance et commerciale et fait partie de cette Voie maritime du St.-Laurent; il facilite le transport des marchandises produites dans les villes industrialisées bordant les Grands Lacs vers l’océan atlantique, en passant par le Mississippi. La région est magnifique, les chemins empruntés nous font découvrir de très jolies habitations et nous arrivons au Parc Niagara, avec ses endroits de pic-nic bien sympathiques, son horloge de fleurs, son école horticole, son jardin botanique, plusieurs grands terrains de golf, des réservoirs qui alimentent les centrales hydroélectriques et enfin Woah, nous apercevons les fameuses chutes! Le lunch se prend au treizième étage du Sheraton, avec une vue spectaculaire sur le site, peut-être la plus belle de l’endroit.

IMG_9648 IMG_9701IMG_9659
Les chutes, la rivière Niagara et les Grands Lacs nord-américains sont nés de la déglaciation il y a cinquante mille années. L’érosion et le recul des chutes ont créé une séparation : les chutes canadiennes appelées le Fer à Cheval et les chutes américaines qui toutes deux sont situées sur la rivière Niagara qui relie le Lac Erié au lac Ontario. La frontière entre les deux pays est tracée telle une ligne toute droite au milieu des deux lacs. Et trois ponts imposants sur la rivière permettent de passer cette frontière, les files d’attente aux douanes peuvent s’étendre sur plusieurs heures.

La hauteur des chutes n’est que de cinquante-deux mètres mais leur largeur – 323 mètres pour les américaines et presque huit cents mètres pour le Fer à Cheval – provoquent un débit de plus de deux mille huit cents mètres cube par seconde, le même taux étant dévié pour la production d’énergie; cela en fait les plus puissantes de l’Amérique du Nord. Elles sont donc également une source importante d’énergie hydroélectrique et les ingénieurs s’efforcent par de nouvelles technologies de réduire le taux d’érosion.

Il y a toujours polémique pour savoir quel européen a fourni le premier des descriptions des chutes; Samuel de Champlain début du dix-septième siècle ou Pehr Kalm, un finno-suédois un siècle plus tard? Une légende amérindienne raconte qu’une très jolie jeune femme refusa le mariage organisé par son père pour choisir de se sacrifier à son amour He-No, dieu du tonnerre vivant dans une caverne derrière les chutes du Fer à Cheval. Alors qu’elle amenait son embarcation aux rapides de la Rivière pour le rejoindre, elle tomba à l’eau et fut sauvée par son héros, He-No!

La légende a donné son nom aux embarcations qui emmènent les touristes au pied des chutes, Maid of the Mist. Équipés de pèlerines bleues pour nous épargner la douche complète, le périple nous amène le long des chutes américaines qui se fracassent sur un amas de roches brisées tombées en 1954, accompagnés d’un flux de mouettes et ensuite le bateau s’engage plus loin dans les tourbillons de la gorge vers les chutes du Fer à Cheval. L’impression est forte, on ressent profondément la force des courants, on pense être au plus près – les appareils photos déjà cachés car il n’est plus possible de les tenir – mais non, le bateau approche encore, s’enfonce dans ce brouillard humide bouillonnant d’énergie! Woah, ça valait franchement le coup! Le soleil, le vent, les 29 degrés sont juste bien présents pour que nous soyons à peu près secs quand on reprend le car.

IMG_9665 IMG_9668 IMG_9681 IMG_9691 IMG_9693 IMG_9698



Les statistiques donnent quatorze millions de visiteurs par an pour cet endroit exceptionnel, lieu touristique depuis plus d’un siècle, et qui est la destination première des Lunes de miel. La localité côté canadien, mais aussi américain je crois, n’a elle rien de très pittoresque; elle fait penser à un petit Las Vegas extravagant. Par contre notre excursion prévoit un dernier arrêt à Niagara-on-the-Lake, petite ville où se serait installée la première communauté anglaise en Ontario et considérée comme une des plus belles de la province. Une rue principale, commerçante, magnifique, avec des boutiques, des bars, restaurants, hôtels – dont le Prince of Wales, très old fashion – au cachet comme j’aime et dont les souvenirs d’escapades avec Candy et Richard nous reviennent. Les arbres sont superbes, une jolie petite église Saint-Vincent de Paul, des calèches au charme d’antan et … des glaces affreusement savoureuses … miam, le parfum de cherry cheesecake !

IMG_9737 IMG_9729 IMG_9743 IMG_9738 IMG_9725 IMG_9744 IMG_9734

Journée qui procure un bien-être exquis, qui fait tout oublier; les images inondent les yeux et chassent de l’esprit les réalités de la vie quotidienne.

Victor est le restaurant du Germain, tenu par David Chrystian qui a participé à l’émission Top-Chef au Canada. Nous y apprécions énormément un menu ‘tasting‘ dont les saveurs vont crescendo au cours du repas. Originaire de Roumanie, il s’est inspiré des recettes de sa grand-maman; des parfums excellents! Et nous faisons causette à la table voisine avec un couple de belges retraités, joyeux et bavards – mais peut-il en être autrement – en voyage de New-York à Montréal en passant par Toronto; demain ils feront la même excursion vers les chutes. Rencontre fortuite agréable, on se croisera à plusieurs reprises.


Poster un commentaire

Direction Toronto

Les cinq heures pour parcourir les 550 km qui nous séparent de Toronto, à bord d’un train dit rapide de la Compagnie ViaRail sont bien confortables et relaxantes. Le service est impeccable, le dîner trois plats et les boisons tout au long du trajet agrémentent le temps passé à bouquiner, moi sur la ville où nous allons séjourner quelques jours et Yves sur les quatre ou cinq présentations qu’il va y faire. Le personnel est nombreux, sympathique et blagueur; les annonces nous font sourire, surtout lorsqu’ils s’apprêtent à tenter d’enclencher la climatisation et tout le monde crie ‘Ah Ah‘ dès son ronronnement caractéristique. Ce n’est bien sûr par un TGV, on ressent régulièrement des à coups – il faut veiller à ne pas trop remplir les verres – mais je ne me plains pas de la vitesse qui me permet de mieux admirer et photographier le paysage. Il faut également savoir que les trains de marchandises sont prioritaires et surtout au départ, nous voici quelques fois à l’arrêt pour en laisser passer un – ceux-ci sont lents et très très longs!

IMG_9551 IMG_9552
Les paysages défilent sur un relief plat à perte de vue, avec des fermes aux façades typiques de lamelles de bois et leurs gros silos, des ranchs, des zones marécageuses et des forêts aux arbres brûlés, gris squelettiques comme nous en avons vu souvent dans les alentours de Vancouver. Proche des petites localités, nous retrouvons également de superbes terrains de golf au tapis de velours vert tendre et le silence de cette campagne est troublé par les sifflements des trains qui coupent les routes, sifflement chantant bien typique, comme dans les films.

IMG_9561 IMG_9565 IMG_9571

Le temps a passé, une heure avant le but, surgit sur notre gauche l’immensité du lac Ontario et soudain ce sont les faubourgs puis les buildings de Toronto. C’est la plus grande ville du Canada, avec 5,5 millions d’habitants dans la région métropolitaine et son impressionnante concentration de gratte-ciel, la plus importante après New-York et Chicago en Amérique du Nord. En sortant de Union Station, c’est le vertige; on se sent tellement petit au pied de ces tours qui pointent vers le ciel. Je comprends mieux la remarque ‘Montréal est un village comparée à Toronto‘! Les façades de verre jouent aux miroirs et se reflètent les unes dans les autres pour le plus bel effet. Mais tout comme à Montréal, des bâtiments anciens – comme le Toronto Stock Exchange – et des églises ont résisté et prennent toute leur splendeur en se mirant dans leurs tours voisines. Les tramways font partie du paysage de la ville depuis très longtemps, ce qui est rare dans les agglomérations américaines. Les taxis sont également très nombreux, le plus souvent bicolores et ainsi reconnaissables de loin.

IMG_9573 IMG_9574 IMG_9577 IMG_9578 IMG_9579 IMG_9582 IMG_9594 IMG_9597 IMG_9603 IMG_9602
C’est en 1834 que la ville de York, sous régime anglais depuis le milieu du 18ième siècle après avoir été française avec la découverte de Jacques Cartier, devient Toronto. Elle va rapidement prospérer grâce entre autres à la construction de la Voie Maritime du St.-Laurent qui a facilité son développement économique. Et ensuite de grands projets architecturaux audacieux vont la porter au sommet de sa reconnaissance.

Ce soir notre balade nous mène déjà vers le Centre Rogers, premier stade en 1989, à toit rétractable, qui abrite le club de baseball, les Blue Jays de l’American League. Le symbole de la ville est sa CN Tower, haute de 553 mètres, construite dans les années septante pour faciliter la transmission des ondes radio et Tv. Nous resterons au sol pour admirer, et flipper un peu, en regardant les courageux visiteurs qui harnachés et câblés s’aventurent sur la corniche extérieure à 356 mètres de nous.

IMG_9612 IMG_9607

Le quartier du Waterfront, avec ses anciens entrepôts, ses vieux rails de chemin de fer et son horrible autoroute surélevée en béton, voit depuis quelques temps des travaux de rénovation et d’embellissement du littoral, qui attire touristes et citadins au bord du lac pour des balades, des activités ludiques ou culturelles. Nous y mangeons de succulents spaghettis au Lobster!

IMG_9616 IMG_9615 IMG_9625 IMG_9619 IMG_9618
Le Germain est un hôtel situé dans une petite rue calme en marge du quartier des loisirs; c’est un petit bijou de design, de simplicité, avec un lobby fort chaleureux, tout comme son personnel d’ailleurs. A recommander vivement.

IMG_9750 IMG_9610