Blog d'Isabelle

Journal d'une Lausannoise en Asie, Australie et Amérique latine


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De Bronte à Coogee

Dès mon arrivée à Bronte beach, la journée s’annonce belle et chaude. Sur la plage, sur la digue, dans le parc aux palmiers et pins superbes, des hommes et surtout des femmes font leur sport matinal. Un gars vient même avec son gamin qui joue dans l’herbe tandis que son papa sort quelques tapis de sa voiture et commence son cours d’entraînement, de manière tellement non formelle. Ensuite il partira faire de même sur une autre plage. Maude m’a invitée à me joindre à son cours de yoga. Voilà une séance que je ne suis pas prête d’oublier; dans une salle au premier étage du surf club, toutes portes fenêtres ouvertes sur l’océan. C’est probablement la première fois que je ne ferme pas les yeux pendant mes exercices (j’admire les surfeurs prenant les vagues) et que l’instructrice donne son cours avec ses lunettes solaires! Pas besoin de musique de fond pour la relaxation ou la méditation, le roulis des vagues est magique.

En compagnie de Maude, nous partons d’un bon pas pour poursuivre ma découverte de la côte – commencée avec Yves – depuis Bronte jusque Coogee. Un paysage superbe par une météo parfaite, soleil et vent de l’océan qui est toujours agité. Un sentier qui suit le relief, nous offre une variété de décors; arbres et fleurs qui me deviennent familiers, traversée d’un cimetière à l’emplacement inimaginable, des villas perchées sur des falaises tellement enviables (même si l’immobilier est très onéreux), un espace fitness avec des engins dans un parc (je pourrais peut-être m’y mettre dans de telles conditions!), une surface par endroit vraiment lunaire et des roches rongées par l’eau. Une beauté que nous admirons à l’aller et au retour avec une luminosité qui change les couleurs.

Maude me réserve une surprise qui n’est pas des moindres pour le spot où nous prenons notre lunch. Le Coogee Pavillon est juste grandiose, un bâtiment qui devait être une usine, un laboratoire et qu’un architecte a transformé en un espace fabuleux; le mobilier, les décorations, les bars, les cuisines ouvertes – de l’ancien et du moderne qui s’harmonisent pour le plus grand plaisir de chacun, familles, enfants, ados, couples … Une cuisine méditerranéenne aux saveurs orientales et une bière bien rafraîchissante, à la terrasse sur le toit – Maude me dit : je savais que tu allais adorer !

Cette longue marche sportive était plus que nécessaire vu que ce soir nous sommes invités par un professeur de UTS, au Sydney Café – derrière Circular Quay, au dernier étage de la Custom House, avec la vue sur la baie qui brille de ses lumières et qui voit partir un de ces bateaux de croisière qui l’habitent presque sans pause. Une repas excellent avec la très charmante compagnie de Eng, malaisien d’origine et de Ken, originaire lui de Cape Town, qui ont accueilli Yves avec un plaisir partagé. Tous les deux sont grands-pères et nous prévoient bien des réjouissances – leurs épouses sont justement ‘en service’ chez leurs enfants et je n’aurai donc pas leur point de vue à elles !


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Parramatta

Je dois me forcer à ne pas sortir sinon les autres voyages ne seront pas prêts, Yves n’aura plus de chemise propre, les rappels de factures vont affluer, l’appartement deviendra insalubre. Je m’active donc aux tâches ménagères et administratives tandis que Yves est parti donner un séminaire pour Hamish. Il gère un gros incubateur – environ 70 start-up qui sont toutes logées dans un même bâtiment, une ancienne usine entièrement reconvertie, près de la gare de Redfern. Tous utilisent le premier canvas et sont enchantés ce lundi de découvrir le deuxième – l’interaction est excellente. Et pour fêter cela ainsi que mon travail comme assistante et fée du logis, j’ai réservé une table au FishFace à 10 minutes de chez nous. On y déguste le meilleur poisson de Sydney, disent les guides et Maude me l’a également conseillé – un régal, et ce jusqu’au dessert. C’est définitivement une merveilleuse surprise pour nous : en Australie (du sud-est en tout cas) on mange tellement bien !

Mardi la pluie est annoncée alors que j’ai planifié une sortie avec mon amie mais face à ma réticence instinctive, Maude insiste, se veut plus optimiste que moi et c’est parti. Elle a eu raison; la remontée en ferry depuis Circular Quay nous procure un paysage et un soleil magnifiques jusqu’à notre destination de Parramatta – une heure et demi de pur plaisir. La rivière est très large à son embouchure, avec de part et d’autre tout d’abord des usines encore en activité ou reconverties en appartements très prisés, des zones d’habitations plus rurales entourées de verdure et parfois luxueuses ou de-ci de-là, quelques buildings plus élevés. Puis les rivages se rapprochent, les arbres ont les pieds dans l’eau et donnent un paysage sauvage qui rappelle à Maude le Costa Rica. Le vent et la vitesse du bateau sont les bienvenus pendant la navigation car dès qu’il s’arrête aux quais en chemin, la chaleur nous plombe (et vu les prévisions de ce matin, je n’ai emporté ni chapeau ni lunettes solaires !).

Parramatta est un quartier ou presque une petite ville, à 25 km à l’ouest de Sydney. Plusieurs institutions publiques et entreprises privées s’y installent récemment, la positionnant un peu comme un deuxième centre ville. La ville fut créée en même temps que Sydney, en 1788 et c’est la plus ancienne colonie européenne à l’intérieur des terres. C’est ici la limite entre l’eau salée de la marée et l’eau douce de la rivière du même nom que la ville.

Un lunch léger, salade et saumon, nous permet de partir marcher vers cette bourgade. Nous y admirons le style de maisons en bois typiques de l’ancien temps, un ficus majestueux à l’envergure impressionnante, encore pas mal de fleurs dans les jardins même si ce n’est plus la forte saison. Il est bien dommage que la ferme Elizabeth soit fermée aux visites car son parc tout autour nous laissait présager d’une jolie découverte. Par contre l’église catholique maronite de la communauté libanaise (importante ici) a elle ses nombreuses portes ouvertes; construite toute en rond, elle présente une architecture très rassemblante, qui diffuse une sensation de bien-être – nous nous y posons pour un moment paisible.

Voici que la pluie a décidé de modifier nos plans de retour, ce sera plus rapide de rentrer en train plutôt que de sillonner à l’inverse la Parramatta River. Isabelle et Maude, comme deux amies de longue date (c’est pourtant notre deuxième rencontre seulement) ont babillé ensemble toute la journée – quel bonheur que cette nouvelle amitié !

Thomas et Mélina nous envoient des photos de leur marche dans la neige à Val d’Isère. Olivier est toujours à KL, il se rafraîchit avec une bonne Tiger beer …


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Madama Butterfly à l’Opera de Sydney

Ce ne sera pas ce samedi le marché de Morges mais celui de Paddington qui nous attire, un marché d’artisans autour d’une église, tout en couleurs, mode, cosmétiques, tableaux, bijoux, fleurs. L’ambiance y est bon enfant, les gens bavardent, essaient et demandent les avis. Le quartier de Paddington, voisin de Woollahra, est resté authentique; certaines petites rues regroupent des boutiques originales dans des maisons shophouses, l’artère principale de Oxford Street est caractéristique aussi par son architecture.

A Surry Hills, un peu plus à l’ouest, je fais la connaissance d’un contact récent de Yves, Hamish et son épouse Cassie, de purs australiens vraiment fort sympathiques. C’est lui qui a choisi le restaurant NomadWine et aussi qui pointe sur le menu quantité de plats à partager, tous des plus succulents – il est fin gourmet à n’en pas douter. Et je passe sous silence le reste de l’après-midi, oùje m’échine à vouloir trouver une galerie d’objets designs qui tout d’abord a fermé ses portes de l’ancienne chapelle d’un hôpital et qui n’a pas encore inauguré son nouvel espace sur William Street – j’ai fait courir Yves des kilomètres pour un résultat vain! Le seul point positif est que notre moyenne de pas est parfaite pour la forme.

Et le programme de la soirée va tout réparer : comment venir à Sydney et ne pas pénétrer dans son bâtiment le plus mythique. Madama Butterfly, à l’Opera de Sydney fait rêver certains de nos amis et surtout Olivier qui s’inquiète de savoir si sa sœurette n’a pas oublié sa pochette de kleenex. Un avant-goût du Japon … émotion et zénitude à leur comble !

Déçue de ne pas avoir aperçu de kangourous à Canberra, je vais suivre le conseil de Priscilla – en trente minutes de train puis ferry puis bus, je suis à l’entrée du Zoo Taronga. Il est vraiment superbe, même pour moi qui ne suis pas tellement attirée par les zoos; accroché sur une colline faisant face à la baie et dans une végétation luxuriante qui a juste l’inconvénient que je dois faire très attention à ma tête, histoire de ne pas troubler une de ces énormes araignées de Sydney! J’ai bien aimé l’élégance des girafes goûtant leur repas, les gorilles tellement drôles en dévorant le leur, les koalas et le panda rouge, tellement doux qu’on aimerait les caresser dans nos bras. Une légende du bush veut que les koalas soient ivres sur les eucalyptus; en fait ils se nourrissent principalement de leurs feuilles, y digèrent et peuvent dormir 20 heures par jour. La musique de fond est assurée par le chant des cacatoès et le rire des kookaburras – cela me plait de pouvoir visualiser à quoi ressemblent ces oiseaux dont parlait mon roman sur l’Outback (les wombats resteront par contre cachés). Enfin j’approche les kangourous; ils sont très calmes, réservés ou timides, leur souplesse à la détente est magique. Il en existe diverses variétés et c’est parfois la forme de leur museau qui les distingue, ou alors la taille, la couleur du pelage – ne pas confondre un kangourou et un wallaby.

Yves avait plusieurs exposés à organiser et d’autres à préparer, il a passé sa journée enfermé à Woollahra; c’est la raison qui me pousse à concocter un souper maison rapide et à l’emmener pour une heure de croisière sur un ferry : Double Bay – Rose Bay – Watson Bay – Circular Quay et retour direct à Double Bay. De nuit, au son des vagues et du moteur, à admirer sur le pont le quai qui s’éloigne et le suivant qui se rapproche, avec les lumières de la ville comme paysage de fond. La magie de la nuit est à son comble lorsque en quittant Circular, au large de l’Opera, le ferry ralentit pour nous laisser admirer le feu d’artifice qui enflamme le ciel – soirée réussie !


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Promenade bucolique et visite du War Memorial

Un petit déjeuner plus copieux s’impose ce matin avant l’ascension de notre montagne et c’est au Mocan & Green Grout que nous dégustons de délicieux oeufs pochés, une de leurs spécialités – par contre, nous ne nous faisons pas encore au ‘sour bread’ ni à l’âpreté du café australien. Ce restaurant fait partie du quartier NewActon Nishi, tout comme notre hôtel – un design heureux, alliant bois, verre et béton brut ; ils ont été notés 4.5 sur l’échelle Nabers qui ici en Australie mesure la performance environnementale comme les économies d’eau et d’énergie.

Isabelle a donc concocté un plan pour tous les deux : Mount Ainslie, qui culmine à 850 mètres, à l’emplacement d’un ancien village aborigène du nom de Kokoda, connu aussi pour les rudes combats menés contre les japonais durant la deuxième guerre mondiale tout le long d’une piste dont nous empruntons une partie. Le point de vue au sommet est formidable, donnant sur 360 degrés jusque bien bien loin. La délimitation de la ville nous apparaît clairement et nous apprenons que c’est en 1911 qu’un certain Walter Burley Griffin a conçu le dessin de la nouvelle Canberra, avec ce lac ou bassin artificiel ainsi que l’alignement des Parlements et du Musée de la guerre sur deux collines formant un amphithéâtre, les larges espaces arrondis de City Hill et Capital Hill.

La balade dans le bush australien nous fait un peu penser à la garrigue, sauvage et dans une forêt d’eucalyptus de diverses variétés – ils perdent une fois par an toute leur écorce en lambeaux croustillants sur lesquels nous marchons comme sur nos feuilles mortes en Europe (ici ce sont surtout les platanes qui vont se dénuder de leurs feuilles pour l’hiver). Cela donne de jolis troncs blancs, avec le feuillage qui persiste et leur parfum délicat qui embaume. Au Canada, Isabelle pense planter un érable dans son jardin de Lonay, à Singapour un Frangipanier, au Japon un Osmanthus et voici que j’ajoute ici un eucalyptus – mais Yves ne se formalise plus, il sait que dès mon retour à la maison l’idée se sera envolée ! À chacun de nous deux, ses intérêts : tandis que mes yeux explorent la flore, lui veille à la faune (que parfois je préfère éviter). Ainsi il repère de superbes perroquets rouges haut dans les arbres, mais ni serpent, ni lézard et pas non plus de kangourous alors que c’était un des objectifs premiers de la marche en nature. Ils se cachent souvent durant la journée, nous disent deux dames et chacun à qui j’ai demandé où les voir à Canberra m’a indiqué un spot différent.

Le ‘Memorial War Museum’ est un musée vraiment très intéressant et attrayant même s’il est le reflet très imagé de la participation des nombreux australiens aux combats des deux guerres mondiales. C’est le 25 avril 1915 que naît l’ANZAC, le corps armé commun entre l’Australie et la Nouvelle Zélande et dès l’année suivante, ils partent en renfort dans les Dardanelles pour la guerre à Gallipoli; ensuite ils combattront en France, en Belgique – des vitrines relatent des scènes de guerre notamment à Ypres, dans La Somme. La seconde guerre est présentée avec des avions, des films et parle largement de la guerre du Pacific, de l’invasion des japonais, de la piste de Kokoda.

Les noms des dizaines de milliers de morts au combat durant les guerres sont récités en permanence dans des hauts-parleurs et sont gravés par année et par bataillon sur les longs murs qui mènent au mémorial du soldat inconnu – le 25 avril dernier, le ‘Anzac day’, la princesse Kate et le prince William y ont déposé quantité de ‘poppies’ pour le centenaire de 14-18. Le coquelicot est un symbole pour les anciens combattants australiens de la première guerre (voir texte ci-dessous). Leur rouge éclatant ressort sur les longs murs de bronze également. L’Australie va célébrer aussi les 100 ans de l’Anzac, avec de nombreux événements tout au long de l’année et la surveillance est renforcée, notamment auprès de ce musée qui attire beaucoup de visiteurs – les forces de l’ordre, avec leur beau chapeau, ne nous semblent pas particulièrement agressives.

Et voici trois jours magnifiques où Canberra s’est fait connaître à moi, avec divers aspects de l’histoire, de la culture, des habitudes de ce pays d’accueil.


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Parliament House et Musées à Canberra

Je découvre ce matin la jolie photo de la ‘Dent Blanche’ illuminée pour célébrer le bicentenaire de l’entrée du Valais dans la Confédération. C’est également aujourd’hui l’anniversaire de Gilles que je prendrai au saut du lit en l’appelant alors qu’il sera 17 heures pour moi – Thomas, Mélina et Mathieu seront avec lui ce soir, me dit Nathalie; il sera heureux, je pense.

Encore une journée à me balader seule, à faire des kilomètres à pied dans cette ville étendue que j’aime beaucoup – le bord du lac, les pistes où se côtoient piétons et vélos, le ciel bleu pur, le soleil supportable grâce à un petit vent. Notre hôtel, le campus et certains bâtiments du gouvernement sont d’un côté du Lac ‘Burley Griffin’; je franchis un pont imposant pour me diriger vers la colline du Parlement, après avoir longé le quartier des ambassades – celle du Canada est reconnaissable à son totem des nations primitives.
Je grimpe dans la forêt, suivant un parcours vita (non non, je n’ai pas changé, je ne fais que suivre son itinéraire !) pour arriver au nouveau Parlement, une immense construction en forme de V élargi qui transpire la richesse et la volonté d’en imposer du gouvernent australien. Le symbole du pays, posé comme sur un haut trépied s’illumine tout argenté dans le ciel magnifique sous les rayons du soleil. L’accueil est charmant, la visite est gratuite pour chacun et je foule ces pièces énormes, au marbre lumineux, aux parqués brillants au possible, aux colonnes qui ajoutent à la hauteur. Le ‘Great Hall’ est impressionnant et la tapisserie qui recouvre le mur du fond est l’œuvre de l’artiste Arthur Boyd en 1984, telle une forêt de pôles aborigènes. Le public est autorisé à pénétrer un moment pendant la séance du Sénat – on y discute identité nationale, appartenance à la tradition britannique, … pour ce que je peux en capter. J’ai déjà l’impression de me perdre dans les différents coins et recoins, corridors, salles diverses et pourtant j’imagine qu’il y a encore bien plus d’espace inaccessible à nous – ce bâtiment est gigantesque.

Sur son toit, la vue plonge vers l’ancien parlement (bâtiment blanc de style colonial) et le ‘war memorial’ dans le même alignement – derrière lequel j’aperçois la pointe du ‘Mount Ainslie’ (plutôt une colline) et c’est mon but d’y emmener Yves demain.
Voici justement qu’il m’appelle ; il se trouve aussi avec ses collègues au Parlement pour une interview à Sky News, en direct sur la chaîne nationale à 14 heures – Yves est seul dans un petit studio, le journaliste lui posant ses questions depuis Sydney, une première qui a bien fonctionné!

Sur la vaste plaine, un rassemblement d’autochtones des clans aborigènes semble vouloir exprimer leur souci de reconnaissance, de statut autour de discours, de musique, de danses, de fumée délicieusement aromatisée à l’eucalyptus et leur drapeau comporte les couleurs du drapeau belge avec un cercle central jaune.

Proches de l’eau sont étalés la Haute Cours de Justice, des musées, tels que celui des portraits ou des sciences, la Grande Bibliothèque nationale avec ses nombreuses colonnes de grès. Mon choix pour une visite se porte toutefois sur la ‘National Gallery of Australia’ et je n’en serai nullement déçue. Une journée serait bien nécessaire pour la découvrir pleinement, ses expositions sont intéressantes, variées, bien agencées et pour le moment c’est James Turrell qui est à l’honneur, ce jongleur des espaces et de la lumière qui touche nos émotions – nous avions déjà vu son habillage du hall central du Guggenheim de New-York en 2013. À la sortie, un superbe jardin de sculptures, Rodin, Henry Moore ou Bert Flugelman, un australien d’adoption.

La place du Commonwealth et la terrasse ‘Queen Elizabeth’ rendent hommage à la reine Elizabeth qui le 3 février 1954 fut la première reine à fouler le sol australien, elle qui s’exprime comme la reine des australiens et qui a entretenu des liens directs avec les ministres du gouvernement de Canberra. Son jubilé en 2012 fut largement célébré ici et elle est venue à de nombreuses occasions dans la capitale, notamment pour l’inauguration de la nouvelle ‘Parliament House’ (1988), du Captain Cook Memorial Jet et du National Carillon – que j’ai entendu sonner souvent et que j’avais d’abord cru être une église.


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Accueil chaleureux à Canberra

Trente minutes de train suffisent ce mercredi matin pour rejoindre l’aéroport domestic de Sydney. L’enregistrement et le dépôt de la valise sont entièrement automatisés aux bornes, la sécurité n’est pas trop stressée et nous voici prêts pour un vol Qantas de 50 minutes jusque Canberra, à bord d’un petit avion à hélices qui sera complet (et il y en a un chaque demi-heure sur toute la journée). La revue de la compagnie présente justement 3 articles qui nous parlent : Singapour, ville d’entreprenariat, la nouvelle Business School de Frank Gehry et Vancouver, que nous allons retrouver en mai.

A peine en vol, je me rends compte combien Sydney est une grande ville, dont le centre financier avec les hauts buildings ne constitue qu’une petite part. Ensuite ce sont des zones d’habitations de structure basse et très vite des forêts, des forêts et encore des forêts (il est vrai que le trajet en train n’aurait guère eu d’intérêt touristique). Le paysage devient ensuite plus aride, plus désertique, avec de longues alignées d’éoliennes – quelle chance ils ont de pouvoir les installer ainsi sans porter nuisance à la population. La verdure, des maisons ou des fermes par-ci par-là, des plans d’eau sans doute artificiels vu leur forme précises, me font dire que nous approchons déjà de notre destination.

Priscilla est là pour nous accueillir à l’arrivée, c’est vraiment très gentil. De plus, d’origine mauricienne, elle parle français et cela me facilite la conversation – je peux à nouveau être bavarde et laisser Yves se reposer ! Elle est venue faire ses études suivies d’un doctorat ici à l’université nationale de ANU et elle y a trouvé un poste chez Shirley Gregor, professeur et directrice de recherche de la business school.

Le campus est vraiment magnifique, vaste, dans la verdure, avec des étudiants qui se déplacent à pied ou à vélo (le relief est tout à fait plat) – le rêve ! La météo est incroyable, 30 degrés annoncés pour nos 3 jours et un ciel bleu incroyable, mieux que Photoshop – et c’est l’automne pourtant !

Canberra est construite autour d’un lac artificiel, entourée au loin de collines verdoyantes et de montagnes mais c’est quand même le bout du monde. Shirley nous dit que pour venir en Europe, elle compte au mieux 36 heures – souvent ce fut 2 jours. Au cours de notre lunch de bienvenue avec nos deux hôtesses, je goûte pour la première fois du kangourou (à défaut d’en avoir vu aucun vivant encore !). C’est bon, une viande plus sèche que le bœuf, plutôt comme du gibier. Et peut-être est-ce une impression seulement mais il me semble que je comprends mieux l’anglais des gens de la capitale – je m’habitue ? en tout cas rien de comparable avec notre guide d’hier. Ma difficulté est souvent de comprendre les réponses à mes questions alors que pour Yves, c’est l’inverse, ce sont les questions des participants aux séminaires qu’il doit bien capter…

Nous sommes logés dans l’Hotel Hotel (eh non je ne me répète pas, c’est bien son nom), un établissement logé dans un building récent, aux technologies minergies, au design exceptionnel. Et ma première visite sera pour le Jardin Botanique, situé au bas de la ‘Black Mountain’. Je m’y balade avec grand plaisir même si Isabelle, au départ, à la vue des panneaux annonçant la possibilité voir des serpents, sent son adrénaline monter monter – quand il faut y aller, il faut y aller ! Et c’est parti en commençant justement par la ‘Rain Forest’ qui ne peut que me rappeler des épisodes stressants à Singapour – une végétation très dense, très sombre, des bruits étranges, un canopy en bois … et je presse le pas. Mon cœur se ralentit vers la prairie d’eucalyptus, leur parfum est fantastique, tout comme celui des mimosas sauvages. Nombreuses sont aussi les variétés de pins et d’acacias ; une zone dite ‘rouge’ présente l’aspect de la nature au centre du pays – les couleurs sont magiques. Et je ne croiserai aucun serpent, je ne verrai aucune araignée mais juste plusieurs lézards bizarres, appelés démons du bush.

Mon but ensuite est de traverser le campus pour rejoindre le quartier des centres commerciaux et des magasins mais même si la marche est plaisante, c’est vaste et les distances sont bien plus grandes qu’il n’y paraît sur mon plan – sans compter qu’ici en Australie, on prend le temps de vivre et donc, les commerces de Canberra ferment leur porte à 17h30 … sauf les chinois, et je troque le magasinage par un massage bien plus bénéfique.

Yves a donné une conférence très engageante en cette fin de journée, devant un auditoire de 250 personnes, étudiants, alumni, entrepreneurs et cela se passait dans la ‘Medical School’, un bâtiment récent, très design.


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Fish Market, Musée Maritime, Ferry, Shopping street et The Bridge Room

Yves est reçu par le doyen de la Business School de UTS, qui lui commente avec fierté la visite de leur tout nouveau bâtiment et ensuite Yves y donnera sa conférence pour des membres du gouvernement australien – une première présentation qui crée déjà l’enthousiasme.

Je vais tester la ligne de tram pour me rendre au fameux Fish Market, le deuxième plus volumineux au monde après celui de Tokyo, avec plus de 15 milles tonnes de poissons et fruits de mer brassés par année. C’est amusant de constater le nombre de chinois et d’asiatiques qui ont eu la même idée que moi et il paraît que la semaine avant Noël, c’est la folie, le marché est ouvert 24 heures sur 24 heures – à 3 heures du matin, il est possible de venir acheter son snapper, son barramundi, sa truite d’océan, son blue-eye trevalla, ses huîtres, son homard, etc. L’ambiance est sympathique, tout est propre et je m’installe à une table sur le quai … avec les autres visiteurs qui comme moi profitent de poisson frais pour leur lunch. Que de mouettes tout autour de nous et aussi une sorte de héron blanc au long bec noir (un ibis peut-être ?) – ils ne perdent rien des déchets.

Virginia à Singapour nous a expliqué qu’après un cours, elle avait besoin de faire une activité ‘non intellectuelle’ pour se détendre et se ressourcer. Ainsi j’ai proposé à Yves de me rejoindre à Pyrmont et de se laisser guider pour la fin de la journée. Chemin faisant, il a échangé quelques mots avec un indonésien de Bali, responsable de la promotion du STAR – voilà une bonne entrée pour le Casino !

La visite du Musée Maritime est plaisante mais sans plus – c’était d’ailleurs bien l’avis de l’indonésien – et je me demande pourquoi j’ai insisté et payé (alors que les musées se visitent ici gratuitement) pour une visite guidée du Destroyer ‘HMAS Vampire’ ? Cet ancien combattant, volontaire, mâche tant ses mots et a un tel accent que je ne pige rien – et moi qui disais hier à maman que la compréhension des australiens était plus aisée que je ne le craignais !

La surprise pour Yves ensuite : traverser la baie en ferry jusque Circular Quay, avec deux arrêts en route. L’accostage, la montée à bord et le départ se font de manière plus rapide que nos bateaux de la CGN – à bord, des navetteurs habitués et aussi quelques touristes comme nous qui profitent pour prendre des photos du Harbour bridge, du Luna Park sur Manly, de l’Opéra bien sûr. Sans la présence à quai de l’énorme bateau de croisière MSC, j’avais le projet de manger au restaurant Quay du Terminal, qui offrirait une superbe vue sur l’Opéra. Le second choix, qui se révélera excellent dans nos assiettes, est le Bridge Room (44, Bridge street). Rien de tel pour ouvrir l’appétit que de marcher dans les rues commerçantes George et Pitt. Nos découvertes seront une belle grande librairie Kinokuniya et les galeries au cachet d’antant, Strand avec ses boutiques de créateurs australiens et Queen Victoria, avec ses enseignes de luxe, dont UGG bien évidemment.


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Art Gallery of NSW et le Jardin Botanique

Tandis que Yves prépare ses exposés à Woollahra, je pars à la découverte du Jardin Botanique ; à l’entrée du parc, je visite d’abord la Art Gallery, dans un bâtiment massif à la façade faisant penser à la Grèce antique et dont l’arrière est plus moderne. Les salles accueillant des collections d’art moderne sont fermées pour rénovation, l’art européen, je le parcoure rapidement pour m’initier et m’intéresser à l’art australien classique entre le 19ième et le 20ième siècle, ce qui me donne un aperçu de la nature et des coutumes mais ce sont surtout les œuvres aborigènes qui retiennent mon attention. Dans la salle Yiribana, je visionne un film passionnant sur des artistes, artisans aborigènes et leur vie dans le bush ; ils reproduisent encore aujourd’hui ce qu’ils ont appris de leurs ancêtres, qui peignaient dans des cavernes et aussi sur des écorces détachées des arbres et passées au-dessus des flammes avant d’être décorées par leur habileté avec de très fins pinceaux. Les couleurs reflètent les tons doux et chauds de la terre, de leur sol, de la craie, du noirci. Ils s’appliquent à tracer de fines lignes qui dessineront un quadrillage raffiné ou alors des formes plus arrondies, en arabesques avec une multitude de points – j’aime !

Le jardin botanique fut créé en 1816 pour servir de potager à la ville, il est entretenu de nos jours comme un jardin anglais, avec des pelouses tirées au cordeau, des espèces végétales provenant du monde entier, des arbres géants – les eucalyptus et les acacias me fascinent. Le chant animé des cacatoès est par endroits puissant et ils virevoltent entre les branches pour s’accaparer des baies à manger. La localisation au bord de la baie de Sydney me rappelle mes balades à Stanley Park de Vancouver. C’est vaste, fort agréable ; le temps est un peu couvert, une légère brise adoucit la chaleur. La roseraie est encore très belle et délicieusement parfumée en cette saison et la vue sur l’Opéra ajoute un charme au parc. Une énorme fontaine sculptée montre le Capitaine Arthur Phillip, premier gouverneur de New South Wales, fin du 18ième siècle. Et une enclave de ce parc est réservée à la maison du gouverneur (de 1846 à 1996), grosse demeure en grès de style néogothique – elle est encore utilisée pour des réunions hebdomadaires et aussi pour y loger des chefs d’état en visite. Après cette longue marche pourtant pas en milieu sauvage, je capte très très bien le qualificatif de Spider city qui est donné à Sydney – j’en ai vu des quantités, de taille aussi large que notre colocatrice de Omah Padi !

En sortant de la station de EdgeCliff, je me fie à mon sens de l’orientation pour rejoindre notre appartement en sillonnant à la découverte des ruelles du quartier de Woollahra. Les maisons ne semblent pas très grandes, par contre la gamme des voitures confirme que c’est un district assez chic. Les maisons sont souvent contigües, avec des petites cours à la rue et des balcons, un peu comme les shophouses chinoises – j’aime vraiment beaucoup les ferronneries. C’est très vert – très vallonné aussi, voire même en forte pente par endroits – et j’aboutis au Parc Trumper où des enfants s’entraînent au rugby.


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Week-end ensoleillé et tempêtueux

Olivier découvre souvent une nouvelle ville avec un tour en bus Hop on – Hop off et c’est notre choix ce samedi. Les chauffeurs sont très sympas et blagueurs (l’un me demande depuis combien de temps nous sommes là, je réponds un jour seulement et il se marre : cela fait un jour que vous attendez le bus ici!! Un autre dit ne pas oser demander aux dames si elles bénéficient du tarif senior car il se prendrait un gnon!). En première loge à l’étage supérieur, nous apprécions la vue et les commentaires; pas de chance, le bus a un pneu plat en arrivant à Central et nous poursuivons pour le moment pedibus vers le campus de UTS, l’une des cinq ou six universités de Sydney. Yves viendra déjà y donner une conférence mardi, nous repérons les bâtiments logés dans l’effervescence du plein centre ville. Des bâtiments très modernes côtoient de plus anciennes constructions; je trouve très réussi ce building en verre sur la façade duquel semble couler la verdure. Christian s’inquiète même de savoir si c’est un garden center – Yves dans une jardinerie ?!

La vedette du campus est la toute récente business school dessinée par Frank Gehry; c’est magnifique, on retrouve des formes arrondies, des asymétries, l’amour des matériaux comme le verre, le bois massif, le métal brillant. Yves pourrait s’y trouver bien pour venir bosser. La salle de cours ovale au centre, caractéristique des programmes MBA depuis quelques temps, avec ses murs en gros cubes de bois disposés comme le jeu Jenga et ajourés de vitres, peut donner l’impression aux étudiants d’être très visibles.

Le bus rouge nous récupère et c’est au Star que nous en descendons pour une délicieuse pizza en terrasse. Ce nom de Star est semblable à ce centre de Singapour et nous lui trouvons une ressemblance avec son côté clinquant de marbre, de luminescence, de dorures. Il renferme un casino, des galeries commerçantes, un hôtel, des salles de fête et de spectacle – il doit être étincelant à la nuit tombée.
Passage jusqu’à la pointe Pyrmont où Yves aurait bien imaginé que nous logions (Maude me dira que c’est probablement le quartier le plus cher de la ville). Le Musée Maritime, le va-et-vient des bateaux de croisière, des ferries donnent à ce quai une ambiance très vacances; d’un côté nous y voyons une ressemblance avec Granville Island à Vancouver. Le pont Pyrmont, large, bordé de drapeaux nous emmène vers le centre ville à nouveau, dont la rue St Georges et ses magasins en affilée (je capte ainsi le wifi à la gare, chez Apple et Eduroam aux endroits proches d’une université).

La soirée sera réussie avec une sortie cinéma offerte par l’Alliance Française dans le cadre de son festival annuel du film français; « L’homme que l’on aimait trop » de et avec Guillaume Canet et Catherine Deneuve est inspiré d’une histoire vraie, touchante et bien interprétée. Étonnamment la salle laisse peu de places libres et le public est très anglophone. Balade nocturne pour rentrer chez nous avec la mission en chemin de trouver un endroit pour manger; je me souviens avoir vu sur un dépliant resté évidement à l’appartement, un restaurant au cadre sympathique dans la verdure. N’est-ce pas une chance énorme que sans mémoire du nom ni de l’adresse, mon intuition nous y amène – c’est magique, nourriture, service, ambiance, décor. Le Chiswick figurera d’ailleurs sur la liste des suggestions de nos amis le lendemain. Bravo Isabelle !

Dimanche un vent tempêtueux chasse et ramène les nuages en alternance sur la côte est entre North Bondi et Bronte – mon chapeau de paille devra rester dans mon sac-à-dos, Yves a bien peur de perdre ses lunettes et certaines plages sont interdites à la baignade. Une marche vivifiante au bord de l’océan dont les vagues viennent s’écraser avec fracas sur les rochers, nous fait découvrir la plage de Bondi – l’une des plus célèbres au monde; le sentier crapahute entre les plages et les falaises avec leurs roches rongées par l’eau. Le restaurant Hurricane’s grill où nous faisons la pause déjeuner porte bien son nom; l’option du choix sur le menu de trois ou quatre entrées à partager nous permet de déguster de délicieuses spécialités (calamars, truite de l’océan, champignons à l’ail, moules énormes au vin blanc et à la crème). Et ça y est, j’ai repris mon habitude d’écrire sur le plaisir de la table! Je propose à Yves de marcher un peu plus loin dans Bondi pour notre café; Chez Gertrude & Alice est une petite librairie à l’ancienne, endroit idéal pour une fin de repas. Rip Curl est évidement présent parmi les magasins en bordure de mer, cette marque australienne des surfeurs basée à Victoria un peu plus au sud. Dans la baie de Bondi, des surfeurs couchés sur leur planche attendent LA vague qui leur donnera le frisson – Yves fait un envieux en envoyant une photo à notre ami Claude.

Il s’agit de presser le pas pour arriver comme de bons suisses chez Maude et Christian, Audrey et Antonin; leur balcon offre une vue de rêve sur la plage de Bronte. La soirée en leur compagnie est formidable, Maude est pour moi une mine de renseignements et il se fait que nous avons de nombreux points communs. Le snapper en papillote sur le grill est succulent, tout comme la glace aux fraises ´maison’ de Christian!


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Arrivée et installation à Sydney

Singapour Airlines est vraiment à recommander; c’est la première fois que nous volons en business avec eux et déjà la Lounge est remarquable, spacieuse, calme, chaleureuse ( je comprends mieux pourquoi une amie un jour a manqué son avion alors qu’elle se prélassait dans une Lounge). Les hôtesses sont des top modèles, les stewards ne sont pas mal non plus, les repas exquis et les fauteuils encore plus confortables que chez Swiss. Bref, ce vol de 8 heures de nuit fut presque trop court pour moi – c’est l’hôtesse qui m’a réveillée! Nous nous posons à 7h30, heure de Sydney; nous sommes passés dans l’hémisphère sud et nous nous sommes encore éloignés de trois heures supplémentaires de l’Europe. Les formalités sont rapides, les visas obtenus en toute dernière minute sont valables – tout se présente bien.

Les taxis sont nombreux, très couramment utilisés et eux au moins utilisent leur gps (Uber est aussi présent). Après avoir récupéré les clés auprès de Dale à l’agence Your Home Away from Home, nous allons découvrir notre pied-à-terre pour les trois prochaines semaines. Yves mettra un peu plus de temps que moi à l’apprécier; je lui trouve beaucoup d’avantages et j’ai pas mal surfé sur le net pour le dénicher. Je m’allonge directement sur le lit pour le tester et je m’y endors – c’est bon signe! Nous sommes cependant curieux de partir à la découverte – le rangement des bagages, ce sera pour demain.

Les moyens de transport à Sydney sont multiples, bus, trains, trams, ferries; nous nous procurons de suite à la gare de Edgecliff (5 minutes à pied de l’appartement) notre carte Opal pour pouvoir circuler librement partout. Le réseau de trains est simple à mémoriser (ce n’est pas ici que je vais me préparer à celui de Tokyo!) et il s’agit d’un système proche des RER, entre train et métro. Deux étages, beaucoup de rames, des sièges en suffisance, une cadence largement accélérée aux heures de pointe feront qu’il est toujours possible d’y trouver une place assise.

Dès l’arrivée à Circular Quay, c’est la joie de découvrir l’Opera … impressionnant à voir de près, avec son million de catelles de céramique blanche – autonettoyantes s’il vous plait – qui ont été fabriquées en Suède. Il est bien en évidence, en bordure de la rivière, à l’extrémité de la pointe Bennelong; il fut dessiné par le danois Utzon. Sa construction ne fut ni rapide ni aisée et dura au total 14 années. Un autre symbole de la ville est son Habour Bridge qui tient le record de poids et de hauteur, semble-t-il (500 mètres de long, 134 de hauteur, 50 de large, 53’000 tonnes, terminé en 1932 après 9 ans de construction en partant des deux berges). Il fait beau, de nombreux touristes se promènent (les bateaux de croisière en déversent quelques milliers chaque jour, aujourd’hui c’est le Queen Mary 2) – les appareils photo crépitent.

Le quartier des Rocks correspond aux terres qui furent allouées aux condamnés du gouvernement anglais à leur arrivée fin du 18ième siècle; se sont joints à eux plus tard des pêcheurs de baleines et des marins et le quartier est devenu peu à peu surpeuplé et insalubre. Une épidémie de peste bubonique le ravagea en 1900 et ce n’est que vers 1970 que la ville le reconnaît comme patrimoine historique – c’est de nos jours un endroit très agréable, avec nombre de pubs, restaurants, boutiques et galeries. Nous tombons d’ailleurs sous le charme des œuvres d’un artiste local, Charles Billich; une dame bavarde et accueillante nous reçoit dans sa galerie. Le contact avec les premiers australiens est prometteur; ils semblent très relax mais disciplinés, prêts à rendre service et à renseigner. La ville est propre, des trottoirs bien larges où les gens circulent plus nombreux qu’à Singapour – c’est la météo qui fait toute la différence probablement.

KingsCross est reconnaissable par son grand panneau CocaCola et c’est le coin des boîtes de nuit, de la vie nocturne. Il n’est pas très tard et c’est par là que nous cherchons un restaurant. Yves nous emmène au Sel & Poivre tenu par des français à qui cela semble faire plaisir de discuter – le patron nous incite à revenir avant notre départ.

Rangement des valises et courses à Bondi Junction sont au programme de vendredi. Coles et Woolworths sont les grands supermarchés où je trouverai de tout et ce sera chez Harris Farm Market que les fruits et légumes seront les meilleurs (un peu comme mon marché sur Côte des Neiges à Montréal). Le grand centre commercial Westfield est à se perdre (Apple store, Nespresso, Occitane, boutiques de mode, etc.).

La ville est verte toute l’année, c’est l’automne mais peu d’arbres vont perdre toutes leurs feuilles en même temps. Il fait chaud – mais pas trop -, humide – mais pas comme à Singapour; la végétation est variée, fleurie et je reconnais tant des plantes de l’Asie que du Canada ou de chez nous en Europe. Et nous voici donc super bien installés – frigo garni – dans le district de Woollahra, proche des commerces, des services (poste, centre de reproduction, blanchisserie, coiffeur, etc.) et des transports, tout en jouissant du calme d’une petite rue et d’un mini-balcon dans les arbres. Le filet de bœuf australien que je nous prépare ce vendredi soir est goûteux, tendre, succulent !