Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine

Harbour Bridge après du canard laqué

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Des achats pour le matériel de séminaires nous amènent au centre ville, quartier appelé CBD (central business district) où sont concentrés les hauts buildings, les rues commerçantes. J’ai bien repéré sur le plan les divers magasins qui pourraient convenir et aussi un restaurant pour que Yves ait son énergie au top pour ses présentations et moi pour mes explorations du jour. Mr Wong est bien caché dans une ruelle, ce restaurant fait partie du groupe Merivale tout comme le Coogee Pavillon d’hier – et il n’y a aucun doute que l’architecte soit le même. Mr Wong fait un canard laqué des plus succulents et j’en conviens : j’abuse un peu des plaisirs de la table!

La marche sera longue encore cet après-midi; tout d’abord une incursion dans le quartier des Rocks avec ses boutiques en briques et même un Belgian Guylian Chocolate Cafe (mais je passe mon chemin) avant de monter vers l’Obervatoire, perché sur une colline qui offre une vue tant du côté de Darling Harbour avec son Musée Maritime comme repère pour moi que vers le Harbour Bridge et la Parramatta River. Garrison Church fut la première église anglicane d’Australie, sa construction débuta en 1840; les régiments venaient y faire la prière du matin et il y eut aussi une école primaire jusqu’au début du 20ième siècle, où des Premiers ministres du Commonwealth reçurent leur éducation.

Je grimpe alors les marches du pylone en pierre côté sud de l’Harbour Bridge, que les habitants appellent le cintre géant, pour accéder au point de vue Pyrmont. Le pont est entièrement en acier et les deux tours en pierre sont décoratives, avec dans l’une d’elles un musée sur l’histoire de la construction de cet édifice impressionnant. Dr John Job Crew Bradfield est le père de l’ouvrage, il s’impliqua depuis la conception (1912) jusqu’à la réalisation (de 1924 à 1932). Ingénieur et docteur de l’école d’ingénieurs de l’Université de Sydney, il a travaillé pour la compagnie des trains et pour divers travaux publics de la ville.

Avant le pont, ce sont les ferries qui assuraient la traversée de quelques 40’000 personnes par jour. Actuellement le pont voit passer plus de 180’000 véhicules quotidiennement et il faut ajouter que le tunnel construit en 1992 en a absorbé 20´000. Son inauguration, le 19 mars 1932, a permis pour un moment, d’oublier la dépression économique ambiante et de se rassembler autour de ce grand projet – des centaines de milliers de personnes et une retransmission d’envergure sur les chaînes d’Australie, de Grande Bretagne et d’Amérique du Nord.

Cette construction posa des soucis aux ingénieurs : notamment le fait que l’acier allait gonfler avec la chaleur (le pont grandit de 18 cm par fortes températures), d’où deux grosses charnières à chaque extrémité mais le prix de l’acier avait tant baissé que c’était le choix du matériau à privilégier. D’autre part durant la construction, il fallait maintenir les demi-arches qui prenaient forme sur les deux rives et ce sont quelques 128 câbles brochés de 365 mètres de long et 8 tonnes chacun qui furent fixés solidement dans le sol. Un énorme goujon central, appelé Connection O, reliera au sommet les demi-arches aux bases ancrées à Millers Point et Milsons Point. L’arche a une envergure de 500 mètres et il y a une rampe d’accès de 500 mètres aussi de chaque côté; on compte 7 voies de circulation pour les véhicules, deux pour les trains, une pour les bus, une pour les piétons et enfin une pour les cyclistes (le pont est bien surveillé sur toute sa longueur par des gens de sécurité). Voici encore quelques chiffres effarants : 270’000 litres de peinture ont été nécessaires pour recouvrir l’acier de 3 couches à la construction, sur une surface totale de 485’000 m2 – 6 millions de rivets, 53’000 tonnes d’acier, 95’000 m3 de béton, 17’000 m3 de granit.

La météo est idéale pour cette ascension et cette découverte de la baie, de la ville, de la rivière depuis la hauteur. Il n’y a pas grand monde; par contre plusieurs cordées sont en pleine escalade ou redescente de l’arche lui-même – grand frisson assuré ! Je suis pratiquement la seule à traverser le pont pour rejoindre l’autre rive, la région Nord de Sydney qui a aussi son centre financier et économique.

Le retour en ferry me tente et je profite même d’un long détour jusqu’au Musée Maritime avant d’accoster à Circular Quay – je ne me lasse pas de ces traversées sur l’eau et je me déplace d’un banc à l’autre du ferry selon sa direction pour prendre le soleil.
Rendez-vous est pris avec Yves au Lindt Chocolate Café pour clore en beauté mon excursion et nous raconter notre après-midi.

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