Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


Poster un commentaire

Les îles de Naoshima et Teshima

La première destination de notre escapade vers la mer intérieure de Seto, sera l’île de Naoshima. Et sur cette petite île de seulement un peu plus de 3400 habitants, ce ne sont ni temples ni sanctuaires que nous venons visiter mais des espaces destinés à l’art contemporain. Ce grand projet est né de la rencontre des objectifs pourtant différents de deux hommes ; tout d’abord le maire, qui après avoir connu pour son île une économie prospère avec l’industrie du raffinage et ensuite la désertion des villages fin des années huitante, cherche à redonner une attraction à son île. D’autre part, le fondateur de Benesse Corporation, une entreprise spécialisée dans l’édition et dans la formation par correspondance, cherche lui, un lieu où pouvoir organiser des camps de vacances pour enfants. Fukutake est un universitaire promu de Waseda, mécène de l’art suite à la réussite incroyable de son business autour de l’éducation privée. C’est donc à Naoshima que naît le projet commun et ils choisissent l’architecte japonais Tadao Andō pour dessiner ce qui apportera à cette île une renommée mondiale pour les amateurs d’art contemporain.

Nous tombons sous le charme de l’endroit ; y arriver n’est pas tout simple (métro, shinkansen, trains, ferry, shuttle … il a fallu jongler avec les horaires) – j’ai passé plusieurs heures à organiser tous ces déplacements, aidée cependant par les renseignements de mon amie Maude, qui est d’ailleurs à l’origine de cette visite. Cela m’étonne un peu de ne pas avoir vu mentionnées ces îles dans mes guides touristiques et d’ailleurs les visiteurs que nous croiserons durant ces deux jours sont en grande majorité des francophones ou anglophones occidentaux.

Le Musée Chichū ( chi, signifiant terre et chū, intérieur ) est enfui dans une colline ; il est créé en 2004 par Tadao Andō, dont on reconnaît dans ses ouvrages, la pureté du béton brut, la géométrie des espaces, la lumière naturelle avec laquelle il joue partout. Ainsi le bâtiment lui-même peut être considéré comme une œuvre d’art – une œuvre d’art que nous ne pouvons pas photographier et que l’on visite en chaussons et dans le silence. C’est la qualité des expositions qui est mise en valeur et non la quantité – nous visitons trois salles, chacune dédiée à un seul artiste.

Ainsi nous nous retrouvons d’abord seuls tous les deux, avec Monet dans une grande salle, au centre d’un étang de Nymphéas (je tiens à noter d’ailleurs que Monet est notre impressionniste préféré). Avec James Turrel et son Open Sky, nous vivons une expérience unique dans un cube lumineux où j’ai l’impression de perdre pied, de flotter dans de l’ouate, de ne discerner ni sol, ni murs tangibles – bref une aventure indescriptible avec mes mots. L’œuvre de Walter De Maria consiste en une énorme sphère de granite, posée en évidence dans une salle qui fut construite autour de l’objet – le silence, le décor, le reflet de la lumière sur le marbre, la majestuosité de l’œuvre donnent l’impression d’être entrés dans une cathédrale !

Le Musée Lee Ufan, Tadao Andō l’a dessiné pour rendre hommage à son ami Lee Ufan, un artiste, architecte, philosophe d’origine coréenne, qui vit et enseigne au Japon. Ici aussi, nous vivons presque sous-terre, dans un environnement de béton, avec seulement quelques œuvres de l’artiste. Les deux hommes ont collaboré pour concevoir et dessiner ce bâtiment auquel les visiteurs accèdent par un long corridor. Trois salles baignent dans une atmosphère tout d’abord plongée dans la lumière et la couleur, la seconde dans la pénombre tandis que la troisième salle, pure et blanche, incite à la méditation.

Et nous ne sommes pas au bout de nos découvertes et de nos surprises ; un troisième musée, appelé Benesse House, est une intégration d’un musée, de restaurants, d’œuvres d’art et d’un hôtel. Et c’est ici que j’ai réservé une chambre – dormir dans un espace dessiné par Tadao Andō … la cerise sur le gâteau ! Niki de Saint Phalle est mise à l’honneur dans les jardins de l’hôtel et la sculpture de Yayoi Kusama – une courge géante, jaune à points noirs – trône bien en évidence sur la plage. L’art est partout autour de nous, c’est magique ; cette Benesse House a vu le jour en 1992 et la salle ovale est ma partie préférée. Nous la découvrons en soirée, avec des éclairages fabuleux – l’eau et le ciel ne semblent faire qu’un, tout comme la nature et l’architecture.

Ce projet ambitieux se répand toujours, il s’est étendu à l’île de Teshima, celle de Inujima et d’autres encore. Et tous les trois ans, s’y déroule la Triennale de Setouchi, au cours de laquelle des artistes viennent sur place réaliser des œuvres, des performances – certaines éphémères. La prochaine édition aura lieu en 2016 et au vu de l’épaisseur du catalogue des années précédentes, on peut imaginer la foule qui s’y déplace pour admirer à l’ouvrage quantité d’artistes.

Sur cette île de Naoshima, et avant de prendre un petit bateau pour rejoindre Teshima, nous parcourons le village de Honmura où sept maisons anciennes inoccupées ont été reconverties par des artistes qui ont laissé s’épanouir leur imagination. Tadao Andō peut être considéré comme le « roi » de Naoshima et c’est en 2013 qu’un musée est ouvert, dédié à cet architecte contemporain, sans doute le plus célèbre du Japon (c’était lors de la deuxième triennale de Setouchi). Il a lui-même dessiné cette maison à l’aspect extérieur traditionnel et où l’intérieur traduit son amour des lignes pures, de béton brut. Il est né en 1941 à Osaka – où l’Eglise de la Lumière vaudrait une visite – dans un quartier populaire et il s’est formé à l’architecture en autodidacte, en pratiquant à côté une carrière de boxeur professionnel. C’est à lui que Tokyo doit le centre commercial tout à fait original de Omotesando Hills (que j’ai visité l’an dernier, découvrant ainsi cet architecte), le centre 21_21 Design Sight (également parcouru en 2014 avec une exposition sur le riz) et la fameuse SkyTree qui surplombe toutes les autres tours de la capitale. On rapporte qu’il était un enfant solitaire et qu’il admirait Le Corbusier, dont il a pu visiter certaines créations lors de voyages en Europe.

J’aime les îles, leur proximité de l’eau, la sensation de vivre un moment éloigné du reste du monde trépidant et à cela s’ajoute ici une nature superbe. Ces îles sont très vallonnées, très vertes mais dans cette verdure, des buissons fleuris apportent des touches couleur fuchsia tellement belles. Sur Teshima, nous verrons également des rizières en terrasse (petit souvenir d’Ubud, en version réduite), des champs d’oliviers, des orangers et des citronniers ainsi que des cerisiers en fleurs bien évidemment ! Les gens travaillent dans la campagne, autour de leurs maisons ou des temples – c’est toujours impeccablement propre partout – et ils sourient, nous saluent ; sans langage parlé commun, on sent un accueil spontané.

L’œuvre magistrale à Teshima est un Open Air Museum, dessiné par l’artiste Rei Naito et l’architecte Ryue Nishizawa, ce dernier du bureau Sanaa qui a dessiné le Learning Center de Lausanne. Il n’y a aucun doute pour nous, que ce musée fut l’inspiration reprise pour le centre de l’EPFL. Ici le bâtiment lui-même ressemble à un énorme coquillage fermé, en béton clair, sans aucun support intérieur (la surface d’un demi-terrain de football et une hauteur maximale de 4.5 mètres), avec deux ouvertures ovales vers le ciel, laissant ainsi pénétrer la brise, la lumière, le murmure de la nature. Y pénétrer nous donne à nouveau une impression de ressentir, non seulement avec les yeux, une réelle émotion. Le sol est parsemé de mini-orifices d’où émergent aléatoirement et donc par surprise pour nous qui nous y baladons en chaussons, des gouttes d’eau qui vont soit décider de très vite rentrer sous terre, soit poursuivre leur voyage sur le sol, aller se joindre à d’autres mini-serpents d’eau et ainsi créer sous nos yeux un spectacle vivant, magique, silencieux, inspirant (ici non plus pas de photo ni de vidéo mais vous en trouverez sur Internet). Un lunch rapide dans le café qui lui aussi est construit selon un modèle semblable – on s’y sent très bien. Et voici donc 24 heures d’une découverte superbe, extraordinaire, grandiose !

 


Poster un commentaire

Ma – notre vie sociale à Tokyo

Mathieu nous a quittés samedi matin et nous commençons de suite notre vie sociale, le midi-même avec nos amis suisses Hélène et Elmar. Ils séjournent à Tokyo une semaine, où Elmar vient également donner des conférences. Nous échangeons joyeusement nos impressions, nos découvertes et nos surprises, autour d’un menu sushis excellent, dans une loge privative très belle, d’un restaurant typique repéré par eux dans le coin de Hiroo Station ; et nous parlons toutes les deux bien évidemment de Hatchiko.

Dimanche en fin de journée, nous retrouvons notre premier guide, devenu ami, Benoit, francais d’origine et faisons la connaissance de son épouse japonaise Akiko, de leur fils Link et de trois français qui travaillent pour lui. C’est un plaisir de découvrir sa maison dont il nous avait montré les plans l’an dernier, et de visualiser l’endroit où arrivent les commandes et où se préparent les colis de « candies » qu’il envoie de par le monde (site : http://www.candysan.com) – celui commandé pour l’anniversaire d’Yves est donc parti d’ici. De plus il travaille ces temps sur le tournage de séquences filmées qui feront vivre aux spectateurs un parcours marathon de 24 heures dans Tokyo, comme s’ils y étaient. Les quelques minutes de « teasing » qu’ils nous font voir en avant-première créent déjà en moi l’impatience de la vidéo finale. A la bonne franquette, autour d’une table bien garnie, la soirée se prolonge dans une ambiance plutôt francophone mais dans un décor japonais moderne – ce ne sont pas les gadgets domestiques qui manquent. Link me tire dans sa chambre pour que je joue avec lui et ses personnages de mangas – je n’y comprends rien mais il est très attachant ce bout de chou, qui aura bientôt une petite soeur. Et il n’est pas envisageable ici de ne pas connaître le sexe du bébé, ni de ne pas fixer la date d’un accouchement par césarienne, organisation oblige.

Kato est japonaise, elle a environ mon âge et c’est à elle que nous louons notre appartement. Le contact s’est noué facilement entre nous l’an dernier, nous avons continué à échanger et elle est une lectrice de mon blog – ce sont plutôt les photos qu’elle regarde. Je lui ai dit que cette semaine nous pouvions partager un lunch et que j’attendais qu’elle me surprenne avec une spécialité que je n’aurais pas encore dégustée. Elle m’emmène le long du parc Ueno ; l’anguille fumée et sa sauce succulente me plaisent beaucoup et elle est naturellement précédée de petits plats (sashimi, flan au poisson, pickles, miso soup, etc.). La discussion est toujours animée et drôle avec Kato; nous nous entendons bien.

Sheena est elle aussi une amie japonaise, elle fut l’interprète de Yves lors de notre premier séjour à Tokyo en 2012. Nous sommes amies sur Facebook et nous communiquons régulièrement. L’an dernier, elle était enceinte et c’est avec une grande joie que je fais la connaissance de sa petite Mizuka, tellement mignonne. Elle aura une année en juin, quand va naître mon petit-enfant à moi – et je fais ce jeudi mon premier apprentissage de grand-maman. Mizuka semble m’avoir adoptée, elle est très souriante dans mes bras. Sheena m’a donné rendez-vous à Kasairinkaikoen, un parc récréatif au sud-est de la ville, proche du DisneyLand. Nous sommes au bord de l’océan, est-ce possible que nous soyons toujours à Tokyo? Le calme, l’air marin, les fleurs, les oiseaux qui chantent, un pic nic dans la pinède – voici un endroit que nous apprécions toutes les deux pour nos retrouvailles autour de bavardages dans fin.

Yves a commencé cette semaine ses conférences et il a une fois encore pris le temps de sous-titrer ses transparents en japonais. Nous avons trouvé du matériel chez Itoya, la grande papeterie située dans Ginza et cela nous a permis de nous balader dans cette grande avenue qui devient piétonne le week-end, tout comme dans Akihabara près de chez nous. Chez Apple, nombreux sont les japonais qui viennent réserver leur Apple Watch – Hélène et Elmar l’ont déjà vue et nous, c’est dans la vitrine de l’Apple store que nous la découvrons dans sa déclinaison de couleurs.

Mercredi soir, je suis invitée à rejoindre l’équipe du workshop organisé par Shin à KIT et là, je reconnais plusieurs personnes – l’accueil est chaleureux. Il est 22h30 quand le buffet qui suivait la conférence de Yves se range et avec Shin et Tobi, nous allons dans un pub pour déguster du saké (accompagné de delicieux légumes, tofu et champignons grillés) – l’ambiance est toujours assurée avec nos deux camarades. Et l’heure du dernier métro est dépassée lorsque nous sortons, ce sera un taximan très gentil qui nous ramène à Yushima (et qui nous donne un guide et un plan de Tokyo en français!)

 


Poster un commentaire

Mon quotidien à Tokyo

Je me sens de plus en plus à l’aise dans cette ville où pourtant la communication reste un petit défi mais je comprends mieux comment les choses fonctionnent et où trouver ce dont j’ai besoin – c’est parfois un peu comme un jeu. Après une ou deux journées avec nous, Mathieu a dit : »on pourrait peut-être passer à quatre repas par jour », tellement il a aimé les menus dans les restaurants. Depuis son départ par contre, j’ai repris le chemin du supermarché et c’est un plaisir de choisir son poisson, sa viande (le boeuf le plus blanc possible), ses légumes dans les rayons du frais – les yaourts, les fruits frais ou en gelée sont aussi succulents. Yoshiike, l’an dernier, était un magasin tout serré, sous les voies du chemin de fer mais ils ont déménagé depuis, dans le sous-sol du nouveau Uniqlo – quelle coïncidence heureuse!

Tandis que Yves préparait ses présentations en japonais, je me suis appliquée à organiser un trip de trois jours vers le sud-ouest. Il est souvent plus facile de se repérer avec quelques papiers sous les yeux, alors j’ai emmené Yves au 7eleven près de notre appartement, et à deux, nous sommes parvenus à imprimer des documents depuis notre clé USB – cela paraît simpliste mais je peux assurer que sur une photocopieuse où tout est quasi indiqué en caractères kanjis, cela relève d’une prouesse (au départ le carré rouge, puis celui arrondi vert sur la droite et peu importe ce qu’il est écrit dedans, la porte s’ouvre pour insérer la clé, attendre que le carré bleu devienne lumineux … et ainsi de suite).

Un jour de temps froid et humide, je cherche sur Internet un Onsen où aller me prélasser. Train et métro me conduisent aux bains publics de Nagomino Yu, un endroit fréquenté par des japonais(es) de tout âge et en les voyant ainsi nombreux, c’est à se demander s’ils ont réellement des salles-de-bain dans leurs habitations ou si l’habitude ancienne de venir aux bains publics attire toujours. L’eau chaude des Onsens a probablement des vertus curatives et dans certains bassins, le corps est de suite recouvert d’une couche tellement douce de mini-bulles. Le gommage, suivi d’un massage traitant, finalisent en beauté parfumée ma séance – et tout cela en m’exprimant uniquement avec les mains!

Mercredi est annoncé ensoleillé ; je pars pour la promenade autour du palais impérial, dans le parc Chidorigafuchi. Il est un peu tard pour Sakura dans toute sa splendeur mais certains arbres sont encore superbes, leurs boules de fleurs pareilles à de gros pompons blancs ou roses. Je papote en chemin avec deux filles de Taïwan ; elles sont très sympathiques et me rappellent les amies vietnamiennes de Sheena que j’ai rencontrées à Singapour au printemps dernier. Je me balade sans plan, je les renseigne puis je monte jusqu’au temple Yasukuni que j’aime particulièrement bien. Il est assez sobre, son jardin est soigné, son allée est majestueuse depuis l’énorme Torii et son exposition d’Ikebana me fascine. Outre les cerisiers en fleurs, j’ai pu admirer dans mes sorties des camélias rouge sang, des lilas blancs parfumés, des glycines naissantes, des parterres de tulipes, des azalées lumineuses – soit toutes variétés que nous trouvons en Europe. Et j’apprendrai par Sheena, que le chrysanthème est la fleur impériale. Il y en a souvent une grosse, sculptée dorée sur les portes des temples. La fleur a fait son apparition au Japon au sixième siècle avec l’arrivée des chinois. C’était alors une plante médicinale et peu à peu, l’empereur se l’est approprié comme symbole de longévité.

Après un repas au-dessus de Tokyo près du Dôme et de passage dans le quartier de Jimbocho, avec ses nombreux magasins de livres d’occasion et aussi de librairies, je suis tombée sur une boutique craquante de souvenirs, d’artisanat mais aussi de bonsaïs. Ne voyant pas très bien comment rapporter cela en Suisse, j’en ai acheté un pour Kato – l’emballage que la serveuse a réalisé était tout autant splendide!


Poster un commentaire

Mathieu découvre tout Tokyo …

Mathieu aime beaucoup les pandas et par chance, le zoo du parc Ueno en possède deux, provenant de Chine, Ri Ri et Shin Shin. C’est une jolie grosse boule de poils bicolore qui se déplace en douceur et nous en profitons pour parcourir de long en large ce zoo qui est aménagé dans une nature exubérante et qui est le plus ancien du Japon (1882).

L’architecture plus traditionnelle en briques rouges, de la gare principale de Tokyo – influencée par celle de Amsterdam – côtoie le futurisme du Forum, construit comme une énorme coque de bateau en verre. Et ensuite, il fallait faire un choix dans les magasins où s’éterniser; j’ai laissé Mathieu décider, tout en lui donnant mes idées. Ainsi les marques japonaises Uniqlo et Muji lui plairont autant qu’à moi; c’est toutefois plus facile de dénicher les tailles qui nous conviennent dans un magasin Gap ou Bershka. Les huit étages du Sony building sont un véritable palace de nouveautés technologiques hyper performantes et éblouissantes.

Hikarie est un des grands centres commerciaux et pour nous trois, la tentation est forte devant les boutiques de papeterie et de gadgets … et il y en a, à ne plus savoir où regarder! On ne se lasse pas non plus de les admirer lorsqu’elles emballent les achats, une technique de pliage bien spécifique, très rapide. Le joli emballage est ensuite placé dans un sac assorti et si par malchance, il pleut ce jour-là, le sac en papier est recouvert soigneusement d’un sachet plastic bien scotché. Un soir après le repas à l’étage des restaurants chez Hikarie, il n’y a que moi qui ne pourrai résister à une délicieuse ‘chocolate soft ice cream’ de chez Marcolini …

Et c’est sur Kappabashi dori que tout ce qui rentre comme ustensiles dans une cuisine, peut se trouver – Mathieu y dénichera ses petits cadeaux et de quoi faire plaisir à son frère. En parlant cuisine, je me dois d’évoquer les spécialités que nous avons fait découvrir à notre fin gourmet. Sheena m’a été d’une aide certaine en faisant pour moi par téléphone la réservation de Tonkatsu (du porc pané exquis, servi avec une salade de chou cru) chez Maisen ainsi qu’un Teppanyaki inoubliable au Cobra à Ginza. Nous y étions attendus avec moulte courbettes et surtout avec un menu en anglais. Mes souvenirs nous ont aussi amenés au Gonpachi (pour sa table excellente et aussi son cadre typique qui a servi de décor au film Kill Bill), dans un restaurant taïwanais pour des wantons tout coulants et enfin dans un très petit établissement dont la spécialité sont les Tempuras. Ici pas de photo ni de menu en anglais et les gens se sont bien étonnés que nous connaissions un tel endroit perdu (j’y étais venue l’an dernier avec Kato)!

Jeudi j’ai concocté une journée marathon – sous le soleil enfin – qui débute au fameux marché aux poissons de Tsukiji, le plus gros au monde (500 mille tonnes par année). C’est d’abord le va-et-vient des camionnettes, vélos, tracks, dans une forêt de boîtes blanches en frigolite, avant de pénétrer vers les échoppes de poissons. De la micro crevette au thon énorme, il y a une variété que je ne pouvais imaginer (plus de 450 espèces). Thomas aurait aimé voir ce long couteau fin comme un sabre qui tranche le thon comme si c’était du beurre – un beau cérémonial.

Le monorail fait sa boucle complète après Shiodome, traverse le Rainbow Bridge, pour nous amener sur l’île d’Odaiba. La visite du musée des sciences émergentes et de l’innovation, le Miraikan, nous plonge dans le monde de la robotique, des technologies du futur – une femme robot dit le Journal Télévisé, une autre revêt à s’y méprendre l’apparence humaine et le robot Asimo nous montre ce qu’il peut faire comme mouvements, nous explique comment il se repère et conserve son équilibre; il chantera aussi pour nous. Mathieu en avait vu une démonstration à l’EPFL, où il interagissait même avec le public. C’est fascinant, c’est touchant mais aussi troublant selon l’utilisation qui pourrait en être faite dans l’avenir.

Cette île artificielle est vaste, ses bâtiments sont parfois originaux comme celui de Fuji Tv tel un mécano géant et dans le centre commercial Venus Fort, c’est l’étage des magasins non pas pour bébés mais pour petits animaux qui va fasciner Mathieu !

Pour une vraie journée de vacances, je me devais de prévoir une navigation. Ainsi nous remontons la Sumida depuis Odaiba jusque Ryogoku, avec un passage amusant dans le bassin qui touche le magnifique parc Hamarykyu visité lors d’un précédent séjour. Ryogoku est le domaine des Sumos et même si aucun tournoi n’est au programme ce mois (il y en a six par année dont deux ici à Tokyo), nous en apercevons qui viennent à l’entraînement.Edo Tokyo Museum reste notre musée préféré, avec ses maquettes multiples nous présentant l’évolution, le mode de vie de la ville d’Edo, devenue Tokyo.

Mais je commence à sentir que mes deux compagnons ont eu leur dose de visites et avec l’appui enthousiaste de Mathieu, je les emmène pour la dernière étape du jour au siège de la brasserie Asahi. Chacun retrouve le sourire, reprend de l’énergie; installés au dernier étage, dans la ‘mousse’ du géant bock de bière dessiné par Philippe Starck, la vue sur Tokyo est éblouissante. Nous nous attardons, le soleil se couche lentement, les parcs peu nombreux se repèrent aisément au milieu des constructions à perte de vue – une ville de plus de 30 millions d’habitants pour le grand Tokyo.

A Kato qui lui demandera s’il a aimé sa découverte de Tokyo, Mathieu répondra qu’il espère vraiment y revenir un jour. Une merveilleuse semaine tous les trois; le temps plutôt maussade a été largement compensé par nos rires – qui doivent toujours rester muets -, nos chuchotements, nos surprises et nos émerveillements !


Poster un commentaire

Nikko … c’est beau !

La destination de ces deux jours, je l’ai prévue et organisée depuis la Suisse dès que Mathieu a décidé de venir nous voir au Japon. J’ai cherché un site à visiter qui soit une découverte pour nous deux Yves et qui donne à Mathieu l’occasion de sortir de la mégapole vers des endroits plus isolés dans la nature.

La première expérience sera la trajet en Shinkansen; nous apprécions le confort, la propreté, le silence des trains japonais à grande vitesse – et même s’il est à moitié rempli, il est promordial de s’asseoir à la bonne place! Acheter son bento avant de monter à bord et le manger, confortablement installé fait partie aussi du rituel.

Un proverbe japonais dit que « on ne connaît pas le beau si on ne connaît pas Nikko » (je me demande si ça rime aussi en japonais). Depuis plus de mille ans, c’est un haut lieu du bouddhisme japonais et c’est au dix-septième siècle qu’il prend toute son ampleur, avec un ensemble de temples, unique au Japon. A l’entrée du site, le pont sacré, de bois roue, surplombe la rivière – il n’est traversé que par les autorités lors de cérémonies. Temples et sanctuaires sont construits sur une vaste montagne boisée de cèdres élancés; le cadre inspire le calme, la sérénité, le recueillement – c’est magique, nous sommes comme transportés dans un autre monde. Et le brouillard de mardi ajoute à notre spectacle un côté mystique, très japonais, incontestable. J’aime mes photos!

Au Japon, les temples sont en bois, ils sont rénovés, déconstruits et reconstruits périodiquement. Ici le processus a débuté en 2007 et se prolongera jusqu’en 2020; cela nous donne l’occasion de voir un des ouvrages, tout emballé, d’y pénétrer et se rendre compte de l’étendue de la tâche – dieu que c’est immense ! Rinnoji et Taiyuin Temples, Futarasan et Toshogu Shrines, les pagodes, … se fondent dans la nature sombre; chaque temple possède ses dragons, ses lanternes, sa cloche et ses Torii, son Chozuya – le pavillon d’ablution, ses moulures, ses dorures et ses couleurs … d’un raffinement extrême. C’est ici que l’on découvre les trois singes avec leurs mains sur les yeux, la bouche, les oreilles – symbole d’un précepte bouddhique qui veut qu’on ne regarde pas le mal, qu’on ne le dise pas, ni ne l’écoute.

Le séjour dans un Ryokan restera, je pense, un des souvenirs marquants pour Mathieu. Pendant quelques heures, nous oublierons nos vêtements occidentaux pour revêtir le Yukata, ceinturé par le Obi et le Tanzen comme manteau; notre hôte devra aller rechercher des pantoufles plus longues pour les hommes. La chambre est grande pour ce genre d’établissement traditionnel et le choix du bain chaud privé n’est pas pour nous déplaire. Cela donnerait presque des idées d’aménagement à Mathieu pour notre maison de Lonay! Les îles du Japon sont placées sur la ceinture de feu du Pacifique, ce qui leur procure malheureusement ces fréquents tremblements de terre et éruptions volcaniques mais aussi de nombreux Onsen, ces bains chauds naturels puisés à mille mètres de profondeur – un vrai plaisir de se laisser flotter au chaud, avec la vue sur la montagne et bercé par la musique de la rivière qui dévale sur les pierres.

Dans les ryokans, nous prenons très souvent sur place le repas du soir et le petit-déjeuner, histoire de ne pas trop souvent se déshabiller et rhabiller en kimono. Quelle n’est pas ma surprise ici de découvrir que le souper se prendra dans une loge privative et quel tableau magnifique que la table garnie qui nous y attend. Un menu Kaeseki, de qualité incroyable, qui offre tous les types de mets que nous aimons (sashimis, tempuras, shabu-shabu, yakiniku, poisson grillé, pickles, miso soupe, etc.) – il doit y avoir entre 10 et 20 plats différents. Et le saké japonais accompagne à merveille ces saveurs – quel plaisir pour les yeux et le palais! Ce sera quelque peu plus rébarbatif le lendemain matin mais toutefois il y aura peu de reste – nous avons simplement décliné le poisson à griller qui nous a été proposé juste à l’entrée de la salle du petit-déjeuner! On se rattrapera dans l’un ou l’autre café de la localité – des endroits insolites très plaisants.

A l’heure du retour, Yves et Mathieu me laissent me débrouiller pour intercepter la navette du ryokan vers la gare et ensuite pour avancer nos réservations de Shinkansen en gare de Utsunomiya – « nous, on ne parle pas japonais », disent-ils !


Poster un commentaire

Retrouvailles avec Mathieu

A l’aube samedi matin, nous atterrissons donc à Tokyo et ce juste une heure avant Mathieu qui arrive lui de Genève (avec des petits cadeaux de son frère). Nous avons une semaine pour le « japaniser » ou du moins lui faire découvrir et apprécier diverses facettes de Tokyo et ses environs. Le premier week-end est déjà concluant; Mathieu semble fasciné.

Jour et nuit, le marché Ameyayokocho regorge toujours d’autant de monde, d’étals des plus variés, un peu à l’image d’un souk par endroits. Le magasin de jouets sur sept étages Yamashiroya sera l’une de mes premières visites, surtout pour ses machines à boules surprises qui alimentent ma collection de figurines. Puis, dès que Mathieu est en possession de sa carte SUICA personnalisée, nous l’initions au complexe réseau des lignes de métro/trains et au repérage des multiples sorties dans les stations.

Nous y retrouver dans Akihabara nous prend un peu de temps; les gigantesques enseignes se ressemblent, les otakus remplissent les boutiques de figurines et de mangas, les décibels sont rassemblés dans ce quartier frénétique de Tokyo. Yodobashi fait au moins 20 à 25 fois la superficie de notre MediaMarkt – on y trouve tous les modèles d’aspirateurs, de robots, de cuiseurs de riz, d’appareils photos et aussi de pieds d’appareils, de téléphones mobiles avec tous les opérateurs possibles, de bracelets de montres … pour ne citer que des extrêmes. Les personnages de bandes dessinées et de jeux vidéos avec leurs grands yeux ouverts et leur coupe de cheveux à la japonaise me plaisent toujours beaucoup – ils sont vraiment omniprésents dans Akihabara.

Kato nous a accueillis à notre arrivée à l’appartement – exactement le même que l’an dernier – et c’est un plaisir de se sentir attendus et reconnus, par le concierge également. La cuisine et la salle-de-bain sont garnis de domotique et de gadgets qui rendent la vie tellement facile et agréable.

Ce qui le sera moins, c’est la météo; un dimanche de Pâques pluvieux où ce sera une procession de parapluies qui se dirige vers le sanctuaire Meiji-jingu. L’endroit reste très impressionnant et majestueux, tout de même et nous y verrons une cérémonie de mariage. Le pèlerinage se poursuit par la rue des exubérants et excentriques, Takeshita dori, celle de Harajuku avec ses créateurs de mode et enfin Omotesando, dite les Champs Elysées de Tokyo. Les parapluies s’ouvrent et se referment, et par souci de respect des autres et des intérieurs, des sachets plastics sont utilisés en quantité à chaque entrée de magasin.

Shibuya va éblouir Mathieu, content de voir en vrai ce carrefour mythique. La gare est déjà impressionnante par sa taille; ses 16 sorties différentes sont à elles seules plus nombreuses que le nombre d’arrêts de LA ligne de métro à Lausanne – nous sommes dans une toute autre dimension ! Hatchikō intéresse un peu moins notre fils que les centres commerciaux ou les magasins de toutes marques imaginables!

La première idée qui vient à l’esprit quand on parle de nourriture japonaise, est le plat de sushis et durant ce premier week-end, on s’en régale de suite. Mathieu va aussi découvrir le Yakiniku, la grillade sur table avec de la viande tellement blanche qu’elle fond dans la bouche, les Ramen, ces nouilles de blé noir dans un bouillon. Une Asahi, une misō soup, des pickles, … tout lui plaît et il commence déjà à apprécier le saké! Le maniement des baguettes – même pour les pâtes dans la soupe -, la serviette humide et chaude avant le repas, les courbettes en avant et en marche arrière, le kon’nichiha et arigatou prennent gentiment place dans son quotidien. Il s’habitue aussi aux parapluies transparents, aux masques sur le nez et la bouche, aux uniformes des écoliers, des étudiants, des travailleurs sur les chantiers, des conducteurs de train – dont le cérémonial en gants blancs nous fait sourire. Ça s’annonce plutôt bien !


Poster un commentaire

Sydney … y reviendrai-je un jour ?

Une dernière journée à Sydney dont j’espère bien pouvoir profiter un peu pour une ultime sortie. Je place toute mon énergie et ma concentration dans le remplissage des valises et c’est parti, en bus, vers Watsons Bay. Dunbar House est encore un restaurant conseillé par Maude et nous y allons donc en toute confiance. La météo maussade ne nous empêchera pas d’apprécier l’endroit, une ancienne maison de maître surplombant la baie – c’est beau et c’est excellent !

En insistant un peu, j’entraîne alors Yves dans une marche vers les falaises et l’éperon rocheux qui constitue le point d’entrée sud de la baie de Sydney. Une balade comme celles que j’ai déjà faites, assez vallonnée et dans un milieu naturel boisé, fleuri, un peu sauvage – le phare est décevant par sa taille mais reste un élément qui laisse place aux rêves …
C’est bien évidemment en ferry que nous rentrons une dernière fois sur Circular Quay, tentant d’inonder notre mémoire de ces images très belles et nous n’oublierons pas non plus la maison d’Emma, particulière par sa forme, à deux pas du 143 Jersey Rd.

L’heure de quitter notre « chez nous » australien sonne vers 18:30 – est-ce un adieu définitif ? J’aimerais pouvoir répondre par la négative. Je me suis sentie tellement bien dans ce pays – ou du moins la minuscule partie que nous en avons explorée – les gens m’ont semblé moins stressés qu’ailleurs, très joviaux et chaleureux, sans s’embrouiller avec des chichis, respectueux de l’autre et de sa différence. Le cadre de vie est extraordinaire; la météo très agréable (chaleur plaisante sans trop d’humidité), l’espace et la verdure environnante, les plages, les falaises et les vagues, les parcs naturels sauvages et très verdoyants – le tout incitant à la balade et au sport. Sur ces trois semaines passées à Sydney, suis-je restée plus d’une journée cloîtrée dans mon appartement ? Je ne le pense pas et j’en ai pour preuve mon compteur de pas et de km qui dépasse ce que je pensais être capable de tenir comme rythme (environ 12 km de marche par jour). Yves a lui, donné une douzaine de conférences et a ainsi touché au total plus de mille participants.

Mais je ne peux clôturer mon bilan sans évoquer ce qui nous a le plus surpris : la restauration. Des produits frais, goûteux, de qualité – combinés avec des talents de chefs qui ont fusionné la cuisine occidentale avec la finesse, les arômes, la présentation de celle provenant d’Asie – ne pouvaient que réjouir nos palais … sans jamais « alourdir » nos estomacs. Une phrase relevée sur une serviette dans un restaurant à Brisbane traduit fort bien mon impression : « I have never met a meal that I didn’t like ».

C’est à bord d’un Boeing de la compagnie Qantas que nous passons la nuit nous emmenant au pays du soleil levant. Un vol de qualité remarquable avant de découvrir les couleurs magiques du jour qui se lève ; elles annoncent pour nous de nouvelles aventures.


Poster un commentaire

De Tokyo à Singapour

Kato est au rendez-vous dans le lobby à 7h45 pour nous saluer et nous souhaiter bon voyage, bon séjour dans la chaleur de Singapour. Elle fut un des rayons de soleil de mon séjour ; quand le concierge prend ma valise pour se diriger vers le taxi, Kato lui recommande d’en prendre bien soin car elle contient certainement mon blog!

J’avais pris samedi les tickets pour le train Skyliner de 8h17 qui nous mène à Narita. Les derniers petits achats de souvenirs et comme pour nous dire de revenir, une dégustation de saké nous est proposée, à 10 heures du matin! L’aéroport est géant mais l’organisation fonctionne pico bello et c’est sans surprise que nous prenons notre vol Singapour Airlines. La durée en est de 7 heures et nous récupérons une heure du décalage. L’Europe a changé ses montres ce week-end mais cela ne se pratique pas ici en Asie. A Tokyo le soleil s’est levé vers 5h30 pour disparaître aux alentours de 18h durant notre séjour; la ville se situe environ à la latitude du nord de l’Afrique, Alger.

J’ai obtenu des sièges à la porte de secours, nous avons bien de la place pour les jambes et nous discutons avec l’hôtesse qui est assise face à nous. Elle vit à Singapour mais est japonaise, originaire de Nagoya; elle sera en escale justement dans sa ville d’ici quelques jours. Nous lui racontons notre plaisir d’avoir passé un mois au Japon, ce qui déclenche chaque fois un sentiment de contentement et de fierté. Tokyo et Singapour sont deux aéroports très fréquentés d’Asie; à Tokyo l’avion a pris place dans une longue file d’attente avant le décollage tandis qu’à Singapour, il tourne plusieurs fois dans les airs avant de pouvoir se poser.

Les documents préparés par NUS sont en ordre, le passage de la douane se fait aisément, nous récupérons nos lourds bagages et prenons le bus navette pour les hôtels de la ville (nous y serons seuls, une chance et un timing parfait). Oh quelle bouffée d’air chaud en franchissant les portes de l’aéroport et nos sens sont en éveil, les souvenirs remontent à la surface. Tous ces bateaux au large de la côte, cette large avenue verdoyante avec ses palmiers, ses bougainvillées puis la ville qui approche, Marina Bay Sands et les « champignons » des Gardens.

L’hôtel Naumi a changé de mains, a été rénové; nous y serons très bien pour la première nuit. Nous reconnaissons le parfum d’ambiance dans le lobby et la superbe piscine débordante sur le toit; le lit est énorme, le décor de la chambre est devenu plus moderne, la salle-de-bain est équipée du gadget qui occulte les portes vitrées.

Voici que j’ai l’impression que Singapour est plus petit, un village à côté de Tokyo! Tout semble proche et nous rejoignons Jean-Luc à pied au Mandarin Oriental. Invité avec son ami San Degeimbre au World Gourmet Summit, nous avons le plaisir de passer la soirée ensemble avant son départ demain. Il se souvient de la saveur des wantons et nous lui faisons goûter ceux du Din Tai Fung; cela avait été notre premier restaurant à Singapour, avec Jan en 2012. Et pour bien dormir, un cocktail typique de Singapour, le Sling, dans la cour du mythique hôtel Raffles.

Cela nous paraît bizarre mais cela soulage de comprendre ce qui se dit et de pouvoir lire – notre cerveau est à nouveau assailli d’informations!

photo Image Image 3 Image 2


Poster un commentaire

Cherry Blossom à Chidorigafuchi

La pluie a finalement eu une bonne idée de s’installer sur Tokyo ce dimanche; elle me permet de refaire mes valises et à Yves de bien progresser sur la rédaction de l’ouvrage en cours. Et quand vers quatre heures, il nous semble voir pointer un rayon de soleil, je concocte vite une petite sortie pour que Yves puisse également apprécier l’ampleur du phénomène Sakura.

En métro jusque Hanzomon, au niveau de la porte du même nom le long des douves du palais impérial. Sans être tokyoïte, je crois savoir où le spectacle vaut la peine et si Ueno est connu pour ses cerisiers, il l’est aussi pour tous ces gens qui campent et sont plus bruyants alors que le parc Chidorigafuchi devrait être plus paisible.

Woah, c’est magique! Quel bonheur de vivre et de partager l’allégresse de tous ces japonais venus admirer et photographier leurs fameuses cherry blooms! Nous nous les imaginions plus roses alors qu’ici à Tokyo, je les ai surtout vus blancs ou très clairs mais le tunnel est féerique. Et je vois même Yves sortir son iPhone pour quelques photos … alors que le mien en est déjà plein. Une dame s’est maquillée en actrice du théâtre  et elle nous propose une photo qui sera notre dernier clin d’œil d’un séjour inoubliable !


1 commentaire

Journée estivale dans les parcs de Tokyo

Que font tous ces gens déjà à 9 heures du matin dans le parc Ueno? Ils viennent réserver leur emplacement bien sûr pour festoyer Sakura et aussi prendre des tonnes de photos! Je suis moi-même aux anges de voir enfin ces fleurs de cerisiers tant espérées. Je traverse l’étang vers le temple bouddhiste flottant Bentendo dédié à la déesse des arts, de la connaissance, de la sagesse puis son allée où les échoppes de nourriture sont ravies de voir arriver la foule; des poissons embrochés autour des braises, qui vont soudain sentir bon le barbecue, des biscuits en forme de nounours cuits sur place, d’autres en forme d’épis à la tête chocolatée, des brochettes de viande crue … il y en a pour tous les goûts.

IMG_5994 IMG_5995 IMG_5998 IMG_5999 IMG_6001 IMG_6002 IMG_6006

Je remonte jusqu’au petit sanctuaire Gojo Tenjin sha, le préféré de Kato et son tunnel de Torii rouges, avant de découvrir, oh merveille, la large esplanade qui mène au Musée National.

IMG_6007 IMG_6010
Quel monde et qu’elle bonne humeur! Les cerisiers blancs se sont épanouis ces derniers jours, offrant une galerie au toit fleuri splendide. Le spectacle au sol vaut aussi le détour: des familles, des groupes d’amis, des collègues semblent s’être installés pour rester! Certains ont construit tables et sièges en carton, recouverts ensuite de nappes et ont emmené nourriture et boissons pour tenir un siège. C’est une occasion de faire la fête, de boire du saké; certains ont campé la nuit ici pour réserver leur emplacement. Je me rends à présent bien compte de ce que signifie ce festival du cherry blossom au Japon!

IMG_6022 IMG_6019 IMG_6016 IMG_6014 IMG_6021 IMG_6015

Il est 10 heures, je retrouve Sheena à la gare Keisei pour me laisser guider – une fois n’est pas coutume – à la découverte d’un parc dit gouvernemental, situé une heure à l’ouest de la ville (mais toujours DANS la ville). Comment a-t-elle donc compris mon attirance pour les jardins, les fleurs, les espaces verts? Il se fait que pour elle aussi c’est un plaisir de s’éloigner une journée de la ville trépidante. Le temps passe vite à papoter dans le train bondé qui nous amène à Tachikawa ; c’est un district qu’elle ne connaît pas. Nous sommes surprises par la foule qui fourmille dans cette gare, par les grandes enseignes de Takashimaya, Isetan et même Ikea, par un monorail et aussi des trottoirs en altitude pour rejoindre notre destination – ce qui n’étonne par conte que moi, ce sont des dames qui frottent à faire briller les balustrades de notre chemin … ainsi en pleine zone d’affluence, de pollution!

IMG_6024

Le Showa Kinen Park a été aménagé en l’honneur de l’empereur Showa, Hirohito, qui était au pouvoir durant la période de la deuxième guerre mondiale. C’est vraiment immense et cela permet de ressentir un souffle de liberté et d’espace malgré les centaines, voire milliers, de japonais qui ont eu la même idée. Il s’agit d’un parc récréatif où nous nous laissons aller, attirées tantôt par l’animation ou par le calme, tantôt par un tapis de fleurs ou par des arbres superbes. Les gens viennent en famille, il y a beaucoup d’enfants, ils se promènent ou bien ont loué un vélo; les poussettes sont très utilisées pour les chiens (on verra même quelqu’un porter son animal domestique adoré comme un bébé dans un sac kangourou!).

IMG_6026 IMG_6029 IMG_6074 IMG_6031 IMG_6037 IMG_6038 IMG_6036 IMG_6035

Les pic-nics se passent sur une couverture au sol ou alors dans un espace prévu pour barbecues : de petites tentes pour protéger du soleil, des tables avec un grill à la braise incrusté au milieu … et les crevettes, les huîtres, le poisson, les légumes se dégustent joyeusement, tout chauds, tout croustillants. Je suis certaine qu’aucun déchet ne subsistera après cette journée estivale en plein air. La température est délicieuse, le soleil n’est pas trop agressif, même si mes épaules ce soir seront un peu rougies.

IMG_6041 IMG_6042

Le plan mentionne des piscines pour le plein été et également de nombreux terrains de sport, de pétanque ou des places de jeux. Des dunes artificielles formées de gros ballons blancs gonflables font la joie des enfants et les dragons qui sortent du sol font penser un peu aux mosaïques de Gaudi.

IMG_6045 IMG_6046 IMG_6048 IMG_6051

J’aime évidement le coin du jardin japonais, sa quiétude, ses tortues qui se chauffent sur les rochers, sa nature qui se reflète dans l’étang. Nous voyant intéressées par les bonsaïs un des jardiniers nous fait partager sa passion, en nous racontant l’origine de tel ou tel conifère de plus de quatre-cents ans d’âge et qui furent trouvés dans la montagne où ils manquaient d’eau et d’espace pour prospérer. Selon la variété, ils sont rentrés pour l’hiver ou au contraire restent en extérieur, sauf en cas d’orage ou tempête. Avec sa longue pince à épiler et avec une délicatesse d’orfèvre, il extrait les fleurs fanées d’un superbe érable du Japon. C’est magnifique!

IMG_6063 IMG_6065 IMG_6064 IMG_6053 IMG_6060 IMG_6059

Notre exploration se termine par Komorebi, une ferme reconstituée avec son moulin à eau pour égrainer le riz et ses modèles de cultures. Sheena me raconte que son père est agriculteur de la quinzième génération; elle a grandi parmi les champs de blé et les animaux de la ferme – elle est devenue citadine et garde la nostalgie des paysages de son enfance. Tout au long de la balade, j’ai reconnu plusieurs arbres, fleurs, plantes semblables à celles de chez moi et cela m’a fait plaisir de le partager avec Sheena. Ainsi je ne suis pas seule à me sentir bien dans la nature et cette sortie nous a rapprochées, nous a permis de mieux nous connaître.

IMG_6068 IMG_6073 IMG_6069 IMG_6078 IMG_6079

Les business men japonais ne s’arrêtent jamais de travailler et c’est ainsi que Shin a organisé ce samedi un workshop où Yves est l’orateur invité. Je les rejoins à Minato en fin d’après-midi; tous sont très enthousiastes et je reconnais quelques visages rencontrés l’an dernier. Yves est impressionné par leur vivacité d’esprit, leur sens de créativité et d’innovation – les idées fusent et c’est à chaque fois des applaudissements, des félicitations et des « arigato » échangés haut et fort, en se levant!

IMG_6086

Le souper clôture cette journée productive; le comité s’est restreint autour de Shin et Tobi, les organisateurs ainsi que Yukiko, de l’Université KIT et un autre juriste comme elle, venu expressément de Osaka. L’ambiance est chaleureuse et formidable, avec ce sentiment de nous connaître depuis longtemps et de partager le même enthousiasme pour le business, les voyages et la culture. Yukiko était en charge du choix du restaurant et elle a marqué des points! Le Chiriri nous propose une salle isolée pour nous six et en y pénétrant c’est la surprise d’une magnifique table déjà garnie pour le shabu shabu. La version japonaise de la fondue viande est un régal et le décor ici est original; sur des plaques chauffantes en milieu de table, dans un panier qui ressemble à de l’osier, une marmite en papier où bouillonne une eau pure qui va recevoir les légumes et la viande. Un bol de sauce soja améliorée de piquant et d’oignons rend à la viande une saveur dont on ne se lasse pas. L’utilisation des baguettes pour cuisiner et pour manger nous est de plus en plus aisée, si ce n’est pour les nouilles dans la soupe, qui terminent souvent le repas – il est préférable de ne pas porter une blouse blanche! L’équipe se disperse, avec des poignées de mains – sans doute à cause de nous – et avec l’espoir partagé de nous revoir en Suisse ou au Japon. Comme ils sont attachants ces japonais!

IMG_6088 IMG_6089 IMG_6094 Image 11 Image 16 image