Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Mathieu découvre tout Tokyo …

Mathieu aime beaucoup les pandas et par chance, le zoo du parc Ueno en possède deux, provenant de Chine, Ri Ri et Shin Shin. C’est une jolie grosse boule de poils bicolore qui se déplace en douceur et nous en profitons pour parcourir de long en large ce zoo qui est aménagé dans une nature exubérante et qui est le plus ancien du Japon (1882).

L’architecture plus traditionnelle en briques rouges, de la gare principale de Tokyo – influencée par celle de Amsterdam – côtoie le futurisme du Forum, construit comme une énorme coque de bateau en verre. Et ensuite, il fallait faire un choix dans les magasins où s’éterniser; j’ai laissé Mathieu décider, tout en lui donnant mes idées. Ainsi les marques japonaises Uniqlo et Muji lui plairont autant qu’à moi; c’est toutefois plus facile de dénicher les tailles qui nous conviennent dans un magasin Gap ou Bershka. Les huit étages du Sony building sont un véritable palace de nouveautés technologiques hyper performantes et éblouissantes.

Hikarie est un des grands centres commerciaux et pour nous trois, la tentation est forte devant les boutiques de papeterie et de gadgets … et il y en a, à ne plus savoir où regarder! On ne se lasse pas non plus de les admirer lorsqu’elles emballent les achats, une technique de pliage bien spécifique, très rapide. Le joli emballage est ensuite placé dans un sac assorti et si par malchance, il pleut ce jour-là, le sac en papier est recouvert soigneusement d’un sachet plastic bien scotché. Un soir après le repas à l’étage des restaurants chez Hikarie, il n’y a que moi qui ne pourrai résister à une délicieuse ‘chocolate soft ice cream’ de chez Marcolini …

Et c’est sur Kappabashi dori que tout ce qui rentre comme ustensiles dans une cuisine, peut se trouver – Mathieu y dénichera ses petits cadeaux et de quoi faire plaisir à son frère. En parlant cuisine, je me dois d’évoquer les spécialités que nous avons fait découvrir à notre fin gourmet. Sheena m’a été d’une aide certaine en faisant pour moi par téléphone la réservation de Tonkatsu (du porc pané exquis, servi avec une salade de chou cru) chez Maisen ainsi qu’un Teppanyaki inoubliable au Cobra à Ginza. Nous y étions attendus avec moulte courbettes et surtout avec un menu en anglais. Mes souvenirs nous ont aussi amenés au Gonpachi (pour sa table excellente et aussi son cadre typique qui a servi de décor au film Kill Bill), dans un restaurant taïwanais pour des wantons tout coulants et enfin dans un très petit établissement dont la spécialité sont les Tempuras. Ici pas de photo ni de menu en anglais et les gens se sont bien étonnés que nous connaissions un tel endroit perdu (j’y étais venue l’an dernier avec Kato)!

Jeudi j’ai concocté une journée marathon – sous le soleil enfin – qui débute au fameux marché aux poissons de Tsukiji, le plus gros au monde (500 mille tonnes par année). C’est d’abord le va-et-vient des camionnettes, vélos, tracks, dans une forêt de boîtes blanches en frigolite, avant de pénétrer vers les échoppes de poissons. De la micro crevette au thon énorme, il y a une variété que je ne pouvais imaginer (plus de 450 espèces). Thomas aurait aimé voir ce long couteau fin comme un sabre qui tranche le thon comme si c’était du beurre – un beau cérémonial.

Le monorail fait sa boucle complète après Shiodome, traverse le Rainbow Bridge, pour nous amener sur l’île d’Odaiba. La visite du musée des sciences émergentes et de l’innovation, le Miraikan, nous plonge dans le monde de la robotique, des technologies du futur – une femme robot dit le Journal Télévisé, une autre revêt à s’y méprendre l’apparence humaine et le robot Asimo nous montre ce qu’il peut faire comme mouvements, nous explique comment il se repère et conserve son équilibre; il chantera aussi pour nous. Mathieu en avait vu une démonstration à l’EPFL, où il interagissait même avec le public. C’est fascinant, c’est touchant mais aussi troublant selon l’utilisation qui pourrait en être faite dans l’avenir.

Cette île artificielle est vaste, ses bâtiments sont parfois originaux comme celui de Fuji Tv tel un mécano géant et dans le centre commercial Venus Fort, c’est l’étage des magasins non pas pour bébés mais pour petits animaux qui va fasciner Mathieu !

Pour une vraie journée de vacances, je me devais de prévoir une navigation. Ainsi nous remontons la Sumida depuis Odaiba jusque Ryogoku, avec un passage amusant dans le bassin qui touche le magnifique parc Hamarykyu visité lors d’un précédent séjour. Ryogoku est le domaine des Sumos et même si aucun tournoi n’est au programme ce mois (il y en a six par année dont deux ici à Tokyo), nous en apercevons qui viennent à l’entraînement.Edo Tokyo Museum reste notre musée préféré, avec ses maquettes multiples nous présentant l’évolution, le mode de vie de la ville d’Edo, devenue Tokyo.

Mais je commence à sentir que mes deux compagnons ont eu leur dose de visites et avec l’appui enthousiaste de Mathieu, je les emmène pour la dernière étape du jour au siège de la brasserie Asahi. Chacun retrouve le sourire, reprend de l’énergie; installés au dernier étage, dans la ‘mousse’ du géant bock de bière dessiné par Philippe Starck, la vue sur Tokyo est éblouissante. Nous nous attardons, le soleil se couche lentement, les parcs peu nombreux se repèrent aisément au milieu des constructions à perte de vue – une ville de plus de 30 millions d’habitants pour le grand Tokyo.

A Kato qui lui demandera s’il a aimé sa découverte de Tokyo, Mathieu répondra qu’il espère vraiment y revenir un jour. Une merveilleuse semaine tous les trois; le temps plutôt maussade a été largement compensé par nos rires – qui doivent toujours rester muets -, nos chuchotements, nos surprises et nos émerveillements !


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Nikko … c’est beau !

La destination de ces deux jours, je l’ai prévue et organisée depuis la Suisse dès que Mathieu a décidé de venir nous voir au Japon. J’ai cherché un site à visiter qui soit une découverte pour nous deux Yves et qui donne à Mathieu l’occasion de sortir de la mégapole vers des endroits plus isolés dans la nature.

La première expérience sera la trajet en Shinkansen; nous apprécions le confort, la propreté, le silence des trains japonais à grande vitesse – et même s’il est à moitié rempli, il est promordial de s’asseoir à la bonne place! Acheter son bento avant de monter à bord et le manger, confortablement installé fait partie aussi du rituel.

Un proverbe japonais dit que « on ne connaît pas le beau si on ne connaît pas Nikko » (je me demande si ça rime aussi en japonais). Depuis plus de mille ans, c’est un haut lieu du bouddhisme japonais et c’est au dix-septième siècle qu’il prend toute son ampleur, avec un ensemble de temples, unique au Japon. A l’entrée du site, le pont sacré, de bois roue, surplombe la rivière – il n’est traversé que par les autorités lors de cérémonies. Temples et sanctuaires sont construits sur une vaste montagne boisée de cèdres élancés; le cadre inspire le calme, la sérénité, le recueillement – c’est magique, nous sommes comme transportés dans un autre monde. Et le brouillard de mardi ajoute à notre spectacle un côté mystique, très japonais, incontestable. J’aime mes photos!

Au Japon, les temples sont en bois, ils sont rénovés, déconstruits et reconstruits périodiquement. Ici le processus a débuté en 2007 et se prolongera jusqu’en 2020; cela nous donne l’occasion de voir un des ouvrages, tout emballé, d’y pénétrer et se rendre compte de l’étendue de la tâche – dieu que c’est immense ! Rinnoji et Taiyuin Temples, Futarasan et Toshogu Shrines, les pagodes, … se fondent dans la nature sombre; chaque temple possède ses dragons, ses lanternes, sa cloche et ses Torii, son Chozuya – le pavillon d’ablution, ses moulures, ses dorures et ses couleurs … d’un raffinement extrême. C’est ici que l’on découvre les trois singes avec leurs mains sur les yeux, la bouche, les oreilles – symbole d’un précepte bouddhique qui veut qu’on ne regarde pas le mal, qu’on ne le dise pas, ni ne l’écoute.

Le séjour dans un Ryokan restera, je pense, un des souvenirs marquants pour Mathieu. Pendant quelques heures, nous oublierons nos vêtements occidentaux pour revêtir le Yukata, ceinturé par le Obi et le Tanzen comme manteau; notre hôte devra aller rechercher des pantoufles plus longues pour les hommes. La chambre est grande pour ce genre d’établissement traditionnel et le choix du bain chaud privé n’est pas pour nous déplaire. Cela donnerait presque des idées d’aménagement à Mathieu pour notre maison de Lonay! Les îles du Japon sont placées sur la ceinture de feu du Pacifique, ce qui leur procure malheureusement ces fréquents tremblements de terre et éruptions volcaniques mais aussi de nombreux Onsen, ces bains chauds naturels puisés à mille mètres de profondeur – un vrai plaisir de se laisser flotter au chaud, avec la vue sur la montagne et bercé par la musique de la rivière qui dévale sur les pierres.

Dans les ryokans, nous prenons très souvent sur place le repas du soir et le petit-déjeuner, histoire de ne pas trop souvent se déshabiller et rhabiller en kimono. Quelle n’est pas ma surprise ici de découvrir que le souper se prendra dans une loge privative et quel tableau magnifique que la table garnie qui nous y attend. Un menu Kaeseki, de qualité incroyable, qui offre tous les types de mets que nous aimons (sashimis, tempuras, shabu-shabu, yakiniku, poisson grillé, pickles, miso soupe, etc.) – il doit y avoir entre 10 et 20 plats différents. Et le saké japonais accompagne à merveille ces saveurs – quel plaisir pour les yeux et le palais! Ce sera quelque peu plus rébarbatif le lendemain matin mais toutefois il y aura peu de reste – nous avons simplement décliné le poisson à griller qui nous a été proposé juste à l’entrée de la salle du petit-déjeuner! On se rattrapera dans l’un ou l’autre café de la localité – des endroits insolites très plaisants.

A l’heure du retour, Yves et Mathieu me laissent me débrouiller pour intercepter la navette du ryokan vers la gare et ensuite pour avancer nos réservations de Shinkansen en gare de Utsunomiya – « nous, on ne parle pas japonais », disent-ils !


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Retrouvailles avec Mathieu

A l’aube samedi matin, nous atterrissons donc à Tokyo et ce juste une heure avant Mathieu qui arrive lui de Genève (avec des petits cadeaux de son frère). Nous avons une semaine pour le « japaniser » ou du moins lui faire découvrir et apprécier diverses facettes de Tokyo et ses environs. Le premier week-end est déjà concluant; Mathieu semble fasciné.

Jour et nuit, le marché Ameyayokocho regorge toujours d’autant de monde, d’étals des plus variés, un peu à l’image d’un souk par endroits. Le magasin de jouets sur sept étages Yamashiroya sera l’une de mes premières visites, surtout pour ses machines à boules surprises qui alimentent ma collection de figurines. Puis, dès que Mathieu est en possession de sa carte SUICA personnalisée, nous l’initions au complexe réseau des lignes de métro/trains et au repérage des multiples sorties dans les stations.

Nous y retrouver dans Akihabara nous prend un peu de temps; les gigantesques enseignes se ressemblent, les otakus remplissent les boutiques de figurines et de mangas, les décibels sont rassemblés dans ce quartier frénétique de Tokyo. Yodobashi fait au moins 20 à 25 fois la superficie de notre MediaMarkt – on y trouve tous les modèles d’aspirateurs, de robots, de cuiseurs de riz, d’appareils photos et aussi de pieds d’appareils, de téléphones mobiles avec tous les opérateurs possibles, de bracelets de montres … pour ne citer que des extrêmes. Les personnages de bandes dessinées et de jeux vidéos avec leurs grands yeux ouverts et leur coupe de cheveux à la japonaise me plaisent toujours beaucoup – ils sont vraiment omniprésents dans Akihabara.

Kato nous a accueillis à notre arrivée à l’appartement – exactement le même que l’an dernier – et c’est un plaisir de se sentir attendus et reconnus, par le concierge également. La cuisine et la salle-de-bain sont garnis de domotique et de gadgets qui rendent la vie tellement facile et agréable.

Ce qui le sera moins, c’est la météo; un dimanche de Pâques pluvieux où ce sera une procession de parapluies qui se dirige vers le sanctuaire Meiji-jingu. L’endroit reste très impressionnant et majestueux, tout de même et nous y verrons une cérémonie de mariage. Le pèlerinage se poursuit par la rue des exubérants et excentriques, Takeshita dori, celle de Harajuku avec ses créateurs de mode et enfin Omotesando, dite les Champs Elysées de Tokyo. Les parapluies s’ouvrent et se referment, et par souci de respect des autres et des intérieurs, des sachets plastics sont utilisés en quantité à chaque entrée de magasin.

Shibuya va éblouir Mathieu, content de voir en vrai ce carrefour mythique. La gare est déjà impressionnante par sa taille; ses 16 sorties différentes sont à elles seules plus nombreuses que le nombre d’arrêts de LA ligne de métro à Lausanne – nous sommes dans une toute autre dimension ! Hatchikō intéresse un peu moins notre fils que les centres commerciaux ou les magasins de toutes marques imaginables!

La première idée qui vient à l’esprit quand on parle de nourriture japonaise, est le plat de sushis et durant ce premier week-end, on s’en régale de suite. Mathieu va aussi découvrir le Yakiniku, la grillade sur table avec de la viande tellement blanche qu’elle fond dans la bouche, les Ramen, ces nouilles de blé noir dans un bouillon. Une Asahi, une misō soup, des pickles, … tout lui plaît et il commence déjà à apprécier le saké! Le maniement des baguettes – même pour les pâtes dans la soupe -, la serviette humide et chaude avant le repas, les courbettes en avant et en marche arrière, le kon’nichiha et arigatou prennent gentiment place dans son quotidien. Il s’habitue aussi aux parapluies transparents, aux masques sur le nez et la bouche, aux uniformes des écoliers, des étudiants, des travailleurs sur les chantiers, des conducteurs de train – dont le cérémonial en gants blancs nous fait sourire. Ça s’annonce plutôt bien !


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Sydney … y reviendrai-je un jour ?

Une dernière journée à Sydney dont j’espère bien pouvoir profiter un peu pour une ultime sortie. Je place toute mon énergie et ma concentration dans le remplissage des valises et c’est parti, en bus, vers Watsons Bay. Dunbar House est encore un restaurant conseillé par Maude et nous y allons donc en toute confiance. La météo maussade ne nous empêchera pas d’apprécier l’endroit, une ancienne maison de maître surplombant la baie – c’est beau et c’est excellent !

En insistant un peu, j’entraîne alors Yves dans une marche vers les falaises et l’éperon rocheux qui constitue le point d’entrée sud de la baie de Sydney. Une balade comme celles que j’ai déjà faites, assez vallonnée et dans un milieu naturel boisé, fleuri, un peu sauvage – le phare est décevant par sa taille mais reste un élément qui laisse place aux rêves …
C’est bien évidemment en ferry que nous rentrons une dernière fois sur Circular Quay, tentant d’inonder notre mémoire de ces images très belles et nous n’oublierons pas non plus la maison d’Emma, particulière par sa forme, à deux pas du 143 Jersey Rd.

L’heure de quitter notre « chez nous » australien sonne vers 18:30 – est-ce un adieu définitif ? J’aimerais pouvoir répondre par la négative. Je me suis sentie tellement bien dans ce pays – ou du moins la minuscule partie que nous en avons explorée – les gens m’ont semblé moins stressés qu’ailleurs, très joviaux et chaleureux, sans s’embrouiller avec des chichis, respectueux de l’autre et de sa différence. Le cadre de vie est extraordinaire; la météo très agréable (chaleur plaisante sans trop d’humidité), l’espace et la verdure environnante, les plages, les falaises et les vagues, les parcs naturels sauvages et très verdoyants – le tout incitant à la balade et au sport. Sur ces trois semaines passées à Sydney, suis-je restée plus d’une journée cloîtrée dans mon appartement ? Je ne le pense pas et j’en ai pour preuve mon compteur de pas et de km qui dépasse ce que je pensais être capable de tenir comme rythme (environ 12 km de marche par jour). Yves a lui, donné une douzaine de conférences et a ainsi touché au total plus de mille participants.

Mais je ne peux clôturer mon bilan sans évoquer ce qui nous a le plus surpris : la restauration. Des produits frais, goûteux, de qualité – combinés avec des talents de chefs qui ont fusionné la cuisine occidentale avec la finesse, les arômes, la présentation de celle provenant d’Asie – ne pouvaient que réjouir nos palais … sans jamais « alourdir » nos estomacs. Une phrase relevée sur une serviette dans un restaurant à Brisbane traduit fort bien mon impression : « I have never met a meal that I didn’t like ».

C’est à bord d’un Boeing de la compagnie Qantas que nous passons la nuit nous emmenant au pays du soleil levant. Un vol de qualité remarquable avant de découvrir les couleurs magiques du jour qui se lève ; elles annoncent pour nous de nouvelles aventures.


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Blue Mountains

Quitter Sydney sans pousser la balade jusqu’aux Blue Mountains n’était pas envisageable; qu’aurais-je dit à Simone, quelle photo aurais-je pu montrer à Luis? Ainsi il est 9h18 quand le train quitte la gare centrale en direction de l’ouest; à mon grand étonnement, il est complet. Le trajet va durer 2 heures (pour 100 km seulement et au prix de 5.80 dollars australiens) à un rythme lent qui permet de bien observer les paysages et avec une vingtaine d’arrêts – et de redémarrages à chaque fois hoquetants – dans des villages aux noms aussi charmants que Leura, Emu plains, Falconbridge ou Bullaburra. Les gares sont coquettes – des maisonnettes en bois peint bien entretenues et aux abords fleuris. La végétation devient de plus en plus verte, avec des forêts à perte de vue et ce sont seulement quelques érables rougissants qui rappellent que c’est l’automne.

Katoomba est la ville la plus grande (10’000 habitants) et la plus touristique des Blue Mountains – et il n’y a aucun doute là-dessus en voyant que 99% des voyageurs y descendent du train. La localité est aussi connue pour son mode de vie alternatif et son festival de magie dans les rues, au solstice d’hiver en juin. Je laisse la foule se diriger vers la rue principale ou vers les agences qui organisent des tours en autocar pour m’isoler dans un café français autour d’une soupe à l’oignon et de pains perdus à l’orange et au chocolat.

La rue principale est rectiligne, elle monte et descend assez fort, elle est jalonnée de boutiques d’antiquités, de restaurants de toutes cuisines, de magasins d’équipement pour la montagne et l’aventure – une impression de remonter le temps, comme un décor de film ancien. J’y découvre aussi son hôtel de luxe, mythique, le Carrington alors qu’il y a maintes maisons d’hôtes, auberges et YMCA.

Une demi-heure de marche – je dois être la seule à marcher pour rejoindre le premier point-de-vue – me permet de m’éloigner de Katoomba Street pour observer le style des petites maisons rurales avec leur terrasse couverte côté rue et leur jardinet coquet. Les buissons fleuris, les arbustes et les arbres décoratifs ressemblent fort à nos jardins d’Europe – et beaucoup de cerisiers rougissants le long des trottoirs. Sur le plan gps, j’ai repéré un Buddhist Vihara, qui bien évidemment me pousse au détour; il s’agit d’un centre de retraite, perdu dans la forêt d’eucalyptus où la paix, la sérénité doivent ouvrir à la méditation, sans aucun doute.

Le bain de foule reprend à mon arrivée au point-de-vue; the 3 sisters, la vallée Jamison, le mont solitaire. On fait la file pour se prendre en photo devant ce paysage spectaculaire, où surplombant un énorme vide couvert d’une forêt gigantesque, la vue – sur les 3 pics et sur les falaises rouges ocres vertigineuses – se dessine sur plus de 180 degrés. Une balade me tente, appelée ‘scenic world’, par le parc Lilianfels; un chemin vallonné, parfois escarpé et creusé dans la pierre, dans la nature sauvage du bush tellement jolie quand ses eucalyptus ont leur tronc dénudé (et ici ni lézard ni araignée, seulement le chant des oiseaux). Des chutes d’eau et une cascade, faisant presque penser à notre Tine de Conflens, terminent ma marche qui ce jour encore fut bien sportive.

Toute cette région est un paradis pour les randonneurs et peut-être aussi les grimpeurs, la descente vers le fond de la vallée ne doit pas être triste et il y a même un téléphérique (dommage dans le paysage!). Katoomba est à une altitude de 3’336 pieds et la vallée de Kedumba était du temps des aborigènes une retraite fraîche pour l’été. Ses marais et sa végétation assurent une eau pure et fraîche; un barrage permet de réguler l’approvisionnement en eau pour Sydney.

 


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La péninsule de Manly

Maude a choisi de m’accompagner aujourd’hui dans ma balade découverte de la péninsule de Manly, située au nord-est de Sydney et réputée pour sa plage tout autant que celle de Bondi. Elle constitue l’entrée nord de la baie et offre la possibilité de se baigner sur la côte donnant vers le pacifique et aussi depuis les plages s’ouvrant sur la baie intérieure.

La zone était habitée par les tribus aborigènes Cannalgal et Kayimai, avec lesquelles le capitaine Arthur Phillip entra en contact alors qu’il explorait le port Jackson (port de Sydney). Des relations de confiance se sont établies et le capitaine donna au quartier le nom de Manly (en 1788, la même année que la découverte de Sydney et de Parramatta). Manly resta isolée de Sydney durant plusieurs décennies; il fallait partir jusque Parramatta vers l’ouest pour relier les deux centres par la terre, soit plus de 110 km. Ses habitants y vivaient de pêche et d’agriculture et c’est en 1815 qu’elle devient une station balnéaire appréciée par les colons grâce à son fondateur qui y aménagea les plages, des criques, des hôtels et créa le service de ferry.

Notre trajet en ferry aujourd’hui ne dure que 30 minutes où nous voyons s’éloigner la ville, l’opéra, le pont, qui ce matin sont comme noyés dans un brouillard qui leur donne un aspect presque irréel. La station a bien un caractère balnéaire et nous entamons notre marche du littoral pour 10 à 12 km, sur un sentier qui n’a rien de plat, qui par endroits est même très pentu avec un escarpement raide vers le littoral. La traversée du parc national est très sauvage, avec la végétation dense du bush australien fait d’eucalyptus, acacias, fougères, etc. L’eau est souvent claire et dans des tons foncés ou turquoises, où se dessinent des taches de coraux. Nous tenons un bon rythme, avec quelques haltes photos et quand nous nous égarons du chemin pour aboutir dans un jardin privé, le propriétaire très gentiment nous ‘remet sur les rails’ en nous souhaitant une jolie balade.

Petit à petit la civilisation revient à nous, des criques et des voiliers au mouillage, des plaines de jeux, des espaces de pic-nic, avant de plonger dans le bruit de la circulation au point Spit, notre but final. L’exercice valait bien le cours de yoga de mercredi dernier!

 


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Le rêve toute éveillée !

La nuit fut d’un calme profond et j’ai mis mon réveil pour voir depuis mon balcon, le soleil se lever sur l’océan, puis je me rendors, malgré l’excitation de ce qui nous attend aujourd’hui. Les photos parleront bien mieux que mes mots pour décrire cette vision extraordinaire de l’île Witsundays, de Whitehaven beach que nous survolons en hélicoptère avant de s’y poser. Une plage tellement pure et belle, un sable blanc et une mer turquoise. Un baptême de l’air pour moi qui est exceptionnel – et ce qui l’est encore plus, c’est que nous sommes seuls sur cette plage de plusieurs kilomètres, juste quelques mouettes envieuses de notre repas. Eh oui, notre pilote nous a installé une natte, un parasol, une bouteille de champagne et un lunch de fruits, crackers, fromage, cookies … juste pour nous deux. Rêvons-nous ? L’eau à 28 degrés, les vagues, le sable immaculé … Quel moment de bonheur !


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Escapade sur une île

Vu que nous sommes montés jusque Brisbane, il aurait été dommage de ne pas pousser le voyage un peu plus loin vers la Grande Barrière de Corail. Yves s’est laissé convaincre par les photos de nos amis – du moins certaines car quand Christian plonge avec Audrey parmi les requins, pas sûr que nous soyons aussi téméraires. Maude m’a été d’un grand conseil pour m’aider à concocter cette escapade de courte durée – ses suggestions s’avéreront à la hauteur de mes souhaits, voire même mieux.

Virgin Australia assure un vol journalier entre Brisbane et Hamilton Island. Elle fait partie des 74 îles de l’archipel Whitsunday et c’est pratiquement la seule habitée – nous sommes au plein coeur de la Great Barrier Reef. L’île ne fait que 5 km2; elle est depuis quarante années propriété de certaines familles; actuellement ce sont les Oatley qui possèdent, gèrent et réglementent l’ensemble de son fonctionnement, de ses accès, de son immobilier, ses activités. Ils en ont fait un endroit paradisiaque pour les familles, les jeunes, les couples qui peuvent y organiser leur mariage.

Elle se situe à la même latitude que Honolulu dans l’autre hémisphère ou que l’île Maurice. On y circule en golfettes électriques, c’est l’île du silence, seulement perturbé par le chant des oiseaux. Son eau potable provient d’une part de la récolte des eaux de pluie et d’autre part d’un processus de désalinisation de l’eau de l’océan par un procédé utilisant une plante marine. Deux films ont été tournés sur cette île : Muriel’s wedding en 1994 et Fool’s Gold en 2008.

Les premières couleurs attendues de l’océan m’apparaissent déjà à l’approche de l’atterrissage – atterrissage à bien maîtriser car la piste est très courte. Les vacances commencent, l’accueil du personnel est enjoué, nos bagages seront directement acheminés dans notre chambre alors que nous rejoignons notre Reef View Hotel en shuttle. L’organisation est assez bonne par rapport à ce que nous connaissons du pays jusqu’à présent.

Isabelle a tenté un choix de chambre qui devrait séduire son mari : surface 65 m2, quinzième étage, balcon avec vue paradisiaque sur les plages, les palmiers, Whitsunday – il est ébloui, et moi de même! La seule compagnie que nous ayons, sont les cacatoès qui se posent sur le balcon, viennent y grignoter des graines et cela nous rappelle qu’il est l’heure de l’apéro.

C’est à One Tree Hill, ayant grimpé la Northern HighWay (ils sont drôles avec leurs noms de rues!) que nous prenons un cocktail face au soleil qui se couche – et toujours en compagnie de nos cacatoès. Spectacle prenant, où la boule de feu joue encore un peu avec les nuages avant de nous faire sa révérence … tellement beau !


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Envol pour Brisbane

Sans m’en douter j’ai choisi la place idéale dans l’avion au départ de Sydney pour admirer la baie, l’opéra, le pont et la rivière Parramatta qui sillonne. Et dire que j’étais hier sur ce qui me semble ce matin une passerelle – ma photo est félicitée ! Notre destination est Brisbane et nous entrons dans la région du Queensland et de la barrière de corail.

Yves est attendu à l’université QUT, dans un centre d’entreprenariat des plus importants d’Australie. J’aurai le plaisir de m’y balader, c’est un campus super agréable, avec multitude de bâtiments, certains très modernes et d’autres qui ont conservé le style colonial.

Le campus borde le Jardin Botanique, où j’ai décidé de ne pas m’éterniser … il fait très chaud et humide – nous sommes remontés vers le nord d’un bon 1’000 km et le climat a bien changé. D’ailleurs ce jardin botanique, juste aperçu à sa lisière, me fait repenser à celui de Singapour. Et c’est avec plaisir que je visite la Art Gallery de QUT pour profiter non seulement d’une jolie exposition sur les jardins (c’est l’affiche d’Alexander McKenzie qui a attiré mon regard) mais surtout de sa climatisation.

Southbank est un endroit incroyable le long de la Brisbane river, avec beaucoup de surprises : une jolie passerelle très aérienne, des architectures recherchées pour les musées et la bibliothèque, une pagode népalaise, des pierres commémoratives d’une alliance d’entente avec les pays comme le Japon, la Corée et Taïwan, une grande roue, des restaurants avec terrasses alléchantes et même un plan d’eau bordé d’une plage de sable, avec palmiers et toute une ambiance tropicale – voilà une super idée pour agrémenter la plage de LLN !

La rue Georges débouche sur la zone commerçante assez vivante – en passant le City Hall, une jolie sculpture, une église anglaise coincée devant les miroirs des tours modernes, une galerie d’antan, la Brisbane Arcade avec ses lustres dorés, ses vitraux colorés partout.

Et le choix du Next Hotel (drôle de nom encore) n’est pas pour me déplaire ; dans la zone piétonne des magasins et des malls, Queen’s street Mall. Encore un établissement design, aux chambres et salles-de-bain originales, très High Tech et confortables. Une piscine sur le toit du quatrième étage, donnant sur la rue des magasins permet de se rafraîchir après la marche et les coques dites d’endormissement, au son d’une musique douce, d’une lumière tamisée, des vibrations du fauteuil lit, apportent le repos bien apprécié.

Notre serveur ce soir provient de Besançon (hier c’est une bretonne qui nous a servis chez Mr Wong) et il m’explique l’origine du wagyu que l’on trouve ici. Il s’agit bien d’une race de vaches bien charnues de la région de Kobe, qui a été importée en Australie et la qualité ici dépend du nombre de croisements de la race pure avec des bovins de l’Outback australien.

Petite promenade nocturne pour faire découvrir à Yves le Southbank, qui sous les éclairages du soir est encore plus féerique. Sur la place, un groupe improvisé danse du latino, au son de hauts-parleurs installés dans une voiture pick up et d’un animateur qui rythme les pas – ambiance assurée, un air de vacances.


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Harbour Bridge après du canard laqué

Des achats pour le matériel de séminaires nous amènent au centre ville, quartier appelé CBD (central business district) où sont concentrés les hauts buildings, les rues commerçantes. J’ai bien repéré sur le plan les divers magasins qui pourraient convenir et aussi un restaurant pour que Yves ait son énergie au top pour ses présentations et moi pour mes explorations du jour. Mr Wong est bien caché dans une ruelle, ce restaurant fait partie du groupe Merivale tout comme le Coogee Pavillon d’hier – et il n’y a aucun doute que l’architecte soit le même. Mr Wong fait un canard laqué des plus succulents et j’en conviens : j’abuse un peu des plaisirs de la table!

La marche sera longue encore cet après-midi; tout d’abord une incursion dans le quartier des Rocks avec ses boutiques en briques et même un Belgian Guylian Chocolate Cafe (mais je passe mon chemin) avant de monter vers l’Obervatoire, perché sur une colline qui offre une vue tant du côté de Darling Harbour avec son Musée Maritime comme repère pour moi que vers le Harbour Bridge et la Parramatta River. Garrison Church fut la première église anglicane d’Australie, sa construction débuta en 1840; les régiments venaient y faire la prière du matin et il y eut aussi une école primaire jusqu’au début du 20ième siècle, où des Premiers ministres du Commonwealth reçurent leur éducation.

Je grimpe alors les marches du pylone en pierre côté sud de l’Harbour Bridge, que les habitants appellent le cintre géant, pour accéder au point de vue Pyrmont. Le pont est entièrement en acier et les deux tours en pierre sont décoratives, avec dans l’une d’elles un musée sur l’histoire de la construction de cet édifice impressionnant. Dr John Job Crew Bradfield est le père de l’ouvrage, il s’impliqua depuis la conception (1912) jusqu’à la réalisation (de 1924 à 1932). Ingénieur et docteur de l’école d’ingénieurs de l’Université de Sydney, il a travaillé pour la compagnie des trains et pour divers travaux publics de la ville.

Avant le pont, ce sont les ferries qui assuraient la traversée de quelques 40’000 personnes par jour. Actuellement le pont voit passer plus de 180’000 véhicules quotidiennement et il faut ajouter que le tunnel construit en 1992 en a absorbé 20´000. Son inauguration, le 19 mars 1932, a permis pour un moment, d’oublier la dépression économique ambiante et de se rassembler autour de ce grand projet – des centaines de milliers de personnes et une retransmission d’envergure sur les chaînes d’Australie, de Grande Bretagne et d’Amérique du Nord.

Cette construction posa des soucis aux ingénieurs : notamment le fait que l’acier allait gonfler avec la chaleur (le pont grandit de 18 cm par fortes températures), d’où deux grosses charnières à chaque extrémité mais le prix de l’acier avait tant baissé que c’était le choix du matériau à privilégier. D’autre part durant la construction, il fallait maintenir les demi-arches qui prenaient forme sur les deux rives et ce sont quelques 128 câbles brochés de 365 mètres de long et 8 tonnes chacun qui furent fixés solidement dans le sol. Un énorme goujon central, appelé Connection O, reliera au sommet les demi-arches aux bases ancrées à Millers Point et Milsons Point. L’arche a une envergure de 500 mètres et il y a une rampe d’accès de 500 mètres aussi de chaque côté; on compte 7 voies de circulation pour les véhicules, deux pour les trains, une pour les bus, une pour les piétons et enfin une pour les cyclistes (le pont est bien surveillé sur toute sa longueur par des gens de sécurité). Voici encore quelques chiffres effarants : 270’000 litres de peinture ont été nécessaires pour recouvrir l’acier de 3 couches à la construction, sur une surface totale de 485’000 m2 – 6 millions de rivets, 53’000 tonnes d’acier, 95’000 m3 de béton, 17’000 m3 de granit.

La météo est idéale pour cette ascension et cette découverte de la baie, de la ville, de la rivière depuis la hauteur. Il n’y a pas grand monde; par contre plusieurs cordées sont en pleine escalade ou redescente de l’arche lui-même – grand frisson assuré ! Je suis pratiquement la seule à traverser le pont pour rejoindre l’autre rive, la région Nord de Sydney qui a aussi son centre financier et économique.

Le retour en ferry me tente et je profite même d’un long détour jusqu’au Musée Maritime avant d’accoster à Circular Quay – je ne me lasse pas de ces traversées sur l’eau et je me déplace d’un banc à l’autre du ferry selon sa direction pour prendre le soleil.
Rendez-vous est pris avec Yves au Lindt Chocolate Café pour clore en beauté mon excursion et nous raconter notre après-midi.