Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine

Tokyo vue de haut

1 commentaire

C’est le corps de balai qui fait retentir notre jolie sonnette – quel service! et elles vont venir deux fois par semaine, de quoi pourrais-je me plaindre? Que ce soit la sonnette, la bouilloire, la minuterie ou le micro-ondes, tout se manifeste par une mélodie chantante et qui surprend au début.

Les japonais eux-mêmes peuvent avoir ce ton haut-perché, continu comme une litanie quand ils s’adressent aux gens dans les endroits publics. Dans le métro par exemple, des gardes en uniforme et aux gants blancs baragouinent sans arrêt; on imagine qu’ils annoncent la direction du train, les prochains arrêts, la fermeture prochaine des portes, qu’ils souhaitent le bonjour, le bon voyage, recommandent la prudence et remercient de choisir le métro – ils sont très loquaces et on n’y pige rien du tout. Le personnel dans les services publics est beaucoup plus nombreux que chez nous en Europe; ils nous seraient bien plus utiles si nous parlions japonais évidemment! Toutefois c’est efficace lorsque notre carte Suica fait sonner le portique – là on comprend de suite qu’il y a un souci – un gant blanc nous interpelle et règle le problème dans sa cahute. S’en suit un échange de thank you et domo arigato, lui en anglais et nous en japonais – cela fait partie des 2-3 mots que chacun avons dans la langue de l’autre … le sourire est lui un langage universel, et nous nous sommes mis également à la courbette d’usage. Le métro est assez facile à emprunter dès que l’on repère les noms des stations et des lignes en anglais – c’est parfois aux stations de croisement que nous hésitons un peu, que le portique se manifeste, ne comprenant sans doute pas pourquoi nous sortons et re-entrons de suite!

Les lignes Ginza et Asakusa mènent à la Skytree Tower, une de ces superbes tours offrant une vue 360 degrés sur la ville, ville de Tokyo que l’on peut appeler mégapole : 13 millions d’habitants dans le grand Tokyo, soit deux fois la population de la Suisse sur un territoire quasi 20 fois plus petit que notre pays! Des ascenseurs modernes – décor, douceur, ambiance, silence – nous montent à la vitesse de 60 mètres par minute à l’observatoire qui se situe à 350 mètres du sol; il reste encore plus d’une centaine de mètres au-dessus de nous. Woah, là vraiment l’immensité de Tokyo saute aux yeux; on aperçoit à l’infini des immeubles et des habitations – je comprends mieux pourquoi ils n’ont pas donné des noms à toutes les rues! Il y a finalement peu de très hauts buildings mais quantité d’immenses quartiers d’architecture plus ancienne et plus basse, d’habitations, commerces et bureaux. Nous avons déjà nos points de repère : l’île d’Odaiba et l’aéroport Haneda, le quartier de Roppongi et l’ancienne petite tower, le dôme près duquel se trouvait notre hôtel Niwa, le gouvernment building en forme de cathédrale française d’où nous avions admiré le coucher du soleil sur le mont Fuji, qui aujourd’hui reste invisible dans la brume. Les parcs de verdure ne sont pas très répandus, celui de Ueno près de chez nous est lui bien visible.

IMG_4536 IMG_4537 IMG_4541 IMG_4543

Cette tour élégante repose sur un grand centre commercial, un peu tentaculaire, avec des magasins aux enseignes connues (Uniqlo, Diesel, Hello Kitty, Disney World, …) et des boutiques au décor typiquement d’ici. J’aime le raffinement de leur présentation et les magasins de gadgets, les papeteries, les commerces spécialisés pour des baguettes, des pinces ou fleurs à cheveux, des chaussettes aux doigts formés, des glaces soft … un peu insipides. Le rayon supermaché en sous-sol est hyper bien rangé, on le domine depuis le food-court, lui aussi régenté à la japonaise. Les tempuras nous tentent, on peut les choisir soi-même – après avoir fait comprendre que nous préférions du riz plutôt que des nouilles – mais ce que je pensais être une carotte s’avère être une petite saucisse style viennoise et la peau mauve de la supposée aubergine est en fait une patate douce – vive la crevette qui se reconnaît dans tous les pays! Ces grands espaces food-court américains ou chinois sont souvent un mélange de parfums et d’odeurs qui perturbent les goûts mais ici, je ne sais pas quel miracle (aspiration ou diffuseur) rien de tel ne parfume nos vêtements.

IMG_4547 IMG_4550 IMG_4552 IMG_4546 IMG_4548
Deux stations de métro pour se retrouver de l’autre côté de la Sumida, prendre une photo de l’œuvre de Starck à la brasserie Asahi. Et ensuite, depuis le carrefour Asakusa, un des quartiers les plus visités de Tokyo – on entend même parler français, on se sent moins seuls – le monde afflue vers la célèbre porte Kaminari-mon, porte du Tonnerre avec son énorme lanterne de papier. En face, l’office du tourisme, un beau bâtiment élancé avec des traverses de bois sur une façade de verre; notons que pour guider la foule des piétons, les lignes au sol traversent même le carrefour en diagonale.

IMG_4554 IMG_4559 IMG_4558
La rue Nakamise qui conduit au temple bouddhiste Sensô-ji est bordée d’échoppes les unes sur les autres, vendant toutes sortes de souvenirs, kimonos, éventails, getas, biscuits ou gâteaux sucrés ou salés – c’est toujours la surprise et vive la pâte de haricots rouges. Une seconde porte, avec les grandes sandales en corde de Bouddha, l’encens qui enfume, la Pagode flamboyante, un petit cimetière, un jardin avec ses lanternes et ses autels de prière entourent le temple Sensô-ji, le plus ancien et le plus célèbre de la ville, fondé en 628 et reconstruit milieu du 20ième siècle.

IMG_4560 IMG_4561 IMG_4565 IMG_4567 IMG_4566 IMG_4562 IMG_4563 IMG_4568
La plupart des japonais s’identifient aux deux religions que sont le bouddhisme, importé de Chine ou Corée et le shintoïsme, né ici au Japon. Les sanctuaires sont les lieux de culte du shintoïsme et on y vénère un kami (un esprit plutôt qu’un dieu); on les différencie par le Torii, le portail rouge d’entrée qui sépare le lieu profane du lieu sacré. Les temples bouddhistes auront plutôt un Torii de pierre ou de bois naturel et ensuite une porte plus imposante à l’architecture japonaise traditionnelle. Les deux types de lieux de recueillement se côtoient souvent, comme c’est les cas ici avec le sanctuaire Asakusa-jinja qui se trouve juste derrière le temple Sensô-ji.

Les ruelles aux alentours sont restées traditionnelles avec commerces, cafés, restaurants, salles de jeux, à l’image du Tokyo des années 50. Nous rentrons via le carrefour géant de Ueno où je me retrouve à présent assez bien; je suis la ligne JR du train pour amener Yves découvrir mon supermarché Yoshiike, où sans presque hésiter nous choisissons un beau morceau de thon pour notre souper (c’est rouge, c’est au rayon poissonnerie … ça doit être ça). On s’en régale le soir, juste poêlé. A noter que les fruits et légumes déjà testés sont aussi goûteux.

IMG_4569

Une réflexion sur “Tokyo vue de haut

  1. Super! Avec tes belles descriptions on croirait être sur place!! Quelle chance vous avez de pouvoir vivre ces moments là. Et merci de nous les faire partager! Bonne continuation là-bas où je te sens si heureuse!

    Bisous. Maman.

    Envoyé de mon iPad

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s