Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Monet モネ

Le musée Western Art dans le parc Ueno expose Monet – ils ne pouvaient pas manquer cela, diraient les garçons! Pour cette exposition temporaire, le musée a réussi à rassembler un grand nombre d’œuvres se rattachant plus ou moins de près à l’impressionnisme; on y admire non seulement les Water Lilies, la Cathédrale de Rouen, la Plage d’Etretat mais aussi des Renoir, Pissaro, Manet, Sisley, Gauguin et j’en passe.

Les japonais sont nombreux à avoir eu la même idée que nous, ils semblent beaucoup apprécier et c’est une chance pour nous d’être plus grands qu’eux! Un jour dans le reflet d’une porte d’ascenseur où nous étions amassés, tous deux nous nous sommes retournés, pour de suite avoir la confirmation que les deux têtes qui dépassaient largement du groupe … c’étaient les nôtres.

Satisfaits d’avoir revu ces jolies toiles impressionnistes, nous passons plus rapidement sur les peintres flamands – beau tableau Des Chasseurs dans la neige de Brueghel – et terminons par les sculptures de Rodin. Sur le parvis, nous avons déjà croisé Le Penseur, La Porte de l’Enfer, Les Bourgeois de Calais. Dans la boutique des souvenirs, impossible de ne pas reconnaître que c’est Monet qui est ici à l’honneur pour quelques jours encore.

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La bâtiment présente de beaux espaces, des salles pas trop grandes ni uniformes, un circuit agréable pour sillonner sans trouver le temps long et quelle n’est pas la surprise en lisant que c’est Le Corbusier qui l’a conçu en 1959. Quelques transformations, à la fin des années 90, y ont ajouté au niveau des soubassements les éléments nécessaires pour répondre aux normes anti-sismiques.

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Mais que se passe-t’il soudain à la sortie? Eh non, ce ne sont pas les fleurs des pruniers qui s’étiolent … ce sont bien de légers flocons de neige – il fait pourtant 8 degrés et le ciel était bleu en entrant – cela surprend tout le monde (la preuve, il n’y a qu’un parapluie dans les casiers destinés à cet effet!) mais c’est plus agréable que la pluie et nous nous baladons encore un moment dans le parc, où il semble que certains arbres aimeraient se colorer de rose.

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À la sortie, nous ne résistons pas à la tentation de parcourir les étages du magasin Yamashiroya qui est décrit ici comme un énorme coffre à jouets, sur sept étages, où nous ne nous lassons pas d’admirer tous les dérivés de mangas (figurines, peluches, puzzles, …) – pas étonnant que ma collection de mini-figurines s’élargisse!

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Et dans les diverses nouvelles du jour, il est à noter que j’ai retrouvé le panier à couverts du lave-vaisselle, que la baguette avec le crabe à la mayonnaise préparé maison donne un excellent souper, que la première lessive est concluante – j’évite cependant le séchoir par crainte de retrouver le pull d’Yves aux dimensions japonaises!


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Pedibus à travers la ville animée

À un arrêt de métro seulement nous nous retrouvons dans le coin où nous logions lors de nos deux autres visites à Tokyo, cela fait plaisir de s’y replonger et reconnaître les endroits souvent fréquentés. Au sommet le l’hôtel du Dôme, un restaurant avec un joli buffet nous permet de manger en choisissant de visu ce qui nous tente, tout en admirant une vue superbe sur la ville. C’est bien comme dans nos souvenirs, nous revoyons le carrefour de Suidobashi et l’emplacement de l’hôtel Niwa.

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Sous nos pieds, le Dôme, un stade de baseball, qui accueille également des concerts. Les files sont énormes aujourd’hui, tant pour se procurer des billets que pour acheter toutes sortes de t-shirts, sacs, etc. Pas étonnant : ce sont les Rolling Stones qui se produisent ce soir! Cet endroit est très agréable, coloré, verdoyant et avec de l’espace; une architecture plus moderne, avec autour du dôme, des galeries de restaurants, des fontaines, le centre commercial Aqua et aussi un Luna Park avec des montagnes russes par-dessus les toits.

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Nous nous souvenons que descendant vers le sud, nous retrouverons nos innombrables petits magasins de bouquinistes; ils sont toujours là avec des piles de livres anciens qui croulent, qui s’entassent dans tous les coins. Un arrêt s’impose dans la grande librairie Sanseido pour l’achat d’un BMG en japonais que Yves se fera un plaisir d’offrir à un collègue de l’université de Tokyo.

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Le ciel est beau mais le vent souffle et s’engouffre dans les rues; au carrefour des magasins de sport, nous nous réchauffons avec une boisson au Starbuck – eh oui, il y en a aussi ici et l’avantage est que nous connaissons ce qu’ils proposent, le choix est plus simple.

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Toujours à pied, nous tirons vers l’est, passons le petit canal pour aboutir au cœur même de Akihabara. Le quartier fou de la lumière, des jeux, de l’électronique, des enseignes énormes comme celles de SEGA. Dans le dédale des ruelles, passant plusieurs fois au même endroit, nous finissons par retrouver les points de chute visités avec notre guide Benoît il y a un an et demi! Je lui enverrai d’ailleurs ce soir quelques photos qui me répondra-t’il, lui rappellent aussi de bons souvenirs. Son business en ligne, de vente de friandises japonaises à démarré très fort, suis contente pour lui mais déçue qu’il ne puisse plus nous guider dans des coins insolites.

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Nous avons retrouvé le tout petit magasin où nous avions fait faire, grâce à son aide, les tampons à notre prénom et juste en face K-Books, ce grand magasin de mangas. Des étages et des étages chargés à outrance de ces livres de mangas; la bande dessinée japonaise fait partie intégrante de leur culture, elle aborde des thèmes aussi variés que la politique, le jardinage, la cuisine, la romance, la guerre, etc. Elle se lit à tout âge, les héros et héroïnes se reconnaissent souvent à leurs grands yeux – les affiches, les couvertures sont attirantes et colorées tandis que l’intrigue elle-même est dessinée en noir et blanc et se lit bien sûr de droite à gauche. Quand une histoire perce, connait le succès, l’auteur ne peut plus s’arrêter et l’intrigue se prolonge sur de nombreux ouvrages. Certaines passeront en dessin animé, jeu vidéo mais surtout ce sont les objets dérivés qui impressionnent; habillement, linges, porte-clés, cartes, posters et figurines bien évidemment! Good Smile est l’une des toutes grosses fabriques de figurines, nous voulons retourner à son café officiel dans ce même immeuble mais pas de chance, la jeune fille nous interdit l’entrée – nous pensons comprendre que tout a été réservé par un groupe. Nous nous souvenons aussi de Hatsune Miku, que Benoit nous a fait connaître, cette chanteuse virtuelle aux yeux et cheveux bleus.

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Dans ces rues très animées, les demoiselles habillées en petites filles – mini-jupe/socquettes/petits souliers vernis, couettes, faux cils et pommettes rouges – distribuent des flyers pour attirer les gens dans les cafés à thème … il faudrait tout de même tenter une fois l’expérience mais avec quelqu’un d’ici, je préfère! Sur le boulevard qui nous ramènera dans notre district de Yushima, nous passons devant les studios du groupe AKB48, une autre figure de légende de ce quartier de Akihabara; un groupe de musique pop, rock, électro composé à l’origine de 48 jeunes chanteuses devenues des idoles.

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Ça circule pas mal dans les rues en fin d’après-midi mais sans embouteillages, nous semble-t’il. Les trottoirs sont eux bien noirs de monde, ils servent à tout : on y gare les vélos accrochés aux barrières, on y circule aussi à vélo dans tous sens, on y fait son petit jardin de plantes ou fleurs et souvent des arbres créent un écran avec la circulation. Les poteaux électriques prennent aussi leur place sur cet espace, de nombreuses indications y sont collées et sur les façades ou les barrières, sont accrochés souvent plusieurs plans devant sans doute permettre de repérer plus facilement les immeubles ou maisons dans les blocs environnants … bonne chance!

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Journée de forte pluie, journée de pause.

Je me dis que je pourrais essayer d’apprendre quelques mots de japonais mais la prononciation et la mémoire … alors j’installe sur l’iphone l’application imiwa? (le ? faisant partie du nom). Bonjour, bonsoir, merci, au revoir sont déjà bien ancrés, même si notre version du bonjour, je ne la reconnais jamais quand quelqu’un m’aborde …

À la découverte d’un nouveau supermarché pour le repas du soir, le traducteur s’avère efficace pour trouver la mayonnaise (ça se dit mayonēsu, ah ah … mais il fallait le savoir …  ça doit être un produit importé de chez nous) – je complète toutefois ma prononciation en montrant l’écran au commerçant; ils sont bien braves ces vendeurs, jamais un signe ni d’agacement, ni d’impatience, ni de moquerie!

Nombreux sont les salons de thé et de café qui jalonnent les rues du quartier; Yves m’entraîne dans l’un d’eux, proche de chez nous. La serveuse nous apporte avec un grand sourire, une carte uniquement en kanji … elle ne comprend ni coffee , ni tea … alors elle appelle en renfort le patron, peut-être, et nous passons à kōhī et cha – Yves apprécie son café et mon thé sera plutôt noir que vert mais on sent que l’on s’affirme. Et ce sera notre expérience du jour dans un café inconnu des touristes certainement!


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Tokyo vue de haut

C’est le corps de balai qui fait retentir notre jolie sonnette – quel service! et elles vont venir deux fois par semaine, de quoi pourrais-je me plaindre? Que ce soit la sonnette, la bouilloire, la minuterie ou le micro-ondes, tout se manifeste par une mélodie chantante et qui surprend au début.

Les japonais eux-mêmes peuvent avoir ce ton haut-perché, continu comme une litanie quand ils s’adressent aux gens dans les endroits publics. Dans le métro par exemple, des gardes en uniforme et aux gants blancs baragouinent sans arrêt; on imagine qu’ils annoncent la direction du train, les prochains arrêts, la fermeture prochaine des portes, qu’ils souhaitent le bonjour, le bon voyage, recommandent la prudence et remercient de choisir le métro – ils sont très loquaces et on n’y pige rien du tout. Le personnel dans les services publics est beaucoup plus nombreux que chez nous en Europe; ils nous seraient bien plus utiles si nous parlions japonais évidemment! Toutefois c’est efficace lorsque notre carte Suica fait sonner le portique – là on comprend de suite qu’il y a un souci – un gant blanc nous interpelle et règle le problème dans sa cahute. S’en suit un échange de thank you et domo arigato, lui en anglais et nous en japonais – cela fait partie des 2-3 mots que chacun avons dans la langue de l’autre … le sourire est lui un langage universel, et nous nous sommes mis également à la courbette d’usage. Le métro est assez facile à emprunter dès que l’on repère les noms des stations et des lignes en anglais – c’est parfois aux stations de croisement que nous hésitons un peu, que le portique se manifeste, ne comprenant sans doute pas pourquoi nous sortons et re-entrons de suite!

Les lignes Ginza et Asakusa mènent à la Skytree Tower, une de ces superbes tours offrant une vue 360 degrés sur la ville, ville de Tokyo que l’on peut appeler mégapole : 13 millions d’habitants dans le grand Tokyo, soit deux fois la population de la Suisse sur un territoire quasi 20 fois plus petit que notre pays! Des ascenseurs modernes – décor, douceur, ambiance, silence – nous montent à la vitesse de 60 mètres par minute à l’observatoire qui se situe à 350 mètres du sol; il reste encore plus d’une centaine de mètres au-dessus de nous. Woah, là vraiment l’immensité de Tokyo saute aux yeux; on aperçoit à l’infini des immeubles et des habitations – je comprends mieux pourquoi ils n’ont pas donné des noms à toutes les rues! Il y a finalement peu de très hauts buildings mais quantité d’immenses quartiers d’architecture plus ancienne et plus basse, d’habitations, commerces et bureaux. Nous avons déjà nos points de repère : l’île d’Odaiba et l’aéroport Haneda, le quartier de Roppongi et l’ancienne petite tower, le dôme près duquel se trouvait notre hôtel Niwa, le gouvernment building en forme de cathédrale française d’où nous avions admiré le coucher du soleil sur le mont Fuji, qui aujourd’hui reste invisible dans la brume. Les parcs de verdure ne sont pas très répandus, celui de Ueno près de chez nous est lui bien visible.

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Cette tour élégante repose sur un grand centre commercial, un peu tentaculaire, avec des magasins aux enseignes connues (Uniqlo, Diesel, Hello Kitty, Disney World, …) et des boutiques au décor typiquement d’ici. J’aime le raffinement de leur présentation et les magasins de gadgets, les papeteries, les commerces spécialisés pour des baguettes, des pinces ou fleurs à cheveux, des chaussettes aux doigts formés, des glaces soft … un peu insipides. Le rayon supermaché en sous-sol est hyper bien rangé, on le domine depuis le food-court, lui aussi régenté à la japonaise. Les tempuras nous tentent, on peut les choisir soi-même – après avoir fait comprendre que nous préférions du riz plutôt que des nouilles – mais ce que je pensais être une carotte s’avère être une petite saucisse style viennoise et la peau mauve de la supposée aubergine est en fait une patate douce – vive la crevette qui se reconnaît dans tous les pays! Ces grands espaces food-court américains ou chinois sont souvent un mélange de parfums et d’odeurs qui perturbent les goûts mais ici, je ne sais pas quel miracle (aspiration ou diffuseur) rien de tel ne parfume nos vêtements.

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Deux stations de métro pour se retrouver de l’autre côté de la Sumida, prendre une photo de l’œuvre de Starck à la brasserie Asahi. Et ensuite, depuis le carrefour Asakusa, un des quartiers les plus visités de Tokyo – on entend même parler français, on se sent moins seuls – le monde afflue vers la célèbre porte Kaminari-mon, porte du Tonnerre avec son énorme lanterne de papier. En face, l’office du tourisme, un beau bâtiment élancé avec des traverses de bois sur une façade de verre; notons que pour guider la foule des piétons, les lignes au sol traversent même le carrefour en diagonale.

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La rue Nakamise qui conduit au temple bouddhiste Sensô-ji est bordée d’échoppes les unes sur les autres, vendant toutes sortes de souvenirs, kimonos, éventails, getas, biscuits ou gâteaux sucrés ou salés – c’est toujours la surprise et vive la pâte de haricots rouges. Une seconde porte, avec les grandes sandales en corde de Bouddha, l’encens qui enfume, la Pagode flamboyante, un petit cimetière, un jardin avec ses lanternes et ses autels de prière entourent le temple Sensô-ji, le plus ancien et le plus célèbre de la ville, fondé en 628 et reconstruit milieu du 20ième siècle.

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La plupart des japonais s’identifient aux deux religions que sont le bouddhisme, importé de Chine ou Corée et le shintoïsme, né ici au Japon. Les sanctuaires sont les lieux de culte du shintoïsme et on y vénère un kami (un esprit plutôt qu’un dieu); on les différencie par le Torii, le portail rouge d’entrée qui sépare le lieu profane du lieu sacré. Les temples bouddhistes auront plutôt un Torii de pierre ou de bois naturel et ensuite une porte plus imposante à l’architecture japonaise traditionnelle. Les deux types de lieux de recueillement se côtoient souvent, comme c’est les cas ici avec le sanctuaire Asakusa-jinja qui se trouve juste derrière le temple Sensô-ji.

Les ruelles aux alentours sont restées traditionnelles avec commerces, cafés, restaurants, salles de jeux, à l’image du Tokyo des années 50. Nous rentrons via le carrefour géant de Ueno où je me retrouve à présent assez bien; je suis la ligne JR du train pour amener Yves découvrir mon supermarché Yoshiike, où sans presque hésiter nous choisissons un beau morceau de thon pour notre souper (c’est rouge, c’est au rayon poissonnerie … ça doit être ça). On s’en régale le soir, juste poêlé. A noter que les fruits et légumes déjà testés sont aussi goûteux.

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Sanctuaire Yushima et le parc Ueno

Le réveil est déjà plus facile ce matin et c’est le coup de sonnette du concierge venant changer le linge qui me sort de mon sommeil.

Plus besoin des parapluies pour sortir, le ciel est même bleu, le vent un peu frisquet. Les rues sont bien plus animées en semaine, ça grouille partout mais avec calme. Pas de métro aujourd’hui, je me balade dans le coin par ici et je commence à me repérer plutôt bien, sans avoir trop besoin du plan pour mon programme de la journée – de toute manière comme seuls les grands axes portent un nom et que je m’en écarte souvent, attirée par-ci par-là par une enseigne originale, c’est préférable que je sache où est le nord, avec le grand parc et l’est, avec la ligne de train JR surélevée. Et quand je me sens perdue, je m’arrête, je rigole un bon coup à l’intérieur et j’avance à la recherche d’un carrefour plus important.

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Le sanctuaire Yushima est tout proche de chez nous et ce n’est qu’en y arrivant que je me souviens l’avoir déjà visité! C’est toujours très beau, les premiers pruniers aux fleurs blanches commencent à éclore et nombre de visiteurs les prennent en photo – il y en aurait 300 dans l’enceinte. Le bâtiment principal date du cinquième siècle, dédié au Dieu de la Science – pas étonnant peut-être que l’université de Tokyo en soit voisine – et il fut entièrement reconstruit en 1995, en bois de cyprès. Yves y passera le soir en rentrant de son entrevue avec Shin – éclairé, ce sanctuaire est magnifique, magique!

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Le parc Ueno est l’un des premiers au Japon avec des musées d’art, des étangs, des temples et même un zoo. Il recouvre une vaste colline qui dominait la plaine, une position stratégique à l’époque, pour les gardiens chargés de protéger le shogun qui y avait élu domicile au 17ième siècle. Le parc est passé au travers des siècles entre les mains des empereurs et de la ville pour en faire un parc public en 1924. J’attends avec impatience, et en croisant les doigts, l’éclosion des fleurs des centaines de cerisiers qui bordent l’allée centrale. Aujourd’hui je contourne la zone de l’étang Shinobazu, réserve naturelle en pleine ville, refuge de nombreuses espèces d’oiseaux; les buildings s’y mirent sous le soleil couchant.

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Je reconnais l’allée des Torii de bois peint en rouge et celle bordée de lanternes en pierre qui mène au Tôshô-gû, un édifice shintoïste classé trésor national et récemment rénové. Un petit cabanon pour la cérémonie du thé, un magnifique restaurant en bois, les grands musées d’art, la pagode à cinq étages, une grosse cloche de bronze, … dressent le décor de cet immense espace dans la verdure où les locaux et les touristes se baladent tranquillement – certains avec leurs petits chiens, d’autres venant nourrir des chats.

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L’arrière de la grande gare de Ueno donne une vue plongeante sur le carrefour et l’entrée du Ameyoko, le marché aux puces où l’on trouve de tout – de la paire de chaussettes aux feuilles d’algues en passant par un téléphone portable- à bas prix, dans ces ruelles coincées sous les lignes de chemin de fer. Ce fut après la seconde guerre mondiale, l’endroit du marché noir pour les habitants de Tokyo qui manquaient de tout (et surtout de bonbons, raconte l’histoire). Je me laisse aller à me perdre, de gauche, de droite, dans ce labyrinthe animé, de couleurs, senteurs, lumières … avant de retrouver une avenue qui me ramènera vers le sud.

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Le supermarché Yoshike n’est pas vraiment fréquenté par des gens comme moi, un vrai supermarché de quartier où je fais quelques emplettes d’abord faciles, quand il s’agit de bananes, fraises, yaourts meiji et même du nescafé mais plus compliquées quand je cherche par exemple parmi toutes les bouteilles brunes, de la sauce soja ou teriyaki – plusieurs vendeurs sympas se mettront sur leur téléphone portable pour tenter de me comprendre et me satisfaire … je ne suis pas pressée, ça me plait! Et je procède au passage à la caisse en observant bien la marche à suivre – c’est après avoir payé, que sur une longue tablette contre un mur, j’emballe mes provisions dans les sachets. Yves a eu une idée semblable sur son chemin du retour; nous avons presque fait des choix identiques – c’est amusant – et il m’a même acheté une plante fleurie, rose comme la couleur des futurs cerisiers en fleurs.

Ce sera mon premier repas cuisiné avec ma dînette – très limitée en ustensiles. Je comprends mieux pourquoi tout est si propre et semble neuf : je pense qu’il n’y a pas beaucoup de visiteurs qui ont fait ici leur popote. Un micro-ondes et un four mais aucun plat; le lave-vaisselle n’a pas de panier pour les couverts … normal puisqu’ils n’utilisent que des baguettes; nous avions trouvé du pain … mais pas de couteau à pain dans ma cuisine! Tout ira très bien, il suffit de penser à ma cuisine en faisant les achats!

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Tokyo, métro shopping, remèdes contre la pluie

Dur dur ce décalage horaire, bien plus difficile le deuxième jour et ce ciel gris pluvieux ne donne pas envie de se lever. Les cracottes, la confiture BonneMaman, les yaourts Danone nous conviennent très bien pour notre premier petit-déjeuner à la maison; ça ne fait pas très japonais mais je préfère ainsi, pour l’instant du moins.

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Les rues nous semblent calmes, parce que c’est dimanche ou bien à cause du temps? Nous avons bien repéré sur le plan – je devrais plutôt dire LES plans – par où nous diriger : du style, à droite, deux fois tout droit, gauche puis troisième à droite … et on doit se retrouver proches du grand magasin Matsuzakaya (comme ça se prononce!). Dans la gare Okachimachi (tous ces noms ne me sont pas encore familiers, rassurez-vous mais ça viendra) nous rechargeons, à la machine automatique, nos cartes Suica pour le métro et certains trains de l’agglomération, que j’avais précieusement conservées depuis la dernière visite. Nous ne sommes pas peu fiers de nous être si bien débrouillés – avec un teint pâle, les yeux en amendes, les cheveux noirs et raides, on pourrait presque nous prendre pour des locaux!

Nous marchons un moment, tirant vers l’est avec l’idée de rejoindre la rivière Sumida – reconnaissant le quartier dit Kappabashi consacré aux commerces de la restauration – il fait froid, humide et nous capitulons pour nous enfourner dans le métro, bien au chaud. C’est à Ginza, bien plus au sud, que nous reprenons l’air frais de la surface et j’emmène Yves, à l’aide d’un souvenir pas trop précis … , à la grande librairie Yaesu. Elle comporte huit étages, où rien ne nous parle vraiment à vrai dire mais par contre il y a un tout petit coin avec des livres et revues en anglais – et nous ne ressortons jamais les mains vides d’une librairie!

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Muji est mieux que notre Ikea, nous aimons beaucoup ce magasin où l’on peut trouver de tout pour la maison, entre autres pour notre maison d’ici à Tokyo (crayons, tasses, sauce au crabe pour les pâtes découverte au Muji de Singapour). Dans ce coin que nous avions exploré ensemble, pas besoin du plan, nous avons nos repères assez faciles, comme le Forum et la gare de Tokyo, magnifique sous ses éclairages nocturnes. Eh oui, la nuit est vite tombée tandis que nous nous réchauffions dans les magasins – nous avons même réussi à dénicher un morceau de pain.

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La faim nous tiraille, surtout en nous remémorant ce restaurant en face de la gare où nous avions tant ri, et apprécié notre premier Yakiniku. Nous pénétrons dans une des tours Marunouchi à sa recherche mais plus moyen de le retrouver – ce ne sont pas les restaurants qui manquent, ce sera pour ce soir le Toraji, un Korean Charcoal. Nobody parle anglais, no problemo, on se débrouillera – on réussit à dire que l’on ne fume pas, on comprend qu’il faut se déchausser pour entrer dans notre petite loge (j’irai donc plus tard en pantoufles aux toilettes dans le centre commercial, ah ah), la table y est toute basse mais avec un trou pour les jambes, nous ne sursautons plus quand tous les serveurs souhaitent haut et fort la bienvenue à tout nouveau client! Un régal, comme toujours avec cette cuisine super parfumée et cette viande marinée très tendre que l’on grille soi-même au centre de la table – une pensée toute particulière pour Mathieu qui a adoré ce type de repas lors de son séjour à Singapour.

De là, je confirme à Yves qu’il ne doit pas se faire de souci : je sais où aller reprendre le métro et ce sera précisément sur la ligne Chiyoda qui nous amènera à deux pas de l’appartement. Les rames du métro sont bien remplies ce soir et malgré tout, c’est toujours le plus grand silence; ça nous surprend et aussi nous fait rire … en silence bien sûr! Je pensais que Yushima, notre arrêt, sur une seule ligne, serait une petite station mais une fois remontés à la surface, nous ne reconnaissons rien, absolument rien! Il fait nuit et ici seules les grandes avenues portent un nom – sinon les adresses se repèrent à un nom de quartier, un numéro de bloc et une suite de coordonnées chiffrées, bref encore du charabia pour nous. N’ayant donc même pas un nom de rue à donner pour retrouver notre immeuble, nous retournons vers la station de métro, éclairée et sur un plan tout en japonais, nous parvenons à nous repérer par rapport à un temple et une école que nous avons longée ce matin … nous dormirons dans notre lit ce soir!


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Emménagement à Yushima, près de la colline de Ueno

Kato est étonnée de nous voir arriver aussi vite à l’appartement après notre atterrissage! Nous nous sommes très bien repérés dans l’aéroport, nos valises qui avaient voyagé seules sous la responsabilité des CFF depuis Lausanne apparaissent toutes les trois sur le tapis roulant, le timing avec le train Skyliner pour Ueno est parfait – le contrôleur, peut-être pas à l’aise en anglais, ne nous demande rien et pourtant nous avons bien acheté nos tickets. Le taxi nous dépose devant la résidence Elite-Inn après une petite hésitation – même eux ont parfois de la peine à trouver des adresses!

L’appartement présente tout le confort que l’on peut espérer pour y passer un mois, la propreté est impeccable, à la Suisse, les gadgets ne manquent pas – un tableau de commande pour le chauffage, la ventilation, la déshumidification dans chaque pièce et même un tableau de bord sur le frigo, frigo à pas moins de 5 portes! Le chauffage, peut-être un peu bruyant, fonctionne rapidement et à souhait. Et je ne vais pas m’étendre une fois encore sur les fameuses toilettes hyper confortables à la japonaise (plusieurs jets, soufflerie, lunette chauffée, désodorisant … et chasse silencieuse) – j’adore!

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Kato, la gérante de l’immeuble, nous accueille avec une gentillesse très joyeuse; elle nous explique avec beaucoup d’humour le fonctionnement de plusieurs appareils et du code de vie de la résidence – il nous est demandé entre autres, de nous déchausser de suite en entrant dans l’appartement (une grande armoire à chaussures se trouve avant même le vestiaire). La literie, les voilages, les tentures sont raffinés, les meubles sont de bonne qualité et comme neufs, lit et oreillers confortables. Kato se retire alors à reculons, en s’inclinant pour nous saluer – ici il n’est pas coutume de se toucher pour se dire bonjour ou au revoir, ni accolade, ni poignée de mains.

Elite-Inn est un petit immeuble de neuf étages, deux appartements seulement par étage, dans une ruelle toute calme – c’est même incroyablement calme pour dire que nous sommes dans un quartier bouillonnant de la capitale. Ueno est en effet un gros carrefour routier-trains-métro; nous partons faire quelques repérages dans l’après-midi. Beaucoup de monde dans les rues, lumières et grandes affiches comme dans nos souvenirs, certains magasins tout ouverts sur les rues avec des aguicheurs à l’entrée – bavards, au ton chantant. Les magasins dépanneurs que nous connaissions ne manquent pas, Family Mart, 7 Eleven, Lawson et Kato nous a renseigné un supermarché un peu plus important où nous remplissons un sac-à-dos pour garnir notre grand frigo!

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Les parapluies sont de sortie, ce sera un achat du jour … un parapluie transparent très à la mode ici! Nous poursuivons vers Akihabara, le quartier de l’électronique avec des magasins fous d’ordinateurs, jeux, mangas, etc. J’achète déjà ma première petite figurine porte-clé dans une machine à boules. Les salles de Pachinko sont toujours aussi bruyantes mais j’avais oublié les magasins qui vendent des petits chiots tout mignons. Les restaurants sont repérables souvent par les bandes de tissus à leur devanture et il est préférable d’en choisir un avec des photos ou des assiettes modèles en silicone car les menus en anglais ne sont pas fréquents ni détaillés. Nos deux premiers repas seront déjà très biens, correspondant à la commande passée, sans surprise et très bons – de suite une Sapporo et du saké assez bien choisi.

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À l’entrée de la résidence, nous avons vite reconnu le présentoir en forme d’escaliers sur lesquels sont exposées des poupées représentant l’empereur, l’impératrice, leurs serviteurs, dans des costumes traditionnels d’époque – comme nous en avions vu lors d’une visite avec Shin et Tobby l’an dernier. C’est en effet ce week-end le Festival des poupées ou fête des filles; celles-ci sont à l’honneur dans leur famille, avec des vœux de prospérité et de bonheur. La tradition remonte à très longtemps; les ancêtres transféraient leurs péchés dans certaines poupées qu’ils jetaient ensuite à la rivière.

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Et nous voilà samedi soir : les valises sont vidées, tout a trouvé sa place, le quartier est repéré, nous nous sentons déjà très bien installés … comme chez nous!


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Le jour J, sans photos, seulement des images rêvées …

Midi et demi, à la porte 53 de l’aéroport de Zurich, nous sommes entourés de japonais. Aucune erreur possible, nous sommes bien au départ du vol pour Tokyo et nous, suisses, serons en très nette minorité dans l’Airbus 340 qui doit nous mener à destination, après douze heures, par dessus la Sibérie avant de plonger vers le pays du Soleil levant. Même à Zurich, nos compagnons de voyage sont nombreux à porter le masque – eh oui, de suite dans l’ambiance – Mathieu me confirme que la grippe règne! Notre Mathieu qui nous a laissés ce matin à la gare de Morges, avec un sayonara chantant. Tandis que Thomas nous a fait la surprise d’apparaître sur le quai pour un tout dernier au revoir, avant de partir pour une superbe journée de ski dans nos belles montagnes suisses.

C’est le jour J, J comme Japon; ce Japon qui fait rêver Yves depuis plus de trente ans pour ses traditions, ses arts martiaux, ses samouraïs; ce Japon qui a vu s’envoler pour moi les angoisses et les craintes anticipées qui se sont avérées quasi injustifiées lors de nos courts séjours l’an dernier et qui m’a fascinée par ses contrastes. Des quartiers flamboyants d’énormes enseignes lumineuses, des carrefours noirs de monde se croisant dans tous les sens, des centres commerciaux animés et resplendissants de nouveautés mais aussi des temples, des sanctuaires, des rues traditionnelles, des jardins et des parcs qui inspirent la quiétude, la beauté, l’harmonie, la sérénité.

Le Japon s’étend comme un archipel volcanique de plus de trois mille kilomètres de long, offrant des paysages aussi variés que tout au nord les forêts du Pays de la Neige, près de la Russie et tout au sud les récifs coralliens de l’arc d’Okinawa et son chapelet de cent-quarante îles, plus proche de Taïwan que de Tokyo. Nous n’aurons le temps ni l’envie de courir d’une extrémité à l’autre de ce pays décoiffant; il est fort probable que ce soient les régions du centre – du Kanto au Kansai – que nous prendrons plaisir à découvrir lors de ce séjour.

Le printemps est la saison recherchée pour visiter le pays; tout le monde a entendu parler, vu des photos de ces fabuleux cerisiers japonais en fleurs – le célèbre cherry blossom – comme une fête en soi.
Ceci est un article sans photos, juste un teaser, qui permet de rêver en attendant la réalité qui devrait être à la hauteur de nos espérances …


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Une activité hors du commun

Ce matin Shin vient nous chercher à l’hôtel avec sa petite fille, Seri, de 8 ans pour nous faire assister à une activité très originale qu’il organise à Tokyo pour la quatrième fois. Shin est un fan du BM Canvas et est également très proche du monde des enseignants et de l’éducation ‘ludique’. Il a réuni ce matin une dizaine de coupes « enfant avec maman ou papa » pour les faire jouer et créer autour de projets novateurs, futuristes.
Dans le métro, pas de panique si mon chapeau tombe sur les rails ...

C’est ainsi que nous nous retrouvons à FreeWill, dans de petites classes d’une prep-school; un des fondateurs est justement un participant et nous comprenons qu’il a ouvert cette école pour aider les jeunes à préparer des examens, des tests d’entrée ou récupérer des lacunes. Ses élèves ont entre 7 et 20 ans … drôle de coïncidence; voici quelqu’un avec qui je pourrais travailler si nous vivions ici. Si ce n’est évidemment que la langue serait un sacré frein!
Notre école pour ce matin, avec Seri
La matinée se déroule tout en japonais, il n’y a que quelques adultes qui parlent un peu l’anglais. Mais c’est passionnant et émouvant pour Yves de voir, à l’autre bout du monde, ces gens tellement motivés par son modèle qui est utilisé à des fins tout autres que pour les entreprises. Il y a cinq tables avec deux adultes et deux enfants par table. Ce sont les enfants qui sont les plus actifs dans le démarrage de l’atelier. Sur une grande feuille blanche, chacun dessine comment il se projette dans le futur – ils ont emporté avec eux des livres de mangas ou d’histoires pour s’en inspirer.
Shin présente le projet en japonais Dans la salle de classe ça se construit On cherche les idées
Certains se voient comme une personne riche pour pouvoir voyager, ou en inventeur d’un four qui cuisinerait tout seul de bons petits plats à partir de tous les ingrédients qu’on lui mettrait dans le ventre, ou encore cette petit fille qui se voit ouvrir une porte et se retrouver déambulant dans un monde imaginaire … Les feuilles se garnissent de couleurs et on reconnaît par-ci par-là un don indéniable pour le dessin. Chaque table va ensuite se focaliser sur un projet et à l’aide de post-it réfléchir à la réalisation, aux contraintes, au public cible … de leur hypothétique activité future et ce, quasi avec les mêmes termes et la même démarche que ce qui se fait dans les séminaires professionnels. C’est juste incroyable, c’était jusqu’à ce jour pour nous inimaginable … et pourtant chacun est hyper motivé et passe ainsi son dimanche matin!
Table bien garnie de l'atelier Présentation des résultats

Shin a invité à se joindre au groupe, des enseignants de la région d’Osaka qui depuis cet automne utilisent dans leur école – une école publique régulière – le modèle avec les enfants pour créer des histoires et avec les enseignants et les élèves pour faire évoluer les activités de leur établissement. Ils ont fait un sacré travail en traduisant en anglais plusieurs de leurs Canvas et nous recevons un premier livre d’enfant, né via la méthode et que Sakuma a publié lui-même – en japonais et en anglais. C’est profondément touchant de voir leur émotion de nous rencontrer et ils ont adressé une lettre de remerciement, avec leur grand souhait également que Yves puisse un jour visiter leur école.

C’est l’heure du pic-nic et je reconnais chez les enfants les jolies boîtes remplies de bonnes choses que la petite Aïka de Lonay a toujours pour les sorties en course d’école. Chaque parent avait lu le livre BMG avant de participer à cette matinée et c’est donc un défilé pour les dédicaces et les photos. Une matinée inoubliable! Le soir même l’événement sera sur le page FaceBook de Shin …
Trop mignon ! Lunch box Sur le site de Shin le soir même

Chemin faisant vers la station de métro, nous discutons chacun avec une maman et les enfants se pressent proches de nous. Encore des accolades, une toute dernière photo et nous partons nous deux vers le quartier de Roppongi.
Isabelle et ses enfants

On déniche ici a Tokyo des petites splendeurs derrière des façades communes. Nous nous faisons un peu aider pour trouver cette adresse qui valait drôlement la peine – Gonpachi. Dans une immense bâtisse faisant penser à un château fort – a dit le monsieur japonais qui nous a aidé – un restaurant au décor ancien, tout en bois et où nous mangeons super bien – tempuras de poulpe, riz frit aux légumes et fruits, steak wagyu succulent, brochettes de foie gras avec fraises rôties et balsamique! C’est ici que furent tournées des scènes du film Kill Bill!
Restaurant Gonpachi

La Mori Tower domine bien en vue dans le quartier, c’est un complexe de boutiques, bureaux et surtout au cinquante-deuxième étage un musée d’art moderne que nous parcourons rapidement. Tout au sommet, la ronde Tokyo City View donne, comme son nom l’indique, une des plus belles vues de la ville. Le temps est clair, lumineux, c’est parfait! Nous repérons à présent assez facilement les centres d’intérêt principaux de la capitale.
Mori Tower Devant Mori Tower Vue sur Tokyo Vue sur Tokyo Mori Tower

Mon petit guide mentionne un autre musée, le National Art Center, surtout remarquable pour le bâtiment lui-même; un édifice dont la façade en verre ondule sur cent soixante mètres et ouvre sur un vaste atrium translucide. Les couleurs à la tombée du jour sont magnifiques … et nous quittons Tokyo tard ce soir avec toujours cette même impression d’une ville, d’un pays qui nous enchantent.
National Art Museum Consigne pour les parapluies !! National Art Museum National Art Museum

Aéroport Haneda Tokyo Aéroport Haneda Tokyo


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Des temples, la rivière et le premier workshop de Tokyo

C’est seule aujourd’hui que je pars rayonner dans les rues de Tokyo; j’ai choisi d’explorer un quartier proche de la gare de Ochanomizu, à un arrêt de l’hôtel. En cherchant mon chemin, j’entre un peu par erreur dans un petit sanctuaire Confucéen; le style des temples et des pavillons est différent des autres, tout laqué noir où ressortent bien les kanjis couleur or. Yushima seido renferme également un collège.
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Un peu plus loin, je trouve mon objectif initial, Kanda Myojin, un pimpant sanctuaire shintoïste fondé au huitième siècle, dominant sur une colline. Les fidèles sont nombreux sur le large parvis autour duquel sont réunis les lieux d’offrandes, de prières, de partage, de commerce; ils y prient les kami – divinités ou esprits – du mariage et du succès dans les affaires, que l’on repère dans différents petits autels tout autour du sanctuaire principal. La porte d’entrée, à deux étages, fut reconstruite dans les années 1990, en bois de cyprès. Les peintures vermillon et les figures de créatures fantastiques, aux couleurs vives laquées sont les principaux attraits pour moi comme touriste.
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Je remonte sur mon plan et aussi dans les rues en pente pour découvrir, cerné au milieu des immeubles Yushima Tenjin, un ravissant temple où l’on vénère depuis le quatorzième siècle Sugawara Michizane, poète du neuvième siècle devenu divinité du Savoir! Au moment des examens, les étudiants affluent et je peux le croire au vu des tonnes d’emas, ces plaquettes votives en bois accrochées autour du bâtiment principal de ce sanctuaire. Des échoppes de souvenirs, d’amulettes et de nourriture sont en nombre important dès la porte principale et un jardin tout mignon permet aux gens de s’y asseoir pour un pic-nic simple et convivial, semble-t-il. Les pruniers sont en boutons, ils attendent certainement que toute trace de neige ait fondu pour éclore de leurs fleurs aux tons de rose et faire renaître le Hanani, coutume japonaise d’admirer les arbres en fleurs.
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Je progresse dans les ruelles vallonnées et une flèche indiquant Kyu Iwasaki-Tei Gardens me fait dévier de ma direction. Il s’agit d’une superbe propriété, perchée sur un promontoire, résidence du premier fondateur de la société Mitsubishi. La bâtisse, construite en 1896, se compose d’une partie de style purement pavillon japonais et qui servait d’appartement privé à la famille. Adjacente, l’imposante maison de style occidental, avec un balcon à colonnade à l’étage, permettait d’y recevoir et héberger les amis et les relations. Ce mélange de styles traduisait la richesse, la réussite, la prospérité, la modernité de cet empire commercial.
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Le vent souffle fraîchement, je me réfugie dans le métro en direction de Tokyo Station, une grande gare où se croisent les lignes de train, de métro, de shinkansen – les tgvs japonais. A l’est de la gare, s’étend Ginza, le centre des magasins et en fait partie le quartier appelé Yaesu où Tobby hier m’a parlé de la plus grande libraire de la ville. Je monte dans les étages, vers les rayons en langues française et anglaise, trouve quelques revues pour Yves et je m’installe ensuite à la cafétéria pour rédiger tout en faisant ma pause de la journée.

Plan en mains, je traverse des rues, me dirigeant vers un canal puis vers la Sumida où nous sommes passés hier sur notre bateau. Les couleurs sont superbes en cette fin d’après-midi, le ciel au loin est orangé là où le soleil disparaît derrière les immeubles, les ponts sont éclairés de bleu ou de jaune, la lune est pleine et nous sourit dans un ciel pur … j’envie les habitants des appartements qui longent cette rivière toujours animée par le passage des bateaux.
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Shin a envoyé une adresse, où je devrais les rejoindre vers 18 heures pour partager le repas du soir. Un nom de quartier, des numéros en série … heureusement qu’il m’a dit que le bâtiment se trouve en face du fameux magasin Mitsukoshi mais je n’ai plus le temps de m’y faufiler. Je trouve non seulement le building mais aussi l’étage et la salle où a eu lieu le workshop. Et là, j’épate les japonais, ils n’hésitent pas à m’appeler la swiss super woman ! Leurs femmes à eux aussi sont des super women, qui bossent, font le ménage, s’occupent des enfants et si elles ont le malheur d’engager une femme de ménage ou une baby-sitter, Shina m’a dit qu’elles sont considérées comme des fainéantes. Quand je pense à la vie des femmes expatriées à Singapore, je n’ose en parler …
Pour le workshop Shin a réuni vingt-cinq personnes, d’horizons variés, des entrepreneurs, des académiques, des médecins et tous sont très enthousiastes. Shin, Tobi, Tsutsumi et Yves ont animé la journée ; à la sortie, on dirait une grande famille … ils se connaissent déjà tous. Pendant que Yves signe les livres et pose pour les photos, certains viennent me saluer dans la salle de réception … ce n’est pas difficile de deviner qui je suis! Un jeune vient même me donner sa carte, il a fêté cette semaine ses trente-cinq ans et il lance un business de bistrots au décor nordique et avec du café finlandais. Le séminaire de ce samedi semble lui avoir donné une énergie terrible. Il connaît un peu la Suisse, son épouse a fait ses études au Rosey!
Toutes ces personnes sont vraiment attachantes … parviendra-t-on à les revoir ou à garder le contact? Ce serait presqu’un job plein temps!
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Shina nous fait faux bon pour le repas du soir, il faut dire que nous sommes un samedi soir. Nous sommes six pour le repas, Shin nous emmène dans un restaurant chic, de cuisine française – ils se font autant plaisir eux-mêmes avec ce choix, pense-t-on. Le service est stylé, le menu est recherché et c’est Yves qui a la tâche de choisir le vin. Tsutsumi est de compagnie très agréable, aussi bavard et enjoué que Shin et Tobi; les sujets de discussion sont variés, on parle de l’Europe mais aussi de l’Asie, des écoles et des voyages, des enfants et des relations de travail … Et cela se clôture par une jolie photo de groupe et des accolades, avec l’espoir de se revoir.
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