Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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Danse du Dragon doré

Je me souviens avoir lu dans mon guide bleu que le 18 mars, les tokyoïtes fêtent quelque chose au temple Sensô-ji. Sans plus d’informations, nous prenons la direction d’Asakusa sur le temps de midi et quelle chance que d’arriver juste pour assister à cette danse du dragon doré. Une procession menée en tête par des moines, des dames, des enfants précède le dragon qui ondule au-dessus de nos têtes; suivent des Geishas et apprenties geishas, les Maikos. Nous sommes contents de nous mêler à la foule des gens venus admirer cette célébration, combien visuelle, qui rappelle une pêche miraculeuse d’une statuette de la déesse Kannon qui aurait eu lieu en l’an 628 (eh bien, le dragon a déjà souvent dansé depuis le nombre des années!).

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Asakusa est l’un des quartiers les plus authentiques de la ville, les ruelles aux alentours de la porte Kaminari-mon et de la rue Nakamise regorgent de boutiques d’artisanat, de nourriture et de restaurants avec du cachet. Nous franchissons au hasard la porte du Tatsumiya et nous ne serons pas déçus – ce qui n’est d’ailleurs jamais arrivé encore. Un délicieux hot pot comme menu du jour, dans un décor ancien qui nous ravit et une carte de saké à ne savoir que choisir (bien évidement ces cartes-là ne sont jamais en anglais et de toute manière à quoi cela pourrait servir les novices que nous sommes); la serveuse nous sera de très bon conseil et aura la main légère – les verres sont remplis jusqu’à débordement dans les sous-verres qui ici permettent le refill!

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Le timing est moins bon pour notre croisière en bateau sur la Sumida; je propose donc de marcher sur ses quais en descendant vers le sud, la température est agréable mais un vent fort nous prend de face. Ce soir Sheena me confirme par mail que c’est le premier jour de ce vent du sud typique qui souffle en force au printemps sur Tokyo … youpie! Ça ne nous effraie pas, au contraire il amène à nos narines le délicieux parfum des jasmins roses des parterres du bord du fleuve. Des travaux nous obligent à remonter dans les rues de la ville, nous replongeons ensuite vers l’eau et je reconnais un joli pont bleu. Les bateaux de croisière se croisent alors que nous marchons d’un bon pas jusqu’au niveau d’un canal qui rentre vers l’ouest de la ville, apercevant pas très loin la première île de la baie de Tokyo.

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Marunouchi est l’endroit où Yves a son rendez-vous et c’est de là que je continue ma promenade vers le parc Hibiya, contournant le palais impérial pour aller dénicher le bâtiment de la Diète Nationale (le terme diète désignant au Japon le Parlement). La Diète a été créée ici par la constitution Meiji en 1889 et se compose également de deux chambres. Le bâtiment date de 1936, il s’apparente à un gros bloc de granit aéré par des colonnes et surmonté d’un toit en forme de pyramide.

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Balade de mémoire …

Une bonne matinée de travail; et Yves est lui parti à la recherche d’un petit magasin que j’ai repéré, pour tenter de faire imprimer des Canvas pour ses futures présentations. Il revient satisfait, le marchand a fait un essai et ils se sont compris pour les quantités, le grammage, le prix en donnant les montants sur la calculette, comme c’est souvent le cas – il ira rechercher le tout mercredi.

Le cadre, l’ambiance et le décor de l’assiette bento où j’emmène Yves pour le lunch (restaurant qui a retenu mon attention lors d’une balade dans le parc Ueno) sont très bien; les tables et les chaises sont basses mais c’est toutefois plus confortable qu’à même le sol.

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Pensant simplement sortir pour le repas, je n’ai emporté ni plan ni carte, ce sera donc sur base de notre intuition et de nos seuls souvenirs de l’an passé que nous faisons une balade vers le grand cimetière. Nous quittons le parc Ueno et croisons plusieurs classes d’enfants, tous en uniforme bleu foncé, avec des petits chapeaux qui diffèrent de couleur d’un groupe à l’autre. La mémoire se réveille au fur et à mesure que nous progressons dans les ruelles vers le cimetière Yanaka (encore un cimetière comme point de repaire!).

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C’est l’un des premiers cimetières publics de Tokyo, avec ses vieilles pierres tombales recouvertes de mousse, ses statuettes, ses lanternes et ses planchettes de bois déposées derrière les tombes où sont inscrits le nom du défunt, celui de sa secte bouddhique et le second nom que le moine donne au défunt pour l’aider à passer du monde des vivants à celui des morts.

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Nous nous souvenons également du temple Tenno-ji, de la secte Tendai, qui aurait son origine au quatorzième siècle; il subsiste peu de temples à Tokyo datant d’avant la période Edo. Le moine bouddhiste Nichiren aurait sculpté lui-même sa statue … elle est très belle!

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Le salon de thé Renoir où nous avions mangé est toujours bien là et en descendant vers la ruelle des magasins, nous admirons encore quelques petits temples de diverses sectes.

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Yanaka Ginza Dori permet de voir d’anciens magasins, boutiques d’artisans, marchands de poissons, petits bazars; ce passage étroit d’à peine six mètres de large est bien fréquentée malgré son isolement – septante échoppes s’alignent sur ses 175 mètres de long. Et le retour est facile; la station de Sendagi se trouve sur notre ligne de métro Chiyoda.

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L’architecture moderne à Tokyo

Après une journée hier à visiter l’architecture traditionnelle du Japon, nous prend l’idée ce matin de partir avec l’appareil photo à la recherche de bâtiments récents à l’architecture originale de grands architectes.

Départ de Ginza où nous sommes surpris de voir le large boulevard transformé en piétonnier ce dimanche; l’intersection des deux avenues est connue pour son immeuble arrondi surmonté d’une horloge. C’est avec l’aide du soleil que nous choisissons de quel côté poursuivre. Le magasin Gap possède une jolie façade et en face, celle de Hermès, une tour élancée de verre, réalisée par Renzo Piano.

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En chemin une boutique Manneken n’échappe pas à l’œil de mon mari; la gaufre chaude toute nature est excellente – ils en proposent également une, version couleur verte! Fujiya et Sony encadrent le grand carrefour suivant et notre oreille est soudain attirée par une musique de tambours. Entracte amusant dans le brouhaha de la circulation; il s’agit d’une récolte de fonds pour Fukushima et le spectacle est typique.

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Dans la liste des buildings futuristes, figure bien évidemment le Forum, ce bâtiment vitré en forme de coque de bateau, aussi élégant à l’intérieur qu’à l’extérieur; on le doit à Rafael Viñoly, architecte uruguayen. En nous dirigeant vers la station de métro qui se trouve le long du parc impérial, nous admirons le siège de Mitsubishi, un mélange de façades de briques rouges et d’éléments plutôt art déco.

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Le point suivant sur notre liste est le Musée Watari-Um qui expose actuellement les photographies de l’artiste Harumuchi Saito. La construction à été dessinée par notre compatriote Mario Botta; un espace assez étroit, de forme triangulaire, avec beaucoup de béton brut et des décrochements ouvrant le regard. La boutique est elle aussi fort attrayante dans ce qu’elle propose comme objets design.

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Marchant par des ruelles vers l’avenue Omotesando – décidément elle nous poursuit celle-là – nous nous arrêtons pour manger en terrasse dans une crêperie bretonne, un repère avéré de français et même le serveur, japonais pourtant, nous aborde dans la rue dans notre langue. Le quartier est assez luxueux au regard des voitures qui y circulent, Maserati, Porsche, BMW, Corvette.

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Le magasin TOD´S aux fenêtres dissymétriques a été dessiné par Toyo Ito et il jouxte Hugo Boss qui a lui aussi une forme originale de sablier allongé. Hier en lisant une rubrique de mon guide, j’ai appris que c’est le géant de l’immobilier Mori Minoru qui a commandité l’architecte Tadao Andô, originaire d’Osaka, pour réaliser le centre spectaculaire qu’est Omotesando-Hills (le même architecte que le centre design 21/21 de Midtown).

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Je n’ai pas pu retrouver les architectes de toutes ces superbes boutiques de la rue mais certaines sont spéciales, Burberrys, Louis Vuitton, Ralph Laurent. Yves tient particulièrement à l’immeuble Dior qui s’élance dans sa blancheur transparente; une réalisation du bureau SAANA qui a réalisé le Learning Center de Lausanne. Pour le centre commercial Gyre, là où nous avons visité l’autre week-end les jeunes créateurs de mode et le MoMA store, il s’agit d’un groupe d’architectes hollandais connus sous MVRDV. Avec un peu de recul et le regard qui s’élève, on remarque la spécificité de la construction; au rez c’est Chanel qui s’est installé.

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Une petite pause s’impose, en remontant l’avenue, chez Nespresso! C’est un cas que Yves aborde souvent dans ses séminaires, ici aussi il pourra en parler. Nous nous laissons offrir un café me dégustation, belle approche marketing. Pour terminer en beauté notre parcours architectural, nous admirons la façade de trapèzes bombés de verre loupe de chez Prada, qui aux couleurs du jour finissant offre de jolis reflets; c’est ici une conception de Herzog & de Meuron. Et juste à côté, quelques magasins font partie d’un petit complexe aux façades formées de lattes en bois dont l’allure est très japonaise.

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Les plans dont nous disposons ne sont en général pas assez précis ni complets que pour les suivre à la lettre mais nous parvenons toujours à prendre la bonne orientation pour rejoindre un point de chute. Ici nous visons le grand cimetière Minami Aoyama que nous traversons pour atteindre la station de métro Nogizaka qui va nous ramener à la maison sans changement de ligne.

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L’histoire architecturale de Tokyo

Le train nous amène aujourd’hui très à l’ouest de notre localisation vers la gare de Musashi Konagei; là avec un peu d’aide nous trouvons le bus et l’arrêt qui nous permettra de visiter un musée un peu particulier. Depuis la période où elle s’appelait Edo (1600 à 1868), Tokyo a subi de nombreux incendies, tremblements de terre, guerres, inondations qui ont détruit son patrimoine architectural. C’est pourquoi en 1993, le gouvernement a inauguré au sein d’un grand parc, un musée en plein air où sur sept hectares ont été reconstruites trente-cinq maisons après avoir été démontées pièce par pièce de différents quartiers de la capitale. Les plus anciennes datent du début de l’ère Meiji et les plus récentes des années 1960. Toutes ces maisons se visitent, nous allons donc sans cesse nous déchausser, et le mobilier exposé est toujours d’époque.

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Nous commencerons pas un studio photo, une résidence privée au jardin magnifique avant de nous attarder dans des fermes très anciennes et une maison des gardes du temps des shogouns, au toit de chaume dont l’épaisseur me surprend. Nous aimons beaucoup ces habitations entièrement construites en bois, aux sols recouverts de tatamis ou de plancher, aux parois coulissantes de tous genres permettant d’occulter, de privatiser tel endroit – les fenêtres, les stores, les murs, … tout coulisse. Une dame nous montre les premières salles-de-bain où l’eau s’écoule vers le sol directement, les anciens foyers où l’on cuisait le riz et qu’ils alimentent toujours de feu à l’heure actuelle car c’est la seule façon de conserver ces habitations et leurs toits de paille – la fumée est nécessaire pour éliminer les insectes destructeurs et assurer la sécheresse de cette couche de paille. Elle nous avoue ne pas savoir d’où vient cette habitude qui perdure de vivre à même le sol; les chaises sont plus confortables, nous dit-elle!

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Suivent certaines habitations plus modernes, parfois dessinées et habitées par l’architecte lui-même en leur temps; certains se seraient inspirés de l’Europe suite à des voyages qu’ils y ont fait, alliant ainsi par exemple une tendance hollandaise ou allemande au style japonais. Nous mangeons dans celle de l’architecte allemand George de Lalande, qui se trouvait près de Shinjuku, et qu’il a rehaussée de deux étages en bois; nous sommes superbement installés dans le petit jardin et en nous entendant papoter, notre voisin de table se fait un plaisir de s’adresser à nous en français. Il est professeur émérite, enseignait la peinture et la calligraphie – nous l’avions d’ailleurs vu à l’œuvre au début de notre balade.

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Au centre du parc, un petit temple mausolée construit par une princesse pour honorer sa mère; il date de 1652. Et les deux maisons suivantes du début du vingtième siècle, celle de la famille d’un politicien influent et celle de la famille Nishikawa connue dans le commerce de la soie, je les adopterais volontiers; elles ont des espaces agréables, des galeries extérieures, une harmonie toute simple et le jardin, partiellement reconstitué me plairait également.

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Nous atteignons la dernière partie avec un bureau de Koban – pas très différent de ceux que l’on voit dans tous les quartiers de la ville – et de nombreux commerces, un tailleur, un bar, une papeterie, un fleuriste, un magasin de sauce soja et saké, une échoppe de casseroles, un fabricant de cosmétiques ou d’ombrelles. Certaines façades sont recouvertes d’une fine brique ou de cuivre mais les ossatures sont toujours entièrement en bois. Nous avons l’impression de nous balader dans un décor de tournage de film, c’est superbe et nous arrivons au bout de la rue aux bains publics, avec une large porte d’entrée et une enceinte semblables au style des temples chinois; ce sont des bains de luxe, les salles intérieures sont larges, hautes, lumineuses et joliment décorées – même si nous trouvons que les bassins eux-mêmes ne sont pas très grands.

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La ferme que nous visitons en dernier est très prestigieuse, son toit toujours fascinant, l’odeur de fumée agréable, sa cour intérieure inspirant la sérénité.

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Et voici une visite qui nous a tous deux intéressés; nous reprenons un bus qui rentre vers la gare – facile à présent – pour ensuite rentrer vers la ville en train. A Shinjuku, nous prenons un métro pour aller zoner dans le quartier de Roppongi. Un énorme complexe, repérable de loin, caractérise ce quartier surtout fréquenté par des touristes étrangers et des expatriés. La grande tour bombée, la Mori Tower, du nom du magnat de l’immobilier Mori Minoru aussi appelé l’empereur de la pierre, est très belle du haut de ses 238 mètres; l’araignée aux longues pattes, œuvre de la française Louise Bourgeois, signale l’entrée du centre commercial tout moderne et esthétique et l’on aperçoit la première tour de Tokyo construite en 1958, qui ressemble à la Tour Eiffel. Le carrefour de Roppongi connaît peu de moments calmes et il est surmonté d’une voie express.

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Les souvenirs de l’année dernière revivent, nous nous dirigeons à l’instinct vers des immeubles aux façades de verre qui constituent ce qui s’appelle Midtown; un énorme complexe également, inauguré en 2007, avec des espaces verts, des bureaux, des logements, l’hôtel Ritz-Carlton et une galerie commerçante très luxueuse. Une animation se passe en cette fin de journée autour des glaces Ben&Jerry – pensée pour nos deux fils qui en raffolent.

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À une des extrémités du bâtiment, un espace est réservé aux designers; il s’agit de 21/21, nom donné pour signifier la volonté du centre d’aller au-delà de la perfection, du 20/20. Nous y parcourons une exposition sur le riz, élément très important ici en Asie mais c’est surtout l’architecture de l’édifice qui nous plait, fait d’un mélange d’acier, de béton brut, de verre. L’architecte, Andô Tadao, l’a voulu léger, aérien, faisant penser à un oiseau de papier; dans ce lieu de réflexion, les designers japonais et étrangers sont invités à venir présenter et lancer leurs nouveaux concepts.

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La ville s’éclaire de ses milles lumières et nous allons retrouver le Gonpachi, un restaurant resté bien ancré dans nos souvenirs. La salle est toujours originale, le décor des auberges d’antan, les menus sont excellents, les serveurs un peu plus polyglottes qu’ailleurs car c’est un repère de touristes également; ici a été tournée une scène du film Kill Bill.

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Rencontre auteurs – éditeurs autour de BMG

Miki et Minako viennent nous chercher à midi pour nous emmener manger et nous faire découvrir de nouveaux endroits. Elles sont tout heureuses de nous recevoir, c’est touchant. Minako travaille pour la maison d’édition qui a publié la version japonaise de BMG et Miki a sa propre affaire de consultance en marketing et business modèles. Elle est devenue une fan du Canvas, l’utilise énormément dans ses contacts avec les entreprises locales et vient de publier un livre sur les cas qu’elle a abordés. L’offrir à Yves est une marque de reconnaissance, même si le frein de la langue sera rédhibitoire.

Nous avons l’habitude de nous déplacer en métro mais nos deux compagnes préfèrent héler un taxi; je ne suis pas certaine que ce soit plus rapide et pourtant notre chauffeur est assez nerveux, il a la conduite brusque. J’ai l’impression que les taximen se ressemblent tous, cheveux grisonnants, lunettes, gants blancs, costume sombre; leurs taxis sont toujours nickel propres, les dentelles recouvrent les appuie-tête et les portières s’ouvrent automatiquement tant au départ qu’à l’arrivée!

C’est au Maisen qu’une table est réservée; ce restaurant, qui s’est établi dans le bâtiment d’anciens bains publics, a pour spécialité le porc pané. Il est accompagné de chou râpé, servi cru et nature – diverses sauces sont proposées pour accompagner légumes et viande – ainsi que du radis en purée. Ce n’est pas la première fois que nous recevons ce bol de purée mouillée blanche et Miki confirme que cela aide à la digestion. Nous ne sommes pas seulement les quatre; Masanao, professeur d’université à Kobe a souhaité rencontrer Yves car il utilise également la méthode dans ses cours. Son éditeur est justement le mari de Minako et le contact s’est ainsi fait rapidement – tout se sait très vite ici. Masanao semble tout impressionné de la rencontre et s’empresse de demander une dédicace. Les quatre repassent très souvent entre eux au japonais, le dialogue est parfois décousu mais l’ambiance est fort chaleureuse.

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Le restaurant est proche de Omotesando et toute la troupe se met en marche vers l’avenue des boutiques de marque. Miki souhaite me faire découvrir d’une part un magasin de souvenirs, le Bazar Oriental (c’est bien un nom pour les touristes!) et je reconnais qu’il y a de très jolies pièces. Ensuite c’est Omotesando-Hills, un énorme centre commercial qui a remplacé un ensemble de petites maisons; j’avais lu l’information sur un guide sans y être encore venue. C’est génial comme concept; les boutiques se succèdent le long d’une sorte de rue en pente qui monte en lacets. L’architecte a creusé afin de ne pas dépasser la hauteur des anciennes bâtisses et a réussi à créer un espace géant sur cinq niveaux.

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Masanao discute passionnément avec Yves tandis que les femmes regardent les vitrines ou les files de gens qui patientent pour du chocolat, une glace ou des popcorns. La proposition ensuite est de partir vers Shinjuku pour une grande librairie. L’enseigne du centre ne nous est pas inconnue puisqu’il s’agit de Takashimaya comme à Singapour et idem pour la librairie qui n’est autre que Kinokuniya où nous avons aussi acheté plusieurs livres à Singapour. Tandis que je m’intéresse à quelques mangas – ma connaissance sur le sujet est vraiment nulle – Masanao va acheter les deux ouvrages qu’il a écrits sur business models, pour les offrir. Nous voici donc avec trois livres business en japonais … bonne chance, Yves!

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Miki et Minako nous font encore découvrir Tokyu Hands, un magasin géant sur huit étages avec tout pour bricoler dans la maison, au bureau; il s’appelle ‘creative life store’. Nous prenons tous les quatre un dernier thé avec une douceur, dans un salon aux produits chinois, où je me régale d’un pudding à la mangue adouci au lait condensé. Nous décidons de rester en contact, avec l’espoir de partager encore un agréable moment ensemble d’ici notre départ.

Avant de rentrer chez nous, je veux montrer à Yves le nouveau supermarché rénové au sous-sol de Matsuzakaya. C’est fou, l’ambiance qui y règne; tous les vendeurs crient, interpellent les clients pour vendre soit leurs salades, soit leur thon, … Le mélange entre les rayons du supermarché lui-même et les échoppes indépendantes tout autour est flou et dynamique. Il y a un personnel nombreux pour aiguiller, renseigner – avec nous c’est plus compliqué – et aussi pour former les files aux caisses (il ne faut pas croire que l’on peut se mettre où l’on veut), étrangement disposées au plein milieu du jeu. Il règne une telle cacophonie dans ce supermarché – je n’ai jamais rien vu de tel! Et c’est luxueux, un peu comme Globus, en nettement plus grand …


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Lunch avec Kato-san et musée national

Le retour vers Tokyo hier s’est déroulé comme si nous étions déjà de grands habitués des transports en commun japonais, avec changements de trains, réservations de places en dernière minute pour le Shinkansen et le métro jusqu’à l’appartement. Nous avons papoté sur le premier tronçon avec deux dames japonaises qui habitent près de Yokohama; le plaisir de pouvoir échanger en anglais fut partagé, elles étaient charmantes.

Ce midi Kato-san, la gérante de l’immeuble, m’emmène manger dans un petit restaurant à deux rues d’ici, où les tempuras sont la spécialité; nous sommes installées le long d’un comptoir et toute une série de légumes et poissons panés et frits tout frais nous sont servis au fur et à mesure – on voit même encore les crevettes se tortiller quand il les décortique (au moins nous sommes assurées de la fraîcheur, me dit Kato). Elle est bavarde et très joyeuse; je passe un super moment à discuter avec elle. C’est assez drôle, elle est très petite et à côté de moi dans la rue, cela la fait beaucoup rire; elle reconnaît qu’elle a une taille en-dessous de la moyenne et pour la satisfaire je lui dis que moi, c’est le contraire!

Nous prenons un café dans le lobby de l’autre immeuble qu’elle gère et où elle a son bureau; son père aimait énormément la calligraphie, elle me montre une brochure avec plusieurs de ses œuvres et celles qui sont dans nos appartements ont été dessinées par lui. Même si c’est mystérieux pour moi, je les trouve très jolies; ce sont souvent des pensées ou poèmes chinois.

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Il pleuvine, il vente et je poursuis ma balade digestive en contournant le parc Ueno avec l’intention d’aller visiter un des musées, une activité idéale pour la météo du jour. Dans les alentours, je me laisse aller à l’intuition, dans les ruelles de ce quartier traditionnel; je passe près d’un petit temple bien sombre et bien caché puis près de l’université des Beaux Arts avant de déboucher juste devant le Musée National de Tokyo.

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Ayant observé puis déposé moi-même mon parapluie dans les bacs prévus à cet effet (gratuit et avec une clé), je choisis de parcourir le bâtiment principal consacré à l’art au Japon. Il s’appelle Honkan et je lui trouve une apparence un peu austère avec sa structure en béton et son toit de tuiles – c’est le style « impérial » qu’a voulu lui donner  l’architecte Watanabe Jin. D’autres constructions de l’enceinte présentent des œuvres du reste de l’Asie, des expositions temporaires, des trésors archéologiques ou des reliques d’un ancien temple.

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C’est le plus ancien musée du Japon, né d’une première exposition qui remonte à 1872 et aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers d’objets y sont présentés tout au long de l’année. Je me plais à m’imprégner de l’histoire de ce pays, de la succession des différentes périodes aux noms qui me disent parfois quelque chose et cela au travers de l’évolution de sa culture et de son art. Les premières figures en terre cuite remontent à la période Jomon que l’on situe il y a 12’000 ans. Des objets en bronze, des porcelaines, des calligraphies, des écritures de sutras en rouleaux, etc sont présentés et traduisent les étapes qui vont se succéder. Évidemment la religion, le bouddhisme arrivé au Japon au milieu du sixième siècle, prend une part importante de la culture du pays et je retrouve ici, dans ce rapide cours d’histoire, l’introduction du bouddhisme zen pendant la période shogounale de Kamakura.

Au seizième siècle c’est le maître Sen no Rikyu qui amène à son apogée la fameuse cérémonie du thé, influencée par la Chine dans ses ustensiles mais dont la notion d’humilité et de simplicité caractérise la cérémonie japonaise (on parle de l’esthétique wabi-sabi).

Du treizième siècle jusqu’à l’ère Meiji (1868), ce sont les samouraïs qui règnent; leurs armures, leurs cuirassés, leurs sabres sont impressionnants de sophistication. Une salle expose de superbes paravents peints faisant état des rencontres entre japonais et européens, échanges situés au seizième siècle.

On en peut pas parler d’art et de culture japonaise sans évoquer non plus plus le théâtre et la couture. Le théâtre Noh trouve ses origines au quatorzième siècle, uniquement joué par des hommes portant tous un masque. Les mouvements sont lents, symboliques; les costumes deviendront de plus en plus sophistiqués. Et la version plus dansée, plus musicale, s’appelle Kabuki et est née à Kyoto trois siècles plus tard. La mode se traduit dans ces robes aux formes droites, aux tissus soyeux, aux broderies fines, appelées à l’origine Kosobe, l’ancêtre du kimono. Aujourd’hui encore nous croisons dans la rue, dans le métro, des dames et même des jeunes filles très élégamment vêtues du kimono traditionnel; le Japon est vraiment un pays de contrastes entre modernité, nouveautés et coutumes, traditions.

Le pluie ne s’est pas calmée pendant les deux bonnes heures de visite, il me reste des courses à faire pour regarnir les victuailles, avant de rentrer au chaud. En rue cela surprend toujours non seulement de voir et entendre surgir un camion pompier, une ambulance, une voiture de police, tous feux clignotants et sirènes retentissantes mais qui aussi diffusent par les micros un message aux usagers sur les routes et les trottoirs : nous imaginons qu’ils avertissent, qu’ils mettent en gardent, qu’ils demandent poliment qu’on leur laisse l’accès libre … amusant!


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Le Mont Fuji

Leurs toilettes sont plus confortables que leurs lits, me dit Yves ce matin … nous jouerons futés ce soir en doublant nous-mêmes la couche des matelas! Le buffet du petit-déjeuner ressemble étrangement à celui d’hier soir (poisson, soupe, nouilles, salade) et fort heureusement pour moi, il y a un petit coin avec pain, confiture, crêpes, cornflakes. Et nous voici calés pour aller attendre le premier bus qui doit passer vers 9h20 au-dessus de l’hôtel et nous emmener au lac Ashi; la route étroite grimpe en lacets dans les montagnes.

Un beau lac nous attend à l’arrivée, il se situe à une altitude de 760 mètres, il occupe un cratère formé par l’activité volcanique et a la particularité de ne pas geler l’hiver – on y pêche truites et carpes toute l’année. En attendant notre bateau de croisière, nous nous intéressons à un distributeur automatique de boissons – il y en a vraiment partout. Yves y choisit un café chaud, appelé ‘demi-tasse‘, qu’il va savourer dans une canette … excellent!

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Et voici notre bateau pirate qui nous emmène à l’autre bout du lac – on se croirait presque sur le Lac de Joux si ce n’est que ce n’est point la Dent de Vaulion qui pointe son nez … mais bien le Mont Fuji ! Woah comme il est beau, encore recouvert de neige; il se dégage du haut de ses 3776 mètres dans un ciel bleu sans aucun nuage. Les appareils photo crépitent et le Torii rouge qui émerge des flots apporte son petit plus aux pellicules. Il semble que nous soyons bien chanceux – comme disent les québécois – car le Fuji a la même réputation que le Cervin, à savoir d’être souvent en partie caché par la brume ou les nuages. Il fait par contre assez froid, j’ai revêtu mon équipement d’hiver alors qu’en Suisse les messages nous racontent des températures printanières.

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A Tôgendai nous prenons un télécabine, fort confortable et silencieux, en direction de Owakudani; le Fujisan se révèle alors jusqu’à sa base et voilà le symbole du Japon, tout clair tout net sous nos yeux éblouis.

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Owakudani est nommée la grande vallée bouillonnante, au pied du volcan Soûn; des effluves de vapeur d’eau et de souffre jaillissent de la montagne comme si elle fumait. Et l’odeur qui s’en dégage fait penser à des œufs pourris; tiens donc c’est justement la spécialité d’ici. Au bout d’un petit sentier sillonnant dans la nature encore enneigée – nous sommes à 1000 mètres d’altitude -, les visiteurs se ruent sur des œufs durs à la coquille noire, qui ont cuit dans un bassin d’eau thermale et noirci par le souffre. Je n’hésite pas très longtemps, ça ne me tente guère et tant pis si je ne profite pas de prolonger ainsi ma vie de sept années!

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Un second télécabine redescend vers la localité de Sounzan, le Mt Fuji nous dit au revoir et ensuite nous atteignons Gora à bord d’un funiculaire. C’est un petit village touristique où nous mangeons un lunch rapide dans un bistrot qui ne doit pas figurer dans les guides – on a l’impression d’être dans la salle-à-manger de la propriétaire, fort sympathique et contente de nous servir. Au bureau d’information, une dame m’explique en japonais, sur un plan japonais comment rejoindre à pied notre dernière visite de la journée : le Musée d’art en plein air, Chokoku-no-mori Museum.

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Nous allons y passer un moment très agréable et paisible; le sculpteur Henry Moore a dit : « La sculpture est un art de plein air ». Ce n’est que vérité ici où dans un décor naturel de verdure, quelques 700 œuvres contemporaines sont mises en valeur; un parcours qui passe par Rodin, Niki de Saint-Phalle, Miró, Calder, Henry Moore ainsi qu’un pavillon consacré à Picasso. Magnifique halte!

Le Tozan Rail est ce train qui parcourt la vallée, un vrai tortillard qui fait date; à deux ou trois reprises, il nous fait bien sourire quand après un changement de poste entre le conducteur et le garde à l’arrière du train – orchestrés comme des automates aux gestes strictes de leurs maints gantées de blanc – le train repart dans le sens inverse en deux fois, formant ainsi des Z plutôt que des courbes pour redescendre vers Hakone-Yumoto. Un retour donc un peu plus long qu’imaginé mais qui permet, comme les asiatiques dans les transports en commun, de fermer les yeux et piquer un léger somme!

La séance de relaxation et bien-être dans les bains ne se loupe pas; de mon côté, il y a beaucoup de jeunes adolescentes qui papotent en sourdine et aujourd’hui également quelques mamans avec des enfants de trois ou quatre ans, ce qui m’étonne un peu car je pensais que les petits ne fréquentaient pas ces bassins d’eau chaude. C’est une joie de les voir se laisser surprendre, s’émerveiller, s’éclabousser …


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Direction Hakone, hôtel Okada

À la gare de Ueno, nous obtenons nos JR pass commandés en Suisse; il s’agit d’un pass libre accès à tous les trains de la compagnie nationale JR et ceci n’est valable que pour les touristes qui doivent les avoir réservés dans leur pays d’origine avant d’entrer au Japon. Tout est déjà plus clair pour nous puisque nous avions fait la même démarche depuis Singapour l’année dernière. Par contre je n’ai pas réalisé que le train panoramique envisagé pour aller à Hakone dépend d’une compagnie privée et ne serait donc pas gratuit; l’employée au guichet nous indique l’autre itinéraire possible et elle nous fait la réservation des places pour le train rapide. En route donc pour Tokyo station, où nous attendons sur le quai le Shinkansen Hikari – il y a peu de voyageurs avec nous mais par contre les dames du nettoyage, toutes habillées de rose, sont alignées devant les rails. Dès que le train s’est libéré de ses occupants, elles se mettent à l’ouvrage et en quelques minutes, tout est nettoyé, appuie-tête changés et sièges retournés afin que tout le monde voyage dans le sens de la marche du train. Une fois ressorties, les petites lumières au-dessus des portes des wagons s’allument de rouge, ce qui signifie que nous pouvons monter à bord.

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Ces trains grande vitesse sont très confortables, les contrôleurs et hôtesses pour les boissons et snacks fort agréables; à chaque passage, ils saluent en pénétrant et en quittant le wagon, face aux voyageurs et les hôtesses sont aussi distinguées que des hôtesses de l’air (toilette, coiffure, fleur, nœud impeccables et raffinés). Le trajet pour Odawara dure environ quarante minutes, nous arrivons là proches du parc national de Fuji-Hakone-Izu.

C’est YinYin, une amie de Singapour, qui m’avait conseillé cette destination au cœur d’une région montagneuse et volcanique, offrant des paysages naturels qui tranchent avec la capitale et aussi réputée pour ses sources thermales chaudes. C’est un général au 16ième siècle qui eut l’idée d’amener ici les premiers touristes, de les attirer avec les Onsen creusés directement dans la roche et la tradition perdure, le monde afflue toujours à Hakone pour ses bains.

A Odawara nous nous procurons un pass de trois jours pour une libre circulation sur tous les types de transports de la vallée (train, bus, télécabine, bateau, funiculaire). Il n’est pas difficile de repérer que nous ne parlons pas japonais et une charmante jeune fille s’approche pour nous transmettre en anglais des plans, des cartes et nous indiquer sur quel quai aller attendre le Hakone Tozan. Ce petit train touristique peut faire penser à celui de Täsch à Zermatt ou de Martigny à Chamonix; eh oui, nous sommes dans un décor montagneux et le rythme de vie s’est ralenti.

En face de la gare de Hakone-Yumoto, nous avons encore la chance de tomber sur une dame fort gentille qui nous explique comment rejoindre l’hôtel, nous indique comment comprendre les horaires des bus, bateaux, etc sur la brochure en japonais et elle contrôle même pour nous la météo de demain sur son ordinateur. Dès que la langue n’est pas un frein, ils sont vraiment très très serviables et contents de nous aider – sans jamais oublier de nous demander d’où nous venons.

Dans un mini-bus qui fait la navette pour les hôtels, nous nous entassons et le nôtre sera le dernier de la liste; j’ai réservé au Okada, sur conseil de YinYin toujours. La première impression de la station n’est pas des plus enthousiasmantes, il y a bien une rivière torrent qui traverse Hakone, mais nous ne retrouvons pas le charme de nos stations de montagne suisses. Toutefois l’expérience nous a déjà montré que derrière des façades parfois austères, se cachent ici au Japon des petits coins sympathiques.

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Je suis rassurée lorsque à la réception de l’hôtel, il y a bien une chambre à notre nom, et même de style japonais comme je l’avais réservé – le luxe pour les japonais étant de réserver une chambre style western, soit avec un lit et une disposition comme en Europe! La nôtre est spacieuse, un petit coin salon, des sanitaires qui font penser à ceux d’un bateau et une grande pièce couverte au sol de tatamis, avec une table et deux sièges bas et un service à thé … mais surtout cette odeur de paille, que j’aime – tel que dans ma pièce à Lonay. Il y a au moins huit paires de pantoufles à disposition, c’est dire que les japonais occupent en général ce type de chambre plus nombreux – nous verrons d’ailleurs plusieurs jeunes en petits groupes. A l’arrivée, nous avons donné nos tailles pour le Yukata qui nous parvient alors en chambre, par contre ils ne nous ont pas demandé nos pointures – Yves aura le talon qui dépasse bien à l’arrière des mules et pourtant nombreux sont ceux pour qui c’est le contraire!

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Une petite marche s’impose jusque dans la station (sans yukata ni pantoufles bien sûr) où se succèdent des restaurants, des cafés mais surtout des boutiques et des boutiques de leurs spécialités gourmandes – biscuits, petits gâteaux de toutes formes, toutes couleurs et dont on ne peut jamais prédire si ce sera sucré ou salé (les chips peuvent bien être roses!). Beaucoup de poissons séchés ou sous-vide, qui ne nous inspirent que moyennement; toutes ces échoppes sont grandes ouvertes sur les trottoirs et la décoration intérieure est soignée, colorée, fleurie.

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Et la spécialité artisanale de Hakone est la marqueterie, qui trouve son origine fin du 18ième siècle avec un artisan local qui crée ce style de motifs variés à partir de 6 essences différentes de bois des forêts environnantes; on trouve toutes sortes d’objets d’un porte-clé, à une boîte à bijoux ou même un éventail.

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La marche, ça fatigue – nous avons gravi une colline en pleine forêt pour changer d’itinéraire au retour – et nous nous préparons donc pour les bains chauds. Hakone est réputé pour ses Onsen, ses bains de sources chaudes creusés dans la roche; le plus cité dans les brochures est le Yu no sato et il appartient justement à notre hôtel. Nous souvenant de notre expérience dans celui d’Odaiba l’an dernier, nous partons bien décidés à passer un bon moment relax. Après la phase de nettoyage, assise sur un tabouret bas, je me glisse dans les bassins extérieurs, incrustés dans des rochers poreux de pierre de lave, l’eau à 44 degrés, des bains avec où sans remous, assise ou allongée, passant d’un endroit à un autre … les effluves créent une ambiance de charme, le ciel est clair avec sa lune bien dessinée, la montagne environnante parfume de ses cèdres, ses pins, ses buis et le petit courant d’air frais permet de ne pas bouillir – même si je deviens vite couleur écrevisse au visage … et pas les japonaises! C’est le rêve de faire le vide dans sa tête, sentir son corps se détendre, ses articulations retrouver leur souplesse, sa peau une douceur de bébé … et il paraît que c’est aussi une cure de jouvence!

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(photos du site de l’hôtel)

La faim se réveille, ce qui tombe à point car c’est notre heure choisie pour nous rendre au buffet du soir … ici on ne fait pas toilette chic, tout le monde a revêtu son Yukata et par-dessus, le manteau court japonais qui se trouvait dans la garde-robe (taille unique!) et nous voici donc tous quasi en uniforme, avec tous cette même démarche de petits pas serrés – trop drôle! Mais je pense que même si nous pensons nous fondre dans la masse, nous ne passons pas inaperçus, ne fut-ce que par la taille! Cet après-midi d’ailleurs, à la supérette du coin, la dame s’est prise d’un fou rire en nous regardant – je pense qu’elle n’avait jamais eu de clients aussi grands. Le choix au buffet est très varié, quelques indications en anglais nous permettent de bien nous restaurer et la fontaine de chocolat parmi les douceurs nous fait plaisir.

Quelle chance ensuite de découvrir, en remontant dans la chambre, que notre pièce pour la cérémonie du thé ou pour ‘mon atelier de rédaction’, s’est transformée en chambre à coucher …
Oh que la terre est basse! Oh que le sol est dur!

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Bain de foule du dimanche à Tokyo

Nous voici en route vers la station Harajuku pour nous remémorer un parcours fait avec Benoit et qui nous amène tout d’abord sur la rue Takeshita, une ruelle noire de monde, avec des boutiques de mode, de bijoux, de cafés, de restaurants. Elle est fréquentée surtout par de jeunes adolescents, habillés de manière des plus excentriques; c’est un monde fou, coloré, où le ridicule ne tue pas. On s’habille de façon à attirer le regard des autres, et des touristes aussi, en petites jupettes, cheveux colorés, maquillage à outrance, etc. C’est également un quartier où les jeunes créateurs de mode peuvent exposer et vendre leurs sacs, chapeaux, vêtements. Les architectures sont variées, colorées, originales – c’est un coin fort sympathique.

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De là nous remontons vers Omotesando, une large avenue bordée d’arbres, que l’on compare aux Champs Elysées pour ses boutiques de marques et ses restaurants de renommée, son architecture contemporaine. Les trottoirs grouillent de monde, spécialement le week-end. À côté du superbe bâtiment blanc de la marque Dior, nous sommes attirés par l’enseigne ‘Moma Design Store‘ et nous pénétrons dans un centre commercial où des designers, déjà connus j’imagine, ont leur espace au décor attrayant. Yves s’aventure dans une toute petite boutique; nous remarquons alors qu’il est coutume pour le vendeur d’accompagner son client jusqu’à la porte de sortie et là seulement lui remettre son achat, précieusement emballé, avec les courbettes d’usage. Et nous mangerons de la cuisine française, chez un japonais qui parle bien notre langue et est tout content de faire causette – il s’agit du Pré Verre.

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Proche du grand carrefour Meijijingumae, le magasin Tommy Hilfiger a lui aussi une ossature originale – nous nous souvenons que sur le toit, c’est un Starbuck – et surprise, il y a un magasin Garrett! C’est là que nous achetions à Singapour ces super délicieux popcorn caramélisés … ils semblent avoir ici aussi un succès énorme, la file s’étend sur des dizaines de mètres sur les trottoirs!

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Je profite ici pour signaler que les japonais fument pas mal, entre autres dans les restaurants où il y a deux zones bien séparées, comme ce fut le cas chez nous auparavant. On les trouve aussi devant certains immeubles non-fumeurs, rassemblés sur le trottoir ou autour des bornes spéciales comme celle-ci pour éviter les mégots qui débordent …

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Le pont qui permet de rejoindre le parc Yoyogi est fréquenté par des jeunes qui offrent des Free Hugs mais aussi par un moine qui tend timidement son bol pour récolter quelques petits sous. Le superbe Torii de cèdre accueille les visiteurs dans une large forêt, où il fait paisible se promener hors de la foule compacte des quartiers que nous venons de quitter. La balade nous mène au sanctuaire Meiji-Jingu, tel qu’il était bien dans nos souvenirs puis au hasard à travers la forêt toute calme.

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Tout comme en Angleterre, les voitures roulent à gauche, on se tient à gauche sur les escalators, on marche même à gauche sur les trottoirs ou dans les rues piétonnes bondées de monde – pas de chance pour moi quand je veux passer de l’autre côté pour une photo … par contre, je ne comprends toujours pas, pourquoi dans certains escaliers du métro, il est clairement indiqué de conserver sa droite?

Et nous arrivons à Shibuya, ah Shibuya … il ne faut jamais donner rendez-vous ici à quelqu’un sans être plus précis! C’est une petite ville sous terre, la station – si l’on peut encore appeler cela station – ne compte pas moins de 16 sorties! Et il y aurait 700’000 voyageurs qui y transitent chaque jour. C’est le souvenir de Hachikô, le chien fidèle qui va m’aider à choisir par où mettre le nez dehors pour retrouver entre autres Shibuya 109, ce centre commercial pour les toutes jeunes filles – je n’y ai certainement ma place, c’est juste comme un spectacle … Le carrefour le plus médiatisé de Tokyo probablement, avec ses néons, ses écrans géants qui diffusent en permanence et en puissance des clips de musique, de publicité.

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Et je citerai ici mon guide bleu qui en dit : « Le carrefour Shibuya vit au rythme des hordes de piétons se croisant sans se heurter, s’arrêtant net au feu rouge puis se lançant tête baissée au feu vert »! C’est tellement ça …

Le retour vers le calme de Yushima nous ferait presque penser que nous logeons dans une autre ville. Et ce soir, je lis qu’un autre blogueur de WordPress a re-blogué mon post Pedibus à travers la ville animée, en disant « pour un petit voyage virtuel au Japon actuel, quoi de mieux que des récits de voyage! » … sympa …


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Kamakura, berceau du bouddhisme zen

C’est l’histoire du moine Eisai, formé dans un monastère à Kyoto au 12ième siècle, qui après un séjour en Chine rapporte la notion du bouddhisme zen; celle-ci enseigne la méditation sans objet, la pensée sans pensée par un travail sur la posture et la respiration. Il n’est toutefois pas bien accueilli dans son propre monastère à son retour et s’exile à Kamakura – capitale du Japon à l’époque – où avec le soutien du shogun au pouvoir, il crée son école et construit le temple Jufuku-ji. La secte zen Rinzai est ainsi née, elle devient populaire auprès des samouraïs et des nobles et va prospérer avec l’aide du shogunat. Dans cette école, l’enseignement se transmet de maître à disciple et non plus via les sutras écrits.

Kamakura a connu une belle expansion culturelle et religieuse à cette époque féodale, elle fut assez bien épargnée par les tremblements de terre et les bombardements de 1945 et c’est ainsi qu’aujourd’hui elle conserve le charme d’une bourgade traditionnelle. Elle se situe à 50 kilomètres au sud de Tokyo, proche de la mer et est pour les tokyoïtes une destination de week-end (Kato nous dira d’ailleurs qu’elle y a sa résidence secondaire).

Nous ne sommes donc pas seuls à débarquer à la première gare de Kita-Kamakoura. La ville compte encore 65 temples bouddhistes et 19 sanctuaires shintoïstes! Incroyable! Oh non, me dit Yves, tu ne vas pas nous les faire visiter tous … Nous avons ici l’impression de nous retrouver avec Tadashi, visitant les temples de Kyoto l’an dernier. Un temple n’est pas comme chez nous simplement un lieu de culte, c’est tout un ensemble de bâtiments – certains au toit de chaume -, des pavillons pour la méditation, pour le repos des moines, pour les offrandes, les prières. On y retrouve toujours une ou plusieurs portes souvent joliment sculptées, le bassin pour se purifier le corps, l’encens pour l’esprit, une cloche de bronze parfois énorme.

Le premier temple que nous visitons, Engaku-ji, nous séduit de suite; il semble accroché harmonieusement à la montagne, entouré de cèdres centenaires. Il est sobre dans ses couleurs naturelles, avec un léger mélange de style chinois et de pureté zen; il appartient toujours à l’école Rinzai. Il fut construit fin du treizième siècle, en l’honneur des morts des deux camps suite aux batailles sanglantes contre la Mongolie qui tentait d’envahir le Japon. Deux de ses éléments sont classés Trésor Nationaux : la cloche de bronze sur la colline,qui date de 1301 ainsi que le pavillon des reliques qui abriterait une dent de Bouddha. Dans un premier pavillon, nous observons des gens qui s’entraînent au tir à l’arc, revêtus de la longue jupe noire des arts martiaux.

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Quelques centaines de mètres plus loin, suivant la colonne des visiteurs, nous pénétrons dans le domaine du Temple Kencho-ji, dont la première porte faisait partie à l’origine d’un temple de Kyoto et fut déplacée ici. Ce temple est classé premier des temples zen de Kamakura, il fut construit pendant l’ère Kencho (1253) dont il porte le nom. Le fondateur est un maître zen chinois, venu d’abord à Kyoto avant de rejoindre Kamakura. Il fut le premier de la secte zen à recevoir un titre honorifique après sa mort, décerné par l’empereur lui-même. La place est animée ce jour, avec de nombreuses échoppes vendant souvenirs et nourriture et des récoltes de fonds en commémoration du troisième anniversaire de la tragédie de Fukushima – l’exposition de photos fait froid dans le dos. Avant de quitter, nous écoutons un instant un moine racontant une histoire à des visiteurs qui lui sont tout ouïe.

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Nous poursuivons avec le sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gū où l’on accède de tous les points cardinaux par un superbe Torii rouge. Fondé en 1063, il est dédié à Hachiman, dieu de la guerre; l’ensemble est vaste, sur un terrain en pente, avec des étangs qui symbolisaient à l’époque la supériorité d’un clan des guerriers, les Minamoto sur leurs adversaires, les Taira. Les tonneaux de saké, les portiques avec messages en papier enroulé, les Ema en bois avec les vœux ou remerciements au Bouddha, les offrandes, les pièces de monnaies jetées dans des coffres de bois sont tous ces éléments et rites qui nous ont été racontés par nos guides Benoit et Tadashi. Nous avons la chance d’admirer deux couples de mariés, soigneusement parés, sans que ce soit purement le costume traditionnel avec la haute coiffe blanche pour la mariée. Ce sanctuaire est le symbole de cette ancienne capitale et voit défiler 9 millions de visiteurs par an!

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La rue commerçante reliant le sanctuaire au quartier et la gare principale de Kamakura s’aligne toute droite avec en son centre une superbe allée piétonne bordée de cerisiers … pas encore en fleurs … Après une pause lunch bien méritée, dans un petit restaurant typique au décor en bois et aux menus alléchants (dans l’assiette car la carte n’est pas très compréhensible), arrosés de saké – on s’y fait finalement très bien – nous abordons le programme de l’après-midi.

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Devant une multitude de bus à la gare, Yves se sent bien de monter dans le premier qui se présente à nous; rien n’est indiqué en anglais mais il a vu la tête de Bouddha sur l’enseigne et c’est en effet Daibutsu, notre point de chute suivant.

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Elle est drôlement belle et imposante cette statue de Bouddha, en plaques de bronze sur une structure creuse, haute de plus de 11 mètres et pesant 122 tonnes. Amida, bouddha de la lumière éternelle, est assis en position de lotus avec les mains qui se joignent par les pouces et la deuxième phalange des index. Ce serait la plus belle représentation de bouddha au Japon; son commanditaire, le shogun Minamoto, voulait par là surpasser le Bouddha de Nara.

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Et je parviens encore à tirer Yves jusqu’au temple Hasadera qui vaut en effet le détour – également accroché sur la colline, avec un superbe jardin où les fleurs des cerisiers commencent à nous sourire. Sur les hauteurs, la vue est plongeante sur la baie avec ses plages et ses surfeurs. Le cade est superbe, l’architecture recherchée et harmonieuse dans un décor naturel où des jardins fleuris doivent être de toute beauté durant l’été. Ici c’est une statue en bois recouverte d’or, de 9 mètres de haut, devant laquelle les fidèles viennent s’incliner, celle de Hase Kannon avec ses 11 têtes par-dessus la principale, chacune avec des directions et expressions différentes, signifiant que la divinité est à l’écoute des vœux de toute personne qui soit. Kannon est parfois appelée la déesse de la miséricorde.

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Voilà un joli aperçu d’une petite localité où le temps s’arrête alors que nous nous baladons d’un temple à un autre; il règne dans ces espaces un air de sérénité, de paix. Nous rentrons à pied vers la gare, observant alors quelques détails de façades, de voitures – beau modèle Honda -, de coutumes – le soleil est là, les jolis parapluies aussi! Et nous prenons un goûter dans un petit bistrot qui fait aussi fleuriste.

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Pour le trajet de retour, nous sommes fiers d’être parvenus à réserver sur des machines automatiques, des places en ‘green car’ (première classe), qui se sont inscrites sur nos cartes Suica. Celle-ci, nous la présentons au lecteur au-dessus de nos sièges dans le train, le voyant lumineux devient vert et ainsi la contrôleuse sait que tout est payé en ordre … full automatique, magique! C’est parfois un peu surprenant leur choix des couleurs : ici une place libre est signalée d’un voyant rouge, il en est de même pour un taxi libre et cela passe au vert quand c’est occupé. Par contre pour les feux de circulation, c’est bien comme chez nous.

Certaines lectrices de mon blog ont trouvé que parfois je parle beaucoup, voire trop, des repas …  Nicole, elle, me réclame des photos de nos assiettes … mais ce ne sont jamais des assiettes seules, plutôt plusieurs petits plats, bols, tous différents et colorés qui composent notre menu …

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