Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Chinatown avant la Grande Chine

Yves donne une présentation à une trentaine de personnes du comité de direction d’un ministère de Singapour, dont il recevra des échos très positifs. Le prochain voyage se concrétise, j’ai en main les yuans commandés et la récupération de nos passeports avec le joli visa n’est plus aujourd’hui qu’une formalité rapide. Pour nous imprégner déjà, nous passons une partie du week-end dans Chinatown. Je déambule à présent sans plan, dans les ruelles à la recherche de coins insolites et j’en trouve toujours. Les constructions en chantier progressent à vue de nez et cet après-midi je suis en admiration devant l’envergure du bâtiment ParkRoyal, avec ses couches comme des strates horizontales, ses arbres plantés bien haut dans les étages, ses cages à oiseaux décoratives qui sont déjà suspendues alors que les ouvriers travaillent encore le gros œuvre.
      
Le vent se lève, la rivière a une couleur ‘café au lait’ en cette saison des pluies, le ciel se noircit et nous prenons un apéro sur une terrasse bien à l’abri sur Clarke Quay, nous racontant notre journée. Les trombes d’eau vont une fois de plus perturber nos projets; la salle de spectacle pour une pièce de Yasmina Reza est trop éloignée d’une station de métro pour que nous nous y dirigions … cette fois, je n’ai pas acheté les billets en avance. Le calme est revenu sur le temps du repas, ce qui nous donne l’occasion d’une balade nocturne dans ce quartier de Chinatown. Les pharmacies, les échoppes de fruits et légumes, les drogueries regorgent de marchandises à l’aspect et à l’odeur qui nous sont peu familiers.

   
Le New Majestic Hôtel est réputé pour avoir toutes chambres différentes, décorées selon un thème par un designer local. C’est Theseus Chan qui a nommé la nôtre ‘Work‘, la couvrant au sol et aux murs de panneaux de bois contreplaqués, avec une circulation tout autour de la baignoire attenante au lit … original comme disposition, et look très ‘art déco’, donnant une nouvelle définition dit-il, à ‘living in a box’.

  


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Marina Barrage

La météo nous a réservé un beau week-end avec peu de pluie pour la saison, les températures sont fort agréables et le petit vent au bord de la piscine irrésistible. Une sortie à Holland Village nous amène dans le quartier des expatriés, on entend parfois y parler français, surtout au Coffee Bean où le capuccino est très bon et où le wifi attire les clients. Un restaurant coréen, Charcoal, nous fait repenser aux Yakiniku du Japon … le grill au milieu de la table, un choix de viande qui fond dans la bouche, des sauces parfumées.

Dimanche fin de journée a lieu au Centre Culturel juste en face de chez nous, une cérémonie importante de remise de prix à quelques trois mille personnalités et qui voit se déplacer le Président de Singapour. Nous ne sommes pas invités mais nous pouvons constater toutes les mesures de sécurité qui sont mises en place ; une alignée de blocs de béton comme nos Toblerone antichars en Suisse et des portiques sophistiqués de contrôle du passage des véhicules, sur un périmètre important.

Nous avons minutieusement collecté les renseignements et rempli les formulaires pour la demande de visas vers la Chine. Je me rends donc lundi au rendez-vous pris en ligne ; quelle illusion de croire que nous serons ainsi peu nombreux à cette heure-là ! La pièce est remplie de gens qui se déplacent en tous sens, certains remplissent sur place les documents, une dame s’occupe juste de faire des photocopies pour nous quand le format des documents ne convient pas et je fais la file pour obtenir mon numéro, comme chez le boucher. La préposée vérifie tous mes papiers et semble douter du cas de Yves : pour un visa business il faudrait une invitation officielle par le gouvernement chinois  … rien que ça ! Elle m’octroie toutefois un numéro et je patiente avec tous les autres devant la douzaine de guichets. Je présente alors, toute innocente, mes dossiers et la dame me réexplique la même chose. Fort aimablement, elle suggère deux visas touristiques pour cette fois, que je peux venir chercher vendredi. Et c’est gagné !

Le ciel est couvert mais pas trop sombre, je profite de me trouver dans le quartier des affaires pour contourner la baie, regarder les premiers petits sapins de Noël offerts par les sociétés pour des œuvres caritatives et rejoindre les Dômes des Gardens avec l’objectif de parvenir au barrage. Je croise peu de monde sur la balade le long de l’embouchure de la ‘river’ … c’est beau, c’est paisible. J’aperçois le barrage et non seulement celui-ci mais également un énorme espace et bâtiment en forme d’anneau, de spirale qui s’élève. Oh! comme c’est impressionnant … et en me retournant je découvre un autre point de vue de Marina Bay. La plaine au-dessus de l’édifice, couverte de gazon, a la superficie de quatre terrains de football ; c’est un endroit privilégié pour les cerfs-volants. On aperçoit les turbines du barrage dans une grande salle aux parois vitrées et il y a également un joli musée sur la thème ‘Sustainable Singapore’ … l’eau est un sujet de première importance pour la ville. Le barrage s’étend sur 350 mètres, que l’on parcourt sans autre, à pied ou à vélo.
     
Il joue trois rôles pour la population locale ; celui d’un réservoir d’eau qui pourvoit au dixième des besoins de la ville, celui de contrôle du niveau de l’eau dans les zones basses que sont Boat Quay, Chinatown ou encore Clarke et enfin celui d’un espace de loisirs nautiques avec la possibilité de pratiquer du canoeing, du windsurfing ou d’admirer des ‘light water shows’. Lors des fortes pluies – et nous savons qu’elles peuvent être fortes – et en rapport avec les marées, il régule le niveau du bassin, qui représente un sixième de Singapour et qui s’immisce dans les quartiers habités dont certains ont été repris sur la mer. La ville est donc maintenant épargnée des inondations connues par le passé.
Je n’avais pas vu figurer le site sur les guides touristiques et ma surprise en est d’autant plus belle. Sur le toit du bâtiment et aussi sur le barrage lui-même, le vent marin fait rêver, la vue se porte au loin soit vers la ville, soit vers l’océan et ses gros porte-containers en stagnation.
    

Et cela me donne envie au retour de faire un bout de chemin sur un de ces ferries pour touristes, qui me ramène à Clarke … un moment de navigation fort agréable. Clarke commence à revêtir ses décorations de Noël et Jingle Bells résonne déjà dans les centres commerciaux.
   


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« Voyagers to Nowhere »

Comment trouver les mots pour décrire le spectacle de Philippe Genty, pour transcrire les impressions ressenties tout au long de cette soirée où il nous balade entre rêve et réalité. C’est en ouverture de ‘Voilah’, le French Festival de Singapour que se joue ‘Voyagers to Nowhere’ mais qui sont ces voyageurs immobiles, les sept acteurs passagers d’un voyage dans l’imaginaire, l’inconscient ou bien nous, spectateurs assis dans nos fauteuils, comme des enfants éblouis par la magie des effets spéciaux et cherchant à reconstituer la trame de ce périple autour de la planète. Un mélange de théâtre, danse, marionnettes, arts plastiques et pratiquement sans textes mais où tout est en perpétuel mouvement, une course sur place, une traversée du désert, des villes ou des océans, des situations reflétant l’amour, la jalousie, la naissance, des représentations plus loufoques comme ces nourrissons à tête d’adultes comprimés dans des boîtes ou cet homme qui accouche d’une quantité de bébés en celluloïd.

Philippe Genty est plasticien de formation et c’est ainsi qu’il mêle aux acteurs différents types de marionnettes qui surgissent de nulle part, se désarticulant, se transformant en être humain … il est un créateur hors du commun, metteur en scène d’un univers indescriptible, artisan de la matière. La mer, les océans, la banquise sont devant nos yeux, bringuebalant des valises, des cartons d’où émergent les voyageurs pris dans la tourmente, dans un mouvement des vagues et de l’écume tellement réel qu’il nous donnerait presque le mal de mer. Le vent se déchaîne, le désert remplace l’immensité de l’eau, avec ses papiers moulés aux formes humaines et l’on ne sait plus où est le vrai et son image.
C’est émotionnellement fort par moments, parfois dérisoire ou même à la limite de l’admissible mais cela nous emporte dans un tourbillon d’idées, visuellement ébouriffant. J’ai trouvé sur Youtube une courte séquence qui passe au travers des points forts de ce spectacle éblouissant :

L’Esplanade est le théâtre auquel l’architecte a donné la forme de deux durians, ce fruit épineux, écoeurant, interdit dans les transports publics mais typique de Singapour. Vaste, moderne, on y expose ces temps des chiens et des chats, de couleur rouge, assez expressifs.
Et en arrivant pour notre sortie de ce soir, nous assistons à un petit concert symphonique joué avec brio par de jeunes enfants … c’est beau !

   

Gardens by the Bay

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Le soleil brille par ma fenêtre ce matin, il faut en profiter avant que l’orage ne vienne perturber mon plan. Lors de ma première visite à Marina Bay, je n’avais pas pu me balader dans les jardins extérieurs à cause de la pluie. Voici une belle destination ; j’échange quelques mots avec un couple de Bangkok avant de sillonner les parties du parc. Ces jardins prennent place sur des terres reprises sur la mer, et en bordure du réservoir d’eau formé par le barrage. Une centaine d’hectares qui se veulent un espace récréatif et éducatif extérieur et qui s’inscrivent dans la politique de Singapore, ‘ une ville dans un jardin’ ; la verdure et les fleurs en ville améliorent la qualité de vie de ses habitants.

Je me promène dans un paysage fabuleux, avec des zones par thème ayant un design et une atmosphère propres ; des palmiers, une végétation malaise, les ressources du temps de la colonisation, un jardin chinois coloré et aux pierres impressionnantes, et également plusieurs points d’eau. L’image du domaine est bien évidemment ces immenses structures en forme d’arbres, s’ouvrant en vase sur la hauteur, appelés ‘Supertrees’. Les plus hauts font 50 mètres ; ils sont recouverts de végétation plantée à la verticale et forment une place centrale où il fait bon respirer. Un chemin aérien, entre deux supertrees offre un bol d’air plus frais et une vue sur le parc, le fameux hôtel ‘bateau’, la ville, la mer proche. Ces arbres s’animent de musique et de lumières à la nuit tombée ; nous avons déjà pu les admirer au retour de l’aéroport ou de Sentosa.

C’est incroyable aujourd’hui le nombre de classes en course d’école que je rencontre dans ces jardins ; tous sont en uniformes, accompagnés de leur maîtresse et aussi souvent d’une maman … tiens donc ! Un chemin en bois longe le plan d’eau sur toute la longueur, avec une végétation plus sauvage et aquatique, de roseaux et d’herbes folles ainsi qu’une superbe libellule qui brille de ses éclats. Il fait très chaud dès que le soleil ne nous est pas caché, le temps est orageux et donne une plus forte impression de chaleur encore. Mon application iphone indique 32 degrés avec un real feel à 42 degrés …

Le Dôme des fleurs, une des deux énormes serres, est toujours aussi magique et climatisé, ce qui est appréciable ; en cette période d’automne, un parterre central s’est décoré aux couleurs orangées de citrouilles et je me réjouis de le découvrir aux tendances de Noël. Dans les magasins et les centres commerciaux, les fêtes de fin d’année commencent à rayonner.

Une passerelle surplombe l’avenue et me ramène vers le prestigieux hôtel Marina Bay Sands que je traverse pour découvrir une balade sur les toits du gigantesque centre commercial. Je domine la baie, son musée des arts en forme de Lotus, le stade qui descend en cascade vers l’eau, et je peux presque m’imaginer sur un voilier entre ses câbles tendus. Il y a toujours à découvrir quand on se balade … Un chemin piéton à l’architecture très moderne, avec des arches tubuleuses et lui-même en arc de cercle permet de rejoindre l’autre rive de la baie et offre une vue dont je ne me lasse pas sur ce quartier mythique de Singapour … même si nous l’avons en poster dans l’appartement. Et je constate avec joie que notre Merlion a laissé tomber ses échafaudages, il a revêtu son beau manteau blanc et crache à nouveau son jet d’eau. Les ‘durians’ du théâtre de l’Esplanade complètent le paysage … c’est magnifique.

Ce soir je me lance dans une nouvelle aventure … je m’initie au Qigong ! C’est mon médecin acupuncteur qui donne ce cours et cela me tente bien d’essayer. Un peu de méthode, un peu de prise de conscience, un peu d’initiation à la méditation et ensuite, en extérieur, deux premiers enchaînements de postures. Il détaille très bien les mouvements, il nous corrige pour chaque petite imperfection … de nuit, dans l’espace restreint de la clinique Body & Soul. L’ambiance est vraiment très conviviale et décontractée même si nous sommes toutes et tous fort concentrés pour ce genre d’exercices peu habituels – il n’y a qu’un chinois parmi le groupe qui se compose d’expatriés caucasiens. On devrait se retrouver là tous les jeudis soirs et sans regarder nos montres, le temps ne compte plus. Je sympathise avec Petra et surtout Agata, qui vient d’arriver à Singapour, depuis Shanghai … voilà qui m’interpelle et elle me propose de suite de me donner de la documentation et répondre à mes questions pour notre prochain voyage fin du mois.

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Nouvelles copines et production à Sentosa

Caroline, une copine de Marie-Christine me donne rendez-vous vendredi matin pour un café à Holland Village. Installée ici depuis les années 2000, elle connaît tout le monde dans ce Coffee Bean, repaire des caucasiens. Nous sympathisons très vite, elle est maman de quatre enfants et apprécie la vie ici avec sa maid philippine et les facilités dont peuvent bénéficier les expatriés. Sa maman vit à Bâle, les sujets de discussion s’enchaînent et elle me fait une longue liste de conseils à tous points de vue, magasins, musées, visites, bien-être … elle m’entraîne d’ailleurs pour un massage des pieds, excellent où nous nous laissons aller, presque jusqu’au sommeil. J’y reviendrai … Et c’est Isabella, une autre amie de Caro et Marie, qui m’attend alors pour une nouvelle discussion et prise de connaissance, toujours au Coffee Bean ! Voilà, comment on passe ses journées quand les expatriées se retrouvent. Elle est également hyper sympa et me raconte qu’elle va suivre des cours d’hypnose ; elle travaille comme bénévole dans un hospice et pense que la technique pourrait soulager la douleur des personnes qui souffrent en fin de vie. Qui sait, peut-être lui servirai-je de cobaye ! Nous parlons de la Suisse où elles rentrent toutes en général durant l’été et ce sera, je l’espère, un moyen de conserver le contact. Cammy, l’esthéticienne conseillée par Caroline (elle m’a pris de suite un rendez-vous) est très gentille et professionnelle. Et voilà une journée pas trop productive pour mes reportages mais enrichissante en relations ; cela m’a redonné du punch.

Yves a envie d’évasion ; quoi de plus simple que de se retrouver au paradis de Sentosa pour le week-end … et la connexion y est excellente pour mon travail de bloggeuse. Le samedi démarre par des fortes pluies, qui nous font presque rire … pour autant que l’on puisse s’abriter ou trouver un taxi. L’odeur de cette humidité équatoriale est très caractéristique ; on s’y fait et les ventilations font tout leur effet. Les paons sont toujours nos compagnons sur la terrasse du Shangri La et notre chef coq marocain nous reconnaît aussi ; son couscous royal est succulent ainsi que l’assiette de fromages français qu’il nous offre à présent chaque fois !
Mes textes sont bouclés, il me reste à faire un choix parmi les deux mille photos et vidéos prises sans limites. Mathieu m’a également envoyé un petit rapport à relire ; je n’y comprends pas tout, loin de là mais cela me semble clair, précis et je corrige les coquilles.

C’est une vue magnifique ensoleillée, sur la plage, la piscine et les palmiers, qui nous sourit dimanche au réveil … Au cours du petit-déjeuner, toujours sur la même terrasse, Yves engage la conversation … en français avec Ben, le General Manager de cet établissement ravissant. Il a travaillé plusieurs années au Club Med avant de rejoindre le groupe Shangri La et il fait tourner cet hôtel d’une main de maître … nous lui disons notre bonheur de venir passer ici un week-end de temps en temps. Et voilà qu’il nous offre le repas de midi au restaurant qui se trouve juste en bordure de mer ! Quelle chance, c’est un buffet de grande qualité, où le crabe nous est servi décortiqué – le luxe – on se régale tout en admirant la vue et supportant avec plaisir la légère brise marine. Il passera nous saluer, sans rester partager le repas.

La chaleur pèse sur notre balade vers l’est de l’île, direction du Golf … un endroit de toute beauté également. La plage située en bas des collines, est peu peuplée, son sable est beau clair. Nous espérions prolonger vers les quartiers résidentiels car nous connaissons deux personnes qui y habitent ; zut, l’accès est clôturé. Un beau dimanche qui a rechargé nos batteries pour la semaine.

Nous allons manger des sushis ce soir avec le collègue d’Yves finlandais, et sa famille. Ils ont deux charmantes petites filles, habituées aux voyages puisque elles sont nées aux US; ils ont habité dix ans à Ann Arbor au Michigan. Miina son épouse va reprendre du travail en janvier, ils sont bien aidés par la maid philippine qu’ils ont héritée d’un couple rentré au pays. Ces jeunes filles font tout, des courses aux repas, de la lessive au repassage, du nettoyage à l’occupation des enfants. La famille part skier en Laponie à Noël, quel changement cela va leur faire par rapport au climat d’ici.
        


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Deepavali

Les chinoiseries présentées par une dame des FOM me passionnent un peu moins que lundi dernier. J’apprends toutefois que les Cours d’Angleterre, de France, de Hollande, de Suède ont été attirées dès le 16ème siècle par les motifs d’Asie, faisant souvent un doux mélange entre l’art indien et chinois, que ce soit dans les tapisseries, les céramiques, les laques, les lanternes, les meubles et plus tard le thé et les services à thé (auxquels ils ont ajouté le pot à lait et le sucrier, absents en Asie). Après avoir importé ou ramené d’explorations des objets dits chinoiseries, les européens ont commencé à les fabriquer eux-mêmes, avec souvent plus de symétrie et de géométrie mais tout en conservant les motifs typiques, que ce soient les dragons, les oiseaux, les phoenix, les éléphants, les pivoines, les bambous, les ombrelles, les pagodes et j’en passe. Le Royal Brighton Pavilion, la chinese room de Buckingham Palace, le chinese Pavilion de Drottningholm en sont encore un bel héritage.

Le soleil rayonne dans un beau ciel bleu à ma sortie du Musée et je sillonne les rues avoisinantes, sans prendre le métro, ni mon plan … pour refaire certaines photos mieux valorisées et aussi élargir mon périmètre. Je n’avais pas encore approché le Padang, ce terrain de sport mythique bordé d’arbres centenaires et au cœur du quartier des édifices gouvernementaux. D’un côté le très select et fermé club de cricket et de l’autre le recreation center pour les citadins. Non loin de là, est érigé un mémorial aux victimes militaires de la guerre, avec sur une face ceux de la guerre 14-18 et sur l’autre ceux de la seconde guerre mondiale.  A l’image d’un obélisque tronqué et ajouré, telles des baguettes de béton tendues vers le ciel, un monument plus récent rappelle aux mémoires les nombreuses victimes civiles de la guerre avec le Japon.
Une jolie fontaine bleue en fonte a été commanditée en souvenir de Tan Kim Seng, un commerçant malais qui fut le leader de la communauté chinoise de Singapour au 19ème siècle et qui a œuvré principalement pour les travaux d’apport d’eau aux habitants.
Au passage on peut admirer la chambre de Commerce de Singapour qui a conservé une façade à l’architecture typiquement chinoise, dans une rue aux constructions plus modernes.
          
La plus ancienne église chrétienne de la ville est l’Armenian Church, minuscule et immaculée ; elle fut construite en 1835 grâce à une levée de fonds auprès des arméniens d’Inde et de Java mais aussi des européens et chinois de l’île. La communauté arménienne n’a jamais été très nombreuse mais ils furent prospères et la ville leur doit le Raffles Hotel, The Straits Times newspaper et la découverte d’une orchidée hybride qui portera le nom de son inventrice, Vanda Miss Joaquim. Au fond du jardin, restent des vestiges d’un cimetière et partout règne une atmosphère de recueillement.
 
Parmi les bâtiments d’époque, figure l’ancienne caserne des pompiers ; une grande bâtisse de briques rouges avec ses tours ; c’est également une aquarelle qui est sur ma to do liste … J’arrive au MICA (ministère de l’information, de la communication et des arts) reconnaissable de loin par ses volets aux multiples couleurs, juste en bordure de la rivière. C’était anciennement le poste de police de la ville. Les cours intérieures sont aussi colorées et on y découvre des sculptures assez imposantes.
   
Je suis dans les heures de visite aujourd’hui pour pénétrer dans la grande mosquée du Sultan ; je me laisse raconter un bout de son histoire par un vieux musulman qui avait 7 ans quand les bombes japonaises ont détruit le quartier, sans toucher l’édifice religieux qui a ainsi sauvé quelques cinq mille personnes, dont lui-même. Il paraît qu’à la base du dôme doré, la couronne sombre est faite de tessons de bouteilles sombres, offertes par la population pauvre qui voulait participer à la construction de la mosquée ! Les photos sont autorisées dans la grande salle de prières des hommes mais pas dans celle des femmes ( « elles sont plus vite dérangées par les visiteurs » …  s’en excuse-t-il auprès de moi !).

Le quartier indien, Little India, célèbre Deepavali, la fête des lumières et c’est là que nous nous retrouvons avec Yves pour passer un moment de la soirée. Les illuminations en quantité, dans la rue principale font penser aux lumières de Noël chez nous et cela reste magique dès que le ciel s’assombrit. De nombreuses tentes ont poussé comme des champignons un peu partout, offrant encore plus de marchandises à vendre, bibelots, vêtements, bijoux, fleurs, fruits et légumes. C’est également le jour du ramassage des cartons : un peu vieillot comme système. Un camion s’est arrêté au beau milieu de la rue et les gens arrivent avec des vélos super chargés ou des charrettes en bois, pour apporter leurs cartons à éliminer ! Ici à Little India, on pourrait presque oublier que nous sommes dans la grande métropole moderne de l’Asie. C’est pourtant très sympathique, les indiens nous interpellent dans la rue pour s’enquérir de « comment nous allons ce soir » … Nous nous mêlons à la population locale pour manger au Komala, des crêpes que l’on trempe dans un éventail de sauces délicieusement parfumées et parfois un peu fort épicées. Un monsieur s’assied à notre table pour boire son café, les dames de la table voisine nous font admirer la belle plante verte qu’elles viennent d’acheter, une spider plant … et c’était pas cher ! On ne peut rentrer à la maison sans que je montre à Yves ce qu’est Mustafa ! Il n’en revient pas … des marques et des quantités inimaginables !
     
Et c’en est fini pour quelques jours avec mes sorties, pour pouvoir préparer le voyage au pays du soleil levant …


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Journée des artistes

N’est-il pas étonnant de voir sur des affiches ici à Singapour, le nom du village ‘Le Brassus’ ? Les grands horlogers Audemars Piguet ont une équipe commerciale ici pour l’Asie, des clients importants. Ils fêtent cette année les quarante ans de la Royal Oak et on mis sur pied à cette occasion une exposition très instructive qui a voyagé de New-York à Milan, Paris, Beijing et Dubaï. Ici à Singapour, elle sied dans l’ancienne gare routière de Tanjong Pagar, gare désaffectée même si elle reliait la Malaise il y a encore peu d’années. Le taximan est très sceptique à l’idée de nous abandonner devant cet ancien bâtiment auquel il est certain que nous n’aurons pas accès. Il se trompe et notre persévérance est récompensée! L’exposition a attiré quelques centaines de personnes chaque jour, nous raconte un des commerciaux, en français bien sûr et nous sommes plusieurs ici à parler notre langue. La Royal Oak aurait été dessinée sur une nuit seulement par un certain Gérald Genta, designer italien, commandité par le président de l’époque, qui voulait une monte qui attire par son esthétique et son originalité. Sa forme octogonale est toujours reconnaissable et les multiples modèles déclinés depuis 1972 sont présentés dans des vitrines de toute beauté. Le modèle comporte quelques six cents pièces minuscules, que l’on peut observer au travers de loupes ; un ‘vrai bon jurassien’ est présent lui-aussi, avec sa machine artisanale qui façonne les disques de base. Intéressant, distrayant, amusant de se sentir un moment proches et fiers de notre Vallée de Joux.
  
Ce week-end au centre ville nous permet de déambuler dans les rues du quartier financier, de Chinatown et nous prenons le temps d’admirer les buildings hyper modernes mais aussi les musées et les temples. Yves se fait apostropher par un indien dans Nagora Dargah, un petit sanctuaire musulman ; il lui prétend que les indiens musulmans étaient les premiers à avoir introduit le négoce à Singapour. Juste à côté, le temple Thian Hock vient juste de re-dévoiler sa splendeur après des mois de rénovation. Des lions à l’entrée, des dragons sur les toits de ce temple taoïste du ‘bonheur céleste’, qui a bien évolué depuis sa première version toute en bois en 1842, construit pour protéger les chinois qui débarquaient en terre promise ! C’est le plus ancien temple chinois de Singapour et son architecture et son design superbes lui ont valu la reconnaissance suprême de l’UNESCO.
          
Ces rues aux shophouses colorées ont déjà inspiré de nombreux artistes et aujourd’hui nous observons un groupe d’élèves peintres, pas mal doués. Nous connaissons quelques aquarelles de Derk Corke et aussi de Graham Byfield qui a illustré un SketchBook sur Singapour. Yves me donne pour mission de dénicher un maximum de ces endroits et de les capter en numérique. Certains bâtiments sont connus mais d’autres beaucoup moins et ensemble nous quittons le quartier touristique à la recherche de la Baba Blue House, que Yves trouve magnifique. Construite par la fille d’un commerçant chinois de Malaisie, en son honneur, cette jolie petite maison, devenue bâtiment historique, est gérée de nos jours par le Musée de NUS .
      
Et enfin, ‘Phase 47′ est un spectacle de danse qui nous rappelle les studio perfo de Sylviane et Jean-Marc. Perdu entre les buildings de marbre du quartier des affaires, un grand édifice, ancienne école probablement, aux façades enjolivées par des graffitis colorés, le TAPAC (Telok Ayer Performing Arts Centre) héberge des écoles de danse, de théâtre, d’opéra. Le spectacle de ce week-end est une collaboration entre deux danseuses singapouriennes et deux japonaises, jouant en partie avec de l’improvisation. La salle n’accueille qu’une vingtaine de spectateurs qui sont emportés par le rythme, la musique, l’expression des artistes … un très joli moment.
    

Raffles Hotel

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Imaginons un oasis à l’âme coloniale au milieu de l’effervescence du commerce et du trading. Voilà comment je qualifie le mythique Hôtel Raffles. La semaine dernière, l’admirer depuis le dixième étage du Fairmont nous a donné envie d’y plonger pour une journée.

Il date de 1887 et a été reconnu monument national cent ans plus tard. Dans les années 1920 – 1930, il fut la mecque de célébrités, acteurs et écrivains (Chaplin, John Wayne, …) qui étaient accueillies par un célèbre concierge sikh ; c’est toujours le cas aujourd’hui. Le hall d’entrée est majestueux ainsi que tout le bâtiment qui a gardé son charme d’antan. Ses coursives pour les arcades de shopping et pour l’accès aux chambres sont de bois foncé, donnant sur des cours et jardins malais aux 50’000 plantes. Les suites sont toutes vastes, avec un petit salon et salle-à-manger, aux fenêtres garnies de jolis rideaux et aux volets boisés de style ranch. Le mobilier est dans le décor de l’époque, richement agrémenté de tableaux, lampes, objets divers, tapis d’orient et même de livres ; la salle-de-bain, de marbre avec cette ancienne robinetterie dorée.

L’hôtel occupe tout un carré sur le plan de la ville ; on s’y balade, on s’y perd, on chine entre les boutiques de luxe, les spas aux marques françaises, les bars et restaurants, le théâtre, les salles de réception, les jardins et les fontaines. L’accueil est plus que parfait avec un cocktail maison de renommée, le Sling dont je tairai tous les ingrédients ! Ce doit être un luxe que de s’offrir un mariage ici au Raffles, les jeunes mariés sont tous deux habillés dans les tons crème et se promettent fidélité dans les jardins entourés de palmiers avec le chant des cacatoès … Le service est à la hauteur de la réputation ; de l’accueil (j’ai déjà mentionné le Sling), au service de chambre, aux portiers, aux serveurs … ils ont tous des mots attentionnés, gentils, avec une pointe d’humour.

Le cadre du Grill est flamboyant par ses lustres scintillants, sa hauteur de plafond et sobre aussi dans sa napperie blanche pure, ses couverts avec le palmier éventail qui est également finement brodé sur la serviette. Je reçois même une petite chaise pour y déposer mon sac à main ! Le buffet du petit-déjeuner propose tous les mets froids tandis que les boissons et plats chauds sont préparés à la demande. Un petit garçon voit arriver toute l’équipe des serveurs avec un joli gâteau chocolat garni de bougies … ce n’est pas banal de fêter ses 10 ans au Raffles !

Tout est fait pour avoir le sentiment profond de vivre une expérience unique baignée dans le climat du temps des colonies …

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Rythme de croisière

J’ai comme l’impression que les semaines passent de plus en plus vite. Notre vie ici a pris son rythme de croisière. Yves est pas mal sollicité; il est en contact avec la plupart des universités (NUS, NTU, SMU, INSEAD, ESSEC, …) et a même rencontré une équipe qui depuis une année crée une toute nouvelle université (SUTD) en collaboration avec le campus du MIT à Boston. Des entrepreneurs ou startups de la ville ont eu écho des présentations de Business Model Generation et se sont mêlés à des séminaires de doctorants pour en connaître davantage. Il y a même deux ministères qui seraient intéressés par un workshop pour leurs managers; IE (International Enterprise) au sein du ministère du commerce et de l’industrie, pour l’aide aux entreprises Singapouriennes dans leur développement à l’étranger et dans le ministère MICA (Information, Communication and Arts), le département « design Singapore » qui aide les designers souvent démunis de notions de business. Tout récemment c’est Amazon qui souhaite le rencontrer. Son agenda est bien rempli, c’est gratifiant.

Notre voyage au Japon est réservé du 18 au 30 octobre, en commençant par Tokyo avant de découvrir la beauté automnale de Kyoto. Dans la capitale, Yves aura plusieurs entretiens avec des entreprises, des collègues et le monde de l’édition. Heureusement nous avons trouvé un guide français pour les deux premiers jours; il va nous emmener dans des coins et divertissements insolites et il va nous aider à apprendre l’autonomie pour nos futurs déplacements. C’est précieux d’avoir une personne locale pour se débrouiller dans les transports en commun, cela ne semble pas évident.
Le climat ne sera pas celui de Singapour … la bonne excuse pour un peu de shopping! Je retourne à Jurong Point dans ce mall dont les magasins me correspondent assez bien. Pas très original, je trouve chez Esprit de quoi faire face à des températures qui baisseront de 10 degrés. J’y connais mes tailles et la qualité, et de plus, ce n’est pas toujours facile de dénicher une tenue qui me convienne dans les petites boutiques; souvent elles n’ont qu’une seule taille à proposer et c’est toujours beaucoup trop petit (et non non je n’ai pas pris de kilos!). C’est le comble que j’aie trouvé une blouse longue au design coréen, chez une vendeuse qui annonçait des tailles jusque XL!

Ma première séance d’acupuncture mardi, s’est super bien déroulée. Le professeur Wu Yue a étudié à Beijing la médecine traditionnelle chinoise et a aussi longtemps travaillé en Malaisie avec des médecins allopathes. Je suis admirative de sa dextérité pour insérer les aiguilles, rapides comme des flèches et sans aucune douleur ni gêne; le moment de repos s’est transformé en sieste, sans plus aucune notion de l’heure. Ensuite il a peaufiné avec une séance d’acupressure; je pense que tous les muscles de mon corps se sont détendus sous les pressions de ses doigts, avec toujours une préférence pour le massage du visage, du crâne, de la nuque. L’attente avant de me décider semble payante, je suis enchantée de cette thérapie par un vrai chinois professionnel.
 
Anita m’a fait la dernière coupe il y a trois mois; mes cheveux collent dans le cou pendant les promenades! Je prends rendez-vous chez Oscar, le coiffeur de Jutta et il s’avère que c’est une bonne recommandation. Il n’est pas désarmé devant nos cheveux fins, tellement différents de ceux de la population locale. Je le laisse créer une coupe un peu nouvelle; il me les raccourcit très fort sur la nuque et cela m’arrange. Son coup de ciseaux est phénoménal, précis et parfait! Quelques mèches pour éclaircir et un traitement pour nourrir les cheveux. Les fauteuils du bac de lavage sont presque des lits, on y est super bien installé pour le massage et la pause de la crème, enrichie par un jet de vapeur qui me transporte sur un nuage … rien de comparable avec les dix minutes express de la coiffeuse de Yves; je suis restée presque deux heures dans le salon d’Oscar, Hairapy.
 


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Botanic Garden

La journée s’annonce belle et sera chaude puisque je décide une balade dans la moitié nord du Botanic Garden; je n’aurai pas la possibilité de me rafraîchir dans un endroit climatisé. La porte est en ferronnerie à l’image d’une fleur mais moins imposante que celle sur Holland Road. Après un espace aménagé avec des plantes fleuries grimpantes, sur des arches formant un tunnel, j’arrive au parc des bambous. Et cela varie depuis de toutes jeunes mini pousses fines et légères à des massifs énormes, hauts et imposants de gros bambous. L’endroit est zen et idéal pour un chemin de pierres arrondies, appelé reflexology path, que je parcoure donc pieds nus; c’est fréquent ici, il y en a même un dans notre résidence.
     
À la sortie de la forêt de bambous, je reste en admiration devant les bougainvillées toutes fleuries et parfumées, c’est magnifique! Le petit lac, appelé Eco Lake, a un contour sinueux et est laissé sauvage; le niveau de l’eau est bas aujourd’hui mais on peut y voir des insectes et libellules, des canards et des hérons mais surtout des cygnes noirs originaires d’Australie.
Le parc présente depuis quelques jours une exposition-vente de sculptures de Zadok Ben-David; elles sont géantes, réalisées dans un acier qui rouille et représentent des arbres, des papillons, avec des formes rondes ou plus allongées … une harmonie parfaite dans ce décor de verdure.
Un joli jardin de bananiers me fait penser à mes amies et voisines chez qui aussi ils se plaisent. Plusieurs plantes et fruits sont à la base de nombreuses boissons et ici je découvre ces arbres aux larges feuilles portant des fèves de cacao, de café provenant d’Afrique et des plantes dont les feuilles produiront du thé sweet.
       
Le plus intéressant de ma balade est le jardin des plantes au pouvoir guérisseur. Je suis impressionnée par l’aménagement didactique de cette vaste partie du parc. Le ‘Healing Garden‘ présente quatre cents variétés de plantes utilisées médicalement et organisées par thème, selon les problèmes qu’elles traitent; les voies respiratoires, les voies digestives, le système nerveux, le système musculaire, etc. . La beauté et la sérénité qui règnent dans ce jardin nous laissent tout le loisir de la réflexion sur ce pouvoir de la nature face aux déficiences de l’être humain.
      
Les visiteurs commencent certainement en général par le Visitor Centre; moi j’arrive enfin à cette place centrale avec évidemment un magasin de souvenirs, un restaurant fort sympa, tout autour de superbes palmiers au pied baignant dans des fontaines.
     
Je pense que j’aurai pratiquement tout exploré après avoir traversé le ‘Evolution Garden‘, qui sur plus d’un hectare tente de nous faire remonter dans le temps, à plusieurs millions d’années, lorsque la vie a commencé par les plantes … les arbres se sont pétrifiés en minéraux … le décor est presque irréel.
     
Jolie promenade qui se termine à la sortie par un retour à la civilisation; l’ambassade de France se trouve juste en face de moi ainsi que Cluny Court, ce petit pâté de maisons-commerces qui a conservé tout son cachet.