Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Arashiyama avec Tadashi

Kyoto compte plus de mille temples, il est improbable de se balader dans la ville sans en voir un et l’on passe ainsi sans arrêt d’une architecture moderne/usuelle à la tradition. Ainsi juste avant la gare centrale, moderne, magnifique et grandiose, je jette un œil au Temple Higashi Honganji qui fut une initiation pour moi, au monde du bouddhisme en 2012. C’est toujours aussi fascinant.

Tadashi nous a énormément appris à cette époque-là et c’est donc avec un très grand plaisir que je le retrouve pour cet après-midi où je vais me laisser guider, dans mes trajets et mes pensées tout au long de ses commentaires – après toutefois avoir échangé les dernières nouvelles des familles, de sa vie professionnelle aussi, durant le parcours en bus jusque Arashiyma à l’ouest de la ville.

J’ai choisi cette destination un peu éloignée (une heure en bus pour 230 yens!) en pensant très naïvement que ce serait moins fréquenté – ce l’est sans doute mais ce « moins » représente quand même beaucoup beaucoup de monde et cela fait sourire Tadashi, qui promet de me faire découvrir un peu plus loin des coins plus calmes. Nous débarquons près de la rivière Katsura, enjambée par le célèbre pont en bois Togetsukyo plus que centenaire et propice aux pêcheurs. De suite je ressens le parfum vrai de la nature sauvage et cela me plait beaucoup, cela me manquait.

Nous gravissons lentement et silencieusement le parc Kameyama; les arbres sont beaux, la forêt est vivifiante et Tadashi me raconte des légendes, des croyances bouddhiques comme il sait si bien le faire. Le monde est encore bien présent à l’entrée de la bambouseraie, ils sont impressionnants ces bambous d’une hauteur vertigineuse; j’aime écouter leur son creux au toc-toc de ma bague. C’est à nouveau un décor pour les photos, et même pour un couple de mariés – je me souviens du temps et de la sophistication de la pause que le photographe leur demande.

Non seulement des dames mais aussi de bien jeunes filles se promènent en superbes kimonos, elles trottinent avec leurs getas de bois; j’en verrai vraiment beaucoup durant ces quelques jours à Kyoto, ainsi que des garçons qui portent également l’habit traditionnel. La saison de Sakura est une des périodes pour les jolies prises de vues, ceci explique sans doute un peu ma surprise d’en voir autant. J’apprends aussi que le pin, le bambou et le prunier sont les trois arbres préférés des japonais, symbolisant la joie de vivre et si je vois la notion de bambou ou de pin sur un bento ou pour une chambre d’hôtel par exemple, cela n’a aucun rapport avec l’arbre lui-même mais cela se rapporte à une classification haut de gamme, moyen de gamme ou plus modeste (bon à savoir – je ne mangerai pas du bambou, ni ne dormirai dans un lit fait en pin ) !

La forêt cache des quartiers d’habitations, des salons de thé ou des boutiques d’artisanat, comme la fabrication de Tanuki, ces statuettes en forme de blaireau qui portent chance au commerçant qui la place dans sa vitrine, pour faire mieux que les concurrents et bien évidemment des temples en quantité. Tadashi m’en choisit deux ou trois, pour lesquels il me raconte l’origine, l’histoire des bonzes qui y ont vécu – et même Gio une jolie danseuse qui abandonnée par son mari, se fait tondre la tête et devient bonze. Gio-ji, son temple secret est tout petit et le jardin, couvert d’une variété de plus de dix mousses différentes en est le petit bijou. La mousse et l’érable sont comme les parents et les enfants – au départ la mousse garde l’humidité du sol pour permettre aux érables de voir germer leurs tendres feuilles et à l’été, quand le soleil est fort, les feuilles des arbres apportent l’ombre à la mousse, tout comme les enfants prendront soin de leurs parents plus tard. Tadashi met une telle conviction dans ses récits que sur le moment même, cela semble tellement vrai et beau … il ne raconte jamais de tristes choses, c’est toujours le bon côté qui ressort.

La localité de Sagano nous laisse plus au calme, les touristes n’ont pas poussé aussi loin leur exploration de la forêt. Il s’agit ici de maisons purement traditionnelles, menues, en bois, aux toits de roseaux et qui sont classées patrimoine historique. L’une d’elles est habitée par un artisan un peu particulier, il fabrique minutieusement des objets de décoration avec des cocons vides – c’est d’une finesse merveilleuse et nous sommes reçus très chaleureusement avec du thé (heureusement que j’ai mon interprète avec moi). Les cocons sont précieux pour la fabrication des kimonos; il faut compter 9’000 cocons pour réaliser un joli kimono, un cocon permettant de tirer 1’800 mètres de fil.

Le dernier temple au sommet de la forêt, Otagi Nenbutsu-ji est habité de 1’200 statues en pierre représentant des têtes de moines qui ont la particularité de toutes sourire ! Accrochées sur le flan de la colline, elles semblent nous regarder … elles sont parfois couvertes de mousse, elles aussi. Le timing est parfait, un bus arrive pour nous ramener en ville. Lorsque je dis à Tadashi ma crainte de pratiquer mes déplacements en bus, il me confirme que lui, les utilise uniquement ici dans sa ville mais que en visite à Tokyo ou ailleurs, il n’emprunte que le métro!

A peine le temps de me rafraîchir un peu à l’hôtel et il est déjà temps de prendre mon plan et partir au rendez-vous du souper. Je dévie un peu de l’itinéraire proposé par les applications, qui elles ne peuvent pas être sensibles au charme d’une marche de nuit le long de la rivière Kamo-gawa; les arbres éclairés, les reflets de la ville dans l’eau, les gens qui se promènent ou d’autres qui chantent … Adam, un collègue de l’université, a eu l’idée géniale de nous donner rendez-vous dans un Starbucks, c’est toujours un café facile à trouver (je vais retenir le truc). Adam est polonais, il habite au Japon depuis une dizaine d’années.

Ayumi, son épouse, a réservé notre repas de retrouvailles dans une petite niche d’un restaurant traditionnel – la table est déjà superbement garnie des premiers plats du menu … dont on ne sait jamais quand il se termine (même pour elle qui est d’ici). C’est excellent, parfumé, raffiné et la conversation enrichissante, drôle et chaleureuse. Une des étapes du menu consiste à cuire chacun son tofu; après avoir chauffé et mangé le yuba qui mijotait dans le lait de soja, nous avons ajouté une mini-potion magique, touillé et laissé prendre pendant 3 minutes précises sans plus mélanger – le résultat est succulent, une sorte de flan très doux et soyeux qui prend sa saveur avec la sauce. Ayumi nous avoue que c’est aussi pour elle une première !


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Kyoto sous la pluie : Nishiki market

Une bien triste journée de pluie, que ce soit à Tokyo ou à Kyoto; une drache qui a commencé le matin pour se terminer dans la nuit. Et vive les parapluies transparents et les bottes en caoutchouc – je n’en avais jamais vu autant de modèles. La matinée, nous la passons en partie dans le Shinkansen, bien à l’abri. Nous sommes six à partir en course d’école, avec Shin, Sheena, Watanabe et un autre membre de l’association BMIA (association de promotion et d’accompagnement de business models). Il n’est pas nécessaire de se chercher d’un bout à l’autre du quai de notre train, en gare centrale de Tokyo – Shin nous a donné le numéro de la voiture, les numéros sont inscrits sur le quai et c’est très précis.

Durant les trois heures de trajet entre Tokyo et Kyoto, je discute joyeusement avec Sheena tandis que Yves peaufine sa conférence de l’après-midi et avec l’interprète sous la main, ce sera picobello. Les japonais ne perdent pas de temps, ils emportent dans le train un bento pour leur repas mais rien, absolument aucun déchet ne restera dans le train (il n’y a d’ailleurs aucune poubelle à l’intérieur); chacun rassemble ce qu’il doit jeter et le dépose à la sortie dans les poubelles sur les quais ou même mieux, une employée attend à chaque porte du train avec un grand sac poubelle !

A l’arrivée, nous nous séparons dans la gare; notre hôtel sera le même qu’en 2012, je m’y rends seule en métro car en cas de pluie, un peu comme à Singapour, il est impossible d’attraper rapidement un taxi. L’équipe rejoint elle le Research Park en train, après avoir acheté de quoi faire leur lunch tandis que moi, une fois installée dans la chambre, je vais m’enquérir d’un restaurant. Sheena m’a chaudement recommandé de goûter du yuba, une spécialité de Kyoto (il s’agit de la peau qui se forme sur le lait de soja quand on le chauffe pour faire du tofu). La réceptionniste du Citadines Hotel semble bien disposée à m’aider, elle m’imprime même le plan d’accès … tout écrit en japonais et me voici partie en métro puis à pied vers mon but, parapluie et plan en mains.

J’ai déjà dit que les chiffres aident, j’ai donc compris que le restaurant se trouve au troisième étage … chance que de ce côté-là de la rue (rue sans nom bien sûr), il n’y ait pas trop de bâtiments à enseignes sur plusieurs niveaux. Première tentative vers une étage trois : je me trouve devant un beauty salon … le deuxième choix sera le bon! Contente et pas peu fière, je commande au bol un des trois menus proposés, que je savoure avec joie – une douzaine de petits plats succulents, dont j’envoie vite une photo à Sheena, qui mange son sandwich. Elle me félicite en retour et me redit combien le yuba est excellent pour la santé – je suppose par moi-même que le saké est aussi très bien.

Kyoto est une ville plus petite que Tokyo et on y parle encore moins l’anglais; toutefois sa topologie des routes bien quadrillées, aussi pour les lignes de métro, rend les déplacements assez faciles. C’est la pluie et la cacophonie des parapluies qui vont guider mon emploi du temps pour la fin de l’après-midi, à savoir explorer le marché couvert Nishiki avec ses plus de 130 commerces; il s’étend tout en longueur, en couleurs et les échoppes super bien présentées vendent des friandises, des souvenirs, des pickles, de la viande ou du poisson, de la nourriture cuisinée ici sur place … qu’est-ce que ça sent bon !! Mais je suis loin d’être la seule à avoir eu cette idée, on avance à la queue leu-leu et j’observe que Kyoto est une ville beaucoup plus touristique – je me retourne même assez souvent en entendant parler français.

Marre de la foule et ses bousculades, je me dirige vers le métro – sans reprendre mon souffle à l’air de la rue – pour rentrer à l’hôtel. Le repos sera de courte durée, un message me convie déjà à rejoindre le groupe de la conférence pour le souper. C’est en taxi que je pense plus facile d’y aller sans être trempée à l’arrivée mais le taximan me déposera à deux rues du bon bâtiment (sans que je ne m’en doute évidemment, il semble si sûr de lui) … je cherche, j’appelle Sheena, je me renseigne à un point d’information du Park de recherche – où la connaissance de l’anglais ne doit pas être une compétence requise – je persévère et retrouve enfin l’équipe qui nous invite au repas.

La conférence, heureusement traduite par notre amie, a eu un gros succès auprès des membres d’un important incubateur de Kyoto. Son directeur est un bon vivant, très enjoué; nous nous retrouvons une dizaine dans un petit restaurant local, nous occupons tout l’espace, tant c’est minuscule et le menu se cuisine juste à côté de nous. Une fois encore ce sont divers petits plats goûteux qui s’accumulent sur la table; le volume sonore monte à mesure que les bouteilles s’ouvrent et comme tous les asiatiques, ils prennent des couleurs et en oublient parfois que nous ne comprenons pas le japonais. C’est très drôle, on ressent profondément leur fierté pour leur pays et tout spécialement ces habitants de Kyoto qui ne désespèrent pas que leur ville, tellement chargée d’histoire, bien conservée en plus, redevienne un jour la capitale du Japon (le ministère de la culture serait d’ailleurs déjà revenu dans la cité qui a dirigé le pays avant Tokyo). Nous nous éclipsons les premiers, pour une marche digestive jusqu’à l’hôtel, les laissant continuer avec leur mélange bière-vin-saké : ils s’octroient la fête ce soir!


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Sakura autour du Palais Imperial

Le séjour à Kyoto approche, il est temps de préparer les documents de voyage et les visites que j’aimerais faire – je sens déjà que mes aspirations ne pourront pas toutes être réalisées. Cela me rassure d’avoir des papiers et j’ai encore un peu de peine à trouver l’enchaînement exact des icônes kanjis sur la photocopieuse – il faut absolument que je retienne : d’abord le vert et ensuite le rose foncé!

Je me sens toutefois de plus en plus à l’aise avec le langage des mains, j’emmène Yves manger des Tempuras dans un minuscule restaurant où ni anglais ni photos ne pourront nous aider – un vrai régal … heureusement que nous ne sommes pas filmés au moment de la prise de commande ! Ce restaurant, où Shizue m’avait invitée il y a deux ans, est proche du Sanctuaire Tenmangu, fréquenté surtout par les étudiants, soit en prévision des examens, soit pour remercier pour la réussite ou alors avec l’espoir de mieux faire la prochaine fois. En descendant la bute, mon intention est de saluer Shizue (lui faire part de notre exploit pour le lunch); elle doit être occupée avec les travaux de remplacement de l’ascenseur dans l’immeuble de son bureau. En effet elle m’avait annoncé ces gros travaux, qui vont s’étaler sur trois semaines – chance que ce ne soit pas dans notre  building, nous qui occupons toujours un appartement au 7ème étage.

C’est le premier jour de ciel bleu depuis notre arrivée, je ne peux me priver d’une balade autour du Palais Impérial – lieu fétiche pour Hanami. Comment rester insensible à la beauté des cerisiers qui bordent le chemin par delà les douves protégeant le palais ? Nous sommes nombreux et pourtant la foule est calme, disciplinée et considérée comme visiteur de Hanimi et non visiteur de Tokyo. Je suis touchée d’observer les japonais qui s’émerveillent – que de photos… toujours cette envie d’en prendre encore et encore … comme pour avoir la certitude d’encrer ces moments magiques pour longtemps en nous. Le vent fait déjà virevolter les pétales délicates qui nous enveloppent comme des confettis parfumés, avant de former un tapis sur les chemins. La pleine floraison sent la fin, les jeunes feuilles vert tendre apparaissent et il en va de même pour les érables qui renaissent à la vie en ce printemps. J’apprendrai vendredi par Tadashi que Sakura s’étale sur quatre phases : d’abord ce sont les prunus qui vont fleurir et ce sont les seuls qui porteront des fruits (j’en ai vu au sanctuaire ce matin), ensuite les cerisiers à fleurs de cinq pétales puis les cerisiers pleureurs et enfin ceux aux fleurs de huit pétales, comme des petits pompons.

Le soir tombe, la lumière apporte encore un peu plus de féerie à la scène, un éclat particulier aux délicates fleurs. C’est l’heure de sortie des bureaux, les joggeurs commencent leur boucle tout autour du palais tandis que je rejoins Yves, Noboru et Kumi pour un menu Kaeseki, cuisine de la région de Kanazawa dans le restaurant Chinju. Nous sommes au septième étage de l’hôtel Marunouchi avec une vue plongeante sur la gare centrale de Tokyo, gare qui fut récemment rénovée et rétablie à sa plus juste image de celle d’Amsterdam. Nous passons une soirée tellement agréable avec nos amis, et le service assuré par des dames de grande classe vêtues de kimonos est discret et attentionné. Le décor des plats de dégustation qui se succèdent ne cessent de nous éblouir par leur finesse, leurs couleurs et aussi leur saveur …


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Kiyosumi, Kukagawa, MOT

Beaucoup de kilomètres dans les jambes et d’images dans mon iPhone au cours de cette journée qui m’amène à l’est de la rivière Sumida, dans un quartier que je découvre avec plaisir. Le jardin Kiyosumi Teien me replonge dans un de ces endroits paisibles de la ville, hors du temps, du bruit, du béton et juste pour le bien-être que procure une nature mêlée de verdure, d’eau, de lanternes, de ponts, de chemins de pierres qui donnent la sensation de marcher sur l’étang, tout en attirant les poissons qui nous ouvrent leur bouche … Toute une histoire est reliée à ce magnifique jardin, où le mont Fuji est imagé sur une petite butte, des cerisiers nous laissent rêveurs … Les pins sont taillés à la main, tout un art pour leur donner la forme de plateaux étagés.

Il m’est assez facile de sillonner les rues par ici, c’est une zone calme, avec peu de touristes et les routes sont en quadrillage. Chaque îlot a son temple avec un cimetière adjacent, je ne cesse de faire une pause pour les admirer. Il n’est pas rare de voir une personne se recueillir, une dame chantonne même tout en adressant ses prières.

Les voitures à Tokyo, et sans doute un peu partout dans les grandes villes au Japon sont assez cubiques, comme si on voulait gagner de la place en surface et la prendre en hauteur. Il est difficile de trouver des places de garages et cela coûte très cher. Les parkings ont souvent une entrée avec un plateau circulaire tournant ou alors les véhicules sont échelonnés en étages.

Fukagawa Edo museum donne une idée des habitats traditionnels anciens le long de la rivière, avec des maisons reconstituées selon les divers métiers ou artisanats de l’ancien Tokyo, du temps où Edo était encore son nom. Les reconstitutions sont de qualité, nous transportent en arrière, on est vite imprégnés d’une ambiance où la vie était tellement différente. L’espace est dominé par une tour en bois de 10 mètres où les observateurs annonçaient avec une cloche les feux émergeants – le feu fut un gros fléau pour la ville aux maisons de bois.

Enfin ce sera la découverte du monde de Pixar qui m’instruira au MOT, Musée d’art contemporain, avec une exposition qui célèbre les trente ans (déjà) du monde du cinéma d’animation. Et au retour un petit clin d’oeil à Starck et à la célèbre porte Kaminarimon à Asakusa.


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Todai, Jimbocho, le Dome …

Mon langage avec les mains est assez efficace chez le gars des impressions, pour récupérer la commande et reproduire d’autres documents, dans d’autres formats, en couleur et différents types de papier. Tout se passe toujours avec un grand sourire et chacun est heureux quand la transaction aboutit ! Cela me donne l’occasion de flâner un peu dans le quartier de Todai, l’Université de Tokyo. Les bâtiments n’ont pas beaucoup de cachet, les portes d’entrée au campus sont traditionnelles et je ne manque pas au passage, de saluer Hachikō et son maître.

On pourrait penser que les japonais ne boivent que du thé mais c’est une erreur, ils aiment le café (importé de Colombie, Equateur, …) et l’odeur qui se répand devant les nombreux bars où on rôtit encore les grains est alléchante. Les vitrines des restaurants présentent elles souvent les plats factices – ça aide pas mal … Je précise juste que les chiots ou petits chats dans les vitrines ne sont eux pas factices! Certaines choses sont ainsi faciles à comprendre, il en va de même pour les recommandations dans le métro – les images parlent d’elles-mêmes.

Le métro est plus vieux, moins bling bling qu’à Singapour – on doit plus souvent se farcir les descentes à pied (6 volées de 25 marches à Hongo Sanchome) mais il est tellement propre aussi. Chacun veille à emporter ses déchets, rien ne se jette dans la rue – et ici aucun panneau de menace d’amende, c’est dans les gènes, la culture, l’éducation – c’est beau !! Le recyclage des déchets commence par le tri que font des personnes manuellement et on les voit transporter dans la rue d’énormes sacs de canettes par exemple. Pour en revenir au métro, il est bien agréable également de pouvoir trouver sur les quais des distributeurs de boissons froides ou chaudes, de snacks et même de glaces ou alors des kiosques qui permettent de parer à tout oubli : mouchoir en tissu, cravate, cigarettes, brosse à dents, le pic-inc avec des bentos, etc.

Une pause pour le lunch nous ramène dans le quartier de l’hôtel Niwa proche de la station de Suidobashi, ce fut notre premier contact avec le Japon il y a plus de trois ans. L’hôtel proche du dôme a toujours un restaurant panoramique au dernier étage et nous nous repérons mieux maintenant dans la métropole, une ville dense, à perte de vue. Dans les rues de Jimbocho, nous sommes à l’aise, on y retrouve les nombreux bouquinistes, une agence à l’enseigne qui présente Chamonix. Ici les motards de la police ne roulent pas en BMW mais en Honda et le vélo idéal comporte un siège devant et un à l’arrière – j’imagine un pour le bébé et un pour les courses … ou le chien peut-être (l’idéal pour Mathieu en charge de Lucie et Chinook)


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Sakura à la campagne …

Une heure et demi à bord du JR Takasaki line, aller et retour, pour me rendre à Honjo Saitama, dans une région rurale où habite mon amie Sheena (elle fait cela chaque jour pour venir travailler à Tokyo). Les immeubles gris, les buildings ont progressivement laissé place à des cultures, des quartiers de petites maisons basses. Le paysage est toujours encombré de ces longues lignes de pilônes d’électricité. A l’arrivée, c’est une vaste plaine bordée des premières montagnes – on cultive du riz, des fruits et aussi des myrtilles (si j’ai bien compris 😉 et des usines de fabrication de chips électroniques (NEC) sont d’importants fournisseurs d’emplois pour cette région de campagne. Les potagers et les fleurs entourant les maisons sont semblables à chez nous. Ils ont souvent deux maisons côte à côte; l’une plus récente pour y vivre, l’autre sert de dépôt, de rangement, d’atelier pour leurs travaux des champs et périodiquement ils détruisent la plus ancienne et inversent l’ordre des choses.

Le but principal de mon excursion dominicale – le soleil m’attend à Honjo alors que j’ai quitté Ueno avec un peu de pluie – est de partager avec Sheena et sa petite fille Mizuka un agréable moment de Hanami. Elle me prend en voiture et nous emmène vers l’allée des mille Cherry Blossom; comme beaucoup d’autres familles ou groupes, nous nous installons sur la rive d’un cours d’eau pour un pic-nic sous les cerisiers en fleurs – c’est vraiment bucolique! Je dois être la seule non-japonaise sur toute la longueur – un privilège de pouvoir vivre cette pure tradition nippone en dehors de la foule de Ueno ou de tout autre endroit de la métropole. J’ignore si Mizuka se souvient de moi depuis une année mais en tout cas, elle s’amuse avec moi et j’aime pouponner …

Nagatoro est aussi connu pour les Sakura, nous roulons dans un tunnel de fleurs – féérique ! C’est une bourgade plus touristique, pour les japonais (juste 2 millions de visiteurs par an); une localité comme d’autres que nous avons visitées, avec des magasins de souvenirs, d’artisanat, de friandises … Sheena me dépose pour aller nous chercher des Taiyaki, cette sorte de gaufres en forme de poisson fourrées à la pâte de beans ou de miso (chance que j’ai bien choisi ;-).

La région est plus montagneuse et le temple Hodosan, vieux de 2’000 ans, que je visite seule (Mizuka s’est endormie dans la voiture) dans une forêt de pins au pied du Mont Hodosan (au sommet j’aperçois un téléphérique) et avec en sus des cerisiers en fleurs, réveille en moi de très beaux souvenirs … tels Nikko ou Kamakura.


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Issey Miyake et Pepper !!

nos deux objectifs premiers de la journée se situent par chance sur la même ligne de métro, celle que nous prenons à 2 minutes de l’appartement. Le réflexe est déjà venu de repérer en plus sur Google le numéro de la sortie la mieux appropriée.

Le National Art Center ne présente plus les oeuvre de Murakami; nous ne perdons sans doute pas au change avec l’exposition des créations de Issey Miyake. Le design et l’arrangement des salent collent parfaitement au style – c’est fantastique. Sur Internet, je trouverai ensuite quelques photos; l’ensemble de ses réalisations, des nouveautés qu’il a introduites dans l’imagination de mannequins transparesnts en plexi, des tissus pliés/chiffonnés après la confection des vêtements, les mises à plat des robes pour lesquelles on a besoin d’un mode d’emploi pour leur donner forme … C’est un créateur à l’imagination débordante et foisonnante.

Omotesando est l’avenue du shopping de luxe, avec des ruelles adjacentes où les designers de mode ont leur espace. Yves n’est pas un and e shopping et pourtant deux bonnes raisons de me suivre : la boutique Nespresso et le nouveau magasin SoftBank (un opérateur télécom) où les petits robots Pepper conversent et interagissent avec les clients … ils ont cependant omis de leur apprendre l’anglais ! Les grands architectes ont donné à cette avenue sa renommée et le monde grouille – c’est noir sur motu les largeur des trottoirs. Un petit crochet plus au calme nous ramène vers Shibuya dont il n’est plus nécessaire de décrire le chassé-croisé légendaire.

Hier soir j’avais repéré un restaurant au cachet très typique – la devanture m’avait plu et les photos des menus étaient alléchantes. Nous n’avions toutefois pas réussi à franchir le stade de la fille à l’accueil, qui a tenté de nous faire comprendre que tout était réservé (difficile é imaginer au vu des tables). Ce soir sa première réaction est identique mais finalement, elle viendra nous rejoindre sur le trottoir et nous installe à une table. Il existe un menu en anglais avec des photos – notre choix de viande et poisson grillés sur un barbcue aux flammes qui dont l’attraction de l’endroit, sévère succulent. Et en partant, quelle bonne surprise d’entendre la fille nous saluer avec un « see you next time ». Le challenge est réussi tant pour elle que pour nous !


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ANA nous transporte à Tokyo

Une nuit bien confortable dans un Boeing de la compagnie japonaise ANA me permet de rêver aux derniers jours de chaleur et de piscine et de projeter de belles rencontres et découvertes au pays où nous nous sentirons un peu analphabètes.

Mes deux derniers jours, je me les suis offerts tranquilles entre l’appartement (lessives – tris – valises) et la piscine alors que Aves donnait encore un cours hier matin. Sa visite à NUS a été très appréciée et lors du repas final, ses collègues l’invitaient déjà our l’an prochain. Ceux-ci ont été étonnés du restaurant que j’avais trouvé hier pour notre délicieux canard laqué – dans un black&white house, un cadre idyllique, sur Rochester Park, le Min Jiang – selon eux, un choix des meilleurs ! Malgré le nombre incroyable de magasins, de centres commerciaux, j’ai très peu acheté et ainsi mes deux valises suffisent et nous les retrouvons en bon état à Narita.

Kato, notre propriétaire, et le concierge nous attendent sur le trottoir en bas de l’immeuble, avec un grand sourire – j’ai conservé un contact écrit avec elle depuis deux ans que nous la connaissons. Avec raison, elle suppose que nous n’avons pas de questions sur l’appartement – nous nous y sentons un peu comme à la maison et cela nous plaît de retrouver la domotique, les gadgets de confort de la salle-de-bain. Nous sommes venus à pied depuis la gare de Ueno; la température a bien changé sur notre nuit et alors que nous trouvions déjà que Singapour est peuplé, ce n’était rien comparé à Tokyo.

Il faut se réhabituer au fait que le rouge et le vert n’ont pas toujours la même signification que chez nous. On peut monter dans le train seulement quand la lumière devient rouge, ainsi aussi pour les toilettes libres ou les taxis disponibles mais par contre les feux de circulation sont identiques aux autres pays. Les kobans, ces petits bureaux de police de quartier et les dépanneurs konbinis sont toujours aussi nombreux et c’est rassurant – ils vont souvent nous aider. Pour une métropole de cette importance, c’est étonnant de voir autant de vélos – la circulation est calme, les taxis sont nombreux et au désespoir de Yves, il semble qu’ils soient plus rares à porter les gants blancs.

Seules les grandes avenues portent un nom – heureusement écrit en anglais aussi – et cela rend beaucoup moins aisé l’utilisation de mon application maps.me qui m’a bien guidée à Singapour. Ici elle me montre les blocs gris des immeubles, quelques symboles en changes et l’aiguille directionnelle tourne souvent comme une girouette … Ainsi c’est à force de persévérance que nous sommes parvenus à retrouver le restaurant Marugo où nous avions souvenir de tonkatsu excellent. Ils ne nous ont pas rendu la reconnaissance facile car  deux grands immeubles voisins du restaurant ont été ramenés au niveau du sol, c’était un de nos points de repère … ainsi que le mini sanitaire qui a lui été préservé. Nous sommes fiers et contents, d’autant plus que derrière nous dans la fille d’attente sur la rue, le patron vient poser sur un strapontin le panneau de « dernier client » (Yves se charge de déplacer le tout au fur et à mesure de l’avancement). Nous aimerions pouvoir plus communiquer avec les serveurs et le patron si l’anglais est peu répandu – nous leurs expliquons que nous aimons beaucoup leur cuisine et le décor rustique, typique, ils nous écoutent avec le sourire et nous répondent en japonais – un vrai dialogue de sourds, tellement joyeux !

Au Copy center en face de l’université, nous parvenons à choisir le type de papier, le format, le nombre de copies pour les canvas- le langage des mains aide et chance qu’il utilisent les mêmes chiffres (que ce soit pour un prix ou une quantité, ils les saisissent et nous les montrent toujours sur les calculettes pour vérifier la bonne compréhension, dans les deux sens).

Nos cartes Suica pour le métro sont toujours valables, nous les rechargeons et reprenons les réflexes pour emprunter le métro, trouver la bonne sortie, ne pas confondre les stations de métro et de train style Rer. Les écoliers portent un uniforme bien strict et cela va changer Yves des shorts courts, tops et tongs des étudiants de Singapour. Et les marques de costumes noirs doivent faire leurs affaires ici – tous les business men se ressemblent dans leur habillement!

Yves se demande si je me suis perdue … j’avais besoin d’une petite sieste mais j’avais trop envie de me faufiler dans le parc Ueno pour voir les cerisiers. Nos sommes vendredi après-midi et c’est noir de monde! Les groupes commencent à réserver leur emplacement, sur les bâches bleues au sol, les nombreux containers à déchets s’étalonnent le long de l’allée, certains ont déjà bien attaqué les boissons et des groupes d’hommes en costume de bureau risquent bien de rester là un moment. Certaines dames sont bien élégantes avance leur joli kimono coloré, revêtu pour venir se faire photographier devant les fleurs adorées. Un plaisir pour les amoureux et les enfants consiste à louer un pédalo sur l’étang. Et pour se restaurer, une allée regorge de petits stands où se cuisinent côte à côte des nouilles, des brochettes de poulpe, des pommes d’amour, des beignets de crevettes, des bananes enrobées de chocolat, des poissons grillées autour d’un brasero … ça sent trop bon!

Je passe au Bunka Kaikan, la salle de spectacles dans le parc Ueno, pour obtenir un programme anglais que je vais étudier – je vois juste que l’espoir d’un opéra est foutu. Un bain de foule un peu différent dans le grand marché de rue Ameyoko qui s’étend en largeur et en longueur sous les rails de la Yamanote Line – les échoppes y vendent vraiment de tout, c’est à celui qui crie le plus fort pour attirer le client. Les Pachinko (salles de jeux machines à sous) ont beaucoup de succès, c’est bruyant et enfumé. Et d’ailleurs dans la plupart des restaurants, il y a encore une zone « fumeurs ». Impensable pour moi, de me balader dans ce quartier sans me prendre une petite figurine dans les distributeurs à surprises – bonne première pêche.

Yves est lui tout content de retrouver un autre genre de distributeur -son café chaud dans une canette lui coûte le tiers du prix de ma figurine! Nous nous chipons presque les pièces de 100 yens. Le soir, les premières gouttes de pluie procurent à Yves le plaisir d’acheter un parapluie transparent au konbini du coin (le patron lui fait même une réduction de moitié … parce qu’il pleut justement!!). Je lirai que ces parapluies plastic transparent sont une originalité du Japon. Il en va de même à mon avis pour les rangements organisés des parapluies devant les musées.

Sheena nous souhaite la bienvenue par un message et elle m’attend dimanche chez elle, à la campagne.