Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Magnifique séjour à Singapour …

Un peu plus de 2 semaines à Singapour, ça file chaque fois et pourtant nous nous y retrouvons de suite un peu comme chez nous. C’est notre cinquième séjour dans cette ville où la vie est assez facile; les services sont nombreux, les transports bien organisés, les gens souriants et accueillants, le climat  est constant (le seul risque étant de se faire doucher par un de ces violents orages).

J’y reprends vite mes habitudes, j’aime flâner dans les centres commerciaux et en découvrir de nouveaux (certains disparaissent aussi), je revois des copines avec toujours autant de plaisir.

Chaque fois je m’étonne devant cette végétation superbe, ces fleurs colorées toute l’année, ces arbres géants tortueux où se nichent des orchidées sauvages tout là-haut. Le taux d’humidité est très élevé – en descendant du bus, mes lunettes sont entièrement embuées; ni le maquillage ni le brushing ne résistent bien longtemps. La transition est grande en pénétrant dans un centre commercial, dans le métro ou le bus mais par contre il nous semble que la climatisation est moins brutale que par le passé. J’ai toujours dans mon sac un pashmina, un léger pull pour me couvrir si je dois rester un moment dans un endroit climatisé.

Singapour est indéniablement très verte mais elle est aussi une vraie forêt de buildings! C’est surtout en l’observant de haut que cela marque le plus. Et les ouvriers des chantiers ne sont jamais au chômage ici; il y en a quand même souvent deux ou trois qui regardent celui qui travaille – des constructions nouvelles énormes sont toujours au programme et avec elles, des lignes de métro qui se créent ou qui s’allongent. Les surprises ne manquent pas pour nous, la plus triste cette fois sera la grande rénovation en cours du Raffles – pas de Sling dans la cour mythique cette année. Au coin opposé du carrefour, Chijmes a lui retrouvé toute sa splendeur et son offre variée de pubs et de restaurants.

En effet un des points forts de Singapour, ce sont ses restaurants; quand Mathieu a demandé à son correspondant Nespresso ce qu’il lui conseillait de faire ici, la réponse a juste été « Food » ! Ce sera donc un de ses objectifs pour la semaine qu’il passe avec nous et que ce soit dans un food court ou dans un restaurant chic, il en sera plus que convaincu : des cadres sympathiques, des vues magiques, des menus succulents !

C’est en 2012 que Mélina et moi avons eu l’envie de partir une journée sur une des petites îles au sud de Singapour. Ce projet m’est revenu chaque année en tête, sans par contre l’enthousiasme de Yves et c’est donc Mathieu qui ‘se dévoue’ cette fois pour m’accompagner sur Kusu Island (sans regret ni pour lui ni pour moi). Quelques provisions dans le sac-à-dos (ni restaurant, ni magasin, ni distributeur sur l’île) et nous voici embarqués sur un vieux petit ferry vers ce chapelet des 5 îles singapouriennes les plus proches de l’équateur, sillonnant vraiment très près d’énormes tankers et porte-containers. L’ampleur du port, la quantité de containers vont rendre Mathieu plus clairvoyant sur le trajet de ses produits ! La journée est belle, ensoleillée et sans orage en vue. La première halte à St-John’s voit débarquer presque tous les autres passagers (environ six personnes 😉 tandis que nous poursuivons jusque L’île aux Tortues (histoire de légende d’une énorme tortue qui aurait sauvé un pêcheur naufragé) avec ses deux temples, l’un bouddhiste, l’autre Shinto. Le premier est superbe de couleurs, juste près du débarcadère mais l’autre nous fait gravir la colline dans un bush de végétation danse, bruyante de cigales … un singe nous surprend et surtout des moustiques qui nous dévorent. Mathieu propose que nous installions notre campement sur la plage la plus éloignée de cette forêt ! Le ferry repart une heure plus tard avec deux passagers et nous restons les seuls touristes sur l’île – avec quelques jardiniers et des lézards monitors d’une belle longueur – en espérant que le ferry de 16 heures viendra bien nous rechercher ! Merci à Mathieu pour ce moment de déconnexion, loin de la ville animée. Il paraît que quelques fois dans l’année des célébrations au temple attirent foule de pratiquants.

Mathieu a aussi bien aimé nos après-midi à Sentosa, sur la plage privée du Rasa Shangri-La; nous y sommes des habitués, mon natel se connecte de suite au réseau de l’hôtel. Avec Yves, nous y passons deux jours – pour nous consoler du départ de notre fils – et avons le plaisir d’y revoir notre ami Ben, le manager. Il est revenu à son poste de direction mais nous annonce qu’il prend sa retraite dans deux semaines et retourne auprès de son épouse à St-Jean-de-Luze. Mei P. Pun et Jennifer Yong, ses adjointes F&B et Marketing, nous sont elles aussi très sympathiques (je vais conserver le contact). C’est la première fois qu’il nous octroie une chambre à l’extrémité du bâtiment, étage élevé et grand balcon – c’est magnifique! Yves aime observer le traffic constant de tous les bateaux sur le détroit de Singapour, allant des bateaux de pêche, aux ferries qui relient les îles de raffineries, aux porte-containers plus ou moins modernes et parfois, perdus dans cette animation, un ou deux voiliers.

Un de mes plaisirs en Asie reste les séances de manucure-pédicure et les massages – les asiatiques ont des mains de fée qui me transportent; outre mes adresses préférées, j’en découvre de nouvelles à chaque visite. Le shopping n’a pas fait de gros trous dans le budget (principalement souci de taille vestimentaire;-) mais flâner dans les centres commerciaux ou sur Orchard reste plaisant et c’est mieux en semaine que le samedi pour le monde. Au dernier étage du centre Ion, j’ai déniché le Salt Grill & Bar qui offre une vue vertigineuse sur la ville – nous y prolongeons notre dégustation de bière ou vin, en attendant le retour du sec après un orage fracassant. Le climat nous a paru plus agréable que par le passé, moins suffocant, plus aéré .. avec même parfois la sensation d’un petit vent rafraîchissant … est-ce notre corps ou notre mental qui se souvient et s’adapte ?

Dans nos découvertes 2017, je peux ajouter une vision de la ville très étendue, jusqu’en Malaisie, avec les immeubles de ses quartiers frontières ou dans une  autre direction, vers la tour de contrôle de Changi Airport … et ce, depuis la toute récente bibliothèque, nichée au 20ième étage de l’école où travaille la fille de notre ami Béat. C’est un privilège d’y avoir eu accès, un moment vraiment très sympa avec Nicole et sa petite famille (quartier de Novena, où j’ai par ailleurs eu la surprise de voir qu’on construit une église !).

Dimanche après-midi, j’emmène Yves vers Marina Bay Sands, passage obligé; nous y achetons des tickets pour le festival de jazz et installés sur l’esplanade devant le centre commercial (d’ailleurs sur une scène qui s’élève comme une partie du ponton !), ce sera un très agréable moment musical dans une ambiance festive et calme à la fois. Les services de sécurité et de catering sont aux petits soins pour nous, la technique peine à se mettre en route mais une fois la mise au point affinée, le son déménage et parmi les artistes, ce sera Nik West, son hommage à Prince, sa toilette extravagante, son humour, son décor de scène, son rythme … qui nous enchantent et nous font oublier tout … sur des notes endiablées, bouquet final de notre séjour singapourien !


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ANA nous transporte à Tokyo

Une nuit bien confortable dans un Boeing de la compagnie japonaise ANA me permet de rêver aux derniers jours de chaleur et de piscine et de projeter de belles rencontres et découvertes au pays où nous nous sentirons un peu analphabètes.

Mes deux derniers jours, je me les suis offerts tranquilles entre l’appartement (lessives – tris – valises) et la piscine alors que Aves donnait encore un cours hier matin. Sa visite à NUS a été très appréciée et lors du repas final, ses collègues l’invitaient déjà our l’an prochain. Ceux-ci ont été étonnés du restaurant que j’avais trouvé hier pour notre délicieux canard laqué – dans un black&white house, un cadre idyllique, sur Rochester Park, le Min Jiang – selon eux, un choix des meilleurs ! Malgré le nombre incroyable de magasins, de centres commerciaux, j’ai très peu acheté et ainsi mes deux valises suffisent et nous les retrouvons en bon état à Narita.

Kato, notre propriétaire, et le concierge nous attendent sur le trottoir en bas de l’immeuble, avec un grand sourire – j’ai conservé un contact écrit avec elle depuis deux ans que nous la connaissons. Avec raison, elle suppose que nous n’avons pas de questions sur l’appartement – nous nous y sentons un peu comme à la maison et cela nous plaît de retrouver la domotique, les gadgets de confort de la salle-de-bain. Nous sommes venus à pied depuis la gare de Ueno; la température a bien changé sur notre nuit et alors que nous trouvions déjà que Singapour est peuplé, ce n’était rien comparé à Tokyo.

Il faut se réhabituer au fait que le rouge et le vert n’ont pas toujours la même signification que chez nous. On peut monter dans le train seulement quand la lumière devient rouge, ainsi aussi pour les toilettes libres ou les taxis disponibles mais par contre les feux de circulation sont identiques aux autres pays. Les kobans, ces petits bureaux de police de quartier et les dépanneurs konbinis sont toujours aussi nombreux et c’est rassurant – ils vont souvent nous aider. Pour une métropole de cette importance, c’est étonnant de voir autant de vélos – la circulation est calme, les taxis sont nombreux et au désespoir de Yves, il semble qu’ils soient plus rares à porter les gants blancs.

Seules les grandes avenues portent un nom – heureusement écrit en anglais aussi – et cela rend beaucoup moins aisé l’utilisation de mon application maps.me qui m’a bien guidée à Singapour. Ici elle me montre les blocs gris des immeubles, quelques symboles en changes et l’aiguille directionnelle tourne souvent comme une girouette … Ainsi c’est à force de persévérance que nous sommes parvenus à retrouver le restaurant Marugo où nous avions souvenir de tonkatsu excellent. Ils ne nous ont pas rendu la reconnaissance facile car  deux grands immeubles voisins du restaurant ont été ramenés au niveau du sol, c’était un de nos points de repère … ainsi que le mini sanitaire qui a lui été préservé. Nous sommes fiers et contents, d’autant plus que derrière nous dans la fille d’attente sur la rue, le patron vient poser sur un strapontin le panneau de « dernier client » (Yves se charge de déplacer le tout au fur et à mesure de l’avancement). Nous aimerions pouvoir plus communiquer avec les serveurs et le patron si l’anglais est peu répandu – nous leurs expliquons que nous aimons beaucoup leur cuisine et le décor rustique, typique, ils nous écoutent avec le sourire et nous répondent en japonais – un vrai dialogue de sourds, tellement joyeux !

Au Copy center en face de l’université, nous parvenons à choisir le type de papier, le format, le nombre de copies pour les canvas- le langage des mains aide et chance qu’il utilisent les mêmes chiffres (que ce soit pour un prix ou une quantité, ils les saisissent et nous les montrent toujours sur les calculettes pour vérifier la bonne compréhension, dans les deux sens).

Nos cartes Suica pour le métro sont toujours valables, nous les rechargeons et reprenons les réflexes pour emprunter le métro, trouver la bonne sortie, ne pas confondre les stations de métro et de train style Rer. Les écoliers portent un uniforme bien strict et cela va changer Yves des shorts courts, tops et tongs des étudiants de Singapour. Et les marques de costumes noirs doivent faire leurs affaires ici – tous les business men se ressemblent dans leur habillement!

Yves se demande si je me suis perdue … j’avais besoin d’une petite sieste mais j’avais trop envie de me faufiler dans le parc Ueno pour voir les cerisiers. Nos sommes vendredi après-midi et c’est noir de monde! Les groupes commencent à réserver leur emplacement, sur les bâches bleues au sol, les nombreux containers à déchets s’étalonnent le long de l’allée, certains ont déjà bien attaqué les boissons et des groupes d’hommes en costume de bureau risquent bien de rester là un moment. Certaines dames sont bien élégantes avance leur joli kimono coloré, revêtu pour venir se faire photographier devant les fleurs adorées. Un plaisir pour les amoureux et les enfants consiste à louer un pédalo sur l’étang. Et pour se restaurer, une allée regorge de petits stands où se cuisinent côte à côte des nouilles, des brochettes de poulpe, des pommes d’amour, des beignets de crevettes, des bananes enrobées de chocolat, des poissons grillées autour d’un brasero … ça sent trop bon!

Je passe au Bunka Kaikan, la salle de spectacles dans le parc Ueno, pour obtenir un programme anglais que je vais étudier – je vois juste que l’espoir d’un opéra est foutu. Un bain de foule un peu différent dans le grand marché de rue Ameyoko qui s’étend en largeur et en longueur sous les rails de la Yamanote Line – les échoppes y vendent vraiment de tout, c’est à celui qui crie le plus fort pour attirer le client. Les Pachinko (salles de jeux machines à sous) ont beaucoup de succès, c’est bruyant et enfumé. Et d’ailleurs dans la plupart des restaurants, il y a encore une zone « fumeurs ». Impensable pour moi, de me balader dans ce quartier sans me prendre une petite figurine dans les distributeurs à surprises – bonne première pêche.

Yves est lui tout content de retrouver un autre genre de distributeur -son café chaud dans une canette lui coûte le tiers du prix de ma figurine! Nous nous chipons presque les pièces de 100 yens. Le soir, les premières gouttes de pluie procurent à Yves le plaisir d’acheter un parapluie transparent au konbini du coin (le patron lui fait même une réduction de moitié … parce qu’il pleut justement!!). Je lirai que ces parapluies plastic transparent sont une originalité du Japon. Il en va de même à mon avis pour les rangements organisés des parapluies devant les musées.

Sheena nous souhaite la bienvenue par un message et elle m’attend dimanche chez elle, à la campagne.

 


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Mon massage !

Sur le flan de la colline que je descends pour aller faire mes courses, nous avons repéré le premier jour, un espace clôturé – Yves pensait que c’était pour les enfants et moi pour une raison horticole quelconque. Eh bien non, il s’agit d’un « dog run » ; c’est bien vu car les chiens sont interdits presque partout et en tout cas jamais sans laisse. Si on m’avait demandé où as-tu vu des chiens à Singapour, j’aurais répondu à Robertson Quay, le long de la river, un quartier où résident beaucoup d’expatriés. En nous y promenant d’ailleurs ce week-end, la rive nous a semblé bien vide; par contre, au plus grand des hasards, nous avons rencontré une connaissance de l’an dernier – lors d’un repas organisé par une collègue. Une seule soirée et nous nous sommes reconnus, sans avoir maintenu le contact. Il est possible que l’on se recroise cet été à Montréal, nous dit-il.

Le métro de Singapour est très bien organisé, fréquent et dessert très bien la ville. Il y fait calme, sans bousculades; les gens font docilement la file pour emprunter les escaltors et pour pénétrer dans la rame, en attendant que les sorties soient ok. De plus, les corridors sont vraiment larges et d’une propreté saisissante quand on pense aux milliers d’usagers par jour (posséder une voiture coûte vraiment cher). Le respect des autres, du travail des gens et des choses mises à disposition du public est exemplaire – même si on sait qu’il est en partie dû à la répression sévère en cas contraire. Des panneaux attirent souvent l’attention sur les missions des uns et des autres, sur les bonnes conduites, les bons réflexes à avoir en public. Cela donne en tout cas un environnement, un cadre de vie paisible, sécurisant et très agréable.

Nous habitons près de la côte au sud-ouest de l’île et rejoindre une adresse dans le centre est nettement plus rapide en voiture, en dehors des heures matinales et de sortie des bureaux. Uber est très confortable dans son utilisation et il existait déjà ici GrabCar, un système semblable mais local. Il ne semble pas y avoir de protestations des taxis singapouriens , sans doute à cause du nombre; Uber compte huit cents voitures face aux quarante mille taxis officiels. Nous empruntons les uns et les autres selon et dans les deux cas, je suis touchée par le fait que très souvent, les chauffeurs nous disent travailler des heures incroyables (jusqu’à 12h/jour et 7 jours/7) pour … payer les études de leurs enfants ! Tout le monde prend le taxi – pour se rendre au travail, pour aller au sport, pour faire ses courses et même les enfants à la sortie des écoles hèlent un taxi dans la rue pour rentrer chez eux.

Aujourd’hui c’est à Little India que je sors du métro, comme si j’avais changé de pays. L’ordre, la netteté, l’air aseptisé n’existent pas ici, c’est plus authentique – et chose étrange, chaque fois que je m’y promène c’est le jour du ramassage des cartons (ou alors est-ce une collecte quotidienne). Les étals de colliers de fleurs sont multicolores et parfumés – tout comme les nombreux restaurants ouverts sur les trottoirs qui laissent s’échapper des parfums d’épices. Les boutiques vendant/achetant de l’or, les saris en soie sont éclatants et plus visibles que les nombreux bureaux de trading dont on ne voit que l’enseigne au dessus de portes fermées. Je me sens tranquille, même s’il y a moins de feux pour traverser les rues, si le comportement des autos/vélos/camionnettes est plus chaotique et si à Little India, on ne croise quasi que les hommes (les femmes travaillent!). La sécurité pour moi qui aime me balader un peu partout seule, est vraiment appréciable – jamais je ne doute, ni je n’ai peur et ce même la nuit tombée (sans que je sois vraiment un oiseau de nuit !).

De l’autre côté du canal Rochor, je reconnais ce bâtiment à la forme originale (The Concourse building), la mosquée bleue puis celle du grand sultan; le quartier arabe est plus soigné, il y a plus de recherche dans la rénovation des boutiques et des façades des anciennes shophouses. Ce sont des bars à chichas, des restaurants turcs, libanais et je me fais plus interpeler par ici – ils cherchent le client. L’état a voulu limiter les permis de travail pour étrangers; par contre dans la restauration, nombreux étaient les serveurs malais, indiens, chinois, philippins qui se contentaient de plus petits salaires que les locaux – plusieurs établissements ont dû fermer pour cette raison.

Dans mon souvenir, il se trouvait dans Little India mais voici que je le retrouve par hasard au croisement de North Bridge et Aliwal street … mon salon de massage réflexologie ! Il y en a pourtant des quantités invraisemblables d’enseignes du genre mais c’est le Tang Dynasty qui m’avait séduit en 2012. La joie de le revoir doit se lire sur mon visage – juste une petite attente de 10 minutes et c’est parti pour une heure de bien-être.

Toute légère et heureuse, je continue vers le Malay Heritage Center, cette fois persuadée de pouvoir y acheter ma boisson bien-aimée au ginger. La dame me propose d’en déguster un sur place, ils n’en vendent plus – à mon air tellement déçu et voyant que je n’étais pas pressée de repartir, elle cédera et ira m’en chercher une boîte en cuisine. J’ai un peu insisté mais à en avoir goûté différents, le leur est sans aucun doute mon préféré !

Yves rencontrait lui une dizaine d’anciens HEC Lausanne dans un wine bar choisi par Laura et tenu par un belge, dans le même quartier. Il fait déjà nuit noire quand nous nous retrouvons pour un dernier verre au Parkview Square – c’est notre jour de chance, la serveuse au costume ailé se hisse encordée dans les hauteurs pour aller dénicher notre bouteille … un spectacle que nous croyions seulement exister dans l’imagination de ceux qui nous en avaient parlé … eh non, c’est bien vrai et unique !


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Magie des Gardens by the Bay

Le soleil et le vent sont au rendez-vous pour ma balade au parc derrière Marina Bay. Nous gardons toujours en tête que tout est grand à Singapour mais à chaque visite, on se dit : je ne me souvenais pas que c’était aussi grand (les hôtels, les avenues, les centres commerciaux, les arbres, les métros)! C’est géant ! Je me sens si petite devant l’hôtel et depuis la passerelle qui mène au jardin, j’admire l’étendue de toute cette verdure qui fut plantée sur des terres reprises à la mer. Chaque année il y a de nouvelles zones aménagées et les travaux me font penser que cela s’étendra jusqu’au barrage.

L’ombrage des arbres, des palmiers est apprécié; il n’y a pas trop de visiteurs – je sillonne et découvre de-ci de-là des spots pour de jolies photos alliant les couleurs des fleurs, la diversité des tons de vert de cette végétation dense et le bleu du ciel de cette superbe journée.

La « Cloud Forest » reste une réalisation incroyable; cette bulle en verre, à l’intérieur de laquelle on vit dans l’atmosphère humide des plantes tropicales et aujourd’hui les laveurs de vitres nous font des signes depuis l’extérieur où ils font de la varape sur les courbes du dôme.

Le « Flower Dome » s’est lui décoré au thème japonais du Cherry Blossom – ce sont des prunus aux couleurs variées de rose et aux niveaux de floraison plus ou moins avancés. Mon amie à Tokyo me rassure : j’arriverai à temps pour vivre en « vrai » Hanami.

J’irai prendre mon pic-nic à deux stations de métro, à South Pier, d’où partent certains bateaux de croisière. Ici c’est plus sauvage – mais pour combien de temps encore ? les grues se rapprochent – je m’assieds sur la digue, près des pêcheurs à la ligne et devant moi, ce sont les petites embarcations de pêche qui vont et viennent. D’ici, les ouvriers doivent aussi pouvoir arriver de Malaise car il y a un bureau d’immigration – ce sont un peu les frontaliers de chez nous. Quelques échoppes pour les besoins de première nécessité … comme une salopette juste présentée à côté d’une tunique de plage !

Un passage s’impose enfin dans le centre commercial de Marina Bay, toujours aussi clinquant et aux boutiques peu abordables – tellement de contrastes entre le Singapour de Marina Bay et les ruelles de Chinatown hier.


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Week-end chez Philippe Starck

Un rêve qui devient réalité : nous avons décidé de nous installer le week-end chez « Philippe Starck » au South Beach, histoire de faire découvrir à Yves ce tout nouvel hôtel original et impressionnant. Nous y apprécierons tout particulièrement la qualité du service et de l’accueil, le calme serin de la chambre (chose assez rare à Singapour, entre les ventilations et la circulation) et surtout le 18ième étage avec sa piscine incroyable, ses espaces de repos – ou de travail, son bar, sa vue vers tous les angles de la ville  le Raffles, la bibliothèque nationale, le nouveau stade, le Marina Bay Sands, les Durians de l’Esplanade, le quartier financier).

Nous sommes au centre-ville, bien localisés pour une croisière sur la rivière, depuis Clarke qui semble vidé de son monde; en effet c’est un coin privilégié des expats et en cette période de vacances, ils doivent être aux quatre coins de la planète. Le gars du bateau est tout content de prendre des photos de ses passagers aux endroits propices pour les photos souvenirs et nous nous laissons faire (enfin, surtout moi …).

Sur recommandation d’une amie, j’ai réservé un repas du soir au restaurant Me@Oue et c’est fabuleux. La cuisine est de très haute qualité et finesse (ainsi que les prix), pour une carte qui propose des mets français, chinois et japonais. Notre serveur est philippin et prend plaisir à nous parler de lui – sa femme et ses enfants sont restés au pays et il les voit pendant les vacances (c’est le cas inverse de ceux plus nombreux, je pense, qui élèvent seuls leurs enfants aux Philippines alors que l’épouse, seule ici, est maid dans une famille de chinois, d’indiens ou d’expats. Lui aussi se propose de nous prendre en photo sur la terrasse – une vue superbe sur Marina Bay.

Le soir tombe très vite, nous sommes proches de l’équateur et j’entraîne Yves pour une marche nocturne autour du bassin pour qu’il profite également des expositions du iLight Festival. Cet hôtel en forme de bateau haut perché et au pied, ce musée comme une énorme fleur de lotus sont devenus l’image emblématique de Singapour et cela ne cesse de nous éblouir. Le son et lumière sur les pétales, quelle magie !

Un autre point de vue que je voulais faire découvrir est celui du Skybridge au 50ième étage de Pinnacle@Duxton. La journée est chaude et le vent qui nous balaye là-haut est parfait. Nous promenant sur toute la longueur, on peut vraiment admirer l’île sur 360 degrés. Redescendus sur terre, les ruelles de shophouses, colorées et souvent restaurées par des designers sont paisibles et nous y avons beaucoup de souvenirs.

Déjà nous commençons à décompter les jours à Singapour, je ne ferai sans doute pas tout ce que je m’étais imaginé mais j’ai fait des rencontres et des balades que je ne m’étais pas imaginées. Les contacts se précisent pour le Japon – mon guide à Kyoto, une visite du Japon rural avec mon amie Sheena …


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Botanic Gardens

J’avais oublié qu’un jour férié, les gens en profitent pour sortir de chez eux – les attractions et la plupart des magasins sont ouverts. Le multiculturalisme fait qu’il y a beaucoup de jours de congé pour les fêtes religieuses mais chaque commerçant, chaque société décide ou non de les appliquer, selon sa confession.

En ce jour de vendredi saint, je pensais prendre tranquillement le bus pour aller flâner au jardin botanique; le bus est très rempli et je n’ai jamais vu les Botanic Gardens avec autant de monde. Cela n’enlève rien au charme du parc, que j’aime toujours beaucoup. C’est un peu le chauffeur Uber d’hier qui m’a incitée à y venir – il me disait que le National Orchid Garden vient d’être ré-aménagé et regarni à profusion.

La végétation m’impressionne encore, les fleurs exotiques me paraissent sophistiquées et délicates … et ce doit être la période proche de la reproduction des « monitor lizards » (que j’appelais dinosaures à mon premier séjour à Singapour) car on voit beaucoup de petits, à la langue de serpent, au bord des chemins. Je me demande si ma petite Lucie fait toujours le sifflement du serpent entres ses petites dents.

En soirée, un concert captivant au Centre Culturel de l’Université, à cinq minutes de chez nous à pied (encore plus proche que BeauSobre). C’est une jolie découverte musicale que cet orchestre d’une cinquantaine de guitaristes, une idée créée il y a 35 ans. Ce soir, Robert Casteels, le chef de file nous concocté le programme appelé « Reverie » avec un air de Polka, un morceau de Carmen, un air latino, un concerto dédié au Tsunami, du Vivaldi, les Rêves du Matin de Paul de Senneville, un mix de musique chinoise et malaise et un final envoûtant, plus contemporain, de Taro Hakase tout en force et en rythme. Magnifique soirée !


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Chinatown

Cette année, nous entendons parler du « haze » pour la première fois et pourtant en faisant des recherches sur Internet, je vois que les articles les plus anciens qui en parlent, datent de 40 ans. Ce haze est un brouillard de pollution amené par les vents depuis l’Indonésie lorsque brûlent les palmeraies dont les palmiers ne portent plus de fruits. Cette habitude indonésienne a pour but de fertiliser le sol et permettre de nouvelles plantations sur les mêmes terres mais la fumée qui s’en dégage peut être encore très dense jusque Singapour et donc nocive. Le gouvernement singapourien informe la population avec un indice journalier, heure par heure et mes amies possèdent cette application sur leur téléphone. En automne le taux est monté à des valeurs telles que l’on ne se voyait plus et que les écoles, les clubs sportifs ont été fermés – un peu comme en Suisse quand les températures dépassent les 32 degrés ou à Atlanta quand il gèle !

Hier il n’a pas gelé et je voyais encore le bout de mes pieds mais alors que j’étais à la piscine, le vent s’est levé (chouette, ça fait du bien) et le ciel a grondé, grondé si fort que l’orage menaçant a poussé le surveillant à nous inciter à rentrer chez nous. J’ouvre alors toutes les fenêtres, c’est la seule occasion où cela amène un peu d’air frais naturel et à peine une heure plus tard, je reprenais ma place au soleil dans une atmosphère agréable.

Pour le souper prévu avec un collègue chinois, je portais un t-shirt noir … grand bien m’en fasse car le menu se mange plus facilement avec les doigts (même lui a fait de même) et ça déborde de partout sur la table. La tradition chez les japonais est d’utiliser la lingette humide en début de repas par souci de propreté au contact de la nourriture mais ici j’aurais mieux fait d’attendre la fin pour m’en servir – mes doigts ont saisi du canard avec les morceaux d’os, des algues, ont décortiqué des crevettes à « pêcher » dans un bain de flocons de céréales – un vrai régal … comme les enfants qui ont du chocolat tout autour de la bouche … alors zut pour la propreté; les aubergines croustillantes panées dans de la soie de porc (traduction littérale 😉 sont aussi à recommander dans ce restaurant Putien à Vivocity. Notre hôte poursuivait la soirée avec un autre ami tandis que nous nous offrions une Ben&Jerry au caramel salé … après un nettoyage savonné des mains.

Jeudi midi je commence ma balade dans le quartier de Tiong Bahru avec une amie; on y trouve de très très hautes tours de logements qui ombragent les ruelles typiques de constructions plus basses des années 50. L’état tente de préserver un certain nombre de ces îlots où l’on ressent une ambiance de quartier sympathique. Mon passage au fameux Wet Food Market est tardif pour les étals de poisson ou viande. Les fleurs sont magnifiques de couleurs, on trouve des marchands de bazars de toutes sortes et aussi des objets en carton tellement drôles, pour le culte des anciens. Les chinois ont pour tradition de donner en offrande à leurs ancêtres, des objets qui pourraient leur servir, leur permettre une vie meilleure dans l’au-delà telle qu’ils se l’imaginent. C’est bien évidemment des billets de banque, mais aussi des bières, des voitures/vélos, des rice-cookers/casseroles, des gadgets d’électronique (iphone, etc.), des ventilateurs et j’en oublie un tas. Ces offrandes en carton se brûlent dans les chaudrons que l’on voit devant les temples et aux coins des rues.

C’est ma première montée au-dessus des immeubles Pinnacle@Duxton; la machine automatique pour y accéder avec ma carte de métro est en panne et c’est un concierge qui me laisse passer mais au cinquantième étage, c’est un tourniquet très sécurisé qui se met en route quand j’arrive (il me suit sur sa caméra de surveillance). J’ai un petit doute de pouvoir un jour ressortir d’ici car je ne repère pas de caméra près des portes de sortie … et je suis seule là-haut. Je parcours ce skybridge qui relie les sept immeubles (construction impressionnante !) – vue exceptionnelle sur toute la ville ou même l’île, les toits orangés du quartier chinois, la forêt de buildings de la finance, le port et son immense chantier naval, les parcs et les bois, … Et ce brouillard que j’aperçois dans la direction du nord, serait-ce le haze ?

Tout le monde peut être rassuré, je suis parvenue à quitter ce pré-paradis pour sillonner de près Chinatown, le Red Dot Museum, la fabuleuse maquette de île, le Buddha Tooth Relic Temple, les shophouses … et je me perds dans les souks chinois très colorés. Singapour se développe toujours, reprend des zones vertes pour de nouveaux buildings ou alors remet au niveau du sol ce qui est trop endommagé pour élever du neuf – sur les parois qui délimitent les chantiers, les ouvriers nous laissent un message d’excuse pour les inconvénients que cela procure …

Arrivée à Central, je décide que j’ai assez marché pour aujourd’hui; je ne le ressens plus par les pieds depuis que Thomas m’a choisi les baskets parfaites pour le climat de Singapour … le seul inconvénient est que je ne ressens donc plus non plus le besoin d’un massage réflexologie ! Il faudra quand même que je m’en offre un avant de partir …

C’est au Swiss Club (club très sélect où nous montrons patte blanche en franchissant le portail) qu’un repas entre francophones (deux belgo tout bientôt suisses, un italien, un français, une roumaine, un grec, une chinoise … vive la multi-culturalité!) termine notre journée, veille du God Friday férié ici à Singapour.