Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine

De Québec à La Malbaie

1 commentaire

Très basic le petit-déjeuner au Cofortel, il faudra se rattraper plus tard. Et c’est parti pour les cent-soixante kilomètres qui nous séparent de La Malbaie – hier nous en avons parcouru deux-cent-soixante -, il est 9h30, c’est un ciel soleil et nuages qui nous accompagne. Nous quittons Québec par une autoroute qui surplombe le Saint-Laurent; un joli pont suspendu le traverse pour se rendre à l’île d’Orléans. Cette île au milieu du fleuve fait 8 km sur 32 km, de nombreux français arrivés dans la colonie y ont résidé et on trouve encore de belles maisons de pierre. L’île vit de l’agriculture, des caves viticoles, de la production de cidre et de l’élevage. Elle est très prisée par les touristes et comme endroit pour un seconde résidence. Sa population double ainsi l’été avec les résidents et les ouvriers saisonniers. Sur notre gauche, nous apercevons les Chutes de Montmorency, plus hautes que celles de Niagara mais beaucoup moins larges, là où la rivière du même nom de déverse le long de la falaise dans le fleuve. Ce serait une jolie escale pour notre prochain voyage. Les marées se forment encore sur les rives du Saint-Laurent jusqu’à la ville de Québec, donnant ainsi des paysages changeant au cours de la journée.

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La route est belle, ce sont les vacances … beaucoup de motards sont de sortie, notamment des motos trois roues, modèle de Bombardier qui semble populaire. Les bourgs se suivent, avec leurs églises au toit de cuivre vert ou de métal argenté qui reluit au soleil. Il est coutume d’exposer le long des routes les véhicules à vendre; non ce n’est pas une voiture banalisée de police avec un radar, c’est une voiture à vendre ou une moto et même des pneus dans une brouette! Les espaces sont grands, les terrepleins sont larges.

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A partir de Beaupré le relief change, la route s’éloigne de la rive du fleuve, les panneaux mentionnent des canyons, les côtes sont longues et droites, le paysage est nettement plus vallonné avec d’immenses forêts de pins et de feuillus; les villages s’espacent, deviennent des hameaux avec quelques fermes et habitations, cette fois nous sommes dans les grands espaces canadiens. Nous soulignons le courage des vélos qui arpentent ces montées infinies, sur les voies d’urgence.

Les montagnes en fond de décor, les vallons recouverts de forêts à perte de vue, et seulement d’énormes trouées pour les monstrueuses lignes à haute tension. Québec est en effet l’état dont la richesse est due à ses barrages qui fournissent en électricité une grande partie de l’Amérique du Nord. Mais nous ne roulons pas à l’électricité et c’est à une pompe d’essence que nous ravitaillons nos deux véhicules; tout se passe bien, l’optimisme est de mise.

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Le Massif ou le Mont Saint-Anne sont des stations courues pour le ski, elles donnent l’impression de piquer droit sur le fleuve mais il leur manque une vingtaine de mètres pour pouvoir accueillir une coupe du monde hommes. Après s’être bien élevée au-dessus du fleuve, la route 138 plonge vers Baie-Saint-Paul, en face de l’île aux Coudres.
La région est tellement belle, entre un paysage de mer et de montagne, qu’elle a attiré de nombreux artistes dont le Groupe des Sept venus de l’Ouest Canadien; une halte ravit tout le monde pour découvrir cette localité qui se vante d’avoir vu passer peintres, photographes et gens de lettres.

Nous sommes en terre de Charlevoix, une région particulière qui serait née de l’impact d’une météorite géante il y a 350 millions d’années, une sorte de grand cratère de la planète qui fut d’ailleurs difficile d’accès et restée vierge très longtemps. Baie-Saint-Paul est le lieu de naissance du Cirque du Soleil; un des cofondateurs, Daniel Gauthier est président du Massif de Charlevoix.

Sur la rue principale, de belles demeures de deux cents ans ne sont que galeries ou ateliers d’artistes; il ne nous est pas possible de tout voir et Martine se souvient d’une petite maison-musée, un peu à l’écart. La maison de René Richard, peintre qu’ils ont rencontré lors d’une ancienne visite, recèle de petits trésors de tableaux. La vieille dame qui habite cette maison de 1852, nous raconte le passé, la rencontre de René Richard avec des peintres du Groupe des Sept qui ont logé ici, l’influence de l’artiste Clarence Gagnon qui fut un grand maître. René Richard est né en Suisse en 1895, et dans les années 1920, il fut l’élève de Clarence Gagnon, peintre québécois de renommée mondiale. Tout est présenté avec les meubles d’époque, dans cette maisonnette qui sent le bois de cheminée et l’ambiance d’autrefois; nous deux Yves sommes attirés par un tableau de Don Cavin et un autre de John Joy, qui me fait presque penser à notre Valais.

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Il fait beau et chaud, le thermomètre indique 25 degrés; c’est le moment de décapoter, de porter lunettes et chapeaux. Et c’est par la route touristique 362 que nous quittons Baie-Saint-Paul en direction du littoral à marée basse quand soudain Alain pique sur la droite, une descente affolante à travers la forêt – mais pourra-t-il remonter ? – qui plonge sur Saint-Joseph-de-la-Rive. Ciel que c’est beau! Mais que de monde, une file incroyable s’est formée au bord du chemin, appelé Côte de la Misère, pour prendre le seul bac qui mène à l’île aux Coudres. Son nom lui est donné par Jacques Cartier qui y trouve beaucoup de coudriers, ancien nom des noisetiers. Le village a longtemps été réputé pour son chantier maritime; son église fine et blanche est magnifique et veille sur les bateaux accostés au port; une papeterie artisanale fondée par un écrivain local vaudrait une petite visite à une prochaine occasion. Martine et Alain se souviennent de leur descente ici avec leur deux-chevaux alors que Martine était enceinte; prise de panique, elle a voulu quitter la voiture et poursuivre à pied le chemin!

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C’est encore une plus petite route qui nous emmène, le long de la ligne de chemin de fer et des maisons de bois colorées, vers le prochain village. C’est la campagne, ça sent la ferme et les foins, des immenses tas de bois sont déjà entassés pour l’hiver. Les Eboulements doit son nom à un terrible glissement de terrain survenu après le tremblement de terre de 1663. Ce village est magnifique, avec un dénivelé superbe offrant des trouées sur le Saint-Laurent. A nouveau des galeries, les églises, des maisons anciennes aux couleurs pimpantes s’alignent le long de la rue principale. Et on pourrait y passer une journée à visiter un ancien moulin qui fonctionne toujours, un manoir d’époque, une chocolaterie et une poterie ainsi que la Forge du Village.

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Nous reprenons un peu à regret la route 362 pour une dernière étape jusque La Malbaie. Nous pensons ne plus devoir nous arrêter mais soudain on commence à voir des Austin sur la route et un attroupement sur le bord fait signe à Alain de s’arrêter. Un souci de tuyau a forcé une voiture à l’arrêt et c’est le moment de s’entraider pour la réparation de fortune. L’un d’eux vient de Pennsylvanie et a roulé quatre longs jours pour rejoindre le conclave.
A Saint-Irénée nous longeons la voie du train et une longue plage avec une jetée dans le fleuve, des dizaines de mouettes et un spectacle miraculeux d’une brume qui tourbillonne s’élevant sur le littoral.

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La Malbaie approche au compteur, Alain pousse Titine, la lance dans les descentes pour être certain d’atteindre le sommet suivant; les côtes sont parfois à 15%, comme un relief des Ardennes. Youpie, il est 13h15 lorsque nous arrivons au Manoir Richelieu, un hôtel Fairmont planté sur une falaise et c’est ici que nous séjournerons vingt-quatre heures. Ce gros hôtel se veut à l’image du Château Frontenac surplombant le Saint-Laurent mais son extérieur n’est pas comparable. Je préfère de loin la brique au stuc de ciment, d’un gris triste comme ici. L’ambiance ‘château‘, grand escalier, lobby luxueux, jolis salons se ressent dès que l’on franchit l’entrée. C’est un endroit pour un week-end de villégiature, avec un golf splendide, des installations sportives, piscines et Spa ainsi qu’un Casino de renommée qui attire de nombreux visiteurs venus en autocars.

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Le lunch sur la terrasse nous procure la vue sur le Saint-Laurent, majestueux. Sur un grand parking arrivent progressivement les deux-cents Austin attendues pour le meeting; certains viennent de loin aux États-Unis, Michigan, Texas. Quelques propriétaires se refusent à rouler sur les autoroutes avec leur voiture de collection, ils l’ont emmenée sur une remorque ouverte ou fermée. Et chacun bichonne sa voiture, d’autres réparent, il y a même un stand de nettoyage. Tout le monde parle avec tout le monde, ce sont tous des passionnés, bricoleurs automobiles avec leur coffre qui déborde de matériel et ils s’échangent conseils et adresses.

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Nous laissons les passionnés ensemble et partons nous deux sur la promenade des planètes; ça monte et ça descend vachement fort sur trois kilomètres aller et trois kilomètres retour. Nous sommes quasi seuls dans cette forêt sur la crête de la falaise, apercevant de temps à autre l’eau mais sans jamais y descendre. Yves semble vouloir battre un record sur sa montre, il court et ne me laisse pas le temps de prendre beaucoup de photos, je tiens par contre bien le rythme. La douche est plus que nécessaire ainsi qu’un temps de repos en attendant Martine et Alain. À 18 heures, les participants au conclave se réunissent pour des énormes pizzas – on soupe bien tôt aux US – avant les discours de bienvenue dans un des grands salons de l’hôtel.

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Et c’est encore dans un petit coin à l’écart que le serveur nous installe au Restaurant Saint-Laurent ici même, cela nous convient à merveille. Alain espérait déguster de l’agneau tendre et doux, comme c’est la spécialité de Charlevoix mais pas de chance, l’établissement serait trop important et ne peut se permettre d’accaparer toute la production! Tandis que nous mangeons, un paquebot de croisière balaye le paysage du fleuve, tout illuminé de ses feux … n’est-ce pas ce que nous avions espéré voir?

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Avant de remonter en chambre, nous échangeons quelques mots avec Jean-François, d’origine belge mais né au Québec. Il fait partie du même club qu’Alain à Montréal et nous explique qu’il est ici avec son Austin dans l’espoir de remporter un certificat gold demain au jugement. J’en comprendrai plus demain …

C’est avec grand plaisir que nous entendons Alain nous dire qu’il se sent nettement moins stressé! Cela fait des jours, voire peut-être des semaines que cette expédition lui tourne dans la tête et lui fait monter le stress. Ce soir il se sent plus relax!

Catherine a accouché cette nuit d’une petite Audeline qui fait son bonheur!

François et Maricarmen sont chez Colette ce week-end; nos garçons se joignent à eux pour le dessert et ils passent ensemble un très bon moment, selon tous les échos que j’en aurai.

Une réflexion sur “De Québec à La Malbaie

  1. Bonjour,

    J’ai aussi été attiré par un tableau de John Joy à la Maison René Richard à Baie-Saint-Paul. C’était la représention d’un vieux moulin. Avez-vous noté par hasard le titre de cette oeuvre? Merci!

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