Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Maison Saint-Gabriel et en soirée les Francofolies …

Me voici replongée dans l’histoire du début de la colonie en allant visiter la Maison Saint-Gabriel située sur une bande de terre appelée la Pointe-St-Charles, de l’autre côté du Canal de Lachine.

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Dans les années 1660, la colonie française peine à se développer; normal, on compte seulement soixante-cinq filles célibataires pour sept-cents hommes. Le roi Louis XIV fournit alors la dot et le voyage à de jeunes orphelines désireuses de partir s’établir en Nouvelle-France. Le premier navire de la flotte royale, l‘Aigle d’Or, quitte le port de La Rochelle en 1663 en direction de Québec avec à son bord les premières jeunes françaises venues ‘prendre mari’. Après trois mois de traversée, elles sont accueillies par une religieuse du couvent des Ursulines, elles sont trente-six et vont être formées à leur nouvelle vie d’épouse et de femme de la terre.

Certaines poursuivent jusque Trois-Rivières et d’autres viennent à Montréal, Ville Marie encore à l’époque. Ici c’est Marguerite Bourgeoys qui les prend en charge dans sa métairie, la Maison Saint-Gabriel que je visite ce jour. Sur une dizaine d’années, huit-cents ‘Filles du Roy’ arriveront en Nouvelle France; c’est à elles que la colonie française doit sa survie. Les prétendants leur sont présentés, toujours sous surveillance des religieuses, les mariages et les naissances s’en suivront très rapidement – la colonie aura triplé en 1700.

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Marguerite Bourgeoys, née en 1620 à Troyes, débarque à Ville Marie en 1653 à la demande du Sieur de Maisonneuve, Paul de Chomedey, pour assurer une instruction digne de ce nom. Elle souhaite de suite fonder une communauté de religieuses, canadiennes et amérindiennes, non cloîtrées pour accomplir leur mission d’éducation en Nouvelle France. Pour cela, le roi Louis XIV exige quelle ne soit à charge de personne; en 1662 le Sieur de Maisonneuve lui accorde une terre à défricher, les religieuses s’organisent, font bâtir une métairie et deviennent ainsi autonomes. En 1668 Marguerite Bourgeoys devient propriétaire de la Maison Saint-Gabriel, c’est la première ferme de la Congrégation de Notre-Dame et elle y ouvre son école pour les jeunes des colons mais aussi les amérindiens. C’est donc ici qu’elle accueillit les ‘Filles du Roy’, dont une cinquantaine résideront à la métairie. La fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame, pionnière de l’enseignement au Québec s’est éteinte en 1700 alors qu’elle allait avoir huitante ans.

La Pointe-Saint-Charles est un très ancien quartier de Montréal, où les congrégations religieuses établirent leurs fermes, principalement celles des Sulpiciens et celle des religieuses Notre-Dame qui y logeront pendant trois-cents ans, exploitant les terres pour nourrir la communauté et dont l’exploitation se poursuivra jusque dans les années 1950. On fête en 2013 les trois-cent-cinquante ans de l’arrivée des ‘Filles du Roy’ à la Pointe-Saint-Charles.

La maison Saint-Gabriel, classée site historique, est un dernier témoin de la vie rurale de cette Pointe-Saint-Charles, lotie entre le Canal de Lachine et le Saint-Laurent. Cette maison de ferme avec sa maçonnerie de moellons, son toit pentu et sa charpente de bois est typique de l’architecture traditionnelle sous le Régime Français. La ferme sera ravagée par un incendie en 1693 – seules la laiterie et les caves subsisteront – et rebâtie cinq ans plus tard. Jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle, leur maison se trouve en bordure du fleuve, juste face à l’île des Sœurs – autrefois appelée île St Paul – et on raconte qu’elles communiquaient entre elles à l’aide d’un énorme porte-voix.

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La période d’industrialisation voit l’arrivée du chemin de fer et des usines qui s’échelonnent le long du Canal de Lachine. Les rives du St Laurent s’éloignent, on remblaie pour construire des digues anti-inondations, la ligne du chemin de fer en 1886 et plus tard au vingtième siècle l’autoroute Bonaventure. Les grandes fermes sont alors morcelées et vendues pour construire des logements aux ouvriers venant travailler dans les usines et à la Compagnie du Grand Tronc. Les communautés francophones et anglophones, catholiques et protestantes cohabitent ainsi dans ce quartier devenu ouvrier.

Devant la maison, l’étrange montage en bois s’appelle une ‘Croix de Chemin’. Typique en Nouvelle France, elle est érigée pour signifier une prise de possession et la foi des habitants. Celle-ci date de 1818, elle rappelle la passion du Christ et les religieuses l’ont élevée suite à des inondations freinées par leurs prières. La grange date du milieu du dix-neuvième et comporte trois parties: une écurie, une zone pour battre les céréales et une pour ranger les instruments et les outils.

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Une visite guidée, de la cave au grenier, nous plonge dans la vie quotidienne des siècles passés alors que le temps était rythmé par les saisons. La salle de réception, la cuisine, le dortoir des hommes de maison, celui des religieuses qui servait de salle de classe le jour, la chapelle, la cave … nous racontent les détails d’une époque plus rude, que nous avons vite tendance à oublier. Ce qui me reste en tête : les moules à étain pour se faire les assiettes, l’évier de pierre énorme et superbe dont on récupère l’eau par un écoulement extérieur pour nourrir le bétail, les murs épais de 1,80 mètre au niveau des fondations – épais pour soutenir la bâtisse mais aussi pour y laisser des niches qui servent de garde-manger, le joug et les seaux pour aller chercher l’eau à la rivière et cette même rivière sciée en hiver pour obtenir des blocs de glace, ancêtres du frigo, le coin chaud à l’étage sous la cheminée pour y secourir les petits animaux blessés.

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La production issue des cultures de pommes-de-terre, carottes, navets, choux, poireaux suffisait non seulement à la communauté mais était aussi vendue aux habitants. Dans les prairies, des chevaux pour les travaux dans les champs, des cochons pour la nourriture et des moutons pour la laine. Ces animaux n’existaient pas en Amérique du Nord, ils sont venus d’Europe avec les colons.

Ma bavardise n’est que le reflet du plaisir que j’ai pris à cette visite fascinante. Je m’en retourne vers la ville jusque Square Victoria avec l’intention de rester plongée dans l’histoire. La place d’Youville est le point de départ de la ville, et aussi de son développement; on y trouve encore la bâtisse des douanes, de la Compagnie de chemin de fer du Grand Tronc, de l’administration du port; des ruelles de maisons basses en pierres où se sont installés bureaux et restaurants, ou transformées en condos qui doivent être prisés – la cour du Gibby’s sera à essayer je pense.

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Le temps est très clair aujourd’hui pour voir nettement les fameux  ‘Habitat 67‘, ces logements gris originaux, comme des cubes entassés en quinconce, oeuvre de l’architecte Moshe Safdie. Cette réalisation lui vaudra une notoriété mondiale et c’est à lui également que l’on doit le fabuleux Marina Bay Sands et le ArtScience Museum en fleur de lotus, de Singapour. Il est né à Haifa, est arrivé au Canada avec sa famille à l’âge de quinze ans et a étudié à l’Université McGill. Et dans le port de Montréal, avant l’embouchure du Canal, le spa sur l’eau Bota Bota  me fait envie, on y voit les gens en peignoirs blancs se prélasser près des bassins et des jacuzzis!

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Installé dans une ancienne caserne datant de 1904 et construite par les architectes Perrault et Lesage, le Centre d’Histoire de Montréal trône au centre d’une place publique et il porte bien son nom. J’ai encore un peu de courage pour m’y promener les quarante-cinq minutes qui restent avant la fermeture. Au deuxième étage une exposition dévoile les aspects méconnus de la Montagne, ce qu’elle était avec sa faune et sa flore, l’histoire de la création des cimetières et aussi l’implantation de l’Université de Montréal, de l’Oratoire et d’autres collèges … cette montagne qui a séduit Jacques Cartier quand il a mis pied à terre ici.

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La seconde exposition, moins joyeuse, relate la destinée de trois quartiers de Montréal, Red Light, Goose Village et Faubourg m’lasse, qui ont été rayés du panorama dans les années 1950-1970 pour ériger de grands projets, stade, parking, radio-Canada, immeuble Jeanne Mance. La population de l’époque aurait été mal et tardivement informée et la rancœur subsiste; des pages d’histoire qui portent à réflexion. Le rez-de-chaussée expose de manière structurée dans le temps, imagée avec photos, films et objets, les grandes étapes du développement de la ville depuis les années 1535. La lecture des documents doit être passionnante; peut-être aurai-je le temps une autre fois, cet été ou dans le futur.
C’est par le dédale des souterrains, passants par les commerces et les hôtels, les longs corridors que je rejoins la Place des Arts où je retrouve Yves. Une table haute nous attend au restaurant Place Deschamps dans un décor fort agréable – réalisé par le bureau d’Alain – les mini burgers au homard sont un régal et nous découvrons les délicieux chocolats de Geneviève Grandbois.

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Le beau temps est de la partie, une toute autre ambiance anime le vingt-cinquième Festival des FrancoFolies. Tout d’abord nous vibrons sous les voix puissantes et chaudes d’une dizaine d’artistes qui nous interprètent Jacques Brel, notre Jacques du plat pays. La salle est comble, le public applaudit avec enthousiasme – Jacques Brel aimait beaucoup le Québec – mais c’est motus pendant les chansons; ceux qui le connaissent bien peuvent imaginer le sacrifice de Yves à devoir se taire lui aussi! Un beau moment de souvenir et d’émotion.

Les scènes extérieures font elles se déhancher et crier les spectateurs – ça déménage – et ici nous pouvons nous défouler, même sans connaître les artistes; les installations sono et vidéo sont excellentes, l’ambiance est sage et ‘cool‘. Les grands sponsors sont Bell et Ford et nous découvrons le tout nouveau modèle de notre Ford Fusion du week-end dernier – ‘elle a l’avant d’une jaguar‘, dit un jeune homme!
Chouette festival … on y reviendrait bien demain!

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Journée ordinaire

Steven sera notre coiffeur au salon ‘JeromeB Coiffure’ sur Côte-des-Neiges; il est breton, il a un doigté impeccable dont nous sommes tous deux satisfaits.

Le retour du soleil me donne très envie de sortir mais je résiste pour progresser dans mes tâches administratives, mes lessives, mon blog.

Mathieu passe son premier examen, dur dur avec quarante degrés dans la salle!

Yves accumule les contacts intéressants, ce jour avec l’équipe ‘Entrepreneuriat’ de HEC qui explore les voies pour continuer à travailler ensemble et avec un responsable d’un important groupe québécois pour un futur atelier.


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Bagels sur l’Avenue Monkland

Martine m’a dit que l’Avenue Monkland était sympathique pour un peu de lèche-vitrine. On y trouve un peu de tout, de petits magasins où je flâne sans chercher rien de particulier – c’est bien agréable ainsi ; de belles boulangeries-pâtisseries, de beaux étals de fruits-légumes, des spa/esthétique.

C’est certain que je me trouve à l’ouest du Mont Royal; les gens m’accostent en anglais … ce n’est pas une légende cette ligne de séparation du versant anglophone et francophone!

Je fais demi-tour au Community Center, vaste et très bien installé dans un parc, avec une grande piscine intérieure qui semble fort agréable.

Une des habitudes pour le lunch est le Bagel sandwich; je les trouve à mon goût chez Bagel St Viateur. Ce pain en forme d’anneau est d’abord bouilli dans une eau miellée avant d’être cuit au four à bois; il est moelleux, a un léger goût sucré et le mien sera recouvert de graines de sésames. La légende veut que ce soit un boulanger juif de Vienne qui ait créé ce petit pain.

La rue commerçante coupe des avenues d’habitations qui ressemblent toujours à des tunnels de verdure. Existe-t-il à Montréal une rue qui ne soit bordée d’arbres?

Un arrêt sur le retour chez Martine où Louba commence à me reconnaître et m’apprécier et nous faisons une balade tous les trois.

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La pluie accueille les Francofolies

Que font les gens un dimanche quand la pluie a décidé de se déverser en continu? Ils se rendent au musée et/ou au shopping. Nous, on se dit tellement chanceux d’avoir entrepris notre virée en montagne hier!

Nous retrouvons Cédric en ville, il repart pour la Suisse où la canicule sévit; plus matinal que nous, il a pu visiter le Musée des Beaux Arts, notamment la nouvelle exposition Chihuly qui nous intéressait aussi. Mais à l’heure de midi, la file s’étend sur le trottoir; je reviendrai en semaine me replonger dans ces œuvres de verre, aux formes folles et colorées, de cet artiste découvert à Atlanta en 2004. Il exposait alors dans le Jardin Botanique, de toute beauté.

La rue Crescent garde son charme, même sous la pluie et sans l’animation que nous lui avons connue il y a juste une semaine lors du Grand-Prix; un brunch tous les trois sur une terrasse à l’étage. Le temps d’échanger encore quelques nouvelles avant le départ de Cédric.

Proches de Ste Catherine, je propose à Yves un ou deux achats; le magasin Arc’teryx est toujours aussi attrayant. Et nous comprenons bien aujourd’hui l’utilité des souterrains, nous traversons une partie de la ville sans plus nous soucier de la pluie.

La Place des Arts semble pleurer, toute triste de ne pouvoir fêter comme il se doit les fameuses Francofolies. Disons que nous y sommes venus en repérage … nous achetons des billets pour  ‘Ne me quitte pas : Hommage à Jacques Brel’, mercredi soir.

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L’ascension du Mont-Tremblant avant le repos à Rosemere

Tentant et facile d’envisager la montée au sommet avec les cabines mais ce serait offensant pour notre réputation de bons marcheurs suisses. Nous nous renseignons auprès du concierge de l’hôtel quant au meilleur itinéraire, ce sera celui du ‘Grand Brûlé’. Il nous donne quelques conseils et s’amuse en disant à Yves qu’avec mon top noir, je vais attirer les moustiques et que lui sera tranquille – oups, il n’en faut pas plus pour que je plonge dans une boutique de sport me choisir une blouse encore plus pâle – selon leur expression d’ici – que celle de mon mari! J’ai heureusement pensé à l’anti-moustique, un spécial pour les régions sauvages et j’ai d’ailleurs reconnu ce que nous utilisions à Vancouver – petit spray mais super efficace.

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Et c’est parti pour le circuit des cascades et des ruisseaux avant d’atteindre des rochers à gravir et le chemin sera la plupart du temps très caillouteux jusqu’au sommet. La forêt est splendide avec ses chênes, ses érables tout revigorés du soleil printanier et heureusement qu’il y a de jolies petites fleurs pour m’octroyer une pause de temps en temps – Yves n’a pas perdu son rythme de grand montagnard lui. Nous coupons parfois une piste de ski, ce qui permet d’admirer la vue plongeante sur la vallée telle une immense étendue boisée. Un groupe de six jeunes très sympathiques progresse au même rythme environ, nous nous dépassons l’un l’autre et en profitons pour de belles photos réciproques.

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A mi-parcours un lac, étang ou marais vraiment sauvage qui rappelle nos randonnées dans les rocheuses. Ce qui nous revient en mémoire aussi évidemment, c’est l’avertissement concernant les ours … que faut-il faire déjà? Lever les bras et crier … Anne s’en souvient certainement très bien, que de rires nous avons eu à l’époque de nos virées à huit dans les forêts de l’ouest canadien. La montée me coupe le souffle, je n’ai guère l’envie de parler fort mais le groupe des six fait assez de bruit pour nous tous. Nous ne croiserons ni n’entendrons aucun ours donc, seulement un petit chipmunk tout strié – comme celui d’hier dans le village – mais trop rapide pour que je dégaine la photo et surtout vers le sommet, une biche avec ses deux bambis … les petits semblent nous regarder droit dans les yeux, c’est trop mignon.

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On n’entend que le craquement des branches, le vent dans les érablières et … le souffle d’Isabelle qui peine un peu dans les montées trop raides; le parcours est cependant varié avec des contours, des grimpettes mais aussi des replats ou même des descentes. Je dois par contre avoir un visage d’un rouge ‘non pâle’ car il attire par moment les moucherons et les moustiques à ne pas s’en débarrasser, ils rentrent partout! Nous ne serons toutefois pas piqués, merci l’anti-moustique. Des couples font le chemin inverse – sont-ils montés en cabine ? Je n’ose leur demander ! – et gentiment ils me disent ‘Vous êtes bientôt rendus!’, expression typiquement d’ici.

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Le sommet est en vue, il y souffle un vent fort, il fait dix-sept degrés, nous sommes à 875 mètres et je plains un peu la mariée qui est probablement montée – en cabine bien sûr- pour des photos. La vue est splendide, on tourne autour sur 360 degrés, des forêts et encore ces forêts, certaines sont aux États-Unis … que c’est beau! Les Laurentides doivent êtes belles en toutes saisons mais c’est au moment de l’été indien qu’elle revêt ses couleurs pourpres, offrant de magnifiques tableaux naturels. Nous espérions nous rassasier à l’arrivée d’un bon petit plat chaud, le concierge nous avait prédit une ‘bonne bouchée’, ce qui doit vouloir dire un sandwich pré-emballé, toutefois bienvenu. Le restaurant est très vaste, ça doit grouiller à la saison du ski.

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La descente en cabine plonge très à pic vers la station, et longuement – j’ai vraiment gravi tout cela? La récompense n’est pas mal, une glace à l’érable et aux noix de chez Rocky Mountain, dont on se régale? Nous la dégustons, installés au soleil sur des sièges au design purement québécois, sur la place du village très animée; des enfants, des sportifs, et encore notre mariée avec son mari cette fois. Ce parfum d’érable se retrouve dans tout, ce matin les crêpes françaises baignaient littéralement dans le sirop, sirop qui n’est pas comparable avec ce que nous trouvons en Europe – on ne s’en prive pas.

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Entre les Porsches et les Maseratis, nous reprenons notre Ford et quittons cette magnifique région des Laurentides, très heureux de notre escapade. Jacques et Dominique habitent Rosemere, c’est sur la route un peu avant Montréal et nous sommes invités à passer découvrir leur petit nid de rêve. Ils ont acheté il y a quatre ou cinq ans cette maison au bord de la Rivière-des-Mille-îles – qui en compte en réalité une bonne centaine, c’est déjà pas mal, l’île Ducharme, l’île Darling, l’île aux Fraises, l’île Joly et sur l’une d’elle la maison de Céline Dion est à vendre.

C’est magique de pouvoir rentrer le soir dans ce coin de paradis … Woah, la vue sur la rivière au pied du gazon, les îles et les kayaks toujours près pour une sortie. L’hiver, c’est autre chose, ce sont les skis de fond qu’ils chaussent pour aller randonner sur la rivière gelée et les îles. La propriété est super agréable, Dominique s’est trouvé une passion pour les jardins fleuris, avec l’aide de Giovanni un voisin et c’est un grand plaisir pour toutes les deux de parcourir en détail ses parterres; nous nous entendons de suite à merveille! Jacques est lui l’homme des pierres, pour délimiter les fleurs de son épouse et aussi des escaliers qu’il juge plus pratiqués que de passer la tondeuse sur un jardin en pente.

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Un coin barbecue a été aménagé en bordure de l’eau pour que Martin, leur dernier enfant à la maison, puisse inviter des copains – voilà quelque chose qui plairait à Mathieu! Le bois arrive parfois tout seul, un énorme tronc charrié par le courant et qui se cale au fond de votre jardin – quand ce n’est pas Dominique qui veut en ramener un sur le kayak. Le repas mijote seul dans le four pendant que nous admirons les extérieurs, j’aime cette balancelle orientée au soleil couchant qui rayonne de ses reflets sur la rivière. Le souper est joyeux, nous rions tous les quatre de très bon cœur et Dominique propose un dessert au village.

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La promenade nous mène vers un joli parc public puis un ancien manoir magnifique transformé en condos et enfin le marais du Manoir Bleury-Bouthiller. Le jour qui se couche, les couleurs qui se transforment, les reflets sur l’eau de laquelle émergent les arbres qui se dresseront plus au sec dès que le niveau des marais aura baissé – deux mètres de neige au moins ont fondu ici à la sortie de l’hiver … splendide, magique de se balader sur les pontons de bois, observant maman canard et sa ribambelle de bébés. Ce dessert promis est une glace molle torsadée aux multiples parfums, elle est en effet excellente mais j’ai beaucoup apprécie également la balade! Une journée telle que celle-ci fera partie des souvenirs inoubliables de notre séjour au pays des lacs et des forêts.

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En route vers les Laurentides

Yves a peaufiné son cours de ce matin pour une équipe d’Executive MBA, combinée HEC et McGill. Certains auraient déjà été inities au Canvas mais il se rend vite compte qu’ils m’en connaissent pas le vrai sens. Il doit comme souvent raccourcir ses ambitions de cours, ils posent beaucoup de questions, s’activent de suite pour les exercices; le groupe est fantastique, un des meilleurs à ce niveau-là! Et les contacts ne vont probablement pas en rester là.

Sur ce, Isabelle a préparé la valise et c’est parti vers le bureau Avis sur St Laurent bien au nord, proche de l’autoroute. Un léger upgrade dû à la réservations de l’hôtel nous vaut une Ford Fusion bien confortable et qui tire pas mal, dixit Yves. La Transcanadienne No 15 porte le nom ‘Les Laurentides‘, elle permet à quatre de front, de nous échapper de la ville vers la région privilégiée des Montréalais pour le week-end. Nous ne sommes en effet pas seule du tout sur le départ; la circulation est dense jusque Mirabel au moins. Des agglomérations et des énormes centres de commerces à l’américaine se succèdent un bon moment avant que nous découvrions les étendues vallonnées de forêts que nous traversons toujours par cette autoroute tellement large et droite, à la conduite tranquille.

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Je m’amuse à relever les noms des rues, des stations, des villages qui nous sont très familiers – et avec beaucoup de ‘saint‘; telles les localités de Ste Agate, Ste Adèle, St Sauveur, St Eustache ou St Jérôme, un camping nommé ‘Lausanne’, un Mont Blanc ou Gabriel, un motel St Moritz, une rue de Liège ou de Martigny! Nous progressons gaiement entre les immenses forêts de sapins, les lacs et les marais, et les golfs magnifiques.

Mont-Tremblant est notre destination et je ne serai pas étonnée d’apprendre que c’est la même compagnie qui a créé Whistler; un air de ressemblance de ces stations fondées de toutes pièces il y a vingt-cinq ans ou un peu plus. Rien de comparable avec nos villages valaisans, leurs vieux mazots, leurs fermes et anciens chalets au bois foncé. Ici c’est bien sûr fantastique mais on se croirait dans un village Disney, les façades de couleurs, les animations pour enfants, les ruelles de boutiques toutes neuves, comme dans un village de vacances entièrement piéton.

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La station Tremblant est le plus haut domaine skiable des Laurentides – 875 mètres! – qui donne accès à nonante-cinq pistes; il est amusant de voir ces domaines créés à des altitudes assez basses où il a fallu déboiser des tranches de forêts pour les pistes, telles des lignes de gazon qui recouvrent une montagne, partant en étoile depuis son sommet. Les activités en été sont aussi largement proposées pour l’escalade, la luge d’été, l’accrobranche, le vélo, le kayak, le quad, la randonnée et les spas nordiques.

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Depuis les années 1920, le tourisme est devenu un centre économique des Laurentides; l’enneigement y est bon et on y skie de novembre à mai. Les stations se sont multipliées et se jouent la concurrence, soit par la proximité de Montréal, soit par le ski de soirée ou la motoneige. La station Tremblant est au bord d’un grand lac du même nom et la jet-set anglophone y arrive en avion privé ou même en hydravion. En été, elle accueille un célèbre Festival international de Blues et le week-end prochain ce sera la seconde édition de l’Ironman. Les sportifs sont déjà nombreux pour tester les tracés probablement, la station vit et semble attirer une population huppée; cela se remarque au nombre de Porsches, Ferraris ou Harley qui sillonnent les rues et s’agglutinent dans les parkings des hôtels.

C’est le Fairmont Tremblant que j’ai choisi encore une fois, son cachet intérieur est superbe, l’accueil est vraiment charmant et ici aussi Umi, un Labrador noir est l’ambassadeur canin de l’établissement. Après une balade à la découverte de la station, nous remontons pour le buffet alléchant ‘Surf & Turf‘ de notre hôtel, un choix impressionnant et de qualité, de crustacés, poissons, viandes, fromages, potages, légumes et desserts; le tout avec un service qui semble être un plaisir pour ces dames tellement aimables, qui sont aux petits soins pour nous. Une bonne nuit s’avère nécessaire si nous voulons attaquer le sommet demain …

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Lausanne et Montréal se rencontrent

Cette semaine, c’est la HEC-Suisso-Canadienne connexion; quatre jours de formation ou recyclage concernant le Jeu d’Entreprise ERPsim créé ici par Jacques et Gilbert et dont nos lausannois ont assuré la diffusion auprès des étudiants de Lausanne. Une soixantaine d’enseignants de plusieurs pays travaillent ensemble ces jours, échangent sur leurs expériences respectives.

Jacques est attaché à la Suisse car son frère est installé à Crissier et Gilbert suit un doctorant à l’Université de Neuchâtel.
Maia, Thibault et Cédric apprécient eux Montréal et lui trouvent la météo assez changeante. Et c’est là que Jacques nous dit qu’il y a deux saisons, l’hiver et juillet … Gilbert ajoute : si quelqu’un habite plus au nord, il dit qu’il y deux saisons, l’hiver et le 15 juillet! Il est vrai que les jours se suivent et ne se ressemblent pas, mais le climat est tout de même fort agréable.

Avec Thibault nous parlons voilier, longues traversées,… celle que Joya envisage et aussi les souvenirs de celle que Thomas a assurée il y a quelques années. Cédric a lui passé deux ans à UBC Vancouver avec sa grande famille; j’apprends que Daniela avait comme livre de chevet mon récit du séjour … elle a tout épluché et entraîné les siens sur les pas de mes découvertes!

Yves est bien sollicité par les collègues de l’école mais aussi par des personnes venues au Séminaire Mosaic. Cette semaine, il est invité dans un studio en ville pour un interview télévisé qui passera sur une chaîne locale consacrée Business, sera sur un site Internet et utilisé dans des formations. C’est de la haute définition, le studio est professionnel, sa maquilleuse a été élevée entre Besançon et Lausanne.
Il va ensuite trouver Alain par surprise et il lui fait découvrir de superbes projets à venir et d’autres de leurs réalisations dans le Vieux Montréal – zut, j’aurais aimé être de la visite – et ils rentrent ensemble en métro jusque Snowdon.

Je bosse pas mal sur le blog – j’atteins 200 articles – et également avec un œil sur le futur. Mon premier projet est d’emmener Yves le week-end dans les Laurentides, la région montagneuse la plus proche; location d’une voiture, choix d’une station et d’un hôtel. Le week-end suivant nous serons en virée à Charlevoix avec Martine et Alain, à l’occasion d’un rassemblement de voitures anciennes British; on décide ensemble des dates précises, des nuitées et Alain s’arrange pour les réservations.

Pour que Mathieu ne soit pas trop triste de notre décision de ne pas rentrer à Lonay la dernière semaine du mois comme c’était prévu, nous lui proposons de venir passer une semaine ici avec à la clé un voyage à New York. Il en est tout enthousiaste et je passe quelques heures là aussi à planifier et faire les réservations nécessaires. Ce sera une découverte pour tous les trois.

Thomas se lance dans son nouveau poste, avec motivation; beaucoup de points à assimiler et il y a déjà des idées d’amélioration. Mathieu est soulagé d’avoir trouvé une solution intéressante pour son service civil et voit approcher à grands pas sa session d’examens. Nos deux garçons savent qu’ils peuvent toujours compter sur nous pour un conseil, un petit coup de pouce, une oreille attentive et nous échangeons beaucoup; notre connivence ne connait pas de frontière, nous sommes fiers et heureux des challenges qu’ils se donnent …


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Le Vieux Montréal et son histoire

Inspirée par notre visite hier du musée McCord, je pars explorer plus en détail le Vieux Montréal, tout en sachant que les musées ont portes closes le lundi. Au dix-huitième siècle, la ville était fortifiée, ses murs furent ensuite démolis pour permettre le développement de la vie économique; le quartier du Vieux Montréal correspond au territoire que couvrait la cité dans ses remparts. Le siècle suivant, cela devient le quartier de la finance, le Wall Street du Canada, avec des sièges de banques et d’assurances. La rue St. Jacques nous montre les édifices imposants, aux lourdes portes, aux halls énormes de marbre et de dorures de la Banque Royale, la Banque Molson – issue d’une famille célèbre pour sa brasserie, la Banque de Montréal – bâtie sur le modèle du Panthéon de Rome et qui rappelle ce film avec Jean-Paul Belmondo, la New York Life – compagnie d’assurances de huit étages en grès rouge, considérée en 1888 comme le premier gratte-ciel de Montréal. L’architecture de cette rue est riche et variée, de petits hôtels luxueux accueillent des célébrités et ils devaient être bien complets avec le Grand-Prix, comme le Saint-James, le Saint-Régis ou le LHotel qui renferme des collections privées d’arts pop et contemporains dont une œuvre de Botero sur le trottoir.

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La Place d’Armes est riche en histoire, elle était sous le régime français le cœur de la ville, utilisée pour les manœuvres militaires, les processions religieuses et elle détenait aussi le puits qui constituait la première source d’eau potable de Montréal. Elle sera plus tard transformée en un jardin public puis en terminus des tramways et aujourd’hui, une place touristique où trône la statue de Paul de Chomedey de Maisonneuve, qui en 1642 fonde la colonie française sur cette île tout d’abord dénommée Ville-Marie, nom qui tombera peu à peu en désuétude pour devenir Montréal, inspiré du Mont-Royal, nom donné par Jacques Cartier à la montagne. Sur cette place, le plus ancien bâtiment de Montréal est le Vieux Séminaire de St Sulpice construit dans les années 1680 et qui est toujours habité par les prêtes de St Sulpice. Il est dit qu’au moment de sa construction, la ville comptait cinq cents habitants, terrorisés par les attaques des Iroquois et que ce séminaire représentait un coin de repli de civilisation européenne. Les Sulpiciens rêvent dans les années 1820 de faire construire la plus grande église au nord du Mexique, ils font appel à James O’Donnel, un architecte de New York d’origine irlandaise protestante et on raconte qu’il s’est converti au catholicisme avant de mourir pour pouvoir être ici enterré. La basilique Notre-Dame est de style néogothique, son décor intérieur est étonnant, entièrement de bois peint et doré à la feuille, avec un ciel de cèdre bleu, une chaire en noyer et tilleul sculptée à la main, des vitraux représentant la vie à Montréal et un orgue aux sept mille tuyaux. À l’arrière, toute en bois également, une petite chapelle qui est plutôt réservée aux mariages.

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En descendant la rue St Sulpice, je fais un crochet par le Cours Le Royer, emplacement initial de l’Hôtel-Dieu fondé par Jeanne Mance et qui devient ensuite un ensemble d’entrepôts pour les biens arrivant dans le port tout proche – on voit encore quelques enseignes sur ces bâtiments. Aujourd’hui, ce sont des lofts ou des bureaux le long d’une petite rue piétonne agrémentée de fontaines, de bancs, de sculptures et de verdure.

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La rue St Paul serait la plus ancienne et pendant longtemps la principale artère commerciale; elle est bordée de boutiques et de galeries magnifiques – super art inuit entre autres-, installées dans des anciens immeubles de pierre – on y prépare déjà l’hiver à ce que je peux observer par le dépôt d’un tas de bûches dans un hôtel particulier. Elle mène à la Place Royale, ainsi nommée par l’explorateur Samuel de Champlain en 1611, qui souhaite y installer un poste pour la traite des fourrures mais dont les projets seront stoppés par les guerres entre les tribus amérindiennes. La Place Royale sera renommée Pointe-à-Callière et c’est ici que fut fondée Montréal en 1642, avec la colonie missionnaire de Paul de Chomedey et Jeanne Mance ainsi qu’une cinquantaine de pionniers arrivés de France. La visite du Musée Pointe-à-Callière sera très intéressante, il y aura aussi le Centre d’Histoire de Montréal – à côté du restaurant Gibby’s de Nestor et des anciens bureaux de Alain – et l’ancien Hôpital des Sœurs Grises, dont la place porte le nom de la fondatrice de cette communauté, la Mère d’Youville. Ce terre-plein tout en longueur est un endroit vert et paisible, un obélisque rend hommage aux fondateurs et premiers colons arrivés à Montréal. Voici un quartier dont je reviendrai visiter quelques musées.

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L’eau a joué un rôle très important dans l’histoire de Montréal, cette île où les premiers explorateurs ont mis pied à terre pour s’éloigner des courants rapides au large du St Laurent. Ce sont également ces rapides qui ont aidé à l’essor industriel par l’exploitation de l’énergie hydraulique et le canal de Lachine avec ses écluses, a permis de relier Montréal aux Grands Lacs à l’époque du commerce de la fourrure; il devient le premier port intérieur d’Amérique du Nord, s’étendant sur vingt-cinq kilomètres le long du fleuve. Depuis la fin des années 1970, des travaux de rénovation du quartier du Vieux Port sont à l’œuvre pour que soit expliquée l’histoire de ce lieu primordial, mais aussi qu’il devienne un port de plaisance et un endroit de détente et de culture. Ainsi des parcs, des étangs, des chemins de balade à pied, rollers ou vélos sont agréablement aménagés. Quelques quais sont restaurés, pour accueillir les ferries de croisières, également un centre des sciences avec le cinéma IMAX et sur le Quai des Convoyeurs, on peut encore voir la haute tour qui servait au transbordement des céréales provenant de l’Ouest canadien. La Compagnie du Grand Tronc comptait huit voies ferroviaires ici près du port, assurant la liaison maritime et terrestre pour le transport des marchandises, avant l’avènement du transit par camions; il reste aujourd’hui deux voies de ce chemin de fer, le long d’une piste cyclable.

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Je remonte ensuite vers la rue Notre-Dame que je vais enfiler jusque bien loin vers l’Est, atteignant presque le Pont Jacques Cartier. Sur Notre-Dame, les bâtiments anciens et modernes des Palais de Justice et de la Cour d’Appel du Québec, et avant de descendre sur la Place, l’Hôtel de Ville bien en vue, au balcon duquel le Général De Gaulle a lancé son ‘Vive le Québec libre!‘ lors de sa visite en juillet 1967. La Place Jacques Cartier vit surtout à la bonne saison, avec les terrasses des restaurants, les artistes qui s’y installent, chanteurs, musiciens, caricaturistes ou peintres. Elle plonge depuis l’hôtel de ville, et la colonne de Nelson – financée par les marchands britanniques pour commémorer la victoire de la flotte de l’amiral Nelson à Trafalgar – vers le quai Jacques Cartier et le fleuve. Sur un côté, la petite Place de la Dauvesière, attenante au Château Ramezay – qui sera lui aussi pour une prochaine visite – attire le regard autour de la statue de bronze de Jean Drapeau. Cet homme, maire de Montréal durant de nombreuses années entre 1954 et 1986 sera l’initiateur de grands projets pour la ville.

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La rue Notre-Dame m’amène, hors du circuit touristique vers l’énorme brasserie Molson dont on repère de loin le bâtiment de briques rouges et dont les effluves sur le trottoir sont assez fortes. Fondée en 1786, elle est la plus ancienne brasserie du Canada et après la Compagnie de la Baie d’Hudson, la deuxième plus ancienne entreprise du pays. Le quartier intermédiaire semble devenir un lieu de résidence avec de jolis immeubles modernes, et en contre-bas, je découvre par surprise le siège du cirque Eloize fondé en 1993. Il s’est installé dans l’ancienne gare Dalhousie qui avait accueilli en juin 1886 le premier train de passagers transcontinental canadien; cette gare a été excavée à l’emplacement d’une colline boisée, proche des fortifications de l’ancienne Ville-Marie.

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La Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est une très ancienne église en pierre sur les quais; depuis sa chapelle très surélevée on baptisait les navires et les matelots en partance pour l’Europe – une visite vaudrait aussi la peine. Le musée Marguerite-Bourgeoys retrace la vie de cette pionnière de l’éducation au Québec, originaire de Troyes et venue créer une école à la demande de Paul de Chomedey. C’est elle qui prendra aussi en charge l’accueil et la formation des femmes appelées ‘filles du Roy‘, ces quelques huit cents jeunes femmes, souvent orphelines, ayant émigré en Nouvelle-France entre 1663 et 1673 pour fonder une famille et dont le roi Louis XIV paya le voyage et la dot. D’ailleurs juste tout à côté, l’ancienne maison familiale Pierre-du-Calvet, d’architecture typique style petit château français, abrite une auberge luxueuse nommée ‘les filles du Roy’.

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Le marché Bonsecours, de pierres grises et au dôme argenté, servait autrefois de grande halle pour les maraîchers, il a ensuite abrité le siège du Parlement Canadien alors que le bâtiment orignal avait brûlé et aujourd’hui on s’y balade entre boutiques et expositions, sans rien d’exceptionnel. Par contre en face, je prends un vrai plaisir à découvrir les œuvres de Peter W. Hart, aux couleurs vives et aux mouvements captivants.

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Autrefois les pêcheurs et les agriculteurs arrivaient ici par bateau au Quai Victoria pour aller vendre leurs marchandises dans les marchés publics; il fut renommé Quai de l’Horloge depuis qu’en 1922 cette tour fut construite pour rendre mémoire aux marins de la marine marchande morts durant la première guerre mondiale – elle sert aussi de phare alors aux navires entrant dans le port. Elle ressemble à un petit Big Ben avec ses faces couvertes d’horloges et les quelques deux cents marches nous montent à cinquante mètres du niveau de la mer, offrant de l’observatoire une vue sur le fleuve, ses îles et ses ponts et sur le Vieux Montréal. Au pied, une plage urbaine a été créée, comme c’est la mode en Europe aussi, avec du sable fin, des transats et des parasols, des brumisateurs mais pas de possibilité de se baigner – c’est désert à cette saison, en semaine en tout cas. Ce long parcours m’a plongée dans l’histoire de la ville, fort intéressante et c’est une pause bien agréable que me propose Martine, sur sa terrasse, avant que je rentre préparer un bon repas.

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Le Grand-Prix de Montréal

La journée s’annonce belle, nous partons courageusement à pied vers le cimetière et ensuite le parc Mont-Royal en vue de rejoindre le centre ville. Bonne surprise, le lac des Castors commence à se remplir; il y a beaucoup de monde le week-end dans ce grand espace vert que nous traversons pour admirer le point de vue au Chalet. Une série d’escaliers dans les bois plonge directement vers la rue des Pins et là nous sommes sur le domaine de l’université McGill. Tout d’abord un énorme hôpital, accroché à la forêt, de style très anglais mais qui ne m’inspire guère – un peu vieillot semble-t-il.

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L’Université McGill, de renommée mondiale, est une des plus anciennes au Canada et elle offre à Montréal une formation en anglais. Elle fut fondée en 1821 grâce au don de James McGill, un riche commerçant de fourrures, d’origine écossaise. Il légua par testament son domaine campagnard pour que soit créé un Collège à son nom. Elle compte de nos jours plus de trente-huit mille étudiants, répartis dans onze facultés. Son entrée est prestigieuse avec cette allée fleurie qui ouvre sur le bâtiment principal, le plus ancien du campus qui abrite un théâtre.
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Le Musée McCord retrace l’histoire de Montréal, depuis les premiers occupants avant l’arrivée des européens, la vie au quotidien aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, le développement vers la ville moderne avec son métro et ses gratte-ciels. Une très jolie exposition, intéressante, imagée avec de nombreuses photographies d’époque, des tableaux, des costumes, des objets d’art. On y retrouve à leurs débuts, des quartiers comme Point-à-Callière – la première place publique de la ville, la rue St. Jacques – artère de la finance, le canal de Lachine – axe du développement du commerce fluvial, le boulevard St. Laurent – le couloir de l’immigration, Maisonneuve – l’ancien village de fermiers et marchands, la rue Ste Catherine – le centre commerçant, l’île Notre-Dame – l’espace de la modernité, le Mont-Royal – la montagne qui procure le havre de paix. J’ai déjà sillonné une bonne partie des ces pôles et cela me fait plaisir de découvrir ici comment ils ont évolué au cours du temps. Une exposition temporaire présente les toilettes de Grace Kelly, une belle rétrospective sur la ville de cette dame magnifique dont le voyage l’a amenée de Philadelphie à Monaco, du rôle de mannequin, actrice à celui de princesse.
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La ville de Montréal vibre depuis quelques jours sous l’ambiance du Grand-Prix, qui se déroule sur l’île Notre-Dame mais dont les débordements se ressentent dans les rues de la ville. La foule n’est pas encore trop étouffante alors que la course touche à sa fin. Les rues Peel et Crescent nous baignent dans le monde des voitures de luxe, des sponsors, du champagne et des bistrots aux terrasses joyeuses. Nous n’avons jamais vu autant de Porsches, Ferraris, etc en une seule journée; c’est amusant et convivial – les gens entament facilement la conversation.

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La remontée vers la montagne, avec un Mojito dans chaque jambe, est un peu plus rude … un gentil raton-laveur nous encourage … Alors que nous approchons de notre quartier, Martine et Alain nous proposent un couscous chez Mohand, que nous connaissons un peu et voici une soirée improvisée super agréable, à la terrasse de son restaurant jusque bien tard.

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5@8 Créatif

Une journée de rédaction non stop pour moi, j’ai pris un peu de retard mais le résultat me satisfait et j’aurai dans les jours qui suivent de gentils commentaires, principalement à propos de St. Benoît-du-Lac; c’était sincèrement une rencontre fascinante.

Yves a un agenda complet pour cette journée, qui se clôture en beauté avec la conférence 5@8 Créatif, organisée par le groupe Mosaic de HEC. La salle de restaurant du Cercle, au dernier étage du bâtiment est un très bel endroit, l’audience est variée avec des professeurs, des doctorants, des chercheurs, des entrepreneurs, des architectes, des designers, etc. Leur intérêt se manifeste par une bonne participation et de nombreuses questions par la suite, il y aura même une interview pour une chaîne de télévision locale tout bientôt.

Je salue quelques professeurs que je connais déjà et discute avec Martine et Alain ainsi que Patrice, un jeune entrepreneur dynamique qui s’intéresse vivement à la participation de Yves l’an prochain au Congrès de l’Innovation. Il faut arracher Yves à ces discussions post-présentation pour le repas au Leméac, avec trois professeurs de l’organisation de cette soirée.

La brasserie se situe sur Laurier, le repas est excellent et les papotages vont bon train, sur les deux écoles HEC mais aussi sur l’Asie, sur les bonnes adresses de Montréal, sur le Cirque du Soleil avec qui l’équipe a des contacts très soudés … un petit espoir de pouvoir les approcher …

Le summum du repas sera le dessert ‘commun’, un énorme morceau de brioche préparé en pain perdu, avec de la glace et du sirop d’érable qui enrobe le plat … un délice !

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