Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Direction Hakone, hôtel Okada

À la gare de Ueno, nous obtenons nos JR pass commandés en Suisse; il s’agit d’un pass libre accès à tous les trains de la compagnie nationale JR et ceci n’est valable que pour les touristes qui doivent les avoir réservés dans leur pays d’origine avant d’entrer au Japon. Tout est déjà plus clair pour nous puisque nous avions fait la même démarche depuis Singapour l’année dernière. Par contre je n’ai pas réalisé que le train panoramique envisagé pour aller à Hakone dépend d’une compagnie privée et ne serait donc pas gratuit; l’employée au guichet nous indique l’autre itinéraire possible et elle nous fait la réservation des places pour le train rapide. En route donc pour Tokyo station, où nous attendons sur le quai le Shinkansen Hikari – il y a peu de voyageurs avec nous mais par contre les dames du nettoyage, toutes habillées de rose, sont alignées devant les rails. Dès que le train s’est libéré de ses occupants, elles se mettent à l’ouvrage et en quelques minutes, tout est nettoyé, appuie-tête changés et sièges retournés afin que tout le monde voyage dans le sens de la marche du train. Une fois ressorties, les petites lumières au-dessus des portes des wagons s’allument de rouge, ce qui signifie que nous pouvons monter à bord.

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Ces trains grande vitesse sont très confortables, les contrôleurs et hôtesses pour les boissons et snacks fort agréables; à chaque passage, ils saluent en pénétrant et en quittant le wagon, face aux voyageurs et les hôtesses sont aussi distinguées que des hôtesses de l’air (toilette, coiffure, fleur, nœud impeccables et raffinés). Le trajet pour Odawara dure environ quarante minutes, nous arrivons là proches du parc national de Fuji-Hakone-Izu.

C’est YinYin, une amie de Singapour, qui m’avait conseillé cette destination au cœur d’une région montagneuse et volcanique, offrant des paysages naturels qui tranchent avec la capitale et aussi réputée pour ses sources thermales chaudes. C’est un général au 16ième siècle qui eut l’idée d’amener ici les premiers touristes, de les attirer avec les Onsen creusés directement dans la roche et la tradition perdure, le monde afflue toujours à Hakone pour ses bains.

A Odawara nous nous procurons un pass de trois jours pour une libre circulation sur tous les types de transports de la vallée (train, bus, télécabine, bateau, funiculaire). Il n’est pas difficile de repérer que nous ne parlons pas japonais et une charmante jeune fille s’approche pour nous transmettre en anglais des plans, des cartes et nous indiquer sur quel quai aller attendre le Hakone Tozan. Ce petit train touristique peut faire penser à celui de Täsch à Zermatt ou de Martigny à Chamonix; eh oui, nous sommes dans un décor montagneux et le rythme de vie s’est ralenti.

En face de la gare de Hakone-Yumoto, nous avons encore la chance de tomber sur une dame fort gentille qui nous explique comment rejoindre l’hôtel, nous indique comment comprendre les horaires des bus, bateaux, etc sur la brochure en japonais et elle contrôle même pour nous la météo de demain sur son ordinateur. Dès que la langue n’est pas un frein, ils sont vraiment très très serviables et contents de nous aider – sans jamais oublier de nous demander d’où nous venons.

Dans un mini-bus qui fait la navette pour les hôtels, nous nous entassons et le nôtre sera le dernier de la liste; j’ai réservé au Okada, sur conseil de YinYin toujours. La première impression de la station n’est pas des plus enthousiasmantes, il y a bien une rivière torrent qui traverse Hakone, mais nous ne retrouvons pas le charme de nos stations de montagne suisses. Toutefois l’expérience nous a déjà montré que derrière des façades parfois austères, se cachent ici au Japon des petits coins sympathiques.

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Je suis rassurée lorsque à la réception de l’hôtel, il y a bien une chambre à notre nom, et même de style japonais comme je l’avais réservé – le luxe pour les japonais étant de réserver une chambre style western, soit avec un lit et une disposition comme en Europe! La nôtre est spacieuse, un petit coin salon, des sanitaires qui font penser à ceux d’un bateau et une grande pièce couverte au sol de tatamis, avec une table et deux sièges bas et un service à thé … mais surtout cette odeur de paille, que j’aime – tel que dans ma pièce à Lonay. Il y a au moins huit paires de pantoufles à disposition, c’est dire que les japonais occupent en général ce type de chambre plus nombreux – nous verrons d’ailleurs plusieurs jeunes en petits groupes. A l’arrivée, nous avons donné nos tailles pour le Yukata qui nous parvient alors en chambre, par contre ils ne nous ont pas demandé nos pointures – Yves aura le talon qui dépasse bien à l’arrière des mules et pourtant nombreux sont ceux pour qui c’est le contraire!

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Une petite marche s’impose jusque dans la station (sans yukata ni pantoufles bien sûr) où se succèdent des restaurants, des cafés mais surtout des boutiques et des boutiques de leurs spécialités gourmandes – biscuits, petits gâteaux de toutes formes, toutes couleurs et dont on ne peut jamais prédire si ce sera sucré ou salé (les chips peuvent bien être roses!). Beaucoup de poissons séchés ou sous-vide, qui ne nous inspirent que moyennement; toutes ces échoppes sont grandes ouvertes sur les trottoirs et la décoration intérieure est soignée, colorée, fleurie.

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Et la spécialité artisanale de Hakone est la marqueterie, qui trouve son origine fin du 18ième siècle avec un artisan local qui crée ce style de motifs variés à partir de 6 essences différentes de bois des forêts environnantes; on trouve toutes sortes d’objets d’un porte-clé, à une boîte à bijoux ou même un éventail.

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La marche, ça fatigue – nous avons gravi une colline en pleine forêt pour changer d’itinéraire au retour – et nous nous préparons donc pour les bains chauds. Hakone est réputé pour ses Onsen, ses bains de sources chaudes creusés dans la roche; le plus cité dans les brochures est le Yu no sato et il appartient justement à notre hôtel. Nous souvenant de notre expérience dans celui d’Odaiba l’an dernier, nous partons bien décidés à passer un bon moment relax. Après la phase de nettoyage, assise sur un tabouret bas, je me glisse dans les bassins extérieurs, incrustés dans des rochers poreux de pierre de lave, l’eau à 44 degrés, des bains avec où sans remous, assise ou allongée, passant d’un endroit à un autre … les effluves créent une ambiance de charme, le ciel est clair avec sa lune bien dessinée, la montagne environnante parfume de ses cèdres, ses pins, ses buis et le petit courant d’air frais permet de ne pas bouillir – même si je deviens vite couleur écrevisse au visage … et pas les japonaises! C’est le rêve de faire le vide dans sa tête, sentir son corps se détendre, ses articulations retrouver leur souplesse, sa peau une douceur de bébé … et il paraît que c’est aussi une cure de jouvence!

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(photos du site de l’hôtel)

La faim se réveille, ce qui tombe à point car c’est notre heure choisie pour nous rendre au buffet du soir … ici on ne fait pas toilette chic, tout le monde a revêtu son Yukata et par-dessus, le manteau court japonais qui se trouvait dans la garde-robe (taille unique!) et nous voici donc tous quasi en uniforme, avec tous cette même démarche de petits pas serrés – trop drôle! Mais je pense que même si nous pensons nous fondre dans la masse, nous ne passons pas inaperçus, ne fut-ce que par la taille! Cet après-midi d’ailleurs, à la supérette du coin, la dame s’est prise d’un fou rire en nous regardant – je pense qu’elle n’avait jamais eu de clients aussi grands. Le choix au buffet est très varié, quelques indications en anglais nous permettent de bien nous restaurer et la fontaine de chocolat parmi les douceurs nous fait plaisir.

Quelle chance ensuite de découvrir, en remontant dans la chambre, que notre pièce pour la cérémonie du thé ou pour ‘mon atelier de rédaction’, s’est transformée en chambre à coucher …
Oh que la terre est basse! Oh que le sol est dur!

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Bain de foule du dimanche à Tokyo

Nous voici en route vers la station Harajuku pour nous remémorer un parcours fait avec Benoit et qui nous amène tout d’abord sur la rue Takeshita, une ruelle noire de monde, avec des boutiques de mode, de bijoux, de cafés, de restaurants. Elle est fréquentée surtout par de jeunes adolescents, habillés de manière des plus excentriques; c’est un monde fou, coloré, où le ridicule ne tue pas. On s’habille de façon à attirer le regard des autres, et des touristes aussi, en petites jupettes, cheveux colorés, maquillage à outrance, etc. C’est également un quartier où les jeunes créateurs de mode peuvent exposer et vendre leurs sacs, chapeaux, vêtements. Les architectures sont variées, colorées, originales – c’est un coin fort sympathique.

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De là nous remontons vers Omotesando, une large avenue bordée d’arbres, que l’on compare aux Champs Elysées pour ses boutiques de marques et ses restaurants de renommée, son architecture contemporaine. Les trottoirs grouillent de monde, spécialement le week-end. À côté du superbe bâtiment blanc de la marque Dior, nous sommes attirés par l’enseigne ‘Moma Design Store‘ et nous pénétrons dans un centre commercial où des designers, déjà connus j’imagine, ont leur espace au décor attrayant. Yves s’aventure dans une toute petite boutique; nous remarquons alors qu’il est coutume pour le vendeur d’accompagner son client jusqu’à la porte de sortie et là seulement lui remettre son achat, précieusement emballé, avec les courbettes d’usage. Et nous mangerons de la cuisine française, chez un japonais qui parle bien notre langue et est tout content de faire causette – il s’agit du Pré Verre.

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Proche du grand carrefour Meijijingumae, le magasin Tommy Hilfiger a lui aussi une ossature originale – nous nous souvenons que sur le toit, c’est un Starbuck – et surprise, il y a un magasin Garrett! C’est là que nous achetions à Singapour ces super délicieux popcorn caramélisés … ils semblent avoir ici aussi un succès énorme, la file s’étend sur des dizaines de mètres sur les trottoirs!

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Je profite ici pour signaler que les japonais fument pas mal, entre autres dans les restaurants où il y a deux zones bien séparées, comme ce fut le cas chez nous auparavant. On les trouve aussi devant certains immeubles non-fumeurs, rassemblés sur le trottoir ou autour des bornes spéciales comme celle-ci pour éviter les mégots qui débordent …

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Le pont qui permet de rejoindre le parc Yoyogi est fréquenté par des jeunes qui offrent des Free Hugs mais aussi par un moine qui tend timidement son bol pour récolter quelques petits sous. Le superbe Torii de cèdre accueille les visiteurs dans une large forêt, où il fait paisible se promener hors de la foule compacte des quartiers que nous venons de quitter. La balade nous mène au sanctuaire Meiji-Jingu, tel qu’il était bien dans nos souvenirs puis au hasard à travers la forêt toute calme.

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Tout comme en Angleterre, les voitures roulent à gauche, on se tient à gauche sur les escalators, on marche même à gauche sur les trottoirs ou dans les rues piétonnes bondées de monde – pas de chance pour moi quand je veux passer de l’autre côté pour une photo … par contre, je ne comprends toujours pas, pourquoi dans certains escaliers du métro, il est clairement indiqué de conserver sa droite?

Et nous arrivons à Shibuya, ah Shibuya … il ne faut jamais donner rendez-vous ici à quelqu’un sans être plus précis! C’est une petite ville sous terre, la station – si l’on peut encore appeler cela station – ne compte pas moins de 16 sorties! Et il y aurait 700’000 voyageurs qui y transitent chaque jour. C’est le souvenir de Hachikô, le chien fidèle qui va m’aider à choisir par où mettre le nez dehors pour retrouver entre autres Shibuya 109, ce centre commercial pour les toutes jeunes filles – je n’y ai certainement ma place, c’est juste comme un spectacle … Le carrefour le plus médiatisé de Tokyo probablement, avec ses néons, ses écrans géants qui diffusent en permanence et en puissance des clips de musique, de publicité.

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Et je citerai ici mon guide bleu qui en dit : « Le carrefour Shibuya vit au rythme des hordes de piétons se croisant sans se heurter, s’arrêtant net au feu rouge puis se lançant tête baissée au feu vert »! C’est tellement ça …

Le retour vers le calme de Yushima nous ferait presque penser que nous logeons dans une autre ville. Et ce soir, je lis qu’un autre blogueur de WordPress a re-blogué mon post Pedibus à travers la ville animée, en disant « pour un petit voyage virtuel au Japon actuel, quoi de mieux que des récits de voyage! » … sympa …


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Kamakura, berceau du bouddhisme zen

C’est l’histoire du moine Eisai, formé dans un monastère à Kyoto au 12ième siècle, qui après un séjour en Chine rapporte la notion du bouddhisme zen; celle-ci enseigne la méditation sans objet, la pensée sans pensée par un travail sur la posture et la respiration. Il n’est toutefois pas bien accueilli dans son propre monastère à son retour et s’exile à Kamakura – capitale du Japon à l’époque – où avec le soutien du shogun au pouvoir, il crée son école et construit le temple Jufuku-ji. La secte zen Rinzai est ainsi née, elle devient populaire auprès des samouraïs et des nobles et va prospérer avec l’aide du shogunat. Dans cette école, l’enseignement se transmet de maître à disciple et non plus via les sutras écrits.

Kamakura a connu une belle expansion culturelle et religieuse à cette époque féodale, elle fut assez bien épargnée par les tremblements de terre et les bombardements de 1945 et c’est ainsi qu’aujourd’hui elle conserve le charme d’une bourgade traditionnelle. Elle se situe à 50 kilomètres au sud de Tokyo, proche de la mer et est pour les tokyoïtes une destination de week-end (Kato nous dira d’ailleurs qu’elle y a sa résidence secondaire).

Nous ne sommes donc pas seuls à débarquer à la première gare de Kita-Kamakoura. La ville compte encore 65 temples bouddhistes et 19 sanctuaires shintoïstes! Incroyable! Oh non, me dit Yves, tu ne vas pas nous les faire visiter tous … Nous avons ici l’impression de nous retrouver avec Tadashi, visitant les temples de Kyoto l’an dernier. Un temple n’est pas comme chez nous simplement un lieu de culte, c’est tout un ensemble de bâtiments – certains au toit de chaume -, des pavillons pour la méditation, pour le repos des moines, pour les offrandes, les prières. On y retrouve toujours une ou plusieurs portes souvent joliment sculptées, le bassin pour se purifier le corps, l’encens pour l’esprit, une cloche de bronze parfois énorme.

Le premier temple que nous visitons, Engaku-ji, nous séduit de suite; il semble accroché harmonieusement à la montagne, entouré de cèdres centenaires. Il est sobre dans ses couleurs naturelles, avec un léger mélange de style chinois et de pureté zen; il appartient toujours à l’école Rinzai. Il fut construit fin du treizième siècle, en l’honneur des morts des deux camps suite aux batailles sanglantes contre la Mongolie qui tentait d’envahir le Japon. Deux de ses éléments sont classés Trésor Nationaux : la cloche de bronze sur la colline,qui date de 1301 ainsi que le pavillon des reliques qui abriterait une dent de Bouddha. Dans un premier pavillon, nous observons des gens qui s’entraînent au tir à l’arc, revêtus de la longue jupe noire des arts martiaux.

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Quelques centaines de mètres plus loin, suivant la colonne des visiteurs, nous pénétrons dans le domaine du Temple Kencho-ji, dont la première porte faisait partie à l’origine d’un temple de Kyoto et fut déplacée ici. Ce temple est classé premier des temples zen de Kamakura, il fut construit pendant l’ère Kencho (1253) dont il porte le nom. Le fondateur est un maître zen chinois, venu d’abord à Kyoto avant de rejoindre Kamakura. Il fut le premier de la secte zen à recevoir un titre honorifique après sa mort, décerné par l’empereur lui-même. La place est animée ce jour, avec de nombreuses échoppes vendant souvenirs et nourriture et des récoltes de fonds en commémoration du troisième anniversaire de la tragédie de Fukushima – l’exposition de photos fait froid dans le dos. Avant de quitter, nous écoutons un instant un moine racontant une histoire à des visiteurs qui lui sont tout ouïe.

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Nous poursuivons avec le sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gū où l’on accède de tous les points cardinaux par un superbe Torii rouge. Fondé en 1063, il est dédié à Hachiman, dieu de la guerre; l’ensemble est vaste, sur un terrain en pente, avec des étangs qui symbolisaient à l’époque la supériorité d’un clan des guerriers, les Minamoto sur leurs adversaires, les Taira. Les tonneaux de saké, les portiques avec messages en papier enroulé, les Ema en bois avec les vœux ou remerciements au Bouddha, les offrandes, les pièces de monnaies jetées dans des coffres de bois sont tous ces éléments et rites qui nous ont été racontés par nos guides Benoit et Tadashi. Nous avons la chance d’admirer deux couples de mariés, soigneusement parés, sans que ce soit purement le costume traditionnel avec la haute coiffe blanche pour la mariée. Ce sanctuaire est le symbole de cette ancienne capitale et voit défiler 9 millions de visiteurs par an!

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La rue commerçante reliant le sanctuaire au quartier et la gare principale de Kamakura s’aligne toute droite avec en son centre une superbe allée piétonne bordée de cerisiers … pas encore en fleurs … Après une pause lunch bien méritée, dans un petit restaurant typique au décor en bois et aux menus alléchants (dans l’assiette car la carte n’est pas très compréhensible), arrosés de saké – on s’y fait finalement très bien – nous abordons le programme de l’après-midi.

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Devant une multitude de bus à la gare, Yves se sent bien de monter dans le premier qui se présente à nous; rien n’est indiqué en anglais mais il a vu la tête de Bouddha sur l’enseigne et c’est en effet Daibutsu, notre point de chute suivant.

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Elle est drôlement belle et imposante cette statue de Bouddha, en plaques de bronze sur une structure creuse, haute de plus de 11 mètres et pesant 122 tonnes. Amida, bouddha de la lumière éternelle, est assis en position de lotus avec les mains qui se joignent par les pouces et la deuxième phalange des index. Ce serait la plus belle représentation de bouddha au Japon; son commanditaire, le shogun Minamoto, voulait par là surpasser le Bouddha de Nara.

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Et je parviens encore à tirer Yves jusqu’au temple Hasadera qui vaut en effet le détour – également accroché sur la colline, avec un superbe jardin où les fleurs des cerisiers commencent à nous sourire. Sur les hauteurs, la vue est plongeante sur la baie avec ses plages et ses surfeurs. Le cade est superbe, l’architecture recherchée et harmonieuse dans un décor naturel où des jardins fleuris doivent être de toute beauté durant l’été. Ici c’est une statue en bois recouverte d’or, de 9 mètres de haut, devant laquelle les fidèles viennent s’incliner, celle de Hase Kannon avec ses 11 têtes par-dessus la principale, chacune avec des directions et expressions différentes, signifiant que la divinité est à l’écoute des vœux de toute personne qui soit. Kannon est parfois appelée la déesse de la miséricorde.

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Voilà un joli aperçu d’une petite localité où le temps s’arrête alors que nous nous baladons d’un temple à un autre; il règne dans ces espaces un air de sérénité, de paix. Nous rentrons à pied vers la gare, observant alors quelques détails de façades, de voitures – beau modèle Honda -, de coutumes – le soleil est là, les jolis parapluies aussi! Et nous prenons un goûter dans un petit bistrot qui fait aussi fleuriste.

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Pour le trajet de retour, nous sommes fiers d’être parvenus à réserver sur des machines automatiques, des places en ‘green car’ (première classe), qui se sont inscrites sur nos cartes Suica. Celle-ci, nous la présentons au lecteur au-dessus de nos sièges dans le train, le voyant lumineux devient vert et ainsi la contrôleuse sait que tout est payé en ordre … full automatique, magique! C’est parfois un peu surprenant leur choix des couleurs : ici une place libre est signalée d’un voyant rouge, il en est de même pour un taxi libre et cela passe au vert quand c’est occupé. Par contre pour les feux de circulation, c’est bien comme chez nous.

Certaines lectrices de mon blog ont trouvé que parfois je parle beaucoup, voire trop, des repas …  Nicole, elle, me réclame des photos de nos assiettes … mais ce ne sont jamais des assiettes seules, plutôt plusieurs petits plats, bols, tous différents et colorés qui composent notre menu …

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Monet モネ

Le musée Western Art dans le parc Ueno expose Monet – ils ne pouvaient pas manquer cela, diraient les garçons! Pour cette exposition temporaire, le musée a réussi à rassembler un grand nombre d’œuvres se rattachant plus ou moins de près à l’impressionnisme; on y admire non seulement les Water Lilies, la Cathédrale de Rouen, la Plage d’Etretat mais aussi des Renoir, Pissaro, Manet, Sisley, Gauguin et j’en passe.

Les japonais sont nombreux à avoir eu la même idée que nous, ils semblent beaucoup apprécier et c’est une chance pour nous d’être plus grands qu’eux! Un jour dans le reflet d’une porte d’ascenseur où nous étions amassés, tous deux nous nous sommes retournés, pour de suite avoir la confirmation que les deux têtes qui dépassaient largement du groupe … c’étaient les nôtres.

Satisfaits d’avoir revu ces jolies toiles impressionnistes, nous passons plus rapidement sur les peintres flamands – beau tableau Des Chasseurs dans la neige de Brueghel – et terminons par les sculptures de Rodin. Sur le parvis, nous avons déjà croisé Le Penseur, La Porte de l’Enfer, Les Bourgeois de Calais. Dans la boutique des souvenirs, impossible de ne pas reconnaître que c’est Monet qui est ici à l’honneur pour quelques jours encore.

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La bâtiment présente de beaux espaces, des salles pas trop grandes ni uniformes, un circuit agréable pour sillonner sans trouver le temps long et quelle n’est pas la surprise en lisant que c’est Le Corbusier qui l’a conçu en 1959. Quelques transformations, à la fin des années 90, y ont ajouté au niveau des soubassements les éléments nécessaires pour répondre aux normes anti-sismiques.

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Mais que se passe-t’il soudain à la sortie? Eh non, ce ne sont pas les fleurs des pruniers qui s’étiolent … ce sont bien de légers flocons de neige – il fait pourtant 8 degrés et le ciel était bleu en entrant – cela surprend tout le monde (la preuve, il n’y a qu’un parapluie dans les casiers destinés à cet effet!) mais c’est plus agréable que la pluie et nous nous baladons encore un moment dans le parc, où il semble que certains arbres aimeraient se colorer de rose.

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À la sortie, nous ne résistons pas à la tentation de parcourir les étages du magasin Yamashiroya qui est décrit ici comme un énorme coffre à jouets, sur sept étages, où nous ne nous lassons pas d’admirer tous les dérivés de mangas (figurines, peluches, puzzles, …) – pas étonnant que ma collection de mini-figurines s’élargisse!

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Et dans les diverses nouvelles du jour, il est à noter que j’ai retrouvé le panier à couverts du lave-vaisselle, que la baguette avec le crabe à la mayonnaise préparé maison donne un excellent souper, que la première lessive est concluante – j’évite cependant le séchoir par crainte de retrouver le pull d’Yves aux dimensions japonaises!


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Pedibus à travers la ville animée

À un arrêt de métro seulement nous nous retrouvons dans le coin où nous logions lors de nos deux autres visites à Tokyo, cela fait plaisir de s’y replonger et reconnaître les endroits souvent fréquentés. Au sommet le l’hôtel du Dôme, un restaurant avec un joli buffet nous permet de manger en choisissant de visu ce qui nous tente, tout en admirant une vue superbe sur la ville. C’est bien comme dans nos souvenirs, nous revoyons le carrefour de Suidobashi et l’emplacement de l’hôtel Niwa.

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Sous nos pieds, le Dôme, un stade de baseball, qui accueille également des concerts. Les files sont énormes aujourd’hui, tant pour se procurer des billets que pour acheter toutes sortes de t-shirts, sacs, etc. Pas étonnant : ce sont les Rolling Stones qui se produisent ce soir! Cet endroit est très agréable, coloré, verdoyant et avec de l’espace; une architecture plus moderne, avec autour du dôme, des galeries de restaurants, des fontaines, le centre commercial Aqua et aussi un Luna Park avec des montagnes russes par-dessus les toits.

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Nous nous souvenons que descendant vers le sud, nous retrouverons nos innombrables petits magasins de bouquinistes; ils sont toujours là avec des piles de livres anciens qui croulent, qui s’entassent dans tous les coins. Un arrêt s’impose dans la grande librairie Sanseido pour l’achat d’un BMG en japonais que Yves se fera un plaisir d’offrir à un collègue de l’université de Tokyo.

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Le ciel est beau mais le vent souffle et s’engouffre dans les rues; au carrefour des magasins de sport, nous nous réchauffons avec une boisson au Starbuck – eh oui, il y en a aussi ici et l’avantage est que nous connaissons ce qu’ils proposent, le choix est plus simple.

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Toujours à pied, nous tirons vers l’est, passons le petit canal pour aboutir au cœur même de Akihabara. Le quartier fou de la lumière, des jeux, de l’électronique, des enseignes énormes comme celles de SEGA. Dans le dédale des ruelles, passant plusieurs fois au même endroit, nous finissons par retrouver les points de chute visités avec notre guide Benoît il y a un an et demi! Je lui enverrai d’ailleurs ce soir quelques photos qui me répondra-t’il, lui rappellent aussi de bons souvenirs. Son business en ligne, de vente de friandises japonaises à démarré très fort, suis contente pour lui mais déçue qu’il ne puisse plus nous guider dans des coins insolites.

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Nous avons retrouvé le tout petit magasin où nous avions fait faire, grâce à son aide, les tampons à notre prénom et juste en face K-Books, ce grand magasin de mangas. Des étages et des étages chargés à outrance de ces livres de mangas; la bande dessinée japonaise fait partie intégrante de leur culture, elle aborde des thèmes aussi variés que la politique, le jardinage, la cuisine, la romance, la guerre, etc. Elle se lit à tout âge, les héros et héroïnes se reconnaissent souvent à leurs grands yeux – les affiches, les couvertures sont attirantes et colorées tandis que l’intrigue elle-même est dessinée en noir et blanc et se lit bien sûr de droite à gauche. Quand une histoire perce, connait le succès, l’auteur ne peut plus s’arrêter et l’intrigue se prolonge sur de nombreux ouvrages. Certaines passeront en dessin animé, jeu vidéo mais surtout ce sont les objets dérivés qui impressionnent; habillement, linges, porte-clés, cartes, posters et figurines bien évidemment! Good Smile est l’une des toutes grosses fabriques de figurines, nous voulons retourner à son café officiel dans ce même immeuble mais pas de chance, la jeune fille nous interdit l’entrée – nous pensons comprendre que tout a été réservé par un groupe. Nous nous souvenons aussi de Hatsune Miku, que Benoit nous a fait connaître, cette chanteuse virtuelle aux yeux et cheveux bleus.

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Dans ces rues très animées, les demoiselles habillées en petites filles – mini-jupe/socquettes/petits souliers vernis, couettes, faux cils et pommettes rouges – distribuent des flyers pour attirer les gens dans les cafés à thème … il faudrait tout de même tenter une fois l’expérience mais avec quelqu’un d’ici, je préfère! Sur le boulevard qui nous ramènera dans notre district de Yushima, nous passons devant les studios du groupe AKB48, une autre figure de légende de ce quartier de Akihabara; un groupe de musique pop, rock, électro composé à l’origine de 48 jeunes chanteuses devenues des idoles.

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Ça circule pas mal dans les rues en fin d’après-midi mais sans embouteillages, nous semble-t’il. Les trottoirs sont eux bien noirs de monde, ils servent à tout : on y gare les vélos accrochés aux barrières, on y circule aussi à vélo dans tous sens, on y fait son petit jardin de plantes ou fleurs et souvent des arbres créent un écran avec la circulation. Les poteaux électriques prennent aussi leur place sur cet espace, de nombreuses indications y sont collées et sur les façades ou les barrières, sont accrochés souvent plusieurs plans devant sans doute permettre de repérer plus facilement les immeubles ou maisons dans les blocs environnants … bonne chance!

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Journée de forte pluie, journée de pause.

Je me dis que je pourrais essayer d’apprendre quelques mots de japonais mais la prononciation et la mémoire … alors j’installe sur l’iphone l’application imiwa? (le ? faisant partie du nom). Bonjour, bonsoir, merci, au revoir sont déjà bien ancrés, même si notre version du bonjour, je ne la reconnais jamais quand quelqu’un m’aborde …

À la découverte d’un nouveau supermarché pour le repas du soir, le traducteur s’avère efficace pour trouver la mayonnaise (ça se dit mayonēsu, ah ah … mais il fallait le savoir …  ça doit être un produit importé de chez nous) – je complète toutefois ma prononciation en montrant l’écran au commerçant; ils sont bien braves ces vendeurs, jamais un signe ni d’agacement, ni d’impatience, ni de moquerie!

Nombreux sont les salons de thé et de café qui jalonnent les rues du quartier; Yves m’entraîne dans l’un d’eux, proche de chez nous. La serveuse nous apporte avec un grand sourire, une carte uniquement en kanji … elle ne comprend ni coffee , ni tea … alors elle appelle en renfort le patron, peut-être, et nous passons à kōhī et cha – Yves apprécie son café et mon thé sera plutôt noir que vert mais on sent que l’on s’affirme. Et ce sera notre expérience du jour dans un café inconnu des touristes certainement!


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Tokyo vue de haut

C’est le corps de balai qui fait retentir notre jolie sonnette – quel service! et elles vont venir deux fois par semaine, de quoi pourrais-je me plaindre? Que ce soit la sonnette, la bouilloire, la minuterie ou le micro-ondes, tout se manifeste par une mélodie chantante et qui surprend au début.

Les japonais eux-mêmes peuvent avoir ce ton haut-perché, continu comme une litanie quand ils s’adressent aux gens dans les endroits publics. Dans le métro par exemple, des gardes en uniforme et aux gants blancs baragouinent sans arrêt; on imagine qu’ils annoncent la direction du train, les prochains arrêts, la fermeture prochaine des portes, qu’ils souhaitent le bonjour, le bon voyage, recommandent la prudence et remercient de choisir le métro – ils sont très loquaces et on n’y pige rien du tout. Le personnel dans les services publics est beaucoup plus nombreux que chez nous en Europe; ils nous seraient bien plus utiles si nous parlions japonais évidemment! Toutefois c’est efficace lorsque notre carte Suica fait sonner le portique – là on comprend de suite qu’il y a un souci – un gant blanc nous interpelle et règle le problème dans sa cahute. S’en suit un échange de thank you et domo arigato, lui en anglais et nous en japonais – cela fait partie des 2-3 mots que chacun avons dans la langue de l’autre … le sourire est lui un langage universel, et nous nous sommes mis également à la courbette d’usage. Le métro est assez facile à emprunter dès que l’on repère les noms des stations et des lignes en anglais – c’est parfois aux stations de croisement que nous hésitons un peu, que le portique se manifeste, ne comprenant sans doute pas pourquoi nous sortons et re-entrons de suite!

Les lignes Ginza et Asakusa mènent à la Skytree Tower, une de ces superbes tours offrant une vue 360 degrés sur la ville, ville de Tokyo que l’on peut appeler mégapole : 13 millions d’habitants dans le grand Tokyo, soit deux fois la population de la Suisse sur un territoire quasi 20 fois plus petit que notre pays! Des ascenseurs modernes – décor, douceur, ambiance, silence – nous montent à la vitesse de 60 mètres par minute à l’observatoire qui se situe à 350 mètres du sol; il reste encore plus d’une centaine de mètres au-dessus de nous. Woah, là vraiment l’immensité de Tokyo saute aux yeux; on aperçoit à l’infini des immeubles et des habitations – je comprends mieux pourquoi ils n’ont pas donné des noms à toutes les rues! Il y a finalement peu de très hauts buildings mais quantité d’immenses quartiers d’architecture plus ancienne et plus basse, d’habitations, commerces et bureaux. Nous avons déjà nos points de repère : l’île d’Odaiba et l’aéroport Haneda, le quartier de Roppongi et l’ancienne petite tower, le dôme près duquel se trouvait notre hôtel Niwa, le gouvernment building en forme de cathédrale française d’où nous avions admiré le coucher du soleil sur le mont Fuji, qui aujourd’hui reste invisible dans la brume. Les parcs de verdure ne sont pas très répandus, celui de Ueno près de chez nous est lui bien visible.

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Cette tour élégante repose sur un grand centre commercial, un peu tentaculaire, avec des magasins aux enseignes connues (Uniqlo, Diesel, Hello Kitty, Disney World, …) et des boutiques au décor typiquement d’ici. J’aime le raffinement de leur présentation et les magasins de gadgets, les papeteries, les commerces spécialisés pour des baguettes, des pinces ou fleurs à cheveux, des chaussettes aux doigts formés, des glaces soft … un peu insipides. Le rayon supermaché en sous-sol est hyper bien rangé, on le domine depuis le food-court, lui aussi régenté à la japonaise. Les tempuras nous tentent, on peut les choisir soi-même – après avoir fait comprendre que nous préférions du riz plutôt que des nouilles – mais ce que je pensais être une carotte s’avère être une petite saucisse style viennoise et la peau mauve de la supposée aubergine est en fait une patate douce – vive la crevette qui se reconnaît dans tous les pays! Ces grands espaces food-court américains ou chinois sont souvent un mélange de parfums et d’odeurs qui perturbent les goûts mais ici, je ne sais pas quel miracle (aspiration ou diffuseur) rien de tel ne parfume nos vêtements.

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Deux stations de métro pour se retrouver de l’autre côté de la Sumida, prendre une photo de l’œuvre de Starck à la brasserie Asahi. Et ensuite, depuis le carrefour Asakusa, un des quartiers les plus visités de Tokyo – on entend même parler français, on se sent moins seuls – le monde afflue vers la célèbre porte Kaminari-mon, porte du Tonnerre avec son énorme lanterne de papier. En face, l’office du tourisme, un beau bâtiment élancé avec des traverses de bois sur une façade de verre; notons que pour guider la foule des piétons, les lignes au sol traversent même le carrefour en diagonale.

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La rue Nakamise qui conduit au temple bouddhiste Sensô-ji est bordée d’échoppes les unes sur les autres, vendant toutes sortes de souvenirs, kimonos, éventails, getas, biscuits ou gâteaux sucrés ou salés – c’est toujours la surprise et vive la pâte de haricots rouges. Une seconde porte, avec les grandes sandales en corde de Bouddha, l’encens qui enfume, la Pagode flamboyante, un petit cimetière, un jardin avec ses lanternes et ses autels de prière entourent le temple Sensô-ji, le plus ancien et le plus célèbre de la ville, fondé en 628 et reconstruit milieu du 20ième siècle.

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La plupart des japonais s’identifient aux deux religions que sont le bouddhisme, importé de Chine ou Corée et le shintoïsme, né ici au Japon. Les sanctuaires sont les lieux de culte du shintoïsme et on y vénère un kami (un esprit plutôt qu’un dieu); on les différencie par le Torii, le portail rouge d’entrée qui sépare le lieu profane du lieu sacré. Les temples bouddhistes auront plutôt un Torii de pierre ou de bois naturel et ensuite une porte plus imposante à l’architecture japonaise traditionnelle. Les deux types de lieux de recueillement se côtoient souvent, comme c’est les cas ici avec le sanctuaire Asakusa-jinja qui se trouve juste derrière le temple Sensô-ji.

Les ruelles aux alentours sont restées traditionnelles avec commerces, cafés, restaurants, salles de jeux, à l’image du Tokyo des années 50. Nous rentrons via le carrefour géant de Ueno où je me retrouve à présent assez bien; je suis la ligne JR du train pour amener Yves découvrir mon supermarché Yoshiike, où sans presque hésiter nous choisissons un beau morceau de thon pour notre souper (c’est rouge, c’est au rayon poissonnerie … ça doit être ça). On s’en régale le soir, juste poêlé. A noter que les fruits et légumes déjà testés sont aussi goûteux.

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Sanctuaire Yushima et le parc Ueno

Le réveil est déjà plus facile ce matin et c’est le coup de sonnette du concierge venant changer le linge qui me sort de mon sommeil.

Plus besoin des parapluies pour sortir, le ciel est même bleu, le vent un peu frisquet. Les rues sont bien plus animées en semaine, ça grouille partout mais avec calme. Pas de métro aujourd’hui, je me balade dans le coin par ici et je commence à me repérer plutôt bien, sans avoir trop besoin du plan pour mon programme de la journée – de toute manière comme seuls les grands axes portent un nom et que je m’en écarte souvent, attirée par-ci par-là par une enseigne originale, c’est préférable que je sache où est le nord, avec le grand parc et l’est, avec la ligne de train JR surélevée. Et quand je me sens perdue, je m’arrête, je rigole un bon coup à l’intérieur et j’avance à la recherche d’un carrefour plus important.

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Le sanctuaire Yushima est tout proche de chez nous et ce n’est qu’en y arrivant que je me souviens l’avoir déjà visité! C’est toujours très beau, les premiers pruniers aux fleurs blanches commencent à éclore et nombre de visiteurs les prennent en photo – il y en aurait 300 dans l’enceinte. Le bâtiment principal date du cinquième siècle, dédié au Dieu de la Science – pas étonnant peut-être que l’université de Tokyo en soit voisine – et il fut entièrement reconstruit en 1995, en bois de cyprès. Yves y passera le soir en rentrant de son entrevue avec Shin – éclairé, ce sanctuaire est magnifique, magique!

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Le parc Ueno est l’un des premiers au Japon avec des musées d’art, des étangs, des temples et même un zoo. Il recouvre une vaste colline qui dominait la plaine, une position stratégique à l’époque, pour les gardiens chargés de protéger le shogun qui y avait élu domicile au 17ième siècle. Le parc est passé au travers des siècles entre les mains des empereurs et de la ville pour en faire un parc public en 1924. J’attends avec impatience, et en croisant les doigts, l’éclosion des fleurs des centaines de cerisiers qui bordent l’allée centrale. Aujourd’hui je contourne la zone de l’étang Shinobazu, réserve naturelle en pleine ville, refuge de nombreuses espèces d’oiseaux; les buildings s’y mirent sous le soleil couchant.

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Je reconnais l’allée des Torii de bois peint en rouge et celle bordée de lanternes en pierre qui mène au Tôshô-gû, un édifice shintoïste classé trésor national et récemment rénové. Un petit cabanon pour la cérémonie du thé, un magnifique restaurant en bois, les grands musées d’art, la pagode à cinq étages, une grosse cloche de bronze, … dressent le décor de cet immense espace dans la verdure où les locaux et les touristes se baladent tranquillement – certains avec leurs petits chiens, d’autres venant nourrir des chats.

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L’arrière de la grande gare de Ueno donne une vue plongeante sur le carrefour et l’entrée du Ameyoko, le marché aux puces où l’on trouve de tout – de la paire de chaussettes aux feuilles d’algues en passant par un téléphone portable- à bas prix, dans ces ruelles coincées sous les lignes de chemin de fer. Ce fut après la seconde guerre mondiale, l’endroit du marché noir pour les habitants de Tokyo qui manquaient de tout (et surtout de bonbons, raconte l’histoire). Je me laisse aller à me perdre, de gauche, de droite, dans ce labyrinthe animé, de couleurs, senteurs, lumières … avant de retrouver une avenue qui me ramènera vers le sud.

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Le supermarché Yoshike n’est pas vraiment fréquenté par des gens comme moi, un vrai supermarché de quartier où je fais quelques emplettes d’abord faciles, quand il s’agit de bananes, fraises, yaourts meiji et même du nescafé mais plus compliquées quand je cherche par exemple parmi toutes les bouteilles brunes, de la sauce soja ou teriyaki – plusieurs vendeurs sympas se mettront sur leur téléphone portable pour tenter de me comprendre et me satisfaire … je ne suis pas pressée, ça me plait! Et je procède au passage à la caisse en observant bien la marche à suivre – c’est après avoir payé, que sur une longue tablette contre un mur, j’emballe mes provisions dans les sachets. Yves a eu une idée semblable sur son chemin du retour; nous avons presque fait des choix identiques – c’est amusant – et il m’a même acheté une plante fleurie, rose comme la couleur des futurs cerisiers en fleurs.

Ce sera mon premier repas cuisiné avec ma dînette – très limitée en ustensiles. Je comprends mieux pourquoi tout est si propre et semble neuf : je pense qu’il n’y a pas beaucoup de visiteurs qui ont fait ici leur popote. Un micro-ondes et un four mais aucun plat; le lave-vaisselle n’a pas de panier pour les couverts … normal puisqu’ils n’utilisent que des baguettes; nous avions trouvé du pain … mais pas de couteau à pain dans ma cuisine! Tout ira très bien, il suffit de penser à ma cuisine en faisant les achats!

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Tokyo, métro shopping, remèdes contre la pluie

Dur dur ce décalage horaire, bien plus difficile le deuxième jour et ce ciel gris pluvieux ne donne pas envie de se lever. Les cracottes, la confiture BonneMaman, les yaourts Danone nous conviennent très bien pour notre premier petit-déjeuner à la maison; ça ne fait pas très japonais mais je préfère ainsi, pour l’instant du moins.

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Les rues nous semblent calmes, parce que c’est dimanche ou bien à cause du temps? Nous avons bien repéré sur le plan – je devrais plutôt dire LES plans – par où nous diriger : du style, à droite, deux fois tout droit, gauche puis troisième à droite … et on doit se retrouver proches du grand magasin Matsuzakaya (comme ça se prononce!). Dans la gare Okachimachi (tous ces noms ne me sont pas encore familiers, rassurez-vous mais ça viendra) nous rechargeons, à la machine automatique, nos cartes Suica pour le métro et certains trains de l’agglomération, que j’avais précieusement conservées depuis la dernière visite. Nous ne sommes pas peu fiers de nous être si bien débrouillés – avec un teint pâle, les yeux en amendes, les cheveux noirs et raides, on pourrait presque nous prendre pour des locaux!

Nous marchons un moment, tirant vers l’est avec l’idée de rejoindre la rivière Sumida – reconnaissant le quartier dit Kappabashi consacré aux commerces de la restauration – il fait froid, humide et nous capitulons pour nous enfourner dans le métro, bien au chaud. C’est à Ginza, bien plus au sud, que nous reprenons l’air frais de la surface et j’emmène Yves, à l’aide d’un souvenir pas trop précis … , à la grande librairie Yaesu. Elle comporte huit étages, où rien ne nous parle vraiment à vrai dire mais par contre il y a un tout petit coin avec des livres et revues en anglais – et nous ne ressortons jamais les mains vides d’une librairie!

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Muji est mieux que notre Ikea, nous aimons beaucoup ce magasin où l’on peut trouver de tout pour la maison, entre autres pour notre maison d’ici à Tokyo (crayons, tasses, sauce au crabe pour les pâtes découverte au Muji de Singapour). Dans ce coin que nous avions exploré ensemble, pas besoin du plan, nous avons nos repères assez faciles, comme le Forum et la gare de Tokyo, magnifique sous ses éclairages nocturnes. Eh oui, la nuit est vite tombée tandis que nous nous réchauffions dans les magasins – nous avons même réussi à dénicher un morceau de pain.

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La faim nous tiraille, surtout en nous remémorant ce restaurant en face de la gare où nous avions tant ri, et apprécié notre premier Yakiniku. Nous pénétrons dans une des tours Marunouchi à sa recherche mais plus moyen de le retrouver – ce ne sont pas les restaurants qui manquent, ce sera pour ce soir le Toraji, un Korean Charcoal. Nobody parle anglais, no problemo, on se débrouillera – on réussit à dire que l’on ne fume pas, on comprend qu’il faut se déchausser pour entrer dans notre petite loge (j’irai donc plus tard en pantoufles aux toilettes dans le centre commercial, ah ah), la table y est toute basse mais avec un trou pour les jambes, nous ne sursautons plus quand tous les serveurs souhaitent haut et fort la bienvenue à tout nouveau client! Un régal, comme toujours avec cette cuisine super parfumée et cette viande marinée très tendre que l’on grille soi-même au centre de la table – une pensée toute particulière pour Mathieu qui a adoré ce type de repas lors de son séjour à Singapour.

De là, je confirme à Yves qu’il ne doit pas se faire de souci : je sais où aller reprendre le métro et ce sera précisément sur la ligne Chiyoda qui nous amènera à deux pas de l’appartement. Les rames du métro sont bien remplies ce soir et malgré tout, c’est toujours le plus grand silence; ça nous surprend et aussi nous fait rire … en silence bien sûr! Je pensais que Yushima, notre arrêt, sur une seule ligne, serait une petite station mais une fois remontés à la surface, nous ne reconnaissons rien, absolument rien! Il fait nuit et ici seules les grandes avenues portent un nom – sinon les adresses se repèrent à un nom de quartier, un numéro de bloc et une suite de coordonnées chiffrées, bref encore du charabia pour nous. N’ayant donc même pas un nom de rue à donner pour retrouver notre immeuble, nous retournons vers la station de métro, éclairée et sur un plan tout en japonais, nous parvenons à nous repérer par rapport à un temple et une école que nous avons longée ce matin … nous dormirons dans notre lit ce soir!


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Emménagement à Yushima, près de la colline de Ueno

Kato est étonnée de nous voir arriver aussi vite à l’appartement après notre atterrissage! Nous nous sommes très bien repérés dans l’aéroport, nos valises qui avaient voyagé seules sous la responsabilité des CFF depuis Lausanne apparaissent toutes les trois sur le tapis roulant, le timing avec le train Skyliner pour Ueno est parfait – le contrôleur, peut-être pas à l’aise en anglais, ne nous demande rien et pourtant nous avons bien acheté nos tickets. Le taxi nous dépose devant la résidence Elite-Inn après une petite hésitation – même eux ont parfois de la peine à trouver des adresses!

L’appartement présente tout le confort que l’on peut espérer pour y passer un mois, la propreté est impeccable, à la Suisse, les gadgets ne manquent pas – un tableau de commande pour le chauffage, la ventilation, la déshumidification dans chaque pièce et même un tableau de bord sur le frigo, frigo à pas moins de 5 portes! Le chauffage, peut-être un peu bruyant, fonctionne rapidement et à souhait. Et je ne vais pas m’étendre une fois encore sur les fameuses toilettes hyper confortables à la japonaise (plusieurs jets, soufflerie, lunette chauffée, désodorisant … et chasse silencieuse) – j’adore!

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Kato, la gérante de l’immeuble, nous accueille avec une gentillesse très joyeuse; elle nous explique avec beaucoup d’humour le fonctionnement de plusieurs appareils et du code de vie de la résidence – il nous est demandé entre autres, de nous déchausser de suite en entrant dans l’appartement (une grande armoire à chaussures se trouve avant même le vestiaire). La literie, les voilages, les tentures sont raffinés, les meubles sont de bonne qualité et comme neufs, lit et oreillers confortables. Kato se retire alors à reculons, en s’inclinant pour nous saluer – ici il n’est pas coutume de se toucher pour se dire bonjour ou au revoir, ni accolade, ni poignée de mains.

Elite-Inn est un petit immeuble de neuf étages, deux appartements seulement par étage, dans une ruelle toute calme – c’est même incroyablement calme pour dire que nous sommes dans un quartier bouillonnant de la capitale. Ueno est en effet un gros carrefour routier-trains-métro; nous partons faire quelques repérages dans l’après-midi. Beaucoup de monde dans les rues, lumières et grandes affiches comme dans nos souvenirs, certains magasins tout ouverts sur les rues avec des aguicheurs à l’entrée – bavards, au ton chantant. Les magasins dépanneurs que nous connaissions ne manquent pas, Family Mart, 7 Eleven, Lawson et Kato nous a renseigné un supermarché un peu plus important où nous remplissons un sac-à-dos pour garnir notre grand frigo!

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Les parapluies sont de sortie, ce sera un achat du jour … un parapluie transparent très à la mode ici! Nous poursuivons vers Akihabara, le quartier de l’électronique avec des magasins fous d’ordinateurs, jeux, mangas, etc. J’achète déjà ma première petite figurine porte-clé dans une machine à boules. Les salles de Pachinko sont toujours aussi bruyantes mais j’avais oublié les magasins qui vendent des petits chiots tout mignons. Les restaurants sont repérables souvent par les bandes de tissus à leur devanture et il est préférable d’en choisir un avec des photos ou des assiettes modèles en silicone car les menus en anglais ne sont pas fréquents ni détaillés. Nos deux premiers repas seront déjà très biens, correspondant à la commande passée, sans surprise et très bons – de suite une Sapporo et du saké assez bien choisi.

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À l’entrée de la résidence, nous avons vite reconnu le présentoir en forme d’escaliers sur lesquels sont exposées des poupées représentant l’empereur, l’impératrice, leurs serviteurs, dans des costumes traditionnels d’époque – comme nous en avions vu lors d’une visite avec Shin et Tobby l’an dernier. C’est en effet ce week-end le Festival des poupées ou fête des filles; celles-ci sont à l’honneur dans leur famille, avec des vœux de prospérité et de bonheur. La tradition remonte à très longtemps; les ancêtres transféraient leurs péchés dans certaines poupées qu’ils jetaient ensuite à la rivière.

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Et nous voilà samedi soir : les valises sont vidées, tout a trouvé sa place, le quartier est repéré, nous nous sentons déjà très bien installés … comme chez nous!