Presque une routine pour nous deux ici à Singapour, tant Yves avec tous ses collègues des différents départements que moi dans la résidence, dans les déplacements de tous côtés pour retrouver mes amies – c’est comme une impression que le temps écoulé depuis notre dernier séjour n’a duré que peu de jours.
Mon lunch avec YinYin me permet de me retrouver toute petite au milieu des hauts buildings de la cité financière; un peu de shopping en passant à Raffles City et découverte d’un autre centre commercial, Plaza Singapoura en face du Palais Présidentiel. Chijmes reprend gentiment sa vie d’il y a 2 ans et sera probablement terminé à notre prochaine visite, tout comme le centre dessiné par Philippe Stark, proche du Naumi, notre premier hôtel à Singapour en face du Raffles, la légende.
Dr Wu reste pareil à lui-même, il m’a de suite libéré un créneau lorsque je lui ai parlé de ma venue. Une séance d’acupuncture et d’acupressure qui me fait un bien profond, comme si l’énergie renaissait sur toute partie du corps, de la racine des cheveux au bout de mes pieds. Il cherche toujours un cadeau à me donner et je repars avec le Finder, le magazine pour les étrangers où son cabinet est présenté sur une belle page (c’est d’ailleurs ainsi que je l’avais découvert en 2012). La Suisse le tenterait bien s’il y faisait plus chaud, je lui conseille d’y venir en été et de rentrer passer l’hiver à Singapour.
Le séjour en Australie se prépare, le voyage à Canberra est déjà entièrement réservé et Yves m’a trouvé une agence en ligne pour réserver des excursions depuis Sydney, agence fondée par de jeunes suisses. Des découvertes aussi variées que le jardin botanique, un concert à l’opéra, une croisière dans le port, les plages de Bondi, les balades le long de l’océan, les marchés et les musées sans oublier les Blue Mountains dont même Luis nous parle dans son mail depuis Montréal. Olivier est lui ces jours au Mont Saint-Michel, Saint-Malo, aux falaises d’Etretat – ses photos sont superbes et donnent envie.
Lessives avant de quitter et relax à la piscine, quand soudain je me rends compte qu’il nous fallait un visa pour l’Australie – comment n’ai-je pas pensé contrôler ! Avec ma connexion Internet qui tombe à tout moment, je délègue à Yves la réalisation après avoir repéré la possibilité de faire la démarche en ligne. Son autorisation se passe instantanément alors que la mienne semble être aiguillée vers un traitement manuel et nous serons soulagés le soir, veille du départ! Juste avant de retrouver Anne et Jean-François près de Somerset pour un repas de retrouvailles fort agréable. Notre connaissance de la vie des expatriés, les avantages et les soucis, s’enrichit à chaque contact. Dernière balade nocturne sur la célèbre avenue Orchard avant la préparation de mes valises mercredi matin, première journée pluvieuse comme une signe de non-regret pour quitter Singapour, où Yves a soigné jusqu’en dernière minute ses contacts pour une éventuelle future visite …
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Détente à Sentosa
Sentosa est une destination peu appréciée de mes amies expatriées de Singapour mais nous y avons passé de délicieux moments ces deux dernières années et c’est donc avec plaisir que nous y partons pour le week-end. Nos connaissances au Rasa Shangri La, Ben le manager et Mansour le Chef sont tous deux en vacances dans leur pays, la France pour l’un et le Maroc pour l’autre ; un peu dommage, toutefois nous sommes accueillis par le beau sourire de Veronica, une serveuse qui nous reconnaît de suite (comment fait-elle alors que l’hôtel compte un millier de chambres et a un taux d’occupation supérieur à 90% !) et nous aurons la compagnie des paons sur la terrasse qui fut et sera encore notre espace de travail préféré. Ben a veillé à ce que nous ayons une superbe chambre, avec un très grand balcon où sur une chaise longue je bouquine tranquillement, surplombant la piscine, la plage et ses palmiers, les jardinières de bougainvilliers, le va-et-vient des bateaux. Mon livre de compagnie raconte justement les aventures de Mathilda et de Jenny en Australie, histoire de me familiariser avec les quartiers de Sydney, les noms des animaux que j’espère y rencontrer, la région des Blue Mountains où mes copines d’ici m’ont suggéré une excursion, les métiers traditionnels tels que l’élevage de moutons dans l’Outback au 19ième siècle. Le départ pour l’Australie approche et je suis en contact avec Priscilla de l’Université de Canberra pour une visite « touristico-professionnelle » dans une dizaine de jours. Ainsi notre passage obligé à la grande libraire Kynokuniya sur Orchard a non seulement permis à Yves de jeter un œil sur leurs livres BMG, BMY, VPD mais à moi de bouquiner et prendre quelques notes sur les curiosités de la Capitale australienne. Virginia, collègue de plusieurs universités de Singapour, nous a offert un délicieux lunch samedi avant notre escapade sur l’île. Nous avons l’habitude de la laisser choisir les plats chinois qu’elle connaît par cœur, tout en espérant qu’elle ne s’emballe pas trop ! Les tables doivent toujours être bien garnies pour les chinois et c’est une chance qu’il soit de bonne manière de ne pas terminer nos assiettes. La bière Tiger, servie avec des glaçons en quantité nous surprend autant qu’elle et la boire en même temps qu’un thé noir chinois est aussi étrange pour moi. Retrouvailles sympathiques et discussions joyeuses avec Virginia ; elle s’étonne de notre plaisir à marcher sur le campus et dans la ville, les singapouriens ne le font pas ou alors tellement lentement – elle nous rappelle que les deux activités locales sont le shopping et les restaurants ! Pour les restaurants, nous avons déjà bien entamé notre quota depuis notre arrivée (vendredi soir à Dempsey Hill, le Disgruntled Chef, restaurant dont j’avais le souvenir ne nous a nullement déçus) et c’est sur le trajet vers Sentosa que nous faisons du magasinage à VivoCity, centre commercial tentaculaire énorme dont Mélina et Thomas doivent se souvenir. Il grouille de monde un samedi, une vraie fourmilière bruyante ! Et bien évidemment nous avons un pincement au cœur en pensant à Thomas qui après une laborieuse semaine sans beaucoup de sommeil, inaugure ce samedi le nouveau magasin FrançoisSport. Les photos nous parviennent d’un espace entièrement rénové, bien achalandé, auquel il s’identifie pleinement, avec enthousiasme. Roseline me dit qu’il aura bien mérité sa semaine de ski avec toute leur famille. Mathieu lui, organise une grande bamboula à la maison et accueille un petit cousin de Flawinne avec des amis, alors qu’ils viennent à Lausanne pour un mariage. Pas de photos de ce côté-là – c’est peut-être mieux ainsi ! Il appelle cela une pendaison de crémaillère – il la pend plusieurs fois chaque année! Avant de quitter Sentosa, nous suivons la suggestion de Jan et dégustons les délicieux wantons du Din Tai Fung (je me souviens du numéro que je dois cocher sur la feuille de commande – pour cela, nul problème de mémoire). Et l’après-midi nous replonge dans le coeur de la ville : Marina Bay Sands avec la vue sur les jardins et leurs célèbres marguerites, le centre commercial luxueux où nous n’avions jamais vu autant de monde, la remontée de la River chargée de l’histoire de Singapour, jusque Clarke, le coin privilégié des expatriés. Je propose de terminer la journée au Mont Faber que nous atteignons avec le télécabine et même si le menu n’est plus aussi alléchant que dans nos souvenirs, l’endroit avec sa terrasse ventilée sur la hauteur vaut agréablement le déplacement. Durant ce week-end, nous avons utilisé tous les moyens de transport, bus, métro MRT, monorail, bateau-mouche, télécabine et surtout la marche – le compteur indique 14’000 pas sur la journée, ce qui est sportif pour un climat comme le nôtre; ainsi je suggère le taxi pour rentrer à la maison! Et c’est souvent un plaisir d’échanger avec ces taximen parlant un singlish tellement caractéristique, à l’humour particulier, à la conduite saccadée que nous avions presque oubliée. Ils ont également pour habitude de nous demander quel itinéraire nous préférons, ce à quoi généralement nous leur laissons libre choix. Il nous est cependant arrivé un soir de tomber sur un débutant, qui nous a baladés autour de l’île avant que Yves ne le redirige dans la bonne direction – nous avions eu la même expérience il y a deux ans avec nos amis Laura et Michael. Ils ont l’honnêteté de reconnaître leur erreur et ils bloquent leur compteur avant la fin de la course – c’est finalement amusant lorsqu’on n’est pas pressé par le temps!
Amitiés retrouvées
Anecdote amusante lors de notre repas à l’arrivée au ParkRoyal : la serveuse nous demande si nous venons juste de débarquer. Oui, pourquoi? Nous semblons fatigués, nous portons toujours notre pull-over, mon coussin pour la nuque pend à mon sac-à-dos? Non, c’est l’odeur, nous dit-elle!! Quel accueil;-) et elle insiste en nous affirmant que si elle reçoit un colis cadeau d’Europe ou des US, elle en aime tant l’odeur qu’elle ne lave pas de suite les vêtements si c’est cela le cadeau … Personnellement c’est avec grand plaisir que je me rafraîchis sous une douche parfumée. Je reconnais toutefois que l’odeur de Singapour, nous l’avons de suite reconnue en franchissant la porte de l’avion.
L’installation à Kent Vale est très rapide, nous nous y sentons comme chez nous. L’appartement qui nous a été alloué pour la semaine est nettement plus grand que celui de l’an dernier; il se situe au 19ième étage avec une vue impressionnante côté campus et côté port marchand. Tout est parfait, tout est impeccable dans ce bâtiment pratiquement neuf. Les habitudes me reviennent instinctivement : les achats au ColdStorage à deux pas du building, les reproductions de canvas au centre WestCoast Plaza où la dame me reconnaît (ou alors est-ce le canvas qu’elle a reconnu!), la marche lente à adopter pour ne pas se sentir de suite comme une éponge, le luxe d’un brushing s’avérant superflu avec l’humidité, le pull à ne pas oublier pour le métro, le taxi, le restaurant, le magasin, le numéro du bus ou la ligne de métro pour rejoindre Holland Village ou le centre ville, sans oublier la pause à la piscine de la résidence.
Tout est parfait si ce n’est la connexion Internet qui est défaillante depuis déjà plusieurs jours, semble-t-il … comme une malchance qui nous poursuit (je m’en souviens de Montréal) … et l’autre chose qui nous suit à la trace, ce sont les travaux ! Sans doute est-ce la raison pour laquelle je ne suis qu’à moitié étonnée de découvrir l’avenue en bas de notre colline, ouverte, avec des tuyaux en attente d’être remplacés – ce n’est certainement pas drôle de travailler dans le froid mais la chaleur et l’humidité de Singapour ne sont pas non plus un cadeau pour les ouvriers malais.
Yves ne s’attarde pas longtemps dans l’appartement le premier jour, il rejoint NUS où un bureau l’attend, avec son nom sur la porte, ses clés et autorisations préparées par Dorothy la secrétaire qui lui réserve un bon accueil. Il en va de même de la part de ses collègues et il travaille avec Poh Kam autour d’un article dont ils ont le projet en commun. Ce dernier est responsable du centre Entreprenariat, il a invité un couple tessinois, Suzanne de Swissnex ainsi qu’un entrepreneur local pour un souper tous ensemble au Star. Nos compatriotes suisses sont à la retraite, lui ancien entrepreneur dans l’aménagement de mobilhomes et ils séjournent 6 mois par année à Singapour! L’ambiance est joyeuse et chaleureuse, le repas est typique de Singapour et de Malaisie en cette période de Nouvel An chinois (2015 est l’année de la chèvre). Debout autour d’un plat central, composé de légumes, d’huile, de sauces, de saumon et de petits chips, représentant des pépites d’or pour la prospérité, la bonne fortune que chacun souhaite aux autres convives, nous mélangeons le tout avec le jeu des baguettes. Nous l’avions déjà vu faire mais c’est la première fois que nous avons la chance de participer à Yusheng … notre année chinoise 2015 devrait en être d’autant plus chanceuse.
Yves ne donne pas moins de 5-6 cours et conférences en cette fin de semaine; chaque organisateur, professeur ou entrepreneur, a réussi à rassembler un public assez nombreux et motivé. Tout se passe très bien et Yves, un peu fatigué, verra arriver le week-end avec plaisir. Pour moi, c’est la joie de revoir mes amies, Simone, Catherine, Cammy et aussi de m’offrir massages, manucure/pédicure … soit la vie typique des expatriées, me disent-elles. Nous bavardons de nos familles, de nos voyages, de nos projets; le réseau d’amitiés qui s’est ainsi créé pour moi aux divers endroits du globe où nous nous sommes posés un moment est précieux, enrichissant et je veille à l’entretenir.
La météo est excellente pour notre arrivée, pas de pluie et une brise océane qui rend agréable la chaleur des 30 degrés. La végétation me fascine toujours autant avec cette verdure luxuriante, ces arbres géants, ces fleurs aux couleurs chatoyantes. Les feuilles se renouvellent sans cesse dans un pays sans saison et les jardiniers au chapeau de paille (un peu comme le mien) s’occupent à balayer celles qui sont tombées. Le campus est vraiment joli et j’y découvre un nouveau bâtiment pour la faculté de musique; les architectures restent osées, originales, phénoménales. L’Essec s’est aussi offert un building vers One-North et au centre ville, je ne sais plus vraiment ce qui a émergé comme nouvelle construction mais c’est impressionnant. J’ai retrouvé Yves au Scape, où il donnait vendredi sa dernière présentation de la semaine.
Retour à Singapour …
Durant ce mois de février 2015 la grippe a méchamment sévi autour de nous, parmi mes amies, nos connaissances. Peut-être est-ce cette pneumonie de septembre qui m’a épargnée du moindre rhume, de la toux, de la gastro, de la fièvre – ou alors ce sont les bénéfices de mes séances d’acupuncture qui veillent à équilibrer et maintenir mes énergies. Ce fut un cadeau qui m’a permis d’organiser et de préparer notre transhumance de printemps. Ces préparatifs me sont à présent familiers, ils m’occupent de longues journées, avec des petites notes qui s’accumulent, il s’agit de n’oublier que le moins possible, de prévoir tout ce qui peut l’être afin de faciliter nos séjours lointains et aussi celui de Mathieu, notre gardien de maison, oh combien appréciable.
Yves, Alex &co ont sorti en octobre un deuxième ouvrage, ´Value Proposition Design’, qui ouvre encore un peu plus les portes pour des conférences, des cours, des séminaires. La demande et l’enthousiasme ne tarissent pas, un peu partout autour du globe. Yves reste attiré par l’Asie du sud-est et c’est ainsi que Singapour et Tokyo se sont vite retrouvées parmi les destinations. Tandis que son agenda se remplissait à vue d’œil, je m’occupais des billets d’avion et des logements, aux mêmes résidences que l’an dernier; tâche relativement aisée donc. Le plaisir pour moi sera de retrouver des amies; cafés, lunchs, repas, séance de manucure, visite chez mon médecin chinois agrémenteront également mon planning.
Mathieu me voyant plancher sur les réservations, se laisse soudain tenter par une semaine à Tokyo, ce qui nous réjouit au plus haut point, ce sera début avril et j’ai de suite en tête beaucoup, voire trop, de choses à lui faire découvrir (il y a déjà une escapade planifiée et réservée deux heures au nord de la mégapole).
Sydney s’ajoute à notre périple, pour cette fois une totale découverte d’un pays, d’un continent tellement éloigné de nous. Tenant compte du climat principalement, nous décidons de l’intercaler entre Singapour et Tokyo. Et je commence à piocher dans les guides et sur le net pour dénicher l’endroit où nous loger. Les contacts e-mail ne font que confirmer la réputation de gentillesses et de serviabilité des australiens mais aussi des suisses vivant là-bas. Maude, l’épouse d’un ami de Yves, me sera d’une aide précieuse dans le choix du quartier de Sydney où se poser. Notre correspondance devient très vite chaleureuse et nous avons toutes deux hâte de nous connaître.
C’est donc presque sans regret que le 2 mars nous quittons la pluie, le froid, la grisaille de Lonay pour partir vers une météo toujours estivale à Singapour, ensuite un automne que j’espère flamboyant en Australie du Sud et enfin des cerisiers en fleurs féeriques au Japon (avril étant le meilleur mois pour un séjour au pays du soleil levant).
Un vol Swiss de nuit devait nous emmener en 12 heures de Zurich à Singapour et sur les conseils d’Alex, nous ne mangeons pas dans l’avion, avec l’espoir de bien dormir. En effet je sombre rapidement mais le commandant de bord nous réveille prématurément, annonçant une escale à New Delhi pour déposer un passager souffrant gravement de troubles respiratoires. Il a fallu larguer du kérosène avant l’atterrissage, ensuite refaire le plein au sol pour le deuxième décollage, décollage qui a tardé à cause d’une autorisation tout d’abord refusée par l’aéroport d’Inde. Les négociations avec Zurich sont concluantes et nous voici repartis pour cinq bonnes heures de vol vers notre destination finale.
Il est 8 heures du matin, la faim tenaille les passagers et le petit-déjeuner nous réveille définitivement. Tout se termine bien – pour le passager souffrant nous l’espérons aussi; il fait 28 degrés à Singapour, il est 21 heures et un vrai lit nous attend au ParkRoyal Hotel. Nous nous sentons de suite chez nous; chaleur et moiteur, shorts et tongs, files et sourires … et le singlish du taximan! Nous avons quitté les crocus et les perce-neige au profit des palmiers et des orchidées.
Notre retour en Suisse est prévu le 26 avril … les travaux au Chemin des Abbesses devraient être terminés, la famille Osterwalder sera installée dans sa nouvelle maison rénovée, Thomas régnera en maître dans son magasin à la Grand’rue et nous serons à deux mois de l’heureux événement !!
St Gall, une jolie ville de Suisse orientale
Découverte de St Gall, petite ville de Suisse Orientale, proche du Lac de Constance et de la région d’Appenzell. Elle doit son nom à un moine itinérant irlandais, nommé Gall, qui y fonda un cloître vers l’an 612, cloître qui suivit la doctrine de St Benoît. La légende raconte que Gall cherchait un emplacement où la vie serait rude et austère … est-ce pour cela que St Gall est souvent arrosée par la pluie? Mais son atmosphère est charmante; l’art, la culture, la science y sont très présents, sans oublier les chocolateries et les broderies.
Dans la vieille ville piétonnière, on admire la Cathédrale baroque, qui faisait partie du cloître, ainsi que la bibliothèque abbatiale du 18ième siècle, appelée « pharmacie de l’âme », une des plus belles de Suisse – elle contient des ouvrages littéraires de plus de mille ans. Ses boiseries et ses plafonds peints sont exceptionnels. Depuis 1983, le domaine collégial figure parmi les sites culturels de l’UNESCO.
Le cloître était à l’époque séparé de la ville protestante par un mur d’enceinte qui aujourd’hui n’existe plus; une porte seulement subsiste, construite au 16ième siècle avec un beau relief Renaissance. La deuxième personnalité liée à l’histoire de St Gall est le réformateur Vadian; il fut bourgmestre, médecin et historien. L’église St Laurent devient à la Réforme le principal temple des bourgeois. Son toit couvert de tuiles de vernis me fait penser à celui des Hospices de Beaune. Les rues piétonnes sont bordées de jolies demeures bourgeoises dont une centaine avec des encorbellements de l’époque du 17 et 18ième siècles, richement sculptées et décorées, portant un nom et dotés d’oriels. Les restaurants actuels ont souvent pris place à l’étage justement.
Il est impossible de parler de St Gall pour nous sans mentionner son Université, connue mondialement, pour ses facultés de Sciences économiques, sociales et juridiques mais aussi pour son architecture originale. Le bâtiment est assez cubique, en béton, avec du mobilier à l’intérieur dessiné expressément et aussi des œuvres de Jacometti, Miró, Calder, Braque. La ville est enclavée entre deux collines qui se gravissent par quantités d’escaliers, avec d’un côté Rosenberg où se trouve l’université et les anciennes maisons bourgeoises des patrons de l’industrie textile.
Dans la ville je fais un détour par Ste Catherine, un ancien couvent pour femmes, de style gothique, la Waaghaus qui servait de lieu de pesée et d’entrepôt des marchandises au Moyen Age, la centrale d’alarme cantonale dessinée comme un coquillage qui peut s’aplatir par l’architecte espagnol Santiago Calatrava, le quartier des banques et en particulier de la Raiffensen au sol rouge et aux boules de lumière, qui se veut un salon dans la ville, dessiné par De Pipilotti et Carlos Martinez.
La deuxième colline, je la gravis aussi par des escaliers vers Dreilinden, un plateau qui offre vue sur les toits de la ville, les hauteurs de la région et le Lac de Constance. Trois étangs, où les St Gallois viennent se baigner, procurent un décor idéal pour une balade en nature – on entend chanter les oiseaux et les coqs, on sent l’ail des ours mais aussi le fumier des vaches, on admire un paysage tout en rondeurs et en verdure.
Ma visite devait se terminer par le Musée Im Lagerhaus, une fondation d’art natif et d’art brut avec justement pour l’instant le Japon à l’honneur, dans d’anciens entrepôts à l’ouest de la ville – j’ai oublié que nous sommes lundi et je ne vois que le musée du corridor avec quelques tableaux d’art contemporain et aussi des projets d’architecture. Et c’est à Lokremise que je bois une dernière bière; également un grand entrepôt de locomotives, construit début du vingtième siècle à l’époque de l’âge d’or de l’industrie textile. Le bâtiment est resté intact et fut transformé pour accueillir des manifestations culturelles, théâtre, concerts, cinéma et le bistro Lokal super design!
Merci infiniment à Christine et Stephan pour nous avoir incités à venir découvrir leur ville d’adoption, merci pour leur accueil chaleureux et la délicieuse soirée en leur compagnie.
Deux jours à Londres
Quelques photos de Londres, suite à notre passage en Irlande. Deux jours à sillonner les quartiers, en quête de souvenirs mais aussi à la découverte de nouveautés, en particulier les rues de Southwark où nous logeons et le sud de la Tamise entre London Bridge et Tower Bridge.
C’est mon premier séjour dans un CitizenM, un hôtel au concept novateur. Les chambres sont petites, cubiques, fonctionnelles et très High Tech (tout se règle avec une tablette, lumières aux couleurs et intensités modulables, grand choix de films et de chaînes musique et télévision). Par contre les salles du rez sont vastes, dans un décor qui fait penser à un chez-soi, avec des coins salons cheminée, des zones bureau pour travailler, une terrasse, des canapés pour la lecture, une cuisine pour les différents repas (on peut grignoter à toute heure). Opération zéro papier, on s’enregistre soi-même sur un écran à l’arrivée, on produit ses propres clés de chambre qui servent de porte-monnaie électronique pour les consommations et la facture finale est envoyée par email!
La visite du Shakespeare’s Globe était fascinante – le Tate Modern, conçu par Herzog et de Meuron dans l’ancienne centrale électrique de Bankside est gigantesque – la passerelle piétonne Millennium Bridge (œuvre de Norman Foster) mène de suite à la cathédrale St Paul; les banques et les bourses aux bâtiments classiques avant d’arriver aux tours modernes, voire extravagantes de Swiss Re telle un cigare et de Lloydd´s telle une usine.
Mythiques la Tour de Londres et le Pont et c’est en le traversant à pied que je découvre le City Hall qui ressemble à un gros bulbe de verre incliné conçu par Norman Foster, More London avec ses bâtiments futuristes, les commerces de Hay’s wharf dans d’anciens entrepôts, la superbe pointe de verre nommée The Shard dessinée par Renzo Piano, où se loge un Shangri La et encore le vaste marché de Borough Market sous les lignes de trains et les ponts.
Mais une visite de Londres ne pouvait me satisfaire sans revoir les parcs Green Park et Saint James, Buckingham Palace et les Horse Guards, Trafalgar, Westminster et Big Ben. Il reste encore un peu de temps pour se balader entre Covent Garden avec ses animations de rue et Piccadilly Circus, bien plus petit que dans mes souvenirs d’adolescente …
Visite de Cork
J’accompagne Yves à Cork, deuxième ville d’Irlande avec cent-soixante mille habitants, ville de manufactures alors que Dublin est le centre de la finance et des assurances. Mais c’est à Kinsale que Frédéric nous emmène à notre arrivée hier soir; une petite localité réputée comme capitale gastronomique, sur la côte sud-ouest. Elle était gardée, ainsi que l’embouchure de la rivière Bandon, par deux forts, le James et le Charles, construits sur le modèle Vauban.
Les restaurants, les devantures des commerces sont de petites maisons colorées, coquettes qui donnent un cachet particulier à cette bourgade connue depuis peu pour son golf et surtout son célèbre tournoi de rugby. Le coucher de soleil y est merveilleux, la lune nous sourit après le délicieux repas, dans un restaurant animé par un trio de jazz en live.
L’Irlande est un pays particulier qui compte environ 4,5 millions d’habitants mais on estime que seulement 10% des irlandais vivent dans leur pays – il y en a 45 millions aux États-Unis. La première langue officielle avant l’anglais est le gaélique; ainsi les noms de rues par exemple sont inscrits dans les deux langues mais la population s’exprime surtout en anglais – ce qui me facilite la découverte de la ville. « Le climat est rude », nous dit Frédéric; la pluie peut tomber chaque jour de l’année, le vent souffle très souvent à décorner les bœufs et les chaleurs de l’été n’existent pas. Pourtant, français d’origine, il vit ici depuis 25 ans et semble heureux.
Cork est construite comme Rome sur sept collines, on y aperçoit de nombreuses églises et des rues fortement en pente dont les trottoirs ne sont qu’escaliers. La ville est née au septième siècle autour d’un monastère; à cet emplacement, la Cathédrale Saint-Finbarr est la dernière trace de la succession d’églises construites au travers des siècles, suite aux incendies, aux bombardements, aux démolitions.
Cork est une ville universitaire, son campus se situe dans un parc superbe, boisé, avec des bâtiments de style oxfordien qui côtoient des édifices plus récents en harmonie avec l’ensemble – c’est charmant et c’est là que Yves donne ses conférences aujourd’hui.
À plusieurs endroits de la ville, le mélange d’architecture moderne avec des constructions anciennes en briques ou en pierres se marie bien. Le centre est piétonnier, avec une rue St Patrick très commerçante. Les façades sont nettes, décorées et aux couleurs variées – tout est très propre et coquet – il y a de nombreux cafés, restaurants, pubs (la bière brune est très bonne) – Murphy et Patrick sont omniprésents! J’aime aussi leur grand marché couvert, l’English Market. Et les rues d’habitations me font penser à notre Belgique, avec des petites maisons contiguës, des façades en ardoises ou en briques de verre.
Le River Lee est notre hôtel pour ce court séjour, un établissement très design, des espaces vastes, aux plafonds élevés et quantité de parois de vitrées; situé le long d’un bras de la rivière Lee – à recommander.
Les irlandais me semblent très souriants et accueillants; et pourtant depuis la crise, la vie est difficile pour nombre d’entre eux. Ils ont subi des baisses de salaires allant jusqu’à 25% et ceux qui ont sur-investi dans l’immobilier déchantent méchamment.
Cork est une ville fort agréable, que j’ai aimé découvrir même si j’ai souvent dû ouvrir mon parapluie, pour de courts moments. L’aéroport est à seulement 8 km et notre chauffeur de taxi nous y emmène par des chemins de campagne, à travers champs où paissent de gros troupeaux de vaches.
Notre dernière surprise, en montant à bord de l’avion de Airlingus qui nous mène à Londres : l’hôtesse demande à Yves s’il est satisfait de son séminaire de cet après-midi à UCC ! Un pilote de la compagnie y a assisté, a appelé les hôtesses du vol de ce soir pour les inciter à bien nous accueillir et nous servir … Ça, c’est une première!
Tout a une fin …
Tout a une fin … L’heure des adieux est arrivée … snif.
Made, Gusti, Komang, Eka, Ayu sont là pour notre départ et je dirais que l’émotion est partagée – photos souvenirs et accolades chaleureuses. Quelle merveilleuse semaine!
Terima kasih à toute l’équipe qui a fait de ces vacances un séjour de rêve, à Olivier qui a apporté sa touche personnelle et à nos enfants dont l’émerveillement qui se lisait sur leurs visages nous a comblés de joie.
Le retour à Singapour signifie le retour vers la civilisation, l’ordre, la propreté, les grands centres commerciaux. Et c’est d’un peu de shopping sur Orchard dont les enfants ont envie avant de reprendre leur vol de nuit vers Geneva.
Nous resterons encore deux jours au ParkRoyal, Yves et moi, appréciant le service exceptionnel de l’hôtellerie asiatique. Les dernières achats, le régal d’un charcoal japonais de wagyu, le parc Fort Caning pour une balade en nature, les rues de Little India pour son ambiance parfumée, colorée et surtout la piscine de l’hôtel où je me prépare mentalement au retour en Suisse …
Last but not least …
Les jeunes ont tellement aimé leur sortie avec Régis, qu’ils repartent aujourd’hui avec lui, son frère et un couple de résidents pour une journée en moto à la découverte du centre de Bali. Thomas et Mathieu sont enchantés de parcourir routes et chemins insolites sur une moto de cross – Régis a gentiment proposé à Mélina de l’emmener sur sa moto à lui. Ils reçoivent un équipement de protection bien complet et grâce à la GoPro de Thomas, nous pourrons profiter un peu aussi de ces paysages volcaniques. Ils montent jusqu’au volcan Batur, en font le tour sur l’arête supérieure avant de descendre sur des chemins qui sillonnent dans la lave vers le lac et les petits villages de la caldeira. Ils verront et sentiront aussi des cultures de choux, de salades, d’ail, de fraises; les terres sont fertiles, la chaleur et l’humidité sont gages de productivité.
À la villa nous vivons un événement un peu flippant. Un serpent s’est caché dans le bloc support d’un parasol au bord de la piscine, Eka tente avec un bâton de l’en faire sortir tandis que Komang courageusement l’attrape avec la pince des toasts du petit-déjeuner … Oliver et moi avons grimpé sur un transat, sans perdre de vue le reptile que ouvre grand sa gueule et se tortille, faisant crier notre chef cuisinier. C’est Gusti, le Rambo du clan, qui d’une main de maître va enfiler la bête dans notre bouteille vide d’alcool et nous insistons pour qu’il en referme bien le bouchon, même si le serpent semble vite engourdi par les effluves … sacré spectacle! Made s’empresse lui de trouer la capsule – trou un peu gros à notre avis – pour sauver le serpent, qu’il relâchera ce soir.
Sur ce, Made nous dépose début d’après-midi au Karsa Kafe que nous voulons faire découvrir à Olivier; ce bijou entouré de rizières, où les menus indonésiens sont simples et savoureux, tout comme les jus fraîchement pressés. Et nous avons la chance aujourd’hui de pouvoir profiter d’un massage, le troisième de la semaine pour moi!

La promenade des crêtes est peuplée de nombreux jeunes, notamment des écoliers; on se salue joyeusement, on échange quelques mots avec les uns ou les autres. Le petit vent fait du bien avant de replonger dans la chaleur moite d’Ibah et Ubud. Après une courte pause au Lotus Café, je profite des talents de marchandage de mon frère pour des achats de souvenirs et cette fois, j’appelle le chauffeur qui va nous ramener à la maison (avec une halte dans un supermarché pour se rapprovisionner en fruits – nous aimons les mangues, les ananas, les limes, les litchis, les pastèques, les bananes, les oranges et surtout les mangoustans que nous avons découverts ici).
Komang n’étant pas de service ce soir, Made propose de nous faire livrer le repas du souper et c’est Thomas qui choisit nos deux plats préférés, à savoir les brochettes satay et le nasi goreng. Le tout est livré bien chaud, avec les sauces, les nuts, les légumes dans des mini-sachets étonnamment hermétiques. Dès que Gusti, notre homme sécurité arrive, Made annonce qu’il aimerait rentrer plus tôt chez lui ce soir pour la célébration d’anniversaire de son fils. Et là, on apprend d’une part que les balinais fêtent les anniversaires tous les six mois (une fois avec les cadeaux et l’autre plus spirituelle) et que l’année ici est composée de douze mois de 37 jours. Made a donc vingt-neuf ans en calendrier indonésien et trente-neuf ans autrement. Il nous quitte en emportant la bouteille de Vodka, avec la mission de libérer très très très loin de la villa notre serpent du jour!
Happy Birthday !
Le programme proposé par Mathieu pour cette journée a été approuvé à l’unanimité : farniente au bord de la piscine, avec swimming pool snacks préparés par Komang pour le lunch! Les frites, burgers et sandwichs préparés maison sont excellents et copieux. Le jardin est splendide, bien fleuri, les lits avec parasols sont confortables, les geckos nous font des petites visites, une énorme araignée épeire fasciée a tissé sa toile entre les bananiers et semble nous surveiller depuis le premier jour (ou bien est-ce plutôt le contraire!). Nous n’avons toutefois pas de souci à nous faire, il paraît qu’elle n’est pas du tout dangereuse, juste effrayante! Rien ne peut nous arriver de mal, les offrandes déposées chaque jour par une dame du village à de nombreux endroits de notre villa nous assurent les protections de tous genres.
Dans le champ voisin, se dressent soudain des épouvantails bricolés ingénieusement par les paysans avec les moyens du bord, dans le but d’éloigner les oiseaux des parcelles de riz en épis déjà bien formés. Voici alors le concert des tac-tac-tac, toc-toc-toc de boîtes de conserves aux tonalités diverses qui claquent au rythme du vent. Notre guide a beau nous affirmer qu’il n’y a point de vent la nuit à Bali, nous pourrons le contredire dès demain matin.
Et pour terminer l’après-midi, les jeunes se font emmener sur les scooters du personnel, à la Forêt Sacrée des Singes. Dans une réserve naturelle touffue et verdoyante, vivent en liberté, plus de deux cents singes macaques crabiers à la longue queue, qui ‘jouent’ avec les touristes … jouent à leur piquer lunettes, boissons, sacs et on conseille même à Mélina d’ôter ses boucles d’oreille. Ils sautent, s’amusent et amusent les visiteurs. Que pense ce petit singe en essayant de faire rentrer puis ressortir un caillou dans une bouteille … en tout cas il paraît assez malin pour y arriver. Ils se grattent beaucoup, disent les enfants, et même entre eux et ils se servent de leurs quatre membres de façon impressionnante.
Notre jeune cuistot s’est donné de la peine pour concocter un repas d’anniversaire excellent et joliment présenté. L’intuition était bonne de lui laisser carte blanche et pour le dessert, une énorme forêt noire a été commandée dans la meilleure pâtisserie de l’île à Denpasar. Olivier souffle ses bougies sur la version balinaise de Joyeux Anniversaire! Fêter à Bali fait rêver plusieurs de ses copains …




























































































































































































































































