Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine

Au coeur des rizières

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Concert des coqs à 5 heures, j’étais prévenue et c’est bien vrai; ce sera pareil chaque matin avec parfois en harmonie, le chant des prières aux temples du voisinage. De toute manière, pas de grasse matinée aujourd’hui, nous avons rendez-vous avec Gusti à 7h30 pour la promenade initiatique dans les rizières aux alentours de la villa. Le soleil est déjà bien levé, habits légers suffisent même si nous craignons un peu les moustiques (donc crème solaire et spray Anti Brumm) et pourquoi hésitons-nous entre baskets, espadrilles ou tongs? Gusti lui, tout simplement s’en va d’un bon pas … pieds nus dans les herbes et la boue! Il est vraiment l’homme de la situation, il nous guide sur les chemins étroits entre les carrés gorgés d’eau où s’alignent au cordeau les gerbes de riz. Il est utile d’avoir une certaine agilité, le sens de l’équilibre et cette fois, pas question de prendre les photos tout en marchant, faute de quoi je risque de me retrouver assise dans un bain de boue!

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Quelles couleurs, quelles vues et quelle chaleur. La culture du riz demande beaucoup d’attention et le procédé est ici encore très manuel et artisanal; la récolte se passe deux fois par année, les semences germent en pépinières pendant que les terres sont inondées, labourées et nivelées, les hommes alignent les plantons à la main dans les carrés, les plants seront régulièrement élagués, débarrassés des mauvaises herbes et butés avec les mains et les pieds; l’irrigation relève de techniques ancestrales avec des canaux, des vannes qui régulent le niveau de l’eau provenant des lacs d’altitude. Quand les épis sont bien formés, on assèche les terres pendant deux ou trois semaines, avant que les dames ne coupent avec un petit couteau caché dans la main pour ne pas effrayer la déesse du riz, les gerbes folles de riz, qui seront conservées dans des greniers à riz pour être égrenées au fur et à mesure des besoins – une partie de la récolte est toutefois battue sur place et directement mise en sacs; les fanes sont brûlées sur les terrains pour les fertiliser et les bœufs peuvent aussi aider au nettoyage des parcelles. Pieds nus dans la boue, jusque parfois aux genoux, des dames et des hommes parfois très âgés, au chapeau pointu en paille, avec une serpette à la main, un long bâton ou avec un chargement porté en joug sur une palanche … passent des journées à la chaleur et l’humidité pour approvisionner leur famille en riz. Selon Made, chaque balinais consomme un kilo de riz par jour! La production de l’île ne suffirait pas aux besoins.

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Ces travailleurs des rizières nous interpellent pendant notre balade, ils nous crient des hello, nous font de grands signes et des sourires – on se demande qui est la distraction de qui? Dewi Sri, la déesse du riz, est vénérée très souvent, aux étapes cruciales de croissance, dans ces régions restées proches des traditions animistes – des autels et des offrandes un peu partout en sont effectivement la preuve. Nous tâchons de suivre le rythme de notre Gusti qui termine la boucle par la route qui longe un cimetière resté sauvage; il échange quelques mots avec les habitants, tout en riant pas mal … nous devons être l’attraction de la semaine du 20 avril! Cela nous amuse autant qu’eux!

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Eka et Ayu nous attendent à la villa avec un petit-déjeuner bienvenu et au fil des jours, elles connaîtront nos préférences à chacun et seront tellement prévenantes – ainsi Mathieu aura le plaisir de boire un thé au réveil toute la semaine. Nous apprenons qu’ici à Bali, il y a cinq prénoms uniquement, les mêmes pour les garçons et les filles et qui tournent dans un certain ordre – Made est toujours le prénom du premier enfant, puis Gusti, etc et au sixième bébé, on recommence avec Made. Cela nous surprend ; heureusement ils ont un deuxième prénom.

Piscine relax et photos avant l’arrivée de Made occupé ce matin avec une cérémonie – il y en a tout le temps sur l’île. Il nous emmène tous dans sa voiture ; la conduite est sportive, demande habilité et concentration pour avancer tout en évitant les scooters bien plus nombreux que les voitures ici dans la campagne d’Ubud, les vélomoteurs aux chargements plus énormes qu’eux dans tous les sens, les poules ou les chiens qui traversent ou se couchent sur la route, les tas de terre noire déposés sur le tarmac pour les travaux de rénovation ou finition sans fin. Les axes qui sur mes plans semblaient rectilignes sont en réalité bien plus courbes et les panneaux indicateurs ne pullulent pas. La topologie de l’île est particulière avec des directions nord-sud selon les vallées coulant des volcans mais peu de trajectoires pour passer d’est en ouest. Nous faisons totale confiance à Made qui s’avèrera être un conducteur posé et prudent – cette conduite épique, à gauche, ne me fait nullement regretter le choix de ne pas avoir loué de véhicule; c’est déjà un peu stressant parfois ainsi.

Il nous dépose au plein milieu de nulle part au Karsa Kafe, un petit bijou de charme avec des salons sur pilotis où nous mangeons face aux fleurs, aux palmiers, aux rizières et toujours avec le chant des coqs. Des brochettes satay, du nasi goreng, des spring rolls aux sauces des plus parfumées et exquises, avec des jus frais joliment servis – et le tout pour deux ou trois francs par personne (prix plus impressionnant en rupiahs vu qu’un franc suisse équivaut à 13’000 rupiahs).

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La promenade des crêtes nous redescend vers Ibah puis Ubud, en admirant de petites galeries d’artisans (tableaux, œufs en bois peints, etc), des cafés et des spas pour massages, des mini-marts, des resorts ou guest houses encore plus isolés que notre villa et surtout plus immergés dans la forêt vierge. Il s’agit bien d’une crête qui surplombe de part et d’autre une profonde vallée à la végétation luxuriante avec parfois un petit hameau, un hôtel luxueux, de superbes villas. Le chemin sillonne entre des champs de hautes herbes, les alang alang qui servent de couverture sur les toits et ensuite le sentier pique sur un temple en restauration ; un vieux pont de pierre enjambe la rivière et un énorme Banyan Tree avec ses lianes par centaines nous signale l’arrivée sur la rue principale, le retour à la civilisation. Et ici, doit-on partir à droite ou à gauche? Il y a autant de boutiques d’un côté que de l’autre, où se situe Ubud? Mais comme par surprise, Made surgit dans notre champ de vision. Ils sont ainsi les guides en Asie que nous avons connus en Thaïlande, au Cambodge, toujours là au bon moment au bon endroit!

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Il va comprendre que nous sommes de bons marcheurs et nous laisse remonter vers le centre d’Ubud où il nous attendra devant le Palace Royal. L’Indonésie est une république mais les îles sont divisées en royaumes; il y a trois ou quatre rois à Bali dont celui de Ubud. Cette semaine est festive, il y a un mariage dans la famille royale. Le Palais en est très décoré de fleurs et d’arrangements tressés en lanières de feuilles de palmiers mais c’est en face, dans la résidence d’une autre branche de la famille royale que Made nous fait pénétrer. Les portails d’entrée sophistiqués, les sculptures et moulures, les statues de pierre, les cours intérieures, les parvis devant les pavillons de briques orangées, les jardins aux fleurs et aux arbres géants intégrés au labyrinthe des allées nous font découvrir le style typiquement balinais des constructions cossues.

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Tout notre personnel communique en permanence, nous avons d’ailleurs à notre disposition un cellulaire avec les différents numéros et ainsi nous apprenons qu’Olivier est en route depuis l’aéroport pour nous rejoindre. Bienvenue au paradis, Olivier !
Les présentations sont vite faites; la piscine est toujours bien appréciée au retour de balade et d’autant plus après un vol …
Le menu choisi par Mathieu est excellent, surtout les beignets de bananes au dessert. Et Olivier nous a apporté de la vodka qui améliore à merveille le welcome drink de limes!

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