Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Le rêve toute éveillée !

La nuit fut d’un calme profond et j’ai mis mon réveil pour voir depuis mon balcon, le soleil se lever sur l’océan, puis je me rendors, malgré l’excitation de ce qui nous attend aujourd’hui. Les photos parleront bien mieux que mes mots pour décrire cette vision extraordinaire de l’île Witsundays, de Whitehaven beach que nous survolons en hélicoptère avant de s’y poser. Une plage tellement pure et belle, un sable blanc et une mer turquoise. Un baptême de l’air pour moi qui est exceptionnel – et ce qui l’est encore plus, c’est que nous sommes seuls sur cette plage de plusieurs kilomètres, juste quelques mouettes envieuses de notre repas. Eh oui, notre pilote nous a installé une natte, un parasol, une bouteille de champagne et un lunch de fruits, crackers, fromage, cookies … juste pour nous deux. Rêvons-nous ? L’eau à 28 degrés, les vagues, le sable immaculé … Quel moment de bonheur !


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Escapade sur une île

Vu que nous sommes montés jusque Brisbane, il aurait été dommage de ne pas pousser le voyage un peu plus loin vers la Grande Barrière de Corail. Yves s’est laissé convaincre par les photos de nos amis – du moins certaines car quand Christian plonge avec Audrey parmi les requins, pas sûr que nous soyons aussi téméraires. Maude m’a été d’un grand conseil pour m’aider à concocter cette escapade de courte durée – ses suggestions s’avéreront à la hauteur de mes souhaits, voire même mieux.

Virgin Australia assure un vol journalier entre Brisbane et Hamilton Island. Elle fait partie des 74 îles de l’archipel Whitsunday et c’est pratiquement la seule habitée – nous sommes au plein coeur de la Great Barrier Reef. L’île ne fait que 5 km2; elle est depuis quarante années propriété de certaines familles; actuellement ce sont les Oatley qui possèdent, gèrent et réglementent l’ensemble de son fonctionnement, de ses accès, de son immobilier, ses activités. Ils en ont fait un endroit paradisiaque pour les familles, les jeunes, les couples qui peuvent y organiser leur mariage.

Elle se situe à la même latitude que Honolulu dans l’autre hémisphère ou que l’île Maurice. On y circule en golfettes électriques, c’est l’île du silence, seulement perturbé par le chant des oiseaux. Son eau potable provient d’une part de la récolte des eaux de pluie et d’autre part d’un processus de désalinisation de l’eau de l’océan par un procédé utilisant une plante marine. Deux films ont été tournés sur cette île : Muriel’s wedding en 1994 et Fool’s Gold en 2008.

Les premières couleurs attendues de l’océan m’apparaissent déjà à l’approche de l’atterrissage – atterrissage à bien maîtriser car la piste est très courte. Les vacances commencent, l’accueil du personnel est enjoué, nos bagages seront directement acheminés dans notre chambre alors que nous rejoignons notre Reef View Hotel en shuttle. L’organisation est assez bonne par rapport à ce que nous connaissons du pays jusqu’à présent.

Isabelle a tenté un choix de chambre qui devrait séduire son mari : surface 65 m2, quinzième étage, balcon avec vue paradisiaque sur les plages, les palmiers, Whitsunday – il est ébloui, et moi de même! La seule compagnie que nous ayons, sont les cacatoès qui se posent sur le balcon, viennent y grignoter des graines et cela nous rappelle qu’il est l’heure de l’apéro.

C’est à One Tree Hill, ayant grimpé la Northern HighWay (ils sont drôles avec leurs noms de rues!) que nous prenons un cocktail face au soleil qui se couche – et toujours en compagnie de nos cacatoès. Spectacle prenant, où la boule de feu joue encore un peu avec les nuages avant de nous faire sa révérence … tellement beau !


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Envol pour Brisbane

Sans m’en douter j’ai choisi la place idéale dans l’avion au départ de Sydney pour admirer la baie, l’opéra, le pont et la rivière Parramatta qui sillonne. Et dire que j’étais hier sur ce qui me semble ce matin une passerelle – ma photo est félicitée ! Notre destination est Brisbane et nous entrons dans la région du Queensland et de la barrière de corail.

Yves est attendu à l’université QUT, dans un centre d’entreprenariat des plus importants d’Australie. J’aurai le plaisir de m’y balader, c’est un campus super agréable, avec multitude de bâtiments, certains très modernes et d’autres qui ont conservé le style colonial.

Le campus borde le Jardin Botanique, où j’ai décidé de ne pas m’éterniser … il fait très chaud et humide – nous sommes remontés vers le nord d’un bon 1’000 km et le climat a bien changé. D’ailleurs ce jardin botanique, juste aperçu à sa lisière, me fait repenser à celui de Singapour. Et c’est avec plaisir que je visite la Art Gallery de QUT pour profiter non seulement d’une jolie exposition sur les jardins (c’est l’affiche d’Alexander McKenzie qui a attiré mon regard) mais surtout de sa climatisation.

Southbank est un endroit incroyable le long de la Brisbane river, avec beaucoup de surprises : une jolie passerelle très aérienne, des architectures recherchées pour les musées et la bibliothèque, une pagode népalaise, des pierres commémoratives d’une alliance d’entente avec les pays comme le Japon, la Corée et Taïwan, une grande roue, des restaurants avec terrasses alléchantes et même un plan d’eau bordé d’une plage de sable, avec palmiers et toute une ambiance tropicale – voilà une super idée pour agrémenter la plage de LLN !

La rue Georges débouche sur la zone commerçante assez vivante – en passant le City Hall, une jolie sculpture, une église anglaise coincée devant les miroirs des tours modernes, une galerie d’antan, la Brisbane Arcade avec ses lustres dorés, ses vitraux colorés partout.

Et le choix du Next Hotel (drôle de nom encore) n’est pas pour me déplaire ; dans la zone piétonne des magasins et des malls, Queen’s street Mall. Encore un établissement design, aux chambres et salles-de-bain originales, très High Tech et confortables. Une piscine sur le toit du quatrième étage, donnant sur la rue des magasins permet de se rafraîchir après la marche et les coques dites d’endormissement, au son d’une musique douce, d’une lumière tamisée, des vibrations du fauteuil lit, apportent le repos bien apprécié.

Notre serveur ce soir provient de Besançon (hier c’est une bretonne qui nous a servis chez Mr Wong) et il m’explique l’origine du wagyu que l’on trouve ici. Il s’agit bien d’une race de vaches bien charnues de la région de Kobe, qui a été importée en Australie et la qualité ici dépend du nombre de croisements de la race pure avec des bovins de l’Outback australien.

Petite promenade nocturne pour faire découvrir à Yves le Southbank, qui sous les éclairages du soir est encore plus féerique. Sur la place, un groupe improvisé danse du latino, au son de hauts-parleurs installés dans une voiture pick up et d’un animateur qui rythme les pas – ambiance assurée, un air de vacances.


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Harbour Bridge après du canard laqué

Des achats pour le matériel de séminaires nous amènent au centre ville, quartier appelé CBD (central business district) où sont concentrés les hauts buildings, les rues commerçantes. J’ai bien repéré sur le plan les divers magasins qui pourraient convenir et aussi un restaurant pour que Yves ait son énergie au top pour ses présentations et moi pour mes explorations du jour. Mr Wong est bien caché dans une ruelle, ce restaurant fait partie du groupe Merivale tout comme le Coogee Pavillon d’hier – et il n’y a aucun doute que l’architecte soit le même. Mr Wong fait un canard laqué des plus succulents et j’en conviens : j’abuse un peu des plaisirs de la table!

La marche sera longue encore cet après-midi; tout d’abord une incursion dans le quartier des Rocks avec ses boutiques en briques et même un Belgian Guylian Chocolate Cafe (mais je passe mon chemin) avant de monter vers l’Obervatoire, perché sur une colline qui offre une vue tant du côté de Darling Harbour avec son Musée Maritime comme repère pour moi que vers le Harbour Bridge et la Parramatta River. Garrison Church fut la première église anglicane d’Australie, sa construction débuta en 1840; les régiments venaient y faire la prière du matin et il y eut aussi une école primaire jusqu’au début du 20ième siècle, où des Premiers ministres du Commonwealth reçurent leur éducation.

Je grimpe alors les marches du pylone en pierre côté sud de l’Harbour Bridge, que les habitants appellent le cintre géant, pour accéder au point de vue Pyrmont. Le pont est entièrement en acier et les deux tours en pierre sont décoratives, avec dans l’une d’elles un musée sur l’histoire de la construction de cet édifice impressionnant. Dr John Job Crew Bradfield est le père de l’ouvrage, il s’impliqua depuis la conception (1912) jusqu’à la réalisation (de 1924 à 1932). Ingénieur et docteur de l’école d’ingénieurs de l’Université de Sydney, il a travaillé pour la compagnie des trains et pour divers travaux publics de la ville.

Avant le pont, ce sont les ferries qui assuraient la traversée de quelques 40’000 personnes par jour. Actuellement le pont voit passer plus de 180’000 véhicules quotidiennement et il faut ajouter que le tunnel construit en 1992 en a absorbé 20´000. Son inauguration, le 19 mars 1932, a permis pour un moment, d’oublier la dépression économique ambiante et de se rassembler autour de ce grand projet – des centaines de milliers de personnes et une retransmission d’envergure sur les chaînes d’Australie, de Grande Bretagne et d’Amérique du Nord.

Cette construction posa des soucis aux ingénieurs : notamment le fait que l’acier allait gonfler avec la chaleur (le pont grandit de 18 cm par fortes températures), d’où deux grosses charnières à chaque extrémité mais le prix de l’acier avait tant baissé que c’était le choix du matériau à privilégier. D’autre part durant la construction, il fallait maintenir les demi-arches qui prenaient forme sur les deux rives et ce sont quelques 128 câbles brochés de 365 mètres de long et 8 tonnes chacun qui furent fixés solidement dans le sol. Un énorme goujon central, appelé Connection O, reliera au sommet les demi-arches aux bases ancrées à Millers Point et Milsons Point. L’arche a une envergure de 500 mètres et il y a une rampe d’accès de 500 mètres aussi de chaque côté; on compte 7 voies de circulation pour les véhicules, deux pour les trains, une pour les bus, une pour les piétons et enfin une pour les cyclistes (le pont est bien surveillé sur toute sa longueur par des gens de sécurité). Voici encore quelques chiffres effarants : 270’000 litres de peinture ont été nécessaires pour recouvrir l’acier de 3 couches à la construction, sur une surface totale de 485’000 m2 – 6 millions de rivets, 53’000 tonnes d’acier, 95’000 m3 de béton, 17’000 m3 de granit.

La météo est idéale pour cette ascension et cette découverte de la baie, de la ville, de la rivière depuis la hauteur. Il n’y a pas grand monde; par contre plusieurs cordées sont en pleine escalade ou redescente de l’arche lui-même – grand frisson assuré ! Je suis pratiquement la seule à traverser le pont pour rejoindre l’autre rive, la région Nord de Sydney qui a aussi son centre financier et économique.

Le retour en ferry me tente et je profite même d’un long détour jusqu’au Musée Maritime avant d’accoster à Circular Quay – je ne me lasse pas de ces traversées sur l’eau et je me déplace d’un banc à l’autre du ferry selon sa direction pour prendre le soleil.
Rendez-vous est pris avec Yves au Lindt Chocolate Café pour clore en beauté mon excursion et nous raconter notre après-midi.


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De Bronte à Coogee

Dès mon arrivée à Bronte beach, la journée s’annonce belle et chaude. Sur la plage, sur la digue, dans le parc aux palmiers et pins superbes, des hommes et surtout des femmes font leur sport matinal. Un gars vient même avec son gamin qui joue dans l’herbe tandis que son papa sort quelques tapis de sa voiture et commence son cours d’entraînement, de manière tellement non formelle. Ensuite il partira faire de même sur une autre plage. Maude m’a invitée à me joindre à son cours de yoga. Voilà une séance que je ne suis pas prête d’oublier; dans une salle au premier étage du surf club, toutes portes fenêtres ouvertes sur l’océan. C’est probablement la première fois que je ne ferme pas les yeux pendant mes exercices (j’admire les surfeurs prenant les vagues) et que l’instructrice donne son cours avec ses lunettes solaires! Pas besoin de musique de fond pour la relaxation ou la méditation, le roulis des vagues est magique.

En compagnie de Maude, nous partons d’un bon pas pour poursuivre ma découverte de la côte – commencée avec Yves – depuis Bronte jusque Coogee. Un paysage superbe par une météo parfaite, soleil et vent de l’océan qui est toujours agité. Un sentier qui suit le relief, nous offre une variété de décors; arbres et fleurs qui me deviennent familiers, traversée d’un cimetière à l’emplacement inimaginable, des villas perchées sur des falaises tellement enviables (même si l’immobilier est très onéreux), un espace fitness avec des engins dans un parc (je pourrais peut-être m’y mettre dans de telles conditions!), une surface par endroit vraiment lunaire et des roches rongées par l’eau. Une beauté que nous admirons à l’aller et au retour avec une luminosité qui change les couleurs.

Maude me réserve une surprise qui n’est pas des moindres pour le spot où nous prenons notre lunch. Le Coogee Pavillon est juste grandiose, un bâtiment qui devait être une usine, un laboratoire et qu’un architecte a transformé en un espace fabuleux; le mobilier, les décorations, les bars, les cuisines ouvertes – de l’ancien et du moderne qui s’harmonisent pour le plus grand plaisir de chacun, familles, enfants, ados, couples … Une cuisine méditerranéenne aux saveurs orientales et une bière bien rafraîchissante, à la terrasse sur le toit – Maude me dit : je savais que tu allais adorer !

Cette longue marche sportive était plus que nécessaire vu que ce soir nous sommes invités par un professeur de UTS, au Sydney Café – derrière Circular Quay, au dernier étage de la Custom House, avec la vue sur la baie qui brille de ses lumières et qui voit partir un de ces bateaux de croisière qui l’habitent presque sans pause. Une repas excellent avec la très charmante compagnie de Eng, malaisien d’origine et de Ken, originaire lui de Cape Town, qui ont accueilli Yves avec un plaisir partagé. Tous les deux sont grands-pères et nous prévoient bien des réjouissances – leurs épouses sont justement ‘en service’ chez leurs enfants et je n’aurai donc pas leur point de vue à elles !


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Parramatta

Je dois me forcer à ne pas sortir sinon les autres voyages ne seront pas prêts, Yves n’aura plus de chemise propre, les rappels de factures vont affluer, l’appartement deviendra insalubre. Je m’active donc aux tâches ménagères et administratives tandis que Yves est parti donner un séminaire pour Hamish. Il gère un gros incubateur – environ 70 start-up qui sont toutes logées dans un même bâtiment, une ancienne usine entièrement reconvertie, près de la gare de Redfern. Tous utilisent le premier canvas et sont enchantés ce lundi de découvrir le deuxième – l’interaction est excellente. Et pour fêter cela ainsi que mon travail comme assistante et fée du logis, j’ai réservé une table au FishFace à 10 minutes de chez nous. On y déguste le meilleur poisson de Sydney, disent les guides et Maude me l’a également conseillé – un régal, et ce jusqu’au dessert. C’est définitivement une merveilleuse surprise pour nous : en Australie (du sud-est en tout cas) on mange tellement bien !

Mardi la pluie est annoncée alors que j’ai planifié une sortie avec mon amie mais face à ma réticence instinctive, Maude insiste, se veut plus optimiste que moi et c’est parti. Elle a eu raison; la remontée en ferry depuis Circular Quay nous procure un paysage et un soleil magnifiques jusqu’à notre destination de Parramatta – une heure et demi de pur plaisir. La rivière est très large à son embouchure, avec de part et d’autre tout d’abord des usines encore en activité ou reconverties en appartements très prisés, des zones d’habitations plus rurales entourées de verdure et parfois luxueuses ou de-ci de-là, quelques buildings plus élevés. Puis les rivages se rapprochent, les arbres ont les pieds dans l’eau et donnent un paysage sauvage qui rappelle à Maude le Costa Rica. Le vent et la vitesse du bateau sont les bienvenus pendant la navigation car dès qu’il s’arrête aux quais en chemin, la chaleur nous plombe (et vu les prévisions de ce matin, je n’ai emporté ni chapeau ni lunettes solaires !).

Parramatta est un quartier ou presque une petite ville, à 25 km à l’ouest de Sydney. Plusieurs institutions publiques et entreprises privées s’y installent récemment, la positionnant un peu comme un deuxième centre ville. La ville fut créée en même temps que Sydney, en 1788 et c’est la plus ancienne colonie européenne à l’intérieur des terres. C’est ici la limite entre l’eau salée de la marée et l’eau douce de la rivière du même nom que la ville.

Un lunch léger, salade et saumon, nous permet de partir marcher vers cette bourgade. Nous y admirons le style de maisons en bois typiques de l’ancien temps, un ficus majestueux à l’envergure impressionnante, encore pas mal de fleurs dans les jardins même si ce n’est plus la forte saison. Il est bien dommage que la ferme Elizabeth soit fermée aux visites car son parc tout autour nous laissait présager d’une jolie découverte. Par contre l’église catholique maronite de la communauté libanaise (importante ici) a elle ses nombreuses portes ouvertes; construite toute en rond, elle présente une architecture très rassemblante, qui diffuse une sensation de bien-être – nous nous y posons pour un moment paisible.

Voici que la pluie a décidé de modifier nos plans de retour, ce sera plus rapide de rentrer en train plutôt que de sillonner à l’inverse la Parramatta River. Isabelle et Maude, comme deux amies de longue date (c’est pourtant notre deuxième rencontre seulement) ont babillé ensemble toute la journée – quel bonheur que cette nouvelle amitié !

Thomas et Mélina nous envoient des photos de leur marche dans la neige à Val d’Isère. Olivier est toujours à KL, il se rafraîchit avec une bonne Tiger beer …


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Madama Butterfly à l’Opera de Sydney

Ce ne sera pas ce samedi le marché de Morges mais celui de Paddington qui nous attire, un marché d’artisans autour d’une église, tout en couleurs, mode, cosmétiques, tableaux, bijoux, fleurs. L’ambiance y est bon enfant, les gens bavardent, essaient et demandent les avis. Le quartier de Paddington, voisin de Woollahra, est resté authentique; certaines petites rues regroupent des boutiques originales dans des maisons shophouses, l’artère principale de Oxford Street est caractéristique aussi par son architecture.

A Surry Hills, un peu plus à l’ouest, je fais la connaissance d’un contact récent de Yves, Hamish et son épouse Cassie, de purs australiens vraiment fort sympathiques. C’est lui qui a choisi le restaurant NomadWine et aussi qui pointe sur le menu quantité de plats à partager, tous des plus succulents – il est fin gourmet à n’en pas douter. Et je passe sous silence le reste de l’après-midi, oùje m’échine à vouloir trouver une galerie d’objets designs qui tout d’abord a fermé ses portes de l’ancienne chapelle d’un hôpital et qui n’a pas encore inauguré son nouvel espace sur William Street – j’ai fait courir Yves des kilomètres pour un résultat vain! Le seul point positif est que notre moyenne de pas est parfaite pour la forme.

Et le programme de la soirée va tout réparer : comment venir à Sydney et ne pas pénétrer dans son bâtiment le plus mythique. Madama Butterfly, à l’Opera de Sydney fait rêver certains de nos amis et surtout Olivier qui s’inquiète de savoir si sa sœurette n’a pas oublié sa pochette de kleenex. Un avant-goût du Japon … émotion et zénitude à leur comble !

Déçue de ne pas avoir aperçu de kangourous à Canberra, je vais suivre le conseil de Priscilla – en trente minutes de train puis ferry puis bus, je suis à l’entrée du Zoo Taronga. Il est vraiment superbe, même pour moi qui ne suis pas tellement attirée par les zoos; accroché sur une colline faisant face à la baie et dans une végétation luxuriante qui a juste l’inconvénient que je dois faire très attention à ma tête, histoire de ne pas troubler une de ces énormes araignées de Sydney! J’ai bien aimé l’élégance des girafes goûtant leur repas, les gorilles tellement drôles en dévorant le leur, les koalas et le panda rouge, tellement doux qu’on aimerait les caresser dans nos bras. Une légende du bush veut que les koalas soient ivres sur les eucalyptus; en fait ils se nourrissent principalement de leurs feuilles, y digèrent et peuvent dormir 20 heures par jour. La musique de fond est assurée par le chant des cacatoès et le rire des kookaburras – cela me plait de pouvoir visualiser à quoi ressemblent ces oiseaux dont parlait mon roman sur l’Outback (les wombats resteront par contre cachés). Enfin j’approche les kangourous; ils sont très calmes, réservés ou timides, leur souplesse à la détente est magique. Il en existe diverses variétés et c’est parfois la forme de leur museau qui les distingue, ou alors la taille, la couleur du pelage – ne pas confondre un kangourou et un wallaby.

Yves avait plusieurs exposés à organiser et d’autres à préparer, il a passé sa journée enfermé à Woollahra; c’est la raison qui me pousse à concocter un souper maison rapide et à l’emmener pour une heure de croisière sur un ferry : Double Bay – Rose Bay – Watson Bay – Circular Quay et retour direct à Double Bay. De nuit, au son des vagues et du moteur, à admirer sur le pont le quai qui s’éloigne et le suivant qui se rapproche, avec les lumières de la ville comme paysage de fond. La magie de la nuit est à son comble lorsque en quittant Circular, au large de l’Opera, le ferry ralentit pour nous laisser admirer le feu d’artifice qui enflamme le ciel – soirée réussie !


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Promenade bucolique et visite du War Memorial

Un petit déjeuner plus copieux s’impose ce matin avant l’ascension de notre montagne et c’est au Mocan & Green Grout que nous dégustons de délicieux oeufs pochés, une de leurs spécialités – par contre, nous ne nous faisons pas encore au ‘sour bread’ ni à l’âpreté du café australien. Ce restaurant fait partie du quartier NewActon Nishi, tout comme notre hôtel – un design heureux, alliant bois, verre et béton brut ; ils ont été notés 4.5 sur l’échelle Nabers qui ici en Australie mesure la performance environnementale comme les économies d’eau et d’énergie.

Isabelle a donc concocté un plan pour tous les deux : Mount Ainslie, qui culmine à 850 mètres, à l’emplacement d’un ancien village aborigène du nom de Kokoda, connu aussi pour les rudes combats menés contre les japonais durant la deuxième guerre mondiale tout le long d’une piste dont nous empruntons une partie. Le point de vue au sommet est formidable, donnant sur 360 degrés jusque bien bien loin. La délimitation de la ville nous apparaît clairement et nous apprenons que c’est en 1911 qu’un certain Walter Burley Griffin a conçu le dessin de la nouvelle Canberra, avec ce lac ou bassin artificiel ainsi que l’alignement des Parlements et du Musée de la guerre sur deux collines formant un amphithéâtre, les larges espaces arrondis de City Hill et Capital Hill.

La balade dans le bush australien nous fait un peu penser à la garrigue, sauvage et dans une forêt d’eucalyptus de diverses variétés – ils perdent une fois par an toute leur écorce en lambeaux croustillants sur lesquels nous marchons comme sur nos feuilles mortes en Europe (ici ce sont surtout les platanes qui vont se dénuder de leurs feuilles pour l’hiver). Cela donne de jolis troncs blancs, avec le feuillage qui persiste et leur parfum délicat qui embaume. Au Canada, Isabelle pense planter un érable dans son jardin de Lonay, à Singapour un Frangipanier, au Japon un Osmanthus et voici que j’ajoute ici un eucalyptus – mais Yves ne se formalise plus, il sait que dès mon retour à la maison l’idée se sera envolée ! À chacun de nous deux, ses intérêts : tandis que mes yeux explorent la flore, lui veille à la faune (que parfois je préfère éviter). Ainsi il repère de superbes perroquets rouges haut dans les arbres, mais ni serpent, ni lézard et pas non plus de kangourous alors que c’était un des objectifs premiers de la marche en nature. Ils se cachent souvent durant la journée, nous disent deux dames et chacun à qui j’ai demandé où les voir à Canberra m’a indiqué un spot différent.

Le ‘Memorial War Museum’ est un musée vraiment très intéressant et attrayant même s’il est le reflet très imagé de la participation des nombreux australiens aux combats des deux guerres mondiales. C’est le 25 avril 1915 que naît l’ANZAC, le corps armé commun entre l’Australie et la Nouvelle Zélande et dès l’année suivante, ils partent en renfort dans les Dardanelles pour la guerre à Gallipoli; ensuite ils combattront en France, en Belgique – des vitrines relatent des scènes de guerre notamment à Ypres, dans La Somme. La seconde guerre est présentée avec des avions, des films et parle largement de la guerre du Pacific, de l’invasion des japonais, de la piste de Kokoda.

Les noms des dizaines de milliers de morts au combat durant les guerres sont récités en permanence dans des hauts-parleurs et sont gravés par année et par bataillon sur les longs murs qui mènent au mémorial du soldat inconnu – le 25 avril dernier, le ‘Anzac day’, la princesse Kate et le prince William y ont déposé quantité de ‘poppies’ pour le centenaire de 14-18. Le coquelicot est un symbole pour les anciens combattants australiens de la première guerre (voir texte ci-dessous). Leur rouge éclatant ressort sur les longs murs de bronze également. L’Australie va célébrer aussi les 100 ans de l’Anzac, avec de nombreux événements tout au long de l’année et la surveillance est renforcée, notamment auprès de ce musée qui attire beaucoup de visiteurs – les forces de l’ordre, avec leur beau chapeau, ne nous semblent pas particulièrement agressives.

Et voici trois jours magnifiques où Canberra s’est fait connaître à moi, avec divers aspects de l’histoire, de la culture, des habitudes de ce pays d’accueil.


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Parliament House et Musées à Canberra

Je découvre ce matin la jolie photo de la ‘Dent Blanche’ illuminée pour célébrer le bicentenaire de l’entrée du Valais dans la Confédération. C’est également aujourd’hui l’anniversaire de Gilles que je prendrai au saut du lit en l’appelant alors qu’il sera 17 heures pour moi – Thomas, Mélina et Mathieu seront avec lui ce soir, me dit Nathalie; il sera heureux, je pense.

Encore une journée à me balader seule, à faire des kilomètres à pied dans cette ville étendue que j’aime beaucoup – le bord du lac, les pistes où se côtoient piétons et vélos, le ciel bleu pur, le soleil supportable grâce à un petit vent. Notre hôtel, le campus et certains bâtiments du gouvernement sont d’un côté du Lac ‘Burley Griffin’; je franchis un pont imposant pour me diriger vers la colline du Parlement, après avoir longé le quartier des ambassades – celle du Canada est reconnaissable à son totem des nations primitives.
Je grimpe dans la forêt, suivant un parcours vita (non non, je n’ai pas changé, je ne fais que suivre son itinéraire !) pour arriver au nouveau Parlement, une immense construction en forme de V élargi qui transpire la richesse et la volonté d’en imposer du gouvernent australien. Le symbole du pays, posé comme sur un haut trépied s’illumine tout argenté dans le ciel magnifique sous les rayons du soleil. L’accueil est charmant, la visite est gratuite pour chacun et je foule ces pièces énormes, au marbre lumineux, aux parqués brillants au possible, aux colonnes qui ajoutent à la hauteur. Le ‘Great Hall’ est impressionnant et la tapisserie qui recouvre le mur du fond est l’œuvre de l’artiste Arthur Boyd en 1984, telle une forêt de pôles aborigènes. Le public est autorisé à pénétrer un moment pendant la séance du Sénat – on y discute identité nationale, appartenance à la tradition britannique, … pour ce que je peux en capter. J’ai déjà l’impression de me perdre dans les différents coins et recoins, corridors, salles diverses et pourtant j’imagine qu’il y a encore bien plus d’espace inaccessible à nous – ce bâtiment est gigantesque.

Sur son toit, la vue plonge vers l’ancien parlement (bâtiment blanc de style colonial) et le ‘war memorial’ dans le même alignement – derrière lequel j’aperçois la pointe du ‘Mount Ainslie’ (plutôt une colline) et c’est mon but d’y emmener Yves demain.
Voici justement qu’il m’appelle ; il se trouve aussi avec ses collègues au Parlement pour une interview à Sky News, en direct sur la chaîne nationale à 14 heures – Yves est seul dans un petit studio, le journaliste lui posant ses questions depuis Sydney, une première qui a bien fonctionné!

Sur la vaste plaine, un rassemblement d’autochtones des clans aborigènes semble vouloir exprimer leur souci de reconnaissance, de statut autour de discours, de musique, de danses, de fumée délicieusement aromatisée à l’eucalyptus et leur drapeau comporte les couleurs du drapeau belge avec un cercle central jaune.

Proches de l’eau sont étalés la Haute Cours de Justice, des musées, tels que celui des portraits ou des sciences, la Grande Bibliothèque nationale avec ses nombreuses colonnes de grès. Mon choix pour une visite se porte toutefois sur la ‘National Gallery of Australia’ et je n’en serai nullement déçue. Une journée serait bien nécessaire pour la découvrir pleinement, ses expositions sont intéressantes, variées, bien agencées et pour le moment c’est James Turrell qui est à l’honneur, ce jongleur des espaces et de la lumière qui touche nos émotions – nous avions déjà vu son habillage du hall central du Guggenheim de New-York en 2013. À la sortie, un superbe jardin de sculptures, Rodin, Henry Moore ou Bert Flugelman, un australien d’adoption.

La place du Commonwealth et la terrasse ‘Queen Elizabeth’ rendent hommage à la reine Elizabeth qui le 3 février 1954 fut la première reine à fouler le sol australien, elle qui s’exprime comme la reine des australiens et qui a entretenu des liens directs avec les ministres du gouvernement de Canberra. Son jubilé en 2012 fut largement célébré ici et elle est venue à de nombreuses occasions dans la capitale, notamment pour l’inauguration de la nouvelle ‘Parliament House’ (1988), du Captain Cook Memorial Jet et du National Carillon – que j’ai entendu sonner souvent et que j’avais d’abord cru être une église.


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Accueil chaleureux à Canberra

Trente minutes de train suffisent ce mercredi matin pour rejoindre l’aéroport domestic de Sydney. L’enregistrement et le dépôt de la valise sont entièrement automatisés aux bornes, la sécurité n’est pas trop stressée et nous voici prêts pour un vol Qantas de 50 minutes jusque Canberra, à bord d’un petit avion à hélices qui sera complet (et il y en a un chaque demi-heure sur toute la journée). La revue de la compagnie présente justement 3 articles qui nous parlent : Singapour, ville d’entreprenariat, la nouvelle Business School de Frank Gehry et Vancouver, que nous allons retrouver en mai.

A peine en vol, je me rends compte combien Sydney est une grande ville, dont le centre financier avec les hauts buildings ne constitue qu’une petite part. Ensuite ce sont des zones d’habitations de structure basse et très vite des forêts, des forêts et encore des forêts (il est vrai que le trajet en train n’aurait guère eu d’intérêt touristique). Le paysage devient ensuite plus aride, plus désertique, avec de longues alignées d’éoliennes – quelle chance ils ont de pouvoir les installer ainsi sans porter nuisance à la population. La verdure, des maisons ou des fermes par-ci par-là, des plans d’eau sans doute artificiels vu leur forme précises, me font dire que nous approchons déjà de notre destination.

Priscilla est là pour nous accueillir à l’arrivée, c’est vraiment très gentil. De plus, d’origine mauricienne, elle parle français et cela me facilite la conversation – je peux à nouveau être bavarde et laisser Yves se reposer ! Elle est venue faire ses études suivies d’un doctorat ici à l’université nationale de ANU et elle y a trouvé un poste chez Shirley Gregor, professeur et directrice de recherche de la business school.

Le campus est vraiment magnifique, vaste, dans la verdure, avec des étudiants qui se déplacent à pied ou à vélo (le relief est tout à fait plat) – le rêve ! La météo est incroyable, 30 degrés annoncés pour nos 3 jours et un ciel bleu incroyable, mieux que Photoshop – et c’est l’automne pourtant !

Canberra est construite autour d’un lac artificiel, entourée au loin de collines verdoyantes et de montagnes mais c’est quand même le bout du monde. Shirley nous dit que pour venir en Europe, elle compte au mieux 36 heures – souvent ce fut 2 jours. Au cours de notre lunch de bienvenue avec nos deux hôtesses, je goûte pour la première fois du kangourou (à défaut d’en avoir vu aucun vivant encore !). C’est bon, une viande plus sèche que le bœuf, plutôt comme du gibier. Et peut-être est-ce une impression seulement mais il me semble que je comprends mieux l’anglais des gens de la capitale – je m’habitue ? en tout cas rien de comparable avec notre guide d’hier. Ma difficulté est souvent de comprendre les réponses à mes questions alors que pour Yves, c’est l’inverse, ce sont les questions des participants aux séminaires qu’il doit bien capter…

Nous sommes logés dans l’Hotel Hotel (eh non je ne me répète pas, c’est bien son nom), un établissement logé dans un building récent, aux technologies minergies, au design exceptionnel. Et ma première visite sera pour le Jardin Botanique, situé au bas de la ‘Black Mountain’. Je m’y balade avec grand plaisir même si Isabelle, au départ, à la vue des panneaux annonçant la possibilité voir des serpents, sent son adrénaline monter monter – quand il faut y aller, il faut y aller ! Et c’est parti en commençant justement par la ‘Rain Forest’ qui ne peut que me rappeler des épisodes stressants à Singapour – une végétation très dense, très sombre, des bruits étranges, un canopy en bois … et je presse le pas. Mon cœur se ralentit vers la prairie d’eucalyptus, leur parfum est fantastique, tout comme celui des mimosas sauvages. Nombreuses sont aussi les variétés de pins et d’acacias ; une zone dite ‘rouge’ présente l’aspect de la nature au centre du pays – les couleurs sont magiques. Et je ne croiserai aucun serpent, je ne verrai aucune araignée mais juste plusieurs lézards bizarres, appelés démons du bush.

Mon but ensuite est de traverser le campus pour rejoindre le quartier des centres commerciaux et des magasins mais même si la marche est plaisante, c’est vaste et les distances sont bien plus grandes qu’il n’y paraît sur mon plan – sans compter qu’ici en Australie, on prend le temps de vivre et donc, les commerces de Canberra ferment leur porte à 17h30 … sauf les chinois, et je troque le magasinage par un massage bien plus bénéfique.

Yves a donné une conférence très engageante en cette fin de journée, devant un auditoire de 250 personnes, étudiants, alumni, entrepreneurs et cela se passait dans la ‘Medical School’, un bâtiment récent, très design.