Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Semaine à Kent Vale

C’est une semaine de vacances ici à Singapour tant à l’université que dans les petites écoles. Dès lundi matin, nous remarquons que les petits pas des enfants de l’appartement du dessus ont disparu; depuis notre installation, c’était pourtant notre premier signal quotidien que le jour s’était levé. À la piscine également je remarque la différence; les mamans asiatiques avec jeunes enfants ne sont plus là ni non plus le professeur qui initie les petits à la brasse coulée chaque jour fin de journée normalement. Il reste des dames moins jeunes, comme moi et quelques familles européennes. Je suspecte que les écoles internationales n’aient pas les mêmes vacances. D’ailleurs les enfants de Yin Yin, à l’école internationale, seront en congé en octobre.

Les retombées du séminaire de Yves samedi à Sentosa se font déjà ressentir, son agenda se remplit de rendez-vous de discussions, d’échanges et de présentations. Il rencontre aussi à Nanyang, Nadia Thalmann, qui a été longtemps professeur à Genève en infographie. Elle s’est installée ici avec son mari, à leur retraite et ils poursuivent leurs travaux de recherche. Les démonstrations qu’elle présente à Yves semblent intéressantes, j’espère pouvoir une fois y participer. Selon elle, le système ici est très, voire trop, contrôlé; si on ne se donne pas à fond, si on ne répond pas aux objectifs, si on ne convient tout simplement pas … on est éjecté. La structure est très hiérarchisée, beaucoup de rapports à fournir, ainsi les gens n’ont pas le temps de se rebiffer. Ce doit être aussi le cas pour toute cette main d’œuvre venue de Malaysie ou du Sri Lanka. Ils font ce qu’on leur dit de faire, sinon retour au pays mais les conditions de vie sont quand même pour eux meilleures ici. Cette main d’œuvre est présente, en nombre, partout; cela me surprend par exemple, de voir des gens arroser si souvent tous ces parterres chez nous, avec un simple tuyau d’arrosage alors qu’un système automatique serait peut-être plus efficace. Et souvent, autour  d’un petit chantier, il y a un ou deux gars qui travaillent et autant qui regardent … Le contraste est énorme parfois entre des aspects où la technologie est avancée et d’autres qui nous paraissent archaïques. En rentrant de balade un jour, je m’arrête pour observer une équipe qui s’affaire … lentement … pour monter une poutrelle d’un futur passage couvert. Les ouvriers ont un treuil basic et une vieille chaîne rouillée; deux tirent sur la chaîne, deux autres maintiennent  la poutrelle plus ou moins droite … et les autres regardent. Le lendemain c’est en place!
Pour les jeunes, de nombreuses affiches leur transmettent des notions de bonne conduite, de bonne éducation, comme cette machine sur un arbre de ma piscine ou ce garçon qui explique les bonnes règles pour prendre le bus …

 
De mon côté les découvertes se poursuivent et ainsi les photos s’accumulent en nombre. Je passe une journée à préparer en ligne un album sur nos premières semaines à Singapour; celui que j’ai réalisé de la même manière il y a quelques temps sur le Vietnam nous plait bien et cela m’incite  à poursuivre. Ce sera bien la première fois que je rentrerai de voyage avec les albums confectionnés … pour autant que je tienne le rythme!
   
Hier soir jeudi, nous assistions en ville à un concert de jazz magnifique. SOTA, la School Of The Arts, située près de SMU, accueillait un groupe de musiciens russes et bien que cela puisse surprendre – on s’attend plutôt à des américains, de New Orleans, pour ce genre de musique – leur prestation était tout en puissance, en rythme, en harmonie, avec en finale la voix chaude et envoûtante de Anna Buturlina … un merveilleux moment. J’oublie de dire que le bâtiment SOTA est gigantesque, une architecture moderne, sobre, spacieuse … une jolie réussite une école d’arts. Et on a le sentiment que les architectes ici peuvent s’en donner à cœur joie, sans limites dans leur imagination. Oh surprise, alors que  la journée était rayonnante, la pluie nous attendait à la sortie du concert. Sous la pluie donc, nous rejoignons « notre » petit restaurant italien sur la même rue. La climatisation sur nos personnes mouillées n’est pas aujourd’hui fort agréable mais finalement nous résistons bien à ces chaud-froid continuels. La température extérieure ne varie guère; la journée, elle oscille un peu au-dessus de 30 degrés et ne descend que peu la nuit en dessous de 25 … alors cela me fait sourire de recevoir la publicité Esprit qui me propose des doudounes pour l’hiver. C’est très agréable de me jamais devoir emporter de pull ni de veste … même Yves apprécie et s’y fait.
     

Mathieu termine sa première semaine de reprise à l’EPFL, avec des professeurs et des cours enthousiasmants et d’autres qui s’annoncent plus ardus. Thomas termine lui sa troisième semaine de cours de répétition à l’armée … et dit déjà se réjouir de ses prochaines vacances en décembre à Singapour!


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Les lanternes

Je pense que les deux endroits privilégiés pour admirer les lanternes chinoises sont Chinatown au centre et le Chinese Garden plus proche de chez nous. Hier il faisait encore jour quand je suis passée dans Chinatown ; Eu Tong Sen Street est couverte de guirlandes de lanternes boules de toutes les couleurs, avec au début de la rue une énorme grappe de raisins … en lanternes.
   
Le long de la rivière, on peut aussi admirer des montages flottants de lanternes, représentant des scènes de contes chinois.
 
Ayant vu les ampoules dans ces boules de couleur, je pouvais déjà m’imaginer que ce serait encore plus magique de nuit. En effet nous ne sommes pas déçus de notre balade nocturne au Chinese Garden. Les éclairages sont sublimes et donnent un tout autre cachet à ce parc que j’avais visité début septembre. Des personnages et des histoires pour enfants, des dragons en quantité et au milieu du lac, des cygnes géants entourés de nénuphars, de grenouilles … tout illuminés pour célébrer cette fête de la mi-automne, aussi appelée Mooncake Festival ou Lantern Festival. Quelle réalisation que ces formes de tissu étirées par du fil de fer, qui doivent durer des semaines et subir éventuellement de fortes, même très fortes pluies.
  


 


Quelques stands présentent de l’artisanat ou des spécialités de la culture chinoise. Nous aurions envie de juste regarder … mais je me laisse avoir par un chinois qui façonne devant moi mon signe du zodiac en sucre brun … très bon d’ailleurs ! Par contre nous résistons aux bricolages de lanternes en papier, aux perles de verre et au lancer de pièces porte-bonheur dans le Wishing Tree , à chacun ses traditions et ses croyances …
 
Les centres commerciaux regorgent tous de stands où l’on vend à prix d’or les fameux mooncakes dont les producteurs se battent pour créer le plus bel emballage, la plus jolie boîte en soie.  Le traditionnel mooncake est un petit gâteau rond, comme la forme de la pleine lune, fait de pâte sucrée de haricots ou dattes enrobant un jaune d’œuf de cane salé … et la surface est décorée de motifs de légendes lunaires mais ils en ont inventé des variantes à l’infini avec des couleurs et des saveurs diverses ; le goût est étrange, un peu écoeurant pour nous.
  
C’est une fête chinoise et aussi vietnamienne (mais chez eux les mooncakes seraient carrés !) qui a lieu le quinzième jour de la huitième lune, une nuit de pleine lune, plus ronde et plus lumineuse que les autres ; cela symbolise l’unité et le rassemblement de la famille. Le jour précis cette année sera le 30 septembre mais les décorations de lanternes et les ventes de mooncakes s’étalent sur un mois, probablement un peu comme notre fête de Noël.
Aujourd’hui pour bien clore la semaine, nous assistons au conservatoire à un récital magnifique de Alexander Sitkovetsky et Wu Qian, deux jeunes musiciens, elle chinoise de Shanghai et lui né à Moscou, qui ont une renommée internationale, ayant participé entre autres au Concours Reine Elizabeth et au Menuhin Festival de Gstaad. Le public, nombreux, peut ressentir cette connivence entre les deux musiciens qui vont nous enchanter avec des morceaux de Mozart, Schumann, Prokofiev et Grieg, où le piano et le violon se répondent à merveille. Ce délicieux moment musical s’ajoute à mon Monday Noon qui m’avait beaucoup plu, avec plus de variété que le précédent ; une pianiste originaire de Java dont la dextérité m’a semblé extraordinaire ainsi qu’un quatuor de tubas interprétant cet air entraînant de Mozart, « La petite musique de nuit ».

          

Kent Ridge Park

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Je dois aimer la nature … je suis plus attirée par les parcs que par les centres commerciaux … ces jours-ci, ajoute Yves! Le campus de NUS a rogné, par sa construction, une partie de Kent Ridge Park. Situé sur une colline, la route en colimaçon qui y mène, me transporte déjà dans un état de chaleur et d’humidité, encore accentué peut-être par cette légère angoisse qui me saisit quand je pénètre dans une zone de végétation intense, habitée je le sais par des bêtes qui ne sont pas à mon goût.
Le début de ma boucle est sauvage, je plonge vers un petit lac au bord duquel je rencontre un gros lézard, une sorte de varan d’eau asiatique, gris foncé, avec sa langue comme celle d’un serpent, qui déambule tranquillement. Un panneau indique qu’une exploration du parc ne peut être complète sans avoir vu un lézard ; c’est fait, ils peuvent maintenant se cacher!
Au départ, j’emprunte plutôt les larges chemins que les étroits escaliers ; ensuite je m’affranchis et je traverse la promenade canopée, long pont en bois construit à une hauteur impressionnante, m’amenant au niveau élevé des arbres. Il y a beaucoup de rubber trees dans cette forêt, dont certains ont des feuilles énormes comparées à ces plantes caoutchouc que nous avions dans nos maisons d’enfants. La forêt est bruyante ; oiseaux, singes, grandes feuilles séchées ou fruits style noix de coco qui tombent et toujours ce sifflement permanent.
Un petit coin me fait penser à ma Suisse, avec ses superbes sapins d’un vert foncé et brillant ; il y a même une vieille cabine de téléphérique qui traîne dans le coin. Du point culminant (61 mètres d’altitude !), la vue plonge d’un côté vers la ville où je reconnais le bâtiment Interlace en construction tandis qu’à l’opposé les yeux se perdent vers la mer au loin, par-delà les îles industrielles appelées Pulau et les nombreux bateaux marchands. Des chantiers au large sont en cours pour reprendre encore de la surface sur la mer.
Il est mentionné qu’au cours de la seconde guerre mondiale, c’était une forteresse occupée par les anglais pour la défense de Singapour et qu’a eu lieu ici une des dernières batailles sanglantes avec les japonais, connue sous le nom de « Bataille de Pasir Panjang » en février 42. Le parc portait à l’époque ce nom-là et a été rebaptisé plus tard Kent Ridge pour commémorer la visite de la Duchesse de Kent. Un ancien bungalow des hauts officiers britanniques est aujourd’hui transformé en musée de la guerre.
Et voilà comment l’histoire, ici à l’autre bout du monde, me replonge dans les récits de la seconde guerre mondiale.

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Haw Par Villa

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Non loin de chez nous se trouve un parc que j’ai déjà repéré en passant en bus. Il me semble extravagant et m’intrigue … je m’y aventure aujourd’hui et ne suis pas déçue. Construit en 1937 par les frères Aw Boon, il s’appelait  Tiger Balm Gardens. Les deux frères sont en effet à l’origine du devenu célèbre, baume du tigre et ce parc avait pour objectif de divulguer les valeurs traditionnelles chinoises. Ils sont originaires de Myanmar, Birmanie, ils ont installé leur business à Singapour en 1926 et ont beaucoup prospéré. C’est le département du Tourisme de Singapour qui a repris le parc en main en 1988, l’a rénové et appelé Haw Par Villa. Il demeure un large domaine sur une colline, abordant la mythologie chinoise ; des scènes de folklore, de légendes, d’histoire et des illustrations du Confucianisme. On y compte mille statues ! Extravagant, déjanté, coloré à outrance, même un peu fort kitsch … une balade découverte qui toutefois me fascine …
quelques vidéos, sans commentaires car mon fils et ma future belle-fille ont trouvé ma voix inadaptée …




avant la galerie photos …

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Le campus et les environs

Il m’arrive en fin de journée de prendre un bus pour quelques arrêts seulement et de rentrer en me promenant à l’heure où descend la nuit. Le quartier est agréable et encore très boisé ; il parât qu’avec les années, le béton remplace de plus en plus la verdure. Avec Yves également nous aimons découvrir les rues qui nous entourent, avec leurs nombreux condos, parfois très coquets.
      
Les singapouriens et les étrangers vivant ici, sont souvent très religieux et pratiquants ; si la religion première est le bouddhisme – taoïsme, les chrétiens et musulmans représentent chacun 14% de la population et cela se confirme dans notre quartier par le nombre d’églises et de missions.
  
Toutes les communautés ont aussi leurs écoles ; juste voisine à Kent Vale, une école japonaise mais il y a des écoles canadiennes, françaises, anglaises, chinoises, américaines, … avec des constructions harmonieuses et des larges installations sportives.
  
Les facultés à l’ouest du campus de NUS sont esthétiquement recherchées ; la Business School avec sa façade bombée toute en verre, le bâtiment des Alumni et ses murs de mosaïque, la faculté des Sciences Sociales qui domine sur la colline et celle des architectes, que l’on croirait construite autour d’un imposant Banyan Tree !
     
Les trois tours qui se terminent à l’entrée de Kent Vale seront elles aussi assez jolies, élancées et originales avec des murs de verdure. Et le challenge de tout chantier est de pouvoir se venter de ne pas avoir souffert de pertes humaines ou accident grave. Ainsi chez nous, le panneau indique 2 millions d’heures/hommes sans malheur.
  


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Singapour, ville de shopping

Ces derniers jours, j’ai quelque peu changé mes habitudes de déplacements et y ai entraîné Yves également. Le métro est évidemment rapide mais on n’y voit rien, si ce n’est des magasins dans les km de galeries en sous-sol, un bus est nécessaire pour se rendre à la station la plus proche et souvent il faut rester debout. Tandis qu’avec le bus, je me trouve toujours une place assise, je le prends à deux pas de chez nous et je découvre d’autres quartiers. Le temps total du voyage en dehors des grosses heures de point n’est guère différent (Yves trouve lui souvent plus efficace le taxi!); je sillonne donc en bus à présent.
Nous voici bien installés dans notre petite vie singapourienne, il est temps de penser aller découvrir ailleurs … Je réserve dans une petite agence ici, un séjour de repos sur une île indonésienne pour le week-end prochain mais je commence aussi à récolter des guides sur la Thaïlande et je suis allée repérer en ville JTB, le Japan Tourism Board. Dès que Yves pourra donner des dates et des points de chute avec ses contacts sur place, nous organiserons un beau voyage au pays du soleil levant. Et sur conseil de Yin yin, je passe à L’Alliance Française pour acquérir le guide « Singapour Pratique », une mine de renseignements.

Le shopping, je confirme, est une activité à laquelle il est impossible d’échapper ici … partout, partout, il y a des magasins et des restaurants! Pour l’instant j’ai l’impression qu’ils se répartissent en trois catégories. Tout d’abord les CC de luxe, tout en marbre, avec des boutiques de grandes marques et des supermarchés à prix élevés également. Les trois ‘top classe’, que j’ai déjà admirés sont certainement le Marina Bay avec ses gondoles, le Ion au design extérieur remarquable et le Ngee Ann City au luxe intérieur flamboyant.
       
À l’extrême opposé, on trouve les marchés chinois, des magasins ou échoppes sans portes, des food courts tout ouverts dans un espace commun de convivialité où grouille une population asiatique à toute heure! J’aime y chiner et tant pis si je suis quasi la seule caucasienne. ShengSiong est le supermarché de ce type de quartier et c’est probablement là que les prix sont les moins chers. Et si dans les CC luxueux plane un délicat parfum de jasmin et de fleur d’oranger, ici c’est l’odeur âcre du Durian qui vous prend à la gorge.
   
Entre les deux, des centres commerciaux plus classiques avec des magasins et restaurants moyens de gamme et une population plus mélangée.

Ma première paire de tongs (c’est ici la chaussure la plus courante!), a coûté 8$ chez les chinois, la seconde 35$ dans le CC de mon quartier et la Hush Puppies que je me suis offerte en ville, 90$. De manière comparable, je peux manger pour 4$, boisson comprise dans un food court chinois tandis que mon lunch en ville se paiera aux prix suisses; le service y est évidemment incomparable mais la qualité et la saveur des mets me plaisent de part et d’autre.
Nous avons l’impression que ces trois classes se retrouvent aussi dans les logements, allant des HLM appelés ici HDB (logements sociaux qui ont éradiqué les squats et bidonvilles de Singapour dans les années 60), aux condos comme le nôtre et enfin les villas ou résidences hyper luxueuses.
Notre appartement prend peu à peu sa touche personnelle … notre dernière imagination : un chevalet où repose un agrandissement d’une de nos premières photos.


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Visite de Jan et Rencontre de Yin yin

Jan de retour de Corée, passe deux jours avec nous avant de regagner Paris après deux mois en Asie. Comme il se doit, il a fait des achats qui nécessitent d’investir dans un sac supplémentaire. Il a une idée bien précise en tête et nous emmène vers SunTec City et Marina Square, un enchevêtrement de malls encore jamais explorés. J’y retrouve un grand Carrefour mais Yin yin me dira mardi que l’entreprise déserte Singapour.
  
Nos plantes sont livrées à domicile et … ça change tout dans notre intérieur. Je vais en prendre grand soin. La météo est magnifique ces jours, le soleil illumine notre touche de verdure et de couleurs. Nous profitons aussi de la piscine, quel bonheur de pouvoir s’y rafraîchir en fin d’après-midi. J’y dévore « La Duchesse de Singapour« , roman de circonstance dont je reconnais les lieux.
 
En ce début de semaine, je découvre comme auditrice, les activités du conservatoire. Les Monday Noon offrent aux jeunes musiciens la possibilité de se produire dans une salle de concert, devant un public de copains, de la famille et de mélomanes. Quels beaux souvenirs me reviennent des moments semblables à Vancouver. Mais alors que là-bas, les gens prenaient leur lunch dans la salle … ici c’est plus respectueux: silence, no picture, no food, no drinks. Carmen au violon, Brahms à la clarinette, accompagnés par Liu sur son superbe Steinway. Un imposant tuba, instrument que je connaissais peu, me fait penser aux musiques des films de Disney dans la forêt, avec un son rond, grave, presque endormant. Beethoven est interprété par trois violons et un violoncelle, enfin deux jeunes australiens sur scène. Bach et Liszt clôturent au piano ce premier lundi pour moi. La salle est sobre, feutrée, avec de jolis balcons de bois clair qui ondulent. Le lendemain, j’assiste à une « masterclass » où un jeune pianiste se fait guider par Rita Reichman, australienne de grande renommée. Le public est plus épars mais très averti, j’en déduis. Les commentaires, les intonations de cette virtuose sont fort amusants, c’est tout l’art de faire parler un instrument avec son cœur.
 
Yin yin, une amie de Marie-Christine, me reçoit très chaleureusement chez elle à Vista Park. Installée à Singapour depuis plus de dix ans, elle est pour moi une source riche de renseignements. Nous parlons de la ville mais aussi des pays d’Asie qu’elle a aimés. Je pense que nous nous reverrons et c’est elle qui me conseille par cette journée de grand ciel bleu, de me protéger en plein midi avec un chapeau ou un parapluie. En effet, ma balade au retour, sur la crête du campus m’assèche fortement de l’intérieur …  je dégouline de sueur …
 


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MacRitchie Reservoir Park

Le soleil nous sourit ce matin, la journée sera chaude! Sur le campus nous prenons le bus 95 qui nous mène au métro près de l’hôpital universitaire. La station paraît neuve, spacieuse et habillée de marbre; ça me change de Clementi. MarieChristine est venue à mon secours alors que je désespérais de trouver un garden center; elle m’a renseigné Thomson Road, LA rue des flower’s nursery comme ils les appellent. Ici aussi personne ne se stresse, le personnel est relax et prêt à nous renseigner … oups, nous n’avons pas de balcon, nous cherchons des plantes ou des fleurs pour un appartement climatisé! Nous faisons des choix raisonnables et nous leur parlerons beaucoup pour qu’elles survivent! L’option rempotage et livraison à domicile nous paraît idéale dans notre situation. Top! Yves est satisfait : le tout n’a pris qu’une grosse demi-heure seulement.
  
Les villas des rues avoisinantes, grimpant vers une colline, sont superbes et à voir les portails et les voitures garées devant les garages (BMW, Porsche, Maserati) nous sommes dans un beau quartier. C’est d’ailleurs « Olive Road« , frangin. Yves reconnaît un peu plus loin MediaCorp, les studios télé où il est venu tourner son interview.
    
Une large HighWay à traverser et nous voici à MacRitchie Reservoir Park; merci aussi à MarieChristine de m’avoir renseigné ce parc pour les balades. Après un brunch au « Lava Edge » (ils n’offrent que cela au menu aujourd’hui), nous nous promenons autour de ce lac, le plus ancien réservoir de Singapour.
Il se découpe en forme de branches, au milieu d’une végétation très dense. C’est le point de rencontre des amateurs de kayaks, des promeneurs, des joggeurs, en ce samedi radieux. Les singes côtoient les randonneurs, ils sont un peu chapardeurs … une petite fille panique quand un singe lui arrache sa canette de jus et se met à la verser par terre pour la boire! Il est recommandé de ne pas les nourrir. Ils jouent à Tarzan dans les arbres, c’est rigolo.
Yves m’emmène dans la forêt, où je ne suis guère rassurée si ce n’est par la fait que nous ne sommes pas du tout seuls. Les sentiers sont sauvages, les bruits me surprennent, la forêt nous entoure de toutes parts et je ne m’y attendais pas vraiment. Les autres sont tous en baskets et short et voilà que moi, une fois de plus, je dénote avec ‘mes tongs et ma longue jupe des rizières’. Personne ne me connaît …
   
 
 
   
La boisson fraîche à l’arrivée est nécessaire. Au cours de la marche, nous sentons bien la chaleur mais aussi un petit vent, par contre dès l’arrêt, c’est comme si le corps réagissait en rejetant toute l’humidité qu’il peut. Cet endroit est magnifique, nous y reviendrons, mieux équipés, pour une plus longue randonnée.

Et le réservoir vu depuis le restaurant …


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Le campus

Une petite sortie à la découverte du campus; je suis en admiration devant la végétation, superbes palmiers, hauts arbres verdoyants, jolis parterres fleuris … une chance d’étudier et de travailler dans un cadre naturel aussi agréable.
 
 
Les bâtiments les plus récents ont une architecture qui souvent allie beaucoup de verre à la brique et au béton.
  
Yusof Ishak House est le building des services communs pour les étudiants, avec quelques commerces, la poste, la banque, les secrétariats généraux et un food court très moderne et aéré. Le relief est accidenté, plusieurs petites collines et vallées que je suis plus ou moins avec mon plan en mains. Sous la bibliothèque principale, je tombe comme par hasard sur un petit marché avec des stands de livres mais aussi des sacs, des habits coréens, des gadgets de papeterie et je ne rentrerai donc pas les mains vides!
 
Après avoir aperçu la pépinière du campus, je me dirige vers le quartier des sports… c’est aussi géant, avec des salles pour tous les sports imaginables, les arts martiaux évidemment et un petit clin d’oeil à Thomas en observant les jeunes accomplir inlassablement leurs longueurs dans le grand bassin!
  
Voilà seulement un petit quart nord ouest du campus que j’ai repéré; c’est un véritable labyrinthe, il y a des passerelles presque entre tous les bâtiments (il suffit de bien choisir son étage pour les atteindre), des passages souterrains pour traverser les routes. Quand il pleut, Yves parvient à rejoindre son bureau à présent sans être mouillé!
 

Chinese and Japanese Gardens

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Après une journée pluvieuse consacrée au nettoyage et lessives, le soleil semble vouloir se lever ce mardi. Depuis Clementi Mall, à deux arrêts de métro j’ai repéré sur la carte le Chinese Garden parmi un énorme espace vert autour du lac Jurong. Un havre de paix, loin de la ville, que je parcoure de long en large tout tranquillement mais chaudement, passant de la haute pagode à 7 étages, que je gravis à pied, aux statues de huit héros de l’histoire de l’Asie (Confucius bien sûr et d’autres que je ne connais pas!), le jardin des senteurs où je ne me lasse pas du parfum des jasmins, le jardin d’abondance où j’apprends que mon signe du zodiac chinois est le buffle … et celui de Yves, le cheval; le jardin des bonsaïs, le parc à tortues, que j’évite car j’ai croisé aux alentours des bêtes rampantes qui ne me sont guère plaisantes. Il y a aussi une esquisse de jardin japonais mais tellement incomparable avec ce que nous verrons au Japon… J’ai été bien inspirée de venir aujourd’hui; le parc sera fermé à partir de jeudi pour les préparatifs du festival des lanternes. Il faudra revenir!

Le passage « forcé » à Clementi Mall me donne toujours l’occasion d’un peu de shopping avant de rentrer à la maison. Et alors qu’en Europe, nous avons l’impression que tout est « made in China », ici je mange une mousse au chocolat dans un bol « made in Italy »! Surprise à la sortie du CC, la pluie est de retour, je teste une nouvelle ligne de bus, qui me dépose en bordure du campus et je rejoins l’appartement rien que par des passages couverts, sans être à ciel ouvert … top!

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