Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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De Baquadeno à Cerro Santa Lucia

Me voici en route ce matin avec un circuit concocté par moi-même, avec comme point de départ la station de métro Baquedano. Je remonte à la surface au niveau de la place d’Italie, bien reconnaissable et point de repère lointain, avec sa statue centrale entourée d’un joli parterre fleuri mais surtout l’édifice Telefonica, en forme d’un énorme téléphone portable. Avec ses 34 étages et son héliport sur le toit, il est resté une dizaine d’années le bâtiment le plus élevé de la ville. Il se voulait à sa construction début des années 90, une image moderne du monde des téléphones portables, il est devenu de nos jours comme une antiquité, style des premiers Sony Ericsson.

Il y a toujours moins de monde quand je me promène le matin; après avoir franchi la Rio Mapocho où coule un faible torrent couleur café au lait, se présente devant moi le Barrio BellaVista, avec son université San Sebastian et juste en face le Patio Bellavista. Je pénètre avec joie dans ce quartier; l’espace intérieur est nettement plus sympathique, coloré, artistique que les bâtiments sur les rues qui l’entourent. J’admire des terrasses de bistrots, des boutiques d’artisanat, des sculptures et peintures murales et j’y reviendrai, du moins je l’espère, pour un repas avec Yves. C’est très propre et calme et je pense que la musique doit animer ce Patio en fin de journée.

Le Parque Forestal longe la rivière, il fait bon s’y balader à l’ombre des grands arbres, s’asseoir sur l’un des nombreux bancs, regarder les sculptures et notamment la Fontaine Alemania, construite en 1912 pour célébrer le centenaire de l’indépendance du Chili, remodelée en 97 pour commémorer les 150 ans des immigrants allemands et une dernière restauration par la ville en 2012 pour le bicentenaire du Chili comme nation indépendante.  L’eau semble manquer un peu partout dans cette ville chaude en fin d’été, peu d’eau dans les fontaines et les bassins de la ville; les arbres et les fleurs en manquent aussi, même si je vois souvent des jardiniers abreuver les pieds des plantations. Cette balade tranquille me mène au Musée des Beaux Arts, où de loin je repère un énorme cheval aux formes arrondies, signé Botero.

Juste après un monument au morts (du moins, cela y ressemble mais les panneaux signalétiques sont souvent taggés, détériorés et ne me permettent pas d’identifier toujours ce que cela représente), se présente le fameux Mercado Central, le marché central de Santiago, avec son ossature métallique, son ambiance de marché aux poissons ainsi que des étals de poulets en grande quantité, des restaurants, des boutiques de souvenirs et toutes les agences de guides touristiques – j’imagine bien que les circuits des tours opérateurs doivent passer par ici ! Je m’installe dans un petit restaurant pour commander et me régaler d’une assiette de mérou, on ne peut plus frais dans sa marinade citronnée, accompagnée d’une excellente cerveza locale.

Le quartier de Lastarria est assez coquet, il est plaisant de jour mais serait plus chaud le soir; son église, copie de la Santa VeraCruz de Mexico à la façade rouge y cadre magnifiquement bien. Egalement de façade rouge, la plus ancienne église de la ville, Iglesia San Francisco, se trouve au départ de la rue du même nom ainsi que deux rues nommées Paris et Londres. Elles devraient me donner une ambiance européenne, il faut bien chercher – à mon avis cela ne valait pas le détour. Par contre, de l’autre côté de l’avenue Alameda, le bâtiment de la Bibliothèque Nationale, assez gris vu de l’extérieur, est superbe et imposant quand on y pénètre. Des escaliers de marbre, des lustres de cristal, des peintures murales historiques – j’avance d’un air décidé, comme une locale, en espérant ne pas me faire stopper dans ma prospection car en effet je cherche la salle la plus ancienne de la bibliothèque, avec ses boiseries magnifiques et étonnamment bien conservées. Je n’oserai toutefois pas y pénétrer pour la prendre en photo, je trouverai une image sur le web qui me permet de garder son souvenir.

La colline Cello Santa Lucia est un passage obligé lorsque l’on visite Santiago. Plusieurs sentiers, se terminant par des escaliers en gros rochers mènent à un fort posé sur la hauteur. La vue sur 360° s’étend de la ville aux montagnes. Une statue de Pedro de Valdivia trône à mi-hauteur de la colline; il se pourrait que ce soit ici qu’il décida de créer la ville de Santiago en février 1541 (une autre version relate la Plaza de Armas comme lieu de signature). Ce poumon de verdure est bien agréable près du centre historique avec ses bâtiments tout gris. La fontaine de Neptune (datant de 1902) accueille les promeneurs au niveau de l’avenue artère principale de la ville, que l’on appelle Alameda – un petit côté méditerranéen sympathique – et une fois de plus, ce serait mieux encore avec de l’eau dans les bassins. Je serai assez contente d’une de mes photos qui rassemble plusieurs symboles de Santiago : la colline San Cristobal avec le funiculaire et l’Inmaculada Concepcion, la Torre Telefonica, le Costanera Sky, le Gam (le centre culturel Gabriela Mistral ) repérable comme un gros bâtiment à la couleur du fer rouillé et enfin au loin les sommets enneigés des Andes. Yves va même choisir ma prise comme fond de présentation de ses exposés !

Pour Yves c’est sa première journée de contacts professionnels avec des chiliens, après la parution ce matin de l’article le concernant dans le quotidien El Mercurio – good timing et il reçoit plusieurs messages encourageants. Il devait rencontrer ce lundi 3 personnes pour des échanges plutôt informels mais cela se transforme vite en une conférence pour 25 à 30 personnes; heureusement Yves est toujours prêt pour ce genre de changement de programme et les discussions avec des entrepreneurs et des designers s’avèrent très intéressantes. Prometteur pour la suite …


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Un dimanche calme dans notre quartier

Après nous être bien régalés de poissons crus durant le week-end, j’ai vu de suite le sourire de Yves hier soir lorsque je lui ai dit avoir repéré ici sur Avenida Isidora Goyenechea un restaurant de cuisine provenant d’Argentine avec de la viande réputée excellente. Et pour accompagner le filet succulent, nous avons opté pour un vin rouge chilien, d’une vallée proche de Valparaiso, du Camenère – un cépage que nous avons découvert ici et qui nous convient à merveille. Et en parlant des restaurants, je voulais signaler que sur l’addition figure déjà une proposition de tip de 10% mais le serveur s’enquiert à chaque fois avant d’encaisser si le client est d’accord avec le montant (c’est assez bien comme pratique, je trouve).

La journée est calme autour des rues de Las Condes et El Golf; c’est dimanche, il y a peu de circulation mais les centres commerciaux sont ouverts. Nous retournons avec plaisir au Costanera Center, le supermarché qui s’y trouve, de nom Jumbo (tiens donc) porte vraiment bien son nom – on y trouve de tout et dans des marques multiples. L’idée m’est venue d’acheter au stand Nespresso une barrette (une seule demande plusieurs fois le vendeur, tout dépité !) de capsules afin de les essayer dans la machine de notre chambre – et là est bien le comble (cela fonctionne à merveille … j’irai en rechercher d’autres) : acheter de vraies capsules pour une machine copiée alors que c’est normalement le processus inverse qui se développe !

A défaut de me répéter peut-être, nous trouvons que les chiliens sont réservés, posés (nous devions nous attendre à un peuple exubérant ;-); même les vendeurs ambulants qui se postent aux carrefours, sur les trottoirs de grands passages, aux sorties des métros interpellent peu les gens et il me semble ainsi à première vue qu’il y a peu d’asiatiques et d’africains (et pratiquement pas de clochards). Par contre les agents de sécurité sont nombreux partout et ils veillent. Sur une terrasse de restaurant, un garde à vélo a fait remarquer à une dame que son sac-à-dos qui pendait à l’arrière de sa chaise était trop visible et facile d’accès !

Ce matin mon plan est d’emmener Yves à la Plaza Peru pour un marché aux antiquaires dominical dont parlent tous les guides – pas de chance, nous tournons tournons autour de la place mais rien en vue. Il semble que les exposants soient encore en vacances …

Yves va commencer demain sa série de rencontres, conférences, cours et ateliers; je m’active à préparer le matériel, les itinéraires tandis que lui peaufine ses exposés. Il est un peu inquiet car nous sentons que l’anglais est mal maîtrisé par ici; j’essaie de le rassurer : les chiliens que nous côtoyons dans les commerces et les restaurants ne sont pas ceux qui vont assister à ses conférences … à suivre.


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La Sebastiana et Viña del Mar

La Sebastiana se situe sur les hauteurs de la colline Florida, nous y allons à pied par l’Avenida Alemania qui est une route corniche assez plate, fort agréable avec d’un côté une vue plongeante vers l’océan et de l’autre des ruelles menant encore à des endroits plus élevés – on pourrait presque penser à San Francisco. Les habitants de Valparaiso, d’autres touristes comme nous et des chiens errants se côtoient en se saluant avec un beau sourire; nous sommes parfois entourés de 5 ou 6 chiens qui sont beaux, bien portants et ont la chance de ne pas devoir se promener en laisse. Toute cette promenade est colorée, les murs sont agrémentés de vie, allant de simples graffitis à des peintures signées par des artistes chiliens. Il est bon également de noter que tous ces quartiers sont hyper propres, pas de papiers ni bouteilles qui jonchent les trottoirs (et pourtant les voitures souvent ressemblent à des poubelles) – est-ce ainsi également sur les circuits moins touristiques ? On remarque des maisons plus cossues, peut-être des secondes résidences et qui ont toutes des grilles à l’entrée et aux fenêtres – les cambriolages ne doivent pas être seulement une légende.

La Sebastiana est la maison que Pablo Neruda acquiert en 1959, construction commencée par un architecte (Sebastian Collado d’où le nom La Sebastiana) qui décède avant la fin du chantier. Pablo cherchait une maison pour s’évader de la grande ville de Santiago; il acquiert celle-ci avec un couple d’amis et ils en terminent la réalisation. Elle s’élève sur 4 étages, elle est isolée tout en étant proche des transports, elle surplombe le port avec une vue grandiose. Neruda était un diplomate et poète, il parcourut le monde et en ramena des souvenirs variés, il était collectionneur et cette maison nous montre encore beaucoup de ses acquisitions. Une visite intéressante qui permet de bien cerner le personnage politique engagé et aussi écrivain, original, qui reçut le prix Nobel de littérature en 1971.

Notre hotel est situé sur le dessus de la colline Alegre, une situation géographie idéale pour visiter cette ville extraordinaire. Je le recommande vivement, le Casa Galos, pour son design, sa terrasse sur le toit, le petit-déjeuner et pour l’accueil, les conseils judicieux et la serviabilité de nos hôtes.

Il faut un certain temps pour prendre conscience de la topologie de la ville, ses dénivelés tant verticaux que latéraux; ici la ruelle s’arrête à pic devant un mur, là elle se poursuit par un escalier raide ou alors même par un ascenseur ou funiculaire – qu’il faut dénicher à l’intérieur d’une vieille bâtisse ou au fond d’un étroit corridor … et tout ceci n’est pas de suite visible sur un plan. C’est pourquoi les explications précises et détaillés d’Angelica à notre arrivée nous ont permis de voir un maximum d’œuvres artistes sur peu de temps.

Aujourd’hui nous nous sentons déjà plus familiers à l’environnement et nous osons des divergences d’itinéraire pour rejoindre le Puerto – cette fois non pas pour monter à bord d’un bateau mais plutôt pour emprunter la ligne de métro qui longe la côte – d’ailleurs sur des terres reprises à l’océan. Notre destination est Viña del Mar dont plusieurs personnes nous ont vanté la beauté. Le parcours en métro est agréable, entre autres avec les distractions d’une joueuse de violon, puis d’un guitariste latino ou même d’un jeune rappeur en espagnol bien sûr. D’autres personnes vont passer dans les rames pour proposer soit des chocolats, soit des bouteilles d’eau fraîche … des petits boulots, pour de petites recettes dont de nombreux chiliens semblent avoir besoin.

Viña Del Mar est aussi nommée la Garden city, une destination de vacances, de secondes résidences et aussi de congrès avec son hôtel Sheraton à la situation idyllique. La ville ressemblant plus à des régions côtières comme la Côte d’Azur, avec des hauts immeubles d’appartements et des avenues bordées de palmiers, nous lui trouvons un intérêt moins spectaculaire que Valparaiso; la promenade le long de la Marina est cependant fort agréable, longeant l’océan pacifique d’une couleur limpide, où des mouettes énormes et des pélicans se dorent sur les rochers. Le château Wulff est lui aussi en première position sur le Pacifique; il date du début du 20ème siècle et est construit selon l’allure d’un château féodal avec ses tours à créneaux. Au croisement de l’Avenue España et La Marina, une des attractions de Viña del Mar est son horloge florale, commanditée pour la Coupe du Monde de 1962; elle fut construite en Suisse, par l’horloger Favag de Neuchâtel !

De retour à Valparaiso, il nous est difficile de quitter ce lieu magique et si nous avons ici pu apprécier nos premiers ceviche (cette spécialité de poissons crus marinés), je propose à Yves de tester le cocktail chilien nommé Sour Pisco. Je pensais avoir lu que le Pisco était un vin pétillant et que le cocktail y ajoutait du citron vert et du sirop de sucre, un peu comme nos apéritifs mémorables à l’Arak de Ubud – j’avais presque raison, si ce n’est que le Pisco est une eau de vie de raisin à plus de 40 degrés. Rien de tel donc pour une bonne sieste dans l’autocar qui nous ramène à Santiago !

 


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Valparaiso, la fantástico !

Finalement nous nous rangeons à la suggestion d’Alex, nous donnons à un chauffeur Uber l’adresse de notre hôtel à Santiago et celle de Valparaiso et nous pouvons nous détendre – pas besoin de chercher la ligne de métro, le guichet des autocars à la station centrale ni trouver le moyen de rejoindre l’hôtel à destination. Notre chauffeur est un jeune chilien, né au Danemark par contre et qui a justement grandi sur la côte à Viña del Mar; il nous sera un bon guide durant le trajet qui dure environ une heure et demi, par la seule route qui rejoint les 2 plus grandes villes du pays, la route 66 !

Après avoir quitté les beaux immeubles de Santiago, nous retrouvons comme au jour de notre arrivée, les étendues de quartiers excessivement pauvres et sales, ressemblant à des bidonvilles – selon Knud c’est une plaie dans toute l’Amérique latine. Puis ce sont les contreforts arides et sablonneux des Andes, où pousse une végétation clairsemée et sèche, avec de hauts cactus; il nous dit observer un changement de climat depuis les 15 dernières années, comme si le fameux désert d’Atacama se rapprochait. On voit peu de vie sur ces larges étendues, quelques fermes avec des chevaux et des vaches qui cherchent leur verdure et au-dessus de nos têtes parfois des volées de condors.

La région de Casablanca, vers l’Ouest, est réputée pour son vin; tout devient plus vert dans cette plaine qui s’élargit. Les champs de vignes bien alignées sont immenses, les rangées ne sont pas ici bornées par un rosier comme à Lonay, mais par un beau plant de lavande et ce sont de majestueux palmiers qui entourent les allées et certaines parcelles. On peut également voir des cultures de maïs, d’avocats, des productions d’agrumes et de tunas; dès que la vue s’éloigne de l’autoroute, ce sont des pistes en terre qui amènent aux fermes et résidences. Le tuna du Chili, est un fruit du cactus; demain dans un bistrot de Valparaiso, je dirai à un serveur qui m’avance une carte de menu où je reconnais le mot Tuna, que nous aimerions seulement boire un jus de fruits et non manger … il me confirme que c’est bien la carte des jus de fruits et explique que le tuna est un fruit local, à la saveur proche d’une figue de barbarie. Le jus de Tunas et Naranjas est excellent !

Plus loin de jolies productions d’olives, dont il semble que la destination soit fréquemment l’Espagne quand ils en manquent là-bas; la moitié des olives vendues comme espagnoles proviendraient en fait du Chili. Toutes ces informations nous viennent de notre chauffeur et je ne prendrai pas la peine de les vérifier; il a étudié l’agronomie ici au Chili et ceci nous incite à le croire. Des forêts plus denses bordent la route 66 à mesure que nous approchons de la destination; ces forêts sont quasi chaque été amputées à cause de la sécheresse, par des feux gigantesques et affolants, nous en voyons des traces à plusieurs endroits mais cette année les grandes dévastations par le feu ont eu lieu plus au sud du Chili, et seraient d’origine criminelle.

Valparaiso est un port sur le Pacifique, créé en 1541 par les espagnols; la ville est construite sur les flancs de collines vraiment abruptes avec des ruelles qui plongent vers l’océan, des voies tortueuses, des escaliers et c’est la ville des funiculaires/ascenseurs. Les locaux les empruntent tout autant que les touristes; en 2003, le centre historique de Valparaiso est reconnu patrimoine culturel par l’Unesco. Avant l’arrivée des espagnols, ce sont les Chango, des indigènes principalement pêcheurs et des indiens Picunche, plutôt eux agriculteurs, qui occupent la région côtière. Valparaiso (littéralement Vallée du Paradis, les conquistadors tombent sous le charme de la baie) prend son nom au 16ème siècle et fut créée par Pedro de Valdivia pour donner un port à la ville de Santiago, qui se situe à 120km dans les terres.

C’est le principal port du pays, il a subi de nombreuses attaques de pirates, il fut aussi dévasté par des tremblements de terre et des raz de marée. Aujourd’hui le centre historique de la ville nous semble toujours aussi paradisiaque car dès le 19ème siècle les travaux de rénovations et l’attrait des artistes ont enrichi ses ruelles de couleurs, de peintures murales innombrables, énormes et fantastiques. C’est époustouflant et les appareils photos ne savent où crépiter – de plus la chaleur estivale balayée par la brise de l’océan lui offre un climat idéal. Heureusement Angelica à l’hôtel nous a dessiné sur un plan, un itinéraire bien utile; Yves est aujourd’hui mon guide, avec ce tracé que nous suivons à la lettre et ainsi je peux me focaliser sur les photos. Il y a des touristes mais en nombre vraiment parfait (ni trop ni trop peu). Et encore plus qu’à Santiago, les chiens errants sont partout … attention où l’on met les pieds, non pas pour leurs crottes mais parce qu’ils dorment souvent couchés de tout leur long là où on ne les attend pas. Les ruelles sont toutes faites de pavés, assez glissants ; les moteurs des voitures doivent souffrir et celui qui passe ici son permis de conduire est un as des démarrages en côte ! Les véhicules sont assez vieux, d’anciens modèles même, beaucoup de coccinelles – et si l’on veut prendre un taxi, il est recommandé d’appeler un taxi bleu.

Sur la recommandation de notre hôtesse, après la Plaza Sotomayor, nous nous offrons également une visite en bateau du port et de la baie. La vue depuis le Pacifique nous montre l’étendue incroyable de cette ville pentue (250’000 habitants) où les ruelles qui tombent toutes droites à pic font penser à des tracés de pistes de ski dans nos montagnes (image purement personnelle ;-). Nous pensions les sud-américains plus exubérants, bruyants et depuis notre arrivée, à maintes occasions, nous nous apercevons qu’ils sont au contraire calmes et posés. Sur notre petite embarcation, l’excursion se déroule si agréablement, les gens ne parlent pas fort, seul le guide est lui très volubile pour crier ses commentaires mais tout en espagnol et avec un débit qui nous échappe … le plaisir des yeux suffit largement; nous approchons non seulement des petits bateaux de pêcheurs, d’énormes porte-containers mais aussi d’un phoque installé sur un flotteur, il fait le beau et semble savoir qu’il est l’une des attractions des touristes.

Angelica nous a été également d’un excellent conseil pour les restaurants. A l’heure du lunch (où nous sommes toujours les premiers avec nos montres suisses ;-), nous dégustons au MM450, un assortiment de ceviche. Ce régal est une spécialité des côtes pacifiques; du poisson cru, coupé en cubes, marinés dans beaucoup de citrons, avec des avocats, des fruits, des feuilles de coriandre et autres épices savoureuses … miam miam. Le soir ce sera au Mito que nous mangerons une cuisine également chilienne (mélange de cuisine espagnole et mapuche, des populations natives), avec une purée de pommes-de-terre et maïs, agrémentée de morceaux de tomates, d’oignons et d’épices formant un lit pour un délicieux poisson grillé.


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Les contrastes

Le Pueblito Los Dominicos se trouve à l’extrémité de la ligne de métro L1. Derrière le monastère dominicain et l’église attenante San Vicente Ferrer aux dômes de cuivre vert, nous découvrons ce village qui a conservé son aspect rural. C’est vaste et paisible, coloré et original. Fin des années 70, se sont installés ici des ateliers et des magasins d’artisanat. La plupart des artistes et des artisans créent, fabriquent sur place leurs oeuvres ou simplement les vendent, dans un décor traditionnel fort agréable. Certains travaillent le cuir, le cuivre, le bois, d’autres façonnent la terre, le verre, la pierre semi-précieuse du Chili, le Lapis-lazuli ; on admire de jolis tableaux ou des ouvrages en laine d’alpaga … quelques volières animent le bourg, beaucoup de chats se faufilent dans les ruelles de terre ou se cachent du soleil sur les toits de tôle ombragés par une végétation abondante et c’est ici que je déguste ma première bière locale (brassée en Patagonie … donc pas si proche que cela). Tout est propre, coquet, fleuri – magnifique !

Passer du traditionnel à la modernité, voici mon parcours de la journée; deux extrêmes qui me plaisent tout autant. Je laisse le métro me conduire jusqu’à l’office de tourisme et je remonte ensuite l’avenida Providencia, sur des trottoirs noirs de monde … des gens qui marchent mais aussi beaucoup de vendeurs ambulants de toutes sortes de babioles ou nourriture et boissons. Mon point de mire est la Tour du Costanera que je dépasse pour parcourir l’avenue Isidora Goyenechea dans le quartier El Golf qui jouxte Las Condes où nous résidons. Ici les immeubles hauts, aux parois de miroirs, bordent des restaurants aux terrasses fort sympathiques (repérage pour de futurs soupers); cet arrondissement est surnommé Sanhattan, par concaténation de Santiago et Manhattan.

Ce jour Yves est interviewé par une journaliste d’El Mercurio, un des deux gros acteurs médiatiques du Chili. Cela se passe dans le lobby de l’hôtel et la curiosité du personnel de la réception est bien attisée en voyant le photographe installer son matériel… Yves ne passe pas vraiment inaperçu.
Et ce soir nous retrouvons avec un énorme plaisir notre ami chilien Alex, perdu de vue depuis 2008 et faisons la connaissance de son épouse Sigal. La soirée est longue, beaucoup à se raconter autour d’un repas excellent – ils ont choisi de la cuisine péruvienne qui selon eux, surpasse les spécialités purement chiliennes. Ils s’étonnent que nous ayons déjà si bien récupéré du décalage horaire et aussi nous mettent en garde sur des endroits ou des comportements susceptibles d’attirer des mauvaises intentions … amusant de voir qu’ils semblent plus inquiets pour nous que nous ne le sommes nous-mêmes. À réfléchir toutefois pour notre voyage de demain … la nuit porte conseil.


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Tour de la ville

Oh, j’ai super bien dormi, le quartier est calme à Las Condes, nouveau centre de la finance et des affaires. Le vol a été long mais avec seulement 4 heures de décalage horaire, je me sentirai très vite à l’heure à Santiago.

Le petit-déjeuner sur cette même terrasse au 17ème étage, laisse présager d’une journée belle et chaude – le vent « d’altitude » est toujours le bienvenu à Piso 17. Le buffet est assez classique, bien garni et les fruits sont succulents, goûteux et pas acides. Nous allons nous régaler de jus de fraises, framboises et naranjas.

Il faut toujours écouter les conseils de son petit frère … et nous voici embarqués pour un tour de la ville dans un bus Turistik hop-on hop-off. Au départ juste derrière l’hôtel, nous sillonnons les rues de Las Condes et El Golf; ce sont ici les bâtiments de plus belles architectures de la ville. Des logements sont récemment venus se construire proches des lieux de travail et on peut observer que les balcons sont bien garnis de verdure; certains buildings ont même une façade entière de plantations. A la plaza Peru, nous viendrons dimanche pour le marché d’art hebdomadaire, ce sera à 5 minutes à pied.

Le bus file vers le centre commercial Parque Arauca, un mall gigantesque aux marques prestigieuses – il est assez décentré pour moi, sans accès métro facile et il faut reconnaître que les distances sont vraiment grandes. Notre première halte sera donc au pied du Funiculaire qui nous monte à la célèbre statue et sanctuaire de l’Inmaculada Concepcion, qui se dresse toute pure sur un socle de 8 mètres d’épaisseur … cela donne la proportion de la vierge elle-même. Le parc est joli, fleuri et bercé d’une musique d’Ave Maria touchante – un lieu paisible, de silence d’où la vue sur la ville est fantastique. Il y a également un Teleferico qui permet d’accéder au somment de ce Cerro San Cristobal qui culmine à 860 mètres.

La Maison de Pablo Neruda, la Chascona, est une visite fort plaisante; sa maison, devenue musée et siège de la Fondation est construite bizarrement en divers petits morceaux, où uniformément la passion de l’artiste pour la mer, le naval se ressent dans la forme des pièces, la décoration, les ouvertures, les couleurs. Sa compagne Mathilde y a vécu jusqu’à ses derniers jours et a fait son possible pour protéger un maximum du patrimoine lors du coup d’état militaire de 1973, .

La grosse saison touristique doit être terminée, la rentrée scolaire a eu lieu la semaine dernière et ainsi nos visites se déroulent sans files d’attente trop longues. Par contre la circulation se densifie au fil des heures; je trouve qu’il y a surtout beaucoup de bus – assez vieillots – et de taxis, noirs aux toits jaunes. Les conducteurs chiliens semblent bien plus calmes que leurs ancêtres espagnols, tout se passe sans nervosité et presque sans klaxons. Je pense que je me sentirai en sécurité pour autant que je reste sur les circuits fréquentés car il y a beaucoup de policiers partout, hommes et femmes, en voitures, motos, à pied – aux carrefours, aux entrées de métro, de magasins.

La Plaza de Armas est le centre historique de la ville, c’est ici que Pedro de Valdivia a créé Santiago en 1541; une grande place carrée entourée de bâtiments culturels (musées, basiliques, etc) et où les chiliens se retrouvent pour jouer aux échecs, pour admirer les artistes ambulants. Après un bain de foule dans les rues piétonnes très animées aux alentours, nous nous réfugions dans la cour du Musée d’Art PréColombien pour un lunch (qui nous paraît tardif mais qui finalement s’acclimate très bien à l’horaire du sud).

Le Palais Présidentiel, la Moneda, anciennement palais de la monnaie, est imposant et sans doute l’édifice historique le plus lumineux et prestigieux que les espagnols aient construit dans leurs colonies en Amérique Latine. Un drapeau chilien vraiment énorme ondule au gré du vent sur l’Avenue Libertador Bernardo O’Higgins que nous remontons à pied un moment, longeant ainsi la Cerro Santa Lucia, un marché d’artisans à venir découvrir, l’église San Francisco à la façade rouge, diverses universités dont la Pontificia Universidad Catolica de Santiago où Yves est l’invité.

Le bus s’éloigne de la trajectoire d’une grosse avenue pour nous faire découvrir des rues résidentielles verdoyantes. L’avenue Providencia doit son nom aux religieuses venues du Canada en 1850; elles auraient dévié de leur destination première qui était l’Oregon (soumis à des inondations importantes) et se seraient laissées embarquer sur un navire chilien. Les terres de ce quartier leur sont données pour autant qu’elles poursuivent leur mission d’éducation et de soins auprès des populations locales pauvres.


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Départ pour le Chili

Me revoici sur le blog après de longs mois d’absence. La destination est une première pour nous, l’Amérique latine  qui nous paraissait toujours si lointaine et qui pourtant nous tentait. C’est à Santiago de Chili que Yves reçoit des invitations nombreuses, tant à l’université que pour des incubateurs ou même des entreprises locales. Le voyage se prépare en peu de temps et je n’irai pas très loin dans mes cours Babbel.

Nous décollons de Paris Charles de Gaulle le lundi 27 février à 23h40, pour un vol de plus de 14 heures à bord d’un Boeing de la compagnie Air France. Les menus sont dignes des grands chefs français, paraît-il … mais je pense que je dors déjà avant même le décollage ! Les turbulences sont nombreuses, sans toutefois trop perturber mon sommeil et je me réveille en bonne forme … pour le survol magnifique de la Cordillère des Andes ! Un paysage à couper le souffle, qui fait oublier la durée du vol. Un massif montagneux énorme, aride, sans traces de passages – seuls les sommets les plus élevés (certains atteignent les 7’000 mètres) sont encore enneigés et je comprends mieux pourquoi le Chili peut être comparé à une île, isolé des autres pays. Il est bordé par le désert d’Atacama, jugé le plus austère au monde, par la Cordillère, par le pacifique et le détroit de Magellan.

L’arrivée à l’aéroport, les passages immigration (le préposé ne parlant que l’espagnol, l’interrogatoire se veut très rapide et succinct) et douane (2 reniflements de chiens avant de passer nos valises au détecteur) s’enchaînent aisément et à la sortie, Edouardo de l’hôtel nous attend avec un panneau Isabella Pigneur. Il fait beau et chaud, moins humide qu’à Singapour. Les 20 minutes dans le taxi pour rejoindre l’hôtel nous montrent une facette de la ville qui ne me plait guère; beaucoup de quartiers très pauvres, de maisons précaires aux toits de tôle, aux abords gorgeant d’immondices. La rivière est pratiquement à sec en cette saison d’été finissante et sert de dépôt de déchets en tout genre.

Le concierge de l’hôtel est très gentil, serviable et nous conseille très bien pour nos premières heures, en attendant que la chambre soit prête. Destination le centre commercial Costanera, en passant par les rues Helvecia et Zurich ! Ici on ne s’embarrasse pas toujours d’ajouter rue, chemin, etc … notre adresse est simplement Ebro 2828. Les pickpockets sévissent souvent, dit-on, dans les centres commerciaux et les lieux touristiques; il est conseillé de porter son sac à dos sur l’avant … mais moi, je pense que je m’annonce vraiment comme touriste si je le porte ainsi, alors que les locaux le portent sur le dos !

Costanera Center est intéressant tout d’abord pour son point de vente Nespresso et aussi pour sa Sky Tower, sinon la mondialisation a ce désavantage de retrouver partout à travers le monde les mêmes grandes enseignes. Nous avons déjà faim vers midi et nous sommes les premiers clients au Mila – où je commande des tapas locaux, excellents, en quantité plus que suffisante (heureusement, le serveur nous propose un doggy bag)!

La Sky Tower Costanera est récente, son architecture élégante a été dessinée par l’architecte des Petronas Twin Towers de KL (l’argentin Cesar Pelli); celle-ci culmine à 300 mètres au-dessus de la ville, le plus haut building d’Amérique latine – ils sont aussi du genre ici à avoir tout « le plus » quelque chose. Oh que la ville est gigantesque (la population de la suisse dans cette seule capitale), elle s’étend au loin, bordée par les sommets des Andes, avec peu de hauts buildings, de la verdure assez présente. Eh oui, c’est grand … je vais certainement beaucoup marcher, user mes Dolomites vertes et avoir besoin de les remplacer pour les prochains voyages, Thomas !

L’installation au Plaza EL Bosque Ebro est rapide et nous ressortons, repérer le métro le plus proche – Tobalaba – où nous nous procurons déjà nos cartes de transport Bip. Les OK markets sont les dépanneurs du coin et j’ai également déniché un petit centre de photocopies (entre mes quelques mots d’espagnol et un peu d’anglais, on se fait comprendre). Les boîtes envoyées par Fedex sont bien arrivées mais du matériel supplémentaire sera certainement nécessaire.

Le choix de l’hôtel s’avère idéal au premier abord (j’y ai passé des heures et des heures à cette recherche). La chambre est spacieuse, avec un coin salon/bureau et une kitchenette – il y a même une machine à café, malheureusement pas une Nespresso. Au 17ème étage, une piscine et de chouettes chaises longues feront mon bonheur après mes grandes heures de marche. Et le Club Piso 17, avec sa terrasse surplombant le quartier, propose des afterwork alléchants : deux mojitos pour le prix d’un et une carte de spécialités qui clôturent en beauté notre première journée …et les suivantes, peut-être aussi !