Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Montréal en hiver …

Mes impressions sur Montréal et ses températures hivernales tellement glaciales sont variées. Mes photos se limiteront au quartier où nous habitons car le froid m’a drôlement freinée dans mes escapades ! Je suis toutefois sortie chaque jour et souvent deux ou trois fois ; je ne suis pas mécontente de m’y être forcée.

IMG_4281 réveil à Montréal.

Nous avons retrouvé notre immeuble Le Rockledge, dans lequel nous avons occupé l’appartement situé juste en face de celui de cet été. Il est tout aussi ‘art déco’, beaucoup plus lumineux, le wifi très performant cette fois, plusieurs robinets montés à l’envers – pas grave, le chauffage tourne à plein régime je pense, vu qu’il fait bien chaud partout mais on ne règle pas nous même – il semble que ce soit ainsi dans les vieux bâtiments. Rien n’a changé, le bus 51 s’arrête toujours devant notre porte et croyez-moi c’est un détail qui vaut de l’or en hiver ! De plus la maison qui était en vente de l’autre côté de la rue a été ramenée au niveau du sol ; ainsi le soleil nous sourit dans la salle de séjour le matin.

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Le passage permanent du chaud au froid est inversé par rapport à la bonne saison ; les immeubles, les magasins, les restaurants mais aussi les voitures, les bus, le métro sont très chauffés. Et il s’agit de s’équiper pour sortir : des couches doubles, triples ou même plus et cela de la tête aux pieds, sans oublier les mains qui deviennent vite glaçon quand je ‘dégaine’ pour une photo rapide – je dois être la seule d’ailleurs à en prendre. C’est un avantage pour nous de venir de Suisse où les vêtements et chaussures sont assez techniques pour faire face à ce type de météo mais c’est ici à Montréal, un vrai défilé de bottes de toutes sortes et de doudounes avec presque toutes une couronne de fourrure autour du visage. Le visage, c’est lui qui souffre le plus chez moi, surtout les pommettes qui deviennent rapidement douloureuses et mes yeux qui ne supportent pas très bien le froid et la luminosité. Le nez ne coule pas, il gèle dehors et dedans … et le sel des larmes laisse un maquillage blanc autour des yeux. Le corps, les pieds ne ressentent eux pas trop la froidure ; par contre qu’est-ce que les jambes chatouillent quand on retrouve le chaud à la maison !

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Nous avons eu la chance de ne pas connaître le verglas, la neige est partout évidemment mais les sols ne sont pas glissants avec de bonnes bottes. Les chasse-neige ont tourné beaucoup lundi, notre seul jour de chutes de neige ; les engins sont variés, du plus petit qui passe et déblaie les trottoirs aux monstres qui dégagent les rues en un seul passage – impressionnantes machines-tracteurs. Tant pis pour les voitures garées le long des avenues, elle sont parfois bien bloquées par des murets de neige ; certaines font appel à des dépanneuses d’ailleurs. Je serais bien heureuse sans voiture en hiver : commencer par la balayer toute entière, laisser tourner le moteur pour la chauffer, dégager la neige qui empêche d’ouvrir les portières, passer outre les amas boueux-neigeux et de plus elles sont toutes sales, vraiment sales, comme tous les véhicules – tant dehors que dedans, on ne voit rien au travers des vitres. J’ai quand même bien apprécié l’Audi de Martine et Alain, surtout quand j’étais assise devant, sur le siège qui chauffait ! Les canadiens ont inventé une sorte de garage extérieur en plastic blanc, un peu comme une tente, qui permet de ne pas devoir balayer la neige ; ce n’est guère esthétique, toutefois je peux comprendre – tout est bon pour s’épargner un peu d’énergie.

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L’hiver est trop long, la météo ne peut pas empêcher les montréalais de sortir – sauf peut-être quand la température descend sous les -20 degrés – et j’ai moi aussi réintégré mon quartier de la Côte des Neiges – qui porte bien son nom maintenant – aussi animé que durant l’été. Un repas chez Olivieri, un autre au Bistro Figaro ; nous retrouvions nos repères si aisément. Les gens sont toujours aussi charmants et bavards, dans les restaurants et les commerces, un peu moins loquaces dehors mais toutefois toujours prêts à renseigner, aider ou blaguer. Les rues entre chez moi et le centre des commerces, je les ai parcourues avec plaisir – il y a beaucoup d’étudiants qui affluent vers l’Université.

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Lundi la neige tombait par moment, laissant vite une couche de poudreuse se former partout ; le vent soufflait en bourrasques, le décor changeait tellement vite, passant du blizzard aveuglant aux trouées de ciel bleu – c’était tellement beau. On marche facilement sur les trottoirs et pour traverser et j’ai compris après quelques jours l’intérêt de glisser les pantalons dans les bottes sinon le bas devient tout gris des éclaboussures. La boue se rapporte dans les halls d’entrée, malgré les paillassons ; même sans être une grande maniaque, j’imagine que je voudrais nettoyer tous les jours si j’étais chez moi.

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Les québécois sont très accueillants et chaleureux ; l’annonce de notre séjour avait déclenché les invitations. Nous avons eu plaisir de revoir Suzanne et Roger qui nous ont fait découvrir La Petite Italie, un restaurant très bien sur l’avenue Bernard juste à côté du Café du Souvenir. Emilie et Luis nous ont invités chez eux au Sanctuaire, ces immeubles plus récents dans un quartier hyper calme proche de l’Université; la soirée fut très conviviale et a clôturé en beauté la conférence de Yves pour le groupe Entreprenariat et Innovation – un succès débordant pour lui, que j’ai pu constater moi-même en les rejoignant le soir, tant les participants nous sollicitaient pour revenir en été – c’est touchant et disons-le, fort agréable. Yves leur dit toujours que Isabelle aime Montréal, que c’est elle qu’il faut décider !

Tout naturellement c’est bien sûr avec Martine et Alain que nous avons passé le plus de temps ; j’ai eu la chance que Martine déplace certains de ses rendez-vous et ainsi nous nous sommes vues chaque jour. Alain était en voyage professionnel deux jours au Connecticut ; il a toutefois annulé son lunch de ce mercredi pour pouvoir partager un moment avec nous, juste avant le départ pour l’aéroport. Louba m’aurait-elle reconnue, elle n’aboie plus depuis son traitement à la citronnelle mais elle me fait une telle fête !

Alain avait veillé à nos sorties culturelles, il nous a tous les quatre entraînés à la TOHU pour un spectacle de théâtre mis en scène par Robert Lepage, orchestré par Ex Machina, avec la collaboration du Cirque du Soleil. L’engouement fut très mitigé, je pense être la seule à avoir plus ou moins apprécié ; la mise en scène était impressionnante, le jeu des acteurs excellent, les effets spéciaux surprenants mais la trame de l’histoire assez désolante, pas vraiment originale et trop décousue. Il s’agissait de la première pièce d’une série de quatre, comme les quatre familles de cartes et je ne pense pas que nos amis nous raconteront un jour la suite du quartet !

Martine a des goûts plus classiques, elle m’a incitée à l’accompagner au Musée des Beaux Arts pour une exposition de Peter Doig et c’était très très bien. Peter Doig est un artiste peintre né à Edimbourg, qui a grandi à Montréal pour ensuite s’installer à Trinidad. Sa peinture est facile d’accès, ses toiles sont grandes et colorées, ses plans d’eau font aussi vrais que nature, l’inspiration Gauguin ou Edward Hopper est visible et l’exposition était fort bien documentée. J’en ai profité pour capturer une photo de l’homme assis … dans la neige … de Jaume Plensa, pour Cristina ; après l’événement de cet été, le Musée a acquis une sculpture de verre de Chihuly – semblable à celle de Atlanta, toute lumineuse de jaunes.

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Descendue au centre-ville pour cette visite culturelle, il aurait été dommage de ne pas me balader sur Sainte-Catherine, magasiner un peu, surtout en cette période des soldes. Le ciel est parfaitement bleu mais le vent s’engouffre dans les rues et aux carrefours ; c’est ainsi plaisant de pouvoir se réfugier dans la ville souterraine pour accéder d’un centre commercial à l’autre, bien au chaud !

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Durant le week-end c’est au Mont-Royal que le monde se retrouve pour un bon bol d’air, très frisquet dimanche dernier. On y fait de longues glissades sur la montagne, comme des toboggans alignés, les raquettes ou skis de fond sont de sorties et même des vélos mais c’est surtout la patinoire, sur le Lac des Castors, qui vaut le détour. Il n’y avait pas affluence, comme c’est beau une patinoire ainsi en pleine nature et d’ailleurs il s’en crée dans de plus petits parcs où l’été les enfants jouent à la balançoire. Sur la montagne la musique accompagne les patineurs, c’est Charles Aznavour ce dimanche qui chante à tue-tête dans les haut-parleurs ! J’ai juste eu le temps de filmer une courte séquence et ensuite mon iphone n’a plus voulu me répondre, à croire qu’il avait bien plus froid que moi.

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Nous sommes montés jusqu’au point-de-vue sur la ville, une esplanade aux prises avec des vents tournoyants et qui nous a montré au loin, le Saint-Laurent bien gelé. Inutile de s’attarder, nous rentrons par les cimetières – eh oui, c’est ici une promenade fréquente – le boulevard Mont-Royal et enfin Edouard-Montpetit. Cette marche rapide de deux bonnes heures était très vivifiante et suffisante ! J’aurais vite pitié de ces jolis écureuils aperçus dans les bois ; ceux qui crapahutaient sur l’arbre devant ma fenêtre en été ont dû eux se réfugier ailleurs.

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Je quitte Montréal, contente d’en avoir un peu ressenti l’ambiance d’hiver ; je ne pense pas toutefois que je serais faite pour en endurer ainsi plusieurs longs mois. La perspective d’y revenir en été me sourit plutôt ; j’apprécie que HEC Montréal invite Yves pour son école d’été et non une école d’hiver !


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Montréal, me re-voici déjà !

J’avais évoqué le désir de découvrir l’atmosphère de cette ville en hiver une fois mais sans penser que l’occasion se présenterait aussi rapidement. Hier matin, Mathieu et Anaëlle nous déposent à l’aéroport de Genève avec deux lourds bagages ; ils sont tout sourire, soit de nous voir re-partir pour une douzaine de jours, soit dans la perspective de leur week-end pour les 23 ans de Mathieu (une surprise organisée et bien gardée par Anaëlle). Les vols s’enchaînent sans souci, avec Swiss et une escale à Zürich où déjà l’accent québécois de quelques passagers chante dans nos oreilles. Le service à bord est impeccable, le repas juste bien équilibré et je passe les huit heures de vol à lire, visionner deux films et somnoler.

Il est 15h30, l’avion se pose à Montréal, il fait 5 degrés, le ciel est bleu. Plusieurs autres vols viennent d’atterrir, des milliers de voyageurs font la file pour le contrôle de douane dans ce grand hall d’arrivée que nous connaissons bien. La vingtaine de guichets ouverts nous permet de recevoir notre tampon d’entrée après seulement trente minutes d’attente. Martine et Alain sont venus nous accueillir, une joie partagée de se serrer dans les bras et ça papote sans arrêt sur la route jusqu’à l’hôtel. Il y a six mois que nous nous sommes quittés, c’est comme si c’était hier et nos taquineries refont surface tout naturellement.

L’accueil au Westin dans le Vieux Montréal est très chaleureux ; je sais que c’est une chaîne d’hôtels que Fabienne et Jacques apprécient également. Depuis notre chambre spacieuse, au dix-neuvième étage, nous regardons le Palais des Congrès aux façades de verre multicolores, les Tours Desjardins et au loin la Montagne. La nuit tombe rapidement et c’est à la Brasserie Holder que Alain nous propose d’aller manger ensemble. Le maître d’hôtel est belge, tiens donc une fois ; il jongle entre l’accent chantant du Québec et celui plus ronflant de Bruxelles. Nous avions presque oublié déjà que la convivialité, les échanges directs, les remarques taquines avec les serveurs rendent l’atmosphère fort agréable. Je communique très souvent sur skype avec Martine et pourtant ce soir, nous avons tous les quatre tant de choses à raconter et … le Père Noël suisse n’a pas oublié nos deux amis. Le petit chat tout doux fait jaillir un beau sourire aux lèvres de Martine tandis que Alain semble ému du livre d’images. Le restaurant signe « complet » ce samedi soir mais par contre les Montréalais ont déserté leurs rues. Après un dernier verre à l’hôtel, autour duquel nous accordons nos agendas et planifions un spectacle pour le week-end prochain, une balade dans la belle neige du Parc du Mont-Royal, … il est temps pour moi de rejoindre mon lit, même s’il n’est que 21 heures ici.

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Depuis mon arrivée, j’ai répondu à plusieurs messages qui m’interrogeaient sur mon impression de me retrouver ici et sur les températures ressenties. Il est vrai que Montréal a subi une terrible vague de froid, avec des températures sous les -20 degrés ; Martine m’a avoué ne pas avoir mis le nez dehors pendant deux jours. Nous sommes chanceux mais cela pourrait évoluer d’ici notre retour. Un des messages provient de Alex, qui me demande un conseil d’hôtel en Valais, avec vue imprenable, spa de rêve et me voici à nouveau « agence de tourisme ».

Nous serons réveillés avant que le jour se lève sur la ville, les heures de repos ont été bénéfiques et nous nous mettons en route vers 8h30, via la ville souterraine directement depuis notre hôtel jusque la Place des Arts. Le Salon de l’Auto ouvre ses portes au Palais des Congrès, ils attendent de longues files mais à cette heure matinale, les couloirs sont encore déserts. Au complexe Desjardins, nous nous arrêtons pour regarder des gymnastes aux agrès et le froid (5 degrés sous zéro) accompagné du vent nous fouette le visage lorsque nous sortons sur la rue Sainte-Catherine. Yves et moi avons eu la même idée ce matin : un petit-déjeuner chez Eggspectation et je savais où en trouver un.

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L’ambiance dans les rues est feutrée, le ciel est couvert, il neigeote, les trottoirs sont encore blancs et parfois verglacés, les gravillons font bien leur effet. J’enlève mes deux couches de gants pour quelques photos et nous descendons vers Square Victoria et plus bas encore pour aller voir à quoi ressemble le Saint-Laurent. Oh surprise, BOTA, ‘mon’ bateau au Spa sur l’eau est coincé dans les glaces ; le fleuve est tout blanc à cet endroit sans courant. Dans le petit parc le long du Vieux Port, traînent des gros amas de neige qui ont dû être repoussés par les chasse-neige et qui vont rester ainsi jusqu’en avril sans doute.

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La Place d’Armes, encadrée par la Basilique et la BMO, est recouverte d’un tapis blanc et je souris en voyant la taille des piquets de neige, un peu comme ceux que l’on trouve le long des routes de montagne chez nous. Martine me dira que la neige avait presque atteint la hauteur de la clôture de leur jardin et qu’elle craignait que Louba en profite pour s’échapper ! Le Vieux Montréal, un dimanche matin en plein hiver, ressemble presque à une ville fantôme, endormie, sans voitures quasi, ni piétons , si ce n’est quelques touristes, vaillants comme nous.

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Mais dans l’après-midi, la vie reprend un peu dehors. Alain veut nous emmener sur l’île Notre-Dame et nous faire découvrir dans le cadre de la Fête des Neiges, un hôtel de glace. L’idée me séduit – même si je préfère de loin la chaleur de ma chambre au Westin – mais pas de chance, arrivés sur place, il n’y a rien qui ressemble à un tel édifice mais seulement des animations pour enfants. Serait-ce le redoux de cette semaine ou la période de pluie qui a suivi les grands froids qui explique cela – c’est bien dommage en tout cas. Et même la grande patinoire, généralement en forme d’anneau dans le bassin Bonsecours est réduite à un simple petit carré. La neige camoufle les bruits et crée une toute autre ambiance, un décor très différent. Une ville européenne change peu en hiver comparé à ce que j’observe ici ; à Montréal, c’est un mode de vie qui change durant les longs longs mois de froidure.

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Nous remontons vers la Place Jacques Cartier qui paraît beaucoup plus large sans les terrasses qui la bordaient à la bonne saison. Quelques décorations extérieures font encore penser à Noël, je les trouve très sophistiquées et charmantes. Les galeries d’art du Vieux Montréal sont ouvertes et l’on croise quelques gens qui se promènent, certains même en calèche. Dès qu’une ruelle est prise par le souffle glacial du vent, on commence à percevoir les sensations sur le visage et c’est alors que nous nous enfilons, rue Saint-Paul dans le « Petit Café » du « Petit Hôtel » pour nous réchauffer. Nous nous retrouverons samedi prochain et pour l’instant, nous regagnons chacun notre intérieur bien chaud.

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L’hôtel Westin sied à l’emplacement d’un ancien Journal, c’est ainsi que le restaurant porte le nom de « La Gazette » et j’y déguste ce soir mon premier plat avec du homard. Ce ravioli dit ‘ouvert’ avec homard et morilles dans une sauce succulente me convient à merveille tandis que Yves se régale d’un pavé d’espadon mi-cuit. Et je souris seule en l’écrivant … certaines ne manqueront pas de me dire encore que je parle souvent des repas !


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Au revoir Montréal et à l’an prochain …

Nous sommes éveillés assez tôt et tout est presque prêt pour le départ. Yves m’emmène donc pour un super petit-déjeuner au Café Souvenir sur l’Avenue Bernard. C’est son collègue Luis qui le lui a fait connaître hier ; l’endroit est assez couru, un repère des gens de la radio et télévision, paraît-il. Arrive justement, un des hommes les plus riches de la ville, qu’ils ont vu hier avec Luis ; il arrive à vélo, pantalon de costume dans la chaussette et avec un sac-à-dos bleu d’enfant, celui de sa fillette qui trouvait le sien ringard, raconte la rumeur. Il était jusque mi-mars le président et CEO de Quebecor, le géant québécois dans le domaine de l’imprimerie commerciale, des médias et des télécommunications.

Nous rentrons à pied – presque tranquillement comme si c’était un jour normal – car Yves souhaite me montrer dans ce quartier prisé d’Outremont, les immeubles modernes que nous apercevions depuis le haut de l’Université ; plusieurs bâtiments avec des appartements assez luxueux, des terrasses qui font presque penser à des résidences de vacances – Luis et également les parents de Dominique vivent ici, à dix minutes à pied de HEC.

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Yves repasse encore une heure ou deux au bureau, pour quelques petites choses à terminer, des au revoir et un dernier lunch avec ses collègues. Je rentre pour ma part à l’appartement, terminer le dernier bagage, ôter les draps, vider le frigo et remplir le sac des affaires que nous laissons ici pour l’été prochain. Martine vient le chercher, nous nous promettons de garder notre contact skype fréquent et qui sait peut-être se voir une fois en Suisse ou en Espagne – les lunettes solaires cachent nos yeux humides. Alain s’est mis tôt en route depuis le Connecticut, avec encore l’espoir d’arriver à temps à l’aéroport mais nous nous dirons un dernier au revoir par téléphone ; la période des vacances rend les files à la douane américaine assez longues.

Notre concierge, le monsieur aux longues moustaches blanches, m’a déjà souhaité bon retour plusieurs fois ces derniers jours ; nous sommes sans doute parmi les locataires qui avons séjourné le plus longtemps dans cette maison Le Rockledge. Il était toujours disposé à rendre un service et chaque fois ce fut fait dans les plus brefs délais. Sonia a aussi été d’une aide très appréciable, elle passe m’embrasser et espère nous revoir l’été prochain.

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Le taxi nous emmène à l’aéroport, nous sommes bien chargés et d’ailleurs recevront une étiquette heavy sur chaque valise ! L’aéroport de Montréal n’est pas un des plus vaste et attrayant que nous ayons connu mais j’y déniche encore quelques petites spécialités à ramener et ensuite nous nous installons dans la lounge business – tiens, c’est étrange, nous entendons soudain parler suisse-allemand ! Le vol pour Zurich va durer 6h15, il est bien confortable en classe business et offre au menu des produits suisses ; par contre les hôtesses ne nous gratifient plus des ‘ça me fait plaisir’. Le cafard me prend au moment du décollage, je me concentre alors sur l’écran où je vois défiler les localités le long du St Laurent jusqu’à la Mer du Labrador et je parviens à dormir quelques heures ; ce qui ne sera pas le cas de Yves, qui me réveille à 5 heures du matin – heure de Zurich – pour le petit-déjeuner.

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Quelle joie de revoir Mélina et Thomas qui se sont levés tôt pour venir nous accueillir à Genève et à la maison, Mathieu s’est lui exprimé avec un délicieux plat de gaufres toutes fraîches. Un bonheur de retrouver notre jeunesse, de revivre au jour le jour leurs aventures et anecdotes … et la perspective du week-end au Chalet RoyAlp de Villars tous les six nous met du baume au cœur … Elle est belle notre Suisse !

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Dernier regard au Vieux Montréal

Le monde va mal, les catastrophes se suivent dans le milieu des transports – autocars, avions, bateaux – et hier collision frontale entre deux trains près de Lausanne ! Que se passe-t-il donc ? C’est une vraie série noire.

Les lessives se terminent, les valises se remplissent bien et l’appartement reprend petit-à-petit son look des premiers jours, sans plus de notes personnelles. Hier Martine m’a proposé de la rejoindre pour faire une petite pause et nous avons bien papoté en buvant l’apéro et discutant de nos projets ‘jardinage et maison’ pour les prochains mois. Aujourd’hui je retourne au salon esthétique chez ‘Claudel et Sophie’ sur l’avenue Laurier ; Mariela est très douce, professionnelle et bavarde – elle me raconte qu’elle est enceinte et prendra toute une année sans solde, et qu’il faudra donc que je revienne dans deux ans pour la revoir. Elle me bichonne de jolis petons et me conseille une couleur chic pour le vernis.

Yves me propose une dernière soirée dans le Vieux Montréal ; la cour intérieure de chez Accords nous avait plu, tout comme le dessert pris il y a quelques jours et il s’avère que leurs menus sont tout aussi excellents. Des entrées avec salade de homard ou tartare de canard, aux plats de suprême de pintade ou filet de bison et sans oublier le Jardin Botanique pour clore en beauté ce souper d’adieu à Montréal. Et ce n’est peut-être pas plus mal que nous ayons découvert ces bonnes adresses sur la fin du séjour … trop tentant !

Balade nocturne dans les rues de la vieille ville, les magasins de souvenirs sont encore actifs, les galeries inondent nos yeux d’images à ne pas oublier, les calèches baladent les touristes, la cathédrale s’éclaire de bleu … nostalgie, nostalgie …

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Un beau bureau sur le toit de Montréal

Chez Cora, est un fastfood à l’américaine spécialisé dans les petits déjeuners copieux. Suzanne s’était étonnée que nous ne connaissions pas encore celui de la Côte-des-Neiges et c’est ainsi que j’y emmène Yves ce dimanche matin. Chemin faisant, j’accoste une dame pour savoir où il se trouve exactement et cela l’amuse beaucoup de nous répondre que c’est justement là qu’elle s’en va travailler ; la conversation se poursuit jusqu’au restaurant, elle ne manque pas de raconter cette anecdote à ses collègues, qui viendront ensuite nous demander où nous habitons en Suisse, pourquoi nous sommes ici, ce qui nous fait aimer Montréal … scénario classique des québécois que nous avons côtoyés et c’est justement ce caractère souriant, accueillant et convivial qui nous plaît chez eux. Nous sommes très bien servis ; le sirop d’érable coule à volonté, les fruits frais couvrent la moitié de l’assiette et nous nous régalons. L’établissement est hyper propre, lumineux et nous rappelle un peu les IHOP de la région de Vancouver. Mais pourquoi donc, cela fera-t-il rire Alain quand nous lui dirons que nous avons déjeuné Chez Cora ?

Nous voulons faire calme ce dimanche, avant l’excitation des préparatifs, nous montons vers l’esplanade du Chalet du Mont-Royal et nous y installons sur mes chaises en bois préférées – j’en ai d’ailleurs envoyé un plan à Mathieu pour qu’il commence à y réfléchir ! La place est bien fréquentée et animée durant le week-end, les appareils photos crépitent, des asiatiques et africains font une démonstration de Tai Chi. L’endroit est propice à l’inspiration, je rédige quelques posts avec toujours ce plaisir de revivre une seconde fois nos aventures des derniers jours et Yves profite du Wifi disponible ici pour faire des recherches et envoyer des emails. En voilà un bureau bien agréable, avec les distractions des touristes, le petit vent doux, la vue à l’horizon sur les buildings, le fleuve et ses ponts.

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Sur le retour, nous prenons des forces au Duc de Lorraine, une institution depuis 1952 ; cette boulangerie propose une petite restauration fort appréciée. Pour nous ce sera une assiette charcuterie-fromage avec une tome de Savoie au marc de raisin excellente. Les serveurs sont pour la plupart français et aiment faire la causette, le nôtre se réjouit déjà d’aller skier à Whistler cet hiver. Et me voici prête pour remplir un premier gros bagage ; la balanzza de chez Mec indique vingt kilos – parfait, je pourrai encore y glisser une ou deux petites choses.

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Alain avait bien promis de nous emmener à l’aéroport mercredi, il doit par contre partir demain au Connecticut pour son projet et nous ne nous reverrons pas. Il vient nous chercher à l’appartement pour le souper et emmène déjà des objets prêtés par Martine, dont le ventilateur – nous aurons bien chaud les prochaines nuits, tant pis … Ces trois mois ont passé bien vite pour nous quatre, un peu de nostalgie nous habite déjà, nous avons appris à mieux nous connaître, nous apprécier et surtout nous taquiner. Ce souper chez eux, entre belges, nous l’imaginions avec des frites bien sûr mais non, nous nous sommes trompés. Alain me demande pourquoi je suis si enthousiaste à revenir l’année prochaine et aussi ce que je trouve ‘moins bien’ ici à Montréal … Que dire, parler un peu des transports, des nombreux sans-abri et de la netteté dans les rues – notre référentiel singapourien est difficile à battre pour cela … Mais je vois tellement plus de points positifs et surtout à la bonne saison. Cela me tenterait quand même de vivre ces mêmes paysages sous des mètres de neige et approcher la vie calfeutrée des canadiens quand il fait -30 ! Pas six mois, juste quelques semaines peut-être pour une première fois … Louba me colle, me suit, elle m’a bien adoptée, on se dit toujours qu’un animal de compagnie sent les choses qui se passent et ce doit être le cas ce soir.

Le silence règne dans la voiture quand Alain nous ramène, le pincement au cœur est palpable … vite se dire au revoir et surtout ne pas se retourner.


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Olivier nous quitte, barbecue sympa chez Louise et Gilbert

Encore quelques photos dans le centre ville, vers la Place des Congrès, avant de rejoindre ‘L’Arrivage’, le restaurant du Musée Pointe-à-Callière. La petite terrasse à l’étage va plaire à Olivier pour son dernier repas à Montréal. La carte des menus est très simple, la cuisine est fine – encore des crevettes et du homard pour moi – et Yves aime beaucoup leur macaron framboisé. La vue est colorée, ensoleillée, animée sur le Vieux Port, son jardin, son étang, ses quais d’où part un bateau de croisière semblable à celui de jeudi, et aussi un gros paquebot qui remonte le St Laurent. Ils sont assez rares, la plupart s’arrêtent à Québec, ceci à cause de leur hauteur, de plus en plus impressionnante. Et ce ne sont pas les ponts qui les empêchent de s’aventurer jusqu’ici mais bien les lignes électriques. Alain rêve d’une telle croisière l’an prochain avec nous, jusque Anticosti, à l’extrémité de la Gaspésie – et pourquoi pas, en voilà une excellente idée !

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Olivier semble avoir aimé son deuxième séjour-découverte canadien, il a pris ses marques dans le Vieux Montréal et ne dirait même pas non à un troisième voyage au pays de l’érable, des écureuils et des orignaux …

Gilbert, un collègue de HEC, vient nous ‘ramasser’ à la station de métro Sauvé, sur la ligne orange, bien au nord de l’île de Montréal. Il nous a invités pour un barbecue à la bonne franquette, chez lui, avec Louise, son épouse, son fils Mathieu, son papa et Heinrich, un de ses doctorants qui travaille à Zurich. La météo est clémente, eux-mêmes s’étonnent de pouvoir veiller ainsi en soirée sur la terrasse. Ils nous racontent leurs vacances à vélo dans le sud de la France, le grand-papa nous explique ses nombreuses activités professionnelles comme entrepreneur et notamment la dernière qui conçoit et commercialise des calendriers pour entreprises ; il est très amusant et semble avoir lu BMG – j’oublie de dire qu’il a plus de huitante ans. Ce soir la trajectoire des avions quittant l’aéroport Pierre Elliott Trudeau passe au-dessus du jardin de nos amis et nous surveillons le Lufthansa qui ramène Olivier en Europe.


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Souper au Leméac

Steven me fait une dernière coupe que je souhaite toujours assez courte en cette période estivale. J’espère qu’il travaillera encore ici au salon l’année prochaine mais il est breton et trouve l’hiver rude et long ; on lui a bien dit que c’était le pire hiver depuis longtemps. Peut-on les croire ces Montréalais ? Il est cependant content car un de ses frères a trouvé une place de professeur en criminologie ici à l’Université et va donc venir s’installer près de lui.

En sortant de chez Jérome B Coiffure, je m’écarte pour laisser passer un jeune qui court sur la rue Côte-des-Neiges puis je le vois se retourner, inquiet. Et c’est alors que je m’aperçois qu’il tente de semer les flics qui le poursuivent. Il s’introduit dans l’entrepôt d’Exofruits, le supermarché et alors que le flic arrive à ma hauteur, celui-ci dégaine son arme … Oh là, doucement … Je m’éloigne de quelques pas et les sirènes de cinq voitures de police convergent vers l’endroit. Le jeune ressort menotté et est casé pour ne pas nuire, il semble se débattre. L’attroupement se crée rapidement dans ce quartier commerçant assez fréquenté. Les policiers vont discuter encore un bon moment avec le gérant du magasin et il y a même une ambulance qui vient et repart bien vite. Olivier et Yves s’étonneront le soir que je n’ai pas pris de photo, je dois dire que l’idée de m’en est même pas venue, j’étais moyennement à l’aise … et si il m’avait prise en otage ?? Mais non, Montréal n’est pas Chicago !

Yves a une discussion intéressante avec une personne dont le contact lui est venu d’une connaissance de Singapour. Il travaille dans une société de Capital à Risque qui aide les entrepreneurs dans des projets technologiques du futur. Ils conserveront le contact probablement, il est trop tard cette année pour envisager une action ensemble.

Après une journée de rédaction dans mon appartement, je propose à Olivier de nous rejoindre au Leméac pour le souper et il apprécie d’ailleurs le quartier de Laurier. Dans l’ambiance décontractée d’un grand bistrot, dans son cadre aéré et avec son service souriant, nous dégustons de délicieux plats ‘gourmands’ suivis de leur célèbre dessert ‘super light’ , le pain perdu à la glace et sirop d’érable qui se partage pour la tablée !

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