Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine

Excursion sur un demi-tour de l’île …

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Alain et Martine viennent pour ‘ramasser‘ comme prévu pour nous faire découvrir les bords du fleuve. Nous allons parcourir la partie ouest de l’île, depuis au sud le parc René Lévesque au niveau des Rapides de Lachine, longeant la côte le long du Lac Saint-Louis jusqu’à l’écluse qui passe vers le Lac des Deux Montagnes, atteindre Pierrefonds sur la rive nord de l’île avant de replonger dans la ville. Une jolie découverte, commentée par nos amis qui ont d’ailleurs habité dans cette région, balade que nous ne pourrions faire sans voiture.

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La première étape au Parc des Rapides à LaSalle me plait énormément, c’est d’ici que l’on peut bien observer les rapides sur le Saint-Laurent, avec à l’horizon l’île des Sœurs et regarder les visiteurs qui s’y aventurent en rafting. A cet endroit, le fleuve se rétrécit, forme un goulot encombré d’îlots et de rochers qui ont rendu impraticable longtemps la navigation, forçant de véhiculer les marchandises par la terre entre Lachine et Montréal et c’est l’ouverture du Canal de Lachine en 1825 qui rendit accessible l’entièreté de la voie navigable.

La presqu’île est également depuis des années un refuge d’oiseaux migrateurs; un écosystème que les gens sillonnent à pied ou à vélo – les chiens ne sont pas autorisés – et où les amateurs ornithologues installent leur longue vue, nous pensons bien évidemment à nos amis Marie-Noëlle et François. Martine et moi papotons en admirant ce parc bien entretenu, observant la pêche aux petits poissons, le vol des mouettes, des goélands et des hérons, le joli plumage du carouge à épaulettes, le dandinement des oies et aussi les espaces verts et fleuris magnifiquement entretenus, avec cette note sauvage. Le chant des oiseaux, le remous des rapides sont un agréable bruit de fond. Nos hommes s’y attardent moins longtemps mais Alain sait bien lui que le reste du parcours qu’il a prévu est encore long. J’y reviendrais bien m’y balader en prenant le train.

Après LaSalle, la localité de Lachine où nous étions venus manger avec Marie-Paule et Mohktar et ensuite nous traversons le Canal, admirons les jolies écluses qui fonctionnent à présent pour la navigation de plaisance et faisons halte au Centre Historique du Commerce de la Fourrure de LaChine. Une visite très intéressante dans ce petit musée, au bord du Lac Saint-Louis, qui fait revivre l’époque d’antan, du début du troc entre les colons et les amérindiens. C’est un vieux hangar de pierre qui a été construit par Alexandre Gordon de la Compagnie du Nord-Ouest en 1803 pour entreposer les fourrures et autres biens d’échange.

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Les tout débuts de l’histoire de la Traite des Fourrures remonte à l’époque de Jacques Cartier au seizième siècle; les seuls européens qui trouvèrent un intérêt à rester au Canada furent les pêcheurs bretons et basques pour la morue de Terre Neuve. Ils trouvèrent plus économique de la faire sécher là sur place avant de la rapatrier en Europe et ainsi entrèrent en contact avec les Amérindiens; ceux-ci étaient grandement intéressés par tout ce qui était en fer ou en métal et proposaient en échange des fourrures. Les européens se virent grands amateurs surtout de la fourrure de castor pour les chapeaux de ces dames et hommes anglais et français. Et c’est le début de ce troc que l’on appelle La Traite des Fourrures.

Petit à petit le commerce devient organisé entre les français et les amérindiens; des traités sont négociés, la Compagnie du Nord-Ouest est créée dans les années 1784 et elle entre en concurrence avec sa rivale, la Compagnie de la Baie d’Hudson, aux mains des anglais depuis plus longtemps. La rivalité dure jusqu’en 1833 où la Compagnie de la Baie d’Hudson absorbe celle du Nord-Ouest. Des forts et des comptoirs de traite sont construits où les fourrures sont échangées contre des biens de consommation; ainsi Fort William fut le siège de la Compagnie du Nord-Ouest, situé en Ontario à un endroit stratégique pour le transport fluvial entre les grands lacs et la voie maritime du Saint-Laurent ; alors que la Compagnie anglaise sortait du continent, plus au nord, dans la Baie d’Hudson. Montréal va perdre un peu de son importance quand la Compagnie des canadiens français se fait absorber mais ce fut pendant deux siècles la traite des fourrure qui fut la ressource la plus importante de la Nouvelle France – ensuite le bois et le blé – et de nos jours encore, une part conséquente des fourrures sont issues du Canada. Le climat rigoureux rendrait les fourrures plus drues et plus soyeuses qu’ailleurs, que ce soit le castor, le raton laveur, le cerf, la martre, le vison, l’ours, le renard, la loutre.

Les personnes qui travaillaient pour une de ces Compagnies de Traite des Fourrures en Amérique du Nord, s’appellent les ‘voyageurs‘. Ils étaient règlementés par les autorités françaises ou anglaises et on leur délivrait un permis pour légitimer et rentabiliser le commerce; auparavant, on les appelait les ‘coureurs des bois’. Sans eux, probablement que les relations entre les Amérindiens et les Européens auraient été différentes; ici chacun y trouvait son avantage.

Le hangar que nous visitons servait d’entrepôt d’où partaient les ‘voyageurs’ de la Compagnie du Nord-Ouest pour rejoindre en canot le Fort William, via la rivière des Outaouais, la rivière Mattawa et la baie Géorgienne. Les trajets étaient possibles de mai à octobre, le trajet pouvait durer une vingtaine de jours, à raison de seize à dix-huit heures de canotage et aussi de portage. Certains tronçons n’étant pas praticables, à cause de rochers, d’une chute d’eau ou d’un courant fort, ils devaient porter le canot et les marchandises contenues, du grain, des outils, des couvertures et des fourrures. Les présentations sont très visuelles et un film tente de nous montrer ce qu’étaient ces expéditions. Voici un bien long récit … mais cela m’a éclairée sur le début des relations entre les colons et les autochtones.

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Reprenant notre route le long du Lac Saint-Louis, nous passons à Pointe-Claire puis Beaconsfield où Alain s’arrête devant leur ancienne maison – pas assez longtemps au goût de Martine qui semble nostalgique de cette période – , dans un quartier avec de jolies vieilles maisons typiques. Après Baie d’Urfé, nous arrivons à Sainte-Anne-de-Bellevue où une pause plus longue nous fait découvrir tout d’abord un ancien magasin général qui vend vraiment de tout et ensuite l’écluse qui assure le passage entre le Lac Saint-Louis et celui des Deux Montagnes, permettant de rejoindre Ottawa. Ici aussi le Canal de Sainte-Anne – un canal au milieu du lac – a permis de contourner les Rapides sur le Saint-Laurent. Plusieurs bateaux de plaisance, de construction nord-américaine sont amarrés aux quais et nous nous plaisons – ou du moins, je me plais – à rêver d’une virée sur les eaux canadiennes. Un petit verre en terrasse, pas terrible alors que l’endroit est très beau, et c’est parti pour la dernière étape de notre excursion – Louba va bientôt s’impatienter.

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Senneville est vraiment à la pointe ouest de l’île de Montréal, un endroit où la taille des propriétés laisse augurer que c’est une agglomération pour gens fortunés. La route est étroite et vallonnée, elle sillonne au milieu des forêts … ‘le chemin des écoliers’, comme dit Alain; à se demander si nous sommes toujours bien à Montréal. C’est tellement beau et sauvage, pourvu que cela puisse rester intact! L’arboretum Morgan est une superbe réserve forestière de deux-cent-cinquante hectares qui se situe sur le campus Macdonald de l’Université McGill; voici un but de promenade à retenir et l’hiver on y pratique bien évidemment le ski de fond. Le parc du Cap-Saint-Jacques, PierreFonds et le boulevard Gouin qui longe quasiment toute la côte nord de l’île terminent cette très jolie découverte des endroits plus campagnards, plus retirés de Montréal. Et c’était probablement la dernière escapade de cette année avec Martine et Alain; les week-ends diminuent avant notre retour et nous avons de part et d’autre déjà des engagements.

Le soir nous descendons Place des Arts pour la clôture du Festival de Jazz, un festival qui a offert quelques huit-cents concerts et autant d’activités et animations annexes. Ce sont Amadou et Mariam, un couple de malais aveugles, qui terminent en beauté cette semaine. Ils sont considérés comme des ambassadeurs de la musique du monde, ils chantent leur optimisme pour la paix. La fête est belle, la foule est nombreuse même si la pluie s’est encore une fois invitée mais les gens se déhanchent sous leur parapluie et la musique réchauffe les cœurs comme un rayon de soleil.

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