Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Une activité hors du commun

Ce matin Shin vient nous chercher à l’hôtel avec sa petite fille, Seri, de 8 ans pour nous faire assister à une activité très originale qu’il organise à Tokyo pour la quatrième fois. Shin est un fan du BM Canvas et est également très proche du monde des enseignants et de l’éducation ‘ludique’. Il a réuni ce matin une dizaine de coupes « enfant avec maman ou papa » pour les faire jouer et créer autour de projets novateurs, futuristes.
Dans le métro, pas de panique si mon chapeau tombe sur les rails ...

C’est ainsi que nous nous retrouvons à FreeWill, dans de petites classes d’une prep-school; un des fondateurs est justement un participant et nous comprenons qu’il a ouvert cette école pour aider les jeunes à préparer des examens, des tests d’entrée ou récupérer des lacunes. Ses élèves ont entre 7 et 20 ans … drôle de coïncidence; voici quelqu’un avec qui je pourrais travailler si nous vivions ici. Si ce n’est évidemment que la langue serait un sacré frein!
Notre école pour ce matin, avec Seri
La matinée se déroule tout en japonais, il n’y a que quelques adultes qui parlent un peu l’anglais. Mais c’est passionnant et émouvant pour Yves de voir, à l’autre bout du monde, ces gens tellement motivés par son modèle qui est utilisé à des fins tout autres que pour les entreprises. Il y a cinq tables avec deux adultes et deux enfants par table. Ce sont les enfants qui sont les plus actifs dans le démarrage de l’atelier. Sur une grande feuille blanche, chacun dessine comment il se projette dans le futur – ils ont emporté avec eux des livres de mangas ou d’histoires pour s’en inspirer.
Shin présente le projet en japonais Dans la salle de classe ça se construit On cherche les idées
Certains se voient comme une personne riche pour pouvoir voyager, ou en inventeur d’un four qui cuisinerait tout seul de bons petits plats à partir de tous les ingrédients qu’on lui mettrait dans le ventre, ou encore cette petit fille qui se voit ouvrir une porte et se retrouver déambulant dans un monde imaginaire … Les feuilles se garnissent de couleurs et on reconnaît par-ci par-là un don indéniable pour le dessin. Chaque table va ensuite se focaliser sur un projet et à l’aide de post-it réfléchir à la réalisation, aux contraintes, au public cible … de leur hypothétique activité future et ce, quasi avec les mêmes termes et la même démarche que ce qui se fait dans les séminaires professionnels. C’est juste incroyable, c’était jusqu’à ce jour pour nous inimaginable … et pourtant chacun est hyper motivé et passe ainsi son dimanche matin!
Table bien garnie de l'atelier Présentation des résultats

Shin a invité à se joindre au groupe, des enseignants de la région d’Osaka qui depuis cet automne utilisent dans leur école – une école publique régulière – le modèle avec les enfants pour créer des histoires et avec les enseignants et les élèves pour faire évoluer les activités de leur établissement. Ils ont fait un sacré travail en traduisant en anglais plusieurs de leurs Canvas et nous recevons un premier livre d’enfant, né via la méthode et que Sakuma a publié lui-même – en japonais et en anglais. C’est profondément touchant de voir leur émotion de nous rencontrer et ils ont adressé une lettre de remerciement, avec leur grand souhait également que Yves puisse un jour visiter leur école.

C’est l’heure du pic-nic et je reconnais chez les enfants les jolies boîtes remplies de bonnes choses que la petite Aïka de Lonay a toujours pour les sorties en course d’école. Chaque parent avait lu le livre BMG avant de participer à cette matinée et c’est donc un défilé pour les dédicaces et les photos. Une matinée inoubliable! Le soir même l’événement sera sur le page FaceBook de Shin …
Trop mignon ! Lunch box Sur le site de Shin le soir même

Chemin faisant vers la station de métro, nous discutons chacun avec une maman et les enfants se pressent proches de nous. Encore des accolades, une toute dernière photo et nous partons nous deux vers le quartier de Roppongi.
Isabelle et ses enfants

On déniche ici a Tokyo des petites splendeurs derrière des façades communes. Nous nous faisons un peu aider pour trouver cette adresse qui valait drôlement la peine – Gonpachi. Dans une immense bâtisse faisant penser à un château fort – a dit le monsieur japonais qui nous a aidé – un restaurant au décor ancien, tout en bois et où nous mangeons super bien – tempuras de poulpe, riz frit aux légumes et fruits, steak wagyu succulent, brochettes de foie gras avec fraises rôties et balsamique! C’est ici que furent tournées des scènes du film Kill Bill!
Restaurant Gonpachi

La Mori Tower domine bien en vue dans le quartier, c’est un complexe de boutiques, bureaux et surtout au cinquante-deuxième étage un musée d’art moderne que nous parcourons rapidement. Tout au sommet, la ronde Tokyo City View donne, comme son nom l’indique, une des plus belles vues de la ville. Le temps est clair, lumineux, c’est parfait! Nous repérons à présent assez facilement les centres d’intérêt principaux de la capitale.
Mori Tower Devant Mori Tower Vue sur Tokyo Vue sur Tokyo Mori Tower

Mon petit guide mentionne un autre musée, le National Art Center, surtout remarquable pour le bâtiment lui-même; un édifice dont la façade en verre ondule sur cent soixante mètres et ouvre sur un vaste atrium translucide. Les couleurs à la tombée du jour sont magnifiques … et nous quittons Tokyo tard ce soir avec toujours cette même impression d’une ville, d’un pays qui nous enchantent.
National Art Museum Consigne pour les parapluies !! National Art Museum National Art Museum

Aéroport Haneda Tokyo Aéroport Haneda Tokyo


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Des temples, la rivière et le premier workshop de Tokyo

C’est seule aujourd’hui que je pars rayonner dans les rues de Tokyo; j’ai choisi d’explorer un quartier proche de la gare de Ochanomizu, à un arrêt de l’hôtel. En cherchant mon chemin, j’entre un peu par erreur dans un petit sanctuaire Confucéen; le style des temples et des pavillons est différent des autres, tout laqué noir où ressortent bien les kanjis couleur or. Yushima seido renferme également un collège.
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Un peu plus loin, je trouve mon objectif initial, Kanda Myojin, un pimpant sanctuaire shintoïste fondé au huitième siècle, dominant sur une colline. Les fidèles sont nombreux sur le large parvis autour duquel sont réunis les lieux d’offrandes, de prières, de partage, de commerce; ils y prient les kami – divinités ou esprits – du mariage et du succès dans les affaires, que l’on repère dans différents petits autels tout autour du sanctuaire principal. La porte d’entrée, à deux étages, fut reconstruite dans les années 1990, en bois de cyprès. Les peintures vermillon et les figures de créatures fantastiques, aux couleurs vives laquées sont les principaux attraits pour moi comme touriste.
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Je remonte sur mon plan et aussi dans les rues en pente pour découvrir, cerné au milieu des immeubles Yushima Tenjin, un ravissant temple où l’on vénère depuis le quatorzième siècle Sugawara Michizane, poète du neuvième siècle devenu divinité du Savoir! Au moment des examens, les étudiants affluent et je peux le croire au vu des tonnes d’emas, ces plaquettes votives en bois accrochées autour du bâtiment principal de ce sanctuaire. Des échoppes de souvenirs, d’amulettes et de nourriture sont en nombre important dès la porte principale et un jardin tout mignon permet aux gens de s’y asseoir pour un pic-nic simple et convivial, semble-t-il. Les pruniers sont en boutons, ils attendent certainement que toute trace de neige ait fondu pour éclore de leurs fleurs aux tons de rose et faire renaître le Hanani, coutume japonaise d’admirer les arbres en fleurs.
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Je progresse dans les ruelles vallonnées et une flèche indiquant Kyu Iwasaki-Tei Gardens me fait dévier de ma direction. Il s’agit d’une superbe propriété, perchée sur un promontoire, résidence du premier fondateur de la société Mitsubishi. La bâtisse, construite en 1896, se compose d’une partie de style purement pavillon japonais et qui servait d’appartement privé à la famille. Adjacente, l’imposante maison de style occidental, avec un balcon à colonnade à l’étage, permettait d’y recevoir et héberger les amis et les relations. Ce mélange de styles traduisait la richesse, la réussite, la prospérité, la modernité de cet empire commercial.
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Le vent souffle fraîchement, je me réfugie dans le métro en direction de Tokyo Station, une grande gare où se croisent les lignes de train, de métro, de shinkansen – les tgvs japonais. A l’est de la gare, s’étend Ginza, le centre des magasins et en fait partie le quartier appelé Yaesu où Tobby hier m’a parlé de la plus grande libraire de la ville. Je monte dans les étages, vers les rayons en langues française et anglaise, trouve quelques revues pour Yves et je m’installe ensuite à la cafétéria pour rédiger tout en faisant ma pause de la journée.

Plan en mains, je traverse des rues, me dirigeant vers un canal puis vers la Sumida où nous sommes passés hier sur notre bateau. Les couleurs sont superbes en cette fin d’après-midi, le ciel au loin est orangé là où le soleil disparaît derrière les immeubles, les ponts sont éclairés de bleu ou de jaune, la lune est pleine et nous sourit dans un ciel pur … j’envie les habitants des appartements qui longent cette rivière toujours animée par le passage des bateaux.
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Shin a envoyé une adresse, où je devrais les rejoindre vers 18 heures pour partager le repas du soir. Un nom de quartier, des numéros en série … heureusement qu’il m’a dit que le bâtiment se trouve en face du fameux magasin Mitsukoshi mais je n’ai plus le temps de m’y faufiler. Je trouve non seulement le building mais aussi l’étage et la salle où a eu lieu le workshop. Et là, j’épate les japonais, ils n’hésitent pas à m’appeler la swiss super woman ! Leurs femmes à eux aussi sont des super women, qui bossent, font le ménage, s’occupent des enfants et si elles ont le malheur d’engager une femme de ménage ou une baby-sitter, Shina m’a dit qu’elles sont considérées comme des fainéantes. Quand je pense à la vie des femmes expatriées à Singapore, je n’ose en parler …
Pour le workshop Shin a réuni vingt-cinq personnes, d’horizons variés, des entrepreneurs, des académiques, des médecins et tous sont très enthousiastes. Shin, Tobi, Tsutsumi et Yves ont animé la journée ; à la sortie, on dirait une grande famille … ils se connaissent déjà tous. Pendant que Yves signe les livres et pose pour les photos, certains viennent me saluer dans la salle de réception … ce n’est pas difficile de deviner qui je suis! Un jeune vient même me donner sa carte, il a fêté cette semaine ses trente-cinq ans et il lance un business de bistrots au décor nordique et avec du café finlandais. Le séminaire de ce samedi semble lui avoir donné une énergie terrible. Il connaît un peu la Suisse, son épouse a fait ses études au Rosey!
Toutes ces personnes sont vraiment attachantes … parviendra-t-on à les revoir ou à garder le contact? Ce serait presqu’un job plein temps!
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Shina nous fait faux bon pour le repas du soir, il faut dire que nous sommes un samedi soir. Nous sommes six pour le repas, Shin nous emmène dans un restaurant chic, de cuisine française – ils se font autant plaisir eux-mêmes avec ce choix, pense-t-on. Le service est stylé, le menu est recherché et c’est Yves qui a la tâche de choisir le vin. Tsutsumi est de compagnie très agréable, aussi bavard et enjoué que Shin et Tobi; les sujets de discussion sont variés, on parle de l’Europe mais aussi de l’Asie, des écoles et des voyages, des enfants et des relations de travail … Et cela se clôture par une jolie photo de groupe et des accolades, avec l’espoir de se revoir.
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Les Sumos, le musée Edo, les poupées, MidTown et les sushis

Le professeur Noboru Konno avec lequel nous devions manger ce midi, accompagné de son épouse, annule le rendez-vous pour cause de santé, un virus très contagieux dont nous nous passerons volontiers. Cela nous laisse une longue matinée pour partir en explorateurs tous les deux. Et c’est Yves qui lance l’idée – que je dois concrétiser pour les transports – d’aller dans le quartier des Sumos! Dès la sortie du métro à Ryogoku, nous en croisons déjà et nous nous dirigeons vers Kokugikan, le stade national avec une salle dédiée à ses champions. Mon amie YinYin m’avait conseillé cet endroit et je suis contente d’y venir aujourd’hui avec Yves. C’est en plus le mois des tournois et nous pouvons acquérir un billet pour assister aux combats de ce jour qui débutent à 11 heures. La salle est impressionnante, vaste, avec ce carré tout en bas où se disputent les athlètes pour les sélections. Les échanges sont rapides, le cérémonial très bien rodé, en habits traditionnels avec des meneurs, des entraîneurs, des arbitres … tout un protocole qui se répète chaque cinq minutes quand un nouveau couple monte sur le sol parsemé de riz. C’est tout un monde, une strate de la société dont les habitudes se perpétuent depuis longtemps – ils vivent quasi en communauté fermée. Nous sommes très touchés d’avoir pu entrer dans ce temple des Sumos, même si cette pratique ne nous parle guère.
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Le parc Yokoami semble tout paisible, des groupes de retraités y sont en sortie, d’autres se sont installés pour peindre les beautés de la nature, avec ses arbres taillés qui se reflètent dans un bassin d’eau enjambé par un joli pont de couleur rouge … mais non loin, se dresse un mémorial en souvenir des dizaines de milliers de civils qui furent victimes des raids aériens de l’armée américaine en 1945. Les souvenirs de la guerre, dans cette autre partie du monde, sont aussi très douloureux.
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Ensuite nous visitons un des plus beaux musées qui puisse exister, sur l’histoire de Edo, l’ancienne capitale japonaise jusqu’au Tokyo actuel. Edo-Tokyo Museum est logé dans un bâtiment monumental et futuriste, évoquant un grenier à riz; on y décrypte la fabrication des estampes, l’espace de vie d’un menuisier, la mise au monde d’un bébé, on s’imagine vivant dans ces petites nagayas de dix mètres carrés, on visite le quartier des théâtres et du plaisir … Les reconstitutions sont fabuleuses et les nombreuses maquettes remarquables, de par l’expression de leurs personnages, la finesse des détails, la vie qui s’en dégage. Et la boutique à la sortie est trop tentante!
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C’est ensuite dans le cadre hyper original d’un ancien stade de soumos, transformé en restaurant que nous prenons un quick lunch, installés dans une logette, pour du porc pané à la mode tempura et des raviolis frits excellents.
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De retour à l’hôtel, je fais la connaissance de Shin et de Tobi qui seront nos guides pour la suite de la journée et ce sont eux que Yves retrouvera pour le workshop demain. Leur étonnement lorsque nous proposons de prendre le métro, plutôt que le taxi, et que nous sortons nos cartes Suica nous fait bien rire … oh, vous êtes des touristes parfaits, rigolent-ils en chœur! Au vu de tout ce que j’ai déjà exploré de Tokyo, ils nous emmènent dans le quartier de Meguro pour une exposition temporaire de poupées rituelles qui reflètent l’histoire et la culture de leur peuple. Elle se tient dans les bâtiments originaux du premier department store de décoration de la ville. Nous nous déchaussons, évidemment, et montons, par une centaine d’escaliers, visiter des petites salles au cachet fabuleux; tout en bois, avec des peintures d’époque, des plafonds superbes, des parois coulissantes et le tout se prête magnifiquement à cette exposition très originale … une vraie magie qui est au comble avec toutes ces dames en visite comme nous mais qui portent le kimono traditionnel. Shin nous explique que durant un mois sur l’année, ils installent un petit autel avec ces poupées dont chaque famille en possède quelques-unes et qui font référence à des dieux qui les protègent … pour le couple, pour les affaires, pour la santé, pour le sport! Cela paraît un peu rétrograde mais c’est très mignon … et je craque à la boutique pour des figurines qui porteront chance et longévité à notre couple.
Cet espace de tradition jouxte une partie toute moderne, avec des jardins artificiels dans une galerie qui mène vers un centre de congrès, de banquets et également des enseignes pour préparer les mariages … je comprends qu’ici ils soient grandioses!
Un des quartiers qui m’est encore inconnu est celui de Roppongi avec ses tours élancées et modernes. Shin et Tobby nous font découvrir Tokyo MidTown, le dernier né des méga-complexes urbains, inauguré en 2007 et qui culmine à 248 mètres! Un géant, aux façades qui font penser à des lattes de bois comme dans les anciennes habitations, même si ce n’en est pas et une cour intérieure au toit de tubes et aux reflets qui se croisent sur les miroirs des immeubles voisins. La Galeria est la partie ‘centre commercial’ et là, nous tombons d’admiration … un des tout beaux centres que nous sommes heureux d’avoir déniché grâce à nos hôtes. Le design avec beaucoup de bois et de verdure lui donne une chaleur que n’ont pas ces centres modernes où c’est le marbre qui règne en force partout. Ici c’est plus cosy malgré la grandeur et ils nous proposent une pause au Toraya, un salon de thé typique japonais. Eux vont choisir un thé vert matcha, pour moi ce sera un sencha – que je déguste plus facilement – et Yves est ravi de trouver du café sur le menu! Les douceurs qui accompagnent notre boisson et dont nous laissons le choix à Shin, nous surprennent : une soupe chaude de haricots rouges sweet avec des boules de pâte gélatineuse à base de riz. Nous n’en deviendrons pas des fans et pourtant le Shiruko est un dessert traditionnel fait à base d’une soupe de azuki beans dans laquelle baignent des glutinous rice flour dumplings .. et voilà, tout est dit!
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A l’hôtel, Shina attend mes hommes; elle sera la traductrice pour la journée de demain et souhaite s’entretenir avec Yves pour être bien au clair sur le déroulement du séminaire. Les japonais que nous rencontrons ici ont tous un prénom spécial pour l’exportation, à consonance plus américanisée et cela nous facilite bien.
Shin a réservé un restaurant sushi-sashimi pour toute notre équipe de ce soir, la soirée est joyeuse et dire que nous ne nous connaissons que depuis quelques heures. Une petite salle dépouillée, typiquement japonaise, à l’étage où nous sommes sur un coussin tout mince, à même le sol … aie mes genoux. Shina est bien de mon avis, c’est moins commode pour les dames avec leur jupe; chez elle, qui a vécu aux États-Unis, elle a adopté un style plus occidental. Tobi, le spécialiste, nous choisit deux sortes de saké, nettement meilleur que dans mon souvenir et les plats de sashimi et de sushis sont très copieux et très savoureux. Tout à fait à l’aise, nous échangeons sur notre mode de vie, nos coutumes respectives. Par exemple ici, et en Corée également, le salaire est versé à la femme pour la tenue de la maison, pour les repas, pour les enfants et le mari reçoit lui les bonus, qu’il dépense souvent en loisirs! Le début me paraît bien, la seconde partie moins … surtout quand les hommes nous disent ne jamais offrir quasiment de cadeaux à leur épouse!! Nous leur avons apporté nos montres Swatch, symbole suisse et c’est Shina qui insiste pour déroger à leur règle qui veut que l’on n’ouvre pas les cadeaux devant ceux qui les offrent mais plus tard en privé. Elle est curieuse et ayant vécu plusieurs années hors du Japon, elle est la première à s’exclamer devant la montre! Elle n’en possède qu’une seule et est ravie; cela fait plaisir à voir, elle remarque d’ailleurs que j’ai peaufiné l’emballage avec une flochette coréenne.
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L’heure avance et la journée n’est pas terminée pour nous … rendez-vous à Omote-Sando – le quartier Champs Elysées de Tokyo – avec nos amis Rie et Andrew dans un café super sympa. Andrew semble très ému de nous revoir, il a été étudiant de Yves et est installé au Japon avec son épouse depuis une petite dizaine d’années. Le contact est resté, nous nous sommes revus à Lausanne il y a deux ans et une nouvelle vie en Suisse serait envisageable pour eux d’ici 2015. Ils habitent Okinawa, une île paradisiaque … ils devraient bien réfléchir avant de quitter!


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Odaiba, l’île artificielle

Yves a sa journée libre pour se balader et découvrir avec moi un quartier de Tokyo. Je vais reprendre ma casquette de guide pour aller explorer avec lui Odaiba, l’île artificielle au sud-est de la ville, proche du port. Le métro et ensuite un monorail nous amènent au petit embarcadère de Hinode où le timing est parfait pour une traversée de la baie en bateau. Il est superbe ce bateau jaune, à l’ancienne, tout en bois, il nous fait penser à ceux de la CGN et nous sommes les seuls passagers à monter à bord! Le temps est magnifique, nous passons sous le célèbre Rainbow Bridge – avec sa boucle de 360 degrés – que le monorail, les voitures et les piétons empruntent également pour rejoindre l’île et rapidement nous apercevons les plages d’Odaiba.
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Je me souviens parfaitement de mon parcours, la réplique de la statue de la liberté, le bâtiment de Fuji Tv, appelé le mécano, l’esplanade où il fait beau se balader, le Centre Commercial avec son Gundam géant, le hall d’exposition de Toyota – où nous trouverions notre bonheur, en voitures électriques ou scooter de ville – et Venus Fort avec ses boutiques dans un décor de rues européennes du dix-huitième siècle. Nous craquons là pour une douceur, qui nous avait déjà très fait envie en octobre, des crêpes fourrées aux fruits, crème fraîche, chocolat et présentées comme un énorme cornet!
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Tokyo Big Sight date de 1995, c’est un centre de congrès et d’exposition dont l’architecture avec ses pyramides inversées, le rend très spectaculaire, grandiose. Ici au Japon c’est Panasonic qui a pris la place de Samsung; nous parcourons son ultra-moderne show-room présentant des appareils photos, des téléphones – GPS – ordinateurs, des TVs aux écrans immenses, de l’électro-ménager et même des fauteuils de massages.
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Nous circulons d’un bout à l’autre de l’île avec le monorail et avant de quitter cet endroit de shopping et de loisirs pour les tokyoïtes, je me dois d’emmener Yves au Oedo Onsen Monogatari! Je me dirige comme une habituée, expliquant à Yves, où il doit mettre ses chaussures, où il choisit son yukata, comment se présente la zone avec les bassins d’eau chaude … et nous nous retrouvons après les vestiaires dans cette rue reconstituée de l’ancienne Edo. Il y a des photos bien sûr mais la censure joue ici, c’est du domaine privé! Nous passons tous deux un moment de bien-être, de relâchement … expérience fantastique.
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La chance joue avec nous ce jour – et Yves me dira que c’est parce qu’il m’accompagne – quand nous arrivons à la station waterbus, un bateau hyper futuriste va quitter pour rejoindre Asakusa en direct. Une croisière d’une heure qui remonte la Sumida depuis le port, passe sous les ponts aux architectures variées pour accoster finalement en face de la SkyTree qui pointe sa flèche à 634 mètres et aussi le célèbre Asahi Super Dry Hall, dessiné par Philippe Starck en 1989 pour le brasseur Asahi avec sa flamme dorée – que certains appellent autrement! La nuit arrive gentiment, nous marchons dans les rues de Tokyo, en direction du parc Ueno. C’est un plaisir de se reconnaître, nous passons près de la rue Kappabashi, celle de magasins pour la cuisine, près du Koban où Benoît nous avait expliqué le rôle des policiers de quartiers, près des boutiques d’autels funéraires, etc. Arrivés proches de cet énorme carrefour de la gare Ueno, où s’enchevêtrent les lignes de métro, train, les voies express, nous mettons un petit moment à nous repérer; nous cherchons le magasin de jouets Yamashiroya pour quelque commande personnelle et c’est ici que je m’amuse aux machines qui ne distribuent pas que des bonbons!
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C’est un peu comme un pèlerinage … nous retournons manger ce soir au Jojoken à MeetsPort, comme un souvenir du beau temps. Un Yakiniku sur table, bien garni, dont nous nous régalons … un service très attentionné, avec un tablier pour nous et un drap sur nos sacs pour épargner des éclaboussures, des serveuses élégantes dans leurs kimonos pastel. Quelle magnifique journée!


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De Séoul à Tokyo

Lors du dernier petit-déjeuner à l’hôtel, je me fais remarquer par les dames à l’accueil du lounge parce que je me présente avec les pantoufles de la chambre – comme chaque matin d’ailleurs – mais ça ne se fait pas, je pourrais glisser ! La honte pour moi, même si elle me l’a dit avec le sourire.
Je prépare la valise tandis que Yves répond à de nombreux mails suite à sa présentation d’hier soir; les insistances pour qu’il revienne sont fortes, youpie!

De notre chambre, je ne vois encore que des parapluies qui avancent dans les rues; nous attendons l’heure limite du check-out pour sortir nous balader quand même. Proche de City Hall, nous visitons DeokSuGung, le Palais de la longévité, renommé ainsi par le roi Sunjong au début du vingtième siècle, après l’abdication forcée par les japonais de son père le roi Gojong. Le palace est ainsi devenu le siège symbolique de la Corée moderne, le centre du nouveau Séoul. Nous franchissons l’imposante et célèbre Gate Daehanmun, porte de la prospérité pour la nouvelle capitale Hanyang – l’ancien nom de Séoul. Yves est content d’entrer dans un de ces palais coréens, et comparer avec ceux que nous avons visités en Chine. Il trouve les même ressemblances que moi-même hier, avec toutefois plus de sobriété et je suis explique quelques symboles et éléments historiques retenus de ma visite guidée. Outre les pavillons anciens, sont construits dans ce parc des bâtiments datant du début du vingtième siècle, reflétant le désir de modernisme de la nation. Ils abritent de nos jours des départements gouvernementaux et un musée d’art. Le temps est vraiment triste, la relève de la garde est même supprimée pour cause de mauvais temps, indique un panneau … et il n’y a d’ailleurs aucun garde.
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Nous remontons l’avenue vers la place colossale Gwanghwamun et au fond GyongBokGung entouré par un énorme mur de briques claires. Nous admirons ici les gardes au piquet, devant la porte principale du même nom que la place. Ils revêtent des habits d’époque, de la tête aux pieds et restent impassibles devant les touristes qui les dévisagent et les prennent en photo. C’est ce palais qui présente un plan et une architecture semblables à la Cité Interdite, en moins prestigieux et l’on peut voir en enfilade les portes, les pavillons et le sommet d’une pagode. La visite serait trop longue pour aujourd’hui et cette météo humide et glaciale nous incite plutôt à rebrousser chemin, rentrer prendre le taxi à l’hôtel vers l’aéroport. Ce matin une hôtesse s’est adressée à nous en français et avec un accent belge prononcé … elle a étudié et travaillé huit ans à Bruxelles! Ce n’est pas évident de se retrouver ici, dit-elle, dans un système où la hiérarchie entre collègues est aussi stricte.
Lire dehors sous la pluie ! Porte du Palais IMG_7712 IMG_7715 IMG_7718 IMG_7720

C’est de l’autre aéroport, Gimpo, que nous prenons notre vol pour Tokyo. Les aéroports nous semblent tous très vastes et bien organisés, les files d’attente sont minimes à tous les postes. Ainsi nous avons bien le temps pour un lunch avec un repas typiquement coréen, un peu comme celui d’hier et nous aimons, même sans trop bien savoir ce que nous dégustons – peu d’anglais à nouveau.
C’est un Boeing 747 de Korean Airlines qui nous emporte pour deux heures de vol, avec le service souriant de jolies hôtesses élégamment vêtues de tailleurs crème et tilleul. Yves regarde un film tout en réfléchissant aux nombreuses conférences à venir tandis que je rédige et somnole un tant soit peu.
Aéroport de Gimpo

Tokyo, 18h30 par 8 degrés … nous voici! C’est à l’aéroport de Haneda que nous nous posons ce mercredi et voilà que Yves choisit la mauvaise file pour passer la douane; l’employée, dans un anglais très médiocre, pose quelques questions d’usage et j’avoue que cela peut être perturbant pour elle : passeport belge, émis à Genève, vivons à Singapour et arrivons de Corée! Elle décide alors de contrôler ma valise … mais aucun souci, madame, et elle doit même la trouver bien rangée! Elle ne découvre rien de suspect, ni d’interdit et vérifie qu’il n’y a pas de double fond …
Étant nettement moins stressée – voire plus du tout – que pour notre premier voyage au Japon, je l’ai aussi moins bien préparé. Et quand Yves me demande « que fait-on maintenant? » … euh, je pense qu’il y a un monorail jusqu’au sud de la ville où on pourra reprendre le métro! Je n’ai toutefois pas oublié nos cartes Suica pour les transports; nous les rechargeons à l’automate et c’est parti vers le monorail puis le train jusque Tokyo Station. Nous sommes tout joyeux de retrouver le Japon et nous parlons déjà dans le métro de ce que nous irons voir demain … mais il n’y a que nous qui parlons aussi fort … oups, nous avions oublié ce détail, ici on se tait ou on chuchote!
Haneda, on respecte la ligne Haneda donne le ton

C’est un taxi comme ils étaient dans notre souvenir, qui nous emmène depuis cette superbe gare de Tokyo, à l’image de celle d’Amsterdam. Le taximan porte des gants blancs, il sort pour charger nos valises dans le coffre – ce qui n’est presque jamais le cas à Singapour sauf si je suis seule et fort chargée – et sur les dossiers les dentelles apportent la touche de finesse. Nous reconnaissons le chemin entre la gare et l’hôtel où l’accueil est chaleureux – j’avais envoyé un petit email signalant que le premier séjour avait incité à revenir chez eux! Elle propose à nouveau une chambre avec jacuzzi … juste ce que j’attendais! C’est comme une impression de revenir en pays connu et pourtant nous avons tellement voyagé et visité de chambres d’hôtel depuis octobre. Même l’ordinateur reconnaît seul la connexion!
Tokyo Station Tokyo Station

Au cours du repas au restaurant de l’hôtel – menu style western food et un vin de Bourgogne de la cave de la famille de notre amie Christine Parent – nous reconnaissons une des serveuses et même si c’est réciproque, elle ne le montre pas! Elle est un peu guindée, comme on dit chez nous, et elle ne déroge pas aux règles … quand on lui demande du pain, elle répond qu’elle le sert avec le plat principal et non avec la salade en entrée et le verre d’eau arrive à la fin du repas. Cela nous amuse finalement!


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ChangDeokGung Palace, Insa-Dong et Séoul by night

Yves a une journée très chargée; il commence par une conférence pour Samsung SDS et Open Tide, deux sociétés du groupe Samsung, à laquelle des responsables de diverses directions viennent assister. L’enthousiasme est grand, ils aimeraient vraiment d’autres interventions dans le futur. Les différents hôtes de la journée se sont organisés pour les transports et c’est bien commode pour Yves. Le second rendez-vous se passe à la maison d’édition de la version coréenne de BMG; une séance d’interview sur l’histoire, la diffusion, le succès et l’avenir de la méthode. Mais le clou de la journée sera la dernière présentation pour MIC Impact, une petite société, dirigée par un tout jeune coréen, qui dispense des cours ou séminaires de management pour toute sorte de groupes. Et là, sur une semaine, il a pu mobiliser plus de deux cents personnes, jeunes entrepreneurs dont plusieurs utilisent déjà la méthode. Ils sont hyper motivés et ici, le répondant est très fort. Les questions ne s’épuisent pas, les dédicaces se font par dizaines, sans oublier les photos souvenirs. Mike, le jeune patron, remercie Yves très chaleureusement, avec beaucoup d’émotion et souhaiterait sincèrement le revoir. Il y aura même dans les prochains jours des articles dans la presse locale!

Kil-Soo a eu la gentillesse hier soir de faire pour moi les réservations pour les visites guidées du Palais ChangDeokGung et de son Jardin Secret. Il vient même me prendre en voiture à l’hôtel pour m’y emmener – il roule en Volvo et nous a dit que ici, ce sont des voitures vendues comme bas de gamme parmi les voitures non asiatiques ; en chemin il m’indique le départ de la rue Insa-Dong, rue touristique que je pense parcourir après les visites et il me montre un petit restaurant typique où je pourrai déguster un plat de riz local avec légumes et fruits de mer.
La météo annonçait du soleil mais je peux juste me contenter d’un temps sec; mes photos ne seront guère lumineuses. Je sympathise dans le groupe de la visite avec une américaine de Washington et une jeune couple anglais qui émigre en Australie.
Les deux femmes guides sont très agréables à écouter et leurs explications intéressantes, humoristiques parfois. ChangDeokGung Palace a été construit au début du quinzième siècle comme seconde résidence sous la dynastie des Joseun et il servit de résidence aux souverains durant presque trois siècles. Le palais principal, GyeongBokGung se présente lui un peu selon le schéma de la Cité Interdite avec un alignement des bâtiments selon un axe central. Kil-Soo m’a dit que enfant, il trouvait ce palais grandiose et ne comprenait pas pourquoi ses cours d’histoire mettaient tellement en valeur la Cité Interdite. Et c’est quand il est allé à Pékin qu’il a compris. Le nôtre est une petite copie plus sobre et c’était voulu, me dit-il, pour ne pas faire ombre à la grande Chine.
Par contre le palais que je visite ce matin s’harmonise mieux avec la nature. Les treize constructions – qui restent aujourd’hui – sont intégrées sur le relief de la colline et l’on passe des portes principales et secondaires, au pont sur l’eau – pour purifier notre mental, chasser les mauvaises pensées -, aux édifices pour les cérémonies publiques, aux lieux pour les entretiens entre le roi et ses sujets, les chambres privées – qui sont bien séparées pour les filles et les garçons – la bibliothèque, l’hôpital, etc. Nous évoluons parmi ces bâtiments aux toits courbés, recouverts de tuiles d’argile ou de céramique, aux jolis dessins de briques et pierres sur les façades ; certains sont colorés, d’autres en bois brut et je retrouve dans le discours de la guide toute cette symbolique omniprésente … la longévité, la prospérité, le bonheur, la réussite se traduisaient par des formes, des animaux, des matières. Elle nous montre également le système de chauffage – qui semble-t-il reste encore actuel sur son principe – où sous les sols on allumait un feu de charbon qui diffusait la chaleur au pierres des sols du palais. Le charbon fait moins de fumée que le bois, ce serait la raison du choix de ce combustible. Derrière chaque bâtiment se dresse une cheminée dont le décor est souvent joli, mélange de briques et de pierres. A la fin du parcours, un bâtiment qui a servi d’endroit de relaxation et de lecture pour le prince, a encore été habité par la famille royale jusqu’en 1989. Les palais de Séoul ont subi des destructions – par les japonais entre autres à la fin du seizième siècle – et des incendies ; ils furent plusieurs fois reconstruits et celui-ci a été reconnu par l’Unesco en 1997 après six années de profonde rénovation.
ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung ChangDeokGung

Ensuite j’enchaîne avec la visite du Jardin Secret, un magnifique parc coréen, dessiné en 1463, où les rois et leurs courtisans aimaient venir se relaxer, pêcher, déclamer des poèmes. La balade s’étend sur une heure et demi dans une forêt superbe, avec des allées ombragées, des bassins paisibles et parfois gelés, des pavillons simples et harmonieusement intégrés dans ce parc vallonné. La végétation est un peu triste en cette saison, les sols sont boueux, avec de la glace et de la neige, voici une bonne excuse pour revenir dans le futur, me promener à une meilleure saison dans ce parc où rayonne la sérénité.
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Je quitte ce monde enchanteur pour replonger dans l’agitation de la ville. La jeune fille à l’entrée du restaurant Doriking me signale tout d’abord par des gestes que tout ici est en coréen mais je fais mine d’insister et un autre employé me montre un menu où seul le mot Seafood est en anglais. Je fais signe ok de la tête et je m’installe, dans cette salle au plafond plat, sombre et simple; des salons plus privés où l’on s’assied sur le sol sont occupés par des locaux. Il faut dire qu’il y a très peu de touristes et encore moins de caucasiens. Le plat qui m’est servi – dont évidemment j’ignore le nom – est vraiment délicieux et parfumé. Kil-Soo a bien fait de me renseigner cet endroit. Le riz cuit encore dans un bol de terre cuite, il est agrémenté d’oeufs, fruits de mer, maïs, pois et tout autour de petits plats avec des sauces, des légumes succulents.
Restaurant de Kil-Soo Loges Miam ...

Insa-dong est un quartier de rues piétonnes, aux maisons anciennes, souvent basses, qui vit de commerce d’art, de souvenirs et de tradition. Je me balade au gré de mon envie, de droite, de gauche, en faisant du lèche-vitrine, devant des boutiques d’artisanat ou d’antiquités, des petites galeries d’art, des étals de pierres ou souvenirs, des salons de thé charmants, des restaurants à la devanture finement décorée et accueillante. Cela me rappelle le plaisir connu à parcourir les Hutongs de Pékin.
Insa-Dong Insa-Dong Insa-Dong Insa-Dong Insa-Dong Insa-Dong Insa-Dong Arbres habillés pour l'hiver Insa-Dong Insa-Dong Insa-Dong

Séoul Tower apparaît soudain au bout d’une avenue de buildings, perchées sur la colline un peu enneigée et je reprends mon chemin préféré le long de la rivière Cheonggye pour rejoindre l’hôtel, après avoir pris quelques photos des immenses statues du roi Sejong et de l’amiral Yi Sun Sin, sur la place Gwanghwamun.
Point de repère Place Gwanghwamun Amiral Yi Sun Sin Roi Sejong City Hall moderne Patinoire, Tower et Hôtel Intérieur de City Hall

Ayant beaucoup marché, une pause me sera bien utile si je veux encore profiter un peu de ma soirée pour découvrir la ville. Et je repars une heure plus tard pour un Tour de ville en bus ‘by night‘ ; le circuit me fait découvrir les rives de la rivière Han, ses multiples ponts éclairés et les buidings du quartier sud. Le trajet remonte ensuite vers la Tower et c’est le seul arrêt, court mais qui permet quelques photos et la vue sur une grande partie de la ville aux lumières scintillantes. La balade me plait et je discute avec ma voisine, origianire de Mexico, qui suit un programme de six mois à Kyoto ; elle aussi retourne dans son pays en mars.
Seoul Tower Rempart au sommet de Namsan Park Tower dans Namsan Park Séoul à la nuit profonde

Je me doute que Yves ne sera pas encore de retour alors que le bus nous dépose près de City Hall. Plus du tout fatiguée, je me promène et m’imprègne dans ce marché de nuit proche de l’hôtel. Séoul a la réputation d’avoir divers quartiers qui vivent et vibrent ainsi toute la nuit ! Je craque pour des babioles, je m’amuse à regarder, écouter les marchands et le froid est effacé par la bonne humeur et l’animation de ces rues. La vie n’est pourtant si rose pour tout le monde ; la vision que nous en avons comme touriste est souvent un peu artificielle. Les gens paraissent très joyeux mais la pression est forte, dès l’âge de l’école et cela se poursuit dans le milieu professionnel. Le droit à deux semaines de vacances annuelles se réduit souvent dans les faits à 4-5 jours. Les taux de suicides dans ces pays comme la Corée ou le Japon sont bien trop élevés … Tout est contrôlé, les coréens sont disciplinés, les sanctions sont sévères et de cela résulte un climat de sécurité. C’est un vrai bonheur que de pouvoir me promener seule le soir en pleine ville, sans aucune crainte de vol, d’agression ni même de compagnie qui serait insistante et dérangeante. Pourquoi cela a-t-il donc disparu chez nous ?

Nous nous retrouvons à l’hôtel et Yves est très heureux de sa journée. Le groupe des deux cent cinquante entrepreneurs de ce soir était extraordinaire, enthousiaste … Il revient avec un joli bouquet de fleurs et de nombreux cadeaux dont je suis impressionnée par les emballages. C’est spectaculaire, c’est un art de pliages, de mélange de couleurs, de tissus, de papier, des floches avec ces nœuds coréens … ce sont les plus beaux emballages que j’ai jamais ouverts.


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Cheonggyecheon, ma rivière bien-aimée

Triste paysage ce matin du haut de notre chambre, nous apercevons des tas de parapluies. La météo n’est guère optimiste pour aujourd’hui, annonçant même des chutes de neige.
Yves me propose des centres commerciaux … pourquoi refuserais-je? Et nous voici descendus dans les sous-sols de la place City Hall pour notre premier test du métro coréen. Se retrouver sur le réseau est toujours assez simple, c’est la prise de tickets aux machines automatiques qui peut s’avérer un peu plus compliquée – il y a un minimum d’anglais – mais nous nous en sortons très bien. Les coréens sont comme les japonais, toujours prompts à nous aider quand nous sortons un plan pour nous repérer … et nous émergeons en surface, à l’est de la ville, près de la plus ancienne porte de la cité d’autrefois.

Métro de Séoul  Porte de DongDaemun

Dans ce quartier de DongDaemun, la guide du Tour en bus a parlé de quelques vingt-sept mille magasins … il y en a à perte de vue. Ils sont souvent groupés par thème, nous traversons le marché des chaussures; il y aurait aussi tout un immeuble de sept étages avec uniquement des jouets ou alors une rue avec des magasins de motos. Le premier centre commercial où nous nous réfugions pour nous protéger de la pluie est MaxTyle et les boutiques y sont arrangées comme si nous nous trouvions sur un marché. L’immeuble en face semble plus grand … mais quelle n’est pas ma déception en lisant sur la porte qu’il est fermé le lundi! Un plan B s’impose car seules les petites boutiques qui ressemblent à des souks accueillent les clients le lundi et ça, nous en avons assez vu à Singapour et ailleurs.
Marché aux chaussures Le centre des magasinsDes magasins tout le long de la rivière

Par contre la pluie ici n’a rien de comparable avec les trombes d’eau de Singapour; j’achète un second parapluie et suggère un retour à pied le long de Cheonggyecheon. Nous oublions la pluie, pour une balade presque bucolique le long de cette rivière qui connait une seconde vie depuis 2005. Par le passé elle fut recouverte pour construire une voie express et un projet récent a permis de créer cette soupape d’oxygène en plein centre de la cité. Je ne suis pas certaine que sans Krystelle nous nous serions retrouvés ici. C’est magnifique, presque magique, cette impression d’être à la campagne, deux étages sous le niveau de l’agitation citadine. Certains vieux ponts de pierre subsistent ainsi que des passages à gué restaurés; des plaques ou des murs de glace se dressent entre les herbes sèches. Elle sera aussi très belle de nuit avec des sapins éclairés. Des catelles sur un des murs retracent des cérémonies de processions, avec tout l’art coréen et sous un large pont, des photos anciennes nous confirment ce qu’était la rivière Cheonggye à l’origine; c’est effarent de constater que jusque dans les années septante, les abords ressemblaient encore à des pseudo-bidonvilles. Séoul est une ville qui a explosé à une vitesse vertigineuse vers la modernité et la croissance.
La rivière deux étages sous les avenues Superbe balade bucolique On oublie le froid et la pluie ... L'histoire des processions Magnifique ! Au centre de la cité Processions La rivière au début du 20ème siècle Dans les années 70  Je ne me lasse pas Extrémité ouest Balade populaire Cheonggyecheon La nuit sans crainte ... La cascade illuminée Le cercle où lancer les pièces Ambiance nocturne

Au bout de cette marche active de six kilomètres, nous remontons à la surface sur le boulevard Sejong-Ro qui mène au Palais Gyeongbokgung et Kristelle a mentionné dans la discussion Kyobo, une grande librairie. Yves ne conteste pas évidemment quand je lui en parle et là, c’est incroyable aussi. Cette librairie est gigantesque, avec plutôt par endroits des airs de bibliothèque tellement les ouvrages sont en nombre impressionnant. Des œuvres non seulement en coréen mais également en anglais, en français et un rayon papeterie et ‘gadgets’ qui retient mon attention; je dois me raisonner … je ne suis pas à la maison.
Kyobo Kyobo Le coin des enfants à Kyobo Lunch au Croissant français

Kil-Soo est coréen, il était en sabbatique en 2004 et partageait avec Yves le bureau de UBC à Vancouver. Il est professeur à l’Université de Yonsei et c’est lui qui a invité Yves à donner un cours; un autre collègue de UBC est maintenant rattaché au même département ici et assiste à l’exposé de Yves avec intérêt.

Pendant ce temps je me relaxe en chambre et dans la superbe piscine-jacuzzi de l’hôtel, tout en mettant sur papier les récits pour mon blog. Le lounge propose suffisamment de petits snacks délicieux pour mon souper.
Surprise, Yves et Kil-Soo passent me chercher pour aller boire un verre dans le parc Namsan. Cela me fait plaisir de le revoir et nous trouvons, respectivement, que nous n’avons pas changé! Il commence une année sabbatique et envisage voyager en Europe; il sera d’ailleurs à Milan début avril et nous lui proposons un stop en Suisse. C’est bien connu, les asiatiques ont l’alcool vite joyeux et il ne lui faut pas un verre de vin rouge pour devenir de plus en plus drôle et blagueur. Il nous explique la rigueur et l’ordre de la hiérarchie qui laisse peu de place pour exprimer ses idées personnelles lors des journées de travail mais très souvent ils sortent le soir entre collègues et la boisson les aide à se lâcher; elle ‘autorise’ presque tout discours! Selon divers aspects les coréens se situent entre les habitudes, le mode de vie, la culture chinoise et japonaise et cela correspond assez bien à ce que nous même avons constaté jusqu’à présent … un doux mélange entre l’ordre, le respect des japonais et la gaieté, la spontanéité des chinois.
Relax à la piscine de l'hôtel Relax à la piscine de l'hôtel
Avec Kil-Soo Dernier verre de rouge