Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Copines, Art, Lumières …

J’alterne un jour de travail administratif et ménager à l’appartement avec une balade rencontre et/ou découverte. La lessive est facile – moi, j’ai un séchoir et je ne dois pas pendre mon linge sur les barres en extérieur – et pour la vaisselle, manuelle, je ne m’embête par à essuyer – ils ont prévu une armoire spéciale pour tout laisser égoutter et ça sèche vite et bien! Le travail administratif me plait, entre les tâches d’assistanat pour Yves et celles d’organisatrice de nos loisirs/déplacements mais aussi de conseillère de voyages pour des amis en Suisse.

Une bien triste journée ce mardi toutefois avec cette horreur à Bruxelles; les écrans en ville défilaient l’événement en boucle. La soirée se passe à m’inquiéter auprès d’amis et familles en Belgique (le réponses sont toutes ok). Je suis également priée de contacter Zurich car un petit marrant a tenté de se payer une voiture à Miami avec ma carte de crédit. Entre les derniers achats en Suisse, ceux de Singapour et les JapanRailPass, un achat aux US a semé la confusion – bien vu, vite réagi.

Une copine à midi et une autre le soir me racontent leur vie en Asie, les nouvelles et leurs projets. Singapour est souvent pour les expatriés une étape de carrière, qui s’étale sur quelques années – plusieurs amies avec lesquelles j’ai sympathisé en 2012 ont quitté déjà. Aujourd’hui encore, j’apprends que Agata et son mari envisagent un départ pour Dubai.

Je profite de me trouver dans le quartier de Tanglin Mall pour visiter en face, le MAD – c’est le nom qui a attiré mon attention sur le plan mais ici il s’agit du Museum of Art and Design. Le MAD est plutôt une galerie qu’un musée; la plupart des oeuvres exposées sont à vendre. Je m’y prélasse un certain temps, captivée par certains tableaux ou objets, exposés dans un décor dépouillé très relaxant.

Entre CityHall et Bugis, je sillonne les rues et les centres commerciaux pour me rafraîchir et pour chiner (un joli sac Kipling me fait de l’oeil). Je repasse au National Design Center, pour une exposition sur les 50 ans de Singapour, célébrés l’été dernier. On y ressent la fierté pour toutes les découvertes nées ici, les nouveautés en matière d’architecture, de technologie, de design – je reconnais l’imprimante 3D, les hôtels Majestic, Park Royal, Marina Bay Sands, etc. Dans une autre salle, une animation pour des enfants me parle : les guides leur donnent des objets comme un gobelet, une paille, des papiers colorés, de la ficelle … et ils doivent produire un prototype innovant. L’objectif général à Singapour de développer la fibre entrepreneuriale est mise en oeuvre visiblement dès le plus jeune âge.

Pour ne pas quitter le monde du design, je pars à l’exploration du tout nouveau complexe de South Beach, partiellement terminé seulement. Il se situe entre le traditionnel Raffles et le centre SunTec. C’est magnifique, avec un toit en forme de vague et j’apprécie particulièrement la musique classique qui donne un certain caractère à l’endroit. Ma hardiesse liée à ma curiosité (plus le fait que Yves ne m’accompagne pas;-) me font pousser la porte de l’hôtel abrité dans l’une des deux tours; et quand un réceptionniste me demande « how can I help you, mum ? », je sors le fait que je sais que l’ensemble a été désigné par le célèbre Philippe Starck, que je connais certaines de ces oeuvres et que je suis tentée d’admirer cette création récente et sublime. Ma franchise me vaut alors une visite de l’hôtel, son lobby tout en longueur, aux sept petits bureaux de réception, ses bars, sa salle de restaurant, et même deux types de chambres (il y a un étage uniquement réservé aux femmes) et surtout la piscine à débordement au 18ème étage – ça valait vraiment le coup d’oeil ! Et mieux encore, une petite nuit ici ne serait pas pour me déplaire …

Après mon repas avec Agata, je marche autour du bassin de Marina Bay – que c’est beau avec les éclairages, la température est devenue agréable et je découvre un son&lumière interactif projeté sur les « feuilles » du ArtScience Museum. Tout au long de ma balade, entre les palmiers du quai, je peux admirer les réalisations et les activités (il y en aurait 24) montées ce mois pour le Light Art Festival (i Light Marina Bay 2016) … magique comme ambiance … il me reste 45 minutes de métro et bus pour rentrer chez moi … j’y emmènerai Yves un autre soir !


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Sentosa, of course …

Notre premier week-end arrive et après les vols et le logement à Kent Vale, c’est sans doute la réservation qui a de suite suivi : une nuitée à Sentosa, au Rasa Shangi-la – c’est presque devenu une tradition. L’endroit est paradisiaque à nos yeux, nous nous y sentons merveilleusement bien.

Le passage par le centre commercial VivoCity s’impose, difficile de faire autrement et de là, nous rejoignons l’île à pied par une voie ombragée et un tapis roulant. Envie de tester si les wantons du Din Tai Fung (restaurant entièrement rénové) sont toujours aussi succulents … eh bien oui, et j’en fais baver Jan, qui nous les fait découvrir lors de notre premier séjour. La folie du kitsch, l’imposant Merlion, la promenade de Gaudi et la plage bordée de paillotes … avant d’atteindre notre but.

L’ancien directeur de l’hôtel, maintenant promu responsable de toute la région basé au siège en ville, nous a recommandés à Jennifer et nous voici donc accueillis aux petits soins : chambre surclassée panoramique  au onzième étage, corbeille de fruits frais alléchants, bouteille pour l’apéro en chambre, petit mot manuscrit de bienvenue. Alors que nous sirotons notre verre de blanc sur le balcon, Yves lance tout à coup le repli rapide à l’intérieur – un singe à l’approche, sautant de balcon en balcon, à la recherche d’une porte-fenêtre ouverte pour se servir !

Les années ont passé depuis notre première visite ici, je me souviens encore que c’est sur cette terrasse que j’ai lancé le premier post de mon blog Asie ! Nous étions le 29 juillet 2012. Toujours le même décor superbe, les ventilateurs au plafond, que nous demandons d’enclencher pour pouvoir rester dehors à lire/écrire/travailler … mais notre ami Mansour a quitté cet établissement pour rejoindre un autre Shangri-la à Dubaï – snif, nous n’aurons plus droit à l’assiette de fromages français … mais le couscous royal figure toujours à la carte.

Singapour est resté un endroit où l’on voit vraiment beaucoup les enfants à l’extérieur; ce sont les maids et les parents qui s’en occupent mais aussi très souvent les grands-parents … et cela me touche cette année – pourquoi donc ? Ici aussi à l’hôtel, les familles sont nombreuses; elles viennent fêter des événements, des anniversaires – ce sont les ballons, les musiques, les gâteaux colorés.

De plus ce week-end, on célébrait sur Sentosa le Holi Festival, festival hindou des couleurs et c’était donc cela l’explication de tous ces gens bariolés, comme s’ils sortaient d’un paint ball géant,  que nous avons croisés en arrivant. Cette fête hindouiste a lieu vers l’équinoxe de printemps, un jour de pleine lune. Les gens portent des habits blancs et se jettent dans l’euphorie, des pigments de couleurs, chacune d’elle avec sa signification (rouge pour amour et joie, vert pour harmonie, bleu pour vitalité, …). Ce serait un moment où toutes les castes se mêlent …

Un week-end très reposant pour moi; je me prélasse au bord de la piscine ou encore mieux, sur la plage de sable fin, sous les palmiers et sous une brise légère, en écoutant Pavan Guru de Benjahmin … du pur bonheur ! L’enchantement de ce week-end se prolonge à la marina de Keppel Bay sur le chemin du retour.


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Lunch avec une amie chinoise

J’apprends aujourd’hui que le centre commercial The Star – que j’ai toujours appelé le bateau de par son architecture – a été financé par une communauté religieuse, d’où sa forme en arche de Noé ( et la Star n’a sans doute rien à voir avec le show biz!). Les magasins et restaurants japonais y sont plus nombreux d’année en année et ce n’est pas pour me déplaire.

Mais ce midi je déjeune avec mon amie YinYin dans un restaurant vietnamien et nous empiétons un bon moment sur l’après-midi avec nos bavardages. Elle est amoureuse du Japon, elle m’a donné beaucoup de bons plans déjà et encore des nouveautés aujourd’hui. Je la connais depuis quatre ans et chaque année je la vois ici – pourtant elle vient souvent l’été en Suisse, rencontrer des amis.

Au retour, j’allonge mon trajet en traversant le campus, toujours aussi agréable et bien ombragé. Le musée d’histoire naturelle s’est ouvert depuis le printemps dernier, une architecture à la façade recouverte de plantes. Je fais une halte au conservatoire de musique, pour glaner les programmes de concerts et manifestations artistiques de mars.

Quelques achats au ColdStorage de notre résidence et direction piscine, avant de retrouver Yves à la fin de sa conférence, organisée par l’ambassade suisse avec l’incubateur Bash – l’endroit est très sympa, le public actif et intéressé; j’y reconnais Sébastien, un lausannois installé à Singapour depuis plusieurs années – il me présente Heng-Soon Pang dont la fille est en première de Master Environnement à l’EPFL. Les connexions suisse-singapour sont fréquentes.

En fin de soirée, Yves ayant eu une longue journée, je propose un retour avec Uber. C’est tentant car chaque fois que je cherche un itinéraire en ligne par bus/métro, l’application m’indique « avec Uber, x minutes » … et le x représente souvent le tiers ou le quart du temps en transport MRT. Quelle classe, cette mercedes blanche, avec une bouteille d’eau et une lingette humide à disposition … pour un trajet de 10 minutes tout au plus !


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Journée des …ures !

C’est la première fois que je teste la luminothérapie pour aider à récupérer du décalage horaire et j’en suis contente. La nuit fut excellente même en heures décalées et au réveil, encore un peu tardif, je me sens moins dans le brouillard. Cela va encore s’améliorer demain et ce sera la forme : merci ma Luminette !

La journée commence par une séance de manucure, très soignée comme toujours et je retrouve cet après-midi Dr Wu Yue, mon acupuncteur chinois attitré, pour une séance d’acupuncture et d’acupressure qui me détend parfaitement.

Ma carte de transport MRT est toujours active et suffisamment garnie pour mes premiers déplacements en bus et en métro. La ligne bleue du métro (inexistante à notre séjour en 2012) s’est allongée de quelques arrêts qui me conviennent très bien – le métro étant nettement plus rapide que le bus. Et quelle n’est pas ma surprise en lisant justement dans un bus, une affiche qui signale que les tarifs ont baissé en décembre ! Après avoir frôlé une ou deux personnes, je reprends vite l’habitude de me tenir à gauche sur les escalators, les trottoirs ou les corridors.

J’atteins Orchard par Stevens et Scott road – toujours de superbes buildings luxueux, de belles villas black&white traditionnelles, dans une végétation abondante … qui, je le sais, sert de logis aux serpents et aux cicadas, ces cigales d’Asie qu’on n’aperçoit jamais et qui sifflent d’un son aigu sans arrêt. Orchard, l’avenue du shopping de luxe, ne change pas; les devantures sont extravagantes comme dans mes souvenirs.

Ce soir nous sommes invités à dîner chez des amis qui habitent Pebble Bay, un quartier de condos résidentiels (aux toits rouge brique) à East Coast, qui à l’opposé de West Coast, permet des constructions plus élevées pour une vue dégagée sur l’océan et ses bateaux alors que de notre côté – plus populaire – nous profitons de tous les chantiers et grues du port de Singapour, probablement l’un des plus importants de porte-containers au monde.

Le nouveau stade national, inauguré en juin 2014, est une réalisation dont Singapour est très fière ; le toit ainsi que les gradins sont rétractables, il permet d’accueillir jusqu’à 55’000 spectateurs pour du cricket, du football, du rugby, des concerts, des manifestations nationales. Le coin est magnifiquement aménagé avec une esplanade de palmiers (Marco pourrait se croire à Cannes!) et une vue sur les buildings de Singapour. La passerelle piétonnière enjambe la Geylang River qui rejoint ici la Kallang River, avant de se jeter dans Marina Bay. Et je pourrais même rejoindre en marchant le barrage – dommage qu’il fasse vraiment si chaud, il semble que nous soyons arrivés pendant les jours de canicule, avec un ressenti de 40 degrés et même plus.


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Nature, magasins et piscine

Les projets élaborés dans ma tête au début de ma nuit sont bien trop ambitieux pour une première journée ! Je reprends plutôt mes marques dans le quartier, en commençant par une jolie balade dans le parc de West Coast, ses fleurs tropicales, ses arbres géants, son rivage au bord de l’océan avec d’énormes porte-containers qui côtoient des bateaux de plaisance, des barques de pêcheurs et même des kayaks. Je suis dans un autre monde, un monde où les mélanges semblent plus faciles; en bordure d’une très belle place de jeux au milieu du parc, les mamans discutent, rient, partagent leur repas – les unes portent le voile, d’autres sont hindoues ou caucasiennes – culture, religion, couleur peau différentes. J’apprendrai que le gouvernement veille à cet équilibre pluri-culturel en gérant l’occupation des logements par quotas de nationalités. Dans un même immeuble HDB, on ne trouvera pas uniquement des familles malaises ou chinoises; ils se mélangent donc par obligation, ça devient une habitude de vie qui requiert le respect de l’autre pour être « viable ».

J’ai pensé au chapeau de soleil, aux lunettes foncées, aux chaussures confortables (merci Thomas) … j’ai juste oublié la bouteille d’eau ! Eh oui, il fait très chaud – pas très utile ici de soigner mon brushing le matin car il n’en reste rien après peu de temps; je reconnais l’odeur de l’air, l’humidité qui se mêle à la chaleur et mon pas est devenu plus lent. Pour une première marche, je suis fière des km parcourus – dans le parc, un panneau conseille les fameux 10’000 pas quotidiens, garants d’une bonne santé … je les dépasserai ce mercredi.

Hier soir (pendant que l’appartement se rafraîchissait) nous n’avions pu nous empêcher de venir revoir le centre commercial de West Coast Plaza ; de nouveaux magasins, des agrandissements, des animations pour enfants au centre … et toujours le centre de reproduction pour les impressions de canvas que je viendrai faire.

Aujourd’hui seule pour mes courses, je m’arrête d’abord au Sheng Siong, le supermarché vraiment chinois où l’odeur des durians vendus à l’extérieur attire les asiatiques et pourrait presque rebuter nos narines européennes! Alors qu’au Cold Storage, nous avons utilisé le self scan (nouveauté de cette année), ici le système est différent, les caissières scannent, emballent mes marchandises et m’indiquent la borne où je vais aller payer seule. Notre alimentation va s’adapter au climat, elle s’oriente vers les poissons (deux succulents seabass pour ce soir) et les fruits (exotiques ou plus courants mais dont le prix affiché est alors celui de l’unité et non du kilo, pour les pommes par exemple … surprise !). Surprise aussi pour les alcools, vins ou bières, dont les taxes sont importantes à Singapour. Ainsi Yves a payé 12$ la première bière Chimay qu’il m’a achetée – je me contenterai de la Tiger locale.

Ensuite, je ventile les courses de ma liste entre plusieurs magasins de West Coast Plaza, pendant que les canvas se préparent à la reproduction – la fille a d’ailleurs plus vite reconnu le canvas qui s’est affiché sur son écran que mon visage ! C’est impressionnant de redécouvrir l’accueil, le sourire, la gentillesse, la serviabilité des employés dans les commerces et les restaurants – est-ce le climat, le soleil, la chaleur qui en sont la raison ou bien leur sens du commerce ?

C’est lourdement chargée que je remonte ma colline vers Kent Vale et quel dommage d’avoir remplacé le portier par une borne automatique à l’entrée du condominium – lui, m’ouvrait la porte (aujourd’hui je dois poser tous mes sacs par terre pour trouver ma carte) et il avait toujours un petit mot pour rire. Il fait chaud chaud chaud, les parapluies sont de sortie pour s’ombrager mais je n’ai pas de main disponible; de toute manière, vu qu’il ne pleuvait pas, je n’ai pas encore eu le réflexe d’emporter le mien. Par contre, le réflexe de filer de suite à la piscine, lui, m’est revenu – quel bonheur !

Singapour est une grande ville, un petit pays – avec la population de la Suisse sur la superficie du lac Léman. Cela s’entend, le bruit extérieur me frappe en permanence et ce, même pendant la nuit, quand la circulation baisse mais ne s’arrête jamais (nous vivons au 17ème étage). Quel contraste avec le silence de nos montagnes …

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De retour sur mon blog …

Plusieurs amies m’ont demandé si j’allais reprendre mon blog. Mon plaisir d’écrire, de partager mes impressions et mes découvertes s’ajoute à leur souhait – me voici donc de retour.

Les destinations de ce voyage de printemps nous sont familières, je vais quand même essayer de percer plus loin mes escapades et je me réjouis de revoir mes amies du bout du monde.

L’hiver n’a pas été très rude en Suisse et les pâquerettes, les primevères, les jonquilles, les tulipes en boutons donnaient déjà un air printanier à Lonay quand nous avons quitté le lundi 14 mars. C’est Mathieu qui sera cette fois encore notre précieux gardien du logis (et même sans recommandations de sa maman) et cela semble ne pas trop le peiner. Nous le quittons, tout fraîchement et brillamment diplômé , il pourra fêter cette réussite à sa guise.

La préparation de notre séjour en Asie est bien plus facile que la première fois, il y a 4 ans; toutefois beaucoup de détails à soigner et cela fait quelques semaines que les pense-bêtes s’accumulaient. Je crois pouvoir dire que je suis assez organisée pour gérer ceci, tout en me permettant des relâchements jusqu’au dernier jour : un séjour à Ovronnaz avec les jeunes début mars, chez mes parents ensuite, des cafés/lunchs avec mes amies, un dernier repas en famille chez Kevin le jour même du départ … sans oublier notre adorable petite Lucie qui a dormi chez nous samedi, nous a séduits de ses sourires charmeurs, ses rires contagieux, ses vocalises affirmées, ses mimiques expressives … toute la journée de dimanche alors que Mélina et Thomas gravissaient le Mont Noble sous un soleil « cuisant ».

Assise dans l’avion, je souffle, je vais dormir assez bien, me distraire avec deux films et tout se passera pour le mieux : vols à l’heure, les deux valises (seulement deux … je m’améliore;-) récupérées à destination et on ouvre la porte de « notre » appartement à Kent Vale (le condominium de l’Université de NUS) exactement 1 heure après l’atterrissage ! Un premier réflexe : régler la climatisation à un juste milieu entre le frigo et le sauna …

Notre sommeil ne sera pas top aux heures sombres d’ici mais plutôt dès le lever du soleil – chance, personne ne nous attend en matinée.


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Promenade bucolique et visite du War Memorial

Un petit déjeuner plus copieux s’impose ce matin avant l’ascension de notre montagne et c’est au Mocan & Green Grout que nous dégustons de délicieux oeufs pochés, une de leurs spécialités – par contre, nous ne nous faisons pas encore au ‘sour bread’ ni à l’âpreté du café australien. Ce restaurant fait partie du quartier NewActon Nishi, tout comme notre hôtel – un design heureux, alliant bois, verre et béton brut ; ils ont été notés 4.5 sur l’échelle Nabers qui ici en Australie mesure la performance environnementale comme les économies d’eau et d’énergie.

Isabelle a donc concocté un plan pour tous les deux : Mount Ainslie, qui culmine à 850 mètres, à l’emplacement d’un ancien village aborigène du nom de Kokoda, connu aussi pour les rudes combats menés contre les japonais durant la deuxième guerre mondiale tout le long d’une piste dont nous empruntons une partie. Le point de vue au sommet est formidable, donnant sur 360 degrés jusque bien bien loin. La délimitation de la ville nous apparaît clairement et nous apprenons que c’est en 1911 qu’un certain Walter Burley Griffin a conçu le dessin de la nouvelle Canberra, avec ce lac ou bassin artificiel ainsi que l’alignement des Parlements et du Musée de la guerre sur deux collines formant un amphithéâtre, les larges espaces arrondis de City Hill et Capital Hill.

La balade dans le bush australien nous fait un peu penser à la garrigue, sauvage et dans une forêt d’eucalyptus de diverses variétés – ils perdent une fois par an toute leur écorce en lambeaux croustillants sur lesquels nous marchons comme sur nos feuilles mortes en Europe (ici ce sont surtout les platanes qui vont se dénuder de leurs feuilles pour l’hiver). Cela donne de jolis troncs blancs, avec le feuillage qui persiste et leur parfum délicat qui embaume. Au Canada, Isabelle pense planter un érable dans son jardin de Lonay, à Singapour un Frangipanier, au Japon un Osmanthus et voici que j’ajoute ici un eucalyptus – mais Yves ne se formalise plus, il sait que dès mon retour à la maison l’idée se sera envolée ! À chacun de nous deux, ses intérêts : tandis que mes yeux explorent la flore, lui veille à la faune (que parfois je préfère éviter). Ainsi il repère de superbes perroquets rouges haut dans les arbres, mais ni serpent, ni lézard et pas non plus de kangourous alors que c’était un des objectifs premiers de la marche en nature. Ils se cachent souvent durant la journée, nous disent deux dames et chacun à qui j’ai demandé où les voir à Canberra m’a indiqué un spot différent.

Le ‘Memorial War Museum’ est un musée vraiment très intéressant et attrayant même s’il est le reflet très imagé de la participation des nombreux australiens aux combats des deux guerres mondiales. C’est le 25 avril 1915 que naît l’ANZAC, le corps armé commun entre l’Australie et la Nouvelle Zélande et dès l’année suivante, ils partent en renfort dans les Dardanelles pour la guerre à Gallipoli; ensuite ils combattront en France, en Belgique – des vitrines relatent des scènes de guerre notamment à Ypres, dans La Somme. La seconde guerre est présentée avec des avions, des films et parle largement de la guerre du Pacific, de l’invasion des japonais, de la piste de Kokoda.

Les noms des dizaines de milliers de morts au combat durant les guerres sont récités en permanence dans des hauts-parleurs et sont gravés par année et par bataillon sur les longs murs qui mènent au mémorial du soldat inconnu – le 25 avril dernier, le ‘Anzac day’, la princesse Kate et le prince William y ont déposé quantité de ‘poppies’ pour le centenaire de 14-18. Le coquelicot est un symbole pour les anciens combattants australiens de la première guerre (voir texte ci-dessous). Leur rouge éclatant ressort sur les longs murs de bronze également. L’Australie va célébrer aussi les 100 ans de l’Anzac, avec de nombreux événements tout au long de l’année et la surveillance est renforcée, notamment auprès de ce musée qui attire beaucoup de visiteurs – les forces de l’ordre, avec leur beau chapeau, ne nous semblent pas particulièrement agressives.

Et voici trois jours magnifiques où Canberra s’est fait connaître à moi, avec divers aspects de l’histoire, de la culture, des habitudes de ce pays d’accueil.