Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Sydney … y reviendrai-je un jour ?

Une dernière journée à Sydney dont j’espère bien pouvoir profiter un peu pour une ultime sortie. Je place toute mon énergie et ma concentration dans le remplissage des valises et c’est parti, en bus, vers Watsons Bay. Dunbar House est encore un restaurant conseillé par Maude et nous y allons donc en toute confiance. La météo maussade ne nous empêchera pas d’apprécier l’endroit, une ancienne maison de maître surplombant la baie – c’est beau et c’est excellent !

En insistant un peu, j’entraîne alors Yves dans une marche vers les falaises et l’éperon rocheux qui constitue le point d’entrée sud de la baie de Sydney. Une balade comme celles que j’ai déjà faites, assez vallonnée et dans un milieu naturel boisé, fleuri, un peu sauvage – le phare est décevant par sa taille mais reste un élément qui laisse place aux rêves …
C’est bien évidemment en ferry que nous rentrons une dernière fois sur Circular Quay, tentant d’inonder notre mémoire de ces images très belles et nous n’oublierons pas non plus la maison d’Emma, particulière par sa forme, à deux pas du 143 Jersey Rd.

L’heure de quitter notre « chez nous » australien sonne vers 18:30 – est-ce un adieu définitif ? J’aimerais pouvoir répondre par la négative. Je me suis sentie tellement bien dans ce pays – ou du moins la minuscule partie que nous en avons explorée – les gens m’ont semblé moins stressés qu’ailleurs, très joviaux et chaleureux, sans s’embrouiller avec des chichis, respectueux de l’autre et de sa différence. Le cadre de vie est extraordinaire; la météo très agréable (chaleur plaisante sans trop d’humidité), l’espace et la verdure environnante, les plages, les falaises et les vagues, les parcs naturels sauvages et très verdoyants – le tout incitant à la balade et au sport. Sur ces trois semaines passées à Sydney, suis-je restée plus d’une journée cloîtrée dans mon appartement ? Je ne le pense pas et j’en ai pour preuve mon compteur de pas et de km qui dépasse ce que je pensais être capable de tenir comme rythme (environ 12 km de marche par jour). Yves a lui, donné une douzaine de conférences et a ainsi touché au total plus de mille participants.

Mais je ne peux clôturer mon bilan sans évoquer ce qui nous a le plus surpris : la restauration. Des produits frais, goûteux, de qualité – combinés avec des talents de chefs qui ont fusionné la cuisine occidentale avec la finesse, les arômes, la présentation de celle provenant d’Asie – ne pouvaient que réjouir nos palais … sans jamais « alourdir » nos estomacs. Une phrase relevée sur une serviette dans un restaurant à Brisbane traduit fort bien mon impression : « I have never met a meal that I didn’t like ».

C’est à bord d’un Boeing de la compagnie Qantas que nous passons la nuit nous emmenant au pays du soleil levant. Un vol de qualité remarquable avant de découvrir les couleurs magiques du jour qui se lève ; elles annoncent pour nous de nouvelles aventures.


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Blue Mountains

Quitter Sydney sans pousser la balade jusqu’aux Blue Mountains n’était pas envisageable; qu’aurais-je dit à Simone, quelle photo aurais-je pu montrer à Luis? Ainsi il est 9h18 quand le train quitte la gare centrale en direction de l’ouest; à mon grand étonnement, il est complet. Le trajet va durer 2 heures (pour 100 km seulement et au prix de 5.80 dollars australiens) à un rythme lent qui permet de bien observer les paysages et avec une vingtaine d’arrêts – et de redémarrages à chaque fois hoquetants – dans des villages aux noms aussi charmants que Leura, Emu plains, Falconbridge ou Bullaburra. Les gares sont coquettes – des maisonnettes en bois peint bien entretenues et aux abords fleuris. La végétation devient de plus en plus verte, avec des forêts à perte de vue et ce sont seulement quelques érables rougissants qui rappellent que c’est l’automne.

Katoomba est la ville la plus grande (10’000 habitants) et la plus touristique des Blue Mountains – et il n’y a aucun doute là-dessus en voyant que 99% des voyageurs y descendent du train. La localité est aussi connue pour son mode de vie alternatif et son festival de magie dans les rues, au solstice d’hiver en juin. Je laisse la foule se diriger vers la rue principale ou vers les agences qui organisent des tours en autocar pour m’isoler dans un café français autour d’une soupe à l’oignon et de pains perdus à l’orange et au chocolat.

La rue principale est rectiligne, elle monte et descend assez fort, elle est jalonnée de boutiques d’antiquités, de restaurants de toutes cuisines, de magasins d’équipement pour la montagne et l’aventure – une impression de remonter le temps, comme un décor de film ancien. J’y découvre aussi son hôtel de luxe, mythique, le Carrington alors qu’il y a maintes maisons d’hôtes, auberges et YMCA.

Une demi-heure de marche – je dois être la seule à marcher pour rejoindre le premier point-de-vue – me permet de m’éloigner de Katoomba Street pour observer le style des petites maisons rurales avec leur terrasse couverte côté rue et leur jardinet coquet. Les buissons fleuris, les arbustes et les arbres décoratifs ressemblent fort à nos jardins d’Europe – et beaucoup de cerisiers rougissants le long des trottoirs. Sur le plan gps, j’ai repéré un Buddhist Vihara, qui bien évidemment me pousse au détour; il s’agit d’un centre de retraite, perdu dans la forêt d’eucalyptus où la paix, la sérénité doivent ouvrir à la méditation, sans aucun doute.

Le bain de foule reprend à mon arrivée au point-de-vue; the 3 sisters, la vallée Jamison, le mont solitaire. On fait la file pour se prendre en photo devant ce paysage spectaculaire, où surplombant un énorme vide couvert d’une forêt gigantesque, la vue – sur les 3 pics et sur les falaises rouges ocres vertigineuses – se dessine sur plus de 180 degrés. Une balade me tente, appelée ‘scenic world’, par le parc Lilianfels; un chemin vallonné, parfois escarpé et creusé dans la pierre, dans la nature sauvage du bush tellement jolie quand ses eucalyptus ont leur tronc dénudé (et ici ni lézard ni araignée, seulement le chant des oiseaux). Des chutes d’eau et une cascade, faisant presque penser à notre Tine de Conflens, terminent ma marche qui ce jour encore fut bien sportive.

Toute cette région est un paradis pour les randonneurs et peut-être aussi les grimpeurs, la descente vers le fond de la vallée ne doit pas être triste et il y a même un téléphérique (dommage dans le paysage!). Katoomba est à une altitude de 3’336 pieds et la vallée de Kedumba était du temps des aborigènes une retraite fraîche pour l’été. Ses marais et sa végétation assurent une eau pure et fraîche; un barrage permet de réguler l’approvisionnement en eau pour Sydney.

 


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La péninsule de Manly

Maude a choisi de m’accompagner aujourd’hui dans ma balade découverte de la péninsule de Manly, située au nord-est de Sydney et réputée pour sa plage tout autant que celle de Bondi. Elle constitue l’entrée nord de la baie et offre la possibilité de se baigner sur la côte donnant vers le pacifique et aussi depuis les plages s’ouvrant sur la baie intérieure.

La zone était habitée par les tribus aborigènes Cannalgal et Kayimai, avec lesquelles le capitaine Arthur Phillip entra en contact alors qu’il explorait le port Jackson (port de Sydney). Des relations de confiance se sont établies et le capitaine donna au quartier le nom de Manly (en 1788, la même année que la découverte de Sydney et de Parramatta). Manly resta isolée de Sydney durant plusieurs décennies; il fallait partir jusque Parramatta vers l’ouest pour relier les deux centres par la terre, soit plus de 110 km. Ses habitants y vivaient de pêche et d’agriculture et c’est en 1815 qu’elle devient une station balnéaire appréciée par les colons grâce à son fondateur qui y aménagea les plages, des criques, des hôtels et créa le service de ferry.

Notre trajet en ferry aujourd’hui ne dure que 30 minutes où nous voyons s’éloigner la ville, l’opéra, le pont, qui ce matin sont comme noyés dans un brouillard qui leur donne un aspect presque irréel. La station a bien un caractère balnéaire et nous entamons notre marche du littoral pour 10 à 12 km, sur un sentier qui n’a rien de plat, qui par endroits est même très pentu avec un escarpement raide vers le littoral. La traversée du parc national est très sauvage, avec la végétation dense du bush australien fait d’eucalyptus, acacias, fougères, etc. L’eau est souvent claire et dans des tons foncés ou turquoises, où se dessinent des taches de coraux. Nous tenons un bon rythme, avec quelques haltes photos et quand nous nous égarons du chemin pour aboutir dans un jardin privé, le propriétaire très gentiment nous ‘remet sur les rails’ en nous souhaitant une jolie balade.

Petit à petit la civilisation revient à nous, des criques et des voiliers au mouillage, des plaines de jeux, des espaces de pic-nic, avant de plonger dans le bruit de la circulation au point Spit, notre but final. L’exercice valait bien le cours de yoga de mercredi dernier!

 


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Le rêve toute éveillée !

La nuit fut d’un calme profond et j’ai mis mon réveil pour voir depuis mon balcon, le soleil se lever sur l’océan, puis je me rendors, malgré l’excitation de ce qui nous attend aujourd’hui. Les photos parleront bien mieux que mes mots pour décrire cette vision extraordinaire de l’île Witsundays, de Whitehaven beach que nous survolons en hélicoptère avant de s’y poser. Une plage tellement pure et belle, un sable blanc et une mer turquoise. Un baptême de l’air pour moi qui est exceptionnel – et ce qui l’est encore plus, c’est que nous sommes seuls sur cette plage de plusieurs kilomètres, juste quelques mouettes envieuses de notre repas. Eh oui, notre pilote nous a installé une natte, un parasol, une bouteille de champagne et un lunch de fruits, crackers, fromage, cookies … juste pour nous deux. Rêvons-nous ? L’eau à 28 degrés, les vagues, le sable immaculé … Quel moment de bonheur !


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Escapade sur une île

Vu que nous sommes montés jusque Brisbane, il aurait été dommage de ne pas pousser le voyage un peu plus loin vers la Grande Barrière de Corail. Yves s’est laissé convaincre par les photos de nos amis – du moins certaines car quand Christian plonge avec Audrey parmi les requins, pas sûr que nous soyons aussi téméraires. Maude m’a été d’un grand conseil pour m’aider à concocter cette escapade de courte durée – ses suggestions s’avéreront à la hauteur de mes souhaits, voire même mieux.

Virgin Australia assure un vol journalier entre Brisbane et Hamilton Island. Elle fait partie des 74 îles de l’archipel Whitsunday et c’est pratiquement la seule habitée – nous sommes au plein coeur de la Great Barrier Reef. L’île ne fait que 5 km2; elle est depuis quarante années propriété de certaines familles; actuellement ce sont les Oatley qui possèdent, gèrent et réglementent l’ensemble de son fonctionnement, de ses accès, de son immobilier, ses activités. Ils en ont fait un endroit paradisiaque pour les familles, les jeunes, les couples qui peuvent y organiser leur mariage.

Elle se situe à la même latitude que Honolulu dans l’autre hémisphère ou que l’île Maurice. On y circule en golfettes électriques, c’est l’île du silence, seulement perturbé par le chant des oiseaux. Son eau potable provient d’une part de la récolte des eaux de pluie et d’autre part d’un processus de désalinisation de l’eau de l’océan par un procédé utilisant une plante marine. Deux films ont été tournés sur cette île : Muriel’s wedding en 1994 et Fool’s Gold en 2008.

Les premières couleurs attendues de l’océan m’apparaissent déjà à l’approche de l’atterrissage – atterrissage à bien maîtriser car la piste est très courte. Les vacances commencent, l’accueil du personnel est enjoué, nos bagages seront directement acheminés dans notre chambre alors que nous rejoignons notre Reef View Hotel en shuttle. L’organisation est assez bonne par rapport à ce que nous connaissons du pays jusqu’à présent.

Isabelle a tenté un choix de chambre qui devrait séduire son mari : surface 65 m2, quinzième étage, balcon avec vue paradisiaque sur les plages, les palmiers, Whitsunday – il est ébloui, et moi de même! La seule compagnie que nous ayons, sont les cacatoès qui se posent sur le balcon, viennent y grignoter des graines et cela nous rappelle qu’il est l’heure de l’apéro.

C’est à One Tree Hill, ayant grimpé la Northern HighWay (ils sont drôles avec leurs noms de rues!) que nous prenons un cocktail face au soleil qui se couche – et toujours en compagnie de nos cacatoès. Spectacle prenant, où la boule de feu joue encore un peu avec les nuages avant de nous faire sa révérence … tellement beau !


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Envol pour Brisbane

Sans m’en douter j’ai choisi la place idéale dans l’avion au départ de Sydney pour admirer la baie, l’opéra, le pont et la rivière Parramatta qui sillonne. Et dire que j’étais hier sur ce qui me semble ce matin une passerelle – ma photo est félicitée ! Notre destination est Brisbane et nous entrons dans la région du Queensland et de la barrière de corail.

Yves est attendu à l’université QUT, dans un centre d’entreprenariat des plus importants d’Australie. J’aurai le plaisir de m’y balader, c’est un campus super agréable, avec multitude de bâtiments, certains très modernes et d’autres qui ont conservé le style colonial.

Le campus borde le Jardin Botanique, où j’ai décidé de ne pas m’éterniser … il fait très chaud et humide – nous sommes remontés vers le nord d’un bon 1’000 km et le climat a bien changé. D’ailleurs ce jardin botanique, juste aperçu à sa lisière, me fait repenser à celui de Singapour. Et c’est avec plaisir que je visite la Art Gallery de QUT pour profiter non seulement d’une jolie exposition sur les jardins (c’est l’affiche d’Alexander McKenzie qui a attiré mon regard) mais surtout de sa climatisation.

Southbank est un endroit incroyable le long de la Brisbane river, avec beaucoup de surprises : une jolie passerelle très aérienne, des architectures recherchées pour les musées et la bibliothèque, une pagode népalaise, des pierres commémoratives d’une alliance d’entente avec les pays comme le Japon, la Corée et Taïwan, une grande roue, des restaurants avec terrasses alléchantes et même un plan d’eau bordé d’une plage de sable, avec palmiers et toute une ambiance tropicale – voilà une super idée pour agrémenter la plage de LLN !

La rue Georges débouche sur la zone commerçante assez vivante – en passant le City Hall, une jolie sculpture, une église anglaise coincée devant les miroirs des tours modernes, une galerie d’antan, la Brisbane Arcade avec ses lustres dorés, ses vitraux colorés partout.

Et le choix du Next Hotel (drôle de nom encore) n’est pas pour me déplaire ; dans la zone piétonne des magasins et des malls, Queen’s street Mall. Encore un établissement design, aux chambres et salles-de-bain originales, très High Tech et confortables. Une piscine sur le toit du quatrième étage, donnant sur la rue des magasins permet de se rafraîchir après la marche et les coques dites d’endormissement, au son d’une musique douce, d’une lumière tamisée, des vibrations du fauteuil lit, apportent le repos bien apprécié.

Notre serveur ce soir provient de Besançon (hier c’est une bretonne qui nous a servis chez Mr Wong) et il m’explique l’origine du wagyu que l’on trouve ici. Il s’agit bien d’une race de vaches bien charnues de la région de Kobe, qui a été importée en Australie et la qualité ici dépend du nombre de croisements de la race pure avec des bovins de l’Outback australien.

Petite promenade nocturne pour faire découvrir à Yves le Southbank, qui sous les éclairages du soir est encore plus féerique. Sur la place, un groupe improvisé danse du latino, au son de hauts-parleurs installés dans une voiture pick up et d’un animateur qui rythme les pas – ambiance assurée, un air de vacances.


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Harbour Bridge après du canard laqué

Des achats pour le matériel de séminaires nous amènent au centre ville, quartier appelé CBD (central business district) où sont concentrés les hauts buildings, les rues commerçantes. J’ai bien repéré sur le plan les divers magasins qui pourraient convenir et aussi un restaurant pour que Yves ait son énergie au top pour ses présentations et moi pour mes explorations du jour. Mr Wong est bien caché dans une ruelle, ce restaurant fait partie du groupe Merivale tout comme le Coogee Pavillon d’hier – et il n’y a aucun doute que l’architecte soit le même. Mr Wong fait un canard laqué des plus succulents et j’en conviens : j’abuse un peu des plaisirs de la table!

La marche sera longue encore cet après-midi; tout d’abord une incursion dans le quartier des Rocks avec ses boutiques en briques et même un Belgian Guylian Chocolate Cafe (mais je passe mon chemin) avant de monter vers l’Obervatoire, perché sur une colline qui offre une vue tant du côté de Darling Harbour avec son Musée Maritime comme repère pour moi que vers le Harbour Bridge et la Parramatta River. Garrison Church fut la première église anglicane d’Australie, sa construction débuta en 1840; les régiments venaient y faire la prière du matin et il y eut aussi une école primaire jusqu’au début du 20ième siècle, où des Premiers ministres du Commonwealth reçurent leur éducation.

Je grimpe alors les marches du pylone en pierre côté sud de l’Harbour Bridge, que les habitants appellent le cintre géant, pour accéder au point de vue Pyrmont. Le pont est entièrement en acier et les deux tours en pierre sont décoratives, avec dans l’une d’elles un musée sur l’histoire de la construction de cet édifice impressionnant. Dr John Job Crew Bradfield est le père de l’ouvrage, il s’impliqua depuis la conception (1912) jusqu’à la réalisation (de 1924 à 1932). Ingénieur et docteur de l’école d’ingénieurs de l’Université de Sydney, il a travaillé pour la compagnie des trains et pour divers travaux publics de la ville.

Avant le pont, ce sont les ferries qui assuraient la traversée de quelques 40’000 personnes par jour. Actuellement le pont voit passer plus de 180’000 véhicules quotidiennement et il faut ajouter que le tunnel construit en 1992 en a absorbé 20´000. Son inauguration, le 19 mars 1932, a permis pour un moment, d’oublier la dépression économique ambiante et de se rassembler autour de ce grand projet – des centaines de milliers de personnes et une retransmission d’envergure sur les chaînes d’Australie, de Grande Bretagne et d’Amérique du Nord.

Cette construction posa des soucis aux ingénieurs : notamment le fait que l’acier allait gonfler avec la chaleur (le pont grandit de 18 cm par fortes températures), d’où deux grosses charnières à chaque extrémité mais le prix de l’acier avait tant baissé que c’était le choix du matériau à privilégier. D’autre part durant la construction, il fallait maintenir les demi-arches qui prenaient forme sur les deux rives et ce sont quelques 128 câbles brochés de 365 mètres de long et 8 tonnes chacun qui furent fixés solidement dans le sol. Un énorme goujon central, appelé Connection O, reliera au sommet les demi-arches aux bases ancrées à Millers Point et Milsons Point. L’arche a une envergure de 500 mètres et il y a une rampe d’accès de 500 mètres aussi de chaque côté; on compte 7 voies de circulation pour les véhicules, deux pour les trains, une pour les bus, une pour les piétons et enfin une pour les cyclistes (le pont est bien surveillé sur toute sa longueur par des gens de sécurité). Voici encore quelques chiffres effarants : 270’000 litres de peinture ont été nécessaires pour recouvrir l’acier de 3 couches à la construction, sur une surface totale de 485’000 m2 – 6 millions de rivets, 53’000 tonnes d’acier, 95’000 m3 de béton, 17’000 m3 de granit.

La météo est idéale pour cette ascension et cette découverte de la baie, de la ville, de la rivière depuis la hauteur. Il n’y a pas grand monde; par contre plusieurs cordées sont en pleine escalade ou redescente de l’arche lui-même – grand frisson assuré ! Je suis pratiquement la seule à traverser le pont pour rejoindre l’autre rive, la région Nord de Sydney qui a aussi son centre financier et économique.

Le retour en ferry me tente et je profite même d’un long détour jusqu’au Musée Maritime avant d’accoster à Circular Quay – je ne me lasse pas de ces traversées sur l’eau et je me déplace d’un banc à l’autre du ferry selon sa direction pour prendre le soleil.
Rendez-vous est pris avec Yves au Lindt Chocolate Café pour clore en beauté mon excursion et nous raconter notre après-midi.