Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Québec, le St Laurent, l’île d’Orléans …

Le décalage horaire fait qu’Olivier est déjà sorti pour son jogging, sur la Promenade des Gouverneurs et les Plaines d’Abraham, lorsque nous nous trouvons pour le petit-déjeuner. La serveuse nous propose un ‘BON café pour commencer la journée‘ mais pourquoi donc en voudrions-nous un mauvais!

Après une balade dans les rues commerçantes de la vieille ville jusqu’à la Porte St Jean et le Théâtre Montcalm, nous embarquons à bord du ‘Vent des Îles‘ pour une excursion sur le Fleuve St Laurent avec la compagnie AML.
Le soleil brille pour notre départ, sous les commentaires chantants de la guide qui nous parle de l’histoire de la ville, de la bataille des Plaines d’Abraham, des chantiers navals de Lévis, du Château Frontenac et aussi du Clarendon … Elle trouve même à dire aux nord-américains qu’une visite de Québec les dispense d’aller en Europe, tant certains quartiers sont ressemblants! Mais ici, tout est le plus vieux, le plus grand … du Canada ou d’Amérique du Nord … on ne les changera pas!

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Les eaux du St Laurent, entre Québec et Tadoussac, sont moyennement salées, un mélange d’eau douce que l’on a jusque Québec en venant de Montréal et d’eau de mer salée qui remonte de l’Atlantique jusque Tadoussac, le spot d’observation des baleines. Le fleuve se divise ici en deux, pour entourer l’île d’Orleans, une île au sol riche pour les cultures et les vignes; j’en connais les fraises que l’on peut acheter dans les ‘fruiteries‘ à Montréal depuis une bonne semaine.

Nous nous approchons du très beau pont, de 1935, qui permet d’atteindre cette île d’une longueur de trente-quatre kilomètres pour une largeur de huit. Et en face nous pouvons admirer la Chute de Montmorency qui sera au programme demain. Sa petite sœur se nomme le ‘Voile de la mariée‘, selon une vieille légende du pays comme il y en a tant.

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Selon le côté où l’on regarde, le ciel est soit assez beau, soit noir très très foncé et soudain l’orage craque en force au-dessus de nos têtes. Nous nous réfugions à l’intérieur et pourtant les couleurs, les nuages, les reflets sont presque irréels.

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Le plan des activités se discute au fur et à mesure et je dois dire que mes deux hommes sont souvent d’accord avec mes propositions. Ainsi nous prenons la voiture pour nous diriger, confiants – l’orage est passé, croit-on -, sur l’île d’Orléans dont tout le monde loue les beautés du paysage campagnard et des maisons traditionnelles en bois; même la guide de la croisière conseillait fortement une escapade là-bas.

L’île compte quinze paroisses – c’est la façon dont elle est découpée et cela reflète encore l’influence des colons fortement religieux. C’est à la pointe sud, la paroisse de Ste Pétronille que j’ai repéré une auberge pour notre déjeuner; l’île est la région de villégiature la plus recherchée des environs de Québec – même si Olivier pense qu’on doit s’y ennuyer au bout d’un moment! C’est calme et reposant, les maisons et leurs jardins sont très jolis, la plupart ont la vue sur le fleuve et les localités qui jalonnent la rive de l’autre côté du Chenal de l’île d’Orléans. Les gros bateaux passent eux au sud de l’île, par le Chenal des Grands Voiliers.

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Même si le ciel tarde à se dégager, nous apprécions énormément cette auberge La Goéliche, face au fleuve. Elle est fleurie, sa table est simple et savoureuse, sa patronne décidée et amusante. Il y a quelques chambres qui pourraient bien un jour nous recevoir … Pour le dessert, rien de tel qu’une ‘bonne’ glace à la chocolaterie du bout de l’île … on y retourne le cornet de glace dans du chocolat chaud coulant qui va former une croûte exquise; c’en est presque un deuxième repas!

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En un quart-d’heure nous sommes ‘rendus‘ dans le vieux Québec à nouveau. Yves et moi, allons explorer le Musée de la Civilisation, la fresque murale géante, la tour des pompiers, les quais, l’écluse qui ouvre vers le bassin Louise, le quartier du vieux port. Il est toujours agréable de regarder un voilier rentrer à quai ou les plaisanciers installés sur leur pont. Nous remontons en longeant l’Université de Laval et ses imposants bâtiments de pierre. Tout est propre, net et bien entretenu ici dans Québec … un peu comme en Suisse.

C’est également au bord du fleuve que nous allons manger ce soir. Le Café du Monde est bien noté, il se situe juste à côté de l’Agora du Port où se joue un spectacle gratuit du Cirque du Soleil, dont nous verrons seulement les jeux de lumière et la foule agglutinée, plus nombreuse que l’espace disponible.

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Le serveur nous recommande une dorade entière marinée dans un jus d’agrumes et grillée ensuite; un vrai délice, qui demande toutefois de la patience à mes hommes … je suis très lente pour un poisson avec autant d’arêtes. Nous nous régalons et passons une excellente soirée tous les trois.

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Les éclairages dans la vieille ville sont captivants, le ciel semble s’être épuré, nous espérons une belle journée demain.

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En route vers Québec avec Olivier

Un orage s’est invité pendant la nuit, c’est foutu pour les photos du lever du soleil. Il fait encore chaud mais la pluie et les nuages nous gâchent le paysage tout le long de notre route de retour vers Montréal.

Yves va travailler quelques heures au bureau, le temps que j’aménage les valises et nous voici repartis vers l’aéroport pour accueillir Olivier qui atterrit à 15 heures. Le ciel s’est noirci comme en soirée et un vent très violent souffle sur la région. Nous apprendrons demain que les dégâts n’ont pas été minimes; des milliers de ménages se retrouvent dans électricité. Nos amis Dominique et Jacques en seront privés quelques heures. Olivier a peu senti les perturbations lors de l’atterrissage, il nous arrive tout sourire, content de cette semaine de vacances qui sera son deuxième séjour au Canada – le premier était à Vancouver il y a dix ans.

Un vendredi fin d’après-midi et de surcroit le premier jour des vacances de la construction, la circulation est dense et la pluie ne fait qu’ajouter une couche à la situation. Suzanne nous a conseillé de partir vers Québec par l’autoroute 40, sur la rive Nord et les indications de circulation y relatent un trafic ‘fluide‘ alors qu’il serait ‘congestionné‘ sur l’autre rive. Cela semble toutefois moyennement fluide sur toute la sortie de la ville mais nous prenons notre mal en patience, le temps passe relativement vite, nous avons beaucoup de choses à nous raconter.

Madame Garmin nous aide à trouver dans Québec, l’hôtel Clarendon, un des plus vieux hôtel en Amérique du Nord, nous dit la réceptionniste; il date de 1830. L’accueil est très sympathique, le décor est resté d’époque et sa localisation dans le Vieux Québec va s’avérer calme et idéale.

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Après une petite pause repos, nous faisons découvrir à Olivier le Château Frontenac dont les couleurs ce soir sont lumineuses; descendant les escaliers du Petit Champlain avec ses boutiques à touristes, nous nous dirigeons vers le Fleuve. Dans la Rue Sous le Fort, le restaurant Côtes-à-Côtes est bien noté sur les sites touristiques et nous nous y installons en terrasse pour des bières et plats locaux. Olivier est surpris et amusé par la ‘familiarité‘ des serveurs ainsi que par leur accent! Pas facile à comprendre, ils doivent souvent répéter pour nous. Olivier est de suite mis au nouveau vocabulaire : la bière ‘rousse‘, la Poutine, la smoked meat, le bienvenue pour ‘de rien’, le bonjour quand on se quitte!

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C’est par une soirée jazz au salon-bar de notre hôtel que nous clôturons cette première journée à Québec ; les trois jeunes musiciens sont vraiment excellents.


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Qui dit Canada, dit ses lacs et ses kayaks

La nuit a été délicieuse dans cet endroit magique et paisible. Et nous retrouvons la vue du lac au lever du jour autour d’un petit-déjeuner copieux. Suzanne et Roger nous donnent de nombreux conseils et encore des endroits à découvrir; ce sera pour l’année prochaine. Nous faisons une balade à pied dans les alentours, vers le Lac Noir, le petit voisin du Lac Clair. Ils y connaissent un chalet qui se loue à des vacanciers … oh là, comme je m’y vois déjà bien!

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L’heure est venue de nous dire au revoir, pour longtemps sans doute et selon les suggestions de Suzanne, nous changeons un peu d’itinéraire pour le retour. Le Chemin du Lac des Îles, avec ses jolies demeures imposantes, nous amène à Entrelacs, une localité qui porte son nom à merveille. A Esterel ensuite, nous faisons le crochet pour voir à quoi ressemblait une des réalisations immobilières du Baron Empain. C’est dans les années 1936-1938 que le baron Louis Empain fit construire ces bâtiments à l’architecture particulière et certainement futuriste pour l’époque. La guerre a quelque peu freiné ses ambitieux projets immobiliers mais il fit quand même construire de nombreux édifices sur le pourtour du Lac Masson. Il nomma le domaine ‘Esterel‘ en l’honneur de la petite localité sur la côte française et qui signifie en patois ‘beau ciel étoilé‘.

Son objectif est de trancher avec le style romantique historique des Hôtels de Tadoussac, du Manoir Richelieu, du Château Montebello pour offrir à sa clientèle une modernité chic et européenne. Il y aura des hôtels, perchés sur la montagne de la Pointe Bleue mais aussi un centre commercial bâti sur pilotis en forme de rotonde, avec cinémas, dancings, boutiques et des écuries ainsi que des résidences secondaires, en rondins, sobres et qui se fondent dans le paysage. C’est l’architecte belge Courtens qui est intervenu dans la plupart des constructions du domaine. Malheureusement au cours de la guerre, ses bâtiments seront réquisitionnés pour y installer des casernes et le baron finira par vendre tous ses biens, qui deviendront maison de convalescence, résidence pour personnes âgées ou même Hôtel de Ville. Ce dernier, l’ancien centre commercial avec la rotonde, nous semble laissé à l’abandon et suscite des discussions entre les promoteurs et les hommes politiques de la région. C’est une aide de l’état qui pourrait lui redonner sa flamboyance d’antan, peut-on lire.

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Je dirige ensuite mon chauffeur vers un hôtel restaurant au bord du lac Dupuis … une excellente intuition. La terrasse est idéale pour un déjeuner, avec vue sur un paysage reposant et enchanteur. Sur ce lac tortueux nous regardons les bateaux, les pédalos, les kayaks, les paddles. Et alors que je crois Yves préoccupé par une nouvelle qui le perturbe, il a en fait réservé une chambre pour la nuit! Quel cadeau!

L’hôtel est composé de deux ailes : le côté Évolution, qui date de 1953 et qui fut entièrement rénové il y a trois ans et le côté Émotion, une nouvelle construction inaugurée en décembre dernier. Le concept est d’aménager les chambres comme des suites, design, avec coin cuisine, salon et terrasse; elles ont chacune un propriétaire qui est prioritaire pour l’occuper, et en dehors c’est sous gestion hôtelière. C’est vraiment superbe, calme et notre vue depuis le dernier étage est apaisante.

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Nous resterons ‘fit‘ car l’ascenseur est en panne. De plus, nous nous lançons dans une randonnée en kayak double, sur ce lac Dupuis; il s’agit de faire attention aux petites îles et aux rochers. C’est très amusant et physique pour les bras … nous nous faisons parfois secouer par la vague de poupe d’un plus gros bateau à moteur, nous traversons un tapis de nénuphars. Isabelle perturbe pas mal son mari, elle est difficile à suivre car son rythme est loin d’être régulier – un coup à droite, deux à gauche! Nous nous sentons à présent de vrais canadiens; tout le monde nous parle ici de kayak, un sport vraiment proche de la nature. La fin de journée est douce, calme, inondée de quiétude.

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Chez Suzanne et Roger à Ste-Marguerite-du-Lac-Masson

Il fait beau et chaud ce mercredi pour notre excursion vers Les Laurentides. C’est en voulant payer la location de la voiture que nous apprenons qu’une de nos cartes a été bloquée car utilisée en Angleterre. Nous sommes de grands voyageurs mais ce n’est pas nous qui avons payé des fruits et légumes avec la carte. La fille de chez Avis est patiente et fort sympathique; ‘nous avons droit à une voiture de ministre’, nous dit-elle … une Chrysler noire toute neuve. Nous allons faire également nos premières expériences cette semaine avec un GPS; nous avons longtemps résisté à cette technologie, que je trouverai finalement très pratique.

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La route se passe facilement jusque Ste-Marguerite-du-Lac-Masson, avec des paysages verts et vallonnés comme pour aller au Mont-Tremblant. Nous aurions aimé prendre le lunch au fameux Bistro de Champlain, réputé pour sa cave à vin extraordinaire mais il est fermé; il est pourtant tellement joli. En bordure du lac, nous nous installons à l’ombre sur la terrasse du Marina pour de très bonnes côtes levées. Le décor est superbe, un vrai lac canadien aux rives sauvages, sur lequel se croisent pédalos, voiliers, petits bateaux de location.

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Nous ne sommes qu’à dix kilomètres de notre destination, le chalet de Suzanne et Roger; la carte montre plus de lacs que de routes – nombreuses sont celles qui se terminent en cul-de-sac, devant un lac. On dit ici que c’est le pays où il y a plus de lacs que d’habitants!

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Madame Garmin – dont on regrette presque qu’elle n’ait pas l’accent québécois – ne se perd pas et nous amène à la bonne adresse. La dernière partie du parcours est un chemin de terre et cela nous rappelle notre arrivée à Hemlock, avec les garçons il y a dix ans.

L’accueil est très chaleureux et joyeux chez la collègue que Yves connaît depuis longtemps. Le chalet et un petit bijou, qui surplombe le Lac Clair; on y descend par un escalier pour s’installer dans les chaises longues sur leur ponton privé. Woah, que c’est beau, que c’est calme, que c’est relaxant! Rien de tel pour déconnecter, écouter le silence, s’imprégner et certainement s’inspirer de la nature.

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Ils traversent très souvent à la nage ou en kayak, le lac qui aurait vingt-six degrés et où est interdit tout moteur. Une cinquantaine de chalets seulement bordent l’eau, souvent bien dissimulés dans la végétation.

On prend la vie du bon côté ici à Québec, l’apéro peut commencer dès 16 heures … nous discutons, faisant plus ample connaissance. Leurs deux filles habitent Vancouver, une ville qu’ils aiment autant que nous. Roger nous parle de sa traversée du Canada en vélo, depuis Vancouver jusque Montréal en cinquante jours, avec un ami alors que Suzanne suivait avec le camper. Une jolie aventure qu’il aimerait ‘terminer‘ avec la portion jusque Halifax tout à l’Est. Des centaines de photos – une tous les dix kilomètres – immortalisent cet exploit. Ils ont dû changer une fois leur chaîne et lui n’a eu qu’une seule crevaison sur ces 5’100 kilomètres parcourus, sans chute, sans souci de santé, sans insolation … magnifique!

Le vent soudain se lève et la pluie d’orage nous pousse à nous replier vers le chalet. J’admire sur leur terrasse les chaises Adirondack et Roger m’explique qu’il les a achetées en kit et montées lui-même; elles sont si belles et confortables.

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Nous préparons sans stress un bon souper – avec du saumon au grill, cuit sur une planche de cèdre – que nous prenons sur la terrasse couverte et entourée de moustiquaire. En effet la chaleur et l’humidité sont un milieu propice aux maringouins, comme on les appelle ici. L’hiver, des fenêtres en Plexi remplacent les moustiquaires et ils peuvent séjourner dans leur véranda avec vingt degrés alors qu’il en fait moins trente dehors. Ces petits lacs gèlent, se recouvrent d’une bonne couche de neige et les riverains y font de la luge, de la raquette, du ski de fond. Ce paysage-là doit également être fantastique. La soirée se prolonge bien tard autour de nos discussions sur les voyages, la famille et l’éducation.

Le lac s’anime de petites vagues sous l’effet de l’orage puis se calme à nouveau, le jour tombe avec un superbe coucher de soleil rouge, le cri des huarts – ces canards que l’on trouve sur les anciens billets de vingt dollars – nous rappelle que la nature est habitée et le reflet de la lune sur l’eau laisse rêveur …

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Nous faisons la connaissance de Nadia et Marc

Par une chaude journée consacrée au shopping, je découvre un grand magasin Roots 73, une marque canadienne dans une zone de centres commerciaux à l’américaine. Et ensuite c’est sur Ste Catherine que je fais chauffer la carte de banque entre une demande de Thomas pour un bracelet FuelBand, des petits achats de cadeaux et quelques jolies blouses chez Tommy Hilfiger à l’étage des dames cette fois.

Yves est dans le jury de thèse de doctorat d’un chercheur de Suzanne; une défense longue et intéressante qui se prolonge par un repas au Leméac. Ce jeune part travailler au Qatar emmenant son épouse et leurs deux enfants.

Alain aimerait que nous fassions connaissance de Nadia et Marc, un couple de leurs amis, belgo-canadien et c’est dans un restaurant italien sur St Mathieu, juste à côté d’anciens bureaux d’Alain, que nous passons une soirée très joyeuse. Martine et Alain y sont connus comme les enfants de la maison et nous avons droit à des plats de pâtes concoctés pour nous, délicieux. La société de Nadia et de Marc est installée à Bruxelles; ils commercialisent des systèmes de fixation invisibles pour des terrasses en bois. Leurs clients sont aussi en France, à Londres et même en Suisse, entre Lausanne et Genève. Le courant passe de suite très bien entre nous et nous sommes les derniers clients à quitter le restaurant ce soir.


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L’île Sainte-Hélène

L’été chaud arrive à Montréal, nous apprécions grandement le ventilateur prêté pour des nuits supportables dans un appartement qui se dit ‘art déco‘ et sans air conditionné. Avec l’indice humidex – mesure utilisée par les météorologues canadiens pour intégrer les effets cumulés de la chaleur et de l’humidité -, la chaleur ressentie aujourd’hui devrait être de quarante degrés mais pas question que je reste cloisonnée; j’emporte mon pic-nic, ma bouteille d’eau et je m’évade sur l‘île Ste Hélène.

Le parc Jean Drapeau, du nom d’un maire important de Montréal, regroupe deux îles au sud-est de la ville en face du Vieux Port. L’île Ste Hélène est une île naturelle, baptisée ainsi par Samuel de Champlain quand il arriva à Montréal, et une destination de loisirs; les Montréalais y viennent pour la piscine extérieure et le parc d’attractions, La Ronde, mais aussi les dimanches d’été pour les fameux Piknic Electronik.

L’île Notre Dame a été créée de toutes pièces dans les années soixante, au milieu du fleuve, avec les terres issues du chantier du métro – quelques quinze millions de tonnes de gravât ; c’est sur cette île artificielle que l’on trouve le Circuit Gilles Villeneuve du Grand Prix de Formule 1 et également le Casino de Montréal.

C’est ici sur ces deux îles qu’a eu lieu en 1967 l’Exposition Universelle; le Casino fut aménagé par la suite dans les pavillons de la France et du Québec. Et sur l’île Ste Hélène, subsiste la Biosphère, pavillon des États-Unis, œuvre de l’architecte Richard Buckminster Fuller. Il s’agit d’une grosse boule faite d’une sphère intérieure composée d’hexagones en tubes d’acier, superposée à une sphère extérieure composée elle de triangles de tubes en acier semblables; la biosphère a la hauteur d’un bâtiment de vingt étages, avec un diamètre de septante-six mètres. Ce fut le ‘bâtiment’ le plus visité durant l’Expo et il reçut le Prix du Design l’année suivante. La couche d’acrylique qui couvrait la surface a brûlé en 1976 lors de travaux de soudure et ainsi il reste de nos jours la structure trouée, pour abriter un musée de l’environnement.

Je me balade sur le tour de l’île, apercevant le St Laurent et ses ponts puis la ville de Montréal reconnaissable par ses buildings typiques et sa ‘montagne‘, le pont Jacques Cartier qui passe au-dessus de ma tête. L’île est par endroit sauvage et très boisée, c’est agréable de s’y promener.
Jean-Marie Lucas-Girardville a dit du fleuve : ‘Ainsi, il n’y a pas un Saint-Laurent mais « des » Saint-Laurent : tantôt rivière, tantôt rapides, tantôt lac, tantôt canal, tantôt fleuve, et tantôt mer, il peut être langoureux ou déchaîné selon le lieu et l’heure.’

Le parc renferme des œuvres d’art public, certaines créées pour l’exposition comme « L’homme » de Alexandre Calder. Le Fort de l’île fut construit au dix-neuvième siècle pour défendre Montréal et on voit encore le bâtiment de la Poudrerie. Et c’est au pied de la Tour de Lévis que je m’installe pour mon pic-nic, seule avec les bruits de la nature environnante et profitant de sa fraîcheur. Cette tour construite dans les années 1930, se loue aujourd’hui pour des cérémonies, elle peut accueillir une soixantaine de personnes qui seront éblouies, semble-t-il, par la vue depuis la terrasse d’observation. Elle fut construite à l’origine comme un réservoir d’eau, à l’époque où le parc de l’île Ste-Hélène est conçu par Frédérick G. Todd, un célèbre architecte paysagiste, d’origine américaine mais dont la carrière se déroula entièrement au Canada; on le connaît ici pour ses nombreuses réalisations à Vancouver, Terre-Neuve, Québec, Montréal.

Yves a fait sa dernière présentation, chez Provencher et demain après la défense de thèse d’un doctorant de Suzanne, il en aura terminé avec ses interventions pour HEC Montréal.


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Douce soirée en ville

Il faut parfois que j’insiste pour une sortie mais dès qu’il est en route, Yves ne regrette pas. Nous descendons à la Fonderie Darling, une ancienne fonderie du dix-neuvième siècle restaurée en un espace dédié aux arts visuels, avec des expositions temporaires et des ateliers de création. Yves trouve un intérêt à l’endroit lui-même, pour un futur projet éventuel. C’est un peu surprenant de découvrir sur la rue, la première œuvre; une voiture renversée, les sièges, le moteur, l’échappement transformés en bar à chicha! Ensuite, des deux expositions actuelles, nous préférons celle de Yam Lau, un chinois de Hong-Kong, qui a étudié les arts et le design en Alberta, habite actuellement Toronto et enseigne à l’Université de York; peut-être nos amis Trish et Alan le connaissent-ils. Il nous présente deux montages vidéo très reposants et originaux; il a superposé un film sur la vie de tous les jours dans les rues en Chine, avec la présentation à l’aide d’un logiciel de CAO, de son studio. On peut interpréter un de ses messages comme étant le luxe de posséder à Pékin un studio, soit un endroit pour s’isoler de la foule. C’est très plaisant à regarder.

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Nous nous baladons ensuite le long du port, cherchant un endroit sympathique où nous poser pour le repas; une terrasse mais tranquille, sans trop de monde et une bonne table.

Et nous voici à l’adresse qui s’avérera idéale à tous points de vue : le restaurant ‘Les Filles du Roy’ dans l’ancienne maison Pierre Calvet, qui date de 1725. Son nom devait permettre de ne pas oublier ces filles arrivées pour peupler la Nouvelle-France; de nombreuses familles franco-canadiennes ont d’ailleurs parmi leurs ancêtres une de ces filles. C’est en 1960, à l’époque où commencèrent les rénovations du Vieux Montréal, que le couple Trottier emménagea dans la maison avec leurs sept enfants et ouvrirent le restaurant ‘Les Filles du Roy‘, proche du musée de Marguerite Bourgeois et de la Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours. C’est un de leurs fils qui opère toujours dans cette maison meublée d’antiquités, avec un chef qui propose une délicieuse cuisine classique autour de produits du terroir. Les chambres de la famille sont de nos jours des chambres d’hôtel. Le repas est bien présenté, original et succulent, comme nous en avons rarement goûté ici; le serveur est mi sérieux, mi pince-sans-rire et nous échangeons quelques mots agréables avec un couple de touristes américains du Connecticut, qui ont visiblement envie de papoter.

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Il n’est pas très tard, nous avons presque soupé comme les poules et nous remontons à pied vers la Rue Ste Catherine dans sa partie Est pour la découvrir sur ce qu’on appelle ‘Le Village‘. Toute la zone est piétonne durant l’été et garnie d’un plafond de guirlandes, les terrasses ne se comptent pas, de jolies fresques murales font partie du décor de ce quartier, ‘Centre-Sud‘, coloré qui reflète la chaleur et la tolérance de Montréal envers sa population gay. Auparavant on le dénommait ‘Faubourg à m’lasse‘ car sur les quais du port qui ne sont pas loin, des centaines de tonneaux de mélasse parfumée y étaient déchargés chaque jour.

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Les géants du Jardin Botanique

Les affichent disent : ‘Les géants de l’art horticole de surpassent au Jardin Botanique‘. Voici pourquoi j’ai proposé à Dominique de m’y accompagner ce samedi; nous avons toutes deux la même passion pour les plantes, les fleurs et la nature. Elle vient me chercher de bon matin et nous arrivons à l’ouverture du parc, soit sans trop de monde encore et avec une chaleur supportable.

Le spectacle qui nous attend est fantastique; nous sillonnons le parc à la découverte des cinquante sculptures de verdure de ce festival tout-à-fait particulier. De nombreux pays sont présentés par une image de verdure; certains se sont déplacés pour venir eux-mêmes réaliser leur œuvre tandis que d’autres ont envoyé tout ou partie de la structure et des plans et ce sont des équipes d’ici qui effectuèrent le travail. Les formes sont données par une structure métallique, sur laquelle est fixé est un filet-treillis et ensuite les fins serpentins du système d’arrosage, pour une micro irrigation au goutte à goutte; on remplit alors le moule d’un mélange de terreau spécial et à l’aide d’un poinçon, des trous sont faits pour y insérer les plantons dont la motte de terre a la forme et la dimension d’un bouchon de bouteille.

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Ce concours international de mosaïcultures nous laisse baba d’admiration. Certains pays se sont donné le luxe d’œuvres magistrales, comme ‘L’homme qui plantait les arbres‘ pour le Canada, ‘Une histoire vraie‘ qui nous vient de Shanghai, ‘Planter des platanes pour attirer le Phénix‘ de Beijing, ‘L’arbre aux oiseaux‘ de Montréal. Les mouvements, les couleurs, les textures des plantes font croire à du velours, des cheveux, des plumes ou des poils de manière spectaculaire.

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Les animaux sont attachants : des chevaux, les abeilles de l’apiculteur belge, des ratons laveurs, des pandas et des singes, le petit poisson clown d’Okinawa, des grenouilles et des canards, la salamandre selon Gaudi mais surtout … Hachiko, notre chien fidèle de la station Shibuya à Tokyo, plus vrai que nature!

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Il a fallu trois millions de plantons pour ces œuvres superbes d’un art dont on connaît déjà l’existence en 1878 avec le Papillon de Comesse en France et qui a été représenté ici selon les plans d’origine de l’artiste de l’époque. Nous ne pouvons pas quitter le jardin botanique sans un passage par les Jardins chinois et japonais; avec la couleur du ciel et la luminosité de ce samedi, cela donne des reflets formidables. Je suis ravie d’être venue une seconde fois dans ce parc ; les parterres de rosiers et les massifs de lys sont rayonnants de couleurs chaudes.

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Yves est lui parti ce matin vers le bas de la ville où le groupe de l’Ecole d’été passe la journée et assiste à sa présentation Business Model Generation, présentation que Yves avait recalibrée à la perfection. L’enthousiasme est général, certains directeurs des sociétés sponsor, dont le vice-président du CdS viennent juste pour son exposé et les organisateurs, Patrick en particulier, décrètent qu’il est absolument nécessaire que Yves revienne dans leur programme l’été prochain! Voilà qui fait plaisir, non seulement à Yves … plusieurs professeurs s’inquiètent de savoir ce que son épouse en pense, comment elle apprécie Montréal mais là ils sont vite rassurés par la réponse!

Nous dénichons dans notre quartier aimé de Outremont, un petit restaurant tout simple qui sert une cuisine mexicaine très savoureuse; la propriétaire est originaire d’Annemasse. Tout se déroule à la bonne franquette, nous papotons avec le couple à la table voisine, la sœur de la dame s’est justement établie à Lausanne il y a peu de temps; son mari travaille chez Phillip Morris à Neuchâtel. Nous marchons encore un peu dans les rues verdoyantes, Bloomfield et Bernard. Il nous reste juste une petite faim pour une glace au Bilboquet que nous dégustons en rentrant vers le Parc St Viateur et celui d’Outremont, admirant toujours les maisons et leurs jardins super bien entretenus.

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Délicieuse soirée en ville …

A les côtoyer depuis quelques jours, Yves a appris à connaître et percevoir le groupe de l’Ecole d’été et il passe la journée à adapter encore et peaufiner le cours qu’il va leur donner demain. A midi il va souvent manger à la cafétéria avec plusieurs collègues, il aime l’ambiance et retrouve ces bons moments passés similairement avec les enseignants et chercheurs de UBC à Vancouver.

L’heureuse nouvelle de ce vendredi nous vient de Suisse : Mathieu a réussi son bachelor et termine cette troisième année avec une excellente moyenne. C’est la fête dans nos cœurs à tous. Yves a déjà réservé un week-end à la montagne début août avec nos quatre jeunes.

Autre bonne surprise en fin de journée, Alain propose de venir nous chercher après le repas pour une sortie de notre choix. Je suis en charge de trouver un endroit sympathique, une terrasse de préférence pour Martine, où déguster un bon petit verre et nous raconter les dernières nouvelles. Cette initiative spontanée reflète bien nos origines belges communes et la soirée est plus que joyeuse.

Dans le Vieux Montréal, le bar-restaurant ‘Accords‘ est une magnifique découverte. La seule possibilité de pouvoir nous installer en terrasse requiert que nous mangions quelque chose … nous allons nous ‘forcer’ avec un dessert! Les hommes se partagent une assiette de fromages du terroir et nous deux Martine préférons les sucreries – délicieuses fraises à l’hydromel, sorbet, panna cotta à l’érable, coulis de rhubarbe! Leur sélection de vins est très riche, ils ont racheté une partie de la célèbre cave du Bistro de Champlain de Ste-Marguerite-du-Lac-Masson.

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Ce week-end, nos amis se rendent au mariage d’un employé d’Alain, un belge liégeois qui épouse une fille de Liège et nous voici embarqués dans une discussion sur la mobilité des gens, l’immigration, l’attrait pour son pays d’origine – où passerons-nous notre retraite et où s’installeront nos enfants?

Alain et le garagiste ont remis Titine en état pour demain; il doit encore la bichonner mais elle est repartie pour quelques centaines de kilomètres. Cette fois ils partent seuls, sans leur équipe ‘Pigneur’ de secours. Le garagiste a confirmé que ‘notre ami’ Jean-François avait obtenu son certificat Gold au conclave en Charlevoix, avec 990 points! Il peut en être très très fier.

La vieille ville est fort animée ce soir, les ruelles regorgent de monde qui se promène et nous faisons un petit tour vers la Galerie Beauchamp où expose Patrick Pépin et ensuite le Vieux Port; nous localisons les bureaux de Dan Hanganu et remontons la rue St Pierre où Yves nous montre PHI, un centre de rencontre pour artistes, très récemment inauguré – tiens, c’est étrange, ce soir cela ressemble plutôt à une boîte de nuit. En face, Olive & Gourmando sera un bistrot à essayer; nous sommes proches des bureaux d’Alain et de Provencher.

Et Cendrillon ne perdra pas sa sandale de verre ce soir; nous sommes déposés devant la porte juste avant minuit.


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Le monde du cirque montréalais

Avec le groupe de l’Ecole d’été, Yves fait deux visites intéressantes ; le Cirque du Soleil et Ubisoft. Cette fois, il peut donc pénétrer dans l’antre de cette école du Cirque du Soleil dans le quartier St Michel. Ils ont droit à une visite guidée, une démonstration des artistes à l’entraînement et aussi à un atelier pratique – Yves se révèle comme ayant des qualités de danseur ! C’est ici au ‘Studio du CdS‘ que sont formés tous les artistes dénichés de par le monde, principalement des athlètes qui seront éduqués aux arts de la danse, du spectacle, de l’expression orale, du théâtre, de la clownerie. Cette formation dure environ quatre mois dans un cadre de vie communautaire.

Tout se fait sur place et les employés – non artistes – sont donc très nombreux et dans des disciplines variées. Il y a tous les problèmes administratifs à régler, permis de travail, assurances santé et accidents, les visas pour les tournées internationales. Ils ont leur équipe de physio et médecin; les costumes sont entièrement confectionnés sur place et cela va même jusqu’au fait qu’ils achètent du tissu blanc qui sera teint ici et ensuite façonné – par crainte qu’un tissu et coloris ne soient pas suivis par un distributeur aussi longtemps que ne durent certains de leurs spectacles. Chaque artiste est mesuré sous toutes ses coutures et un moule de son visage est réalisé pour les essais de chapeaux et maquillages. En ce qui concerne le maquillage, les artistes apprennent à se le poser eux-mêmes.

Leur matériel et leurs décors – anneaux, trapèzes, rideaux, échelles, etc – sont confectionnés en grande partie également par des ouvriers-techniciens employés de la société. Tout spectacle est créé au Studio que ce soit un spectacle permanent ou un spectacle qui va partir en tournée. La vie quotidienne des artistes et celle des employés se mêlent ici dans un cadre de vie qui se veut ouvert à l’art; le bâtiment imaginé par Dan Hanganu est coloré et original, il y a quatre grandes salles de danse et cinq d’entraînement physique, de nombreuses œuvres d’art décorent les corridors et les zones communes.

Le groupe de HEC est invité à manger dans la ‘cantine’, située au sommet de l’édifice avec vue sur la TOHU (la cité des Arts du cirque), les logements des jeunes, les potagers et jardins. Patrick présente Yves à un vice-président du CdS; ils vont probablement se revoir (il viendra d’ailleurs assister à l’atelier d’Yves le samedi suivant) – l’innovation, le changement vers de nouveaux concepts sont leurs objectifs actuels. Ils ont été bien copiés et souhaitent se diversifier pour se différencier à nouveau.

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La seconde visite chez Ubisoft se passe également dans un monde très secret, le monde des créateurs de jeux vidéo. L’entreprise est aujourd’hui le troisième développeur mondial, il s’agit d’une société française créée en 1986 par les frères Guillemot, des bretons du Morbihan et les antennes sont présentes en Europe, aux US, au Canada, en Chine et même au Japon. Ubisoft Montréal est le plus gros studio de développement interne, il compte deux-mille-trois-cents employés sur les huit-mille que dénombre la société au total. Ils sont concepteurs, dessinateurs ou réalisateurs; il s’agit de toujours inventer un monde qui surpasse l’imaginable, qui surprend et qui engendrera l’engouement. Pour être un bon créateur de jeux, il faut être soi-même joueur et c’est ainsi que tous les employés ont des ateliers pour ‘jouer‘. Certaines zones sont cadenassées comme à la CIA, tant les secrets doivent être protégés au maximum.

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Nous testons tous les deux aujourd’hui la ligne de bus 129 qui partant de HEC descend par l’est du Mont-Royal vers la Place des Arts. Et c’est là que je retrouve Yves fin de journée pour nous raconter nos découvertes et nouvelles en dégustant un bon tartare de saumon au bistrot du Théâtre du Nouveau Monde.

Nous sommes invités par l’Ecole d’été au spectacle ‘Le Music-Hall de la Baronne‘ du Cirque Eloize dans la salle mythique de L’Olympia. L’ambiance est lancée dès les portes d’entrée franchies; des artistes passent autour du coup des gentlemen une cravate plutôt fantaisiste et nous, les dames, recevons une rose rouge ou blanche selon notre humeur du moment. La salle est aménagée avec des petites tables de cabaret, numérotées mais mélangées et par de chance, notre numéro de table n’existe nulle part ce soir! Après avoir été placés par erreur à la table VIP du directeur du théâtre, nous trouverons finalement des chaises hautes qui nous donnent un magnifique point de vue sur la scène.

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Celle-ci se présente comme une avancée avec une piste ronde à l’extrémité au milieu des tables de spectateurs, un peu comme pour un défilé de mode. Cette scène est petite et nous donnera des frissons lors de certains morceaux d’acrobatie. L’ambiance est fofolle, sous l’excitation de cette baronne, interprétée par Catherine Pinard, elle même chanteuse à la voix puissante, qui nous présente les divers artistes venus pour la plupart de l’étranger et dignes d’un grand Cabaret du Monde! Les performances sont souvent drôles et excellentes quant aux prouesses des acrobates qui se produisent tout près du public. Les filles semblent faites d’une colonne vertébrale en caoutchouc et les garçons seraient tous assez baraqués pour pouvoir s’exhiber à l’entrée des magasins Abercrombie&Fitch.

Ce spectacle coloré, vibrant, chantant, clownesque et acrobate se place dans le cadre du vingtième anniversaire du Cirque Eloize – en vingt ans, quatre mille représentations dans quatre-cent-quarante villes de quarante pays – et aussi de Montréal Complètement Cirque, le festival actuel. Avec nous dans le public, nous reconnaissons Daniel Lavoie.
A la sortie nous admirons la fin d’un spectacle de rue, avec des artistes-acrobates qui se lancent, se balancent sur une haute structure d’échafaudage. Cela semblait passionnant également.

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