Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Le rêve devient réalité

Un rêve de trente années devient réalité pour Yves ce matin ! Un vol de sept heures à bord d’un boeing 777 de Singapore Airlines nous transporte à Tokyo, il est 7h40. Le paysage à l’approche de cette grande capitale de près de 33 millions d’habitants nous ferait presque penser à la Belgique, un pays plat avec beaucoup de verdure et de champs de cultures. Nous nous posons à Narita, l’aéroport qui est le plus éloigné de la ville. La file et les démarches d’immigration se passent assez rapidement, avec prise d’empreintes et de photo ; déjà nous constatons l’efficacité et la gentillesse du personnel qui aiguille la foule. Un vol Swiss s’est posé près de nous ; les gens qui en sortent sont habillés plus chaudement. La valise récupérée ainsi que ma petite carte Victorinox qui n’a pas pu voyager avec moi (un joli panneau Mrs Poncin m’attend près des tapis roulants !), les douaniers nous apposent un joli Visa et l’aventure peut commencer.
  
Le train rapide Skyliner qui doit nous mener au centre ville est déjà à quai mais nous ne pouvons prendre place avant un nettoyage minutieux, qui a lieu après chaque trajet et surtout le pivotement des sièges pour que les voyageurs soient toujours dans le sens de la marche, épatant ! Le train est spacieux, confortable, peu fréquenté, ponctuel et les annonces, précises, sont données dans un anglais très clair. Le paysage défile, très différent de Singapour ; le ciel est d’un bleu parfait, l’horizon s’étend bien au loin sur une région sans collines, la ville approche et nous remarquons de suite tout ce réseau d’électricité qui est encore en hauteur, tellement visible.

Nous voici arrivés à Ueno Station, c’était assez facile et nous prenons des forces dans un « Vie de France », avec de délicieux croissants mais un personnel qui ne parle pas l’anglais … le bonjour, le merci, le bon appétit se devinent ; elles sont très souriantes et parlent énormément. Il semble que les japonais ne soient pas du tout avares de mots. Le ton est chantant, nous nous faisons l’oreille gentiment, c’est joli. Ici nous déposons l’argent et reprenons le change sur un petit plateau ; chaque pays a ses coutumes. A Tokyo, le réseau de trains et de métro est très dense et je l’ai déjà un peu étudié avant de partir ; aux interconnexions, il faut souvent ressortir et chercher la gare du train ou du métro que l’on cherche. Ainsi à la gare JR (Japan Railway), nous parvenons à faire trois démarches et en sommes assez fiers : Yves achète à un guichet automatique, avec un minimum d’indications en anglais, des cartes multi-réseaux SUICA ; nous échangeons les vouchers achetés à Singapour contre un JR Pass pour les grandes lignes de train – beaucoup de cachets, de papiers à remplir et un double contrôle par une autre opératrice ; et c’est à un troisième guichet que nous réservons nos places pour le voyage à Kyoto de jeudi – en présentant un papier avec la date, la destination et l’heure, tout se fait très vite. La gare grouille de monde, sans toutefois que ce soit fort bruyant – pas de cris, pas de mouvements de foules ni de bousculades.
  
Le climat étant tout différent de celui de Singapour, les codes vestimentaires le sont également ; il est facile de noter qu’il y a ici plus de recherche, plus de variété, plus de coquetterie. Et nous ne sommes que partiellement étonnés de voir plusieurs japonais porter le masque blanc sur le nez et la bouche ; ce serait autant pour la pollution que pour des problèmes d’allergies ou simplement en cas de rhume afin d’éviter de propager les microbes.

Un taximan nous conduit à notre hôtel ; ils sont équipés de gps, ils entrent le numéro de téléphone de l’adresse de destination et le navigateur les dirige. Tous les taxis sont nickel-propres, tout brille; le chauffeur actionne les portières, il ne faut surtout pas toucher et les dossiers et appuie-têtes sont recouverts de jolies petites dentelles blanches … tous les détails sont soignés ici au Japon. Nous verrons même des camions de chantiers aussi rutilants qu’un miroir et un ouvrier polir une boîte-aux-lettres publique ; Singapour est propre mais Tokyo la bat encore.

Une autre ressemblance est sans nul doute leur faculté de vente : le réceptionniste de l’hôtel Niwa nous réserve un accueil hyper chaleureux, nous vente les qualités de la chambre réservée, tout en proposant un bon deal pour un upgrade qui nous permettra de passer encore un séjour plus inoubliable, et avec un jacuzzi dans la chambre … il ne devait pas en dire plus pour que nous craquions. L’hôtel est idéalement situé près d’une station métro et aussi train, dans une petite ruelle qui s’avèrera d’un calme profond la nuit ; le design de ce petit établissement est ravissant, sobre et purement japonais.
  
Midi approche, le ventre tiraille, nous débutons très fort avec un lunch au 43ème étage du Dome Hotel ; le buffet est magnifique, nous avons envie de tout goûter, la fontaine de chocolat blanc coule à flot, la vue sur 360° nous enchante. Le Dome est un stade de baseball et une salle de spectacles ; les gens y font la file pour des réservations et pour s’épargner les jambes, certains ont laissé par terre leur sac-à-dos ou ont scotché un papier pour réserver leur place. Pourrions-nous imaginer cela en Europe ? Le quartier abrite aussi un parc d’attractions avec des montagnes-russes, une grande roue, etc et bien évidemment des restaurants et le centre Laqua, notre premier centre commercial japonais. Les boutiques nous paraissent très attirantes, les décorations sont raffinées, les vêtements très attrayants ; le shopping sera pour plus tard.
       
Nous tombons littéralement sous le charme du parc Koishikawa Korakuen, le plus ancien parc de Tokyo, dessiné au 17ème siècle et dont les paysages représentent en miniature des lieux japonais et chinois ; son pont de pierre en forme de demi-arc dont le reflet dans la rivière crée une vision de la lune, son étang avec une île où trône un héron, ses petits chemins sillonnant dans une végétation variée, ses jardins à thème dont une petite rizière, ses lanternes, sanctuaires et temples … un paradis au milieu des buildings.
     
Impatients de découvrir notre chambre, et aussi de tester le métro, nous faisons un petit crochet pour emprunter une des innombrables lignes du Subway ; avec les couleurs et les destinations inscrites en anglais, rien de trop compliqué à première vue et tout se passe dans un calme incroyable. Les hommes sont tous en costumes sombres et cravate, c’est presque comme un uniforme … les écoliers le portent tous, le vrai uniforme, jusqu’à la fin des études secondaires. Il semble donc que ce soit juste la période des études supérieures qui permet à la jeunesse de revêtir un peu de variété et d’originalité ; nous verrons des dames sortant d’une entreprise, toutes en tailleur classique bleu ou noir. Quel changement par rapport à Singapour !
Du quinzième étage de notre chambre, nous surplombons une des écoles du quartier et au loin des immeubles à n’en pas finir. C’est un vrai plaisir après une nuit en avion et une belle balade, de se plonger dans le jacuzzi pour un moment de détente – des sels parfumés, un écran en face du bain pour regarder la télé, un décor moderne et impeccable de propreté et de technologie. Je ne peux passer sous silence, le test tant attendu des toilettes japonaises, avec ses jets, soufflerie, désodorisant et son siège chauffant … il faut l’avoir vécu pour comprendre et apprécier. Cette technologie, ou ce gadget, est né dans les années 1980 et aujourd’hui, même les toilettes publiques en sont équipées. La maison japonaise est souvent sobre, de taille assez petite mais avec une pièce recouverte au sol d’un tatami, servant à l’origine de salon du thé, ou de chambre d’amis, de jeux ou de bureau. La domotique est perfectionnée, recherchée et interagit souvent par la voix ; par exemple une petite voix signale si l’eau coulée dans la baignoire serait trop chaude pour y plonger ou bien elle signale qu’elle va actionner au contraire le réchauffement si l’eau s’est trop refroidie. Un système de parlophone entre les différentes pièces permet de communiquer sans se déplacer : ‘le repas est servi’ ou bien ‘tu peux sortir le bébé du bain’ …
Bien requinqués nous partons à la découverte des rues au sud de l’hôtel ; pedibus nous parcourons Jimbocho, le quartier des bouquinistes (il y en aurait 160 dont le stock total dépasse 10 millions d’ouvrages). Des dizaines de petits magasins, vieilles librairies proposent des tonnes de vieux livres, illustrés, des estampes, souvent de seconde main … la ville présente ainsi plusieurs quartiers à thème ; celui-ci est totalement impressionnant, même si évidemment toutes les œuvres sont en japonais. Dans une plus grande librairie, sur huit étages, nous tentons de demander où trouver le domaine Business … eh oui, BMG est bien ici en quelques dizaines d’exemplaires traduits, avec une couverture redessinée en style manga !
Après les rues de bouquinistes, c’est le quartier des magasins de sport et l’on retrouve des marques bien connues, entre autres pour le matériel de ski et snowboard qui est ici encore en profusion. Nous sommes bien dans un pays qui connaît des saisons et les sports correspondants ; la nuit tombe tôt, avant 17 heures et la température également … nous reprenons une habitude courante pour nous, qui est de s’habiller plus chaudement pour sortir à l’extérieur, contrairement à Singapour.
  
La gare centrale de Tokyo est un magnifique bâtiment immense, de briques rouges, érigé en 1914 sur le modèle de celle d’Amsterdam. Elle est le point de départ du quartier de Marunouchi, ses tours modernes, centre financier et commerçant très actif, des rues bordées d’arbres aux guirlandes lumineuses donnant presque un air de Noël avant l’heure. Les grandes marques de couture, bijouteries, montres sont ici mais dans le centre commercial nous découvrons de nouvelles marques locales. Les décors de boutiques sont merveilleux, les vendeuses sont dynamiques, elles sont élégamment habillées, maquillées, coiffées de chapeaux, excentriques ; elles essaient des vêtements ou manteaux, au point de les confondre avec des clientes … la seule différence est probablement qu’elles ne portent pas de sac-à-main et qu’elles parlent haut et fort, avec ce ton chantant. Un monde de la mode qui paraît réellement très fascinant, un vrai plaisir. Une rue de restaurants au dernier étage, tous très attrayants au vu des photos mais pas facile d’en comprendre plus. Yves a une envie de viande, un bon morceau de steak et c’est moi qui choisis … un établissement où, pas de chance, il n’y a ni photo ni english menu, juste une vitrine où j’ai vu beaucoup de viande ! Un seul jeune serveur parvient à nous expliquer que ce sera une sorte de charbonnade avec une variété de morceaux différents ; on se régale, dans la bonne humeur, faisant griller nous-même nos morceaux qu’il faut ensuite manger avec les baguettes … merci de nous avoir donné une bavette ! La viande n’a pas du tout la couleur rouge d’un filet de bœuf comme nous le connaissons, elle est au contraire très nervurée de blanc mais elle fond littéralement dans la bouche. La vue plongeante sur la gare éclairée de briques rouges ajoute au charme de ce premier souper japonais qui restera un de nos meilleurs souvenirs gastronomiques. L’expérience métro puis train pour le retour vers l’hôtel est concluant, nous passons notre permis ‘déplacement à Tokyo’ avec succès. Le sentiment est assez étrange pour moi ; parmi une population à 99% japonaise, nous devrions nous sentir tellement différents et pourtant leur taille, leur habillement, leur discrétion me permettent presque de me confondre plus facilement dans leur monde.
    


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Deepavali

Les chinoiseries présentées par une dame des FOM me passionnent un peu moins que lundi dernier. J’apprends toutefois que les Cours d’Angleterre, de France, de Hollande, de Suède ont été attirées dès le 16ème siècle par les motifs d’Asie, faisant souvent un doux mélange entre l’art indien et chinois, que ce soit dans les tapisseries, les céramiques, les laques, les lanternes, les meubles et plus tard le thé et les services à thé (auxquels ils ont ajouté le pot à lait et le sucrier, absents en Asie). Après avoir importé ou ramené d’explorations des objets dits chinoiseries, les européens ont commencé à les fabriquer eux-mêmes, avec souvent plus de symétrie et de géométrie mais tout en conservant les motifs typiques, que ce soient les dragons, les oiseaux, les phoenix, les éléphants, les pivoines, les bambous, les ombrelles, les pagodes et j’en passe. Le Royal Brighton Pavilion, la chinese room de Buckingham Palace, le chinese Pavilion de Drottningholm en sont encore un bel héritage.

Le soleil rayonne dans un beau ciel bleu à ma sortie du Musée et je sillonne les rues avoisinantes, sans prendre le métro, ni mon plan … pour refaire certaines photos mieux valorisées et aussi élargir mon périmètre. Je n’avais pas encore approché le Padang, ce terrain de sport mythique bordé d’arbres centenaires et au cœur du quartier des édifices gouvernementaux. D’un côté le très select et fermé club de cricket et de l’autre le recreation center pour les citadins. Non loin de là, est érigé un mémorial aux victimes militaires de la guerre, avec sur une face ceux de la guerre 14-18 et sur l’autre ceux de la seconde guerre mondiale.  A l’image d’un obélisque tronqué et ajouré, telles des baguettes de béton tendues vers le ciel, un monument plus récent rappelle aux mémoires les nombreuses victimes civiles de la guerre avec le Japon.
Une jolie fontaine bleue en fonte a été commanditée en souvenir de Tan Kim Seng, un commerçant malais qui fut le leader de la communauté chinoise de Singapour au 19ème siècle et qui a œuvré principalement pour les travaux d’apport d’eau aux habitants.
Au passage on peut admirer la chambre de Commerce de Singapour qui a conservé une façade à l’architecture typiquement chinoise, dans une rue aux constructions plus modernes.
          
La plus ancienne église chrétienne de la ville est l’Armenian Church, minuscule et immaculée ; elle fut construite en 1835 grâce à une levée de fonds auprès des arméniens d’Inde et de Java mais aussi des européens et chinois de l’île. La communauté arménienne n’a jamais été très nombreuse mais ils furent prospères et la ville leur doit le Raffles Hotel, The Straits Times newspaper et la découverte d’une orchidée hybride qui portera le nom de son inventrice, Vanda Miss Joaquim. Au fond du jardin, restent des vestiges d’un cimetière et partout règne une atmosphère de recueillement.
 
Parmi les bâtiments d’époque, figure l’ancienne caserne des pompiers ; une grande bâtisse de briques rouges avec ses tours ; c’est également une aquarelle qui est sur ma to do liste … J’arrive au MICA (ministère de l’information, de la communication et des arts) reconnaissable de loin par ses volets aux multiples couleurs, juste en bordure de la rivière. C’était anciennement le poste de police de la ville. Les cours intérieures sont aussi colorées et on y découvre des sculptures assez imposantes.
   
Je suis dans les heures de visite aujourd’hui pour pénétrer dans la grande mosquée du Sultan ; je me laisse raconter un bout de son histoire par un vieux musulman qui avait 7 ans quand les bombes japonaises ont détruit le quartier, sans toucher l’édifice religieux qui a ainsi sauvé quelques cinq mille personnes, dont lui-même. Il paraît qu’à la base du dôme doré, la couronne sombre est faite de tessons de bouteilles sombres, offertes par la population pauvre qui voulait participer à la construction de la mosquée ! Les photos sont autorisées dans la grande salle de prières des hommes mais pas dans celle des femmes ( « elles sont plus vite dérangées par les visiteurs » …  s’en excuse-t-il auprès de moi !).

Le quartier indien, Little India, célèbre Deepavali, la fête des lumières et c’est là que nous nous retrouvons avec Yves pour passer un moment de la soirée. Les illuminations en quantité, dans la rue principale font penser aux lumières de Noël chez nous et cela reste magique dès que le ciel s’assombrit. De nombreuses tentes ont poussé comme des champignons un peu partout, offrant encore plus de marchandises à vendre, bibelots, vêtements, bijoux, fleurs, fruits et légumes. C’est également le jour du ramassage des cartons : un peu vieillot comme système. Un camion s’est arrêté au beau milieu de la rue et les gens arrivent avec des vélos super chargés ou des charrettes en bois, pour apporter leurs cartons à éliminer ! Ici à Little India, on pourrait presque oublier que nous sommes dans la grande métropole moderne de l’Asie. C’est pourtant très sympathique, les indiens nous interpellent dans la rue pour s’enquérir de « comment nous allons ce soir » … Nous nous mêlons à la population locale pour manger au Komala, des crêpes que l’on trempe dans un éventail de sauces délicieusement parfumées et parfois un peu fort épicées. Un monsieur s’assied à notre table pour boire son café, les dames de la table voisine nous font admirer la belle plante verte qu’elles viennent d’acheter, une spider plant … et c’était pas cher ! On ne peut rentrer à la maison sans que je montre à Yves ce qu’est Mustafa ! Il n’en revient pas … des marques et des quantités inimaginables !
     
Et c’en est fini pour quelques jours avec mes sorties, pour pouvoir préparer le voyage au pays du soleil levant …


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Journée des artistes

N’est-il pas étonnant de voir sur des affiches ici à Singapour, le nom du village ‘Le Brassus’ ? Les grands horlogers Audemars Piguet ont une équipe commerciale ici pour l’Asie, des clients importants. Ils fêtent cette année les quarante ans de la Royal Oak et on mis sur pied à cette occasion une exposition très instructive qui a voyagé de New-York à Milan, Paris, Beijing et Dubaï. Ici à Singapour, elle sied dans l’ancienne gare routière de Tanjong Pagar, gare désaffectée même si elle reliait la Malaise il y a encore peu d’années. Le taximan est très sceptique à l’idée de nous abandonner devant cet ancien bâtiment auquel il est certain que nous n’aurons pas accès. Il se trompe et notre persévérance est récompensée! L’exposition a attiré quelques centaines de personnes chaque jour, nous raconte un des commerciaux, en français bien sûr et nous sommes plusieurs ici à parler notre langue. La Royal Oak aurait été dessinée sur une nuit seulement par un certain Gérald Genta, designer italien, commandité par le président de l’époque, qui voulait une monte qui attire par son esthétique et son originalité. Sa forme octogonale est toujours reconnaissable et les multiples modèles déclinés depuis 1972 sont présentés dans des vitrines de toute beauté. Le modèle comporte quelques six cents pièces minuscules, que l’on peut observer au travers de loupes ; un ‘vrai bon jurassien’ est présent lui-aussi, avec sa machine artisanale qui façonne les disques de base. Intéressant, distrayant, amusant de se sentir un moment proches et fiers de notre Vallée de Joux.
  
Ce week-end au centre ville nous permet de déambuler dans les rues du quartier financier, de Chinatown et nous prenons le temps d’admirer les buildings hyper modernes mais aussi les musées et les temples. Yves se fait apostropher par un indien dans Nagora Dargah, un petit sanctuaire musulman ; il lui prétend que les indiens musulmans étaient les premiers à avoir introduit le négoce à Singapour. Juste à côté, le temple Thian Hock vient juste de re-dévoiler sa splendeur après des mois de rénovation. Des lions à l’entrée, des dragons sur les toits de ce temple taoïste du ‘bonheur céleste’, qui a bien évolué depuis sa première version toute en bois en 1842, construit pour protéger les chinois qui débarquaient en terre promise ! C’est le plus ancien temple chinois de Singapour et son architecture et son design superbes lui ont valu la reconnaissance suprême de l’UNESCO.
          
Ces rues aux shophouses colorées ont déjà inspiré de nombreux artistes et aujourd’hui nous observons un groupe d’élèves peintres, pas mal doués. Nous connaissons quelques aquarelles de Derk Corke et aussi de Graham Byfield qui a illustré un SketchBook sur Singapour. Yves me donne pour mission de dénicher un maximum de ces endroits et de les capter en numérique. Certains bâtiments sont connus mais d’autres beaucoup moins et ensemble nous quittons le quartier touristique à la recherche de la Baba Blue House, que Yves trouve magnifique. Construite par la fille d’un commerçant chinois de Malaisie, en son honneur, cette jolie petite maison, devenue bâtiment historique, est gérée de nos jours par le Musée de NUS .
      
Et enfin, ‘Phase 47′ est un spectacle de danse qui nous rappelle les studio perfo de Sylviane et Jean-Marc. Perdu entre les buildings de marbre du quartier des affaires, un grand édifice, ancienne école probablement, aux façades enjolivées par des graffitis colorés, le TAPAC (Telok Ayer Performing Arts Centre) héberge des écoles de danse, de théâtre, d’opéra. Le spectacle de ce week-end est une collaboration entre deux danseuses singapouriennes et deux japonaises, jouant en partie avec de l’improvisation. La salle n’accueille qu’une vingtaine de spectateurs qui sont emportés par le rythme, la musique, l’expression des artistes … un très joli moment.
    

Raffles Hotel

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Imaginons un oasis à l’âme coloniale au milieu de l’effervescence du commerce et du trading. Voilà comment je qualifie le mythique Hôtel Raffles. La semaine dernière, l’admirer depuis le dixième étage du Fairmont nous a donné envie d’y plonger pour une journée.

Il date de 1887 et a été reconnu monument national cent ans plus tard. Dans les années 1920 – 1930, il fut la mecque de célébrités, acteurs et écrivains (Chaplin, John Wayne, …) qui étaient accueillies par un célèbre concierge sikh ; c’est toujours le cas aujourd’hui. Le hall d’entrée est majestueux ainsi que tout le bâtiment qui a gardé son charme d’antan. Ses coursives pour les arcades de shopping et pour l’accès aux chambres sont de bois foncé, donnant sur des cours et jardins malais aux 50’000 plantes. Les suites sont toutes vastes, avec un petit salon et salle-à-manger, aux fenêtres garnies de jolis rideaux et aux volets boisés de style ranch. Le mobilier est dans le décor de l’époque, richement agrémenté de tableaux, lampes, objets divers, tapis d’orient et même de livres ; la salle-de-bain, de marbre avec cette ancienne robinetterie dorée.

L’hôtel occupe tout un carré sur le plan de la ville ; on s’y balade, on s’y perd, on chine entre les boutiques de luxe, les spas aux marques françaises, les bars et restaurants, le théâtre, les salles de réception, les jardins et les fontaines. L’accueil est plus que parfait avec un cocktail maison de renommée, le Sling dont je tairai tous les ingrédients ! Ce doit être un luxe que de s’offrir un mariage ici au Raffles, les jeunes mariés sont tous deux habillés dans les tons crème et se promettent fidélité dans les jardins entourés de palmiers avec le chant des cacatoès … Le service est à la hauteur de la réputation ; de l’accueil (j’ai déjà mentionné le Sling), au service de chambre, aux portiers, aux serveurs … ils ont tous des mots attentionnés, gentils, avec une pointe d’humour.

Le cadre du Grill est flamboyant par ses lustres scintillants, sa hauteur de plafond et sobre aussi dans sa napperie blanche pure, ses couverts avec le palmier éventail qui est également finement brodé sur la serviette. Je reçois même une petite chaise pour y déposer mon sac à main ! Le buffet du petit-déjeuner propose tous les mets froids tandis que les boissons et plats chauds sont préparés à la demande. Un petit garçon voit arriver toute l’équipe des serveurs avec un joli gâteau chocolat garni de bougies … ce n’est pas banal de fêter ses 10 ans au Raffles !

Tout est fait pour avoir le sentiment profond de vivre une expérience unique baignée dans le climat du temps des colonies …

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Rythme de croisière

J’ai comme l’impression que les semaines passent de plus en plus vite. Notre vie ici a pris son rythme de croisière. Yves est pas mal sollicité; il est en contact avec la plupart des universités (NUS, NTU, SMU, INSEAD, ESSEC, …) et a même rencontré une équipe qui depuis une année crée une toute nouvelle université (SUTD) en collaboration avec le campus du MIT à Boston. Des entrepreneurs ou startups de la ville ont eu écho des présentations de Business Model Generation et se sont mêlés à des séminaires de doctorants pour en connaître davantage. Il y a même deux ministères qui seraient intéressés par un workshop pour leurs managers; IE (International Enterprise) au sein du ministère du commerce et de l’industrie, pour l’aide aux entreprises Singapouriennes dans leur développement à l’étranger et dans le ministère MICA (Information, Communication and Arts), le département « design Singapore » qui aide les designers souvent démunis de notions de business. Tout récemment c’est Amazon qui souhaite le rencontrer. Son agenda est bien rempli, c’est gratifiant.

Notre voyage au Japon est réservé du 18 au 30 octobre, en commençant par Tokyo avant de découvrir la beauté automnale de Kyoto. Dans la capitale, Yves aura plusieurs entretiens avec des entreprises, des collègues et le monde de l’édition. Heureusement nous avons trouvé un guide français pour les deux premiers jours; il va nous emmener dans des coins et divertissements insolites et il va nous aider à apprendre l’autonomie pour nos futurs déplacements. C’est précieux d’avoir une personne locale pour se débrouiller dans les transports en commun, cela ne semble pas évident.
Le climat ne sera pas celui de Singapour … la bonne excuse pour un peu de shopping! Je retourne à Jurong Point dans ce mall dont les magasins me correspondent assez bien. Pas très original, je trouve chez Esprit de quoi faire face à des températures qui baisseront de 10 degrés. J’y connais mes tailles et la qualité, et de plus, ce n’est pas toujours facile de dénicher une tenue qui me convienne dans les petites boutiques; souvent elles n’ont qu’une seule taille à proposer et c’est toujours beaucoup trop petit (et non non je n’ai pas pris de kilos!). C’est le comble que j’aie trouvé une blouse longue au design coréen, chez une vendeuse qui annonçait des tailles jusque XL!

Ma première séance d’acupuncture mardi, s’est super bien déroulée. Le professeur Wu Yue a étudié à Beijing la médecine traditionnelle chinoise et a aussi longtemps travaillé en Malaisie avec des médecins allopathes. Je suis admirative de sa dextérité pour insérer les aiguilles, rapides comme des flèches et sans aucune douleur ni gêne; le moment de repos s’est transformé en sieste, sans plus aucune notion de l’heure. Ensuite il a peaufiné avec une séance d’acupressure; je pense que tous les muscles de mon corps se sont détendus sous les pressions de ses doigts, avec toujours une préférence pour le massage du visage, du crâne, de la nuque. L’attente avant de me décider semble payante, je suis enchantée de cette thérapie par un vrai chinois professionnel.
 
Anita m’a fait la dernière coupe il y a trois mois; mes cheveux collent dans le cou pendant les promenades! Je prends rendez-vous chez Oscar, le coiffeur de Jutta et il s’avère que c’est une bonne recommandation. Il n’est pas désarmé devant nos cheveux fins, tellement différents de ceux de la population locale. Je le laisse créer une coupe un peu nouvelle; il me les raccourcit très fort sur la nuque et cela m’arrange. Son coup de ciseaux est phénoménal, précis et parfait! Quelques mèches pour éclaircir et un traitement pour nourrir les cheveux. Les fauteuils du bac de lavage sont presque des lits, on y est super bien installé pour le massage et la pause de la crème, enrichie par un jet de vapeur qui me transporte sur un nuage … rien de comparable avec les dix minutes express de la coiffeuse de Yves; je suis restée presque deux heures dans le salon d’Oscar, Hairapy.
 


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Botanic Garden

La journée s’annonce belle et sera chaude puisque je décide une balade dans la moitié nord du Botanic Garden; je n’aurai pas la possibilité de me rafraîchir dans un endroit climatisé. La porte est en ferronnerie à l’image d’une fleur mais moins imposante que celle sur Holland Road. Après un espace aménagé avec des plantes fleuries grimpantes, sur des arches formant un tunnel, j’arrive au parc des bambous. Et cela varie depuis de toutes jeunes mini pousses fines et légères à des massifs énormes, hauts et imposants de gros bambous. L’endroit est zen et idéal pour un chemin de pierres arrondies, appelé reflexology path, que je parcoure donc pieds nus; c’est fréquent ici, il y en a même un dans notre résidence.
     
À la sortie de la forêt de bambous, je reste en admiration devant les bougainvillées toutes fleuries et parfumées, c’est magnifique! Le petit lac, appelé Eco Lake, a un contour sinueux et est laissé sauvage; le niveau de l’eau est bas aujourd’hui mais on peut y voir des insectes et libellules, des canards et des hérons mais surtout des cygnes noirs originaires d’Australie.
Le parc présente depuis quelques jours une exposition-vente de sculptures de Zadok Ben-David; elles sont géantes, réalisées dans un acier qui rouille et représentent des arbres, des papillons, avec des formes rondes ou plus allongées … une harmonie parfaite dans ce décor de verdure.
Un joli jardin de bananiers me fait penser à mes amies et voisines chez qui aussi ils se plaisent. Plusieurs plantes et fruits sont à la base de nombreuses boissons et ici je découvre ces arbres aux larges feuilles portant des fèves de cacao, de café provenant d’Afrique et des plantes dont les feuilles produiront du thé sweet.
       
Le plus intéressant de ma balade est le jardin des plantes au pouvoir guérisseur. Je suis impressionnée par l’aménagement didactique de cette vaste partie du parc. Le ‘Healing Garden‘ présente quatre cents variétés de plantes utilisées médicalement et organisées par thème, selon les problèmes qu’elles traitent; les voies respiratoires, les voies digestives, le système nerveux, le système musculaire, etc. . La beauté et la sérénité qui règnent dans ce jardin nous laissent tout le loisir de la réflexion sur ce pouvoir de la nature face aux déficiences de l’être humain.
      
Les visiteurs commencent certainement en général par le Visitor Centre; moi j’arrive enfin à cette place centrale avec évidemment un magasin de souvenirs, un restaurant fort sympa, tout autour de superbes palmiers au pied baignant dans des fontaines.
     
Je pense que j’aurai pratiquement tout exploré après avoir traversé le ‘Evolution Garden‘, qui sur plus d’un hectare tente de nous faire remonter dans le temps, à plusieurs millions d’années, lorsque la vie a commencé par les plantes … les arbres se sont pétrifiés en minéraux … le décor est presque irréel.
     
Jolie promenade qui se termine à la sortie par un retour à la civilisation; l’ambassade de France se trouve juste en face de moi ainsi que Cluny Court, ce petit pâté de maisons-commerces qui a conservé tout son cachet.
  


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Je deviens FOM

Je deviens une FOM de ACM … c’est-à-dire ‘friend of museums‘ de l’Asian Civilisations Museum! Plusieurs amies m’en ont parlé, déjà Marie-Christine avant mon départ; c’est fait pour des dames comme moi (traduisez: la cinquantaine voire plus, sans enfants avec elles, un mari occupé, ne sachant comment passer leur journée et cherchant des contacts;-).
Chaque lundi, après les papotages autour d’un thé-café, une conférence est donnée dans l’auditoire du musée par une des membres de l’association, sur une thème spécifique. Aujourd’hui une australienne nous raconte la vie de Sir Victor Sassoon, un juif anglais, business man visionnaire qui a voulu faire de Shanghai dans les années 1930 le ‘Paris de l’Asie‘. Il a fait fructifier un héritage familial déjà conséquent, depuis deux générations de barons Sassoon, établies au départ à Bombay. On connaît encore aujourd’hui un de ses ouvrages imposants, l’hôtel Fairmont Peace, au toit de cuivre, sur le Bund, le boulevard des étrangers le long de la rivière.

Sir Victor Sassoon et son épouse

Le Peace Hotel sur le Bund de Shanghai

La salle est bien complète et je trouve l’exposé intéressant et approfondi. Les dames de l’association organisent également des visites guidées, des formations de guides mais je n’ai pas encore les programmes. Par contre une dame m’approche pour me proposer des tours de certains quartiers moins connus. Je verrai si elle me contacte; elle me présente Derek Corke, un peintre anglais qui a mis sur toiles des images typiques de Singapour, qu’il expose au Fullerton. De retour à la maison, je confirme ma suspicion : c’est lui qui a illustré le petit livre ‘Memories‘ que j’avais acheté à Chinatown … et ce sont les mémoires de Geraldene Lowe, justement cette dame qui m’a interpelée … peut-être une dédicace lundi prochain!

Le Swiss Club par Derek Corke

Le Raffles par Derek Corke

Après la conférence, je traverse le pont vers le Fullerton, pour entrer dans ce prestigieux hôtel et découvrir les œuvres de ce Mister Corke; plusieurs aquarelles me plaisent … et plairont à Yves aussi. Le lobby est dressé avec des buffets tout à fait alléchants … que j’ignore … et je parcours plutôt l’exposition sur les archives du bâtiment. Ancien Fort de garde de Singapour, il a ensuite été agrandi et restructuré pour héberger la Grand’Poste puis des bureaux gouvernementaux et a servi d’hôpital pendant la guerre. Ce n’est qu’au début du 21ème siècle qu’il devient cet hôtel de luxe. Aujourd’hui encore il est possible de poster une carte dans une authentique borne postale de la couronne d’Angleterre ici même au Fullerton! La première ou le premier qui m’envoie une carte postale de sa région recevra une carte de Singapour postée au Fullerton …

East Coast Park

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Notre but pour ce dimanche était une balade dans East Coast Park, situé tout à l’opposé de chez nous sur l’île. Yves m’avait fait la surprise d’une nuit au Fairmont en ville ; quelle merveilleuse idée ! De notre chambre, la vue est plongeante sur tout le carré du Raffles ; on se rend bien compte de son ampleur.

Le métro nous laisse un peu loin de la côte, cela mous permet de découvrir une autre facette de la ville, avec des industries d’électronique, d’appareils médicaux. Le parc longe la côte sur une bande assez étroite depuis la ville, jusque pratiquement l’aéroport, soit une distance de 11 km. La moitié nous suffira pour aujourd’hui et nous démarrons au lagon avec son installation câblée de ski nautique ; certains sont vraiment doués ! La marche est magnifique le long des plages de sable où poussent les palmiers. Au large, la mer accueille toujours une quantité impressionnante de porte-containers, de tankers, formant la ligne de l’horizon.

Où que l’on se trouve à Singapour, il y a de quoi manger. Ici aussi donc, se sont installés des food courts. Un restaurant perse nous séduit par son hospitalité et surtout par son poisson frais, grillé et épicé à merveille. Mais de nombreux groupes se réunissent pour des barbecues soigneusement et copieusement préparés ; nous verrons une cinquantaine de « barbecue spot » bien aménagés sur la plage et il y a du personnel qui passe pour les déchets … un dimanche après-midi ! On peut aussi louer des petits cabanons, un peu comme nos refuges en Suisse, ou installer sa tente igloo et passer là, le week-end. Le coin est assez peuplé, de marcheurs, de familles avec trottinettes et poussettes, de vélos, de rollers et également de cuistax … comme à la côte belge ! Et comme en Belgique aussi, une dame blanche et une blonde de Ciney seront notre goûter au Brussels Sprouts connu pour ses moules–frites et toutes ses bières belges à la pompe.

Une brise marine souffle tout le long, c’est la première marche que je fais sans être en nage !

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Tea Time au Mandarin Oriental

Le petit-déjeuner au Toast Box est surprenant ce matin par le fait tout d’abord que les œufs mollets nous sont donnés ainsi dans une petite coupelle … un peu chaud pour les doigts … ne connaissent-ils pas les coquetiers? Ils sont toutefois savoureux, même si on n’a jamais vu de poules ici, tout comme les toasts et buns au beurre parfumé provenant d’une jolie montagne sous cloche réfrigérée et aussi le café et thé latte dont la préparation est amusante, rappelant aux nostalgiques singapouriens le Nanyang coffee fraîchement grillé ; la serveuse transvase x fois le mélange d’une grande cruche à une autre, ajoutant lait, cacao Nestlé, sirop de sucre, en soulevant bien haut son geste, comme pour le thé marocain. Le résultat nous surprend en bien, c’est délicieusement doux et sucré.

Notre taximan chinois, pure souche, dit pourtant bien « can can« , ce qui signifie « oui oui » en Singlish (la langue de Singapour), quand on lui donne le nom du Mandarin Oriental mais il nous dépose au Marina Mandarin et c’est le jeu de piste pour atteindre notre lieu de rendez-vous. Nous rencontrons Nicole, la fille de nos amis de Uzès, avec son mari et leur charmante petite Juno de 14 mois. Le contact est de suite très chaleureux et joyeux; on échange sur nos vies et nos expériences, devant un Tea Time qui n’est pas sans nous rappeler celui de l’Empress à Victoria.
  
Nos amis Monique et Rémi se marient aujourd’hui à Charmey; nous avons une tendre pensée pour eux et vive la technologie qui nous envoie une photo presque en direct! Et notre jeunesse est elle montée en Belgique pour le grand plaisir des grands-parents

Ce samedi j’ai encore un coin de la ville à montrer à Yves; il s’agit du quartier arabe avec ses ruelles de petites boutiques design, le Blue Jazz Cafe dont les graffitis colorés sur les façades créent la polémique auprès des autorités, ses chichas au parfum agréable, Bussorah street et ses restaurants turques, marocains ou égyptiens. La magnifique mosquée du Sultan, avec ses éclairages nocturnes, séduit Yves comme je l’ai été dans la semaine; c’est réellement un petit quartier très plaisant.
    

Le Mamanda propose ces jours un Food Festival pour promouvoir la Malaisie. Nous sommes installés dans la cour, avec une jolie vue sur le parc et le musée et nous dégustons des mets délicieux d’un buffet où couleur, odeur, saveur sont les maîtres mots. Pas d’alcool dans le monde musulman, je me hasarde à une boisson rouge pensant que c’est une sorte de grenadine probablement et j’y retourne plusieurs fois, à la pompe de cette boisson aromatisée à la rose, un régal! Nous sommes aussi aux premières loges pour les danses folkloriques qui animent la soirée; rythme, couleurs, fleurs, or, soies, sourires, séduction … nous sommes sous le charme. L’ambiance est très conviviale, les dames engagent la conversation facilement alors que nous n’avons pas du tout le look des musulmans présents ce soir. Au final, chaque danseur et danseuse vient chercher un nouveau partenaire pour l’accompagner dans une dernière danse; je vous laisse deviner qui reste assis et qui est entraînée! Je m’y amuse et passe une soirée magique. Cela donne envie d’aller découvrir leur pays, leur but est atteint… et on reçoit des cds de musique et de reportages sur la Malaisie. Nicole nous a d’ailleurs donné cet après-midi un beau conseil pour un éventuel voyage.
   


Il fait bon se promener la nuit dans Singapour illuminée, animée, sans agressivité et aussi prendre un dernier verre dans un bar, pourquoi pas ? Celui de ParkView Square est réellement extraordinaire comme architecture, aménagement et décoration. Le bâtiment est relativement récent (une dizaine d’années), construit sur le modèle du Chanin Building de New York, pour un chinois de Taiwan par un groupe d’architectes locaux , comme Office Building le plus remarqué de son époque. Le rez de l’immeuble est un immense bar, complètement « art déco » des années 1920, une hauteur de plafond à quinze mètres, avec des bouteilles rangées sur une hauteur de trois étages, auxquelles les serveuses accèdent agrippées à une corde et hissées par un treuil (malheureusement pas de démonstration ce soir, nous n’avons sans doute pas choisi le bon breuvage;-). Chaque pièce de mobilier, table, fauteuil, lustre, statue, revêtement de mur, de plafond est une œuvre originale d’artistes internationaux et d’une sophistication et un luxe incroyables parfois, mélange de verre, de marbre, de bronze, de bois, de cuir. Des statues de grands hommes comme Churchill, Platon, Chopin, Dali, etc gardent le parvis de ce building imposant et une énorme grue dorée pointe vers la Chine. Et voilà comment notre curiosité nous mène parfois dans un endroit insolite, auquel les guides ne font pas référence.
      
Sur le chemin du retour vers Raffles City, une musique se fait de plus en plus puissante … mais une autre sorte de musique ici. En octobre, même à Singapour, on célèbre la fête de la bière! Un orchestre, que je dirai bavarois, met une de ces ambiances devant le German Bar et parvient à faire chanter et bouger les caucasiens et les asiatiques amoureux des mass de bière (les serveuses n’ont pourtant pas la même morphologie que les germaniques!).





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Le Grand Shanghai

Ce fameux centre commercial récemment inauguré, je l’aurais vraiment appelé « The Boat » plutôt que « The Star », tellement cela me fait rêver à une croisière quand j’y fais le lèche-vitrine. La construction est phénoménale, avec des ponts comme sur un paquebot. Tous les emplacements ne sont pas encore occupés mais il y a déjà beaucoup à admirer ainsi ; de nombreux restaurants évidemment, de toutes origines et je choisis aujourd’hui un lunch léger et sain avec des wraps et un smoothie mangue-passion, délicieux. A la commande, le garçon me remet un petit gadget en forme de soucoupe volante, qui se met à clignoter 5-10 minutes plus tard quand mon repas est prêt ! Les boutiques rivalisent entre chaussures confort ou à talons aiguilles, sacs de voyage ou avec coques, vêtements casual ou plus chics, cosmétique (je me fais masser les mains avec du sel de la mer noire), articles de maison (je repère des ceintres anti-glisse) et un petit supermarché japonais.
        
Ce qui ne fait jamais défaut par ici, ce sont les salons de massages et de beauté. La concurrence joue entre eux ; ils essaient de nous attirer avec des offres alléchantes dont la plupart jouent sur la durée par des sortes d’abonnements mais je ne suis pas ici assez longtemps alors je craque pour une massage javanais du visage proposé à moitié prix : douceur et parfum dans le geste et le toucher – odeur de fruit, d’épice et de concombre – tradition et savoir-faire pour un réel bien-être.

Les heures ont passé et je suis toujours sur mon bateau … je poursuis dans ma démarche bien-être, en allant découvrir un centre  « body & soul ». Une publicité dans le Finder, la revue gratuite sur ce qui se passe et s’offre à Singapour, a attiré mon attention. Le centre propose de l’acupuncture, des massages, de l’ostéopathie, des cours de relaxation et Qi gong … toutes thérapies qui me parlent. Et ce sont des françaises qui m’y accueillent même si les thérapeutes sont chinois ; je me renseigne sur des séances de Qi gong et je prends rendez-vous chez l’acupuncteur la semaine prochaine.

Après un passage rapide à l’appartement, je repars avec Yves en ville pour un souper au Grand Shanghai, offert par Virginia Cha, une de ses collègues originaire de Shanghai elle-même mais élevée en Thaïlande, ayant étudié à Hawaï, lancé des entreprises en Chine et installée à Singapour où elle a fait un Doctorat à l’âge de cinquante ans ! Selon elle, c’est le seul vrai restaurant chinois, typique « old fashion » avec un groupe de musique live mais surtout « it is the place to be » pour faire du business avec les chinois ; les touristes ne fréquentent pas l’établissement ! Nous la laissons choisir pour nous une quantité de plats qui viendront garnir notre table ; tout est très très bon et comme c’est l’habitude souvent, elle a apporté sa bouteille de vin ! Le maître d’hôtel et les serveuses sont très attentionnés ; normal, nous dit-elle, je les « arrose » d’un gros pourboire une fois par année (c’est la coutume). Soirée très agréable que nous terminons par une balade en amoureux sur les trottoirs éclairés de Robertson Quay, un des trois quais animés de la River.
     
Le retour en taxi est rapide à cette heure tardive ; c’est toujours amusant d’échanger avec les chauffeurs de taxis. En général, il suffit d’engager la conversation et ils sont partis à raconter … Mais le plus surprenant au début, est que souvent ils nous demandent « par où nous avons envie de passer aujourd’hui » ? Les Singapouriens aiment les acronymes et c’est donc un discours du style « par CTE ou AYE ? ERP est terminé à cette heure ! ». Autant dire que les premières fois, c’était vraiment du chinois pour moi. CTE et AYE figurent sur les plans comme des noms d’autoroutes mais en réalité le E signifie Express et les autres lettres sont les initiales des deux points extrêmes qu’elle relie, comme si l’autoroute Genève-Lausanne était appelée GLE et prononcée « gu l e ». Et ERP est le système de taxation de la circulation au centre ville durant les heures de forte affluence. Le taxi est un mode de transport très courant, même des jeunes étudiants se déplacent souvent ainsi. Personnellement, je n’ai jamais autant pris le taxi de ma vie, que ces deux derniers mois et à présent nous parvenons à leur indiquer l’itinéraire qui nous fait plaisir …