Je deviens une FOM de ACM … c’est-à-dire ‘friend of museums‘ de l’Asian Civilisations Museum! Plusieurs amies m’en ont parlé, déjà Marie-Christine avant mon départ; c’est fait pour des dames comme moi (traduisez: la cinquantaine voire plus, sans enfants avec elles, un mari occupé, ne sachant comment passer leur journée et cherchant des contacts;-).
Chaque lundi, après les papotages autour d’un thé-café, une conférence est donnée dans l’auditoire du musée par une des membres de l’association, sur une thème spécifique. Aujourd’hui une australienne nous raconte la vie de Sir Victor Sassoon, un juif anglais, business man visionnaire qui a voulu faire de Shanghai dans les années 1930 le ‘Paris de l’Asie‘. Il a fait fructifier un héritage familial déjà conséquent, depuis deux générations de barons Sassoon, établies au départ à Bombay. On connaît encore aujourd’hui un de ses ouvrages imposants, l’hôtel Fairmont Peace, au toit de cuivre, sur le Bund, le boulevard des étrangers le long de la rivière.
Sir Victor Sassoon et son épouse
Le Peace Hotel sur le Bund de Shanghai
La salle est bien complète et je trouve l’exposé intéressant et approfondi. Les dames de l’association organisent également des visites guidées, des formations de guides mais je n’ai pas encore les programmes. Par contre une dame m’approche pour me proposer des tours de certains quartiers moins connus. Je verrai si elle me contacte; elle me présente Derek Corke, un peintre anglais qui a mis sur toiles des images typiques de Singapour, qu’il expose au Fullerton. De retour à la maison, je confirme ma suspicion : c’est lui qui a illustré le petit livre ‘Memories‘ que j’avais acheté à Chinatown … et ce sont les mémoires de Geraldene Lowe, justement cette dame qui m’a interpelée … peut-être une dédicace lundi prochain!
Le Swiss Club par Derek Corke
Le Raffles par Derek Corke
Après la conférence, je traverse le pont vers le Fullerton, pour entrer dans ce prestigieux hôtel et découvrir les œuvres de ce MisterCorke; plusieurs aquarelles me plaisent … et plairont à Yves aussi. Le lobby est dressé avec des buffets tout à fait alléchants … que j’ignore … et je parcours plutôt l’exposition sur les archives du bâtiment. Ancien Fort de garde de Singapour, il a ensuite été agrandi et restructuré pour héberger la Grand’Poste puis des bureaux gouvernementaux et a servi d’hôpital pendant la guerre. Ce n’est qu’au début du 21ème siècle qu’il devient cet hôtel de luxe. Aujourd’hui encore il est possible de poster une carte dans une authentique borne postale de la couronne d’Angleterre ici même au Fullerton! La première ou le premier qui m’envoie une carte postale de sa région recevra une carte de Singapour postée au Fullerton …
Notre but pour ce dimanche était une balade dans East Coast Park, situé tout à l’opposé de chez nous sur l’île. Yves m’avait fait la surprise d’une nuit au Fairmont en ville ; quelle merveilleuse idée ! De notre chambre, la vue est plongeante sur tout le carré du Raffles ; on se rend bien compte de son ampleur.
Le métro nous laisse un peu loin de la côte, cela mous permet de découvrir une autre facette de la ville, avec des industries d’électronique, d’appareils médicaux. Le parc longe la côte sur une bande assez étroite depuis la ville, jusque pratiquement l’aéroport, soit une distance de 11 km. La moitié nous suffira pour aujourd’hui et nous démarrons au lagon avec son installation câblée de ski nautique ; certains sont vraiment doués ! La marche est magnifique le long des plages de sable où poussent les palmiers. Au large, la mer accueille toujours une quantité impressionnante de porte-containers, de tankers, formant la ligne de l’horizon.
Où que l’on se trouve à Singapour, il y a de quoi manger. Ici aussi donc, se sont installés des food courts. Un restaurant perse nous séduit par son hospitalité et surtout par son poisson frais, grillé et épicé à merveille. Mais de nombreux groupes se réunissent pour des barbecues soigneusement et copieusement préparés ; nous verrons une cinquantaine de « barbecue spot » bien aménagés sur la plage et il y a du personnel qui passe pour les déchets … un dimanche après-midi ! On peut aussi louer des petits cabanons, un peu comme nos refuges en Suisse, ou installer sa tente igloo et passer là, le week-end. Le coin est assez peuplé, de marcheurs, de familles avec trottinettes et poussettes, de vélos, de rollers et également de cuistax … comme à la côte belge ! Et comme en Belgique aussi, une dame blanche et une blonde de Ciney seront notre goûter au Brussels Sprouts connu pour ses moules–frites et toutes ses bières belges à la pompe.
Une brise marine souffle tout le long, c’est la première marche que je fais sans être en nage !
Le petit-déjeuner au Toast Box est surprenant ce matin par le fait tout d’abord que les œufs mollets nous sont donnés ainsi dans une petite coupelle … un peu chaud pour les doigts … ne connaissent-ils pas les coquetiers? Ils sont toutefois savoureux, même si on n’a jamais vu de poules ici, tout comme les toasts et buns au beurre parfumé provenant d’une jolie montagne sous cloche réfrigérée et aussi le café et thé latte dont la préparation est amusante, rappelant aux nostalgiques singapouriens le Nanyang coffee fraîchement grillé ; la serveuse transvase x fois le mélange d’une grande cruche à une autre, ajoutant lait, cacao Nestlé, sirop de sucre, en soulevant bien haut son geste, comme pour le thé marocain. Le résultat nous surprend en bien, c’est délicieusement doux et sucré.
Notre taximan chinois, pure souche, dit pourtant bien « can can« , ce qui signifie « oui oui » en Singlish (la langue de Singapour), quand on lui donne le nom du Mandarin Oriental mais il nous dépose au Marina Mandarin et c’est le jeu de piste pour atteindre notre lieu de rendez-vous. Nous rencontrons Nicole, la fille de nos amis de Uzès, avec son mari et leur charmante petite Juno de 14 mois. Le contact est de suite très chaleureux et joyeux; on échange sur nos vies et nos expériences, devant un Tea Time qui n’est pas sans nous rappeler celui de l’Empress à Victoria.
Nos amis Monique et Rémi se marient aujourd’hui à Charmey; nous avons une tendre pensée pour eux et vive la technologie qui nous envoie une photo presque en direct! Et notre jeunesse est elle montée en Belgique pour le grand plaisir des grands-parents
Ce samedi j’ai encore un coin de la ville à montrer à Yves; il s’agit du quartier arabe avec ses ruelles de petites boutiques design, le Blue Jazz Cafe dont les graffitis colorés sur les façades créent la polémique auprès des autorités, ses chichas au parfum agréable, Bussorah street et ses restaurants turques, marocains ou égyptiens. La magnifique mosquée du Sultan, avec ses éclairages nocturnes, séduit Yves comme je l’ai été dans la semaine; c’est réellement un petit quartier très plaisant.
Le Mamanda propose ces jours un Food Festival pour promouvoir la Malaisie. Nous sommes installés dans la cour, avec une jolie vue sur le parc et le musée et nous dégustons des mets délicieux d’un buffet où couleur, odeur, saveur sont les maîtres mots. Pas d’alcool dans le monde musulman, je me hasarde à une boisson rouge pensant que c’est une sorte de grenadine probablement et j’y retourne plusieurs fois, à la pompe de cette boisson aromatisée à la rose, un régal! Nous sommes aussi aux premières loges pour les danses folkloriques qui animent la soirée; rythme, couleurs, fleurs, or, soies, sourires, séduction … nous sommes sous le charme. L’ambiance est très conviviale, les dames engagent la conversation facilement alors que nous n’avons pas du tout le look des musulmans présents ce soir. Au final, chaque danseur et danseuse vient chercher un nouveau partenaire pour l’accompagner dans une dernière danse; je vous laisse deviner qui reste assis et qui est entraînée! Je m’y amuse et passe une soirée magique. Cela donne envie d’aller découvrir leur pays, leur but est atteint… et on reçoit des cds de musique et de reportages sur la Malaisie. Nicole nous a d’ailleurs donné cet après-midi un beau conseil pour un éventuel voyage.
Il fait bon se promener la nuit dans Singapour illuminée, animée, sans agressivité et aussi prendre un dernier verre dans un bar, pourquoi pas ? Celui de ParkView Square est réellement extraordinaire comme architecture, aménagement et décoration. Le bâtiment est relativement récent (une dizaine d’années), construit sur le modèle du Chanin Building de New York, pour un chinois de Taiwan par un groupe d’architectes locaux , comme Office Building le plus remarqué de son époque. Le rez de l’immeuble est un immense bar, complètement « art déco » des années 1920, une hauteur de plafond à quinze mètres, avec des bouteilles rangées sur une hauteur de trois étages, auxquelles les serveuses accèdent agrippées à une corde et hissées par un treuil (malheureusement pas de démonstration ce soir, nous n’avons sans doute pas choisi le bon breuvage;-). Chaque pièce de mobilier, table, fauteuil, lustre, statue, revêtement de mur, de plafond est une œuvre originale d’artistes internationaux et d’une sophistication et un luxe incroyables parfois, mélange de verre, de marbre, de bronze, de bois, de cuir. Des statues de grands hommes comme Churchill, Platon, Chopin, Dali, etc gardent le parvis de ce building imposant et une énorme grue dorée pointe vers la Chine. Et voilà comment notre curiosité nous mène parfois dans un endroit insolite, auquel les guides ne font pas référence.
Sur le chemin du retour vers Raffles City, une musique se fait de plus en plus puissante … mais une autre sorte de musique ici. En octobre, même à Singapour, on célèbre la fête de la bière! Un orchestre, que je dirai bavarois, met une de ces ambiances devant le German Bar et parvient à faire chanter et bouger les caucasiens et les asiatiques amoureux des mass de bière (les serveuses n’ont pourtant pas la même morphologie que les germaniques!).
Ce fameux centre commercial récemment inauguré, je l’aurais vraiment appelé « The Boat » plutôt que « The Star », tellement cela me fait rêver à une croisière quand j’y fais le lèche-vitrine. La construction est phénoménale, avec des ponts comme sur un paquebot. Tous les emplacements ne sont pas encore occupés mais il y a déjà beaucoup à admirer ainsi ; de nombreux restaurants évidemment, de toutes origines et je choisis aujourd’hui un lunch léger et sain avec des wraps et un smoothie mangue-passion, délicieux. A la commande, le garçon me remet un petit gadget en forme de soucoupe volante, qui se met à clignoter 5-10 minutes plus tard quand mon repas est prêt ! Les boutiques rivalisent entre chaussures confort ou à talons aiguilles, sacs de voyage ou avec coques, vêtements casual ou plus chics, cosmétique (je me fais masser les mains avec du sel de la mer noire), articles de maison (je repère des ceintres anti-glisse) et un petit supermarché japonais.
Ce qui ne fait jamais défaut par ici, ce sont les salons de massages et de beauté. La concurrence joue entre eux ; ils essaient de nous attirer avec des offres alléchantes dont la plupart jouent sur la durée par des sortes d’abonnements mais je ne suis pas ici assez longtemps alors je craque pour une massage javanais du visage proposé à moitié prix : douceur et parfum dans le geste et le toucher – odeur de fruit, d’épice et de concombre – tradition et savoir-faire pour un réel bien-être.
Les heures ont passé et je suis toujours sur mon bateau … je poursuis dans ma démarche bien-être, en allant découvrir un centre « body & soul ». Une publicité dans le Finder, la revue gratuite sur ce qui se passe et s’offre à Singapour, a attiré mon attention. Le centre propose de l’acupuncture, des massages, de l’ostéopathie, des cours de relaxation et Qi gong … toutes thérapies qui me parlent. Et ce sont des françaises qui m’y accueillent même si les thérapeutes sont chinois ; je me renseigne sur des séances de Qi gong et je prends rendez-vous chez l’acupuncteur la semaine prochaine.
Après un passage rapide à l’appartement, je repars avec Yves en ville pour un souper au Grand Shanghai, offert par Virginia Cha, une de ses collègues originaire de Shanghai elle-même mais élevée en Thaïlande, ayant étudié à Hawaï, lancé des entreprises en Chine et installée à Singapour où elle a fait un Doctorat à l’âge de cinquante ans ! Selon elle, c’est le seul vrai restaurant chinois, typique « old fashion » avec un groupe de musique live mais surtout « it is the place to be » pour faire du business avec les chinois ; les touristes ne fréquentent pas l’établissement ! Nous la laissons choisir pour nous une quantité de plats qui viendront garnir notre table ; tout est très très bon et comme c’est l’habitude souvent, elle a apporté sa bouteille de vin ! Le maître d’hôtel et les serveuses sont très attentionnés ; normal, nous dit-elle, je les « arrose » d’un gros pourboire une fois par année (c’est la coutume). Soirée très agréable que nous terminons par une balade en amoureux sur les trottoirs éclairés de Robertson Quay, un des trois quais animés de la River.
Le retour en taxi est rapide à cette heure tardive ; c’est toujours amusant d’échanger avec les chauffeurs de taxis. En général, il suffit d’engager la conversation et ils sont partis à raconter … Mais le plus surprenant au début, est que souvent ils nous demandent « par où nous avons envie de passer aujourd’hui » ? Les Singapouriens aiment les acronymes et c’est donc un discours du style « par CTE ou AYE ? ERP est terminé à cette heure ! ». Autant dire que les premières fois, c’était vraiment du chinois pour moi. CTE et AYE figurent sur les plans comme des noms d’autoroutes mais en réalité le E signifie Express et les autres lettres sont les initiales des deux points extrêmes qu’elle relie, comme si l’autoroute Genève-Lausanne était appelée GLE et prononcée « gu l e ». Et ERP est le système de taxation de la circulation au centre ville durant les heures de forte affluence. Le taxi est un mode de transport très courant, même des jeunes étudiants se déplacent souvent ainsi. Personnellement, je n’ai jamais autant pris le taxi de ma vie, que ces deux derniers mois et à présent nous parvenons à leur indiquer l’itinéraire qui nous fait plaisir …
Un orage violent et très bruyant nous a réveillés cette nuit. Il paraît que Singapour est touchée par la foudre environ 170 jours par année, à cause de son climat chaud et humide permanent et cela en fait une des capitales mondiales de l’éclair (sans danger toutefois, rassurez-vous). Il est vrai que j’entends très souvent le ciel gronder mais sans que cela ne déclenche chaque fois un déluge … fort heureusement. La pluie tombe ce matin toute droite, drue et en force mais le bonheur ici, c’est que cela ne dure pas trop longtemps.
Il n’y a aucun rapport entre cette pluie et l’eau qui coule dans ma salle de bain. J’ai bien cru expliquer hier au bureau de la résidence que c’était sous les toilettes et non dans la douche … mais le technicien vient avec un flexible de douche! Il resserre juste une rondelle près du wc, je doute que ce soit d’un grand effet. J’en profite pour lui demander où je peux me procurer des sacs pour l’aspirateur … il paraît étonné de ma question ; le vôtre était neuf à l’entrée dans l’appartement, me dit-il et ça dure des mois … et là c’est moi qui fais l’étonnée! Explication : il faut ôter le sac de l’aspirateur et le vider dans la poubelle … simple !
Yves est lui libéré de son attachement à Swisscom depuis ce mois et souhaite utiliser son numéro singapourien sur son iPhone, alors qu’il avait pris un modèle Nokia basic au départ ici. Le format des cartes SIM étant différent, il va s’enquérir chez Singtel de la possibilité d’échanger une grande carte SIM pour une petite, sans devoir changer de numéro. Mais pourquoi faire compliqué, une fois de plus, quand on peut faire simple … l’employé a tout naturellement coupé physiquement la carte pour la faire entrer dans l’iPhone … le tour est joué … et ça marche!
En fin d’après-midi, le bus me dépose en bas de la Swiss Club Road, rue qui monte, pas étonnant puisque nous avons rendez-vous ce soir avec la Suisse. Les maisons sont grandes, magnifiques et leurs propriétaires sans aucun doute de riches bourgeois de Singapour. Je montre patte blanche au garde à l’entrée du Swiss Club, un des clubs de la ville les plus appréciés, selon nos informations (un peu biaisées, je l’avoue). Une jolie bâtisse datant de 1927 et qui fut créée à l’origine pour servir de stand de tir aux suisses expatriés … pas question d’échapper aux tirs militaires obligatoires à l’époque ! La propriété se situe sur une petite hauteur et au milieu de la forêt, dont on reconnaît typiquement les bruits … et Yves a même vu passer un « dinosaure » tranquillement. Se trouvent ici aussi l’ambassade, une école suisse, des installations sportives comme les courts de tennis et la piscine, sans oublier le petit chalet en bois aux volets rouges et quelques vaches ! En attendant le début des « festivités », nous croisons par hasard Yin Yin … quelle coïncidence, c’est pratiquement ma seule amie locale (elle est membre du club et attend son garçon qui suit ici des leçons de tennis).
Yves est convié par l’association Swissnex, à faire une présentation pour les alumni HEC Lausanne, en position à Singapour ; ensuite un souper « fondue fromage » nous est offert pour ne pas nous permettre d’oublier nos racines. L’ambiance est hyper conviviale ; Yves reconnaît pratiquement tous les visages de ses anciens élèves. On parle beaucoup français, voire même vaudois mais aussi anglais avec des tous jeunes gens de Lugano. Par contre dans les bars et restaurants du club, c’est le suisse-allemand qui domine. Nous sommes une vingtaine et les contacts se font rapidement ; on échange, en fait pour nous c’est plutôt recevoir, des informations sur la vie à Singapour et en Asie. Plusieurs couples se sont installés il y a une dizaine d’années et n’envisagent pas du tout un retour en Europe ; ici ils apprécient le climat, la nature, le statut qui leur permet d’avoir une maison et du personnel. Par contre à l’âge des études universitaires, la jeunesse s’échappe aux Etats-Unis ou en Europe, par besoin de liberté et aussi de connaissance de leurs racines. Et c’est ainsi que dans la conversation, Arne, mon voisin, me parle de Claude et de Daniel, deux amis très proches … et soudain le monde se rétrécit ! Ou alors, après avoir papoté un bon moment avec Alexandra, nous nous apercevons que nous avions fait connaissance, il y a plus de vingt-cinq ans, lors de grillades à La Forclaz, chez Isabelle, la première assistante de Yves. Elle nous demande des nouvelles de Gabor, d’Alex, etc. La soirée se passe ainsi dans une ambiance excellente et les cartes de visite s’échangent de-ci de-là … on se reverra !
Le retour est joyeux également ; il tombe quelques gouttes seulement à la sortie du bus et il ne nous faut que dix minutes pour rejoindre le condo. Eh bien, cela suffit pour prendre une bonne douche … les nuages tout d’un coup décident de se vider sur Kent Vale. Le petit parapluie est insignifiant face à la force de l’eau et ça rebondit de partout, formant une vraie rivière au sol. Nous ne pouvons qu’en rire, avec nos jolies chaussures, Yves en chemise classe et moi avec ma petite robe de soirée … L’avantage ici, c’est qu’avec la température, même à minuit, on ne prend pas froid et c’est bien aussi quand cela arrive au retour plutôt qu’à l’aller. J’ai compris ce soir, preuve à l’appui, que le parapluie à Singapour est utile pour se protéger du soleil et non de la pluie !
Alors que Chinatown enlève ses lanternes et ses guirlandes après les festivités de la mi-automne, le quartier indien, Little India, sort ses décorations de rue pour Deepavali, la fête hindoue des lumières, qui brillera tout le mois d’octobre. Little India est un quartier qui a conservé une atmosphère plus pittoresque, moins aseptisée que le reste de Singapour. Ce n’est pas ici que l’on trouvera des magasins au sol de marbre et avec un air climatisé.
Les arcades de shophouses, également très colorées, débordent sur les trottoirs d’échoppes d’où se dégagent de la musique et des relents d’épices. Ces échoppes s’entassent, proposant parfums, cds, vêtements, chaussures et bien sûr des bijoux en or ! Les fruits et légumes se vendent quasi jour et nuit, le long des rues.
Et les colliers de fleurs attirent les regards ; c’est tout un art et un apprentissage que de choisir et enfiler ces petites fleurs isolées pour créer de superbes « bijoux », destinés aux offrandes mais aussi aux décorations lors de cérémonies de mariages, Deepavali ou simplement pour garnir les cheveux. Au 19ème siècle, ont émigré d’Inde et de Malaisie les premiers « flower garland makers » ; ils façonnent leurs oeuvres avec des petites roses, du jasmin et des tagètes … dont je trouve le terme anglais de marigold plus mignon.
Certains petits malls ont un thème bien précis, comme Tekka Centre qui à l’étage au-dessus d’un marché mouillé bien odorant, regorge de marchands de saris. C’est tellement coloré, satiné et aussi tout en brillance de paillettes. L’autre jour dans le métro, nous avons admiré deux petites filles indiennes avec habits, sac et bijoux traditionnels, si mignonnes.
Ce ne sont pas non plus les restaurants qui manquent et les serveurs, parfois en habit, essaient de nous aguicher … je sais par contre que les plats sont souvent fort épicés et j’attendrai Yves pour faire une découverte astronomique typique ; nous avons quelques adresses. Aujourd’hui, j’assure … je plonge dans une sorte de self-service, tout clair et hyper propre, où j’espère trouver à mon goût un petit snack. Oh, la carte est incompréhensible pour moi sans photo; alors je me fais aider, il y a un jeune serveur qui parle un peu anglais et il me prépare une assiette de samosa chaat arrosée d’une délicieuse sauce verte … c’est excellent, juste un peu relevé et tellement parfumé ! Il est ravi que cela me plaise.
Tout le monde ici m’a dit d’aller voir Mustafa … ce n’est pas une personne mais un grand magasin, ouvert 24h/24 où l’on trouve de tout et en quantité inimaginable (des bijoux en or, des jeans, tongs ou baskets, des sacs et valises, des parfums, de la literie, des jouets et vêtements bébés, des colliers ou petites robes tutus, des costumes pour Gilles … de la vaisselle, de l’alimentation et tout un rayon Lindt, …)! Les expats viennent se fournir ici quand ils s’installent … et non chez Ikea, trop cher. Mais c’est un fouillis indescriptible par endroits, la marchandise est entassée en couches superposées … ça valait le détour. J’y admire les rouleaux de tissus, style de marchandise que l’on ne trouve plus guère chez nous. Le magasin ou les magasins sont énormes, assez sombres et vieillots, avec des escaliers plutôt que des escalators et je dois un peu chercher pour en trouver la sortie …
Il y a peu de limite entre le quartier indien et arabe. Ayant déjà visité quelques temples, j’explore aujourd’hui les mosquées. J’hésite à entrer dans la belle Masjid Abdul Gaffoor, habillée de tons de vert et crème, la mosquée des indiens tamouls, car je n’y aperçois que des hommes. Mais une jeune touriste d’Ouzbékistan se joint à moi ; pieds nus et vêtues d’une longue djellaba, nous pouvons ainsi pénétrer dans la salle des prières, sobre et aérée.
Et alors que je suis mon plan le long du canal Rochor vers une autre mosquée, je découvre une petite église blanche, immaculée, l’église catholique de Notre Dame de Lourdes ! Elle a été construite en 1888 sur le modèle original, semble-t-il. La mosquée des musulmans malabars, du sud de l’Inde et du Sri Lanka, a été reconstruite il y a 50 ans; elle resplendit de mosaïques bleues, couleur lapis-lazuli, et d’un dôme doré. A côté, dans un fouillis d’herbes folles, on peut voir des stèles d’un vieux cimetière abandonné.
La mosquée principale des communautés malaises et indonésiennes, Masjid Sultan est également impressionnante mais j’y arrive trop tard pour la visiter. Elle est située près du Malay Heritage Center, avec son musée rénové tout récemment et j’y reviendrai également pour une visite guidée. L’endroit est paisible en cette fin de journée, dans un joli parc où le gazon semble taillé aux ciseaux, tout à fait comme le mien à Lonay! Bussorah street, Arab street, Haji lane sont des ruelles au mode de vie alternatif, où il est agréable de flâner, de chiner parmi les petites boutiques d’artisanat, de foulards, de vêtements … on peut s’y faire peindre les mains à l’henné … on y adore la fumée odorante des narguilés.
J’allais oublier de dire que pour la pause au milieu de mes longues heures de balade dans ces quartiers chauds (point de vue température, bien sûr), je me suis laissée tenter par l’enseigne du Tang Dynasty. Je gravis un petit escalier sombre, étroit et je découvre un merveilleux spa, charmant comme tout, où je m’offre une heure de massage des pieds … quel bien cela fait !
C’est une jolie pleine lune ce week-end, comme il se doit pour le Festival des Lanternes et aussi pour notre anniversaire par la même occasion. Survival Chic est une sorte de club, pour expats, fondé par un couple de français, dont Yves à été renseigné via un collègue de Bordeaux. Nous recevons justement hier notre carte de membre, elle nous offre entre autres, une réduction conséquente dans une liste de 56 restaurants soigneusement choisis. Et nous en testons déjà deux ce week-end … Le Petit Cancale, sur Duxton Hill, cette ruelle charmante de Chinatown, à été créé par un chef français et nous y dégustons des poissons et fruits de mer excellents. The Disgruntled Chef se trouve lui dans notre quartier bien aimé de Dempsey Road et c’est également une découverte superbe; le serveur nous ayant mis au parfum que la tradition veut que les plats soient partagés entre les convives de la table, nous savourons ainsi une sélection de quatre petits plats, tous plus exquis les uns que les autres. De part et d’autre, la qualité du service, la gentillesse du personnel sont irréprochables … belles découvertes, merci Survival Chic!
Samedi en matinée, dans cet édifice classé qu’est la Arts House, ancien bâtiment du Parlement, a lieu un concert un peu particulier qui va nous enchanter. La représentation se titre « Broadway meets Opera » et ce sont des solistes de la toute récente école d’opéra « Intune Music School » qui se produisent devant nous, dans une petite salle cosy, appelée Living room. C’est en effet comme si nous étions dans un salon à écouter des voix sublimes chantant juste pour nous, sur des musiques de Bernstein, Mozart, Puccini, Bellini. Un travail remarquable; la plus jeune artiste n’a que 16 ans, le professeur, Mr Hawk Liu, semble très sympathique et tout se déroule sans chichi, de façon décontractée … enchantement réel!
J’ai dit à Yves que s’il voulait admirer toutes mes découvertes, un deuxième sabbatique serait nécessaire pour lui! Nous profitons du week-end pour qu’il ait un aperçu des ruelles, des parcs, des constructions, des temples du quartier chinois que nous parcourons à pied. La pause au « Restore » est également au programme avec une délicieuse gaufre à la cannelle et sirop d’érable, accompagnée d’un café glacé. C’est le cortège du festival des lanternes et nous y trouvons une légère ressemblance avec nos lampions du premier août. Par chance, nous pouvons assister à une cérémonie chantée par des moines et des fidèles au temple de « Bouddha Thoot Relic » , ce grand temple où l’on vénère Maitreya, the Future Buddha, présenté couvert de peinture dorée, assis sur un lit de fleurs de lotus et des centaines de ces fleurs colorées éclairent la pièce.
Chinatown la nuit grouille de monde dans ces ruelles envahies d’échoppes de souvenirs, de vêtements, de sacs, de gadgets, de céramiques, de nourriture … évidemment. Nous admirons d’énormes pomelos verts venus de Thaïlande. Au hasard de notre promenade nocturne, nous tombons sur un magasin Tintin, avec même tous les ouvrages en français!
Et sur Orchard Road, que nous n’avons plus parcourue depuis quelques semaines, de nouvelles sculptures épatantes ornent le trottoir. Elles sont l’œuvre d’un certain Richard Macdonald, californien, dont les bronzes traduisent admirablement la beauté et la grâce du corps humain.
Coincé entre les buildings modernes, le petit temple Seng Wong Beo se situe dans le quartier de Tanjong Pagar ; un moine bouddhiste chinois, attiré à l’époque par l’exode vers Singapour l’a fait construire pour apporter du réconfort aux chinois arrivés par bateaux dans l’espoir d’une vie meilleure. Leur travail comme manœuvre dans le port ou conducteur de pousse-pousse, chargés de marchandises en ce temps-là, était éprouvant et ils étaient loin de leur pays. Le temple a pu les accueillir pour venir prier et adorer le dieu de la ville, the city god,pour la paix, la prospérité et la santé de tous.
Je découvre ensuite Icon Village, une petite galerie design, aux murs de brique rouge où s’alignent des restaurants ! L’endroit est calme, plaisant et sans trop de climatisation. Tanjong Pagar Plaza est un complexe avec deux trois niveaux de magasins, style bazars, sous des habitations HDB typiquement chinoises ; on y trouve de tout…
A la sortie, je tombe à nouveau sur un temple qui fête ses 100 ans ; les pièces tout autour de l’aire centrale de prière, témoignent que c’est un espace d’accueil et de vie pour les fidèles et pas seulement pour les moines. Un temple n’est jamais vide ; des personnes de tous âges s’y arrêtent un moment pour brûler quelque encens et apporter une offrande (fruits, huile, fleurs). Pinnacle@Duxton est un quartier récent dont Singapour est fière ; des buildings de plus de 50 étages hébergent quantité de familles. Il paraît que 80% de la population vit dans des HDB. Celui-ci est bien réussi; l’architecture est élancée, les alentours bien aménagés pour les loisirs, avec un parc qui continue à voir pousser des muscadiers, des places de jeux pour les enfants, une jolie promenade dans la verdure au calme … si ce n’est les dizaines de pigeons qui s’y plaisent aussi. Duxton Hill, comme son nom l’indique est logée sur une petite hauteur ; la rue est piétonne, très fleurie et j’y repère, tout à fait par hasard, deux restaurants conseillés par Jean-Fabrice…
Une petite pause s’impose … au « restore », cette drôle de petite boutique qui répare et vende de vieilles chaises ou tables mais aussi permet de manger ou boire un petit encas ; le café viennois glacé est délicieux !
Après ces ruelles de shophouses, je rentre visiter l’imposant Temple de « Bouddha Tooth Relic « . Il est très courtisé par des moines, des fidèles et des touristes. La salle du bas, celle des prières, peut être photographiée mais à l’étage, dans la salle des reliques et de la méditation, toute en dorures, les photos ne sont pas permises et on y pénètre pieds nus. Deux autres étages forment un joli musée sur l’histoire de Bouddha et de la religion, avec des statues à n’en plus finir ! Sur le toit du temple, on accède à un petit jardin garni d’orchidées avec au centre une grande roue des prières.
Je termine mon tour par le Visitor Center de Chinatown ; j’y achète un livre romancé sur l’histoire de ce quartier et une des dames de la réception se fait un plaisir de me suggérer des visites guidées et me parle aussi d’autres temples, plus authentiques que celui-ci, où l’on offre le thé et des repas végétariens aux visiteurs. Je peux comprendre que pour eux aussi cela fasse kitch et attrape-touristes. Elle me raconte que dans le temple de ce matin, on célèbre parfois des mariages posthumes, de jeunes qui seraient décédés accidentellement avant de se marier. Elle est vraiment très sympathique et pourrait m’apprendre beaucoup sur des histoires vécues par ici.
Le musée des civilisations asiatiques présente plusieurs milliers d’années d’histoire, de traditions, de cultures, de religions allant du Moyen-Orient à l’Asie du sud-est et formant l’héritage de Singapour, les origines des groupes ethniques actuels de la ville. Le bâtiment qui surplombe l’embouchure de la rivière, fut érigé dans les années 1860 par des prisonniers condamnés aux travaux forcés ; agrandi à plusieurs reprises, il a hébergé longtemps des bureaux gouvernementaux, du temps de la colonisation et après l’indépendance également. Ce n’est qu’en 2003, qu’il devient ce prestigieux musée comportant, sur trois étages, huit galeries d’expositions de qualité et incluant des technologies interactives, donnant vraiment l’impression de communiquer avec des locaux. Le bâtiment s’appelle aussi « Empress Place Building » en l’honneur de la reine Victoria. Sur la rive opposée, the boat quay, s’étend le quartier chinois depuis leur établissement à Singapour. Les anciennes shophouses sont aujourd’hui transformées en bars et restaurants d’où la vue sur la ville historique est idéale ; j’y prendrai un délicieux canard laqué après mon « cours d’histoire ».
Je commence ma visite par une exposition temporaire sur les tableaux de peinture et calligraphie chinoises d’un ancien moine, Abbot Song Nian, qui a apporté son soutien à des œuvres caritatives locales en vendant ses toiles; on commémore le dixième anniversaire de son décès.
La rivière tient une place importante dans l’histoire de la vie économique et sociale ; sa large embouchure, ses eaux profondes ont permis le développement du commerce maritime dès le 14ème siècle. Sur ses rives, des fortunes se sont créées, d’autres ont coulé comme le va-et-vient de la marée de la rivière, dit-on. Avant les européens, ont été attirés des indiens, des malais et des indonésiens, nomades vivant sur des bateaux, les Orang Laut, ou des maisons sur pilotis. Les chinois sont arrivés avec leurs jonques et Sir Raffles leur ayant attribué la zone sud de la rivière, ils ont construit leurs premières shophouses tout en bois. Par la suite, un règlement les obligera à construire le rez en pierre avec un large couloir auvent, afin de se protéger des intempéries, des vermines et des incendies. La vie était loin d’être rose pour ces coolies, travailleurs agricoles asiatiques, ces castes indiennes, les chettiars ; leurs habitations et leurs vêtements étaient rudimentaires et les gangs ainsi que l’addiction à l’opium s’ajoutaient à des conditions de travail exténuantes.
De nos jours la rivière compte une douzaine de ponts, chacun avec son histoire. Et récemment une nouvelle vie est donnée à la rivière par la construction du barrage Marina, créant ainsi le quinzième réservoir d’eau de la ville. Il pourvoit à une dixième de ses besoins, avec une capacité journalière de 1’500 millions de litres d’eau. Les galeries sur le sud-est asiatique présentent des collections d’objets d’art reflétant la culture des pays allant du nord e la Thaïlande au sud de l’Indonésie, région toujours innovante pour ses idées et ses croyances. A l’entrée est exposé un énorme et somptueux tambour datant de l’âge du bronze ; de nombreuses statues de Bouddha et des objets de rituel illustrent l’expansion des religions hindouistes et bouddhistes, venant d’Inde à l’époque où on parle de la route de la soie. C’est au 16ème siècle que le royaume de Java passe à l’islamisme, refoulant les hindou-bouddhistes sur Bali. Ce sont les moussons, générant la fertilité, qui rythment la vie agricole et économique de ces régions, notamment la culture du riz qui devient la nourriture principale ; la mousson étant un vent qui amène de fortes pluies et on estime à trois mètres, la quantité d’eau qui peut tomber sur une année.
Des vitrines montrent des bijoux en or, des objets en métaux, des textiles, des tissages et tapisseries d’une finesse remarquable, avec une riche variété de formes et de motifs. Certaines tribus, de Bornéo par exemple, isolées des axes de commerce ont conservé des cultures plus ancestrales, sans influences et aujourd’hui encore se battent pour préserver leur identité et leur culture.
La musique est au rendez-vous, avec une magnifique exposition d’un orchestre javanais de gamelan, des instruments à percussions divers ; un petit film nous en fait la démonstration plus vivante au cours de cérémonies religieuses avec des danses masquées.
Les salles abordant la partie ouest de l’Asie, de la Turquie à l’Iran, d’où sont originaires les trois religions que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam, se focalisent sur cette dernière. Nous y découvrons des calligraphies magnifiques du Coran, des objets ou meubles en bois sculpté, des porcelaines chinoises, des soies brodées d’or et des représentations d’architecture de pierres tombales et de mosquées.
Dans Singapour, cinq mosquées sont classées monument national. Durant trois mois, le musée présente également les trésors de l’Aga Khan Museum, ce qui complète magnifiquement l’exposition permanente en élargissant les origines des objets à admirer, alliant la beauté de la géométrie, la courbure des arabesques au design décoratif et coloré. Un musée Aga Khan ouvrira ses portes à Toronto en 2014.
On ne peut par aborder les ethnies de Singapour sans parler de la civilisation chinoise, en particulier de la Chine impériale, l’importance du respect des ancêtres, le rôle primordial de l’empereur, le « fils du ciel », revêtant une robe à l’effigie d’un dragon, symbole central de la culture chinoise. Basé sur le confucianisme, le système est patriarcal ; le père est le chef de la famille tout comme l’empereur est la tête de l’état. L’avancement social dans la hiérarchie est lié au pouvoir du savoir, de la connaissance ; le succès n’est assuré qu’à force de persévérance et de rigueur. L’exportation de céramiques a toujours été un commerce important et les artisans chinois adaptaient leur production aux différents besoins des marchées internationaux. Le musée possède aussi une jolie collection de porcelaine « blanc de chine » de la période des Mings et des Quings.
La civilisation sud-asiatique est ainsi reconnue comme l’une des plus anciennes au monde avec ses 5’000 ans d’histoire. Sur cette longue période, les évolutions ont amené une large diversité de croyances, de pratiques, de coutumes mais aussi d’inventions et innovations dans les domaines de l’astronomie, des sciences, de la médecine, dont certaines sont toujours d’actualité aujourd’hui dans le monde et à Singapour. C’est l’arrivée des européens, à la recherche d’épices, qui façonna le développement moderne de cette partie du monde, en particulier les anglais ici même.
Singapour a plusieurs universités et a vu également s’installer des facultés étrangères d’Europe et des Etats-Unis, attirées par le développement et le dynamisme asiatiques. Yves est rattaché à la Business School de NUS, une université complète qui comprend les sciences sociales et humaines, les ingénieurs et les architectes, l’informatique, les sciences et la médecine. Non seulement il a eu des contacts avec des collègues d’autres départements au sein de son université mais également avec des professeurs de SMU, de Nanyang (l’EPFL de Singapour), de l’Essec et l’Insead, hautes écoles de Paris. Il y a déjà donné plusieurs séminaires et s’est rendu compte comment ce monde de Singapour est finalement assez petit ; ils se connaissent tous et collaborent assez facilement.
Aujourd’hui samedi, c’est Ideas.inc, un groupe du centre Technopreneurship de Nanyang qui a invité Yves pour un talk dans le cadre de la journée de remise de prix aux meilleures startups. Environ 800 personnes participent à l’événement qui est organisé dans le centre des congrès de Sentosa. La journée commence par le discours d’un ministre, suivi de celui du président de Nanyang ; Yves présente lui son modèle, avec comme d’habitude un exercice pratique, malgré l’important volume de participants. L’enthousiasme est grand, il répond après son speach à des questions pendant un long moment, se laisse prendre en photo, échange des dizaines de business cards et reçoit même un joli trophée en verre comme « speaker de la journée » … le premier ! L’organisation est parfaite, avec une régie media incroyable et nous voyons aux nouvelles le soir, un court reportage de cette remise de prix aux lauréats du Business Challenge. Sentosa nous rappelant de bons souvenirs, nous avons pris une chambre au Shangri La, sur la terrasse duquel nous avions installé notre « bureau » en juillet et où j’ai lancé ce blog. L’hôtel est très grand mais le cadre est idyllique avec cette vue sur la mer, les bateaux, la piscine, les plages et les palmiers. Yves apprécie ce moment de détente après sa journée de travail, ainsi que la bonne table du Morocco. Son chef nous reconnaît, prend plaisir à venir échanger à plusieurs reprises quelques mots avec nous, nous offre même une assiette de dégustation de délicieux fromages français ; c’est très sympa.
Dimanche 23 septembre … cela fait deux mois que nous atterrissions dans ce monde asiatique. Le tems passe vite, que d’explorations et de découvertes déjà ! L’attrait est toujours aussi passionnant, déroutant parfois mais la vie ici est facile, relaxe … comme ce dimanche que nous passons à lire, penser, rédiger … confortablement installés sur un transat au bord de la piscine. Les distractions ne manquent pas ; certains jeunes organisent des petits jeux concours, il y a eu plusieurs mariages dans le parc sur les deux jours et l’hôtel, situé entre la mer et la forêt, héberge la faune locale en toute liberté … Des affiches dans les chambres mettent en garde contre les singes qui peuvent être méchants et chapardeurs ; nous n’en verrons aucun. Par contre un gros lézard a traversé le parc tout tranquillement, au milieu des touristes ébahis, bloquant même le cortège de la mariée ! Les paons sont bien plus sympathiques et agréables à regarder ; ils se baladent partout, avec leurs petits, de la plage aux terrasses. Le jour tombe, nous sommes toujours là … et restons savourer des fruits de mer au bord du détroit de Singapour et son trafic permanent de bateaux de toutes catégories.
Quinze minutes en taxi et nous sommes de retour chez nous, pour la seconde moitié du Grand Prix. Nous le regardons à la télévision, comme des millions de téléspectateurs…