Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Midtown Atlanta

Midtown sera le denier quartier que je vais explorer au cours de ce séjour. J’y accède rapidement avec MARTA, pour autant que j’aie un peu de chance avec le timing – en effet, on est loin ici de la fréquence du métro de Singapour !

Peachtree Street – la pêche étant le symbole de la Géorgie – est une avenue vraiment longue qui remonte toute la ville sur des miles ; je vais en parcourir une partie à pied, en commençant au niveau du Fox Theatre. Ce théâtre construit comme un palais oriental est une des images de la ville. Yves reconnaîtrait ici les bâtiments de Emory, le seconde université où il a eu de très bons contacts. Tout au long de ma promenade – ou plutôt marche rapide – je trouve un mélange d’architectures, des bâtiments cossus de style colonial, de hauts édifices très modernes souvent aux façades de verre mais aussi des maisons particulières ou restaurants qui semblent un peu perdus dans cette forêt de buildings. Il fait encore plus froid qu’hier, le vent a soufflé cette nuit de façon inhabituelle, malgré mon bandeau et mes gants, ce froid est vraiment piquant – peu de monde en rue et sans doute suis-je la seule touriste mais cela ne se remarque guère, je n’ai pas besoin de plan en main puisque je remonte toujours le même rue.

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Une petite maison rouge aux colonnades blanches est la maison où Margaret Mitchell a habité depuis 1925. C’est ici que ‘Gone with the wind’ est né dix ans plus tard ; ce roman et le film qui en fut inspiré sont une image forte de la Géorgie à l’époque des plantations.

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Une banque imposante, toute en marbre blanc, un petit crochet par des rues plus calmes, retour vers le carrefour avec la 15th avenue, où la fontaine devant l’église scientiste s’est transformée en sculpture de glace et là je me sens attirée vers la droite.

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Les rues sont toutes en courbes, vallonnées et les habitations me plaisent ; je sillonne ce quartier entre Peachtree et Piedmont avec quiétude. Piedmont Park – qui comprend le Jardin Botanique – est un énorme ilot de verdure, de calme, un endroit pour se balader, faire du sport, avec un joli lac, des terrains de tennis, de soccer et une superbe piscine pour l’été. Evidemment nous sommes loin de ce qu’on peut appeler la bonne saison pour y flâner, pour y admirer les massifs de verdures ou de fleurs qui n’existent que dans mon imagination ; je m’y promène d’un bon pas et je suis étonnée de ne pas m’en souvenir. Ça aurait pu être un superbe lieu de jeu et de défoulement pour les kids mais peut-être que l’attrait pour les jardins m’est venu plus tard. Et pour la petite histoire – on ne me changera pas -, le Park Piedmont a vu en 1895 une grande exposition de cent jours pour faire connaître les conditions de vie, promouvoir les états vivant de la culture du coton et avec l’espoir de voir naître le commerce avec les pays d’Amérique latine ; le succès de l’événement aurait permis à cette communauté de prospérer.

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Par contre je me souviens être venue au Jardin Botanique avec Candy lors d’un plus récent voyage ; c’était au moment de l’exposition exceptionnelle des œuvres en verre de Chihuly et ils en ont gardé deux jolies pièces. C’est un peu triste sans fleur et presque sans verdure, heureusement qu’il y a ces superbes magnolias du sud qui respirent toujours la verdure. La serre des orchidées me rappelle bien évidemment ses semblables de Singapour mais en tellement plus modeste. Atlanta a connu dans ce jardin une exposition de sculptures géantes de verdure, comme celle qui nous a fascinées Dominique et moi à Montréal cet été – il en reste ici une seule qui a perdu sa magnificence mais laisse supposer que ce fut aussi génial. Et la grenouille assise sur son banc semble attendre la compagnie de Mathieu – la photo en est nettement moins souriante. Les arbres sont souvent luxuriants dans ces régions humides du sud, ainsi la mode des ‘canopy trails’ offre ici également le plaisir d’une balade surélevée.

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Je me perds à nouveau dans les petites rues de villas, avec toujours en point de mire les buildings de midtown Peachtree et je traverse Winn Park, comme un petit vallon, une sorte de jardin privé pour les résidents aux alentours – certaines mamans y emmènent leurs enfants sur les places de jeux tandis que d’autres promènent leur chien.

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Le High Museum of Art doit son nom à la famille High qui donna sa maison en 1926 pour y héberger le premier musée ; de nos jours il est resplendissant de blancheur, un superbe bâtiment moderne juste voisin d’une église presbytérienne toute de briques rouges. Le complexe, appelé Woodruff Arts Center, est étendu, il abrite également la salle de l’orchestre symphonique. Le Musée des arts a été rénové et étendu par Richard Meier et Renzo Piano en 2005 – sa façade arrondie et sa rampe me font penser au Guggenheim de New York. Je suis déjà en vadrouille depuis plusieurs heures et ne me sens pas l’énergie d’en faire la visite – une autre fois peut-être.

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Tout le monde parle, en se plaignant bien sûr, de la météo extrême pour la région ; dans le métro mon voisin s’offusque qu’il ait fait plus chaud à New York qui se trouve pourtant à 1’500 kilomètres au nord ! Et les dames du Botanical Garden ont elles voulu me rassurer car ce week-end cela remontera à 15 degrés ; elle sont parties d’un fou rire quand je leur ai dit que ce week-end je serais à Montréal – ce sera le même chiffre mais sous zéro ! Yves a donné sa longue journée de cours pour le programme de formation continue de GSU, à des cadres de grosses entreprises basées à Atlanta. Tout s’est super bien passé et Richard l’emmène souper avec Michael Jordan (eh non, pas le roi du basket mais un homonyme – Gilles serait trop jaloux). Tandis que moi, je ne serais pas moi-même si je n’essayais pas le wellness de l’hôtel – rien de tel qu’un super massage des pieds pour me remettre en forme !


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Downtown Atlanta

Ce n’est plus le décalage horaire qui nous réveille mais les sirènes tonitruantes des pompiers ou de la police ; ça aussi, c’est une caractéristique de l’Amérique, et pas seulement dans les films ! A part ça, la chambre est très confortable, le lit très large et très haut, la moquette douillette et la salle-de-bain spacieuse – le sèche-cheveux est bruyant et souffle comme un réacteur. Le ciel est bleu éclatant, avec une luminosité parfaite mais les températures sont très fraîches pour la région, avec seulement quelques degrés au-dessus de zéro et le vent n’arrange rien – Candy et Richard s’en sont d’ailleurs tous les deux excusés, c’est inhabituel un hiver aussi froid. Il en faudrait plus pour me garder cloisonnée à l’intérieur – même si je ne m’avance pas quant au programme de la semaine prochaine à Montréal.

Aujourd’hui c’est downtown que je vais re-visiter et faire découvrir à celles et ceux qui me lisent. J’ai un peu l’impression d’être en pèlerinage, avec des sentiments confus de plaisir, d’excitation, de nostalgie ; même à distance, Thomas se dit en avoir presque la larme à l’œil et ma maman revit une magnifique expérience qui les a beaucoup marqués. Cristina m’a demandé avant mon départ si c’était une belle ville. Ce n’est pas un woah d’admiration, elle n’est pas non plus touristique – d’ailleurs mon frère aurait vite remarqué qu’il n’y a pas de bus hop-on hop-off – ainsi je me sens portée au sein de la population locale tout en sillonnant les rues.

Je suis descendue avec MARTA, jusque Five Points, considéré comme le point central de la ville et ce depuis très longtemps puisque c’était l‘intersection de deux ‘pistes’ principales du temps des indiens. Aujourd’hui cinq avenues s’y croisent et c’est ici également que furent installés les premiers réservoirs d’eau pour les habitants. L’endroit communique avec ce dont tous ceux qui sont passés nous voir à Atlanta se rappellent, l’Underground, cette galerie souterraine, sombre et basse de plafond, où se succèdent boutiques de souvenirs, de gadgets, artisans ou artistes, restaurants. C’est ici que Mathieu peut-être a reçu l’inspiration pour ses tours de magie – il avait à peine 3 ans ! Dans mon souvenir, la zone était nettement plus animée, plus peuplée – beaucoup de noirs qui parlaient seuls dans la rue – mais sans doute n’y suis-je pas à la bonne heure, le bon jour, la bonne saison – toutefois il me semble que de nombreux emplacements sont vides, voire délabrés. Par contre notre copain en bronze, avec son chapeau, assis sur son banc est lui toujours au rendez-vous – il était sur toutes les photos de nos visiteurs de l’époque !

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A l’arrière, le Musée Coca-cola a fermé ses portes pour être déplacé à l’est, proche d’autres attractions tandis que le State Capitol flamboie toujours avec sa coupole dorée – des manifestants occupent son parvis, des gardes à cheval bloquent l’accès, je ne m’aventure pas plus loin. Progressivement la topologie du quartier me revient en mémoire ; GSU (Georgia State University) – où Yves a passé de longues journées – occupe ici dans le centre ville de très nombreux bâtiments que je traverse ou contourne, en me dirigeant à l’enseigne CNN facilement repérable.

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Quelques beaux buildings modernes se dressent par-ci par-là ; j’en reconnais certains comme celui que nous appelions le ‘cigare’ avec son restaurant tournant au dernier étage. Aujourd’hui c’est l’enseigne Westin que je vois sur sa façade. CNN est une institution ici à Atlanta, nous avions visité les studios à plusieurs reprises ; cet après-midi le hall central, toujours aussi imposant, grouille de monde. Ce matin dans le salon du petit-déjeuner, sur le grand écran de télévision, défilaient les émissions de CNN – typiquement bruyantes, avec les rires incessants du public en fond, alors que sur le plateau apparut soudain l’actrice qui jouait la petite fille de la famille Ingalls dans ‘La petite maison dans la prairie’.

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De l’autre côté de la rue s’étend le parc olympique, dit le ‘Centennial Olympic Parc’, qui a été créé lors des jeux d’été ici en 1996 (le centenaire des jeux d’été). Il était au cœur du village olympique, il fut malheureusement le lieu d’un attentat à la bombe le 27 juillet 96 et il reste aujourd’hui un héritage pour la ville. Ma mission est de retrouver sur ses dalles, les briques aux noms de Thomas et de Mathieu, achetées par Candy … heureusement que les bornes informatiques viennent à mon secours pour m’indiquer la dalle 109.

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L’espace est vaste, aéré et entouré des principales attractions du centre ; un aquarium récent, qui a très bonne réputation ainsi que le nouveau Musée Coca-cola qui a fait peau neuve et qui a surtout drôlement agrandi son magasin ! Sir James John Pemberton est l’inventeur du coca, une potion ‘médicament’, qui a vu le jour en 1886 et était vendue ici dans une pharmacie proche de Peachtree Street. Alors qu’au début on vendait 9 cocas par jours, il semble qu’en 2010 la compagnie avançait le chiffre de 1,8 billions de cocas servis ou vendus par 24h !

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Et voilà mon petit tour de downtown qui s’achève, il m’a permis de jolies photos je pense, avec ce magnifique ciel bleu mais je n’y ai pas retrouvé l’ambiance qui chante, des journées chaudes que nous y avons connues. La ville vit au ralenti, calfeutrée dans ses intérieurs douillets et c’est aussi ce que je vais faire pour terminer cette deuxième journée à Atlanta. Demain est un autre jour, Yves donnera huit heures de séminaire pour GSU tandis que moi je dois encore peaufiner mes projets.


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Le quartier de Buckhead

Il fait froid lundi matin sur Montréal, c’est le début d’une nouvelle vague avec des températures annoncées bien négatives. Les glaçons se forment sur le pare-brise du taxi qui nous emmène à l’aéroport. Notre boarding pass sera scanné au moins 7 ou 8 fois, histoire de nous suivre à la trace, avant de passer devant le douanier américain. Une fois encore ce dernier est souriant, rapide, peu inquisiteur et Martine se demande bien si nous cachons un secret pour faire aussi vite. C’est à bord d’un petit avion de Delta que nous embarquons, en classe First – qui n’a rien de comparable avec celle de Swiss. Pour parer au vent et aux températures glaciales, les bouches d’accès à l’avion sont couvertes de grosses bâches capitonnées, comme un manteau matelassé – je n’avais jamais rien vu de tel. Depuis la zone d’attente, nous avons observé le défilé continu de camions qui repoussaient la neige pour nettoyer les pistes ; tout est blanc au sol. Notre hôtesse à bord est très gentille, une pure américaine qui mâche ses mots, un peu atypique dans son métier mais taquine et bien serviable ; par contre il doit y avoir des fuites dans la carlingue tellement j’ai froid durant tout le vol et ce n’est pas la salade fraîche de pâtes servie au lunch qui va me réchauffer – elle est cependant très goûteuse.
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C’est le soleil et le ciel bleu qui nous accueillent à Atlanta, avec presque une demi-heure d’avance sur l’horaire. Cet aéroport est gigantesque, tellement étendu avec ses 6 ou 7 terminaux. Je me souviens, il y a 20 ans, de notre surprise quand nous avions dû prendre un train-métro, qui parlait, pour passer de l’un à l’autre – aujourd’hui il y en a même un à Zurich, avec des vaches qui beuglent ! Ayant récupéré notre valise, loin dans un autre bâtiment, ce sera un bus navette, parcourant une large boucle tout autour des pistes pendant un bon quart d’heure, qui nous dépose à la station de métro. MARTA ne desservait pas l’aéroport dans le passé mais ce jour il nous emmène directement jusqu’à notre destination. Nous sommes dans le sud, il n’y a ni stress, ni bousculade, les gens sont fort serviables et c’est aussi le pays de Martin Luther King – que l’on commémore d’ailleurs aujourd’hui – avec sa population très mélangée de noirs et de blancs. Alors que le centre ville approche, nous en reconnaissons le profil, ses buildings élancés qui se dressent au milieu d’un paysage très plat jusque bien loin à perte de vue. Après downtown et midtown, nous arrivons à notre destination du jour, le quartier de Buckhead.

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Cette extension de la ville, à 10 kilomètres du centre, a énormément prospéré par rapport à nos souvenirs. Il y a plusieurs beaux édifices modernes, qui abritent hôtels, appartements ou bureaux et qui se mêlent à des commerces ou centres commerciaux plus classiques. En ce mardi 21, alors que Yves donne sa conférence pour des directeurs informatiques de grandes entreprises ou administrations fédérales, je m’en vais marcher, toute petite entre ces blocs – comme on dit par ici – de Buckhead. Mais tout est grand, les distances aussi ; les largeurs des avenues, des carrefours me surprennent encore. Et visiblement les américains ne connaissent que la voiture pour se déplacer, même si des trottoirs existent, bien larges eux aussi et proprement aménagés. Le vent souffle à me faire regretter de ne pas avoir emporté un bonnet mais aussi à faire se balancer sur leurs fils les feux de circulation par-dessus les avenues. C’est bien un décor à l’américaine, avec son mélange d’architectures, ses grands malls qui avoisinent de petits chalets ou maisons aux façades en bois, ses affiches énormes qui font lever le regard, sa circulation dense mais posée, au rythme lent des voitures ou camions à la conduite automatique.

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Lenox Square et Phipps Plaza sont deux malls gigantesques – dont doit se souvenir Nathalie – qui nous avaient fascinés à l’époque venant d’Europe et qui aujourd’hui ont conservé leur superbe, à croire qu’ils n’ont pas vieilli. Les food courts gardent leur attrait et c’est le magasin Nike qui a encore aujourd’hui ma préférence. Je suis peut-être la seule à y arriver à pied et je me concentre pour ne pas m’y perdre et retrouver la bonne sortie !

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L’InterContinental est situé sur Peachtree road, l’accueil s’est fait en français avec Arthur, le décor est feutré et un peu ancien. Notre chambre est idéalement logée au 20ième étage, avec accès à la lounge exécutive et avec de larges fenêtres qui donnent l’impression de plonger vers les avenues qui mènent à downtown – je ne me lasserai pas de l’admirer à tous moments de la journée. Vers l’est, on distingue une petite colline à l’horizon et je pense que ce doit être StoneMountain – séquence souvenirs. A la lounge, nous rencontrons le premier soir, Clare, une connaissance d’il y a 20 ans aussi ; c’est son mari qui a fait intervenir Yves dans le programme de son séminaire. Le serveur est lui Croate et se plait à discuter avec nous. C’est incroyable le nombre de fois que l’on nous demandera d’où on vient, c’est quasi la deuxième question de toute personne que nous abordons – après « comment vas-tu aujourd’hui ? », bien sûr !

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En me baladant ce matin, j’ai sincèrement ressenti un attachement pour cette ville, une impression profonde de « déjà vécu », que ce soit les enseignes de magasins – comme le Sport Authority, le Wall-Mart, … -, les couleurs des façades, le mode de construction avec une ossature en bois toute ajourée au départ, le type de végétation abondante, le léger vallonnement et les courbes des rues, le mélange de population. Atlanta est une ville à l’américaine, fort étendue, qui a son identité et qui surtout a laissé de nombreux souvenirs magnifiques pour notre famille, qui découvrait alors l’extravagance du continent.

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La soirée que nous venons de passer avec Candy et Richard n’a fait que raviver ces moments-là. Ce sont eux qui nous avaient accueillis et aidés tout au long de ces mois de 93/94 – et je leur en serai à jamais reconnaissante. Les liens créés sont restés toujours aussi forts et sincères au fil du temps. Richard est venu nous chercher à l’hôtel ; ce trajet tant de fois parcouru, nous le redécouvrons en cette fin de journée avec son flot chargé de voitures qui remontent vers le nord, au rythme des escargots sur parfois cinq files de front – et c’est ainsi chaque jour, se plaint notre ami. L’émotion surgit de revoir Candy, de nous trouver dans leur maison qu’ils vont bientôt quitter – mais Zack, leur chat, ne se montrera pas ! Roswell était notre lieu de résidence, nos amis nous baladent dans la région où les souvenirs, les noms resurgissent – Holcomb bridge, Martin’s Landing, Roswell Mill, l’école de Thomas, le restaurant Red Lobster, etc – comme un film qui tourne à l’envers, des images ancrées qui reprennent vie …


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Montréal, me re-voici déjà !

J’avais évoqué le désir de découvrir l’atmosphère de cette ville en hiver une fois mais sans penser que l’occasion se présenterait aussi rapidement. Hier matin, Mathieu et Anaëlle nous déposent à l’aéroport de Genève avec deux lourds bagages ; ils sont tout sourire, soit de nous voir re-partir pour une douzaine de jours, soit dans la perspective de leur week-end pour les 23 ans de Mathieu (une surprise organisée et bien gardée par Anaëlle). Les vols s’enchaînent sans souci, avec Swiss et une escale à Zürich où déjà l’accent québécois de quelques passagers chante dans nos oreilles. Le service à bord est impeccable, le repas juste bien équilibré et je passe les huit heures de vol à lire, visionner deux films et somnoler.

Il est 15h30, l’avion se pose à Montréal, il fait 5 degrés, le ciel est bleu. Plusieurs autres vols viennent d’atterrir, des milliers de voyageurs font la file pour le contrôle de douane dans ce grand hall d’arrivée que nous connaissons bien. La vingtaine de guichets ouverts nous permet de recevoir notre tampon d’entrée après seulement trente minutes d’attente. Martine et Alain sont venus nous accueillir, une joie partagée de se serrer dans les bras et ça papote sans arrêt sur la route jusqu’à l’hôtel. Il y a six mois que nous nous sommes quittés, c’est comme si c’était hier et nos taquineries refont surface tout naturellement.

L’accueil au Westin dans le Vieux Montréal est très chaleureux ; je sais que c’est une chaîne d’hôtels que Fabienne et Jacques apprécient également. Depuis notre chambre spacieuse, au dix-neuvième étage, nous regardons le Palais des Congrès aux façades de verre multicolores, les Tours Desjardins et au loin la Montagne. La nuit tombe rapidement et c’est à la Brasserie Holder que Alain nous propose d’aller manger ensemble. Le maître d’hôtel est belge, tiens donc une fois ; il jongle entre l’accent chantant du Québec et celui plus ronflant de Bruxelles. Nous avions presque oublié déjà que la convivialité, les échanges directs, les remarques taquines avec les serveurs rendent l’atmosphère fort agréable. Je communique très souvent sur skype avec Martine et pourtant ce soir, nous avons tous les quatre tant de choses à raconter et … le Père Noël suisse n’a pas oublié nos deux amis. Le petit chat tout doux fait jaillir un beau sourire aux lèvres de Martine tandis que Alain semble ému du livre d’images. Le restaurant signe « complet » ce samedi soir mais par contre les Montréalais ont déserté leurs rues. Après un dernier verre à l’hôtel, autour duquel nous accordons nos agendas et planifions un spectacle pour le week-end prochain, une balade dans la belle neige du Parc du Mont-Royal, … il est temps pour moi de rejoindre mon lit, même s’il n’est que 21 heures ici.

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Depuis mon arrivée, j’ai répondu à plusieurs messages qui m’interrogeaient sur mon impression de me retrouver ici et sur les températures ressenties. Il est vrai que Montréal a subi une terrible vague de froid, avec des températures sous les -20 degrés ; Martine m’a avoué ne pas avoir mis le nez dehors pendant deux jours. Nous sommes chanceux mais cela pourrait évoluer d’ici notre retour. Un des messages provient de Alex, qui me demande un conseil d’hôtel en Valais, avec vue imprenable, spa de rêve et me voici à nouveau « agence de tourisme ».

Nous serons réveillés avant que le jour se lève sur la ville, les heures de repos ont été bénéfiques et nous nous mettons en route vers 8h30, via la ville souterraine directement depuis notre hôtel jusque la Place des Arts. Le Salon de l’Auto ouvre ses portes au Palais des Congrès, ils attendent de longues files mais à cette heure matinale, les couloirs sont encore déserts. Au complexe Desjardins, nous nous arrêtons pour regarder des gymnastes aux agrès et le froid (5 degrés sous zéro) accompagné du vent nous fouette le visage lorsque nous sortons sur la rue Sainte-Catherine. Yves et moi avons eu la même idée ce matin : un petit-déjeuner chez Eggspectation et je savais où en trouver un.

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L’ambiance dans les rues est feutrée, le ciel est couvert, il neigeote, les trottoirs sont encore blancs et parfois verglacés, les gravillons font bien leur effet. J’enlève mes deux couches de gants pour quelques photos et nous descendons vers Square Victoria et plus bas encore pour aller voir à quoi ressemble le Saint-Laurent. Oh surprise, BOTA, ‘mon’ bateau au Spa sur l’eau est coincé dans les glaces ; le fleuve est tout blanc à cet endroit sans courant. Dans le petit parc le long du Vieux Port, traînent des gros amas de neige qui ont dû être repoussés par les chasse-neige et qui vont rester ainsi jusqu’en avril sans doute.

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La Place d’Armes, encadrée par la Basilique et la BMO, est recouverte d’un tapis blanc et je souris en voyant la taille des piquets de neige, un peu comme ceux que l’on trouve le long des routes de montagne chez nous. Martine me dira que la neige avait presque atteint la hauteur de la clôture de leur jardin et qu’elle craignait que Louba en profite pour s’échapper ! Le Vieux Montréal, un dimanche matin en plein hiver, ressemble presque à une ville fantôme, endormie, sans voitures quasi, ni piétons , si ce n’est quelques touristes, vaillants comme nous.

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Mais dans l’après-midi, la vie reprend un peu dehors. Alain veut nous emmener sur l’île Notre-Dame et nous faire découvrir dans le cadre de la Fête des Neiges, un hôtel de glace. L’idée me séduit – même si je préfère de loin la chaleur de ma chambre au Westin – mais pas de chance, arrivés sur place, il n’y a rien qui ressemble à un tel édifice mais seulement des animations pour enfants. Serait-ce le redoux de cette semaine ou la période de pluie qui a suivi les grands froids qui explique cela – c’est bien dommage en tout cas. Et même la grande patinoire, généralement en forme d’anneau dans le bassin Bonsecours est réduite à un simple petit carré. La neige camoufle les bruits et crée une toute autre ambiance, un décor très différent. Une ville européenne change peu en hiver comparé à ce que j’observe ici ; à Montréal, c’est un mode de vie qui change durant les longs longs mois de froidure.

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Nous remontons vers la Place Jacques Cartier qui paraît beaucoup plus large sans les terrasses qui la bordaient à la bonne saison. Quelques décorations extérieures font encore penser à Noël, je les trouve très sophistiquées et charmantes. Les galeries d’art du Vieux Montréal sont ouvertes et l’on croise quelques gens qui se promènent, certains même en calèche. Dès qu’une ruelle est prise par le souffle glacial du vent, on commence à percevoir les sensations sur le visage et c’est alors que nous nous enfilons, rue Saint-Paul dans le « Petit Café » du « Petit Hôtel » pour nous réchauffer. Nous nous retrouverons samedi prochain et pour l’instant, nous regagnons chacun notre intérieur bien chaud.

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L’hôtel Westin sied à l’emplacement d’un ancien Journal, c’est ainsi que le restaurant porte le nom de « La Gazette » et j’y déguste ce soir mon premier plat avec du homard. Ce ravioli dit ‘ouvert’ avec homard et morilles dans une sauce succulente me convient à merveille tandis que Yves se régale d’un pavé d’espadon mi-cuit. Et je souris seule en l’écrivant … certaines ne manqueront pas de me dire encore que je parle souvent des repas !


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Au revoir Montréal et à l’an prochain …

Nous sommes éveillés assez tôt et tout est presque prêt pour le départ. Yves m’emmène donc pour un super petit-déjeuner au Café Souvenir sur l’Avenue Bernard. C’est son collègue Luis qui le lui a fait connaître hier ; l’endroit est assez couru, un repère des gens de la radio et télévision, paraît-il. Arrive justement, un des hommes les plus riches de la ville, qu’ils ont vu hier avec Luis ; il arrive à vélo, pantalon de costume dans la chaussette et avec un sac-à-dos bleu d’enfant, celui de sa fillette qui trouvait le sien ringard, raconte la rumeur. Il était jusque mi-mars le président et CEO de Quebecor, le géant québécois dans le domaine de l’imprimerie commerciale, des médias et des télécommunications.

Nous rentrons à pied – presque tranquillement comme si c’était un jour normal – car Yves souhaite me montrer dans ce quartier prisé d’Outremont, les immeubles modernes que nous apercevions depuis le haut de l’Université ; plusieurs bâtiments avec des appartements assez luxueux, des terrasses qui font presque penser à des résidences de vacances – Luis et également les parents de Dominique vivent ici, à dix minutes à pied de HEC.

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Yves repasse encore une heure ou deux au bureau, pour quelques petites choses à terminer, des au revoir et un dernier lunch avec ses collègues. Je rentre pour ma part à l’appartement, terminer le dernier bagage, ôter les draps, vider le frigo et remplir le sac des affaires que nous laissons ici pour l’été prochain. Martine vient le chercher, nous nous promettons de garder notre contact skype fréquent et qui sait peut-être se voir une fois en Suisse ou en Espagne – les lunettes solaires cachent nos yeux humides. Alain s’est mis tôt en route depuis le Connecticut, avec encore l’espoir d’arriver à temps à l’aéroport mais nous nous dirons un dernier au revoir par téléphone ; la période des vacances rend les files à la douane américaine assez longues.

Notre concierge, le monsieur aux longues moustaches blanches, m’a déjà souhaité bon retour plusieurs fois ces derniers jours ; nous sommes sans doute parmi les locataires qui avons séjourné le plus longtemps dans cette maison Le Rockledge. Il était toujours disposé à rendre un service et chaque fois ce fut fait dans les plus brefs délais. Sonia a aussi été d’une aide très appréciable, elle passe m’embrasser et espère nous revoir l’été prochain.

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Le taxi nous emmène à l’aéroport, nous sommes bien chargés et d’ailleurs recevront une étiquette heavy sur chaque valise ! L’aéroport de Montréal n’est pas un des plus vaste et attrayant que nous ayons connu mais j’y déniche encore quelques petites spécialités à ramener et ensuite nous nous installons dans la lounge business – tiens, c’est étrange, nous entendons soudain parler suisse-allemand ! Le vol pour Zurich va durer 6h15, il est bien confortable en classe business et offre au menu des produits suisses ; par contre les hôtesses ne nous gratifient plus des ‘ça me fait plaisir’. Le cafard me prend au moment du décollage, je me concentre alors sur l’écran où je vois défiler les localités le long du St Laurent jusqu’à la Mer du Labrador et je parviens à dormir quelques heures ; ce qui ne sera pas le cas de Yves, qui me réveille à 5 heures du matin – heure de Zurich – pour le petit-déjeuner.

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Quelle joie de revoir Mélina et Thomas qui se sont levés tôt pour venir nous accueillir à Genève et à la maison, Mathieu s’est lui exprimé avec un délicieux plat de gaufres toutes fraîches. Un bonheur de retrouver notre jeunesse, de revivre au jour le jour leurs aventures et anecdotes … et la perspective du week-end au Chalet RoyAlp de Villars tous les six nous met du baume au cœur … Elle est belle notre Suisse !

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Dernier regard au Vieux Montréal

Le monde va mal, les catastrophes se suivent dans le milieu des transports – autocars, avions, bateaux – et hier collision frontale entre deux trains près de Lausanne ! Que se passe-t-il donc ? C’est une vraie série noire.

Les lessives se terminent, les valises se remplissent bien et l’appartement reprend petit-à-petit son look des premiers jours, sans plus de notes personnelles. Hier Martine m’a proposé de la rejoindre pour faire une petite pause et nous avons bien papoté en buvant l’apéro et discutant de nos projets ‘jardinage et maison’ pour les prochains mois. Aujourd’hui je retourne au salon esthétique chez ‘Claudel et Sophie’ sur l’avenue Laurier ; Mariela est très douce, professionnelle et bavarde – elle me raconte qu’elle est enceinte et prendra toute une année sans solde, et qu’il faudra donc que je revienne dans deux ans pour la revoir. Elle me bichonne de jolis petons et me conseille une couleur chic pour le vernis.

Yves me propose une dernière soirée dans le Vieux Montréal ; la cour intérieure de chez Accords nous avait plu, tout comme le dessert pris il y a quelques jours et il s’avère que leurs menus sont tout aussi excellents. Des entrées avec salade de homard ou tartare de canard, aux plats de suprême de pintade ou filet de bison et sans oublier le Jardin Botanique pour clore en beauté ce souper d’adieu à Montréal. Et ce n’est peut-être pas plus mal que nous ayons découvert ces bonnes adresses sur la fin du séjour … trop tentant !

Balade nocturne dans les rues de la vieille ville, les magasins de souvenirs sont encore actifs, les galeries inondent nos yeux d’images à ne pas oublier, les calèches baladent les touristes, la cathédrale s’éclaire de bleu … nostalgie, nostalgie …

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Un beau bureau sur le toit de Montréal

Chez Cora, est un fastfood à l’américaine spécialisé dans les petits déjeuners copieux. Suzanne s’était étonnée que nous ne connaissions pas encore celui de la Côte-des-Neiges et c’est ainsi que j’y emmène Yves ce dimanche matin. Chemin faisant, j’accoste une dame pour savoir où il se trouve exactement et cela l’amuse beaucoup de nous répondre que c’est justement là qu’elle s’en va travailler ; la conversation se poursuit jusqu’au restaurant, elle ne manque pas de raconter cette anecdote à ses collègues, qui viendront ensuite nous demander où nous habitons en Suisse, pourquoi nous sommes ici, ce qui nous fait aimer Montréal … scénario classique des québécois que nous avons côtoyés et c’est justement ce caractère souriant, accueillant et convivial qui nous plaît chez eux. Nous sommes très bien servis ; le sirop d’érable coule à volonté, les fruits frais couvrent la moitié de l’assiette et nous nous régalons. L’établissement est hyper propre, lumineux et nous rappelle un peu les IHOP de la région de Vancouver. Mais pourquoi donc, cela fera-t-il rire Alain quand nous lui dirons que nous avons déjeuné Chez Cora ?

Nous voulons faire calme ce dimanche, avant l’excitation des préparatifs, nous montons vers l’esplanade du Chalet du Mont-Royal et nous y installons sur mes chaises en bois préférées – j’en ai d’ailleurs envoyé un plan à Mathieu pour qu’il commence à y réfléchir ! La place est bien fréquentée et animée durant le week-end, les appareils photos crépitent, des asiatiques et africains font une démonstration de Tai Chi. L’endroit est propice à l’inspiration, je rédige quelques posts avec toujours ce plaisir de revivre une seconde fois nos aventures des derniers jours et Yves profite du Wifi disponible ici pour faire des recherches et envoyer des emails. En voilà un bureau bien agréable, avec les distractions des touristes, le petit vent doux, la vue à l’horizon sur les buildings, le fleuve et ses ponts.

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Sur le retour, nous prenons des forces au Duc de Lorraine, une institution depuis 1952 ; cette boulangerie propose une petite restauration fort appréciée. Pour nous ce sera une assiette charcuterie-fromage avec une tome de Savoie au marc de raisin excellente. Les serveurs sont pour la plupart français et aiment faire la causette, le nôtre se réjouit déjà d’aller skier à Whistler cet hiver. Et me voici prête pour remplir un premier gros bagage ; la balanzza de chez Mec indique vingt kilos – parfait, je pourrai encore y glisser une ou deux petites choses.

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Alain avait bien promis de nous emmener à l’aéroport mercredi, il doit par contre partir demain au Connecticut pour son projet et nous ne nous reverrons pas. Il vient nous chercher à l’appartement pour le souper et emmène déjà des objets prêtés par Martine, dont le ventilateur – nous aurons bien chaud les prochaines nuits, tant pis … Ces trois mois ont passé bien vite pour nous quatre, un peu de nostalgie nous habite déjà, nous avons appris à mieux nous connaître, nous apprécier et surtout nous taquiner. Ce souper chez eux, entre belges, nous l’imaginions avec des frites bien sûr mais non, nous nous sommes trompés. Alain me demande pourquoi je suis si enthousiaste à revenir l’année prochaine et aussi ce que je trouve ‘moins bien’ ici à Montréal … Que dire, parler un peu des transports, des nombreux sans-abri et de la netteté dans les rues – notre référentiel singapourien est difficile à battre pour cela … Mais je vois tellement plus de points positifs et surtout à la bonne saison. Cela me tenterait quand même de vivre ces mêmes paysages sous des mètres de neige et approcher la vie calfeutrée des canadiens quand il fait -30 ! Pas six mois, juste quelques semaines peut-être pour une première fois … Louba me colle, me suit, elle m’a bien adoptée, on se dit toujours qu’un animal de compagnie sent les choses qui se passent et ce doit être le cas ce soir.

Le silence règne dans la voiture quand Alain nous ramène, le pincement au cœur est palpable … vite se dire au revoir et surtout ne pas se retourner.


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Olivier nous quitte, barbecue sympa chez Louise et Gilbert

Encore quelques photos dans le centre ville, vers la Place des Congrès, avant de rejoindre ‘L’Arrivage’, le restaurant du Musée Pointe-à-Callière. La petite terrasse à l’étage va plaire à Olivier pour son dernier repas à Montréal. La carte des menus est très simple, la cuisine est fine – encore des crevettes et du homard pour moi – et Yves aime beaucoup leur macaron framboisé. La vue est colorée, ensoleillée, animée sur le Vieux Port, son jardin, son étang, ses quais d’où part un bateau de croisière semblable à celui de jeudi, et aussi un gros paquebot qui remonte le St Laurent. Ils sont assez rares, la plupart s’arrêtent à Québec, ceci à cause de leur hauteur, de plus en plus impressionnante. Et ce ne sont pas les ponts qui les empêchent de s’aventurer jusqu’ici mais bien les lignes électriques. Alain rêve d’une telle croisière l’an prochain avec nous, jusque Anticosti, à l’extrémité de la Gaspésie – et pourquoi pas, en voilà une excellente idée !

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Olivier semble avoir aimé son deuxième séjour-découverte canadien, il a pris ses marques dans le Vieux Montréal et ne dirait même pas non à un troisième voyage au pays de l’érable, des écureuils et des orignaux …

Gilbert, un collègue de HEC, vient nous ‘ramasser’ à la station de métro Sauvé, sur la ligne orange, bien au nord de l’île de Montréal. Il nous a invités pour un barbecue à la bonne franquette, chez lui, avec Louise, son épouse, son fils Mathieu, son papa et Heinrich, un de ses doctorants qui travaille à Zurich. La météo est clémente, eux-mêmes s’étonnent de pouvoir veiller ainsi en soirée sur la terrasse. Ils nous racontent leurs vacances à vélo dans le sud de la France, le grand-papa nous explique ses nombreuses activités professionnelles comme entrepreneur et notamment la dernière qui conçoit et commercialise des calendriers pour entreprises ; il est très amusant et semble avoir lu BMG – j’oublie de dire qu’il a plus de huitante ans. Ce soir la trajectoire des avions quittant l’aéroport Pierre Elliott Trudeau passe au-dessus du jardin de nos amis et nous surveillons le Lufthansa qui ramène Olivier en Europe.


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Souper au Leméac

Steven me fait une dernière coupe que je souhaite toujours assez courte en cette période estivale. J’espère qu’il travaillera encore ici au salon l’année prochaine mais il est breton et trouve l’hiver rude et long ; on lui a bien dit que c’était le pire hiver depuis longtemps. Peut-on les croire ces Montréalais ? Il est cependant content car un de ses frères a trouvé une place de professeur en criminologie ici à l’Université et va donc venir s’installer près de lui.

En sortant de chez Jérome B Coiffure, je m’écarte pour laisser passer un jeune qui court sur la rue Côte-des-Neiges puis je le vois se retourner, inquiet. Et c’est alors que je m’aperçois qu’il tente de semer les flics qui le poursuivent. Il s’introduit dans l’entrepôt d’Exofruits, le supermarché et alors que le flic arrive à ma hauteur, celui-ci dégaine son arme … Oh là, doucement … Je m’éloigne de quelques pas et les sirènes de cinq voitures de police convergent vers l’endroit. Le jeune ressort menotté et est casé pour ne pas nuire, il semble se débattre. L’attroupement se crée rapidement dans ce quartier commerçant assez fréquenté. Les policiers vont discuter encore un bon moment avec le gérant du magasin et il y a même une ambulance qui vient et repart bien vite. Olivier et Yves s’étonneront le soir que je n’ai pas pris de photo, je dois dire que l’idée de m’en est même pas venue, j’étais moyennement à l’aise … et si il m’avait prise en otage ?? Mais non, Montréal n’est pas Chicago !

Yves a une discussion intéressante avec une personne dont le contact lui est venu d’une connaissance de Singapour. Il travaille dans une société de Capital à Risque qui aide les entrepreneurs dans des projets technologiques du futur. Ils conserveront le contact probablement, il est trop tard cette année pour envisager une action ensemble.

Après une journée de rédaction dans mon appartement, je propose à Olivier de nous rejoindre au Leméac pour le souper et il apprécie d’ailleurs le quartier de Laurier. Dans l’ambiance décontractée d’un grand bistrot, dans son cadre aéré et avec son service souriant, nous dégustons de délicieux plats ‘gourmands’ suivis de leur célèbre dessert ‘super light’ , le pain perdu à la glace et sirop d’érable qui se partage pour la tablée !

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Croisière sur le St Laurent

Le soleil est bien de retour comme prévu ce matin. Et c’est vers Jean-Talon que je vais faire quelques achats de produits locaux à ramener dans mes valises. J’en profite pour suivre une suggestion de Suzanne et aller découvrir Plaza St Hubert. C’est une très longue et ancienne rue commerçante qui pour se renouveler a été recouverte sur toute sa longueur d’une galerie de verre qui couvre les trottoirs et protège du soleil, de la pluie, de la neige. Ces toits sont même découpés pour laisser passer les arbres qui bordent la rue St Hubert. L’effet global est très beau et original; les magasins sont eux aussi spéciaux avec une grande majorité de commerces de robes de mariées. Pour quelques centaines de dollars, on trouve sa robe de mariée ou pour être dans la suite, un costume pour les hommes, des vêtements enfants pour une communion, des vitrines de chaussures avec seulement des escarpins blancs, des bijouteries avec diadèmes. C’est amusant à regarder, les autres magasins sont eux aussi moyens de gamme.

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Je rentre vers mon quartier et trouve l’inspiration un moment, attablée à Première Moisson; ce fut un endroit où j’ai eu plaisir à venir.

Dans le Vieux Montréal, autour de l’hôtel de ville, il y a une terrible animation pour le tournage d’un film, grande production américaine de nom de code H4. Olivier s’est enquis de la présence de vedettes mais la réponse reste évasive. C’est ici que je le retrouve, au milieu d’une foule impressionnante de figurants. Les drapeaux français sont hissés sur les mâts, les costumes d’époque nous laissent supposer que l’intrigue se passe au milieu du vingtième siècle. On remarque de vieilles Citroën DS, les uniformes de gendarmes français et Olivier verra une scène qui fait penser à une pendaison. Il est ‘chanceux‘; ce matin il a assisté au tournage de l’émission ‘Juste pour rire‘, une émission qu’il a souvent eu l’occasion de regarder sur Adria lors de ses vols vers la Macédoine. Il a été pris en photo, sur la Place Royale, avec la réalisatrice et l’acteur!

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Et c’est au quai King Edward que nous embarquons à bord du Cavalier Maxim pour une croisière AML sur le St Laurent. Ici aussi nous sommes chanceux; un gros bateau pour seulement trente passagers cet après-midi et ainsi presque une croisière privée commentée, avec service de boissons. Le St Laurent et la ville de Montréal ont encore pas mal de secrets pour moi, j’en apprends tous les jours. L’île compte un million-six-cent-mille habitants et s’étend sur cinquante kilomètres de longueur et seize de largeur. Nous nous approchons des bâtiments Habitat 67, ces logements formés de cubes, classés monuments historiques en 2009. Au total, il y a trois-cent-soixante cubes pour cent-quarante appartements; chacun ayant de un à cinq cubes, d’un prix unitaire de deux à trois-cents mille dollars! Le quartier est très recherché pour l’originalité, la vue sur Montréal. Le BOTA BOTA se présente à moi sous un autre angle, c’est un très beau Spa dont Marc m’a dit que le propriétaire en possédait un autre en pleine nature, magnifique … à essayer lors de notre prochaine visite. Les quelques silos à grains qui subsistent, même s’ils ont arrêté de tourner en 1966, rappellent que Montréal fut le plus important port céréalier au début du vingtième siècle; des projets de reconversion en logements sont à l’étude.

Le temps est superbe pour cette remontée du St Laurent; les eaux sont calmes, nous sommes dans le port longé par la Pointe du Havre, construite en 1898 pour protéger les quais du courant fort du fleuve. À l’œil nu, on distingue très nettement la zone après la Pointe, où le fleuve est beaucoup plus mouvementé, un peu comme aux rapides de Lachine. Sous le Pont Jacques Cartier, on aperçoit l’entrée vers la voie navigable du St Laurent; la création de cette voie avec ses sept écluses, vers le Lac Ontario où il prend sa source, a rendu beaucoup moins pratiqué le passage par le Canal de Lachine. Le fleuve est ainsi navigable depuis Montréal sur deux-mille-cent kilomètres jusqu’au Lac Supérieur, le plus extrême des Grands Lacs situé entre le Canada et l’état de Michigan. Si l’on ajoute à cela la distance depuis l’Atlantique, cela fait presque quatre mille kilomètres navigables dans le continent, soit parmi les plus longs fleuves de la planète! Entre Montréal et Trois-Rivières, la profondeur naturelle n’étant pas suffisante, le fleuve a dû être creusé, pour atteindre onze mètres de fond et permettre le passage des gros laquiers. Nous verrons quelques laquiers à quai, ces gros bateaux qui transportent en vrac les marchandises depuis les ports des Grands Lacs, transitent par Montréal pour rejoindre l’océan. La Voie Maritime se recouvre l’hiver, de glace sur les Grands Lacs et la navigation n’est donc pas possible les trois premiers mois de l’année.

Passant sous le Pont Cartier, que je trouve très très beau, nous avançons au-delà des îles du Parc Jean Drapeau avec une vue globale sur La Ronde, le parc d’attractions d’où s’échappent les cris des gens sur les montagnes russes. Par-delà, c’est le quartier du campus de Longueuil de l’Université de Montréal et en face nous apercevons le Stade Olympique, à la tour penchée la plus haute au monde. Les couleurs sont magnifiques pour de belles photos, je suis vraiment ravie de cette excursion; le Cavalier Maxim fait ensuite son demi-tour alors que l’on découvre les abords du port marchand.

Après le Pont, le commentateur attire notre attention sur les énormes bâtiments rouge-brique de la brasserie Molson, la plus vieille, la plus grande du Canada et même d’Amérique du Nord. Ensuite, un immeuble d’appartements très luxueux et c’est là que Yves a donné sa conférence pour les architectes du groupe Provencher Roy et Moureaux Hauspy. La Tour de L’Horloge, ce mémorial aux marins victimes des grandes guerres est superbe dans le décor, elle est très bien mise en évidence. C’est dans cette direction que par les quais nous nous dirigeons ensuite; Olivier y grimpe pour de jolies vues sur le fleuve, les îles, le Vieux Montréal où trône Notre-Dame-de-Bon-Secours … tandis que je rédige quelques pages, installées dans le parc – j’emporte souvent avec moi mon carnet et mon crayon- … « c’est ainsi qu’Isa crée son blog », dira-t-il … mon secret est dévoilé.

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Nous retrouvons Yves, en arrêt bien évidemment devant le tournage du film. Tout le monde se pose des questions et aimerait savoir de quel long métrage il va s’agir. Des touristes nous accostent, nous prenant pour des locaux … ils prennent l’Hôtel de Ville pour la Cathédrale Notre-Dame. Que c’est drôle, de les entendre nous raconter qu’ils sont, eux, venus en vacances ici, chercher un peu de chaleur. Ils viennent d’Abitibi, la région du Grand Nord, au nom déjà rigolo comme l’est leur accent et ils ne semblent pas avoir distingué que nous ne sommes pas Montréalais! Le grand-papa est quasi incompréhensible et cela nous fera rire longtemps en y repensant.

Olivier nous invite pour une première expérience dans une Rôtisserie Brésilienne, le Rodìzio Brasil. Oh, que ça plairait à Mathieu; de la viande à volonté – du bœuf, du poulet, du porc, de l’agneau, du jambon – cuits sur de grandes broches dans la salle du restaurant et qui nous sont servies en fines lamelles coupées directement sur nos assiettes. C’est succulent et original; l’ananas grillé est aussi un régal et j’ai découvert avec plaisir, l’apéritif brésilien, le Caipirinha. La serveuse est française, originaire de la Vallée d’Abondance, en face de chez nous; on se demande toujours comment elle a atterri à Montréal connu pour ses longs hivers rigoureux alors que son rêve était le Brésil!

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Le quartier de l’UQAM est un peu déjanté ce soir … En face de l’église éclairée de jeux de couleurs, une jeunesse folle de musique métallique s’y est rassemblée et Olivier nous ramène jusqu’au métro, pour être certain peut-être que nous ne nous attardions pas trop longtemps !