Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Reprise du rythme …

Un peu difficile après ces dix jours animés de me retrouver seule, devant les tâches administratives et ménagères; beaucoup de rangement, nettoyage, lessive et courses. J’y vois vite plus clair et me plonge alors dans la rédaction de ce superbe voyage à New-York, sans oublier que je dois organiser la suite et les quelques jours à Québec avec Olivier dans deux semaines à peine.

Il fait beau et chaud souvent; à l’intérieur le ventilateur prêté par Martine me rend la vie plus agréable. Mais je ressens le besoin de m’évader; je retourne vers la rue Laurier où je trouve un charmant salon d’esthétique et une boutique d’articles ménagers tentants!
Dans le Parc Mont-Royal, j’aime m’installer sur un banc pour grignoter un pic-nic, rédiger et regarder les gens qui comme moi profitent de la chaleur dans un magnifique parc de verdure. Le Lac aux Castors est à présent tout beau tout neuf et même les canards ont repris leurs habitudes. Je prolonge jusqu’au Chalet avec le point de vue et prends place ici sur un siège québécois confortable.

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Je n’oublie pas la famille et les amies, un peu délaissées quand j’ai des visites mais qui elles peuvent me suivre sur le blog – ‘je sais tout de toi‘, m’écrit Marie-Françoise. Nous pensons à Trish et Alan qui sont fort heureusement en Europe, en Grèce puis au Portugal pour leurs vacances alors que Toronto est sous eau de manière impressionnante à cause des orages. Et on parle encore énormément de la catastrophe du Lac-Mégantic, une véritable horreur qui n’est pas due à un événement nature mais bien humain.

Cette semaine se déroule à HEC, une école d’été organisée par Mosaic, le pôle créativité et innovation. Yves y donnera un cours samedi pour une septantaine d’enseignants, de cadres d’entreprises et de chercheurs, canadiens et venus d’Europe. Il participe déjà à quelques conférences, déjeuners et visites d’entreprises comme Bombardier, Le Cirque du Soleil, Ubisoft. Le groupe se déplacera ensuite vers Barcelone pour une seconde semaine de formation.

Mercredi alors qu’il prend un petit-déjeuner à la Croissanterie Figaro avec son collègue Luis, leur voisin de table sort le livre BMG qu’il feuillette. Luis lui demande alors s’il le trouve intéressant et à sa réponse hautement affirmative, Luis lui présente ‘l’auteur‘. Ce sont les accolades, les félicitations, les échanges de carte de visite et en prime une photo! Jolie coïncidence …


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Excursion sur un demi-tour de l’île …

Alain et Martine viennent pour ‘ramasser‘ comme prévu pour nous faire découvrir les bords du fleuve. Nous allons parcourir la partie ouest de l’île, depuis au sud le parc René Lévesque au niveau des Rapides de Lachine, longeant la côte le long du Lac Saint-Louis jusqu’à l’écluse qui passe vers le Lac des Deux Montagnes, atteindre Pierrefonds sur la rive nord de l’île avant de replonger dans la ville. Une jolie découverte, commentée par nos amis qui ont d’ailleurs habité dans cette région, balade que nous ne pourrions faire sans voiture.

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La première étape au Parc des Rapides à LaSalle me plait énormément, c’est d’ici que l’on peut bien observer les rapides sur le Saint-Laurent, avec à l’horizon l’île des Sœurs et regarder les visiteurs qui s’y aventurent en rafting. A cet endroit, le fleuve se rétrécit, forme un goulot encombré d’îlots et de rochers qui ont rendu impraticable longtemps la navigation, forçant de véhiculer les marchandises par la terre entre Lachine et Montréal et c’est l’ouverture du Canal de Lachine en 1825 qui rendit accessible l’entièreté de la voie navigable.

La presqu’île est également depuis des années un refuge d’oiseaux migrateurs; un écosystème que les gens sillonnent à pied ou à vélo – les chiens ne sont pas autorisés – et où les amateurs ornithologues installent leur longue vue, nous pensons bien évidemment à nos amis Marie-Noëlle et François. Martine et moi papotons en admirant ce parc bien entretenu, observant la pêche aux petits poissons, le vol des mouettes, des goélands et des hérons, le joli plumage du carouge à épaulettes, le dandinement des oies et aussi les espaces verts et fleuris magnifiquement entretenus, avec cette note sauvage. Le chant des oiseaux, le remous des rapides sont un agréable bruit de fond. Nos hommes s’y attardent moins longtemps mais Alain sait bien lui que le reste du parcours qu’il a prévu est encore long. J’y reviendrais bien m’y balader en prenant le train.

Après LaSalle, la localité de Lachine où nous étions venus manger avec Marie-Paule et Mohktar et ensuite nous traversons le Canal, admirons les jolies écluses qui fonctionnent à présent pour la navigation de plaisance et faisons halte au Centre Historique du Commerce de la Fourrure de LaChine. Une visite très intéressante dans ce petit musée, au bord du Lac Saint-Louis, qui fait revivre l’époque d’antan, du début du troc entre les colons et les amérindiens. C’est un vieux hangar de pierre qui a été construit par Alexandre Gordon de la Compagnie du Nord-Ouest en 1803 pour entreposer les fourrures et autres biens d’échange.

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Les tout débuts de l’histoire de la Traite des Fourrures remonte à l’époque de Jacques Cartier au seizième siècle; les seuls européens qui trouvèrent un intérêt à rester au Canada furent les pêcheurs bretons et basques pour la morue de Terre Neuve. Ils trouvèrent plus économique de la faire sécher là sur place avant de la rapatrier en Europe et ainsi entrèrent en contact avec les Amérindiens; ceux-ci étaient grandement intéressés par tout ce qui était en fer ou en métal et proposaient en échange des fourrures. Les européens se virent grands amateurs surtout de la fourrure de castor pour les chapeaux de ces dames et hommes anglais et français. Et c’est le début de ce troc que l’on appelle La Traite des Fourrures.

Petit à petit le commerce devient organisé entre les français et les amérindiens; des traités sont négociés, la Compagnie du Nord-Ouest est créée dans les années 1784 et elle entre en concurrence avec sa rivale, la Compagnie de la Baie d’Hudson, aux mains des anglais depuis plus longtemps. La rivalité dure jusqu’en 1833 où la Compagnie de la Baie d’Hudson absorbe celle du Nord-Ouest. Des forts et des comptoirs de traite sont construits où les fourrures sont échangées contre des biens de consommation; ainsi Fort William fut le siège de la Compagnie du Nord-Ouest, situé en Ontario à un endroit stratégique pour le transport fluvial entre les grands lacs et la voie maritime du Saint-Laurent ; alors que la Compagnie anglaise sortait du continent, plus au nord, dans la Baie d’Hudson. Montréal va perdre un peu de son importance quand la Compagnie des canadiens français se fait absorber mais ce fut pendant deux siècles la traite des fourrure qui fut la ressource la plus importante de la Nouvelle France – ensuite le bois et le blé – et de nos jours encore, une part conséquente des fourrures sont issues du Canada. Le climat rigoureux rendrait les fourrures plus drues et plus soyeuses qu’ailleurs, que ce soit le castor, le raton laveur, le cerf, la martre, le vison, l’ours, le renard, la loutre.

Les personnes qui travaillaient pour une de ces Compagnies de Traite des Fourrures en Amérique du Nord, s’appellent les ‘voyageurs‘. Ils étaient règlementés par les autorités françaises ou anglaises et on leur délivrait un permis pour légitimer et rentabiliser le commerce; auparavant, on les appelait les ‘coureurs des bois’. Sans eux, probablement que les relations entre les Amérindiens et les Européens auraient été différentes; ici chacun y trouvait son avantage.

Le hangar que nous visitons servait d’entrepôt d’où partaient les ‘voyageurs’ de la Compagnie du Nord-Ouest pour rejoindre en canot le Fort William, via la rivière des Outaouais, la rivière Mattawa et la baie Géorgienne. Les trajets étaient possibles de mai à octobre, le trajet pouvait durer une vingtaine de jours, à raison de seize à dix-huit heures de canotage et aussi de portage. Certains tronçons n’étant pas praticables, à cause de rochers, d’une chute d’eau ou d’un courant fort, ils devaient porter le canot et les marchandises contenues, du grain, des outils, des couvertures et des fourrures. Les présentations sont très visuelles et un film tente de nous montrer ce qu’étaient ces expéditions. Voici un bien long récit … mais cela m’a éclairée sur le début des relations entre les colons et les autochtones.

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Reprenant notre route le long du Lac Saint-Louis, nous passons à Pointe-Claire puis Beaconsfield où Alain s’arrête devant leur ancienne maison – pas assez longtemps au goût de Martine qui semble nostalgique de cette période – , dans un quartier avec de jolies vieilles maisons typiques. Après Baie d’Urfé, nous arrivons à Sainte-Anne-de-Bellevue où une pause plus longue nous fait découvrir tout d’abord un ancien magasin général qui vend vraiment de tout et ensuite l’écluse qui assure le passage entre le Lac Saint-Louis et celui des Deux Montagnes, permettant de rejoindre Ottawa. Ici aussi le Canal de Sainte-Anne – un canal au milieu du lac – a permis de contourner les Rapides sur le Saint-Laurent. Plusieurs bateaux de plaisance, de construction nord-américaine sont amarrés aux quais et nous nous plaisons – ou du moins, je me plais – à rêver d’une virée sur les eaux canadiennes. Un petit verre en terrasse, pas terrible alors que l’endroit est très beau, et c’est parti pour la dernière étape de notre excursion – Louba va bientôt s’impatienter.

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Senneville est vraiment à la pointe ouest de l’île de Montréal, un endroit où la taille des propriétés laisse augurer que c’est une agglomération pour gens fortunés. La route est étroite et vallonnée, elle sillonne au milieu des forêts … ‘le chemin des écoliers’, comme dit Alain; à se demander si nous sommes toujours bien à Montréal. C’est tellement beau et sauvage, pourvu que cela puisse rester intact! L’arboretum Morgan est une superbe réserve forestière de deux-cent-cinquante hectares qui se situe sur le campus Macdonald de l’Université McGill; voici un but de promenade à retenir et l’hiver on y pratique bien évidemment le ski de fond. Le parc du Cap-Saint-Jacques, PierreFonds et le boulevard Gouin qui longe quasiment toute la côte nord de l’île terminent cette très jolie découverte des endroits plus campagnards, plus retirés de Montréal. Et c’était probablement la dernière escapade de cette année avec Martine et Alain; les week-ends diminuent avant notre retour et nous avons de part et d’autre déjà des engagements.

Le soir nous descendons Place des Arts pour la clôture du Festival de Jazz, un festival qui a offert quelques huit-cents concerts et autant d’activités et animations annexes. Ce sont Amadou et Mariam, un couple de malais aveugles, qui terminent en beauté cette semaine. Ils sont considérés comme des ambassadeurs de la musique du monde, ils chantent leur optimisme pour la paix. La fête est belle, la foule est nombreuse même si la pluie s’est encore une fois invitée mais les gens se déhanchent sous leur parapluie et la musique réchauffe les cœurs comme un rayon de soleil.

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Balade avec trois amies de Nice

Yves m’emmène ce matin pour un petit-déjeuner à la Croissanterie Figaro, au croisement de Hutchison et Fairmont, dans ce beau quartier d’Outremont. Un décor parisien, une terrasse fort agréable, des viennoiseries, jus et yaourts excellents pour bien débuter la journée. Et ce matin c’est l’heure du rassemblement de la communauté juive orthodoxe, ils défilent sous nos yeux, avec de longs manteaux noirs et des toques en fourrure alors qu’il fait drôlement chaud et même les enfants sont bien endimanchés.

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Cette semaine HEC et l’université de Montréal organisaient le Colloque EGOS, sur la gestion organisationnelle et les sciences sociales; c’est une énorme association européenne, qui se rassemble pour la première fois en Amérique du Nord. Plus de mille six cents participants, venus de quarante-six pays sont venus participer à cette conférence, dont notre amie Stéphanie de Lausanne qui y présenta un article avec une ancienne collègue de Nice. Anne, une de leurs copines, de Nice également en a profité pour venir passer une semaine de vacances à Montréal et nous retrouvons nos trois filles au marché Jean Talon. Je ne manque pas de leur montrer la Maison des Saveurs, où chacune trouve pas mal de bonnes choses à ramener; nous avons même la chance de pouvoir goûter du beurre d’érable – qui ne contient ‘beurre‘ que dans le nom. Les sacs sont lourds lorsque nous quittons la boutique.

Et je reprends le même itinéraire qu’avec Mathieu, à savoir le métro jusque Mont-Royal et ensuite la rue Saint-Denis. Je récupère au passage ma Balanzza chez MEC et c’est chez ZONE, que chacune trouve encore à se faire plaisir … Stéphanie rêve d’un magasin tel que celui-ci près de chez elle; avec son compagnon, ils vont en effet emménager dans une maison à Chardonne très bientôt. Anne a elle un peu d’avance sur ses amies, vu qu’elle n’a pas participé au colloque et je lui trouve pas mal de traits de ressemblance avec moi; plan à la main, elle a parcouru des kilomètres dans la ville, chaque jour durant de longues heures!

Une pause que nous pensions courte à une terrasse va se prolonger mais les jus pressés frais en valent la peine. Je propose un écart par rapport à la rue principale pour découvrir le charme de Duluth, avec ses façades peintes de jolis motifs et ses maisons originales. Ensuite les filles m’entraînent pour une grande première : une Fish Experience. Toutes les quatre alignées – Yves a préféré se balader en nous attendant – nous rions beaucoup aux chatouilles de ces mini-poissons qui nettoient nos pieds et le résultat est fort agréable.

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Alors qu’elles nous demandent un conseil pour un restaurant ce soir, avec l’envie de homard pour certaines, je ne me prive pas de donner le ‘Gibby’s‘; elles en seront enchantées, elles aimeront le cadre et ne termineront pas non plus leurs assiettes! Anne a également repéré les bonnes affaires à dénicher chez Tommy Hilfiger et y emmène ses copines alors que nous rentrons chez nous; quelques courses au marché pour un bon petit souper à la maison.

Aux nouvelles sur notre continent, deux catastrophes sont à la Une ce samedi. Un avion Asiana s’écrase à l’atterrissage à San Francisco faisant de nombreux blessés, les photos sont saisissantes et les raisons du crash sont interpellantes. Et plus près de chez nous, c’est un train fantôme qui a déraillé et explosé cette nuit au milieu du village Lac-Mégantic. Je n’ose imaginer la frayeur, l’horreur qu’ont dû vivre ces gens, comme si c’était la fin du monde. Les images sont incroyables, effroyables; un village réduit à néant, avec de nombreux morts et disparus pour l’instant et tout ce pétrole brut qui s’écoule dans le lac et risque de rejoindre le Saint-Laurent. Mais comment est-il possible qu’un train de septante wagons avec du pétrole, puisse s’élancer ainsi sans chauffeur?

Martine me confirme avant le coucher qu’ils passeront nous chercher demain midi pour une balade le long du fleuve.


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Relax à BOTA avant que Mathieu ne nous quitte …

Pour son dernier jour, je propose à Mathieu une activité très très relaxante … un Spa … et qui ne lui coûtera rien ni n’alourdira plus encore sa valise. BOTA BOTA, le Spa sur l’eau, est le concept original d’un bateau transformé en espace de détente et de bien-être. Dans une atmosphère qui se veut des plus silencieuses, nous parcourons le ‘circuit d’eaux’, passons des jacuzzis, au bain de vapeur, aux poufs et aux transats sur le pont flottant. De loin sur le quai du port, les touristes – comme moi plusieurs fois – doivent nous envier. ‘C’est la belle vie’, je le reconnais, je l’assume et je sais que je le dois à Yves, sans qui ces séjours et ces rencontres extraordinaires n’auraient pas lieu. Le restaurant au décor de bateau avec des hublots, propose une carte de mets diététiques et raffinés; top classe!

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Yves a fait une présentation remarquée aux personnes du top management de Desjardins, dont l’un d’eux a suscité l’événement d’aujourd’hui suite au séminaire de Mosaic à HEC début juin. Tous sont très satisfaits, que ce soient les financiers ou les responsables de l’innovation.

Après un verre tous les trois ensemble – le dernier pour Mathieu ici avec nous – au Jardin de Nelson, nous rentrons chez nous pour une douche et vérifier que les bagages sont bien complets. Il a trouvé enfin une copine qui le prendra à la gare de Morges. Thomas travaille le samedi et Anaelle est en vadrouille dans le nord de l’Italie avec des copines – elles ont d’ailleurs eu des soucis avec la voiture.

Je réserve toujours à présent nos taxis chez Diamond; ils sont ponctuels, Mathieu nous quitte à 17h30, super enchanté de son séjour. La surprise arrive une fois installé à la porte d’embarquement : le vol est annoncé avec un retard probable de 4 heures! La raison mentionnée est un problème moteur, ce qui n’est pas pour rassurer la maman. L’attente est longue. Et si seulement j’avais accepté la proposition d’Alain mais Mathieu tue les heures en lisant, somnolant et chattant. Je parviens à trouver le sommeil quand il me dit qu’ils ne partiront pas avec cet avion mais bien à bord d’un autre qui arrivera de Toronto. Et au réveil demain matin, j’aurai son sms ‘landed‘ pour un ‘tout est bien qui finit bien‘.


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Jean-Talon, Saint-Denis, soirée Magie-Mikado-Bilboquet

Hum, j’aime le parfum du tilleul devant ma fenêtre et le long de notre rue. J’emmène Mathieu pour découvrir le bel environnement de travail où son papa s’est installé depuis deux mois. L’architecture du bâtiment est vraiment originale et le décor de verdure apporte un cachet particulier à l’école. Yves s’y sent bien et nous découvrons sur ses murs les post-it de sa prochaine présentation.

Le métro nous amène à Jean Talon, dans le quartier de la petite Italie, où l’énorme marché séduit notre fils. Si j’habitais tout près, je viendrais chaque jour faire mes emplettes pour le repas; c’est ce que tout le monde se dit en le découvrant. Nous grignotons des côtes levées, sur un banc avant de pénétrer dans la Maison des Saveurs, la boutique par excellence pour des produits typiquement locaux. Mathieu a de la peine à se restreindre, tout est trop tentant, cela fait de beaux petits cadeaux … mais le poids est vite là! Et la journée ne fait que commencer.

Nous profitons encore du métro pour déboucher à Mont-Royal sur la rue Saint-Denis, la deuxième rue pour le shopping après Saint-Catherine que nous avons ‘ravagée, hier. Sur recommandation de Cédric, je vais m’enquérir chez MEC – un magasin coopérative de vêtements, articles de sport, de loisir et de montagne découvert à Vancouver – de leur Balanzza, qui me permettra de calibrer nos bagages pour le retour. Les serveuses peuvent le faire venir du plus gros magasin mais je dois pour cela atteindre un certain montant d’achat … et voilà comment je me retrouve avec une jupe et un top tout neufs. Leur système informatique a bonne mémoire, il retrouve une Isabelle Pigneur avec une adresse et téléphone de Vancouver, s’il y a dix ans.

Mathieu me fait zizonner à nouveau d’un trottoir à l’autre; encore un magasin de magie, un Urban Outfitter, etc. Je lui fais découvrir les tableaux végétaux mais surtout il aime les ustensiles et gadgets chez ZONE. Nous nous retrouvons encore une fois avec les bras et le dos qui pèsent – j’aurai fait plus d’achats avec Mathieu en deux jours que moi seule depuis deux mois – il fait chaud et moite; sous Sherbrooke, ce ne sont pas les bistrots qui manquent. Au Saint Bock, le serveur nous conseille parmi la quantité impressionnante de bières à la carte. Et c’est le retour maison, avec le bus 51 en finale bien sûr.

Mathieu tente de caser tous ses surplus dans la valise et se prépare pour le mini-spectacle. Martine et Alain se sont dits intéressés par quelques tours de notre magicien. Ils arrivent à 19 heures tapantes, Alain est en grande forme, ils sont tous deux contents de revoir Mathieu. Celui-ci les épate avec ses manipulations, devant lesquelles nous sommes toujours émerveillés nous-mêmes. Martine s’exclame, n’en croit pas ses yeux et Alain en reste sans voix! Je ne l’ai jamais vu ainsi, à ne savoir que dire! On sent qu’il bouillonne à l’intérieur et se pose mille questions pour ‘comprendre’. Mais le magicien n’explique pas ses tours ou s’il fait semblant de s’y soumettre, cela perturbe encore plus. Martine me dira qu’ils en ont reparlé ensemble et ont cru soulever une piste de réponse … j’attends de les voir à l’œuvre, ils ont une année pour s’entraîner!

En tout cas cela a mis de l’ambiance même si avec nos amis, elle est toujours joyeuse. J’ai réservé pour ce soir au Mikado sur Laurier; on y déguste de délicieux et copieux sushis très originaux. Il est vrai que ma première idée avait été le Communion, j’ai changé d’avis ce matin suite au repas gargantuesque d’hier soir et Alain m’en veut un peu car lui, ne sachant pas, a mangé des sushis à midi. Cela fait partie de nos taquineries habituelles. Le serveur est de bonne composition, notre ami est dans une forme des grands jours et ne se prive pas pour brusquer – gentiment- le brave garçon. L’attente est un peu longue mais les discussions ne tarissent pas et le menu est excellent.

Surprise au retour, Alain fait un détour par l’avenue Bernard et nous découvrons les fameuses glaces du Bilboquet, dont Lucy m’avait parlées. Miam, elles sont drôlement bonnes; excellente initiative. C’est juste dommage que Martine ne puisse partager notre plaisir.

Mathieu nous quitte déjà demain et Alain semble offusqué qu’il prenne seul – à 22 ans – le taxi pour se rendre à l’aéroport. Il insiste même pour l’y emmener mais Mathieu décline la proposition. Par contre, il nous fait promettre d’accepter que ce soit lui qui nous y dépose fin juillet … pour agiter le petit mouchoir d’adieu? la larme à l’œil? Je sais déjà qu’ils nous manquerons tous les deux.

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Shopping sur Sainte-Catherine et souper dans le Vieux Montréal au Gibby’s

Yves part de bon matin au bureau mais ici à l’appartement, nous flânons et réfléchissons à l’itinéraire du jour. Sur la rue Van Horne, non loin de notre quartier, se niche un magasin de magie où Mathieu trouve de petites choses intéressantes. La balade lui permet d’apprécier les architectures variées des maisons et les beaux jardinets fleuris. C’est une tradition à Montréal de déménager le premier juillet – ils ont festoyé pour la Fête du Québec à la Saint-Jean et profitent de ce long week-end de la Fête du Canada pour changer de logement – et nous n’étions pas ici pour constater de nos yeux les embouteillages de gros camions que cela occasionne. Ce qui en reste, n’est pas moins étrange, ce sont des trottoirs encombrés de matelas, armoires, fauteuils, lits, vélos, tables, etc. et nous verrons même un taximan s’arrêter pour embarquer une troisième télévision dans sa voiture! Les gens se servent et ensuite ce seront les camions poubelles.

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La marche nous ouvre l’appétit, que le brunch de EggSpectation rassasie pour un bon moment. Le bus 165 nous descend à Sherbrooke puis jusque Sainte-Catherine par la rue Saint-Mathieu, qu’il trouve à son goût – c’est un des beaux coins du centre ville. Depuis le fameux magasin ‘Arc’teryx‘ – où moi, je repère un chouette ensemble – nous parcourons la rue des magasins en passant sans cesse d’un trottoir à l’autre selon les enseignes qui plaisent à Mathieu. Ce n’est pas mal non plus le shopping à Montréal, même si les prix soldés sont moins intéressants qu’à New-York … sauf chez Tommy Hilfiger, où les soldes sont incroyables et où les prix baissent sous nos yeux, en direct! Mathieu me sert de mannequin pour des achats pour Yves et je me promets d’y revenir visiter l’étage des dames.

Mathieu se reconnaît, cherche le magasin Esprit qui a aussi disparu au Canada. Le temps est devenu chaud et humide, nous nous rafraîchissons à une terrasse près de l’hôtel Square Phillips où nous avons séjourné tous les trois en 2011.
Devant parfois plus marcher pour aller chercher une bouche de métro que de se déplacer en ligne droite, nous rejoignons pedibus le Vieux Montréal, bien chargés de nos achats. Mathieu se souvient aussi de ces ruelles, nous repérons le BOTA BOTA et longeant le port, allons nous installer au Jardin de Nelson, dans la cour arrière pour patienter en attendant que Yves nous rejoigne. Je suis admirative du décor tellement fleuri de ce jardin-bistrot et Mathieu trouve ingénieuse l’idée des grands parasols à la forme inversée qui permettent de récupérer l’eau de pluie, tout en protégeant les clients – puisque cela ne coule pas en rideau sur les bords – , cette eau sert probablement à arroser ‘mes fleurs’!

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Yves n’a pas de chance, il subit des pannes de métro. Les journaux diront demain que les énormes feux de forêt au nord du Québec ont endommagé les lignes électriques et que Hydro Québec a décidé que ce serait à Montréal qu’il y aura des coupures … Merci!
La Place Jacques Cartier nous fascine toujours, la musique nous y retient avant de passer par la ruelle des Artistes puis la rue Saint-Paul en direction de notre réservation de ce soir. C’est la rue des galeries et je reconnais en vitrine un tableau de Patrick Pépin, l’artiste dont Martine et Alain ont aimé les œuvres exposées à Baie-Saint-Paul.

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Nestor nous a conseillé le Gibby’s pour un menu de viande, dans un cadre d’antan. La rénovation des Écuries d’Youville a commencé en 1967, ce fut le début de la réaffectation de ce quartier du Vieux Montréal et elles abritent non seulement le restaurant Gibby’s mais aussi plusieurs bureaux – Alain y a d’ailleurs eu son premier bureau d’architecte d’intérieur. Ces anciennes écuries faisaient partie d’un ensemble de bâtiments construits par les Sœurs Grises, de la fin du dix-septième siècle jusque milieu du dix-neuvième, pour accueillir malades et indigents.

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Le conseil est excellent, les serveuses sont presque d’époque, la vaisselle est en étain; la viande est succulente ainsi que le demi-homard grillé ajouté sur l’assiette pour un vrai ‘surf & turf‘, la pomme-de-terre est énorme, ainsi que les cornichons, le bretzel est délicieux avec ses mini-lardons grillés qui collent au beurre salé. Vous aurez compris que là, nous avons mangé pour plusieurs jours – c’est du moins l’impression du moment – et nous ne parviendrons pas à terminer nos assiettes. C’est rassurant d’apprendre par notre charmante serveuse, que seuls les purs américains y parviennent. Alors Nestor, merci mais non, nous n’avons pas pu déguster encore après, leur Irish Coffee!

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Yves nous raconte les nouvelles de sa journée; il a reçu un email de Richard – de Wiley – embêté d’avoir oublié hier de suggérer la balade peu connue des touristes, de la High Line! Il espère que nous sommes encore à New-York ou alors que ce sera pour une autre fois … eh eh, il ne sait pas que notre Thomas l’avait dénichée.

Une petite – ou plutôt moyenne – marche aide à la digestion et nous montons jusqu’à la Place des Arts pour l’ambiance du Festival de Jazz. Ce ne sera pas bien long pour nous. Mathieu aime nos souterrains, depuis la place Ville Marie, pour rejoindre le métro mais surtout il trouve hyper chouette que le bus 51 nous dépose ensuite juste devant le Rockledge!


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Croisière autour de Manhattan

Le nom du bistrot que Mathieu nous trouve pour le petit-déjeuner sonne bien, ‘Cosy Bagel‘, mais ce n’est rien de très spécial – j’ai eu de meilleurs bagels à Montréal. Yves nous quitte pour ses rendez-vous et nous deux, sommes juste à l’ouverture des magasins sur Broadway, direction sud depuis le niveau de l’hôtel. Le shopping est efficace ce matin, ‘on fait mieux de jour en jour‘ me dit-il! Une fois le check-out fait à l’hôtel et le taxi réservé pour l’aéroport ce soir, nous partons pour une excursion reposante.

Du Pier 83, sur l’Husdon River, au niveau de la quarante-deuxième rue, partent des ferries de croisière et c’est cela que j’ai repéré hier soir : un tour d’une heure et demi sur l’eau, pour me faire plaisir – espérant aussi que cela plairait à Mathieu. Les quelques gouttes du début vont ensuite laisser place à un beau ciel bleu. Il n’y a pas trop de monde, cela permet de bien circuler pour prendre les photos, depuis les ponts à l’avant, à l’arrière ou simplement profiter du panorama depuis l’intérieur, en savourant une boisson.

C’est agréable de reconnaître ce que nous avons parcouru de l’intérieur de Manhattan, les immeubles, les usines, la High Line et meme le golf club de Chelsea Pier protégé par de grands filets; sur l’autre rive de l’Hudson, encore un hôtel W et aussi les bâtiments où siège la maison d’édition Wiley. Yves y est en rendez-vous en ce moment, il a rejoint Hoboken par un train qui coupe sous la rivière ; c’est ici que le commandant Sullenberger posa en urgence son Airbus A320 sur l’eau en janvier 2009.

Le quartier financier impressionne par son rassemblement de buildings et selon l’angle de vue, la Freedom Tower se dresse vraiment au-dessus de ses voisines. Le bateau poursuit jusque tout près de l’île avec la Statue de la Liberté – elle est très belle!

Nous remontons sur l’autre rivière qui borde Manhattan pour passer sous Brooklyn bridge, Manhattan bridge et Williamsburg bridge; sur notre droite le district de Brooklyn se concrétise, avec son chantier naval, des usines, des fabriques et sur la gauche, l’héliport et la vue inversée de Manhattan, avec l’Empire State Building et le Chrysler Building aussi plus élancés vus d’ici. Je suis frappée de voir nettement les ‘streets’ qui sont tracées comme des lignes droites impeccables, laissant apercevoir l’eau à l’opposé de l’île. Le bateau fait son demi-tour à l’approche de la petite île Roosevelt et nous ramène par le même itinéraire au point de départ – je ne vous dis pas le nombre incroyable de photos que je peux prendre!

Nous tangons encore en posant pied sur la terre ferme, où l’on aperçoit le porte-avions du musée de la mer, de l’air et de l’espace qui plairait certainement à Yves. Le timing est parfait, il se trouve justement sur la quarante-deuxième mais plus loin et nous avançons l’un vers l’autre pour nous retrouver, proches de Time Square toujours aussi colorée et festoyante.

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Yves a rencontré ce matin un collègue de NYU avant de se rendre à Hoboken pour faire la connaissance de Richard, leur correspondant chez Wiley. Les ventes sont un succès fou pour la maison d’édition – dans le top 5 – et les dernières traductions lancées sont l’Estonien et le Mongolien – ce qui est très rare selon l’éditeur. Richard présente même Yves au big boss, enchanté lui aussi du succès et impatient de vous naître un ouvrage suivant – Alan est justement chez nous à Lonay pour y travailler avec Alex ! Les demandes viennent maintenant d’Afrique du Sud, où Wiley est disposé à organiser une tournée des Business Schools.

Le métro nous descend jusque près de l’hôtel, juste encore le temps de montrer le Centre d’Architecture à Mathieu et surtout, juste en face, le Favela, bar idéal pour un dernier verre dans cette ville fantastique. Les équipes de tournage d’un film sont depuis quelques jours à l’œuvre au sud de Washington Square, nous tentons de reconnaître une vedette …

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Le taximan connaît le bon itinéraire en cette heure de pointe pour rejoindre La Guardia, les valises – deux fois plus lourdes qu’à l’aller – sont vite déposées, le douanier qui nous donne l’autorisation de quitter les US est sympa, même pince-sans-rire sous son air sérieux.

Pour la sécurité, chacun passe dans la cage-détecteur – nous sommes filmés jusqu’aux os – et bien entendu, j’ai oublié ma plaquette victorinox dans mon sac-à-main qui passera deux ou trois fois sous l’œil de l’inspectrice avant qu’elle ne décrète que c’est inoffensif. Bien installés à la porte d’embarquement, je profite pour mettre sur papier quelques notes quand des policiers, douaniers et agents de sécurité, en nombre et harnachement impressionnant, délogent tout le fond du couloir. Il faut vite évacuer, les chiens policiers sont de la partie, la sirène incendie se met en route … le grand jeu pour fouiller – ou masser, dit Mathieu – tous les passagers d’un vol qui arrive, ainsi que les bagages. Voilà une animation que nous ne connaissions pas encore, nous n’en saurons pas plus – les gens dévisagent les arrivants dès qu’ils sont libérés-, le vol qui devait repartir de cette porte là sera bien entendu retardé – le debriefing avec le pilote et l’équipage se poursuit – mais nous montons à bord selon le timing pour notre vol retour sur Montréal. Et Mathieu va voyager avec une charmante voisine et … un chien, qui sera très calme. J’ai juste loupé la photo du chien sur le siège à côté de Mathieu!

Ici encore le pilote nous pose avant l’heure, mais cela se complique à la douane; ‘une‘ douanière qui nous pose pas mal de questions – trois personnes qui se disent de la même famille, les parents avec un passeport belge et un permis de résidence canadien et le fils qui vit en Suisse, avec un passeport suisse! C’en est trop pour elle probablement et elle nous envoie au bureau d’immigration, là où nous avons fait nos démarches à l’entrée. Nous n’y sommes pas seuls évidemment, l’attente fait rager mon homme mais patience, tout s’arrange … la préposée est ici tout-à-fait compréhensive, s’excuse même et nous souhaite bonne soirée. Et moi, je sais que je n’aurais pas dû remplir une seule fiche de déclaration de douane pour nous trois. Chance que nous trouvions encore, à cette heure tardive, nos trois bagages tout seuls près des tapis roulants.

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Le taximan de ce soir ne semble pas bien luné non plus … mais nous retrouvons notre bonne humeur avec un petit verre chez nous, tandis que Mathieu découvre son logis pour les trois prochains jours.


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Sud de Manhattan, High Line, Meatpacking

Alors que nous prenons un délicieux petit-déjeuner au Pain Quotidien, boulangerie avec salon de consommation tenue par un belge, un orage violent éclate. Nous faisons traîner mais le ciel ne semble pas vouloir se calmer; Mathieu et moi, rentrons à l’hôtel, je sèche ce que je peux avec le sèche-cheveux, le ventilateur de la climatisation ou le fer à repasser tandis que Yves va faire la visite du Centre d’Architecture proche de l’université. Il s’agit d’un bâtiment récent, d’une dizaine d’années, conçu avec des espaces vastes et lumineux. Il y découvre une exposition passionnante sur un projet à venir de la ville : Hudson Yards; des films, des maquettes sur ce futur quartier à l’ouest de Manhattan, au niveau de midtown. Une nouvelle petite ville dans la ville avec des logements de luxe, des bureaux, des magasins, des théâtres et cinémas, des restaurants, une station de métro toute neuve … et voilà encore une bonne raison de revenir à New-York d’ici quelques années.

IMG_2925 IMG_2926 Center for Architecture, near Washington Square hudson-yards-plan

Nous repartons ensemble vers le sud de Manhattan, ce fief réputé de la finance qu’est Wall Street mais aussi Ground Zero où la communauté offensée et meurtrie le 11 septembre a décidé de resurgir de plus belle.

Tout est étroit, plus serré dans la pointe de l’île; City Hall Park renferme les bâtiments imposants, aux colonnades, de l’hôtel de ville, des courts de justice, de l’administration communale ainsi qu’une jolie place avec une fontaine. Tel une énorme cathédrale néogothique, haute de soixante étages, se dresse le building Woolworth, dont le propriétaire de la société rêvait pour image selon l’ampleur de son empire, une chaîne de magasins à bon marché. Il fut en 1913 le plus haut building de New-York; ainsi est l’histoire ici, des plus hauts immeubles détrônés après un certain temps par un autre encore plus élevé.

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Surgit ensuite la belle Freedom Tower, ou One World Trade Centre (1WTC), la plus haute des quatre tours reconstruites (ou en cours) sur le site de Ground Zero. Elle culmine à 541 mètres – soit 1’776 pieds, année de l’indépendance des États-Unis -, et est surmontée d’une antenne de 124 mètres. Daniel Childs, partenaire du groupe des bureaux d’architectes Skidmore, Owings & Merrill, l’a conçue comme une fine tour de verre, très élégante; sa base est en béton armé et métal et devrait résister à des camions piégés.

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Nous ne faisons pas la queue pour aller nous recueillir autour des deux bassins d’eau et de lumière immortalisant les empreintes des tours jumelles et de leurs victimes; le site sera accessible plus tard depuis la 1WTC. La zone est encore un énorme chantier qui grouille d’activités au son des grues et des bulldozers; des travaux d’envergure que j’aimerais pouvoir admirer une fois finalisés. L’impression est toutefois étrange de voir passer dans le ciel en arrière-plan un avion proche de cette tour, signe que les images marquantes restent ancrées dans nos mémoires.

Le shopping n’est pas absent de ce quartier; Century 21 est un magasin fou, supermarché des marques où Ralph Laurent, Tommy Hilfiger, Calvin Klein, etc sont ici soldés jusqu’à 70% – sacs, chaussures, lunettes, montres, bijoux, vêtements, parfums, sous-vêtements!

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Face à la Freedom Tower, l’hôtel W présente un bistrot très alléchant pour notre lunch, le BLT grill; décor, service et table parfaits. Le Morton’s Steak House de l’autre côté de la rue nous ferait bien envie une prochaine fois.

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Maintenant direction Wall Street; son histoire remonte au dix-septième siècle lorsque la ville de ‘La Nouvelle Amsterdam‘ appartenait à l’empire colonial néerlandais d’Amérique. Les colons étaient principalement des Wallons francophones, qui en néerlandais se disait ‘Waal‘. La rue formait la frontière nord de la ville et un mur de rondins et terre fut alors construit pour se protéger des indiens et des colons britanniques. Lorsque les anglais prirent la Nouvelle-Néerlande en 1664, ils la re-baptisèrent New-York et quelques trente-cinq ans plus tard le mur, qui avait été renforcé au fil des ans, fut détruit. Ainsi le mot néerlandais ‘Waal‘ de wallons devint ‘Wall‘ en mémoire du mur érigé à cet endroit.

La rue est étroite, elle traverse le quartier des affaires et de la finance, sous haute surveillance d’unités et de dispositifs de sécurité. On y trouve bien évidemment le New-York Stock Exchange, la plus importante bourse au monde mais aussi, plus ancienne comme construction, le Federal Hall qui remplaça l’ancien Hôtel de Ville de New-York. Une statue de George Washington commémore le lieu où il prononça son serment d’investiture en 1789.

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J’insiste pour poursuivre jusqu’à la pointe sud, moi qui suis tant attirée par l’eau mais mes hommes ne sont toutefois pas partants pour le Musée des Indiens, installé dans ce que fut l’Hôtel des douanes, à l’endroit où le gouverneur Stuyvesant acheta l’île aux indiens autochtones Lenapes en 1626.

En face, l’ancien site de batterie de l’artillerie est transformé en un jardin, avec un monument aux morts de la seconde guerre, où trône une superbe sculpture d’un aigle. Le passage entre l’East River et la Hudson River ouvre le paysage sur des bateaux de tourisme, sur les îles et sur la Statue de la Liberté au loin.

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Mathieu a repéré sur le net deux magasins de magie sur la 34th St.; un jour sans shopping, ce n’est pas possible! Ce ne sont pas des boutiques avec pignon sur rue mais des commerces bien secrets dans un petit appartement haut perché dans un immeuble, au fond d’un corridor désert. Nous le laissons à ses recherches, faisons notre lèche-vitrine; le plus grand Macy’s voit défiler trente-cinq mille visiteurs par jour et s’étend sur cent mille mètres carrés! Par contre Esprit a déserté le continent nord-américain; ‘c’est pour que tu viennes chez moi en rentrant’, me dit Thomas.

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Nous traversons une partie de l’île, bien plus large ici, passons près de la ‘grande poste’ de NY et en face la célèbre salle omnisports Madison Square Garden. Près de l’Hudson River, nous cherchons le départ de la High Line – balade conseillée par Thomas. Yves reconnaît depuis la gare Pennsylvania, le futur quartier de Husdon Yards dont il a admiré la conception ce matin. Le Centre des Congrès en d’ordure de l’eau semble très beau, comme de grandes verrières cubiques.

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La promenade est superbe, le long d’une ancienne ligne de voie ferrée à dix mètres de hauteur, avec un jardin de fleurs et graminées qui serpente entre les usines abandonnées ou transformées en condos, des immeubles plus modernes, des expositions d’artistes. Je prends mes photos et je cours pour les rattraper … ils avancent d’un bon pas, mes deux, sans feu rouge pour les freiner!

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L’arrivée sur Meatpacking nous amène dans le district qui fut celui des abattoirs et aujourd’hui voit naître des terrasses, des bars, pour une jeunesse branchée. Quoi de mieux pour un apéro rafraîchissant accompagné d’un délicieux plat de nachos et guacamole; juste en face d’un hôtel qui accueille les stars, devant lequel l’attroupement de jeunettes dure depuis des heures, semble-t-il.

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Sur le chemin du retour, après un crochet vers mon restaurant manqué d’hier – mais également complet ce soir, il doit être très bien- nous dénichons un très bel endroit. Le Kingswood, au décor de jardin d’hiver, à l’ambiance calme, au service accueillant et attentionné, aux menus délicieux , qui nous laissera un très bon souvenir.