Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


Poster un commentaire

Toronto à pied !

Ce lundi est férié au Canada, non pour la Pentecôte mais pour célébrer la reine Victoria. Sous un beau ciel bleu et soleil, nous partons bien décidés à la découverte de Toronto et ses divers quartiers nommés districts; ni bus, ni tramway, ni métro nous n’emprunterons, seules nos jambes nous transporteront. Les rues, les avenues alignées au cordeau facilitent le parcours que nous débutons par West Queen West, le quartier surnommé Art & Design District. Les bars, boutiques, restaurants, galeries de cette rue mythique recèlent beaucoup d’originalité; on y ressent un air appelé ‘bohème-branché‘ par les torontois eux-mêmes. Le nombre de façades joliment colorées de tags figuratifs me plaisent beaucoup et c’est une chance que ce jour férié voit les portes closes pour une majorité des commerces. Dans le parc Trinity-Bellwoods, les lilas sentent merveilleusement bon et les citadins s’allongent sur les gazons pour profiter des heures de repos.

IMG_9756 IMG_9757 IMG_9759 IMG_9761 IMG_9760 IMG_9767 IMG_9770 IMG_9773
Même si ce n’était pas initialement dans nos plans, le crochet par Kensington Market apporte une autre vision plus vivante d’un quartier populaire, avant de nous retrouver dans le district chinois. Les couleurs vives, les enseignes aux caractères kanji, les étalages de canards laqués et d’épices ou de champignons, les grandes tables rondes des restaurants, les pharmacies de plantes médicinales … on s’y reconnaît, c’est bien la vitrine d’un Chinatown. L’immigration remonte au milieu du dix-neuvième siècle, avec des commerces de blanchisseries – avant l’invention de la machine-à-laver – et de restauration et aujourd’hui on compte un-demi million de chinois à Toronto.

IMG_9776 IMG_9779 IMG_9780 IMG_9994
Le fameux musée d’art est fermé le lundi et nous dénichons en face un petit restaurant/galerie qui expose les toiles de Lim Khim Katy, née à Ho Chi Minh City; ses maisons de campagne, ses paysages lumineux, ses personnages expressifs … j’aime. Sur la rue McCaul, c’est la découverte du bâtiment le plus original que nous ayons jamais vu, le Sharp Centre for Design qui fait partie de OCAD, le Ontario College of Art and Design où Yves a un rendez-vous mercredi. Incroyable, cet énorme cube rectangulaire aux façades de cases noires sur fond blanc, perché sur douze immenses pilotis colorés, chapeautant un ancien bâtiment! De près, de plus loin, la vue reste accrochée à cet édifice audacieux, inoubliable.

IMG_9793 IMG_9801 IMG_9802 IMG_9805 IMG_9806
L’objectif suivant est l’ancien Hôtel de Ville de style victorien devant lequel fut érigé le New City Hall, avec deux tours courbées telles deux mains ouvertes qui protègent la soucoupe où siège le conseil de la ville. Des passerelles d’accès surélevées offrent une splendide vue sur cet espace public devant l’hôtel de ville, le Nathan Phillips Square. Des enfants courent se mouiller, se rafraîchir sur les jets d’eau, les gens ont emporté leur siège pliant pour se détendre en observant l’animation de la place et nous écoutons les airs entraînants d’un orchestre, sous la baguette de la talentueuse Resa Kochberg, dans le cadre du programme de la semaine de musique juive.
IMG_9818 IMG_9819 IMG_9826

Je parviens à entraîner Yves dans le Centre Commercial Eaton, de cinq étages infinis, coiffé d’une immense arcade au toit de verre et avec en suspension un magnifique vol de bernaches en fibre de verre. Un écart qui valait le coup d’œil.
Et nous parvenons à Yonge Street que nous descendons vers le sud jusqu’à l’Esplanade. Yonge street est une des plus longues rues au monde, portant le même nom sur 1’896 km, depuis le lac Ontario jusqu’à la ville de Rainy River. Elle suivrait le tracé utilisé par les Hurons et ensuite par un explorateur français. Sa construction a débuté dans les années 1790, pour faciliter les communications entre la nouvelle York, appelée Toronto, et la baie Géorgienne en cas de conflit avec les américains. Elle est aujourd’hui une rue commerçante super animée, avec également des musées et des théâtres.
De Yonge à Bay street, s’étend Brookfield Place, un autre symbole architectural de Toronto. Entre deux tours jumelles, une galerie de verre de cinq étages, supportée par une structure métallique blanche; nous y trouvons un ‘Marché‘, boutique et restaurant à l’enseigne suisse – comme celui de Singapour – et le Spirit of Hockey bien sûr.

IMG_9832 IMG_9838 IMG_9581 IMG_9584 IMG_9586 IMG_9591 IMG_9589
Pour atteindre le Distillery District, recommandé par Anaelle, nous traversons le quartier de la vieille ville de Toronto, là où le commandant Simcoe de l’armée britannique a fondé la ville de York en 1793. Ce sera longtemps le centre économique de la métropole avant qu’il ne se déplace plus récemment vers la forêt de gratte-ciel que constitue le quartier des affaires. Au passage nous admirons la façade du Gooderham building, un trompe l’œil qui représente le bâtiment qui lui fait face de l’autre côté de Front Street. Le secteur est de nos jours à la mode pour y élire domicile plus au calme.

IMG_9846 IMG_9843
The Gooderham and Worts Distillery est fondée en 1832 et devient rapidement la plus grande au monde, produisant jusqu’à huit millions de litres d’alcool par an. Les restrictions et interdictions de la première guerre mondiale vont aboutir en une reconversion en production d’acétone et ensuite chuter. C’est dans les années 1990 cependant un lieu reconverti une fois de plus, en studios de films. Nous entrons dans ce quartier entièrement piéton, un Hub de culture, de loisirs et d’art; lieu de la mode, du design, d’artisans, de galeries, de cafés et restaurants branchés mais aussi un paradis pour les résidences. Nous avons la chance qu’il s’y passe ce week-end un rassemblement d’artisans à l’ouvrage et vendant leurs œuvres; une animation qui fait fête, sous un beau soleil qui réjouit les cœurs.

En 2003 un petit groupe d’entrepreneurs visionnaires fait le rêve de transformer les quarante-sept bâtiments de pure style industriel victorien de l’ancienne distillerie en un espace où les passions et la créativité pourraient s’exprimer, se développer, se partager avec d’autres. Pour terminer la rénovation des rues, ils auraient acquis six cent mille pavés de brique rouge de Cleveland. Ils sont parvenus à créer un ensemble où l’ancien et le moderne se fondent; une destination idéale pour rêver, se sentir hors du temps, chiner parmi les quantités de boutiques d’objets insolites – comme chez Bergo Designs, par exemple – ou se laisser captiver par un magicien de rue, savourer un délicieux chocolat aux pépites de caramel, une bière rousse de Mill St. Brewery. Un vrai moment de bonheur pour lequel nous remercions vivement Annaelle du conseil! C’est d’ailleurs à sa santé que nous prenons nos consommations sur un banc face au soleil …

IMG_9859 IMG_9860 IMG_9862 IMG_9864 IMG_9867 IMG_9873
Le retour se fait le long de Queens Quay, East puis West dès que l’on passe outre cette Yonge street et l’on revient vers la ville qui donne le vertige. Le nombre de travaux, de grues fait dire aux locaux qu’il y a deux saisons à Toronto : l’hiver et … la saison des constructions!

IMG_9877 IMG_9881 IMG_9884 IMG_9888


Poster un commentaire

Niagara Falls

Une excursion organisée par Gray Line, va nous permettre d’apprendre et de visiter plusieurs sites de la région de Niagara en une seule journée. Notre chauffeur Jim est très gentil et attentionné; notre guide, Edward, officiellement à la retraite, est drôle et intéressant – il faut cependant bien tendre l’oreille pour décortiquer ses phrases mâchées. Jim s’amuse à quitter l’autoroute quand la circulation devient dense et ainsi nous progressons à bon rythme. Nous passons à proximité de Burlington, une région recherchée en bordure du lac, avec des golfs et des plages de rêve pour ses riches résidents. Hamilton est elle moins réjouissante car très polluée à cause de ses chantiers de constructions navales et ses hauts-fourneaux en quantité concentrée.

La zone qui s’ensuit est très fertile, recouverte de terres d’alluvions suite à la fonte des glaces et des neiges des Montagnes Erié … elles nous font bien rire leurs ‘montagnes’, pas très hautes. Par contre les étendues de vergers, cerisiers, pommiers, etc. sont de taille américaine – nous circulons sur FruitLand Road – et aux alentours de Ste Catharines, nous approchons des vignobles, des alignées immenses de ceps et des caves, dont certaines n’ont rien à envier à nos châteaux. Par contre Edward a pris rendez-vous pour nous dans la petite cave ‘Caroline‘. C’est l’heure de l’apéro et cette dégustation de Riesling, Cabernet Sauvignon et IceWine tombe bien à point. Le show est très américain, même que je ne sois pas experte dans le domaine, c’est amusant.

IMG_9749 photo IMG_9630 IMG_9629

Reprenant notre route, nous enjambons le canal Welland, un canal de quarante-deux kilomètres avec huit écluses, assurant le passage du lac Ontario au lac Erié en évitant les chutes du Niagara. Ce canal est emprunté par la navigation de plaisance et commerciale et fait partie de cette Voie maritime du St.-Laurent; il facilite le transport des marchandises produites dans les villes industrialisées bordant les Grands Lacs vers l’océan atlantique, en passant par le Mississippi. La région est magnifique, les chemins empruntés nous font découvrir de très jolies habitations et nous arrivons au Parc Niagara, avec ses endroits de pic-nic bien sympathiques, son horloge de fleurs, son école horticole, son jardin botanique, plusieurs grands terrains de golf, des réservoirs qui alimentent les centrales hydroélectriques et enfin Woah, nous apercevons les fameuses chutes! Le lunch se prend au treizième étage du Sheraton, avec une vue spectaculaire sur le site, peut-être la plus belle de l’endroit.

IMG_9648 IMG_9701IMG_9659
Les chutes, la rivière Niagara et les Grands Lacs nord-américains sont nés de la déglaciation il y a cinquante mille années. L’érosion et le recul des chutes ont créé une séparation : les chutes canadiennes appelées le Fer à Cheval et les chutes américaines qui toutes deux sont situées sur la rivière Niagara qui relie le Lac Erié au lac Ontario. La frontière entre les deux pays est tracée telle une ligne toute droite au milieu des deux lacs. Et trois ponts imposants sur la rivière permettent de passer cette frontière, les files d’attente aux douanes peuvent s’étendre sur plusieurs heures.

La hauteur des chutes n’est que de cinquante-deux mètres mais leur largeur – 323 mètres pour les américaines et presque huit cents mètres pour le Fer à Cheval – provoquent un débit de plus de deux mille huit cents mètres cube par seconde, le même taux étant dévié pour la production d’énergie; cela en fait les plus puissantes de l’Amérique du Nord. Elles sont donc également une source importante d’énergie hydroélectrique et les ingénieurs s’efforcent par de nouvelles technologies de réduire le taux d’érosion.

Il y a toujours polémique pour savoir quel européen a fourni le premier des descriptions des chutes; Samuel de Champlain début du dix-septième siècle ou Pehr Kalm, un finno-suédois un siècle plus tard? Une légende amérindienne raconte qu’une très jolie jeune femme refusa le mariage organisé par son père pour choisir de se sacrifier à son amour He-No, dieu du tonnerre vivant dans une caverne derrière les chutes du Fer à Cheval. Alors qu’elle amenait son embarcation aux rapides de la Rivière pour le rejoindre, elle tomba à l’eau et fut sauvée par son héros, He-No!

La légende a donné son nom aux embarcations qui emmènent les touristes au pied des chutes, Maid of the Mist. Équipés de pèlerines bleues pour nous épargner la douche complète, le périple nous amène le long des chutes américaines qui se fracassent sur un amas de roches brisées tombées en 1954, accompagnés d’un flux de mouettes et ensuite le bateau s’engage plus loin dans les tourbillons de la gorge vers les chutes du Fer à Cheval. L’impression est forte, on ressent profondément la force des courants, on pense être au plus près – les appareils photos déjà cachés car il n’est plus possible de les tenir – mais non, le bateau approche encore, s’enfonce dans ce brouillard humide bouillonnant d’énergie! Woah, ça valait franchement le coup! Le soleil, le vent, les 29 degrés sont juste bien présents pour que nous soyons à peu près secs quand on reprend le car.

IMG_9665 IMG_9668 IMG_9681 IMG_9691 IMG_9693 IMG_9698



Les statistiques donnent quatorze millions de visiteurs par an pour cet endroit exceptionnel, lieu touristique depuis plus d’un siècle, et qui est la destination première des Lunes de miel. La localité côté canadien, mais aussi américain je crois, n’a elle rien de très pittoresque; elle fait penser à un petit Las Vegas extravagant. Par contre notre excursion prévoit un dernier arrêt à Niagara-on-the-Lake, petite ville où se serait installée la première communauté anglaise en Ontario et considérée comme une des plus belles de la province. Une rue principale, commerçante, magnifique, avec des boutiques, des bars, restaurants, hôtels – dont le Prince of Wales, très old fashion – au cachet comme j’aime et dont les souvenirs d’escapades avec Candy et Richard nous reviennent. Les arbres sont superbes, une jolie petite église Saint-Vincent de Paul, des calèches au charme d’antan et … des glaces affreusement savoureuses … miam, le parfum de cherry cheesecake !

IMG_9737 IMG_9729 IMG_9743 IMG_9738 IMG_9725 IMG_9744 IMG_9734

Journée qui procure un bien-être exquis, qui fait tout oublier; les images inondent les yeux et chassent de l’esprit les réalités de la vie quotidienne.

Victor est le restaurant du Germain, tenu par David Chrystian qui a participé à l’émission Top-Chef au Canada. Nous y apprécions énormément un menu ‘tasting‘ dont les saveurs vont crescendo au cours du repas. Originaire de Roumanie, il s’est inspiré des recettes de sa grand-maman; des parfums excellents! Et nous faisons causette à la table voisine avec un couple de belges retraités, joyeux et bavards – mais peut-il en être autrement – en voyage de New-York à Montréal en passant par Toronto; demain ils feront la même excursion vers les chutes. Rencontre fortuite agréable, on se croisera à plusieurs reprises.


Poster un commentaire

Direction Toronto

Les cinq heures pour parcourir les 550 km qui nous séparent de Toronto, à bord d’un train dit rapide de la Compagnie ViaRail sont bien confortables et relaxantes. Le service est impeccable, le dîner trois plats et les boisons tout au long du trajet agrémentent le temps passé à bouquiner, moi sur la ville où nous allons séjourner quelques jours et Yves sur les quatre ou cinq présentations qu’il va y faire. Le personnel est nombreux, sympathique et blagueur; les annonces nous font sourire, surtout lorsqu’ils s’apprêtent à tenter d’enclencher la climatisation et tout le monde crie ‘Ah Ah‘ dès son ronronnement caractéristique. Ce n’est bien sûr par un TGV, on ressent régulièrement des à coups – il faut veiller à ne pas trop remplir les verres – mais je ne me plains pas de la vitesse qui me permet de mieux admirer et photographier le paysage. Il faut également savoir que les trains de marchandises sont prioritaires et surtout au départ, nous voici quelques fois à l’arrêt pour en laisser passer un – ceux-ci sont lents et très très longs!

IMG_9551 IMG_9552
Les paysages défilent sur un relief plat à perte de vue, avec des fermes aux façades typiques de lamelles de bois et leurs gros silos, des ranchs, des zones marécageuses et des forêts aux arbres brûlés, gris squelettiques comme nous en avons vu souvent dans les alentours de Vancouver. Proche des petites localités, nous retrouvons également de superbes terrains de golf au tapis de velours vert tendre et le silence de cette campagne est troublé par les sifflements des trains qui coupent les routes, sifflement chantant bien typique, comme dans les films.

IMG_9561 IMG_9565 IMG_9571

Le temps a passé, une heure avant le but, surgit sur notre gauche l’immensité du lac Ontario et soudain ce sont les faubourgs puis les buildings de Toronto. C’est la plus grande ville du Canada, avec 5,5 millions d’habitants dans la région métropolitaine et son impressionnante concentration de gratte-ciel, la plus importante après New-York et Chicago en Amérique du Nord. En sortant de Union Station, c’est le vertige; on se sent tellement petit au pied de ces tours qui pointent vers le ciel. Je comprends mieux la remarque ‘Montréal est un village comparée à Toronto‘! Les façades de verre jouent aux miroirs et se reflètent les unes dans les autres pour le plus bel effet. Mais tout comme à Montréal, des bâtiments anciens – comme le Toronto Stock Exchange – et des églises ont résisté et prennent toute leur splendeur en se mirant dans leurs tours voisines. Les tramways font partie du paysage de la ville depuis très longtemps, ce qui est rare dans les agglomérations américaines. Les taxis sont également très nombreux, le plus souvent bicolores et ainsi reconnaissables de loin.

IMG_9573 IMG_9574 IMG_9577 IMG_9578 IMG_9579 IMG_9582 IMG_9594 IMG_9597 IMG_9603 IMG_9602
C’est en 1834 que la ville de York, sous régime anglais depuis le milieu du 18ième siècle après avoir été française avec la découverte de Jacques Cartier, devient Toronto. Elle va rapidement prospérer grâce entre autres à la construction de la Voie Maritime du St.-Laurent qui a facilité son développement économique. Et ensuite de grands projets architecturaux audacieux vont la porter au sommet de sa reconnaissance.

Ce soir notre balade nous mène déjà vers le Centre Rogers, premier stade en 1989, à toit rétractable, qui abrite le club de baseball, les Blue Jays de l’American League. Le symbole de la ville est sa CN Tower, haute de 553 mètres, construite dans les années septante pour faciliter la transmission des ondes radio et Tv. Nous resterons au sol pour admirer, et flipper un peu, en regardant les courageux visiteurs qui harnachés et câblés s’aventurent sur la corniche extérieure à 356 mètres de nous.

IMG_9612 IMG_9607

Le quartier du Waterfront, avec ses anciens entrepôts, ses vieux rails de chemin de fer et son horrible autoroute surélevée en béton, voit depuis quelques temps des travaux de rénovation et d’embellissement du littoral, qui attire touristes et citadins au bord du lac pour des balades, des activités ludiques ou culturelles. Nous y mangeons de succulents spaghettis au Lobster!

IMG_9616 IMG_9615 IMG_9625 IMG_9619 IMG_9618
Le Germain est un hôtel situé dans une petite rue calme en marge du quartier des loisirs; c’est un petit bijou de design, de simplicité, avec un lobby fort chaleureux, tout comme son personnel d’ailleurs. A recommander vivement.

IMG_9750 IMG_9610


Poster un commentaire

HEC et la Faculté de l’Aménagement

HEC Montréal est une école créée il y a plus de cent ans et à l’époque, vu que le commerce se pratiquait par voies fluviales et maritimes, elle fut à l’origine une école de gestion maritime. Le nouveau bâtiment, construit en 1996 par l’architecte Dans Hanganu, est appelé le bateau; son architecture est insérée dans la forêt, des cheminées pointent, ses hautes parois de verre donnent à la cafétéria une ambiance très nature et fort agréable – l’une d’elles ondule en bordure d’arbres géants. Le bâtiment, vu de la Côte-Ste-Catherine est imposant et son caractère qui nous semble tout simplement moderne aujourd’hui, a dû paraître futuriste et fut pas mal critiqué à ses débuts, avant d’être accepté dans le paysage. De nombreux puits de lumière et espaces ouverts lui donnent une structure intérieure légère et lumineuse. Yves s’y plait beaucoup; les zones publiques de travail ont un cachet et offrent vue sur la verdure. Je passe un jour prendre une soupe avec lui à la cafétéria et se joint à nous, Gilbert, un vice-doyen. L’accueil, la gentillesse caractérisent bien les québécois; il nous indique des endroits à privilégier pour nos escapades. Avec Jacques il est un des créateurs d’un Jeu d’entreprise connu, largement diffusé et qui est adopté à Lausanne depuis quelques années. Les collègues d’Yves seront ici en juin pour une rencontre à ce sujet, entre autres Thibault qui nous accuse d’avoir kidnappé le soleil ! Les étudiants se pressent autour des nombreux distributeurs de boissons, de nourriture, et des micro-ondes car la plupart d’entre eux emportent leur pic-nic ; je comprends mieux à présent pourquoi Yves a besoin de quarters … les petits raisins au chocolat sont délicieux dans ces distributeurs!

IMG_9527 IMG_9528 IMG_9530 IMG_9533 IMG_9525 IMG_9472 IMG_9471 IMG_9470 IMG_2790 IMG_9469
La voisine de HEC est la Faculté de l’Aménagement, pour laquelle Alain a beaucoup d’accointances. Elle s’est installée dans un ancien couvent – on repère encore la croix incrustée sur la façade et la forme des petites fenêtres ogivales – auquel fut adjointe une extension très épurée dans ses lignes; ici aussi le projet n’aurait pas recueilli de suite une franche approbation, d’autant plus que le chœur de la chapelle a disparu au profit du hall d’entrée du pavillon.

IMG_9524

En cette fin de semaine, y sont organisées des remises de prix et des expositions des travaux de fin d’étude pour les différentes sections de Design. C’est guidés par Alain et Martine que nous découvrons ces manifestations captivantes. Les sections de design urbain, design des jeux, design d’architecture présentent des affiches, des maquettes de très belle qualité, alliant croquis, dessins, plans, projections numériques.

Le design intérieur est la spécialité de notre ami, dans laquelle il excelle comme un grand chef et c’est lui qui, au travers de la création de la fondation Ferdie, a réussi à hisser ces études au niveau universitaire, il y a de cela une quinzaine d’années. Une trentaine de sortants, en très grande majorité des filles, exposent un projet d’aménagement d’un hôtel, Spa, restaurant, gare, espace de travail, etc, magnifiquement illustrés et présentés. Ce qui me frappe en observant cette cérémonie de remise de prix, est l’impression que ces étudiants sont presque tous canadiens autochtones, ce qui ne reflète pas du tout le caractère multi ethnique de la population de la ville.

L’étage qui aurait certainement intéressé Mathieu, montre lui des objets plus concrets, des prototypes de design industriel. J’aime particulièrement le montage vertical et modulable du Potager Urbain de Delphine, Avalanche, la chaussette pour courir dans la neige poudreuse, de Jessica et le skiff de randonnée de Mélanie, Atshiku, un canot avec couchette intégrée pour passer une nuit en pleine nature tout en flottant sur l’eau – évidement j’ai ici une pensée particulière pour Adam et pour Françoise.

IMG_9547 IMG_9544 IMG_9539 IMG_9518 IMG_9517 IMG_9516
Nos amis nous emmènent découvrir les meilleurs sushis de Montréal, au Mikado sur l’Avenue Monkland. Nous nous régalons tous les quatre de ces poissons crus délicieux, savoureux, dans l’ambiance sympathique d’une équipe de restaurateurs japonais que Martine et Alain ont appris à connaître et inversement. La rue est longue et parsemée de magasins intéressants … voici un futur but de promenade pour moi, le jour où l’envie me prendra de faire du magasinage!


Poster un commentaire

Découvertes de la semaine

Il nous arrive de descendre en ville, de nous plonger dans son animation, d’admirer cet urbanisme particulier de Montréal où des immeubles très modernes côtoient des bâtiments classiques et bon nombre d’églises. Nous avons repéré une ancienne fonderie dont la deuxième vie voit siéger dans ses murs des expositions d’art visuel et que nous visiterons plus tard.
IMG_9455 IMG_9458 IMG_9459

IMG_9448 IMG_9451
La gare centrale à BonAventure est un joli grand hall avec des galeries de boutiques et restaurants qui ont conservé un cachet d’antan. Nous y avons acheté nos billets de train pour aller à Toronto samedi. Après ce film IMAX sur le train canadien, l’envie me tenait de parcourir un petit tronçon du trajet pour le plaisir d’admirer ces paysages vastes et sauvages. Le gain n’est ni pécuniaire ni temporel par rapport à l’avion et même l’expérience ferroviaire risque de nous réserver des surprises, à en croire nos amis … histoire à suivre ! Je reste zen, positive et nous avons trois jours d’avance sur le premier rendez-vous de Yves, no panic.

IMG_9457
La rue Ste Catherine est la correspondante de mon Orchard de Singapour mais plus abordable ici. Les magasins se succèdent sur des kilomètres, c’est l’artère vivante de la ville pour le shopping probablement. Avec Yves le rythme n’est pas au lèche-vitrine nonchalant … j’y reviendrai seule. Nous avons plaisir de reconnaître la Place des Arts avec le Musée d’Art Contemporain, l’opéra, les théâtres et salles de concerts ; le quartier des spectacles qui cet été va vibrer jour et nuit au rythme des danses et des musiques du monde.
IMG_9460 IMG_9461 IMG_9465 IMG_9462
A l’opposé de l’effervescence de la ville, j’aime toujours autant marcher dans les espaces verts, observer le réveil rapide de la végétation – les marronniers en fleurs et les fleurs des fruitiers s’envolant toutes légères au gré du vent -, m’arrêter devant un écureuil qui grignote ou une marmotte aux aguets.

IMG_9474

Le parc du Mont-Royal, au sud des deux cimetières que je traverse pour y accéder, est le poumon vert de la métropole. La végétation est toute différente de ce que j’ai parcouru durant sept mois en zone équatoriale ; ici tout est plus léger, aéré, plus tendre dans les couleurs et le toucher. Je m’y sens plus détendue … ils ne me feront pas peur ces petits lézards, ces salamandres ou ces couleuvres rayées que je pourrais apercevoir se chauffant au soleil … j’ai été habituée à plus impressionnant ! C’est à la Maison Smith, bureau d’information sur le parc, que j’ai appris leur présence. Je suis également remontée jusqu’au Belvédère Kondiaronk d’où la vue est toute ouverte sur la ville et le St Laurent.

IMG_9488 IMG_9490 IMG_9493 IMG_9495

Une boucle en forêt nous fait faire le tour du sommet de la Montagne, avec au passage une croix assez originale, ressemblant presque à une antenne. Le bois est sillonné de larges, même très larges, chemins et routes et aussi de petits sentiers plus pittoresques mais moins bien indiqués; j’y vais de mon flair pour m’orienter, sans me perdre. Et comble du comble, je renseigne deux dames qui veulent atteindre la fameuse croix, un groupe de jeunes qui cherchent le Lac des Castors et un papy en voiture qui me dit ‘être tout mêlé’ dans cette forêt – comprenez ‘je suis totalement perdu’ !
IMG_9496 IMG_9498 IMG_9499 IMG_9500
C’est l’endroit idéal pour les jeux et courses d’orientation ; je croise des classes, des patrouilles de scouts dont j’aime écouter les cris de ralliement qui percent la forêt. On pratique la course à pied, le vélo et VTT, la promenade des chiens et sous la surveillance des ‘rangers’ qui circulent en voiture. Je suis toute déçue de voir le Lac des Castors en travaux, la rénovation ne sera sans doute pas terminée avant fin juillet … dommage, c’est le seul point d’eau du parc. Il faudra de toute manière revenir à Montréal car il y a également un autre projet en cours : une balade aménagée sur le pourtour extérieur du Mont-Royal qui s’étendra sur une dizaine de kilomètres.

IMG_9480 IMG_9477 IMG_9484
Je traverse cette fois en zigzag le Cimetière protestant pour déboucher sur le Boulevard Mont-Royal, ‘LE’ boulevard de la riche bourgeoisie francophone, le quartier huppé d’Outremont, très agréable à observer, jolies maisons et jardins comme j’en souhaiterais un. Alain se fera un plaisir de nous y balader un soir, confirmant que c’est tout-à-fait hors de nos moyens ; aucune villa à moins de quatre millions de dollars … et pourtant j’en avais repéré une à vendre !

Il fait beau sur Montréal … les lilas embaument, les clochettes des muguets s’ouvrent, celles des cœurs de marie se balancent au vent et les hostas forment de jolies coroles au pied des arbres …

IMG_9509 IMG_9507 IMG_9520


Poster un commentaire

La vie dans mon quartier

Tout se déroule pour le mieux, ma vie ici me convient à merveille et même si je ne les comprends pas toujours du premier coup, les québécois me sont fort sympathiques. L’habitude du tutoiement surprend encore ; ‘je t’en prie’ me répond le serveur que je remercie d’avoir débarrassé ma table, ‘excuse-moi’ me dit le gars qui par mégarde me cogne sur le quai du métro. Mes jeunes s’y feraient de suite et je trouve cela plutôt accueillant.

Notre appartement a déjà pris nos marques, il suffit de pas grand chose pour apporter couleur et chaleur humaine et Yves y trouve également son bien-être. Cuisine, nettoyage, lessives, rangements se font déjà avec automatisme et le seul point à regretter est la mauvaise qualité du Wifi … le gérant est au courant et cela devrait se régler ou du moins s’améliorer.

J’ai installé mon bureau devant la fenêtre à la rue, position stratégique pour observer le va-et-vient, les habitudes de mon voisinage. Mes voisins les plus fidèles sont les écureuils ; ils ne se lassent pas de jouer, courir, arracher les petites branches de l’arbre juste sous mon nez – rapides, furtifs, mignons, l’air coquin.

La manière dont les gens qui attendent le bus 51 sur l’autre trottoir sont habillés, me renseigne sur la température du jour – je ne me presse pas de sortir si je vois les petits dames avec gants et écharpe. Les bus sont fréquents et agréables, les gens qui les empruntent sont très respectueux de la ‘queue’ qui s’allonge parfois bien loin sur le trottoir et peut-on déduire que les québécois sont soucieux de leur environnement en lisant sur ces bus ‘un bus = 50 autos de moins sur la route’.

Les trottoirs peuvent également servir de lieu de débarras ; lundi devant chez moi je découvre le matin des meubles, commodes, chaises, matelas … et tout au long de la journée des gens s’arrêtent pour y jeter un oeil et emporter éventuellement ce qui les intéresse. Finalement n’est-ce-pas plus intelligent que de tout porter dans une décharge ? Le ramassage des poubelles est très régulier et j’imagine que les objets encombrants ne traînent pas longtemps en extérieur. Un autre couple s’est lui installé devant sa maison toute une journée avec des objets à vendre, jouets, vêtements, livres. Pas certaine que ces pratiques soient envisageables dans un pays aussi ordré que la Suisse !

J’ai rayonné dans presque toutes les rues autour du Boulevard Edouard-Montpetit et suis même allée jusque chez Martine à pied. C’est vraiment chouette pour moi de la connaître, c’est la cerise sur le gâteau de mon séjour. On passe de bons moments ensemble, elle me renseigne dès que je cherche quelque choses – je connais déjà mon futur coiffeur et ostéo – et elle m’a même prêté un Swiffer pour faciliter ma tâche de nettoyage.

J’allais oublier de dire que j’ai trouvé mon Stam café chez PremièreMoisson, rue de la Côte-des-Neiges … j’y trouve mon inspiration, mêlée dans le brouhaha de la population locale.


Poster un commentaire

C’est la fête des mamans …

En ce week-end de fête des mères, un vent fort souffle sur la Montagne de Montréal. Nous nous déplaçons donc en bus et métro et choisissons des activités à l’intérieur.

Le magasinage est évidemment une des belles occupations de la ville et dans notre quartier, nous découvrons un superbe fleuriste et surtout une grande librairie en face de notre Olivieri. Il fallait savoir que derrière l’enseigne Renaud-Bray se cache cette merveille. Un arrangement intérieur fort agréable avec quantité de livres exposés sur des tables, dans des domaines variés à souhait, des rayons musiques, films et jouets vastes mais aussi des articles de maison pour la cuisine, le bureau, etc. originaux et design et le coin des revues, journaux, magasines est richement achalandé. Chacun de notre côté nous y dénichons nos petits bonheurs du jour.

ExoFruits est un autre supermarché de la Côte-des-Neiges que Martine nous a conseillé de visiter; en effet les fromages, les fruits, les olives sont de première qualité.

Martine et Alain sont des amis belges de longue date, installés ici à Montréal à quelques rues de chez nous. Le repas de retrouvailles dans leur maison est chaleureux et jovial; nous discutons, sans voir passer l’heure, de tourisme au Québec, de ses projets d’architecture, d’économie bancaire, des zones rurales en Andalousie et de la Feria de Séville, des plaisirs qui nous attendent pour les passages aux douanes américaines et j’en passe.

Notre sortie ‘en ville’ – alors que nous vivons presque dans un quartier ‘campagnard’ – nous amène sur la rue Sherbrooke, avec ses belles bâtisses abritant galeries, boutiques de mode et de créateurs jusqu’au Musée des Beaux Arts, consacré à la promotion de l’art international et canadien. Il est constitué de quatre pavillons de part et d’autre de la rue et dont le passage se fait par des galeries souterraines.
IMG_9389 IMG_9388 IMG_9391 IMG_9444 IMG_9392 IMG_9393 IMG_9442

Nous commençons par le bâtiment le plus moderne, le pavillon Jean-Noël Desmarais qui expose des œuvres d’art international datant de la période des peintres flamands, des impressionnistes et réalistes, jusqu’à la salle d’art contemporain. C’est magique pour moi comme ambiance, je m’y sens si bien ; les salles sont très agréables – beau choix des œuvres, décor, température, agencement, visiteurs calmes, espace – on se promène d’un étage à l’autre tout tranquillement.
IMG_9398 IMG_9405 IMG_9408 IMG_9411

Passant sous la route nous rejoignons le pavillon d’art québécois et canadien, construit comme une extension moderne, accrochée à une ancienne église. Les nombreux espaces vitrés laissent souvent paraître des toitures, des clochers, des tours anciennes, nous rappelant que nous sommes parachutés au cœur de la ville.
IMG_9415 IMG_9417 IMG_9425

Ici nous retrouvons avec plaisir, attachement mais aussi découverte des tableaux et des sculptures de l’art Inuit et d’artistes québécois comme Alfred Laliberté dont j’apprécie particulièrement l’expression, la douceur, la finesse des pierres et des bronzes.

IMG_9420 IMG_9422 IMG_9426 IMG_9427 IMG_9431
Sans nous en rendre compte, nous voici dans l’entrée de l’ancienne église Erskine and American, qui fut transformée en salle de concert. Cette salle Bourgie, aux très beaux vitraux et au chœur rhabillé de bois autour d’une scène, est librement accessible au public en ce dimanche. Quelle chance de pouvoir nous y installer juste à temps pour une Classe de Maître dans le cadre du Concours de Musique International de Montréal de Violon! Deux très jeunes artistes, futurs virtuoses peut-être, vont se prêter au jeu, devant nous l’assistance, d’un cours avec Régis Pasquier. Ce célèbre violoniste est originaire de Fontainebleau, issu d’une famille de musiciens; à l’âge de treize ans, il a remporté des premiers prix de violon et musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, où il sera nommé professeur à quarante ans. Il aime toujours enseigner et ce, de par le monde, notamment en Asie. Ses remarques et commentaires sont chargés de sensibilité, d’humour, d’émotion, nés de la fusion qui l’unit avec le compositeur de l’œuvre. Avec douceur et gentillesse, il améliore ou rectifie la position du poignet, le maintien du corps, la force du doigté, la longueur de l’archet, l’insistance d’un vibrato,… pour restituer avec plus d’âme le message de l’œuvre. Une belle révélation!! Et je partage ici avec vous un court instant de ce moment de pur régal pour les néophytes que nous sommes …


Poster un commentaire

Balade tranquille au pays du repos …

Oh là là … je pense que le pensionnaire au-dessus de nos têtes est insomniaque, il prend une douche à plus de minuit et se balade toutes les deux heures sur ces planchers qu’il est impossible de faire taire … patience, il ne va certainement pas rester aussi longtemps que nous.

Le vendredi, Yves assiste et participe au séminaire de recherche du département ; il y a une bonne ambiance entre les collègues et les échanges sont constructifs. C’est drôle d’entendre Yves me dire que finalement il comprend presque mieux les orateurs qui s’expriment en anglais que ceux qui parlent français avec leur fort accent québécois. Moi aussi, cela me demande souvent pas mal de concentration et je fais répéter.

Je me voyais en marche pour un petit tour aujourd’hui … et bien non, je monte jusqu’à l’entrée du cimetière de Notre-Dame des Neiges et celui-ci est tellement vaste et beau que je circule dans son labyrinthe de routes. Etrange, pourrait-on dire, comme but de balade mais les photos en témoignent , il s’agit d’un énorme parc, avec des arbres fantastiques, des collines verdoyantes de gazon bien entretenu et les chemins recouverts en cette saison de pollens et bourgeons donnent l’impression de marcher sur un tapis doré. Je ne suis pas seule à errer ainsi, je croise non seulement quelques voitures mais aussi des joggers, des hommes d’affaires qui discutent sérieusement en marchant côte à côte ainsi que des familles venues planter, garnir, entretenir leur tombe.
IMG_9265 IMG_9266 IMG_9346

Le cimetière, lieu historique national, a pris son emplacement actuel en 1855 et depuis, près d’un million de défunts y ont trouvé leur dernier repos ; c’est le plus grand du Canada avec quelques nonante mille tombes réparties sur une superficie de cent-quarante hectares. Les sépultures sont très variées, j’en prends l’une ou l’autre qui me plait, en photo, soit très moderne avec une jolie plaque de verre, soit plus classique avec des sculptures bibliques. A un endroit je tombe sur le quartier asiatique, avec sur des pierres tombales moins imposantes des noms de Wang, Song, Yu.
IMG_9372  IMG_9355  IMG_9354

Dans le cimetière se sont également construits des mausolées imposants, sobres de l’extérieur et très reposants en leur sein ; sur des hauteurs impressionnantes, de grandes plaques de marbre se succèdent, toutes uniformes, au sol une moquette moelleuse et une musique de fond douce – un lieu très propice au recueillement. L’un d’eux que je visite expose une reproduction de La Pietà de Michel-Ange de la Basilique St. Pierre au Vatican.
IMG_9348 IMG_9350

Je vais même traverser un petit bois logé au milieu du cimetière et me laisser surprendre par un bruit, puis la vision d’une grosse boule de poils … ce sont des ratons laveurs qui se baladent et jouent. J’atteins une des sorties, celle du Chemin Remembrance – route qui sépare le parc du Mont-Royal des deux cimetières. Surprise de tomber sur un enclos avec trois chevaux ; c’est l’écurie des onze chevaux de la Cavalerie de Police de Montréal, qui patrouille les rues de la ville et les parcs, offrant un sentiment de sécurité aux citoyens.
IMG_9362 IMG_9368     IMG_9367

Je pousse encore la balade jusqu’au second cimetière, deux fois plus petit et qui était à l’origine plutôt destiné à la population anglophone et protestante. Ils se partagent une partie de la montagne, ils sont entièrement clôturés et seule une petite porte permet de passer de l’un à l’autre et je la trouve. Ce deuxième cimetière est encore plus vallonné, je pense et ses arbres tout fleuris sont merveilleux. Je m’éloigne, je m’éloigne … il est peut-être temps de rentrer vers la Côte-des-Neiges et j’emprunte d’autres allées ; je découvre la Chapelle de la Résurrection et à la sortie une petite bâtisse de pierres au toit d’argent qui pourrait être la maison d’un gardien (pure supposition).
IMG_9370 IMG_9359 IMG_9357 IMG_9344

Il fait encore beau, je remonte vers l’Oratoire St. Joseph. Dimanche avec Yves, je n’ai pas prêté attention au carillon de cinquante-six cloches de bronze, qui ce jour chantent à tue-tête ; ce carillon était à l’origine prévu pour la Tour Eiffel.
Et sous le parvis de la Basilique, je découvre un musée, une crypte, la chapelle votive, une grotte avec la vierge et le tombeau du Frère André. Cela donne ensuite accès à un superbe jardin accroché à la montagne, le Jardin du Chemin de Croix. Le mariage entre les sculptures grandeur nature de l’artiste québécois Louis Parent, représentant la Passion du Christ et la végétation harmonieuse offre un très beau tableau sur fond de ciel bleu éblouissant.
IMG_9374 IMG_9375 IMG_9379 IMG_9382 IMG_9376


Poster un commentaire

Le quartier latin

Une semaine déjà que nous avons débarqué au Canada et notre enthousiasme est toujours identique. Ce jeudi de l’Ascension est jour férié pour nos amis et familles en Europe mais ce n’est pas le cas ici en Amérique du Nord. Yves part donc au bureau et moi, j’attends la visite d’une dame de ménage qui chaque semaine viendra changer le linge de maison – un service très appréciable – et j’en profite pour lui demander quelques petits surplus d’aménagement.

Notre ami Richard d’Atlanta se dit très heureux de nous savoir plus proches d’eux ; nous allons organiser un voyage vers le sud. Il suit mon blog fidèlement, qu’il traduit avec Google … vive la technologie !

Je commence des recherches de vols, hôtels et tourisme pour nos déplacements la semaine prochaine vers Cleveland et ensuite Toronto, avant de rejoindre Yves au métro. N’ayant pas trouvé une solution optimale pour l’impression pour ses canvas à l’université, nous partons en ville à la recherche d’une imprimante et de matériel de papeterie, dans le quartier de la Gare Centrale et de l’UQAM. L’Université du Québec A Montréal se trouve, dans le quartier latin, près de la rue St Denis, rue nord-sud, très animée, avec de jolies façades peintes, des devantures colorées et originales – il en va de même pour certaines motos et nous avons même trouvé une manière amusante de garer son vélo, accroché à un grillage.

Le menu du jour s’appelle ici ‘ table d’hôte ‘ ; les calamars frits que nous dégustons sont excellents et les serveuses toujours très serviables et sympathiques. Aux prix affichés dans les restaurants, on doit ajouter des taxes pour 15% et également le service de 15%, qui est souvent programmé sur leurs machines de paiement.

La rue St. Denis monte et monte … nous allons jusqu’au Carré St. Louis, le quartier de la grande bourgeoisie francophone depuis les années 1879 ; de splendides grosses demeures adjacentes dans des rues superbement boisées entourent un carré de verdure, oasis de bien-être et non loin de là, un hôtel lui tout moderne attire le regard avec son immense façade de verre.

On nous a renseigné Deserres, un superbe magasin de matériel de bricolage et dessin – où Amanda me dit avoir beaucoup dépensé – Yves y trouve ses papiers claque grand format, il faut par contre ajuster les dimensions. Chez Rubik nous pouvons faire des impressions du Canvas BMG et je trouve ici des posters sur toile, décollables à volonté, sur lesquels je pourrai imprimer mes plus jolies photos. Ensuite c’est au Bureau en gros que nous nous chargeons d’une imprimante que Yves installe à l’appartement au retour … je suis ainsi gagnante.

Le réseau de métro est très simple ici à Montréal ; les stations sont vastes, souvent sombres et les voitures sur pneus, peu bruyantes, propres mais assez vieillottes. Nous ne nous sommes jamais retrouvés en heure de pointe à devoir l’emprunter, ainsi il est usuel de trouver une place assise et il n’y a jamais de bousculade. Par contre il est parfois fréquenté par des gens étranges, peu gâtés par la vie – comme dans toutes les grandes villes finalement. Et ce qui est plus triste, ce sont toutes ces personnes, de tous âges, qui vivent de la mendicité et m’accostent très souvent, de manières très polie et douce cependant. L’hiver doit être bien rude pour eux ici à Montréal.

Ce soir la demande de visas en ligne pour entrer aux Etats-Unis est envoyée !


Poster un commentaire

Du parc Summit à Westmount

Ma journée commence à merveille ; Mathieu est tout heureux de m’annoncer de bonnes nouvelles, même si les semaines suivantes seront encore très chargées pour lui, avec des tests et des rapports à remettre avant la session d’examens proprement dite.

Dans un petit guide sur les plaisirs de la marche et de la nature à Montréal, je décide de suivre la promenade qui remonte de l’hôtel de ville de Westmount vers la Côte-des-Neiges. Yves par contre, me suggère plutôt de la faire en sens inverse, dans la descente – bien vu, Montréal est loin d’être plate. Le parc Summit, ou le sommet de Westmount, autrefois appelé Petite Montagne, culmine à 201 mètres. Le bois y est resté très sauvage, le soleil perce au travers des grands arbres au feuillage vert tendre tout jeune, les sous-bois sont tapissés de petites fleurs blanches, le Trille blanc aux trois larges pétales blancs tout délicats.

IMG_9270 IMG_9269

Autour de ce sommet se nichent des rues de villas superbes, résidences qui font rêver et dont certaines jouissent d’une vue plongeante vers le canal et le St Laurent. On remarque beaucoup d’affiches « à vendre » ou « à louer », les jardiniers avec leurs gros pickups oeuvrent en ce début de printemps ; les rues sont verdoyantes et les jardinets aménagés avec beaucoup de goût. Il fait délicieusement bon se promener ainsi jusqu’au Belvédère et ensuite descendre en pente raide vers l’Avenue Sherbrooke.

IMG_9272 IMG_9275 IMG_9276 IMG_9278 IMG_9281 IMG_9282 IMG_9285 IMG_9294

C’est le quartier chic de la bourgeoisie anglophone de la ville et d’ailleurs, l’hôtel de ville de Westmount possède bien une allure british. Des écoliers en uniforme sortent des très nombreux collèges du coin et nous voyons plus loin le Grand Séminaire de Montréal, qui forme des bacheliers en philosophie et théologie, un complexe imposant de bâtiments en pierres grises.
IMG_9292 IMG_9288 IMG_9293 IMG_9287 IMG_9267

Ensuite c’est au Centre Canadien de l’Architecture que se tient une exposition qui nous intéresse, Archéologie du Numérique. Elle présente les débuts de l’ère numérique en architecture ; les premiers programmes informatiques qui ont permis de réaliser de nombreux projets au design exceptionnel dans les années 1990, ne sont plus d’actualité mais ont joué un rôle important dans l’évolution du métier. Frank Gehry fait bien évidemment partie des innovateurs de l’époque et je me réjouis d’ailleurs d’aller admirer la semaine prochaine la Business School de Cleveland, dont il est l’auteur. Je suis impressionnée par les travaux de l’américain Chuck Hoberman, comme « sa sphère déployable » que nous voyons en mouvement ou son dôme Iris.
IMG_9305 IMG_9297 IMG_9303 IMG_9300

Arrivant sur le Boulevard René-Lévesque, ce sont les buildings modernes et l’effervescence de la métropole qui tiennent lieu de décor ; c’est le quartier où je m’étais beaucoup promenée lors de notre séjour en 2011 et nous retrouvons avec plaisir le Vargas, un restaurant de souvenirs joyeux avec Mathieu. L’accueil, le service, les échanges avec le personnel sont vraiment très agréables, enjoués, taquins et la bière, la viande, les « pétoncles » sont excellents !
IMG_9307 IMG_9308 IMG_9312