Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Baie-St-Paul et le Canyon Ste-Anne avant de rentrer à Montréal

Alors que nous lui demandons pourquoi son motel porte ce nom-là, Louise nous renseigne une marche dans la forêt pour découvrir des cascades, des rochers qui secouent le cours de la Rivière du Bras. Ce sera la deuxième mise en jambes pour Olivier qui a fait son jogging de bon matin. Ce paysage très nature respire le bon air et donne de jolies photos.

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Je recommande vivement ‘A chacun son Pain‘ pour un petit déjeuner avec des produits locaux et une grande variété de pains; c’est ici que je trouve un petit flyer qui influencera le reste de la journée.

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Ensuite c’est la découverte des galeries d’Art; il y en a ici à Baie-St-Paul un nombre impressionnant, qui présentent les œuvres d’artistes canadiens. La plupart sont installées dans des maisons anciennes de personnalités du coin et cela apporte encore un charme supplémentaire. Un galeriste prône les oeuvres de Bruno Coté; il nous dit : ‘on achète un artiste vivant par coup de coeur et un qui nous a quittés pour investissement’ ! Le livret sur cette petite localité en répertorie une vingtaine et je ne manque pas d’aller montrer à Olivier la plus typique, celle de la maison de René Richard.

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Olivier aime passer devant le monastère des Sœurs Franciscaines, qu’il a de suite repéré non pour la petite sœur sur le parvis, mais parce que ces sœurs ont un wifi gratuit dans l’Espace Muséal des Petites Franciscaines de Marie! C’est fin du dix-neuvième siècle que le père Fafard ouvre à Baie-St-Paul l’hospice Ste-Anne, avec onze sœurs fondatrices pour s’occuper des malades, des orphelins, des personnes âgées. Leurs bâtiments s’étendent sur une belle superficie, leurs églises ont ces clochers d’argent typiques qui brillent au soleil. Elles ont vendu une partie de leurs terres pour la réalisation d’un grand projet qui s’appelle ‘La Ferme’.

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Ce complexe hôtelier fut construit avec des matériaux bruts et naturels, à l’emplacement de la plus grande ferme en bois au Canada, il comprend cinq bâtiment à l’architecture et au design modernes, tout en laissant paraître des éléments de la ferme d’antan. Les chambres ont des décors très variés et les clients peuvent acheter tout ce qu’il y a dans la pièce. Il y a trois restaurants offrant des produits régionaux, des légumes de leur jardin mais aussi un Spa et une gare où arrive un train faisant la navette entre Baie-St-Paul et Petite-Rivière-St-François un peu plus au sud.

Voilà un endroit qui plairait bien à Yves lors d’une prochaine visite dans la région tandis que moi, je serais attirée par une excursion à bord du Train du Massif de Charlevoix. La ligne se trouve juste entre le fleuve et les montagnes, une croisière ferroviaire qui peut se vivre entre Québec et La Malbaie.

Nous voici quittant le pays sauvage et magnifique de Charlevoix; nous reprenons la route 138 vers Québec. Une dernière halte encore à Beaupré nous tente pour une ultime marche en nature, au Canyon Ste-Anne. Woah, c’est assez vertigineux et spectaculaire de passer par dessus cette chute d’eau, sur les trois ponts suspendus, dont une passerelle qui se situe à soixante mètres au-dessus du gouffre. Ici aussi nous sommes face à une chute plus haute que celle du Niagara; le débit de la rivière varie beaucoup au cours de l’année entre le printemps avec la fonte des neiges et l’automne. La rivière Ste-Anne prend sa source dans une trentaine de lacs, à cent kilomètres à la ronde avant de se faufiler et se jeter dans le St Laurent à Beaupré. Comme la plupart des rivières du Québec, elle abrite des poissons, on peut y pêcher la truite arc-en-ciel, l’omble de fontaine, l’anguille ou le meunier noir. Sa couleur est brune par endroit; cette coloration provient des acides présents dans l’humus du sol des forêts et aussi de la présence de métaux comme le fer et le manganèse qui se trouvent dans les roches sur lesquelles la rivière ruisselle. Elle n’est cependant pas impropre à la consommation.

Les points de vue sont fabuleux, les arcs-en-ciel sont féeriques; les plus aventureux traversent en tyrolienne ou escaladent la Via Ferrata des Marmites, du nom des bassins d’eau profonds creusés par la chute de la Rivière Ste-Anne depuis un milliard d’années. Le site est une sortie en nature fantastique et qui a attiré des peintres depuis longtemps, comme le révèle le tableau de Cornelius Krieghoff au dix-neuvième siècle. Nous aurons découvert une Chute, des Cascades et un Canyon … elle est belle et riche la nature.

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Ainsi se termine notre escapade au pays de Québec et Charlevoix mais il reste une longue route, monotone pour rentrer; nous empruntons aujourd’hui l’autoroute 20 sur la rive sud et déposons Olivier vers 18h30 à son hôtel au centre ville de Montréal. Cinq jours s’offrent encore à lui pour explorer la métropole.

Pour nous, ce sera un achat de valises – eh oui, je pense avoir quand même accumulé quelque surplus – et un souper tranquille en terrasse chez Rumi, un restaurant aux saveurs orientales.


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Nous faisons la connaissance de Nadia et Marc

Par une chaude journée consacrée au shopping, je découvre un grand magasin Roots 73, une marque canadienne dans une zone de centres commerciaux à l’américaine. Et ensuite c’est sur Ste Catherine que je fais chauffer la carte de banque entre une demande de Thomas pour un bracelet FuelBand, des petits achats de cadeaux et quelques jolies blouses chez Tommy Hilfiger à l’étage des dames cette fois.

Yves est dans le jury de thèse de doctorat d’un chercheur de Suzanne; une défense longue et intéressante qui se prolonge par un repas au Leméac. Ce jeune part travailler au Qatar emmenant son épouse et leurs deux enfants.

Alain aimerait que nous fassions connaissance de Nadia et Marc, un couple de leurs amis, belgo-canadien et c’est dans un restaurant italien sur St Mathieu, juste à côté d’anciens bureaux d’Alain, que nous passons une soirée très joyeuse. Martine et Alain y sont connus comme les enfants de la maison et nous avons droit à des plats de pâtes concoctés pour nous, délicieux. La société de Nadia et de Marc est installée à Bruxelles; ils commercialisent des systèmes de fixation invisibles pour des terrasses en bois. Leurs clients sont aussi en France, à Londres et même en Suisse, entre Lausanne et Genève. Le courant passe de suite très bien entre nous et nous sommes les derniers clients à quitter le restaurant ce soir.


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L’île Sainte-Hélène

L’été chaud arrive à Montréal, nous apprécions grandement le ventilateur prêté pour des nuits supportables dans un appartement qui se dit ‘art déco‘ et sans air conditionné. Avec l’indice humidex – mesure utilisée par les météorologues canadiens pour intégrer les effets cumulés de la chaleur et de l’humidité -, la chaleur ressentie aujourd’hui devrait être de quarante degrés mais pas question que je reste cloisonnée; j’emporte mon pic-nic, ma bouteille d’eau et je m’évade sur l‘île Ste Hélène.

Le parc Jean Drapeau, du nom d’un maire important de Montréal, regroupe deux îles au sud-est de la ville en face du Vieux Port. L’île Ste Hélène est une île naturelle, baptisée ainsi par Samuel de Champlain quand il arriva à Montréal, et une destination de loisirs; les Montréalais y viennent pour la piscine extérieure et le parc d’attractions, La Ronde, mais aussi les dimanches d’été pour les fameux Piknic Electronik.

L’île Notre Dame a été créée de toutes pièces dans les années soixante, au milieu du fleuve, avec les terres issues du chantier du métro – quelques quinze millions de tonnes de gravât ; c’est sur cette île artificielle que l’on trouve le Circuit Gilles Villeneuve du Grand Prix de Formule 1 et également le Casino de Montréal.

C’est ici sur ces deux îles qu’a eu lieu en 1967 l’Exposition Universelle; le Casino fut aménagé par la suite dans les pavillons de la France et du Québec. Et sur l’île Ste Hélène, subsiste la Biosphère, pavillon des États-Unis, œuvre de l’architecte Richard Buckminster Fuller. Il s’agit d’une grosse boule faite d’une sphère intérieure composée d’hexagones en tubes d’acier, superposée à une sphère extérieure composée elle de triangles de tubes en acier semblables; la biosphère a la hauteur d’un bâtiment de vingt étages, avec un diamètre de septante-six mètres. Ce fut le ‘bâtiment’ le plus visité durant l’Expo et il reçut le Prix du Design l’année suivante. La couche d’acrylique qui couvrait la surface a brûlé en 1976 lors de travaux de soudure et ainsi il reste de nos jours la structure trouée, pour abriter un musée de l’environnement.

Je me balade sur le tour de l’île, apercevant le St Laurent et ses ponts puis la ville de Montréal reconnaissable par ses buildings typiques et sa ‘montagne‘, le pont Jacques Cartier qui passe au-dessus de ma tête. L’île est par endroit sauvage et très boisée, c’est agréable de s’y promener.
Jean-Marie Lucas-Girardville a dit du fleuve : ‘Ainsi, il n’y a pas un Saint-Laurent mais « des » Saint-Laurent : tantôt rivière, tantôt rapides, tantôt lac, tantôt canal, tantôt fleuve, et tantôt mer, il peut être langoureux ou déchaîné selon le lieu et l’heure.’

Le parc renferme des œuvres d’art public, certaines créées pour l’exposition comme « L’homme » de Alexandre Calder. Le Fort de l’île fut construit au dix-neuvième siècle pour défendre Montréal et on voit encore le bâtiment de la Poudrerie. Et c’est au pied de la Tour de Lévis que je m’installe pour mon pic-nic, seule avec les bruits de la nature environnante et profitant de sa fraîcheur. Cette tour construite dans les années 1930, se loue aujourd’hui pour des cérémonies, elle peut accueillir une soixantaine de personnes qui seront éblouies, semble-t-il, par la vue depuis la terrasse d’observation. Elle fut construite à l’origine comme un réservoir d’eau, à l’époque où le parc de l’île Ste-Hélène est conçu par Frédérick G. Todd, un célèbre architecte paysagiste, d’origine américaine mais dont la carrière se déroula entièrement au Canada; on le connaît ici pour ses nombreuses réalisations à Vancouver, Terre-Neuve, Québec, Montréal.

Yves a fait sa dernière présentation, chez Provencher et demain après la défense de thèse d’un doctorant de Suzanne, il en aura terminé avec ses interventions pour HEC Montréal.


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Douce soirée en ville

Il faut parfois que j’insiste pour une sortie mais dès qu’il est en route, Yves ne regrette pas. Nous descendons à la Fonderie Darling, une ancienne fonderie du dix-neuvième siècle restaurée en un espace dédié aux arts visuels, avec des expositions temporaires et des ateliers de création. Yves trouve un intérêt à l’endroit lui-même, pour un futur projet éventuel. C’est un peu surprenant de découvrir sur la rue, la première œuvre; une voiture renversée, les sièges, le moteur, l’échappement transformés en bar à chicha! Ensuite, des deux expositions actuelles, nous préférons celle de Yam Lau, un chinois de Hong-Kong, qui a étudié les arts et le design en Alberta, habite actuellement Toronto et enseigne à l’Université de York; peut-être nos amis Trish et Alan le connaissent-ils. Il nous présente deux montages vidéo très reposants et originaux; il a superposé un film sur la vie de tous les jours dans les rues en Chine, avec la présentation à l’aide d’un logiciel de CAO, de son studio. On peut interpréter un de ses messages comme étant le luxe de posséder à Pékin un studio, soit un endroit pour s’isoler de la foule. C’est très plaisant à regarder.

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Nous nous baladons ensuite le long du port, cherchant un endroit sympathique où nous poser pour le repas; une terrasse mais tranquille, sans trop de monde et une bonne table.

Et nous voici à l’adresse qui s’avérera idéale à tous points de vue : le restaurant ‘Les Filles du Roy’ dans l’ancienne maison Pierre Calvet, qui date de 1725. Son nom devait permettre de ne pas oublier ces filles arrivées pour peupler la Nouvelle-France; de nombreuses familles franco-canadiennes ont d’ailleurs parmi leurs ancêtres une de ces filles. C’est en 1960, à l’époque où commencèrent les rénovations du Vieux Montréal, que le couple Trottier emménagea dans la maison avec leurs sept enfants et ouvrirent le restaurant ‘Les Filles du Roy‘, proche du musée de Marguerite Bourgeois et de la Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours. C’est un de leurs fils qui opère toujours dans cette maison meublée d’antiquités, avec un chef qui propose une délicieuse cuisine classique autour de produits du terroir. Les chambres de la famille sont de nos jours des chambres d’hôtel. Le repas est bien présenté, original et succulent, comme nous en avons rarement goûté ici; le serveur est mi sérieux, mi pince-sans-rire et nous échangeons quelques mots agréables avec un couple de touristes américains du Connecticut, qui ont visiblement envie de papoter.

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Il n’est pas très tard, nous avons presque soupé comme les poules et nous remontons à pied vers la Rue Ste Catherine dans sa partie Est pour la découvrir sur ce qu’on appelle ‘Le Village‘. Toute la zone est piétonne durant l’été et garnie d’un plafond de guirlandes, les terrasses ne se comptent pas, de jolies fresques murales font partie du décor de ce quartier, ‘Centre-Sud‘, coloré qui reflète la chaleur et la tolérance de Montréal envers sa population gay. Auparavant on le dénommait ‘Faubourg à m’lasse‘ car sur les quais du port qui ne sont pas loin, des centaines de tonneaux de mélasse parfumée y étaient déchargés chaque jour.

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Les géants du Jardin Botanique

Les affichent disent : ‘Les géants de l’art horticole de surpassent au Jardin Botanique‘. Voici pourquoi j’ai proposé à Dominique de m’y accompagner ce samedi; nous avons toutes deux la même passion pour les plantes, les fleurs et la nature. Elle vient me chercher de bon matin et nous arrivons à l’ouverture du parc, soit sans trop de monde encore et avec une chaleur supportable.

Le spectacle qui nous attend est fantastique; nous sillonnons le parc à la découverte des cinquante sculptures de verdure de ce festival tout-à-fait particulier. De nombreux pays sont présentés par une image de verdure; certains se sont déplacés pour venir eux-mêmes réaliser leur œuvre tandis que d’autres ont envoyé tout ou partie de la structure et des plans et ce sont des équipes d’ici qui effectuèrent le travail. Les formes sont données par une structure métallique, sur laquelle est fixé est un filet-treillis et ensuite les fins serpentins du système d’arrosage, pour une micro irrigation au goutte à goutte; on remplit alors le moule d’un mélange de terreau spécial et à l’aide d’un poinçon, des trous sont faits pour y insérer les plantons dont la motte de terre a la forme et la dimension d’un bouchon de bouteille.

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Ce concours international de mosaïcultures nous laisse baba d’admiration. Certains pays se sont donné le luxe d’œuvres magistrales, comme ‘L’homme qui plantait les arbres‘ pour le Canada, ‘Une histoire vraie‘ qui nous vient de Shanghai, ‘Planter des platanes pour attirer le Phénix‘ de Beijing, ‘L’arbre aux oiseaux‘ de Montréal. Les mouvements, les couleurs, les textures des plantes font croire à du velours, des cheveux, des plumes ou des poils de manière spectaculaire.

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Les animaux sont attachants : des chevaux, les abeilles de l’apiculteur belge, des ratons laveurs, des pandas et des singes, le petit poisson clown d’Okinawa, des grenouilles et des canards, la salamandre selon Gaudi mais surtout … Hachiko, notre chien fidèle de la station Shibuya à Tokyo, plus vrai que nature!

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Il a fallu trois millions de plantons pour ces œuvres superbes d’un art dont on connaît déjà l’existence en 1878 avec le Papillon de Comesse en France et qui a été représenté ici selon les plans d’origine de l’artiste de l’époque. Nous ne pouvons pas quitter le jardin botanique sans un passage par les Jardins chinois et japonais; avec la couleur du ciel et la luminosité de ce samedi, cela donne des reflets formidables. Je suis ravie d’être venue une seconde fois dans ce parc ; les parterres de rosiers et les massifs de lys sont rayonnants de couleurs chaudes.

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Yves est lui parti ce matin vers le bas de la ville où le groupe de l’Ecole d’été passe la journée et assiste à sa présentation Business Model Generation, présentation que Yves avait recalibrée à la perfection. L’enthousiasme est général, certains directeurs des sociétés sponsor, dont le vice-président du CdS viennent juste pour son exposé et les organisateurs, Patrick en particulier, décrètent qu’il est absolument nécessaire que Yves revienne dans leur programme l’été prochain! Voilà qui fait plaisir, non seulement à Yves … plusieurs professeurs s’inquiètent de savoir ce que son épouse en pense, comment elle apprécie Montréal mais là ils sont vite rassurés par la réponse!

Nous dénichons dans notre quartier aimé de Outremont, un petit restaurant tout simple qui sert une cuisine mexicaine très savoureuse; la propriétaire est originaire d’Annemasse. Tout se déroule à la bonne franquette, nous papotons avec le couple à la table voisine, la sœur de la dame s’est justement établie à Lausanne il y a peu de temps; son mari travaille chez Phillip Morris à Neuchâtel. Nous marchons encore un peu dans les rues verdoyantes, Bloomfield et Bernard. Il nous reste juste une petite faim pour une glace au Bilboquet que nous dégustons en rentrant vers le Parc St Viateur et celui d’Outremont, admirant toujours les maisons et leurs jardins super bien entretenus.

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Délicieuse soirée en ville …

A les côtoyer depuis quelques jours, Yves a appris à connaître et percevoir le groupe de l’Ecole d’été et il passe la journée à adapter encore et peaufiner le cours qu’il va leur donner demain. A midi il va souvent manger à la cafétéria avec plusieurs collègues, il aime l’ambiance et retrouve ces bons moments passés similairement avec les enseignants et chercheurs de UBC à Vancouver.

L’heureuse nouvelle de ce vendredi nous vient de Suisse : Mathieu a réussi son bachelor et termine cette troisième année avec une excellente moyenne. C’est la fête dans nos cœurs à tous. Yves a déjà réservé un week-end à la montagne début août avec nos quatre jeunes.

Autre bonne surprise en fin de journée, Alain propose de venir nous chercher après le repas pour une sortie de notre choix. Je suis en charge de trouver un endroit sympathique, une terrasse de préférence pour Martine, où déguster un bon petit verre et nous raconter les dernières nouvelles. Cette initiative spontanée reflète bien nos origines belges communes et la soirée est plus que joyeuse.

Dans le Vieux Montréal, le bar-restaurant ‘Accords‘ est une magnifique découverte. La seule possibilité de pouvoir nous installer en terrasse requiert que nous mangions quelque chose … nous allons nous ‘forcer’ avec un dessert! Les hommes se partagent une assiette de fromages du terroir et nous deux Martine préférons les sucreries – délicieuses fraises à l’hydromel, sorbet, panna cotta à l’érable, coulis de rhubarbe! Leur sélection de vins est très riche, ils ont racheté une partie de la célèbre cave du Bistro de Champlain de Ste-Marguerite-du-Lac-Masson.

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Ce week-end, nos amis se rendent au mariage d’un employé d’Alain, un belge liégeois qui épouse une fille de Liège et nous voici embarqués dans une discussion sur la mobilité des gens, l’immigration, l’attrait pour son pays d’origine – où passerons-nous notre retraite et où s’installeront nos enfants?

Alain et le garagiste ont remis Titine en état pour demain; il doit encore la bichonner mais elle est repartie pour quelques centaines de kilomètres. Cette fois ils partent seuls, sans leur équipe ‘Pigneur’ de secours. Le garagiste a confirmé que ‘notre ami’ Jean-François avait obtenu son certificat Gold au conclave en Charlevoix, avec 990 points! Il peut en être très très fier.

La vieille ville est fort animée ce soir, les ruelles regorgent de monde qui se promène et nous faisons un petit tour vers la Galerie Beauchamp où expose Patrick Pépin et ensuite le Vieux Port; nous localisons les bureaux de Dan Hanganu et remontons la rue St Pierre où Yves nous montre PHI, un centre de rencontre pour artistes, très récemment inauguré – tiens, c’est étrange, ce soir cela ressemble plutôt à une boîte de nuit. En face, Olive & Gourmando sera un bistrot à essayer; nous sommes proches des bureaux d’Alain et de Provencher.

Et Cendrillon ne perdra pas sa sandale de verre ce soir; nous sommes déposés devant la porte juste avant minuit.


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Le monde du cirque montréalais

Avec le groupe de l’Ecole d’été, Yves fait deux visites intéressantes ; le Cirque du Soleil et Ubisoft. Cette fois, il peut donc pénétrer dans l’antre de cette école du Cirque du Soleil dans le quartier St Michel. Ils ont droit à une visite guidée, une démonstration des artistes à l’entraînement et aussi à un atelier pratique – Yves se révèle comme ayant des qualités de danseur ! C’est ici au ‘Studio du CdS‘ que sont formés tous les artistes dénichés de par le monde, principalement des athlètes qui seront éduqués aux arts de la danse, du spectacle, de l’expression orale, du théâtre, de la clownerie. Cette formation dure environ quatre mois dans un cadre de vie communautaire.

Tout se fait sur place et les employés – non artistes – sont donc très nombreux et dans des disciplines variées. Il y a tous les problèmes administratifs à régler, permis de travail, assurances santé et accidents, les visas pour les tournées internationales. Ils ont leur équipe de physio et médecin; les costumes sont entièrement confectionnés sur place et cela va même jusqu’au fait qu’ils achètent du tissu blanc qui sera teint ici et ensuite façonné – par crainte qu’un tissu et coloris ne soient pas suivis par un distributeur aussi longtemps que ne durent certains de leurs spectacles. Chaque artiste est mesuré sous toutes ses coutures et un moule de son visage est réalisé pour les essais de chapeaux et maquillages. En ce qui concerne le maquillage, les artistes apprennent à se le poser eux-mêmes.

Leur matériel et leurs décors – anneaux, trapèzes, rideaux, échelles, etc – sont confectionnés en grande partie également par des ouvriers-techniciens employés de la société. Tout spectacle est créé au Studio que ce soit un spectacle permanent ou un spectacle qui va partir en tournée. La vie quotidienne des artistes et celle des employés se mêlent ici dans un cadre de vie qui se veut ouvert à l’art; le bâtiment imaginé par Dan Hanganu est coloré et original, il y a quatre grandes salles de danse et cinq d’entraînement physique, de nombreuses œuvres d’art décorent les corridors et les zones communes.

Le groupe de HEC est invité à manger dans la ‘cantine’, située au sommet de l’édifice avec vue sur la TOHU (la cité des Arts du cirque), les logements des jeunes, les potagers et jardins. Patrick présente Yves à un vice-président du CdS; ils vont probablement se revoir (il viendra d’ailleurs assister à l’atelier d’Yves le samedi suivant) – l’innovation, le changement vers de nouveaux concepts sont leurs objectifs actuels. Ils ont été bien copiés et souhaitent se diversifier pour se différencier à nouveau.

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La seconde visite chez Ubisoft se passe également dans un monde très secret, le monde des créateurs de jeux vidéo. L’entreprise est aujourd’hui le troisième développeur mondial, il s’agit d’une société française créée en 1986 par les frères Guillemot, des bretons du Morbihan et les antennes sont présentes en Europe, aux US, au Canada, en Chine et même au Japon. Ubisoft Montréal est le plus gros studio de développement interne, il compte deux-mille-trois-cents employés sur les huit-mille que dénombre la société au total. Ils sont concepteurs, dessinateurs ou réalisateurs; il s’agit de toujours inventer un monde qui surpasse l’imaginable, qui surprend et qui engendrera l’engouement. Pour être un bon créateur de jeux, il faut être soi-même joueur et c’est ainsi que tous les employés ont des ateliers pour ‘jouer‘. Certaines zones sont cadenassées comme à la CIA, tant les secrets doivent être protégés au maximum.

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Nous testons tous les deux aujourd’hui la ligne de bus 129 qui partant de HEC descend par l’est du Mont-Royal vers la Place des Arts. Et c’est là que je retrouve Yves fin de journée pour nous raconter nos découvertes et nouvelles en dégustant un bon tartare de saumon au bistrot du Théâtre du Nouveau Monde.

Nous sommes invités par l’Ecole d’été au spectacle ‘Le Music-Hall de la Baronne‘ du Cirque Eloize dans la salle mythique de L’Olympia. L’ambiance est lancée dès les portes d’entrée franchies; des artistes passent autour du coup des gentlemen une cravate plutôt fantaisiste et nous, les dames, recevons une rose rouge ou blanche selon notre humeur du moment. La salle est aménagée avec des petites tables de cabaret, numérotées mais mélangées et par de chance, notre numéro de table n’existe nulle part ce soir! Après avoir été placés par erreur à la table VIP du directeur du théâtre, nous trouverons finalement des chaises hautes qui nous donnent un magnifique point de vue sur la scène.

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Celle-ci se présente comme une avancée avec une piste ronde à l’extrémité au milieu des tables de spectateurs, un peu comme pour un défilé de mode. Cette scène est petite et nous donnera des frissons lors de certains morceaux d’acrobatie. L’ambiance est fofolle, sous l’excitation de cette baronne, interprétée par Catherine Pinard, elle même chanteuse à la voix puissante, qui nous présente les divers artistes venus pour la plupart de l’étranger et dignes d’un grand Cabaret du Monde! Les performances sont souvent drôles et excellentes quant aux prouesses des acrobates qui se produisent tout près du public. Les filles semblent faites d’une colonne vertébrale en caoutchouc et les garçons seraient tous assez baraqués pour pouvoir s’exhiber à l’entrée des magasins Abercrombie&Fitch.

Ce spectacle coloré, vibrant, chantant, clownesque et acrobate se place dans le cadre du vingtième anniversaire du Cirque Eloize – en vingt ans, quatre mille représentations dans quatre-cent-quarante villes de quarante pays – et aussi de Montréal Complètement Cirque, le festival actuel. Avec nous dans le public, nous reconnaissons Daniel Lavoie.
A la sortie nous admirons la fin d’un spectacle de rue, avec des artistes-acrobates qui se lancent, se balancent sur une haute structure d’échafaudage. Cela semblait passionnant également.

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Reprise du rythme …

Un peu difficile après ces dix jours animés de me retrouver seule, devant les tâches administratives et ménagères; beaucoup de rangement, nettoyage, lessive et courses. J’y vois vite plus clair et me plonge alors dans la rédaction de ce superbe voyage à New-York, sans oublier que je dois organiser la suite et les quelques jours à Québec avec Olivier dans deux semaines à peine.

Il fait beau et chaud souvent; à l’intérieur le ventilateur prêté par Martine me rend la vie plus agréable. Mais je ressens le besoin de m’évader; je retourne vers la rue Laurier où je trouve un charmant salon d’esthétique et une boutique d’articles ménagers tentants!
Dans le Parc Mont-Royal, j’aime m’installer sur un banc pour grignoter un pic-nic, rédiger et regarder les gens qui comme moi profitent de la chaleur dans un magnifique parc de verdure. Le Lac aux Castors est à présent tout beau tout neuf et même les canards ont repris leurs habitudes. Je prolonge jusqu’au Chalet avec le point de vue et prends place ici sur un siège québécois confortable.

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Je n’oublie pas la famille et les amies, un peu délaissées quand j’ai des visites mais qui elles peuvent me suivre sur le blog – ‘je sais tout de toi‘, m’écrit Marie-Françoise. Nous pensons à Trish et Alan qui sont fort heureusement en Europe, en Grèce puis au Portugal pour leurs vacances alors que Toronto est sous eau de manière impressionnante à cause des orages. Et on parle encore énormément de la catastrophe du Lac-Mégantic, une véritable horreur qui n’est pas due à un événement nature mais bien humain.

Cette semaine se déroule à HEC, une école d’été organisée par Mosaic, le pôle créativité et innovation. Yves y donnera un cours samedi pour une septantaine d’enseignants, de cadres d’entreprises et de chercheurs, canadiens et venus d’Europe. Il participe déjà à quelques conférences, déjeuners et visites d’entreprises comme Bombardier, Le Cirque du Soleil, Ubisoft. Le groupe se déplacera ensuite vers Barcelone pour une seconde semaine de formation.

Mercredi alors qu’il prend un petit-déjeuner à la Croissanterie Figaro avec son collègue Luis, leur voisin de table sort le livre BMG qu’il feuillette. Luis lui demande alors s’il le trouve intéressant et à sa réponse hautement affirmative, Luis lui présente ‘l’auteur‘. Ce sont les accolades, les félicitations, les échanges de carte de visite et en prime une photo! Jolie coïncidence …


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Excursion sur un demi-tour de l’île …

Alain et Martine viennent pour ‘ramasser‘ comme prévu pour nous faire découvrir les bords du fleuve. Nous allons parcourir la partie ouest de l’île, depuis au sud le parc René Lévesque au niveau des Rapides de Lachine, longeant la côte le long du Lac Saint-Louis jusqu’à l’écluse qui passe vers le Lac des Deux Montagnes, atteindre Pierrefonds sur la rive nord de l’île avant de replonger dans la ville. Une jolie découverte, commentée par nos amis qui ont d’ailleurs habité dans cette région, balade que nous ne pourrions faire sans voiture.

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La première étape au Parc des Rapides à LaSalle me plait énormément, c’est d’ici que l’on peut bien observer les rapides sur le Saint-Laurent, avec à l’horizon l’île des Sœurs et regarder les visiteurs qui s’y aventurent en rafting. A cet endroit, le fleuve se rétrécit, forme un goulot encombré d’îlots et de rochers qui ont rendu impraticable longtemps la navigation, forçant de véhiculer les marchandises par la terre entre Lachine et Montréal et c’est l’ouverture du Canal de Lachine en 1825 qui rendit accessible l’entièreté de la voie navigable.

La presqu’île est également depuis des années un refuge d’oiseaux migrateurs; un écosystème que les gens sillonnent à pied ou à vélo – les chiens ne sont pas autorisés – et où les amateurs ornithologues installent leur longue vue, nous pensons bien évidemment à nos amis Marie-Noëlle et François. Martine et moi papotons en admirant ce parc bien entretenu, observant la pêche aux petits poissons, le vol des mouettes, des goélands et des hérons, le joli plumage du carouge à épaulettes, le dandinement des oies et aussi les espaces verts et fleuris magnifiquement entretenus, avec cette note sauvage. Le chant des oiseaux, le remous des rapides sont un agréable bruit de fond. Nos hommes s’y attardent moins longtemps mais Alain sait bien lui que le reste du parcours qu’il a prévu est encore long. J’y reviendrais bien m’y balader en prenant le train.

Après LaSalle, la localité de Lachine où nous étions venus manger avec Marie-Paule et Mohktar et ensuite nous traversons le Canal, admirons les jolies écluses qui fonctionnent à présent pour la navigation de plaisance et faisons halte au Centre Historique du Commerce de la Fourrure de LaChine. Une visite très intéressante dans ce petit musée, au bord du Lac Saint-Louis, qui fait revivre l’époque d’antan, du début du troc entre les colons et les amérindiens. C’est un vieux hangar de pierre qui a été construit par Alexandre Gordon de la Compagnie du Nord-Ouest en 1803 pour entreposer les fourrures et autres biens d’échange.

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Les tout débuts de l’histoire de la Traite des Fourrures remonte à l’époque de Jacques Cartier au seizième siècle; les seuls européens qui trouvèrent un intérêt à rester au Canada furent les pêcheurs bretons et basques pour la morue de Terre Neuve. Ils trouvèrent plus économique de la faire sécher là sur place avant de la rapatrier en Europe et ainsi entrèrent en contact avec les Amérindiens; ceux-ci étaient grandement intéressés par tout ce qui était en fer ou en métal et proposaient en échange des fourrures. Les européens se virent grands amateurs surtout de la fourrure de castor pour les chapeaux de ces dames et hommes anglais et français. Et c’est le début de ce troc que l’on appelle La Traite des Fourrures.

Petit à petit le commerce devient organisé entre les français et les amérindiens; des traités sont négociés, la Compagnie du Nord-Ouest est créée dans les années 1784 et elle entre en concurrence avec sa rivale, la Compagnie de la Baie d’Hudson, aux mains des anglais depuis plus longtemps. La rivalité dure jusqu’en 1833 où la Compagnie de la Baie d’Hudson absorbe celle du Nord-Ouest. Des forts et des comptoirs de traite sont construits où les fourrures sont échangées contre des biens de consommation; ainsi Fort William fut le siège de la Compagnie du Nord-Ouest, situé en Ontario à un endroit stratégique pour le transport fluvial entre les grands lacs et la voie maritime du Saint-Laurent ; alors que la Compagnie anglaise sortait du continent, plus au nord, dans la Baie d’Hudson. Montréal va perdre un peu de son importance quand la Compagnie des canadiens français se fait absorber mais ce fut pendant deux siècles la traite des fourrure qui fut la ressource la plus importante de la Nouvelle France – ensuite le bois et le blé – et de nos jours encore, une part conséquente des fourrures sont issues du Canada. Le climat rigoureux rendrait les fourrures plus drues et plus soyeuses qu’ailleurs, que ce soit le castor, le raton laveur, le cerf, la martre, le vison, l’ours, le renard, la loutre.

Les personnes qui travaillaient pour une de ces Compagnies de Traite des Fourrures en Amérique du Nord, s’appellent les ‘voyageurs‘. Ils étaient règlementés par les autorités françaises ou anglaises et on leur délivrait un permis pour légitimer et rentabiliser le commerce; auparavant, on les appelait les ‘coureurs des bois’. Sans eux, probablement que les relations entre les Amérindiens et les Européens auraient été différentes; ici chacun y trouvait son avantage.

Le hangar que nous visitons servait d’entrepôt d’où partaient les ‘voyageurs’ de la Compagnie du Nord-Ouest pour rejoindre en canot le Fort William, via la rivière des Outaouais, la rivière Mattawa et la baie Géorgienne. Les trajets étaient possibles de mai à octobre, le trajet pouvait durer une vingtaine de jours, à raison de seize à dix-huit heures de canotage et aussi de portage. Certains tronçons n’étant pas praticables, à cause de rochers, d’une chute d’eau ou d’un courant fort, ils devaient porter le canot et les marchandises contenues, du grain, des outils, des couvertures et des fourrures. Les présentations sont très visuelles et un film tente de nous montrer ce qu’étaient ces expéditions. Voici un bien long récit … mais cela m’a éclairée sur le début des relations entre les colons et les autochtones.

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Reprenant notre route le long du Lac Saint-Louis, nous passons à Pointe-Claire puis Beaconsfield où Alain s’arrête devant leur ancienne maison – pas assez longtemps au goût de Martine qui semble nostalgique de cette période – , dans un quartier avec de jolies vieilles maisons typiques. Après Baie d’Urfé, nous arrivons à Sainte-Anne-de-Bellevue où une pause plus longue nous fait découvrir tout d’abord un ancien magasin général qui vend vraiment de tout et ensuite l’écluse qui assure le passage entre le Lac Saint-Louis et celui des Deux Montagnes, permettant de rejoindre Ottawa. Ici aussi le Canal de Sainte-Anne – un canal au milieu du lac – a permis de contourner les Rapides sur le Saint-Laurent. Plusieurs bateaux de plaisance, de construction nord-américaine sont amarrés aux quais et nous nous plaisons – ou du moins, je me plais – à rêver d’une virée sur les eaux canadiennes. Un petit verre en terrasse, pas terrible alors que l’endroit est très beau, et c’est parti pour la dernière étape de notre excursion – Louba va bientôt s’impatienter.

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Senneville est vraiment à la pointe ouest de l’île de Montréal, un endroit où la taille des propriétés laisse augurer que c’est une agglomération pour gens fortunés. La route est étroite et vallonnée, elle sillonne au milieu des forêts … ‘le chemin des écoliers’, comme dit Alain; à se demander si nous sommes toujours bien à Montréal. C’est tellement beau et sauvage, pourvu que cela puisse rester intact! L’arboretum Morgan est une superbe réserve forestière de deux-cent-cinquante hectares qui se situe sur le campus Macdonald de l’Université McGill; voici un but de promenade à retenir et l’hiver on y pratique bien évidemment le ski de fond. Le parc du Cap-Saint-Jacques, PierreFonds et le boulevard Gouin qui longe quasiment toute la côte nord de l’île terminent cette très jolie découverte des endroits plus campagnards, plus retirés de Montréal. Et c’était probablement la dernière escapade de cette année avec Martine et Alain; les week-ends diminuent avant notre retour et nous avons de part et d’autre déjà des engagements.

Le soir nous descendons Place des Arts pour la clôture du Festival de Jazz, un festival qui a offert quelques huit-cents concerts et autant d’activités et animations annexes. Ce sont Amadou et Mariam, un couple de malais aveugles, qui terminent en beauté cette semaine. Ils sont considérés comme des ambassadeurs de la musique du monde, ils chantent leur optimisme pour la paix. La fête est belle, la foule est nombreuse même si la pluie s’est encore une fois invitée mais les gens se déhanchent sous leur parapluie et la musique réchauffe les cœurs comme un rayon de soleil.

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Balade avec trois amies de Nice

Yves m’emmène ce matin pour un petit-déjeuner à la Croissanterie Figaro, au croisement de Hutchison et Fairmont, dans ce beau quartier d’Outremont. Un décor parisien, une terrasse fort agréable, des viennoiseries, jus et yaourts excellents pour bien débuter la journée. Et ce matin c’est l’heure du rassemblement de la communauté juive orthodoxe, ils défilent sous nos yeux, avec de longs manteaux noirs et des toques en fourrure alors qu’il fait drôlement chaud et même les enfants sont bien endimanchés.

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Cette semaine HEC et l’université de Montréal organisaient le Colloque EGOS, sur la gestion organisationnelle et les sciences sociales; c’est une énorme association européenne, qui se rassemble pour la première fois en Amérique du Nord. Plus de mille six cents participants, venus de quarante-six pays sont venus participer à cette conférence, dont notre amie Stéphanie de Lausanne qui y présenta un article avec une ancienne collègue de Nice. Anne, une de leurs copines, de Nice également en a profité pour venir passer une semaine de vacances à Montréal et nous retrouvons nos trois filles au marché Jean Talon. Je ne manque pas de leur montrer la Maison des Saveurs, où chacune trouve pas mal de bonnes choses à ramener; nous avons même la chance de pouvoir goûter du beurre d’érable – qui ne contient ‘beurre‘ que dans le nom. Les sacs sont lourds lorsque nous quittons la boutique.

Et je reprends le même itinéraire qu’avec Mathieu, à savoir le métro jusque Mont-Royal et ensuite la rue Saint-Denis. Je récupère au passage ma Balanzza chez MEC et c’est chez ZONE, que chacune trouve encore à se faire plaisir … Stéphanie rêve d’un magasin tel que celui-ci près de chez elle; avec son compagnon, ils vont en effet emménager dans une maison à Chardonne très bientôt. Anne a elle un peu d’avance sur ses amies, vu qu’elle n’a pas participé au colloque et je lui trouve pas mal de traits de ressemblance avec moi; plan à la main, elle a parcouru des kilomètres dans la ville, chaque jour durant de longues heures!

Une pause que nous pensions courte à une terrasse va se prolonger mais les jus pressés frais en valent la peine. Je propose un écart par rapport à la rue principale pour découvrir le charme de Duluth, avec ses façades peintes de jolis motifs et ses maisons originales. Ensuite les filles m’entraînent pour une grande première : une Fish Experience. Toutes les quatre alignées – Yves a préféré se balader en nous attendant – nous rions beaucoup aux chatouilles de ces mini-poissons qui nettoient nos pieds et le résultat est fort agréable.

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Alors qu’elles nous demandent un conseil pour un restaurant ce soir, avec l’envie de homard pour certaines, je ne me prive pas de donner le ‘Gibby’s‘; elles en seront enchantées, elles aimeront le cadre et ne termineront pas non plus leurs assiettes! Anne a également repéré les bonnes affaires à dénicher chez Tommy Hilfiger et y emmène ses copines alors que nous rentrons chez nous; quelques courses au marché pour un bon petit souper à la maison.

Aux nouvelles sur notre continent, deux catastrophes sont à la Une ce samedi. Un avion Asiana s’écrase à l’atterrissage à San Francisco faisant de nombreux blessés, les photos sont saisissantes et les raisons du crash sont interpellantes. Et plus près de chez nous, c’est un train fantôme qui a déraillé et explosé cette nuit au milieu du village Lac-Mégantic. Je n’ose imaginer la frayeur, l’horreur qu’ont dû vivre ces gens, comme si c’était la fin du monde. Les images sont incroyables, effroyables; un village réduit à néant, avec de nombreux morts et disparus pour l’instant et tout ce pétrole brut qui s’écoule dans le lac et risque de rejoindre le Saint-Laurent. Mais comment est-il possible qu’un train de septante wagons avec du pétrole, puisse s’élancer ainsi sans chauffeur?

Martine me confirme avant le coucher qu’ils passeront nous chercher demain midi pour une balade le long du fleuve.